Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Crise économique

Le FN progresse grâce à la gauche


La progression du FN s’explique par l’économie. Depuis 1997, le taux de chômage officiel ne cesse d’augmenter :

La hausse du taux de chômage est confirmée. L’Insee publie ses chiffres ce jeudi, qui viennent confirmer ceux de Pôle Emploi. Ainsi le taux de chômage a bondi au troisième trimestre 2015, atteignant 10,2 % de la population active en France métropolitaine (+ 0,2 point). Ce sont plus de 2,9 millions de personnes touchées, soit le plus haut niveau depuis 1997.
Source : Atlantico

Or, l’implantation du FN est très forte auprès des ouvriers (51%), des chômeurs (42%) et des employés (38%), soit parmi les classes les plus touchées par la crise :


Source : Atlantico

 

La progression du FN s’explique aussi par la politique. Depuis le 1982, la gauche a mené une politique anti-sociale qu’elle dissimule par une croisade contre les musulmans, désignés comme les boucs émissaires de tous les maux de la société.

Cette croisade se paie non seulement avec le sang des victimes des attentats, mais aussi par la lepénisation de la société que la gauche favorise car perdurent les réflexes coloniaux d’un Jules Ferry, Guy Mollet, François Mitterrand et Hollande-Valls.

13/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Mauvaises nouvelles sur le front des créations d’emploi : les 9 graphiques pour savoir si vous habitez dans l’une des régions ayant le plus souffert de la crise depuis 2008, Atlantico.
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Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

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La crise vue par MARX et ENGELS


 

Pour Marx, la crise a deux faces. L’hégémonique Angleterre ne connaît chez elle que les crises économiques, et elle exporte leurs prolongements politiques, militaires ou révolutionnaires dans les autres pays.

Après 1870, devant la concurrence redoutable de nouveaux capitalistes, les docteurs ès économie interviennent pour débloquer la vieille machine productive, en lui injectant les drogues du crédit, de l’inflation, de l’impérialisme colonialiste et de la course à l’armement que centralise l’État-providence. C’est le cycle prolongé de prospérité du capitalisme « idyllique », mais c’est aussi la folle surproduction et 1914, avec ses guerres et ses révolutions.

Karl MARX et Friedrich ENGELS, La crise, Traduction et notes de Roger Dangeville hélas [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Marxisme, Monde en Question.

Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro


 

Les gouvernements et les médias dominants européens voudraient nous faire croire que le gouvernement grec serait une bande de gauchistes prêts à détruire l’Europe.

La lecture de ce petit livre, co-écrit par le Ministre des Finances grec (démissionnaire après la victoire du non au référendum), montre qu’il est plutôt un réformiste souhaitant tout au plus améliorer le système et non le remettre en cause.

Confrontée à une crise économique et sociale majeure qui nourrit la montée des nationalismes, la zone euro n’a plus droit à l’erreur. Il faut agir et vite ! Comment ? D’abord en partant du bon diagnostic. Non, le problème majeur n’est pas la dette. Celle-ci n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’architecture défaillante de la zone euro. Face à l’urgence, il faut se montrer réaliste et pragmatique : on ne va pas changer les traités et rouvrir des débats source de division. Tout l’intérêt de ce petit ouvrage est de formuler une proposition immédiatement applicable pour sortir de la crise, s’inscrivant dans le cadre institutionnel actuel et propre à remettre la zone euro sur la voie de la prospérité.

James K. GALBRAITH, VAROUFAKIS Yanis, Stuart HOLLAND, Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, Les petits matins, 2014 [Texte en ligne].

Le plus tragique est que les groupes se réclamant de l’extrême gauche ont accrédité l’opinion que le gouvernement de Alexis Tsipras serait « de gauche ».
Le plus comique est que la douche froide de leurs désillusions d’aujourd’hui entretient la flamme de leurs illusions d’hier. Ainsi, au lieu de réviser leur axiome, ils accusent le gouvernement grec d’avoir trahi… leurs illusions.

10/07/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• La presse de l’illusion : ContretempsLe Grand SoirModialisationWSWS.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Veille informationnelle Europe – Russie, Monde en Question.

Fracture sociale


 

Les catégories populaires et moyennes vont se rappeler au bon souvenir du pouvoir lors des élections départementales des 22 et 29 mars. Le Front national va conquérir un grand nombre de cantons. Sans doute plusieurs départements. Les portes du pouvoir sont proches. Le Parti socialiste est progressivement balayé de la scène politique. L’une des explications est à chercher dans la violence de la crise subie par une partie de la population. Les catégories aisées, gourmandes, continuent à s’enrichir quand les couches populaires voient leur niveau de vie baisser. Entre les deux, les classes moyennes constatent avec amertume le décalage entre leurs aspirations et la réalité sociale. Une fracture sociale s’ouvre et le ressentiment augmente.

Tant qu’elle ne se traduit pas en actes, l’indignation des lendemains de soirée électorale n’est qu’une vaste hypocrisie. Comment peut-on, par exemple, livrer 47 milliards d’euros par an de baisse d’impôts aux entreprises et aux ménages dans le contexte d’une telle crise sociale ? C’est directement faire la courte échelle à l’extrême droite. On peut continuer à faire semblant de ne pas voir ce qui se joue, mais alors il faudra en accepter les conséquences le jour où notre modèle social volera en éclat. L’addition sera alors bien plus grande qu’ils ne le pensent, pour tous ceux qui aujourd’hui se voilent la face. Les étrangers ne seront pas les seuls à en payer le prix.

Lire la suite… Observatoire des inégalités.

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Précarité & Inégalités, Monde en Question.

La fin d’une époque


 

Alors que la crise des années 1930 allait provoquer une croissance des courants du mouvement ouvrier dans toute leur variété (réformistes, staliniens, révolutionnaires, anarchistes), l’inverse se produit aujourd’hui : la crise ouverte en 2008 entraîne dans une spirale dépressive tous les courants de la gauche et du mouvement ouvrier.

[…]

L’étonnante durée et la profondeur de la contre-réforme néolibérale [des années 1980] s’expliquent, d’une part par l’ampleur des restructurations de l’économie mondiale, et d’autre part par les défaites subies par le mouvement ouvrier, la conversion des secteurs dominants de la gauche traditionnelle au néolibéralisme, et la restauration capitaliste à l’est de l’Europe et en Chine. La conjonction de ces événements provoque des processus inédits et sans précédent, de rupture entre la gauche – celle issue des organisations réformistes social-démocrates et staliniennes qui ont principalement structuré l’organisation du prolétariat au XXe siècle – et les classes populaires.

[…]

Les compromis sociaux des Trente Glorieuses sont progressivement liquidés. Les destructions opérées au cours du siècle ont obscurci l’organisation et la conscience du mouvement ouvrier. Pour des millions d’êtres humains, stalinisme et communisme se confondent. La préservation de certaines positions politiques et institutionnelles par les appareils syndicaux ou ceux de la gauche a conduit à l’adaptation et à l’intégration néolibérale. En Europe, ces changements sociopolitiques sont accentués par les orientations de l’Union européenne qui exigent l’application d’une austérité brutale.

La crise ouverte en 2008 a accéléré ce processus. Le basculement des centres de gravité de l’économie mondiale vers la Chine et les nouvelles puissances asiatiques, la pression toujours forte de l’impérialisme nord-américain, même si celui-ci connaît une crise de son hégémonie, conduisent les classes dominantes en Europe à redoubler d’efforts pour liquider le »modèle social européen » – ou de ce qu’il en reste – en confiant à la gauche traditionnelle une responsabilité directe dans ce remodelage.

Lire la suite… Contretemps

Si l’analyse de l’effondrement mondial d’une opposition de gauche au néo-libéralisme est intéressante, les « pistes pour l’alternative » révèlent l’absence de perspective. Le titre de l’article renvoie aussi bien au recueil de nouvelles d’Evelyn Waugh (Work Suspended and other stories (La fin d’une époque), 1939), au livre de Franz-Olivier Giesbert (La fin d’une époque, 1994) qu’aux pseudo-analyses d’Eric Zemmour (La fin d’une époque selon Zemmour, 2015).

04/02/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Les années 30 sont de retour


Comment tout cela va-t-il finir ? Les haines et les peurs de notre temps ont un parfum de redite, celui des années 30, cette décennie tragique qui mena le monde à l’abîme. Economique, sociale, identitaire ou politique, les crises s’additionnent depuis le krach de 2008, comme au temps de la Grande Dépression de 1929.

Mais qu’en est-il au fond ? Le reniement « social-libéral » de François Hollande vaut-il vraiment la « pause » de Léon Blum ? Poutine phagocytant l’Ukraine rejoue-t-il Hitler avalant les sudètes ? L’antisémitisme de la génération Soral-Dieudonné illustre-t-il la résurgence des haines d’un Céline ? Le danger Le Pen fait-il écho au péril nationaliste d’hier ? Telles sont quelques-unes des questions de cet ouvrage, fruit de la rencontre entre deux historiens et deux journalistes, qui se livrent à un incessant aller-retour entre passé et présent. L’Histoire n’est pas un éternel recommencement, mais ces années 30, si proches et si lointaines, si terribles et pourtant fondatrices, éclairent bien étrangement les crises du temps présent…

Renaud DÉLY, Pascal BLANCHARD, Claude ASKOLOVITCH, Yvan GASTAUT, Les années 30 sont de retour – Petite leçon d’histoire pour comprendre les crises du présent, Flammarion, 2014 [extraits].

Hegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce.

Karl MARX, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte [1853], La Table Ronde, 2001 p. 172.

Écouter aussi :
• Des années 30 à aujourd’hui, l’histoire bégaie-t-elle ?, France Inter.
• Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Télé Sud-Est.

Lire aussi :
• Philippe CORCUFF, Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Textuel, 2014 [extraitsRevue du Mauss].
• La crise dans les années 30 et aujourd’hui, Que Faire ?, 2009.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

L’austérité est une erreur mathématique !


C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. Un rapport de quarante quatre pages signé par un économiste en chef du FMI, un français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.

Ce que dit Olivier Blanchard, c’est que le modèle mathématique sur lequel s’appuyaient ces politiques visant au désendettement radical, et au retour sacré à l’équilibre budgétaire, comportaient une erreur au niveau, je cite, du multiplicateur fiscal. Pour simplifier beaucoup, ce modèle mathématique, donc incontestable, prévoyait que lorsqu’on retire un euro dans un budget il manquerait un euro dans le pays concerné. Or c’est faux. Pour des raisons qui tiennent à une réalité parfaitement triviale, et qui est que les hommes sont humains, cette austérité a déclenché des réactions collectives qui ont abouti à ce que cet euro retiré a provoqué la perte de trois euros dans les sociétés concernées.

Multipliez par des milliards, et vous comprendrez pourquoi l’austérité imposée à coup de sabre par des troïkas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage, et plus de récession.

L’équation était fausse, ce qui est remarquable en soi, surtout quand on songe au Mississipi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremptoire, délivrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les journaux, par des commentateurs sûrs d’eux et dominateurs.

Mais le plus incroyable est ailleurs.

C’est qu’il ait fallu s’apercevoir que quelque chose clochait dans une équation pour découvrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assistait à des accidents de la route en chaîne et qu’on ne donnait pas l’alerte tant qu’un modèle mathématique ne disait pas que c’était des accidents.

On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la technocratie. Il a fallu qu’un expert constate un problème avec un coefficient multiplicateur pour que ce qui saute aux yeux soit perçu par nos cerveaux. L’Europe est à la traîne, son chômage bat des records, sa croissance est en berne, la pauvreté s’installe, bref la voiture est dans le fossé, mais peu importe, on ne change pas de politique puisque c’est la seule et qu’en vouloir une autre serait une demande ignare.

Les ignares vous saluent bien, mais les dévots de l’austérité n’ont pas rendu les armes. L’histoire de l’équation commence à cheminer, on en a parlé dans le journal de France 2 hier soir, l’Humanité l’a évoquée, le Washington Post aussi, mais elle ne fait pas encore la une. C’est qu’on ne renonce pas d’un jour à l’autre à une idéologie. Même vermoulus les murs de Berlin ne s’affaissent pas d’un jour à l’autre.

09/01/2013, Hubert Huertas, Extraordinaire : l’austérité est une erreur mathématique !, France CultureTélécharger mp3.
07/01/2013, Olivier Blanchard, Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul, L’HumanitéRapport du FMI en anglais.

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Catastroïka


Les créateurs de Debtocracy reviennent avec une nouvelle production. Catastroïka cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, Catastroïka essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

Partage proposé par : Zone Telechargement HD 720 VF

Lire aussi :
• Catastroika : le film militant sur les ravages des privatisations, L’Express.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le chômage en France


Source : La crise de la sidérurgie, Le choix de la rédaction France Culture.

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
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The Iron Lady – La dame de fer


 

Cette biographie très elliptique – partielle et partiale – de Margaret Thatcher est un panégyrique (via des images et une bande son aux normes hollywoodiennes) destiné à la réhabiliter après des générations nées après les années1970 [1].

Phyllida Lloyd nous impose sa vision compassionnelle pour une vieille dame qui a perdu la tête après la mort de son mari alors que, détail significatif, il rapporte la dénonciation de Margaret Thatcher de la tendance à penser la politique sous l’angle des sentiments et non des idées :

Les gens ne « pensent » plus. Ils « sentent ». […] Vous savez, un des grands problèmes de notre époque est que nous sommes dirigés par des gens qui s’occupent davantage des sentiments que des pensées et des idées.

Ainsi, ce film est non seulement un insulte à l’histoire pour les millions de victimes de la politique de Margaret Thatcher, mais aussi une insulte à sa propre pensée de la politique.

Autre détail (ignoré par les féministes) : un commentaire en voix off affirme que « jamais en Occident il n’y a eu de femme Premier ministre » oubliant que Golda Meir fut Premier ministre d’Israël de 1969 à 1974 et que Sirimavo Bandaranaike fut Premier ministre au Sri Lanka de 1960 à 1965 et de 1970 à 1972 [2].

Ceci dit, l’interprétation de Meryl Streep dans le rôle de Margaret Thatcher est aussi remarquable que celle de Bruno Ganz dans celui d’Hitler (La chute). Or, ce film fut contesté pour son approche trop humaine du dictateur du IIIe Reich – deux poids deux mesures…

Il est symptomatique que l’histoire des années 1980 soit totalement occultée. Il y a pourtant matière à penser du fait que le néo-libéralisme, qui sévit encore aujourd’hui, fut la doctrine de tous les gouvernements quelque soit leur couleur politique. Si cette politique était logique pour Ronald Reagan aux États-Unis et pour Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, elle l’était moins pour Miguel de la Madrid au Mexique et encore moins pour François Mitterrand en France, Deng Xiaoping en Chine ou pour Mikhaïl Gorbatchev en Russie (URSS à l’époque) [3].

Tout cela a naturellement échappé à tous les critiques des médias dominants qui ne méritent pas d’être cités [4].

10/02/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Margaret THATCHER, Discours (1968-1992), Les Belles Lettres, 2016 [Texte en ligne].
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.


[1] Partage proposé par : Zone Telechargement DVD VOSTFR.
[2] Serge LEFORT, La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question.
[3] Sélection bibliographique :
• Articles Tournant de la rigueur, Monde en Question.
• Dossier documentaire Tournant de la rigueur, Monde en Question.
[4] Note du 15/02/2012 : Sauf Critikat publié le 14/02/2012.