Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: États-Unis

Pékin, Washington, Pyongyang – Du tambour de guerre aux conflits commerciaux


 

Après les diatribes menaçantes échangées entre Donald Trump et Kim Jong-un, sous l’œil inquiet de Pékin qui craint un dérapage, voilà que la véhémence du discours s’est insinuée dans la relation sino-américaine sur les thèmes de la disparité des relations commerciales, de l’absence de réciprocité et du viol de la propriété intellectuelle.

Suite à la signature, le 14 août, par la Maison Blanche d’une directive enjoignant au représentant au commerce extérieur Lighthizer d’enquêter sur les discriminations infligées aux intérêts américains en Chine, Pékin a réagi avec d’autant plus de véhémence que les discours accompagnant la feuille de route reprenaient les thèmes antichinois de la campagne électorale de D. Trump.

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Charlottesville – Race and Terror


Le samedi 12 août 2017, des centaines de suprémacistes blancs, néonazis et racistes – ce que l’on appelle « l’alt-right » – ont convergé à Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, pour prendre part à un rassemblement nommé « Unite the Right ». Une contre-manifestante de 32 ans, Heather Heyer, présente pour afficher son opposition au rassemblement haineux, a été fauchée par une voiture conduite par James Field, un militant d’extrême droite.

La journaliste de l’émission VICE News Tonight, Elle Reeve, a suivi pendant tout ce rassemblement les allées et venues de différents leaders suprémacistes blancs, parmi lesquels Christopher Cantwell, Robert Ray, David Duke et Matthew Heimbach, ainsi que les contre-manifestants après la mort de Heather Heyer.

Lire aussi :
Nathan J. ROBINSON, L’esclavage n’a jamais été aboli aux USA, Entelekheia.

Ceci est le troisième article que nous consacrons au maintien de l’esclavage aux USA via le vide juridique laissé par le treizième amendement de la Constitution (censé l’abolir, mais qui se contente d’en changer la forme). C’est que, outre son aspect évident de scandale, le sujet nous semble particulièrement symptomatique de la neutralité axiologique du libéralisme/capitalisme dénoncée à plusieurs reprises par le philosophe Jean-Claude Michéa, en termes plus crus de son amoralité – amoralité dans le fonctionnement, ainsi que dans la manipulation de l’opinion qui lui sert à masquer ses méthodes et buts réels. Par exemple, dans le cas de l’esclavage américain, plus de 99% de l’opinion mondiale croit dur comme fer qu’il a été aboli aux États-Unis en 1865, date de l’entrée en vigueur du treizième amendement. Ce simple fait donne la mesure de l’incroyable succès de la manipulation de l’information par les leaders historiques et actuels des USA, puisqu’une simple lecture de l’amendement en question suffit à comprendre qu’il n’abolit en rien l’esclavage. Qui perdure, au nez et à la barbe de l’opinion, au point qu’aujourd’hui, les USA comptent encore plus de travailleurs forcés qu’avant la Guerre de Sécession.

Actuellement, les USA ont le plus fort taux d’incarcération au monde ; l’industrie privée de l’armement (le fameux « complexe militaro-industriel »), qui défend ses ventes d’armes pléthoriques au Pentagone en arguant de la « préservation des emplois américains » garantie par l’activité incessante de ses chaînes de montage, affecte en réalité nombre d’équipes de prisonniers non payés à l’assemblage de ses bombes et missiles (c’est d’un rapport encore meilleur que les délocalisations !) ; comme nous le verrons dans l’article ci-dessous, certains États abaissent leurs coûts de fonctionnement par l’emploi de travailleurs forcés ; l’État fédéral, premier complice historique du secteur privé américain, incite les entreprises à embaucher des équipes de travailleurs incarcérés soit non payés, soit seulement rémunérés de quelques cents de l’heure ; un vivier de « criminels » noirs et pauvres est artificiellement maintenu par une éducation au rabais pour les enfants noirs, et une culture criminogène véhiculée par le rap et autres apologies manufacturées de la violence (la « gang culture ») à destination des plus grands ; les personnes sans qualifications non emprisonnées ne sont pas, et n’ont aucune chance d’être compétitives face à des travailleurs non payés, d’où une aggravation du chômage ; pour finir (même si la présente liste des maux engendrés par la perpétuation de l’esclavage aux USA n’a rien exhaustif), le racisme reste une institution qui imprègne toute la société américaine, qu’elle en soit consciente ou non, à droite comme à gauche de la vie politique.

Pour notre part, nous pensons que rien ne viendra à bout de ce racisme tant que le treizième amendement de la Constitution restera en vigueur, c’est-à-dire, tant que le racisme restera utile au maintien de bénéfices importants – et donc, qu’il restera alimenté de mille et une manières par la propagande grand public (dont quelques-unes subtiles, par exemple la défense du rap le plus misogyne et agressif par la pop culture de gauche – et sous couvert d’anti-racisme, encore !)

Après les événements de Charlottesville, au moment où l’Amérique de la bonne conscience abat des statues de confédérés au prétexte de leur racisme, est-ce que le débat sur la nécessaire révision de sa Constitution aura enfin lieu ?

Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Pourquoi la stratégie de Kim Jong-Un fait sens


 

En ce qui concerne les récents essais nord-coréens de deux missiles intercontinentaux, il semble que Pyongyang souhaite augmenter les tensions dans la région. Mais une analyse plus minutieuse, montre comment la RPDC met en œuvre une stratégie qui réussira probablement à éviter une guerre désastreuse dans la péninsule.

Au cours des quatre dernières semaines, la Corée du Nord semble avoir mis en œuvre la deuxième phase de sa stratégie contre la Corée du Sud, la Chine et les États-Unis. Le programme nucléaire nord-coréen aurait atteint un stade important, avec deux tests réalisés début et fin juillet. Les deux missiles semblent capables de frapper le continent américain, bien que des doutes subsistent encore sur la capacité de Pyongyang à miniaturiser une ogive nucléaire pour la monter sur un missile balistique intercontinental (ICBM). Cependant, la direction dans laquelle le programme nucléaire de la Corée du Nord est dirigée assure une dissuasion régionale importante contre le Japon et la Corée du Sud, et jusqu’à un certain point contre les États-Unis, ce qui est la principale raison du développement des ICBM par la Corée du Nord. L’histoire récente a démontré à plusieurs reprises la folie de faire confiance à l’Occident – le sort de Kadhafi reste frais dans nos esprits – et incite plutôt à la construction d’un arsenal qui représente une dissuasion sérieuse au bellicisme américain.

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Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

La prochaine guerre américaine


 

Les États-Unis, qui se croient investis dune mission divine, sont en guerre permanent depuis 1776.
Ils firent d’abord la guerre contre les peuples autochtones pour conquérir leurs terres puis contre le Mexique pour accroître encore leur rapine (Texas, Nouveau Mexique, Arizona, Californie) au nom bien sûr de la liberté, la démocratie et autres fadaises.
Depuis 1945, ils ont conquis l’Europe via le plan Marchall, le FMI et l’OTAN et ont fait la guerre à de nombreux pays d’Asie, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique (plus récemment).

Aujourd’hui, les États-Unis sont prêts à entrainer le monde dans une guerre nucléaire pour maintenir leur économie en déclin. Au-delà du prétexte de la Corée du Nord, c’est la Chine qui est dans le collimateur.
Comme Barack Obama, Donald Trump fut élu parce qu’il avait promis de mettre fin aux guerres américaines pour se consacrer aux affaires intérieures. Il a encore beaucoup de chemin à parcourir pour égaler Obama dans le reniement de ses promesses électorales.

Les provocations verbales des États-Unis, majoritairement derrière leur chef, paraissent plus de la forfanterie qu’une menace réelle à moins d’un dérapage incontrôlé. Le résultat immédiat est plutôt contre-productif pour les États-Unis car la Russie et la Chine renforcent leur alliance stratégique, l’Allemagne soutient l’initiative russo-chinoise et la Corée du Sud se tourne vers la Chine pour assurer sa protection.

18/08/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
01/08/2017, Patrick J. BUCHANAN, Combien de guerres les USA peuvent-ils mener simultanément ?, Entelekheia.

Avec plus de 800 bases militaires dans le monde, des dépenses militaires à hauteur de la moitié de leur budget fédéral, un état de guerre permanent soutenu par une propagande belliciste omniprésente, des membres du Congrès dits « neocons » qui réclament, jour après jour, toujours plus d’interventions militaires, de bombardements, de changements de régimes, de sanctions (récemment contre la Corée du Nord, le Vénézuela, l’Iran, la Russie et incidemment l’Allemagne et la France), de livraisons d’armes à des forces par procuration (ces derniers jours, à l’Ukraine de l’ouest) et de projets de guerres futures (l’Iran, la Corée du Nord), les USA, dont l’économie se centre sur les guerres depuis la Deuxième Guerre mondiale, cherchent à perpétuer coûte que coûte leur système, quittes à provoquer des puissances nucléaires et à mettre la planète entière en danger. De plus, comme tout système capitaliste, l’appareil guerrier des USA implique une croissance. Traduction : toujours plus de guerres. Jusqu’où, et jusqu’à quand ?

10/08/2017, John PILGER, Le dernier rivage 2017, Entelekheia.

J’ai lu Le dernier rivage pour la première fois l’autre jour, et je l’ai fini juste au moment où le Congrès votait une guerre économique contre la Russie, la deuxième puissance nucléaire mondiale. Il n’y avait aucune justification à ce vote délirant, sauf la promesse d’un pillage.
Les « sanctions » sont ciblées sur l’Europe, également, en particulier l’Allemagne, qui dépend du gaz naturel russe, et sur les compagnies européennes qui font du business légitime avec la Russie. Dans ce qui a tenu lieu de débat sur la colline du Capitole, les sénateurs les plus volubiles n’ont laissé aucun doute sur le but réel de l’embargo : forcer l’Europe à importer du gaz américain plus cher.
[…]
La menace est multiple. La Russie d’abord, puis la Chine. Les USA viennent de terminer un énorme exercice militaire avec l’Australie, « Talisman Sabre ». Ils ont répété un blocus du Détroit de Malacca et de la Mer de Chine méridionale, à travers laquelle passent les lignes de vie économiques chinoises.
L’amiral qui commande la flotte du Pacifique des USA a dit que, « S’il en reçoit l’ordre », il est prêt à lancer des missiles nucléaires contre la Chine. Qu’il dise publiquement une chose pareille, dans l’atmosphère délétère actuelle, commence à faire entrer la fiction de Nevil Shute dans le domaine du possible.

11/08/2017, Pepe ESCOBAR, Corée du Nord : le feu, la fureur et la peur, Entelekheia.

Les spéculations sur les têtes nucléaires miniaturisées « possibles » de Pyongyang déclenchent des signaux d’alarme.
Attention aux chiens de guerre. Les mêmes « officiels » des renseignements qui vous avaient vendu les bébés arrachés aux incubateurs par des « mauvais » irakiens, ainsi que les armes de destruction de masse inexistantes, colportent aujourd’hui une théorie selon laquelle la Corée du Nord a produit une tête nucléaire miniaturisée adaptée à ses missiles intercontinentaux récemment testés.
[…]
Les médias grand public occidentaux, chaînes de télé du câble et presse, ne se sont pas retenus de transformer ces spéculations pures en frénésie de gros titres affirmant que « La Corée du Nord a miniaturisé des armes nucléaires ». Avec, à la clé, une anesthésie du public due à la peur.

11/08/2017, Les propos virulents de Donald Trump contre la Corée du Nord ne font que compliquer la situation, RT (média russe).

En promettant « le feu et la colère » à Pyongyang, le président américain a commis, selon le géopolitologue Olivier Guillard, « une énorme maladresse malvenue » dans ce climat de tensions, qui décrédibilise sa gestion de l’épineux dossier coréen.

11/08/2017, USA vs Corée du Nord : « Quand on est dépassé par les événements, on menace de faire tout sauter », RT (média russe).

Les fanfaronnades des dirigeants étasuniens expriment surtout l’incapacité du régime américain à faire de la diplomatie et la frustration qui en résulte, estime l’écrivain politique Diana Johnstone.

12/08/2017, L’impérialisme américain et la menace d’une guerre nucléaire contre la Corée du Nord, WSWS.

La doctrine de la « guerre préventive » invoquée par Trump et ses conseillers pour justifier une attaque, et même une frappe nucléaire, contre la Corée du Nord a d’abord été énoncée par le président George W. Bush comme prétexte à l’invasion et à l’occupation de l’Irak. Le président Barack Obama a développé la doctrine de Bush pour déclarer que toute menace sur les « valeurs et intérêts » américains, serait une cause suffisante pour que les États-Unis attaquent militairement un autre pays. Cette nouvelle doctrine est une violation flagrante du droit international. Mener une guerre d’agression a été le crime principal pour lequel les dirigeants nazis ont été accusés et condamnés lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale.
S’inspirant de la position du gouvernement de Trump, il y a maintenant un bombardement médiatique dans les pays occidentaux pour diaboliser le leader nord-coréen Kim Jong-un, le présenter comme un fou et gonfler grossièrement la menace que constituent les « armes de destruction massive » de son régime. Cela suit un mode opératoire bien rodé qui a été utilisé pour mettre l’opinion publique au pas derrière les guerres dirigées par les États-Unis contre la Serbie, l’Irak, la Libye et la Syrie.

13/08/2017, Pepe ESCOBAR, La Corée du Nord montre-t-elle que l’empereur est nu ?, Entelekheia.

En ce qui concerne la guerre de mots elle-même, une source des renseignements américains habituée à cogiter hors de la pensée unique de Washington désigne une variable fondamentale, la Corée du Sud ; « La Corée du Sud ne maintiendra pas son alliance avec les USA, si elle pense que les USA attaqueraient la Corée du Nord pour se protéger aux dépens de la mort de trente millions de Coréens du Sud. La Corée du Sud est en palabres secrètes avec la Chine pour un accord de sécurité majeur, à cause de la position officielle des USA selon laquelle ils bombarderont la Corée du Nord pour leur propre défense, sans considération pour la destruction de la Corée du Sud, que les USA considérait comme des plus malheureuses. »
N’espérez pas trouver ces discussions secrètes Pékin-Séoul dans les médias grand public occidentaux. Et elles ne sont qu’une partie de l’équation. La source ajoute, « Il y a des discussions secrètes entre l’Allemagne et la Russie sur les sanctions américaines contre les deux pays, et un réalignement de l’Allemagne sur une ostpolitik bismarckienne qui pourrait déboucher sur une nouveau Traité de réassurance avec la Russie. »
Si ces négociations sont fructueuses, les conséquences en seront cataclysmiques : « Les systèmes de sécurité européens et asiatiques des USA peuvent être au bord de l’effondrement à cause des remous, à Washington, qui sont en train de miner toutes les alliances des USA. Alors que le Congrès tente de saboter le mandat de Trump, les États-Unis mettent en péril leurs principales relations stratégiques. »
[…]
L’effet cumulatif démontre au monde que l’obsession du changement de régime de Washington (Iran, Venezuela, etc) et des sanctions illégales (Russie, Iran, Corée du Nord, etc) n’a plus de limites, alors que le duo Russie-Chine continue subtilement à miner la chaîne logistique de Washington – la dette en dollars – et les menaces d’interventions militaires (bombarde la Corée du Nord si tu l’oses). Rien d’étonnant si le partenariat Russie-Chine, en ce qui concerne la Corée du Nord, favorise la démocratie, alors que l’État profond des USA a une envie folle de guerre.

16/08/2017, Berlin soutient l’initiative russo-chinoise pour la désescalade sur la péninsule coréenne, Sputnik (média russe).

Dans un entretien téléphonique avec son homologue chinois Wang Yi, le chef de la diplomatie allemande a indiqué que Berlin voyait d’un bon œil l’appel lancé par Moscou et Pékin à cesser simultanément les tirs nord-coréens et les exercices militaires conjoints menés par Washington et Séoul.

16/08/2017, Négociations secrètes entre les USA et la Corée du Nord, Sputnik (média russe).

Mais les Américains reconnaissent que l’impasse dans les négociations n’est pas due uniquement à Pyongyang. Même si l’administration Trump débouchait sur un accord temporaire avec la Corée du Nord, il serait tout de même difficile de s’assurer le soutien des congressistes.

17/08/2017, L’échec de la politique étrangère US correspond paradoxalement aux promesses de Trump, Sputnik (média russe).

En un peu plus de six mois de présidence, Donald Trump a significativement détérioré les relations des USA avec le monde, notamment certains alliés fiables et de longue date.
Premièrement, une nouvelle ligne de conflit s’est dessinée entre les USA et la Chine.
Deuxièmement, le président iranien Hassan Rohani a annoncé que Téhéran pourrait quitter l’accord sur son programme nucléaire en quelques heures si Washington continuait de renforcer les sanctions.
Troisièmement, le vice-président américain Mike Pence a dit que « l’État déchu » du Venezuela menaçait la sécurité et la prospérité de tout l’hémisphère, ainsi que celle du peuple des USA. Sa déclaration a suivi les récents propos de Trump, qui disait n’écarter aucune mesure envers ce pays, y compris une opération militaire.
Quatrièmement – même si ce thème devrait être en première place – la crise sur la péninsule coréenne continue de s’aggraver. La tension entre la Corée du Nord et les USA (et leurs alliés) est à son comble.
Sur cette toile de fond, on pourrait se passer de mentionner les « broutilles » de la situation internationale des USA comme la confrontation avec la Russie et la détérioration significative des relations avec l’Europe (notamment à cause de la sortie des USA de l’accord de Paris sur le climat).

America Has Been At War 93% of the Time – 222 Out of 239 Years – Since 1776, Infowars.
William BLUM, Les guerres scélérates, Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Editions Parangon, 2004].
Pourquoi les États-Unis ont-ils soutenu les mouvements contre-révolutionnaires en Colombie, au Guatemala, au Salvador dans de nombreux autres pays ? Pourquoi avoir joué les dictateurs contre des hommes politiques démocratiquement élus, Pinochet contre Allende, le chah d’Iran contre Mossadegh, Mobutu contre Lumunba… Pourquoi avoir envahi la petite île de la Grenade et Panam ? Pourquoi avoir soutenu des guerres contre des gouvernements progressistes au Nicaragua, en Angola, en Indonésie ou au Timor oriental ?… Pourquoi avoir provoqué la mort de millions de personnes ? Pourquoi avoir empêché le développement de nombreux pays ? Toujours au nom de la démocratie et de la liberté !
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Let’s Get Rid of growth! – Larguons la croissance !


Bibliographie économie


MAJ le 04/10/2017

 

Ce livre pourrait s’appeler : Larguons la croissance ! Débarrassons-nous de la mondialisation mue par le capital

Nous sommes dans une impasse: la croissance est devenue insoutenable, elle ne crée plus d’emplois comme par le passé, elle concentre la richesse entre les mains d’une infime oligarchie et elle détruit notre planète. La mondialisation telle que mue par le capital est bien sûr derrière ce désastre total qui mettra fin à notre monde si nous ne réagissons pas à temps.

Mais pour ce faire il nous faut un projet : une alternative au cours mortel emprunté par notre monde. Nous devons inverser nos priorités et ne plus attendre de la croissance la solution à tous nos problèmes. Nous devons plutôt donner la priorité à nos besoins essentiels, à la restauration de notre environnement, à la convivialité de nos sociétés et à l’autonomie de nos économies.

Pour ce faire il nous faut donner naissance à un nouveau monde, ce qui exige que nous combattions l’idéologie dominante, que nous réinventions la démocratie, que nous gouvernions sagement et que nous bâtissions des sociétés justes.

Les intellectuels et les activistes ont une responsabilité toute particulière à cet égard et ce livre leur est particulièrement dédié. Tel est le projet d’ensemble proposé par Ariel Français, un plan d’action pour changer notre monde, pour le rendre plus plus équitable, plus convivial et plus durable.

Ariel FRANÇAIS, Let’s Get Rid of growth!: Moving Away from Capital-Led Globalization, Amazon, 2017.

Je n’ai pas lu ce livre, mais le résumé de l’auteur me rappelle les propositions du Club de Rome créé en 1968 !

On ne parlait pas de mondialisation à l’époque, mais qu’importe. Les mots changent plus rapidement que la réalité. Lénine a écrit en 1916 L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, diagnostic qui reste d’actualité même si le terme impérialisme n’est plus guère usité aujourd’hui.

De mon point de vue, le changement le plus important fut le triomphe du néo-libéralisme dans tous les pays quel soit le régime politique en place : Angleterre sous Margaret Tatcher, États-Unis sous Ronald Reagan, France sous François Mitterrand ou Chine sous DENG Xiaoping. Or, ce changement a produit, ruse de l’histoire, un déplacement du leadership des États-Unis en faveur de la Chine. L’élection de Donald Trump, après les déplorables années Obama, reflète le lent mais inexorable déclin de la puissance américaine.

31/01/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Ariel FRANÇAIS, Biographie L’Harmattan – Bibliographie, AmazonBlogSite NOUVEAU.
Dossier documentaire Tournant de la rigueur (Néo-libéralisme en France), Monde en Question.
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L’envers du cirque des élections américaines, Monde en Question.
Élections américaines – Revue de presse, Monde en Question.

Les représentations du monde dans le cinéma américain post-11 Septembre


Bibliographie cinéma

 

Le présent travail vise à comprendre la relation entre une société et son cinéma, entre la première puissance mondiale et la plus importante industrie cinématographique. La projection étant un mécanisme commun à la Nation et au cinéma, il s’agit de voir si un événement tel que 11 Septembre a produit un changement dans le cinéma américain.

Dans un premier temps, le mouvement naturel des studios est d’effacer les tours qui apparaissaient dans des films tournés avant et dont la sortie était prévue peu de temps après. Parallèlement, des cinéastes décident d’aborder les attentats mais en les contournant, qui restent ainsi hors-champ, et il faut attendre 2006 pour que les événements du 11 Septembre s’incarnent sur grand écran. Par ailleurs, si au lendemain des attentats l’unité nationale prévaut, les réalisateurs et producteurs prennent leurs distances avec la politique de Washington lorsque l’idée d’une guerre en Irak est avancée.

Au moment où celle-ci propose une vision du monde binaire, Hollywood réalise des films abordant la relation entre les États-Unis et le Moyen-Orient ou sur la légitimité de la guerre. L’arrivée au pouvoir de Barack Obama en 2009 engendre différents changements, notamment le rapprochement entre Hollywood et Washington. Surtout, les stigmates du 11 Septembre se retrouvent dans des films de science-fiction, qui proposent une interprétation du monde pas si éloignée du nôtre. Enfin, nous observons un retour à (la projection de) la puissance, comme si la mort de Ben Laden en 2011 mettait un terme au « cinéma américain post-11 Septembre ».

Aurore LASSERRE, Les représentations du monde dans le cinéma américain post-11 Septembre (2001-2012), Thèse soutenue le 14/11/2016, Université Paris 2 Panthéon-Assas.

Lire aussi :
Le cinéma américain après le 11 septembre, Il était une fois le cinéma.
Le 11 septembre et après : une décennie de cinéma, Panorama-cinéma.
Le 11-septembre au cinéma : de l’image-tabou à l’image-spectacle, Plans Américains.
Psychologie sociale du cinéma américain, cinephiledoc.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma – Livres, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Triste Amérique


 

Il y a deux Amériques.
Celle du mythe, de la liberté, de la musique, de la chance offerte à chacun. De la Silicon Valley, de Manhattan, de Google, de Facebook, de Wall Street et d’Hollywood.

Et l’autre Amérique…. qui consacre la moitié de son budget à l’armée, en perdant toutes ses guerres.
Où un enfant sur quatre mange à la soupe populaire.
Où l’on compte, proportionnellement, plus de prisonniers qu’en Chine ou en Corée du Nord. Où des vieillards paralytiques purgent des peines de 150 ans.
Où, chaque jour, plus de 30 personnes sont abattues par arme à feu.
Où les études coûtent 40 000 dollars par an, induisant une reproduction sociale sans égale. Où l’impôt taxe les plus riches de 15 % et les plus modestes de 25 ou 30 %.

Une démocratie dominée par deux partis qui dépenseront 7 milliards de dollars lors de l’élection de 2016 pour continuer à se partager le pouvoir.

Michel FLOQUET, Triste Amérique, Les arènes, 2016 [Texte en ligne].

De 2008 à 2011, 91% de la croissance des revenus aux États-Unis est allée au 1% des plus riches.
Source : The Nation

Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Les gros donateurs de la fondation Clinton


 

Suite à une pression publique, la fondation Clinton a fini par donner l’identité de ses plus gros donateurs, et la fourchette de leur don.

Voici une sélection de quelques donateurs :

Kingdom of Saudi Arabia
The Rockefeller Foundation
The Victor Pinchuk Foundation (Ukraine)
Sheikh Mohammed H. Al-Amoudi
State of Kuwait
Nasser Al-Rashid
Barclays Capital
BMU – Federal Ministry for the Environment (Allemagne)
Dubai Foundation
Friends Of Saudi Arabia
Mala Gaonkar Haarman
HSBC Holdings
Walid Juffali
Monsanto Company
Procter & Gamble
State Of Qatar
The Goldman Sachs Group, Inc.
The Government of Brunei Darussalam
The Sultanate of Oman
The Zayed Family
United Arab Emirates
Western Union Foundation

Lire la suite… Les crises

 

Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Élections américaines – Revue de presse


 

26/07/2016, Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post.

Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États « bleus » de la région des Grands Lacs, c’est-à-dire le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin.
L’arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce paysage déprimant d’usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l’ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.
[…]
Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j’aime bien Hillary Clinton. Je crois qu’elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j’ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd’hui pour éviter qu’un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu’Hillary Clinton va nous entraîner dans d’autres aventures militaires, car elle est un « faucon » perché à droite d’Obama.
[…] des millions d’Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu’ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu’ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

20/10/2016, Le discours de Donald Trump au dîner d’Al Smith


Source : Les crises

 

05/11/2016, Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS.

La campagne électorale est un signe de plus du dysfonctionnement profond du système politique américain, dans lequel deux partis contrôlés par le grand patronat, chacun défendant les intérêts des super-riches, jouissent d’un monopole politique.
[…]
Clinton est la candidate du statu quo, représentant l’alliance entre Wall Street, l’appareil militaire et des services de renseignement, et la classe moyenne supérieure complaisante et auto-satisfaite dans laquelle règne la politique fondée sur l’identité. Son programme, si elle devait l’affirmer honnêtement, est de diriger vers l’extérieur la crise sociale sous la forme d’une intensification de la violence militaire américaine, d’abord au Moyen-Orient, mais finalement contre la Russie et la Chine, qui possèdent toutes deux des arsenaux nucléaires.
Trump représente une tentative de diriger les tensions sociales dans des voies extrêmement nationalistes, séduisant les forces racistes et fascistes. Alors qu’il prétend, faussement, s’être opposé aux interventions militaires des États-Unis au Moyen-Orient, il glorifie l’armée américaine et promet de déchaîner une violence illimitée contre n’importe quel pays qui résisterait aux exigences américaines. En fin de compte, son slogan « Make America Great Again » (retrouvez la grandeur de l’Amérique) n’est pas autre chose que la traduction anglaise du slogan hitlérien, « Deutschland Über Alles ».

08/11/2016, Joseph KISHORE et David NORTH, La campagne électorale cauchemardesque titube jusqu’à la ligne d’arrivée, WSWS.

Le fait que les deux principaux candidats, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump soient les plus méprisés dans l’histoire de la politique présidentielle a été étayé dans d’innombrables sondages. Mais le mépris ressenti envers les deux candidats exprime une aliénation plus profonde de toute la structure de la politique capitaliste officielle.
Les candidats et les médias ont ignoré les questions sociales, économiques et politiques qui concernent la majorité écrasante du peuple. Les « débats » électoraux officiels – dans lesquels chaque candidat dénonçait la criminalité de l’autre – embarrassaient et dégoûtaient l’électorat. Clinton et Trump personnifient, chacun à sa manière, le caractère corrompu et réactionnaire du système politique.
[…]
Indépendamment du résultat, le vote d’aujourd’hui ne résoudra rien. Rien de ce qui se passera le jour des élections n’entraînera une hausse des niveaux de vie. En plus, cela ne résoudra aucun des grands problèmes sociaux auxquels la classe ouvrière fera face ou ne mettra pas fin au danger de la guerre mondiale. Il ne servira qu’à établir le cadre de la prochaine étape de la crise politique aux États-Unis.
Cette crise politique aura des conséquences d’envergure mondiale. Les commentateurs des médias internationaux ont suivi ce qui se passe aux États-Unis avec un mélange de choc et d’horreur. Edward Luce, écrivant dans le Financial Times britannique, résume l’inquiétude qui prévaut dans un commentaire publié dimanche sous le titre : « Le procès le plus grave de la démocratie américaine ». Le système politique américain, écrit-il, est « en train de tituber, quel que soit le résultat des élections américaines ».

09/11/2016, Résultats, The Huffington Post.

09/11/2016, Le discours en intégralité de Donald Trump, élu président, BFM TV.

09/11/2016, Joseph KISHORE, La victoire de Trump et la débâcle de la démocratie américaine, WSWS.

Les commentateurs médiatiques, dont aucun n’avait prévu ce résultat, reviennent à leurs routines, expliquant le vote par le comportement de divers groupements raciaux ou identitaires. Ils ont tous ignoré le fait que l’élection devenait un référendum sur la crise sociale dévastatrice aux États-Unis, que Trump a pu diriger vers la droite.
Qui est responsable de la victoire de Trump ? D’abord, la campagne Clinton et le Parti démocrate, qui ne pouvaient pas et ne voulaient pas présenter un programme qui pourrait attirer un quelconque soutien populaire.
Ensuite, Barack Obama, élu il y a huit ans en promettant « l’espoir » et le « changement ». Il a obtenu le soutien de larges sections des travailleurs, y compris des travailleurs blancs, hostiles à l’inégalité et aux politiques de guerre et de réaction sociale menées par l’Administration Bush.
Troisièmement, les syndicats, qui au cours quatre décennies où l’inégalité sociale montait, ont travaillé systématiquement afin d’étouffer la lutte des classes et maintenir l’influence du Parti démocrate. Ils ont également soutenu un nationalisme économique réactionnaire qui allait dans la même direction que la campagne de Trump.

09/11/2016, Bruno GUIGUE, Trump : les raisons de la victoire, Arrêt sur Info.

Premièrement, de larges couches de la population ont vu dans le candidat républicain un recours contre des politiques libre-échangistes qui les ont appauvries. Les mêmes analystes qui fulminent contre Donald Trump oublient généralement de rappeler qu’aux USA il y a 20 à 25% de pauvres. Les classes moyennes ont encaissé le choc en retour de la crise de 2008 et les travailleurs ont fait les frais de la mondialisation libérale encensée par les démocrates. Après huit années de présidence Obama, ce délabrement de la société américaine peut difficilement être porté au crédit du président sortant. Première leçon de cette élection : quand ceux qui se disent progressistes ne le sont qu’en paroles, le peuple essaie autre chose.
Deuxièmement, Donald Trump a gagné parce qu’il est apparu à tort ou à raison comme un électron libre, sans allégeance particulière, voire étranger au système politique traditionnel. Le milliardaire qui pavoise les gratte-ciel de son nom en lettres géantes, bien sûr, est un pur produit du système capitaliste. Il aime se présenter comme un self-made man qui s’est taillé un empire immobilier dans la jungle new-yorkaise. Evidemment ce n’est qu’une belle histoire enjolivée pour les besoins de la cause, mais peu importe puisque les Américains qui votent pour lui ont follement envie d’y croire.
Troisièmement, Donald Trump doit aussi son succès massif, bien sûr, au climat pestilentiel qui régnait autour de la candidate démocrate. Experte en double langage, Hillary Clinton s’est pris les pieds dans le tapis à force de multiplier les mensonges. Elle s’est mouillée jusqu’au cou avec Wall Street, allant jusqu’à confesser qu’elle se sentait « plus proche des financiers que de la classe moyenne depuis qu’elle et Bill avaient gagné des dizaines de millions de dollars ». Le trucage éhonté des primaires démocrates et l’affaire rocambolesque des emails ont fait le reste. Les ploucs qui se lèvent tôt le matin pour aller nourrir leur famille ou payer les études de leurs enfants viennent de renvoyer l’ascenseur à celle dont ils ne supportaient plus la duplicité. Direction le sous-sol.

09/11/2016, Glenn GREENWALD, Les Démocrates, Trump et le refus actuel dangereux de tirer les leçons du Brexit, Les crises.

Il est indéniable que les institutions occidentales dominantes ont, durant des décennies, sans relâche et dans une totale indifférence, piétiné le bien-être économique et la sécurité sociale de centaines de millions de personnes. Tandis que les cercles des élites se sont gavés de mondialisation, de libre-échange, de jeu au casino de Wall Street et de guerres sans fin (des guerres qui ont enrichi leurs auteurs et fait porter le fardeau aux plus pauvres et aux plus marginalisés), ils ont complètement ignoré les victimes de leur gloutonnerie, sauf lorsque ces victimes prenaient la parole un peu trop fort – quand il y avait du grabuge – et qu’elle étaient traitées avec dédain d’hommes des cavernes et d’avoir mérité leur défaite dans le jeu glorieux et mondial de la méritocratie.
[…]
« Au lieu de reconnaître et de corriger leurs failles profondes, [les élites] consacrent leurs énergies à diaboliser les victimes de leur corruption dans le but de délégitimer ces revendications et ainsi se dédouaner de la responsabilité d’y répondre de manière significative. Cette réaction ne fait que conforter, sinon justifier, la perception dynamique que ces élites institutionnelles sont désespérément centrées sur leurs propres intérêts, sont nocives et destructrices et ne peuvent donc pas être reformées mais doivent plutôt être détruites. Cela garantit en retour qu’il se produira beaucoup plus de Brexits et de Trump dans notre avenir commun. »

09/11/2016, Paul CRAIG ROBERTS, La classe ouvrière a gagné l’élection, Arrêt sur Info.

Il reste encore à voir la réaction de l’oligarchie devant la victoire de Trump. Wall Street et la Réserve fédérale ont la capacité de créer une crise économique afin de mettre Trump sur la défensive, et ils peuvent utiliser la crise pour forcer Trump à nommer l’un des leurs au poste de Secrétaire au Trésor. Des agents sans scrupules de la CIA et du Pentagone peuvent fomenter un attentat sous fausse bannière pouvant perturber les relations amicales avec la Russie. Trump peut faire la faute de conserver les néocons dans son administration.
[…]
Nous ne savons pas qui choisira Trump pour servir dans son gouvernement. Il est probable qu’il ne connaît pas les diverses possibilités et les rapports dans les affaires étatiques. Cela dépend en réalité de qui conseille Trump et des conseils qui lui sont donnés. Au moment où nous connaîtrons son gouvernement, nous saurons si nous pouvons espérer que les changements ont des chances de se réaliser.
Dans le cas où l’oligarchie ne serait pas en mesure de retenir Trump, s’il réussit réellement à modérer le pouvoir et le budget du complexe militaro-sécuritaire et à tenir politiquement responsable le secteur financier, il se pourrait qu’il soit assassiné.
[…]
Hillary est battue, mais pas les oligarques. S’il est conseillé à Trump d’être conciliant, de tendre la main et de faire entrer l’establishment dans son gouvernement, le peuple étasunien sera de nouveau déçu. Dans un pays dont les institutions ont été si parfaitement corrompues par l’oligarchie, il est difficile de réussir à amener de véritables changements sans effusion de sang.

11/11/2016, Lucas MAUBERT, Avec Trump président, la Cour Suprême va basculer, Les Yeux du Monde.

[…] il est également à retenir que les élections du 9 novembre 2016 auront fait basculer les institutions fondamentales de la première puissance du monde dans le camp du conservatisme. Au-delà de la victoire de Trump, les Républicains sont parvenus à conserver une courte majorité au Sénat – 51 sièges sur 100 – ainsi qu’à la Chambre des Représentants.
[…]
Le changement le plus durable aura lieu à la Cour Suprême. Créée par l’article III de la Constitution, cette institution est compétente sur chaque sujet relevant du droit constitutionnel, des lois votées par le Congrès et des traités signés par le pays. Elle est d’autant plus importante qu’il s’agit de la plus haute institution judiciaire aux États-Unis ce qui rend ses décisions irrévocables.
[…]
Actuellement, il y a un équilibre des forces au sein de l’institution, quatre membres étant jugées plutôt comme étant du camp progressiste, quatre du camp conservateur. Trump aura le pouvoir de faire basculer la Cour dans ce dernier camp. Lors de la campagne électorale, il avait annoncé que les juges qu’il nommerait seraient pro-vie et défendraient le deuxième amendement sur le port d’armes. Surtout, il aura l’occasion d’élargir cette nouvelle majorité conservatrice.
[…]
Les juges étant nommés à vie, la Cour Suprême pourrait demeurer conservatrice pour les vingt prochaines années. C’est donc l’ensemble d’une génération qui pourrait se voir affectée par les décisions de la Cour Suprême, que ce soit sur l’avortement, l’immigration, le port d’arme ou l’assurance-maladie. Ce sera peut-être cela, le véritable héritage de la présidence Trump…

Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

L’envers du cirque des élections américaines


Les médias dominants américains et français soutiennent Hillary Clinton contre Donald Trump comme si les deux ne soutenaient pas les mêmes intérêts.

Les documentaires télévisuels, qui participent à ce cirque, sont aussi pléthoriques qu’inutiles.

Michael KIRK, Quel Président pour l’Amérique – Clinton contre Trump (USA, 2016), fait une biographie scolaire des deux candidats qui ne dit rien d’essentiel et cache les liens qui les unissent.
Partage proposé par : Zone Telechargement HD 720 VF.

William KAREL, Hillary Clinton, la femme à abattre (France, 2016), fait quelques rappels intéressants : en 2000, Hillary Clinton a contacté Donald Trump pour qu’il l’aide financièrement et elle a assisté à son mariage [19’08] ; en 2008, elle souhaitait restreindre l’avortement, elle était contre le mariage gay et l’émigration « clandestine », mais pour la peine de mort ; elle soutient toutes les guerres américaines (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) [22’00]. Aujourd’hui, elle est prête à faire la guerre contre la Russie et la Chine.
La suite dénonce Trump qui révèle la réalité de la politique américaine à laquelle participe Hillary Clinton. Car, comme le rappelle David Ignatius (éditorialiste au Washington Post) elle a vendu son statut d’ancienne fonctionnaire en faisant des conférences pour Goldman Sachs contre 200, 300 et même 500 000 dollars [53’01]. Le mot de la fin revient à Carl Bernstein : « Les deux candidats à la Présidence des États-Unis n’inspirent que de la méfiance » [1h05’40].
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR.

Cependant, deux documentaires tranchent avec le discours dominant qui masque la réalité économique et sociale des États-Unis.

Hélène ECKMANN, Le prix du rêve américain (France, 2016), montre que si l’Amérique connaît un taux de chômage historiquement bas, les Américains, dans le même temps, sont historiquement pauvres. 15% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Romain ICARD, États-Unis, le nouvel apartheid (France, 2016), montre que la ségrégation, pourtant interdite par la loi, fait son retour partout en Amérique. Notamment dans les écoles publiques.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post, 26/07/2016.
Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS, 05/11/2016.
Friedrich ENGELS, Le rôle de la violence dans l’histoire [Texte en ligne] – Chapitres II, III et IV de la deuxième partie de L’anti-Dühring, 1878-80 [Texte en ligne].
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.