Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Cinéma (analyse)

Travelling sur Catherine FATTEBERT


 

Catherine Fattebert produit et anime avec passion une émission originale. Chaque semaine, elle décortique un film culte en racontant l’histoire de la production, du scénario et du tournage dans le contexte social de l’époque avec des archives et des extraits sonores.

Depuis 2010, Catherine Fattebert charme nos oreilles dans l’émission Chinese Theater – en référence à la salle de cinéma mythique située au 6925 Hollywood Boulevard à Los Angeles – puis dans Travelling toujours sur la radio suisse RTS.

Elle chronique avec la même énergie et beaucoup d’humour un chef-d’œuvre comme Ai no korîda – L’empire des sens ou un « film culte tellement il est nul » comme Les amants du Pont-Neuf. Tout les cinéphiles peuvent donc trouver leur bonheur en découvrant des anecdotes pertinentes.

Les archives des émissions de Chinese Theater (du 04/09/2011 au 25/08/2013) et de Travelling (à partir du 02/09/2012) sont téléchargeables au format mp3. Qu’on se le dise !

Catherine Fattebert a une autre passion que je partage avec moins de talent : la cuisine – cet art quotidien qui favorise la relaxation…

20/04/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Catherine FATTEBERT, biographie culinaire, Fat Bear Catering.
Catherine FATTEBERT, Scénario, PictoBello, 2013.
Catherine FATTEBERT et Denis KORMANN, Cuisine avec vue, Helvetiq, 2013 [Blog de Dave].

– Brick de courgette et poireau au curry, generations-plus.ch
– Soupe de bettaigne (betterave et châtaigne) et mise en bouche de céleri-chèvre, Salon suisse des Goûts et Terroirs
– Soupe de lentilles au citron, generations-plus.ch
– Gâteau chocolat-châtaigne, Blog de Dave

Portrait de Catherine Fattebert – Ma gourmandise au naturel, TV5MONDE.
Entretien avec Catherine Fattebert, productrice du Chinese Theater, Grand Angle – RTS, 04/12/2011.
Liste des films analysés par Catherine Fattebert, Monde en Question.
Liens téléchargement des films analysés par Catherine Fattebert, Ciné Monde.
Serge LEFORT, Cinéma à la radio, Monde en Question, 05/11/2012.
Serge LEFORT, Filmographie Cinéma suisse – Groupe 5, Ciné Monde, 21/11/2016.
Dossier Cinéma Audio-Vidéo, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

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London After Midnight – Londres après minuit


 

Réalisateur : Tod Browning
Acteurs : Lon Chaney, Marceline Day, Henry B. Walthall
Durée : 1h09
Année : 1927
Pays : Horreur
Genre : USA
Résumé : Le film étant perdu, il s’agit d’une reconstitution à partir photogrammes et d’images d’archives.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : HawkmenBlues DVD VOSTES

Lire aussi :
Augusto CRUZ, Londres après minuit, Christian Bourgois, 2015 [Texte en ligne].
Augusto Cruz tisse une intrigue passionnante, pleine de rebondissements, sur fond d’histoire du cinéma et du XXe siècle. Résultat d’un travail de recherche de longue haleine, son roman est basé sur des personnages et des faits réels, à commencer par son personnage central. Editeur, écrivain, producteur de cinéma et scénariste américain, Forrest J. Ackerman (1916-2008) a dédié sa vie à la science-fiction et à l’horreur. Sa passion pour les monstres, notamment, l’avait rendu célèbre dans le monde du cinéma. Mais Augusto Cruz ne se contente pas de le faire revivre dans ce road movie trépidant : Londres après minuit est non seulement un hommage à la passion dévorante d’un homme mais aussi au septième art. Le romancier explore également la dialectique entre la mémoire et l’oubli et nous invite à croire qu’aucune oeuvre n’est jamais perdue tant qu’il existe des hommes pour la faire vivre.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma USA, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

La face cachée de la pauvreté


 

Réalisateur : Jean-Christophe de Revière
Durée : 0h52
Année : 2018
Pays : France
Genre : Magazine TV
Résumé : 6 millions de Français vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et près de 4 millions sont mal logés. Des chiffres en hausse constante depuis 2009. En ville ou à la campagne, la misère s’installe, l’écart ne cesse de se creuser entre les plus riches et les plus pauvres, et ces derniers font l’objet de rejet, de mépris et d’indifférence. Assiste-t-on à un tournant de l’histoire sociale du pays ? Dans le 3e arrondissement de Marseille, en Ile-de-France, ou dans la Creuse, des familles vivent dans des logements insalubres et des quartiers désertés.
Fiche : France télévisions
Avis de Ciné Monde : 14 ans après le premier livre d’André Gueslin, la grande pauvreté et le racisme social restent bien ancrés en France.
Partage proposé par : 9Docu DVD FR

Lire aussi :
André GUESLIN, Les gens de rien – Une histoire de la grande pauvreté dans la France du XXe siècle, Fayard, 2004 [Texte en ligneNote de lecture].
André GUESLIN, Une histoire de la grande pauvreté dans la France du XXe siècle, Fayard.
Cinémathèque, Ciné Monde.
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Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

La légende chrétienne du Mont Saint-Michel


 

3/3
Titre : Mont-Saint-Michel, le labyrinthe de l’archange
Réalisateur : Marc Jampolsky
Durée : 1h27
Année : 2017
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : À la faveur d’un vaste chantier de restauration, historiens et archéologues lèvent le voile sur les mystères architecturaux du Mont-Saint-Michel, un monument qui n’a cessé de se reconstruire au cours de ses treize siècles d’histoire tumultueuse.
Fiche : ArteCNRS
Avis de Ciné Monde : Cet excellent documentaire utilise l’imagerie en 3D non pour faire du spectacle à bon marché comme trop souvent, mais pour expliquer l’histoire compliquée et non totalement élucidée de la construction du Mont-Saint-Michel au cours des siècles.
Il ne dit rien par contre du pan de mur visible dans Notre-Dame-sous-Terre que certains attribuent au sanctuaire de Saint Aubert [1] et d’autres à un vestige mégalithique préexistant à la christianisation du lieu [2].
Cette seconde hypothèse est d’autant plus plausible que l’Église catholique a presque toujours construit ses églises à l’emplacement d’autres lieux de culte. C’est le cas, par exemple, de Notre-Dame à Paris, construite à l’emplacement d’une première église bâtie sur un temple païen, et de l’église de Cholula, prés de Puebla au Mexique, construite au sommet d’une pyramide aztèque encore visible et accessible (voir maquette).


Iglesia de Cholula, Estado de Puebla, México

Cette seconde hypothèse est corroborée par les Chroniques latines du Mont Saint-Michel (IXe – XIIe siècle) [3] et le Le roman du Mont Saint-Michel (XIIe siècle) [4] qui évoquent respectivement « deux rochers que les nombreux ouvriers étaient incapables de déplacer ni même de faire bouger de leur emplacement » et « deux rochers qu’ils ne pouvaient déplacer par aucun moyen ni faire bouger ».
Mais, depuis la fouille conduite par Yves-Marie Froidevaux en 1961, aucun archéologue n’a étudié ce pan de mur ni les fondations de Notre-Dame-sous-Terre alors que les techniques modernes le permettraient car elles ont l’avantage d’être non invasives.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :

Généralités

Histoire et actualités, Abbaye du Mont-Saint-Michel.
Bibliothèque virtuelle du Mont Saint-Michel, Presses universitaires de Caen.
Le Mont ne s’est pas fait en un jour, CRDP Basse-Normandie, sans date.
Le Mont-Saint-Michel dans toute sa splendeur, Futura sciences.

Articles

Michel DE BOÜARD, L’église Notre-Dame sous Terre au Mont Saint-Michel – Essai de datation, Journal des Savants, 1961.
Nicolas SIMONNET, La fondation du Mont-Saint-Michel d’après la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1999.
Pierre BOUET, La Revelatio ecclesiae sancti Michaelis et son auteur, Tabularia, 2004.
Pierre GUIBERT et al., Archéologie du bâti et archéométrie au Mont-Saint-Michel, nouvelles approches de Notre-Dame-sous-Terre, Archéologie Médiévale, 2008.
L’Inrap fouille au Mont-Saint-Michel, INRAP, 17/01/2017.

Livres

Chroniques latines du Mont Saint-Michel (IXe – XIIe siècle), Presses universitaires de Caen [Texte en ligne].
Guillaume de SAINT PAIR, Le roman du Mont Saint-Michel (XIIe siècle), Presses universitaires de Caen [Texte en ligne].
Marc DÉCENEUX, Mont-Saint-Michel – Histoire sacrée et symbolique, Éditions Ouest-France, 1993 [Texte en ligne].
Marc DÉCENEUX, Mont-Saint-Michel – Histoire d’un mythe, Éditions Ouest-France, 1997.
Patrick SBALCHIERO, Histoire du Mont Saint-Michel, Perrin, 2005 réédition 2015.
Henry DECAËNS (sous la direction de), Le Mont-Saint-Michel,, Éditions du Patrimoine, 2015.

Audio

Le Mont Saint-Michel, du sable au clocher, France Culture, 11-14/09/2017 1/4 mp32/4 mp33/4 mp34/4 mp3.

Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
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Notes et références

[1]

Source : Michel DE BOÜARD, L’église Notre-Dame sous Terre au Mont Saint-Michel, Journal des Savants, 1961 p.27.
Lire aussi : Nicolas SIMMONET, Mont-Saint-Michel, Casa Editrice Bonechi, 2001 p.20.

[2]

Source : Marc DÉCENEUX, Mont-Saint-Michel – Histoire sacrée et symbolique, Éditions Ouest-France, 1993 p.7.

[3] Alors, le vénérable évêque, n’ayant plus le moindre doute sur sa vision, se rendit sur les lieux parmi les hymnes et les chants de louanges et entreprit de réaliser l’ouvrage, conformément à l’ordre reçu. Ayant rassemblé une foule considérable de paysans, il leur fit dégager et niveler l’endroit afin de préparer la place. Mais en son milieu se dressaient deux rochers* que les nombreux ouvriers étaient incapables, en s’aidant de leurs seuls bras, de déplacer ni même de faire bouger de leur emplacement. Or, comme ils étaient restés longtemps impuissants devant cette difficulté et qu’ils ne voyaient pas du tout ce qu’ils pouvaient faire, la nuit suivante, une vision se manifesta à un homme nommé Bain, vivant dans le village d’Itier, qui, fort de ses douze fils, jouissait parmi les siens d’une grande considération. Pressé par la vision de s’employer lui aussi à la tâche aux côtés des ouvriers en peine, il se rendit sans délai sur les lieux, accompagné de ses fils, pour accomplir ce qu’on lui avait ordonné de faire. Une fois sur place, sûr du concours de l’archange saint Michel, il accomplit ce dont la force humaine était incapable : chose surprenante, il eut si peu de mal à pousser cette masse rocheuse d’une taille colossale qu’on avait l’impression qu’elle ne pesait plus rien. Alors, louant Dieu tous en chœur ainsi que le saint archange Michel, ils s’employèrent plus activement à l’ouvrage commencé.
*[note de Pierre BOUET] duae rupes : certains commentateurs ont pensé que ces deux rochers étaient les vestiges soit d’un dolmen néolithique, soit d’un autel consacré à une divinité païenne.
Source : Chroniques latines du Mont Saint-Michel (IXe – XIIe siècle), Presses universitaires de Caen.

[4] Puis il fit venir les ouvriers là-haut et leur ordonna de faire tomber, d’abattre et de couper ce qui empêchait de commencer cette église qu’il devait édifier. Chacun d’eux se mit à l’ouvrage de son côté. Une fois le lieu nivelé, il leur resta au milieu deux rochers qu’ils ne pouvaient déplacer par aucun moyen ni faire bouger. Saint Aubert en était bouleversé, mais le Seigneur Dieu lui vint en aide.
[…]
Alors Bain s’avança et, après s’être signé, s’appuya contre le gros rocher ; ses fils et lui se mirent à pousser, sans le faire aucunement bouger ; ils s’évertuèrent à le pousser, mais ne purent le déplacer ; ils poussèrent d’un côté, poussèrent de l’autre, mais la pierre ne s’ébranla en aucune façon. Les paysans se joignirent à eux, mais toutes leurs tentatives furent vaines : tous ruisselaient d’angoisse, mais impossible de l’enlever ! Ils avaient beau tirer, pousser, peser sur des cordes, leurs efforts étaient inutiles. Ils s’interpellaient l’un l’autre : « Ah, vaurien, pousse donc de ce côté-là ! »
[…]
Conformément aux ordres d’Aubert, ils lui apportèrent vite l’enfant avec le berceau dans lequel il se trouvait. Ils l’appuyèrent directement contre le rocher ; Bain et ses enfants s’avancèrent alors, empoignèrent la pierre en la soulevant et la firent rouler en bas du mont. Elle continua à rouler et s’arrêta dans la vallée située au-dessous : elle y est toujours actuellement, on la voit très bien. Certains l’appellent « le Tombeau ».
Ce fut là un grand et beau miracle : là fut à l’œuvre la puissance de Dieu, qui, avec un berceau, a ôté ce que la foule présente ne pouvait pas seulement faire bouger !
L’autre pierre fut vite déplacée, après qu’on eut enlevé la grande. Après avoir aménagé le mont, ils prirent congé et s’en allèrent.
Source : Guillaume de SAINT PAIR, Le roman du Mont Saint-Michel (XIIe siècle), Presses universitaires de Caen.

La propagande de l’invention européenne de l’imprimerie


 

Le documentaire de Marc Jampolsky, entretient d’emblée la légende selon laquelle Gutembert aurait inventé l’imprimerie en 1455 [0’25] alors qu’on sait qu’elle existait en Chine depuis le VIIe siècle (750 ans avant Gutembert) !
L’auteur, reconnaissant tardivement ce fait [23’43], lui oppose jésuitiquement le livre imprimé en Corée en 1377 avec des caractères mobiles en métal (78 ans avant Gutembert) [24’46] et voudrait nous faire croire que Gutembert ne savait rien de tout cela alors qu’il souhaitait conserver jalousement le secret de son invention et que les données sur le personnage restent rares.

Il y a trois ans, j’ai démontré que la fabrication de la porcelaine, apparue en Chine entre -206 et 220, fut copiée au XVIIIe siècle par François-Xavier d’Entrecolles. Ce jésuite profita de sa mission, agréée grâce à Matteo Ricci, pour espionner les ateliers chinois. En 1712 et 1722, il rapporta à son supérieur la composition et les secrets de fabrication de la porcelaine chinoise. Mais l’idée demeure que la porcelaine de Limoges serait le produit du raffinement de la civilisation française [1].

Il en fut certainement de même concernant l’imprimerie chinoise selon la technique de la xylographie (VIIe siècle) puis selon celle des caractères mobiles en argile cuite (XIe siècle) et en bois (XIIIe siècle), mais par une autre voie que celle des jésuites qui ont espionné aussi les imprimeries chinoises [2].

La technique xylographique est d’une grande simplicité dans ses matériaux et dans ses principes. Le missionnaire jésuite Matteo Ricci, qui vécut en Chine de 1583 à 1610, a noté dans ses mémoires rapportées par le Père Nicolas Trigault la première description en langue occidentale : « ils gravent leurs caractères en une table légère et unie, faite de poirier, pommier, ou de l’arbre qu’ils appellent zizizho. »
Ricci poursuit : « Sur cette table, ils transcrivent la feuille, ou plutôt la collent tout entière légèrement, puis après ils rasent très subtilement le papier déjà desséché, de telle façon qu’on ne voit rien rester en la tendre surface que les caractères apparents ; puis ils engravent avec des touches de fer tellement cette table que les seuls linéaments des caractères ou de la peinture paraissent élevés. En après, ils impriment comme il leur plaît leurs feuilles avec une facilité et promptitude incroyable. Et quelquefois un seul imprimeur en dépêchera mil et cinq cents en un jour. Ils sont aussi si prompts à graver leurs tables qu’ils me semblent ne mettre pas plus de temps à en graver une que les nôtres seraient à la composer et corriger… Au reste il y a en ceci une chose merveilleusement commode, car, vu que les tables une fois gravées se gardent en la maison, on peut toutes les fois qu’on veut ôter quelque chose, ou ajouter, non seulement un mot mais aussi des périodes entières, pendant que les tables se raccommodent un peu. Et l’imprimeur, ou l’auteur, n’est pas contraint dès la première impression d’imprimer ensemble à une seule fois un grand nombre de livres : ains toutes et quantes fois qu’il lui plaira ou qu’il sera nécessaire, il s’en imprime, selon qu’il lui plaît, plus ou moins. Ce qui nous est souvent arrivé, car nous imprimons avec l’aide de nos domestiques des livres de notre religion ou des sciences de l’Europe, que les nôtres ont mis en lumière en langue chinoise dans notre propre maison. Cette façon donc d’imprimer est si facile que qui l’aura vue une fois soudain pourra entreprendre d’en faire autant. De cette commodité provient si grande multitude de livres chinois et à si bon marché qu’il n’est pas aisé de l’expliquer à qui ne l’a vu. »
Source : La xylographie, BNF [3].

Comme par hasard, le plus vieux document imprimé occidental est un « appel adressé aux chrétiens pour aller combattre les Turcs » [32’05] ! Il s’agit du livre Eine Mahnung der Christenheit wider die Tiirken – Une admonition de la chrétienté contre les Turcs (1455) dont l’unique exemplaire est conservé dans la bibliothèque de Munich [4].
Gutenberg vivra de cette littérature de propagande et non de l’édition de la Bible comme on le répète trop souvent. Ainsi, toute la propagande savamment construite sur le mythe de l’humanisme de l’imprimerie s’écroule.

Marc Jampolsky ne dit pas naturellement que le livre imprimé en Corée en 1377, cité plus haut, fut acquis (euphémisme) par Victor Collin de Plancy, le premier diplomate français nommé en Corée il y a 130 ans, et que la BNF refuse de le restituer :

Le retour de ce premier livre imprimé au monde a été contesté avec virulence, notamment par les conservateurs de la BNF qui insistent sur leurs « capacités supérieures en matière de conservation des documents ».
L’arrogance de la supériorité coloniale n’est pas morte !
Le rapatriement de la totalité des 297 volumes dérobés par le contre-amiral Pierre-Gustave Roze en 1866 sous forme d’un prêt renouvelable tous les cinq ans a été décidé à Séoul lors d’un sommet entre Nicolas Sarkozy et Lee Myung-bak en 2010.
Sur la question du rapatriement de Jikji, il demeure encore des différends entre les deux pays comme le dit le professeur Barjot : « Pour la France, Jikji appartient à l’héritage mondial de l’humanité et donc à ce titre, il n’est la propriété d’aucun pays. »
Mais la France s’arroge unilatéralement le droit de propriété !
Source : Le retour en Corée du 1er livre imprimé au monde de la BNF « paraît inévitable », Agence de presse Yonhap, 13/10/2015.

Le documentaire de Marc Jampolsky se situe dans le droit fil du discours coloniale d’un Jules Ferry, héritier de l’Empire français :

Voyez ce qu’est l’imprimerie chez une nation qui ne marche pas à la liberté, à l’affranchissement de l’intelligence ; chez une peuple stagnant dans l’esclavage, en Chine par exemple. Elle y naît, dix siècles avant de paraître chez nous, mais elle n’y vit pas, elle y végète ; jamais elle ne peut parvenir à se dégager de son germe, ni à atteindre des procédés supérieurs à ceux de notre xylographie, cet embryon grossier dont notre art typographique a si vite secoué les liens.
En Chine, c’est vainement que Pi-Ching, le forgeron, tente ce que Gutenberg tenta si utilement en Europe ; vainement il s’ingénie à former avec une terre fine et glutineuse, et de solidifier par une double cuisson, des caractères mobiles qu’il joint et qu’il maintient unis ensemble à l’aide de cadres en fer ; son invention sœur de celle de Gutenberg, avorte, et Pi-Ching, puni d’avoir mal compris son siècle et surtout sa patrie, meurt en léguant à ses héritiers ses types inutiles.
Les Chinois, routiniers comme tout peuple esclave, s’en tiennent obstinément à ces planches gravées, si promptement dédaignées chez nous. Enfin, en 1662, des missionnaires européens, faisant violence à cette opiniâtreté routinière, décident l’empereur Kang-Hi à faire graver deux cents cinquante mille types en cuivre, et, grâce à cet élan que lui imprime une pensée venue d’Europe, la véritable imprimerie est créée en Chine et s’y naturalise après vingt siècles d’enfantement.
Source : Paul LACROIX, Edouard FOURNIER, Ferdinand SERÉ, Histoire de l’imprimerie et des arts et professions qui se rattachent à la typographie, Librairie historique, archéologique et scientifique de Seré, 1852 [BNF – Gallica].

11/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Marc Jampolsky, Gutenberg, l’aventure de l’imprimerie, Arte France, 2016 Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR


Notes et références

[1] La porcelaine de Limoges :
Lire : Serge LEFORT, Pillage de la technologie chinoise, Chine en Question, 15/12/2014.

[2] La question d’une origine extrême-orientale de l’imprimerie occidentale a été posée dès le XVIe siècle :
Voici les éléments du dossier.
1. De la vie de Gutenberg et de ses expérimentations avant l’impression de la Bible, on ne sait pas grand chose (Wagner 2000).
2. On sait par contre que des contacts multiples avaient lieu entre l’Extrême-Orient et l’Occident, directement ou indirectement par l’intermédiaire d’autres peuples (ouïgours, mongols, arabes) : contacts militaires (les armées mongoles parviennent en Europe dans la seconde moitié du XIIIe siècle), échanges commerciaux, ambassadeurs (ambassade du pape à la cour mongole en 1245), voyageurs (Marco Polo), missionnaires catholiques (à partir du XIVe siècle).
Il est possible que les techniques chinoises d’impression se soient ainsi répandues, comme le papier précédemment, de proche en proche. Il semble avéré que la xylographie pratiquée en Europe à partir de la seconde moitié du XIVe siècle est bien d’origine chinoise.
Source : Johannes Gutenberg, Jacques POITOU.

[3] L’imprimerie chinoise selon la technique des caractères mobiles :
Sous la dynastie Song (960-1279), Bi Sheng, un inventeur d’origine modeste, rénova la technique d’impression et inventa les caractères mobiles, ce qui augmenta l’efficacité de l’imprimerie. Le caractère mobile a de grands avantages sur le bloc d’imprimerie. Il réduit grandement le temps de fabrication du bloc. De plus, le caractère mobile peut être utilisé de façon répétée. Par conséquent, les matériaux sont gardés. De plus, le caractère mobile est plus petit que le bloc gravé, facile à ranger et à garder. Les caractères mobiles en bois furent utilisés dans l’impression du Siku Quanshu (Bibliothèque complète des quatre trésors) en 1774, durant le règne de l’Empereur Qianlong, sous la dynastie Qing (1644-1911). Il est appelé Edition des merveilles rassemblées.
Après son invention, l’imprimerie a été progressivement apportée aux autres pays, stimulant grandement la civilisation humaine et le progrès social.
En 1450, influencé par les caractères mobiles Chinois, l’allemand Gutenberg fabriqua des lettres mobiles avec un alliage de métaux pour imprimer des livres, provoquant ainsi un impact considérable sur le développement de la société Européenne.
Source : Imprimerie, Chine Informations.
Lire aussi : Paul PELLIOT, Les débuts de l’imprimerie en Chine, Librairie d’Amérique et d’Orient Adrien-Maisonneuve, 1953 [Texte en ligne].

[4] Une admonition de la chrétienté contre les Turcs :
Jean-Yves MOLLIER, Les mutations du livre et de l’édition dans le monde du XVIIIe siècle à l’an 2000, Presses Université Laval, 2001 [Google Livres].
Paula SUTTER FICHTNER, Terror and Toleration: The Habsburg Empire Confronts Islam, 1526-1850, Reaktion Books, 2008 [Google Livres].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine-Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

1950-1990 – Le scandale des armées secrètes de l’OTAN


 

Réalisateur : Emmanuel Amara
Durée : 0h53
Année : 2010
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Après la Seconde guerre mondiale, la CIA et le MI6 ont mis en place, dans toute l’Europe de l’Ouest, des armées secrètes destinées à être activées en cas d’invasion soviétique. Ces réseaux, dirigés par l’OTAN et souvent adossés à des groupes d’extrême droite, furent appelés stay behind. Bientôt, de chaque côté du Rideau de Fer, l’Europe s’installait dans le statu quo, et la probabilité d’une offensive soviétique devenait infime.
Pourtant, les réseaux stay behind ne furent jamais démantelés. Au contraire, ils allaient user de leur force pour interférer, en temps de paix, dans les processus démocratiques nationaux. Chaque fois que la gauche menaçait d’accéder au pouvoir, le bras armé de l’OTAN pouvait intervenir.
À plusieurs reprises, cet usage de la force est allé jusqu’au terrorisme et la mort de civils innocents. Pire, dans certains cas, les forces de police et les services de sécurité ont préféré protéger les coupables afin de préserver leur capacité de combat. Grâce à ces protections, le réseau stay behind a pu jouir du secret le plus total.
Ce film entend ainsi jeter une lumière nouvelle sur toute une série de meurtres, de trafics et d’exactions dont beaucoup n’ont pas été élucidés, mais qui peuvent être imputés aux armées secrètes de l’OTAN.
Fiche : IMDbLe MondeTélérama
Avis de Ciné Monde : Cet éclairage inédit permettra de mieux comprendre l’Europe dans laquelle nous vivons. Une Europe en partie fondée sur le mensonge. Une Europe démocratique qui a pu, au nom de la liberté, se livrer à la manipulation, à l’assassinat politique et au terrorisme d’Etat.
Partage proposé par : YouTube Streaming HD 720 FR

Lire aussi :
Daniele GANSER, Les armées secrètes de l’OTAN, Demi Lune, 2007 réédition 2011 et 2016 avec extraits au format pdf [Revue de presseTexte en ligne* – Texte en pdf sur demande].
*Histoire E-book publie beaucoup de livres néo-nazis [un exemple parmi d’autres], mais c’est le seul site qui publie l’ouvrage de Daniele Ganser dans l’édition originale.
Articles OTAN :
Arrêt sur Info
Chine en QuestionRSS
EntelekheiaRSS
Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
Monde en QuestionRSS
Mondialisation
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Réseau Voltaire
Sam La Touch
Silvia Cattori
Sputnik
WSWS
Filmographie OTAN, Ciné MondeRSS.
Index Politique, Monde en Question.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Les renaissances du cinéma coréen


 

Réalisateur : Hubert Niogret
Durée : 1h01
Année : 2006
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Né sous l’occupation japonaise, le cinéma Coréen a dû faire face à 30 ans de dictature militaire. Depuis les années 80, il connaît une véritable renaissance.
Porté par quelques réalisateurs « stars », il rivalise aujourd’hui avec le cinéma américain et surprend par son dynamisme, sa créativité, sa sophistication. Ce succès, y compris à l’international, s’explique d’abord par son ancrage dans l’identité coréenne et ses racines, toujours difficiles à cerner dans l’histoire tumultueuse du pays.
Illustré par les témoignages des principaux réalisateurs, producteurs, acteurs et actrices du moment mais aussi par de très nombreux extraits de film, ce documentaire nous offre une analyse complète du cinéma coréen.
Fiche : IMDb

Partage proposé par : Anonyme DVD FR (Film rare)

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma (Généralités), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Histoire du cinéma d’animation


 

Réalisateur : Les Audiophiles
Durée : 0h25 par épisode
Année : 2013
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : 1 La machine d’Emile Reynaud et les premières bandes animées
2 Naissance d’une industrie aux États-Unis : Félix le chat, première star
3 L’invention de Mickey
4 L’alternative à Disney : Les frères Fleischer
5 La révolution de « Blanche Neige et les sept nains »
6 Les studios contre attaquent : Tex Avery et Warner
7 Sécession chez Disney : Stephen Busostow et Mister Magoo
8 Les musiques de dessins animés : Carl Stalling et Scott Bradley
9 Paul Grimault et la tentative d’un studio en France
Partage proposé par : Anonyme DVD FR (9 épisodes) (Film rare)

Lire aussi :
Histoire du cinéma d’animation, Université populaire des images.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

La sociale


 

Réalisateur : Gilles Perret
Durée : 1h24
Année : 2016
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Retrace l’histoire de la Sécurité Sociale : d’où elle vient, ce qu’elle est devenue, ce qu’elle pourrait devenir. Nous parlons avec lui de cette prise en charge collective du soin.
Avis de Ciné Monde : Très décevant comme tous les documentaires réalisé à partir de témoignages. Voir plutôt « La Sécurité Sociale » de Bernard George.

Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Voir aussi :
Bernard GEORGE, La Sécurité Sociale (Les grandes bataille de la République), France 5, 2005, YouTube [télédoc].
Ce film retrace l’histoire de la création de la Sécurité Sociale. « La liberté n’est pas autre chose que la sécurité de chaque citoyen et la conscience qu’il en a » dit Montesquieu. Inspiré par les idées des Lumières, le concept de la protection sociale est énoncé dans les premiers écrits de la Révolution Française. La République va remplacer la charité par la fraternité.
La Sécurité Sociale est une des institutions fondamentales de la société française. Pourtant, celle-ci traverse actuellement une véritable crise. Par quel parcours sinueux la République est-elle passée pour établir, affirmer et imposer ce système de protection sociale solidaire fondé sur le partage des richesses ?
Si aujourd’hui les experts affirment que les dépenses de santé vont continuer de progresser du fait du vieillissement de la population et des progrès de la médecine, comment le législateur va-t-il pouvoir continuer à défendre les principes républicains tout en les adaptant aux mutations de notre société ?

Écouter aussi :
Prendre soin – Une histoire du soin pour tous, France Culture.
Interview avec Gilles Perret, 8 Mont-Blanc – YouTube.
« La sociale », histoire d’une conquête malmenée, L’Humanité – YouTube.

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No pasarán, album souvenir


 

Réalisateur : Henri-François Imbert
Durée : 1h10
Année : 2003
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Six cartes postales découvertes dans un album-photos servent de point de départ à Henri-François Imbert pour un travail sur les républicains espagnols venus en France pour échapper au régime franquiste. Editées par l’entreprise Apa d’Albi, probablement réalisées par un « reporter volant », elles montrent différentes images de l’exode, la « Retirada », de ces milliers de personnes, essentiellement des Catalans tentant de franchir les Pyrénées après la chute de Barcelone en 1939. En France, les hommes sont séparés des femmes et des enfants et placés dans des camps de fortune que les autorités appellent « camps de concentration », où nombre d’entre eux périront de maladie…
Fiche : IMDb
Avis de Ciné Monde : Ce documentaire montre, involontairement, qu’une image ne dit rien et que seul le commentaire lui donne sens. Ainsi, les « camps de concentration » français sont renommés aujourd’hui « camps d’internement », mais la réalité reste la même.
Partage proposé par : Anonyme DVD FR (Film rare)

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Henri-François IMBERT, No pasarán, album souvenir – Cartes postales [Ce texte est une retranscription littérale de la narration du film], Multitudes.
Serge LEFORT, Les mots qui transforment le réel, Monde en Question.
Dossier documentaire Révolution Espagne 1936-1939, Monde en Question.
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