Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Campagne BDS

À la recherche de la Palestine


Septembre 1993 : l’image de la poignée de main entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin fait le tour du monde. C’est le début du processus d’Oslo. Septembre 2000 : la Cisjordanie et Gaza s’embrasent. Le caractère illusoire de la rhétorique du « processus de paix » est révélé au grand jour. Janvier 2006 : le Hamas, organisation hostile aux accords signés depuis 1993, remporte les élections législatives. Les Palestiniens réaffirment leur rejet de la prétendue paix d’Oslo. 2011 : c’est « l’impasse ».

Ces événements sont connus. Ce qui l’est moins, c’est la logique qui sous-tend l’évolution de la question palestinienne depuis 18 ans. Elle permet pourtant de comprendre que « l’impasse » était prévisible, et ce dès 1993. Ce livre n’entend pas analyser de manière exhaustive cette logique, mais plutôt l’éclairer afin de mieux pouvoir appréhender le présent et questionner l’avenir : la parenthèse d’Oslo se referme, l’État palestinien indépendant n’aura été qu’une promesse et une nouvelle réalité s’impose.

Les chroniques, interviews et analyses regroupées dans cet ouvrage ont été rédigées entre 2007 et 2011. Elles offrent au lecteur un panorama de la société palestinienne, ainsi que des clés de compréhension originales des dynamiques politiques à l’œuvre en Cisjordanie et à Gaza. De la crise historique du Fatah à la question de la « résistance non violente », en passant par la vie quotidienne et ses anecdotes significatives, ce livre aborde des thématiques variées et propose une approche singulière et sans concession de la question palestinienne, au-delà des clichés, de l’aveuglement idéologique et du refus de se confronter aux faits.

Julien SALINGUE, À la recherche de la Palestine – Au-delà du mirage d’Oslo, Editions du Cygne, 2011.

Militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire et des Jeunesses communistes révolutionnaires, militant du mouvement de solidarité avec la Palestine, enseignant et doctorant en science politique, secrétaire du Cercle des Chercheurs sur le Moyen-Orient (CCMO), Julien Salingue est spécialiste de la question palestinienne. Ses recherches portent notamment sur le système politique palestinien contemporain. Depuis 2001, il s’est rendu régulièrement en Cisjordanie et, dans la mesure du possible, à Gaza. L’essentiel de ses travaux sont consultables sur son blog.

Lire aussi :
• Lettre d’information n°5, BDS France, 14/03/2011.
Dossier documentaire & Bibliographie Julien SALINGUE, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

Comédiens israéliens contre la colonisation


Une soixantaine de comédiens et hommes de théâtre israéliens de premier plan se sont engagés à refuser de jouer dans l’implantation juive d’Ariel, en Cisjordanie, où un nouvel auditorium ouvre ses portes à l’automne, ou dans quelque autre implantation des territoires palestiniens occupés, a annoncé dimanche l’un de leurs représentants.

Ce refus vient raviver le débat sur une question qui divise les Israéliens: l’avenir de dizaines de colonies de peuplement en Cisjordanie, et ce à l’heure où Israéliens et Palestiniens reprennent le 2 septembre à Washington des pourparlers directs gelés depuis 18 mois.

La question des implantations, considérées illégales par la communauté internationale et situées sur des terres que les Palestiniens veulent voir faire partie de leur Etat, est susceptible de faire dérailler ces pourparlers très vite.

Le président palestinien Mahmoud Abbas affirme en effet qu’il claquera la porte si Israël ne prolonge pas le gel de la construction dans les implantation, un moratoire de dix mois qui arrive à expiration le 26 septembre. Et le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou ne s’est engagé à rien.

Selon le dramaturge Joshua Sobol, au moins 56 comédiens et auteurs de théâtre ont déjà signé la pétition, rédigée en réponse à l’annonce par la direction de plusieurs compagnies subventionnées qu’elles comptaient aller jouer à Ariel.

Parmi les signataires refusant d’aller jouer de l’autre côté de la Ligne verte, qui marque la frontière avec la Cisjordanie occupée, on trouve des grandes figures du monde théâtral et comédiens populaires en Israël, comme Yossi Pollak, Anat Gov ou Savyon Liebrecht.

Le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a estimé qu’ils servaient ainsi la campagne internationale qui vise à délégitimiser Israël, via des boycotts économiques, culturels ou universitaires. « La dernière chose dont nous ayons besoin en ce moment, alors que nous faisons l’objet de ce genre d’attaque, c’est d’une tentative de boycott venue de l’intérieur », a-t-il déploré dimanche au début du conseil des ministres hebdomadaire.

La question arrive sur le devant de la scène en raison de l’ouverture, prévue en novembre, d’un nouveau centre culturel qui a coûté dix millions de dollars à Ariel, une des plus importantes implantations cisjordaniennes, avec quelque 20.000 habitants. Selon le maire d’Ariel Ron Nachman, les principales compagnies théâtrales du pays sont prêtes à venir y jouer.

Sobol, auteur célèbre du « Ghetto », pièce sur l’Holocauste, a dit espérer que cette pétition puisse réveiller un public apathique et pousser les compagnies à revenir sur leur décision. « Il y a eu de la léthargie ces dernières années. Les gens sont en quelque sorte devenus indifférents aux nombreuses questions qui sont des questions existentielles en Israël, et ceci pourrait ranimer le débat public », a-t-il déclaré.

Les quatre compagnies, Habima, Cameri, Beit Lessin et Beersheba Theater, ont affirmé dans un communiqué conjoint qu’elles ne céderaient pas. « Nous respectons les opinions politiques de nos acteurs, mais nous ferons en sorte que ce que le théâtre israélien a de mieux aille à Ariel », écrivent-elles.

Selon Osnat Chen, porte-parole de Habima, la compagnie étudiera le cas de chaque acteur qui refuserait de jouer à Ariel.

Depuis qu’Israël s’est emparé de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et de la partie orientale de Jérusalem lors de la Guerre des Six jours en 1967, environ 300.000 colons se sont installés en Cisjordanie, et 200.000 autres à Jérusalem-Est, annexée par l’Etat hébreu après le conflit. Les détracteurs de la politique de colonisation estiment que ces enclaves et leur croissance constante pourraient empêcher la partition de la terre et détruire la notion d’un Etat juif démocratique.

Par ailleurs, le chef spirituel du parti ultra-orthodoxe Shas, membre de la coalition gouvernementale, a fait scandale dimanche, après avoir estimé que les Palestiniens et leur président devraient « disparaître du monde ». Le rabbin Ovadia Yosef, 89 ans, très respecté dans la communauté sépharade, a aussi qualifié les Palestiniens d' »ennemis amers et malfaisants d’Israël ».

Dans un communiqué, l’Autorité palestinienne a riposté, réclamant qu’il soit mis fin à la « culture de la haine envers les Palestiniens » en Israël. « Le chef spirituel du Shas appelle carrément au génocide contre les Palestiniens et il semble ne pas y avoir de réponse du gouvernement. Est-ce ainsi que le gouvernement israélien prépare son opinion publique à un accord de paix? », s’est interrogé le négociateur palestinien Saeb Erekat.

AP-Yahoo! Actualités

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2010, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Brèves du 15/04/2010


Palestine/Israël

NON à la « Promenade David Ben Gourion » à Paris !, Monde en Question.

• 14/04/2010, Entretien avec Amr Moussa, Secrétaire général de la Ligue arabe, France24.

• 13/04/2010, Dossier : Un décret militaire israélien menace des Palestiniens d’expulsion massive, CCIPPP.

• 24/03/2010, Boycott Israël et H&M Paris, YouTube.

Après Tel-Aviv, la société suédoise de mode H&M a décidé douvrir un second magasin à Jérusalem, sur les lieux même d’un ancien village palestinien détruit en 1948, Malha, et dont les anciens habitants et leurs descendants sont encore aujourdhui réfugiés.

Commentaires : Il est cocasse de constater combien la presse pro-sioniste se préoccupe de la campagne Boycott – Désinvestissement – Sanctions :
Chambre de Commerce France-Israël dont cette perle du 1er avril ! publié par l’im-Monde
DesInfos
Israël Actualités

Il faut lire aussi la presse du Likoud, le parti le plus modéré au pouvoir en Israël depuis l’investiture du gouvernement de Benyamin Netanyahou en mars 2009 :
Likoud
Manhigut Yehudit fraction du Likoud dont le slogan est Faisons du pays des Juifs un pays Juif !

• Journal vidéo, Sleepless in Gaza…and Jerusalem [26 minutes par jour], YouTube.

Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.

Économie Monde

• 14/04/2010, Dossiers d’actualité : Retraites, Fondation Jean-Jaurès.

La Fondation Jean-Jaurès a rassemblé des documents d’archives, des études, des rapports originaux et des entretiens pour alimenter le débat sur les retraites, qui s’est ouvert lundi 12 avril entre le gouvernement et les partenaires sociaux.
Lire aussi : CASTEL Nicolas, La retraite des syndicats, La Dispute, 2009 [Liens socio].

• 07/04/2010, Dix contrevérités sur les retraites, ATTAC-Fondation CopernicContreInfo.

L’association ATTAC et la Fondation Copernic récusent le catastrophisme actuel sur la question du financement des retraites.
Le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007.

Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Culture

• 13/04/2010, Bac philo 3/5 : Y-a-t-il des choses que le langage ne puisse dire ?, Les nouveaux chemins de la connaissance.

Boycott – Désinvestissement – Sanctions


Contre Charles Boycott, propriétaire terrien irlandais, ses fermiers organisèrent en 1879 un blocus qui l’obligea à capituler sur les loyers et les conditions de travail. Le boycott est l’arme des pauvres contre les puissants, des opprimés contre la domination.

Le mouvement BDS (Boycott – Désinvestissement – Sanctions) est issu d’organisations populaires palestiniennes en lutte contre l’occupation militaire de la Palestine et l’apartheid en Israël. Comme l’explique Barghouti, c’est un mouvement non violent, moral et antiraciste. Il vise tous les produits en provenance d’Israël : le limiter aux produits des colonies serait le rendre inefficace, tant cette origine est facile à masquer. Il vise entre autres le domaine académique, car à de très rares exceptions près l’université israélienne est complice de l’occupation et de l’apartheid.

Le débat sur le boycott atteint désormais des pays aussi divers que la Norvège, l’Australie, les États-Unis ou l’Afrique du Sud. Sur ce débat, le public français est mal informé. La publication de ce livre, qui comble une lacune, est menée au nom de la liberté d’expression et du droit du public à une information indépendante.

Omar BARGHOUTI, Boycott, Désinvestissement, Sanctions – BDS contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine, La Fabrique, 2010.

Colonisation – Occupation – Annexion
Boycott – Désinvestissement – Sanctions

Lire aussi :
• 09/11/2005, Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël jusqu’à ce qu’il applique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme, BDS.

À la lumière des violations persistantes du droit international par Israël,
Étant donné que, depuis 1948, les centaines de résolutions de l’ONU ont condamné les politiques coloniales et discriminatoires d’Israël en tant qu’illégales et ont appelé à des remèdes immédiats, proportionnés et efficaces,
Étant donné que toutes les formes d’intervention internationale et de tentatives de paix n’ont pas jusqu’ici convaincu ou forcé Israël à se conformer à la loi humanitaire, à respecter les Droits de l’Homme fondamentaux et à mettre fin à son occupation et son oppression du peuple de la Palestine,
En raison du fait que les personnes de conscience parmi la communauté internationale ont historiquement endossé la responsabilité morale de combattre l’injustice, comme illustré dans la lutte pour abolir l’Apartheid en Afrique du Sud par diverses formes de boycott, de retrait d’investissement et de sanctions,
Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’Apartheid et dans l’esprit de la solidarité internationale, de la cohérence morale et de la résistance à l’injustice et à l’oppression,
Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid.

• 17/01/2006, FINKELSTEIN Norman G., Pourquoi un boycott économique d’Israël est-il justifié ?, CCIPPP.

« Un boycott économique semblerait être une entreprise également judicieuse. Une stratégie non-violente dont le but est d’arriver à un règlement juste et durable du conflit entre Israël et la Palestine ne peut pas légitimement s’appeler de l’antisémitisme. »

• 23/06/2009, PAPPÉ Ilan, Le boycott culturel est une nécessité, Electronic IntifadaInfo-Palestine.

Ces huit dernières années, la politique criminelle d’Israël a connu une escalade et les militants palestiniens ont cherché de nouveaux moyens d’y faire face. Ils ont tout essayé : la lutte armée, la guérilla, le terrorisme et la diplomatie : tout cela en vain. Et pourtant, ils ne baissent pas les bras et ils proposent maintenant une stratégie non-violente – celle du boycott, du désinvestissement et des sanctions. Par ce moyen, ils essaient de sauver, non seulement les gouvernements occidentaux – mais ironiquement, aussi les juifs d’Israël – d’une catastrophe imminente et sanglante. Cette stratégie a inspiré l’appel au boycott culturel d’Israël, appel qui émane de toutes les parties de la société palestinienne : la société civile sous occupation et les Palestiniens vivant en Israël. L’appel est appuyé par les réfugiés palestiniens et il est dirigé par les membres des communautés palestiniennes en exil. Il est arrivé à un moment propice et a donné aux individus et aux organisations du Royaume-Uni l’occasion d’exprimer leur dégoût pour les politiques israéliennes et de faire eux aussi pression sur le gouvernement pour qu’il cesse de couvrir les actions israéliennes sur le terrain.

• 14/01/2010, PILGER John, Israël, un bilan, John PILGERLe Grand Soir.

Selon Nelson Mandela, la justice pour les Palestiniens constitue «le plus grand enjeu moral de notre époque». L’Appel de la Société Civile Palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), fut lancé le 9 juillet 2005, dans l’esprit du grand mouvement non-violent qui a balayé le monde et provoqué l’effondrement de l’Apartheid africain. «Au cours des décennies d’occupation et de vols», a écrit Mustafa Barghouti, une voix de la sagesse dans le paysage politique palestinien, «90% de la lutte palestinienne a été non-violente… Une nouvelle génération de dirigeants palestiniens s’adressent au monde exactement comme Martin Luther King l’aurait fait. Ce même monde qui rejette tout recours à la violence de la part des Palestiniens, même dans les cas flagrants de légitime défense, pourrait-il nous reprocher la non-violence employée par des hommes tels que King et Ghandi ?»

• 22/02/2010, VIDAL Dominique, Boycott : la contre-offensive d’Israël et de ses amis, Le Monde diplomatique.

La contre-offensive juridique coordonnée par l’ambassade d’Israël avec des associations pro-israéliennes et l’appui des autorités françaises peut de surcroît se heurter à une contradiction juridique. Si le boycott d’Israël et de sa production en tant que tel tombe notamment sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal et de l’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881, en revanche aucune loi ne réprime celui des produits de la colonisation israélienne. Au contraire, ces derniers sont directement visés par plusieurs textes européens et français :
l’Accord d’association Union européenne-Israël, qui, par son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux «du territoire israélien». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël. Dans son avis en date du 29 octobre 2009, l’avocat général de la Cour européenne de justice, précise que «le régime préférentiel en vertu de l’accord CEE-Israël ne peut être appliqué à un produit originaire de Cisjordanie et, plus généralement, des territoires occupés» ;
le Code français du commerce, qui interdit la falsification des «règles d’origine» des produits (et donc la mention «made in Israël» au lieu de «made in Palestine» ou «made in Westbank», etc.) ;
la Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005 «relative aux pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs». Cette directive est relayée dans le droit français par les articles L 121-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses créant une confusion ou reposant sur des allégations ou présentations fausses ou de nature à induire le consommateur en erreur.

• 25/02/2010, En réponse au Premier Ministre français : le BDS promeut la justice et les droits universels, BDSInfo-PalestineSilvia Cattori.

Pour information, le BNC et tous nos partenaires dans le monde n’ont jamais fait le moindre appel au boycott de produits cashers. C’est simplement faux. La campagne boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) a constamment appelé à un boycott des produits israéliens en raison de la violation permanente par Israël du droit international et des droits des Palestiniens. Le BDS est basé sur un respect sans ambiguïté de la loi internationale et des droits humains universels ; en tant que tel il est catégoriquement opposé à toute forme de racisme et de discrimination raciale, y compris l’islamophobie et l’antisémitisme.

Le BNC est fier de compter beaucoup d’organisations juives et d’universitaires et personnalités culturelles juives de premier plan autour du monde, y compris en France et en Israël, comme alliées et partenaires dans la lutte pour la justice, la paix et le respect des droits humains. Comme dans la lutte contre l’apartheid sud-africain, la campagne BDS mondiale rapproche les personnes de conscience du monde entier, indépendamment de leur ethnicité, de leur religion, sexe ou autres attributs identitaires, pour engager des initiatives de boycott et de désinvestissements efficaces, moralement cohérentes, et non-violentes contre l’État d’Israël et ses institutions complices, dans la poursuite de la liberté, de l’autodétermination et de la pleine égalité pour le peuple palestinien. Cette lutte est destinée à mettre fin à l’occupation par Israël, au refus des droits des réfugiés et au système de discrimination raciale contre le peuple palestinien.

• 30/03/2010, Appel BDS en Français, PDFBDSBDS FranceBDS Israël

• Articles Boycott :
AFPS
EuroPalestine
Info-Palestine
ISM
Monde en Question
NPA

• Brochure, Le Boycott d’Israël : Pourquoi ? Comment, EuroPalestine.
• DVD, S’informer sur la campagne, BDS.
Dossier documentaire Omar BARGHOUTI.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Boycott Apartheid Israël


Journée Mondiale d’Action BDS

Lire aussi :
Appel en FrançaisBDSEuroPalestine
• Articles Boycott :
EuroPalestine
ISM
Monde en Question
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Jaffa, symbole de la colonisation sioniste


Les oranges de Jaffa ont longtemps évoqué les champs ensoleillés de l’Orient et les orangeraies à perte de vue de la Méditerranée. Dans les années 20, elles furent utilisées à des fins de propagande par les institutions sionistes. On sait en revanche moins que l’ancienne ville arabe de Jaffa, devenue un quartier de Tel Aviv, était l’un des grands ports exportateurs d’oranges. A la fin du XIXe siècle, plusieurs vagues d’immigration juive en provenance d’Europe arrivent en Palestine, terre majoritairement arabe. La culture des agrumes va passer successivement de la propriété des Palestiniens à celle des cultivateurs arabes et juifs, pour devenir, dès 1948, un monopole israélien.

L’Israélien Eyal Sivan, réalisateur de l’un des films incontournables sur le Proche-Orient, Route 181, sonde l’histoire extirpée de la mémoire de son pays et donne la parole à de nombreux interlocuteurs, palestiniens et israéliens, historiens, écrivains, chercheurs, ouvriers… Leurs témoignages étonnants s’articulent autour de riches fonds d’archives, de photos, peintures, vidéo… Des premières photos de 1839 aux films de 1948, nous découvrons d’abord que, dans les années 1920, Arabes et Juifs cultivaient ensemble le fameux agrume. Jusqu’à ce que se mette en place le discours de la « terre arabe mal exploitée et peu fertile », et que l’orange, devenue monopole israélien en 1948, devienne le symbole du nouvel État.

Eyal SIVAN, Jaffa, la mécanique de l’orange, 2009.

Eyal Sivan est un producteur, réalisateur, essayiste et scénariste israélien. Anti-sioniste, il participe à la campagne de Boycott, désinvestissement et sanctions [Global BDS Movement].

Vous me demandez si je suis antisioniste. Je peux répondre que oui. J’ai été élevé dans une famille sioniste de gauche. Je me suis d’abord défini comme a-sioniste. Je suis né en Israël et je ne m’identifie pas par rapport au sionisme. Plus tard, j’ai compris le piège de ce terme d’a-sioniste : ça voudrait dire que ça ne m’intéresse pas. Ce n’est pas vrai. Je suis anti-sioniste parce que je trouve que le sionisme est une idéologie qui croit résoudre les rapports entre les hommes. Je pense que le sionisme est en train d’enterrer l’État d’Israël et tout le Proche-Orient dans une vraie catastrophe.
Momento !

Lire aussi :
AlloCiné
Les blogs du Diplo
Les Inrocks
Politis
Télérama
Yahoo! Télé
UJFP
• SANBAR Elias, Palestiniens – La photographie d’une terre et de son peuple de 1839 à nos jours, Hazan, 2004.
Dossier Eyal SIVAN.
Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Le CRIF, une officine de propagande


L’Union Juive Française pour la Paix s’inquiète devant la multiplication des déclarations du CRIF ou d’organisations membres de ce « Conseil » se faisant les porte parole des courants les plus bellicistes de l’Etat israélien et prétendant obtenir de l’Etat français un alignement pur et simple sur les positions du gouvernement Netanyahou. Ces mêmes organisations veulent obtenir la condamnation pénale de l’antisionisme (en prétendant qu’il ne peut être que le masque de l’antisémitisme) et des appels au Boycott des produits israéliens (assimilé à une volonté de destruction pure et simple de la société israélienne).

Le communiqué du CRIF à propos de la convocation par le Quai d’Orsay de l’Ambassadeur d’Israël est proprement ahurissant.
Alors que le gouvernent français a été plus que discret dans ses réactions face aux crimes de guerre d’Israël (notamment à Gaza en décembre et janvier derniers), à la poursuite de la colonisation et de la construction du Mur, comme au traitement infligé à l’étudiant franco-palestinien Salah Hamouri ; alors qu’il a même été quasiment muet devant les vexations et humiliations subies par ses représentants diplomatiques (la dernière en date étant l’interdiction faite à notre représentant consulaire d’assister à l’audience de dimanche où Salah a vu sa libération refusée) ; quand enfin l’Ambassadeur d’Israël est convoqué au sujet des destructions illégales au regard du droit international de quartiers entiers de Jérusalem Est, et malgré toutes les précautions prises par Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy pour réaffirmer que la France partageait avec Israël les mêmes valeurs, le CRIF s’émeut, affirme que la loi israélienne doit s’appliquer sur la ville de Jérusalem dans sa totalité, en contradiction même avec les résolutions de l’ONU, et demande qu’Israël soit traité en ami.

Auparavant plusieurs organisations parmi lesquelles l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF – à ne pas confondre s’il vous plaît avec l’UJFP) avaient diffusé un « appel à la clémence » pour les nervis de la Ligue de défense Juive coupables de la dévastation de la librairie Résistances, excusables de ne « plus croire à la justice de leur pays » devant la « déferlante antisémite » que connaîtrait la France, notamment au travers des actions de Boycott et de la mansuétude de la Justice pour les coupables dans le procès Halimi !

Nous avons déjà dit le caractère de fuite en avant criminelle et suicidaire de la politique israélienne, qui voit dans l’impunité que lui a accordé jusqu’ici la « communauté internationale » (on attend aujourd’hui que les déclarations d’Obama se traduisent en actes) des raisons de poursuivre la dépossession du peuple palestinien alors que cela ne fait qu’éloigner toujours un peu plus la possibilité d’une solution de paix juste et durable.

Nous disons qu’en s’alignant sur cette politique le Conseil dit représentatif des Institutions Juives de France engage les Juifs de France dans la même impasse d’une guerre sans fin contre tous, développant une idéologie de forteresse assiégée par des ennemis et des traîtres.

Nous disons qu’il revient au Président de la République et au gouvernement de ne pas céder à cet invraisemblable chantage communautariste, comme il vient malheureusement d’être fait en interjetant appel du jugement dans l’affaire Halimi.

Nous disons qu’il revient au Président de la République Française et au gouvernement de contribuer à casser cette dérive en développant une position ferme de défense des droits humains de tous les peuples. Cela devrait commencer, notamment, par la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël (comme prévu à son article 2) et par l’exigence de libération immédiate de Salah Hamouri.

André Rosevègue
29 juillet 2009
UJFP

Résistance à la colonisation de la Palestine


Une campagne a été lancée au début de l’année, lors des attaques israéliennes sur la bande de Gaza, avec pour but est de promouvoir le concept de la fierté de résistance palestinienne et de se concentrer sur les droits des Palestiniens et non leur situation de victimes. Elle s’appelle «jamais encore», a son siège à Beyrouth au Liban et a produit une série de vidéos pour transmettre son message. Global Voices Online s’est entretenu avec ses animateurs pour obtenir plus des détails.
Global Voices

Lire aussi :
• Dossier de l’AIC sur le boycott universitaire contre Israël
• Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël

Le mur de l'Apartheid


A l’occasion du cinquième anniversaire de l’avis de la Cour internationale de Justice jugeant illégal le mur élevé par Israël pour se séparer de la Cisjordanie, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a présenté mercredi 8 juillet un état de la situation côté palestinien.

« La barrière est l’une des mesures employées pour restreindre les mouvements et la vie des Palestiniens », a déclaré un responsable de l’OCHA dans une conférence de presse. « La barrière fait partie d’un régime général de fermeture (…) qui affecte les mouvements des Palestiniens, restreint leur espace, et ajoute à la fragmentation de la Cisjordanie (…). Elle a eu un impact humanitaire dramatique sur les Palestiniens » depuis le début de sa construction, en 2002.

Présentée par Israël comme une « clôture antiterroriste », cette barrière mesurera une fois finie, 709 km, dont selon le bureau onusien, 85 % seront établis en Cisjordanie même et seulement 15% sur la ligne verte, la ligne de démarcation établie en 1949 entre la Cisjordanie et Israël, empiétant à terme sur 9,5 % de la Cisjordanie toujours selon l’OCHA.

Dans son avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice avait estimé que « la construction par Israël, puissance occupante, du mur en territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-Est, est contraire à la loi internationale. » Elle en a demandé le démantèlement.

AFP-Le Monde

Les boycotts, désinvestissements et sanctions contre Israël doivent se poursuivre jusqu’à ce que le mur soit démoli et que ses victimes aient obtenu réparation.

Le 9 juillet 2009 marque le cinquième anniversaire de l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice sur la légalité du mur de 724 kilomètres qu’Israël continue de construire à travers la Cisjordanie.

La décision de la CIJ était claire et sans ambiguïté : la construction du mur est illégale ; Israël doit immédiatement y mettre fin, démanteler les sections déjà construites et restituer les propriétés confisquées ; et les Palestiniens spoliés par la construction doivent être indemnisés. La Cour déclare en outre que tous les Etats ont l’obligation de ne reconnaître aucune situation illégale résultant de sa construction et de n’accorder aucune aide, ni prêter assistance, à la situation créée par une telle construction.

La décision de la CIJ devrait avoir été une victoire pour les forces qui exigent le respect et l’application du droit international. Au lieu de cela, elle est devenue un symbole du non respect par Israël de ce droit international et de la carence de la communauté internationale à tenir Israël pour responsable de ses crimes ; malgré les conséquences désastreuses d’une telle impunité sur la vie des Palestiniens qui continuent d’être expulsés de leur patrie.

Le mur a créé de façon nette six ghettos à travers les territoires palestiniens occupés, comprenant 98 enclaves et 312 810 Palestiniens qui sont entourés de fils de fer barbelés, de murs et de miradors. Il y a au moins 14 364 personnes qui ont été transférées depuis les 145 localités que traverse le mur, avec quelque 90 000 Palestiniens menacés directement de transfert si la construction du mur va à son terme.

A défaut de recours à un mécanisme compétent non partisan pour mettre en application la décision de la CIJ, les Palestiniens n’ont guère d’options pour défendre leurs droits et résister à leur transfert. Alors que les manifestations populaires se poursuivent chaque semaine dans certains villages comme Bil’in, Ni’lin et Ma’sara dont les terres continuent d’être volées, les Palestiniens ont manqué jusqu’ici des forces d’appui suffisantes pour résister à la puissance militaire israélienne et à l’impunité qui l’accompagne, impunité qui est assurée à Israël par la communauté internationale.

Dans ce contexte, rien ne peut remplacer l’indispensable promotion du combat d’une société civile internationale, large, pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël, auxquels appelle la société civile palestinienne depuis 2005. Une telle campagne a l’autorité et la force morales de faire contrepoids aux forces qui soutiennent l’apartheid israélien. Ceux qui paient leurs impôts à des gouvernements qui soutiennent Israël, ceux qui se servent des produits israéliens, soit pour les revendre, soit pour les consommer, et ceux qui s’engagent dans des forums universitaires, culturels et sportifs qui normalisent le régime d’occupation israélien, son colonialisme et son apartheid, tous ont entre leurs mains la force d’arrêter la machine qui fait que l’apartheid israélien est politiquement viable, et profitable matériellement.

Info-Palestine selon BADIL Centre de documentation sur les droits de citoyenneté des Palestiniens et sur les droits des réfugiés palestiniens.

Pour aller plus loin :
• Dossier documentaire & Bibliographie Le mur de l’apartheid, Monde en Question
• Dossier documentaire & Bibliographie Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question

Un masacre au ralenti


Plus d’un mois après la fin de l’agression israélienne contre Gaza, la vie continue à être un combat quotidien, pour le million et demi de Palestiniens de la bande de Gaza. Israël maintient son siège étouffant, qui empêche le passage des produits de première nécessité, plongeant l’immense majorité des résidents dans une pauvreté abjecte.

Mais un rayon d’espoir a émergé, sous la forme d’une solidarité internationale croissante – depuis le Canada et les Etats-Unis jusqu’à l’Europe, en passant par l’Afrique du Sud – visant à faire rendre à Israël des comptes sur ses violations du droit international et des droits humains des Palestiniens. Le 21 mars, la justice pour la Palestine sera le principal leitmotiv d’une manifestation contre la guerre qui se déroulera à Washington DC ; elle est organisée afin de marquer le sixième anniversaire de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis.

Eric Ruder : La séquence «ball-trap» de la guerre israélienne est désormais terminée, d’après les médias. Pourtant, Israël poursuit ses frappes aériennes contre des cibles, à Gaza, tous les deux ou trois jours. En plus de ces bombardements israéliens, le siège demeure fermement en vigueur, empêchant absolument tous les biens vitaux de première nécessité de pénétrer à Gaza. Pouvez-vous nous décrire les conditions qui règnent, aujourd’hui, dans ce territoire ?

Haidar Eid : Le courageux historien israélien Ilan Pappe a parlé du siège hermétique en place contre Gaza depuis près de trois ans. Avant la guerre, Pappe avait qualifié ce siège de «génocide au ralenti», et il avait parfaitement raison.

Même avant la guerre, quelque 350 malades en phase terminale étaient morts du fait qu’Israël ne les avait pas autorisés à sortir de Gaza pour aller recevoir un traitement médical vital. Israël a refusé de leur remettre des autorisations de voyager qui leur aurait permis de se faire soigner dans des hôpitaux égyptiens ou jordaniens. Je parle ici de patients souffrant de déficience rénale, de problèmes cardiaques, d’un cancer.

La guerre a transformé le génocide au ralenti en un génocide bien réel – je ne vois pas comment le qualifier autrement. Durant la guerre, plus de 1’400 personnes ont été tuées.

Nous pensions que la fin de la guerre signifierait aussi la fin du siège moyenâgeux imposé à Gaza. Mais, malheureusement, cela n’a pas encore eu lieu depuis la fin du massacre de Gaza – je ne veux vraiment pas parler de la fin de la «guerre», parce que la guerre n’a jamais cessé, même si c’est sous d’autres formes. Israël n’a réalisé aucun des trois objectifs qu’il avait déclarés au début du conflit : renverser le gouvernement Hamas, mettre un terme aux lancements de roquettes et établir un nouvel accord sécuritaire à Gaza.

Etant donné qu’ils ont échoué, ils persistent à essayer d’obtenir, politiquement, ce qu’ils ont été incapables d’obtenir militairement – avec l’aide des Etats-Unis, même sous l’administration Obama, avec la complicité de l’Union européenne et avec l’aide de certains régimes arabes.

C’est la raison pour laquelle toutes les propositions en vue de la reconstruction de la bande de Gaza qui ont été examinées au cours de la récente conférence des donateurs internationaux tenue à Sharm el-Sheikh ont autant de fils à la patte. En réalité, ce sont ces fils qui rendent impossible la reconstruction de Gaza.

Ainsi, quand la secrétaire d’Etat Hillary Clinton est allée à Tel-Aviv et à Ramallah, elle a parlé de conditions imposées à cette reconstruction. La condition numéro 1, c’est que le gouvernement Hamas et les formations de la résistance, de manière générale, reconnaissent l’Etat d’Israël. La condition numéro 2, c’est la reconnaissance des accords déjà signés entre l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et Israël, ce qui, en fin de compte, reviendrait à reconnaître, là encore, l’Etat d’Israël.

Mais il reste certaines grosses questions à ce sujet, que les Etats-Unis et les médias consensuels préfèrent éviter. En particulier : quel est donc l’Israël que les Palestiniens sont supposés reconnaître ?

Israël est le seul pays membre de l’Onu qui n’ait pas de frontières reconnues. Le mur d’apartheid représente-t-il la frontière de l’Etat d’Israël ? Ou bien s’agit-il de la frontière de 1967 ? La reconnaissance d’Israël, dans de telles conditions, rendrait possible la poursuite de l’expansion territoriale israélienne.

Ensuite, Israël est aussi le seul pays, sur Terre, qui n’ait pas de constitution. En lieu et place, Israël a ses Lois Fondamentales. La première de ces lois définit Israël comme l’Etat des juifs où qu’ils se trouvent, dans le monde entier. On a donc affaire à un état théocratique, et non à un état, appartenant à tous ses citoyens. Cela soulève la question du sort du 1,2 million de Palestiniens qui sont considérés citoyens de l’Etat d’Israël, mais qui ne sont pas juifs.

Par ailleurs, quid des plus de six millions de réfugiés palestiniens vivant dans la diaspora ? Aucun accord signé par l’OLP et Israël, avec l’Amérique en modérateur, ne mentionne le droit au retour (de ces réfugiés, chez eux), bien que la Résolution 194 de l’Onu appelle au retour des réfugiés palestiniens chez eux, dans leurs villages, dans les villes et les bourgs d’où ils ont été chassés. Et cette Résolution 194 préconise des compensations pour les injustices qu’ils ont subies.

Mais ce sont là des choses auxquels Israël veut faire renoncer les Palestiniens avant même que de quelconques pourparlers soient entamés. Comme l’a dit Karl Marx, l’histoire se répète, la première fois sous forme de tragédie, la deuxième fois sous forme de pochade. Aujourd’hui, nous avons assisté à la conférence des donateurs, ainsi qu’à une visite dans la région d’Hillary Clinton, durant laquelle elle n’a pas eu un seul mot de sympathie pour le calvaire des Palestiniens. C’est comme l’a dit Marx, à cette différence près : c’est en même temps une tragédie et une farce !

Les Palestiniens paient un prix exorbitant. C’est la continuation de la guerre génocidaire lancée par Israël contre Gaza, avec le soutien de la communauté internationale. Et les discussions supposées contribuer à la reconstruction ne sont qu’un moyen supplémentaire de mettre en application l’agenda israélien.

Eric Ruder : Les Etats-Unis et Israël appellent par ailleurs le Hamas à «renoncer à la violence», mais ils ne prennent pas conscience, manifestement, de l’hypocrisie incroyable de cette exigence ? Israël ne cesse d’user d’une violence écrasante et totalement disproportionnée à l’encontre des Palestiniens, et c’est les Etats-Unis qui fournissent à Israël les armes pour ce faire ?

Haidar Eid : Absolument ! De quelles armes la Résistance dispose-t-elle, à Gaza ? Des roquettes artisanales bricolées à la maison, et quelques missiles Grad passés en contrebande par les tunnels reliant l’Egypte à Gaza. Mais aujourd’hui, ces tunnels ne sont plus utilisables. Israël les a bombardés à plusieurs reprises.

En raison du siège israélien imposé à la bande de Gaza, ces tunnels ont été utilisés aussi pour apporter des biens essentiels à l’intérieur de ce territoire. Par exemple, je n’ai pas pu prendre ma voiture depuis la fin de la guerre, parce que nous ne recevons plus d’essence d’Egypte, le super devant être passé clandestinement, via les tunnels.

Nous parlons, ici, de la quatrième armée au monde, dotée de 250 têtes nucléaires, d’avions F-16 et d’hélicoptères, cont
re une population très largement sans défense. Nous ne parlons absolument pas de deux camps opposés, qui seraient de force comparable.

D’après le droit international, Israël occupe illégalement la Cisjordanie et la bande de Gaza. Israël interdit illégalement à plus de six millions de Palestiniens de rentrer chez eux, dans leurs villages et dans leurs villes.

Ce que nous exigeons – moi-même, en tant que membre de la société civile palestinienne, qu’universitaire et que militant – c’est simplement la mise en application des résolutions de l’Onu et du droit international. Sous l’empire du droit international, nous avons droit à un Etat et les réfugiés ont le droit de rentrer chez eux.

En signant les accords d’Oslo, en 1993, la direction palestinienne officielle a conclu un accord qui viole tant nos droits que le droit international. C’est désormais devenu une habitude, pour Israël et les Etats-Unis, d’attendre du camp le plus faible, les Palestiniens, de faire toujours plus de concessions.

Une des plus grosses erreurs qu’ait faites la direction palestinienne, ce fut de faire la supposition que les Etats-Unis n’agissaient qu’en tant que courtiers honnêtes. Mais, en réalité, les Etats-Unis ont été totalement partisans – en raison de l’activité du lobby pro-israélien américain, et aussi parce qu’à mon avis, il est impossible de séparer les intérêts de l’impérialisme américain et ceux du sionisme, au Moyen-Orient.

Les Etats-Unis ont attaqué, puis occupé l’Irak, et ils ont commis un véritable génocide à l’encontre de la population irakienne. Ils ont tué plus d’un million et demi d’Irakiens, à cause du pétrole, afin de réaliser leurs intérêts dans la région, et afin de protéger l’Etat d’Israël.

En Irak, les Américains ont échoué lamentablement. Israël a échoué pitoyablement au Liban en 2006. Alors, voilà : ils ont essayé de viser ce qu’ils considéraient être la poche de résistance la plus faible au Moyen-Orient, j’ai nommé Gaza. Heureusement : nouvel échec ! Israël a essayé, vingt-deux jours durant, de mettre la résistance à genoux, mais il n’a pas réussi.

C’est la raison pour laquelle ils essaient de réussir politiquement, là où ils ont échoué, militairement.

Eric Ruder : Les conditions mises à l’aide à la reconstruction, lors du sommet de Sharm el-Sheikh, et la visite d’Hillary Clinton, visent à politiser la reconstruction en canalisant de l’argent et des soutiens vers l’Autorité palestinienne (AP) et vers son président, Mahmoud Abbas. On a d’ailleurs vu Abbas, après sa rencontre avec Clinton, avertir l’Iran de ne pas «s’immiscer» dans les affaires intérieures palestiniennes. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il se passe, en ce moment ?

Haidar Eid : La dynamique récente, au Moyen-Orient, voit Israël et les forces pro-Oslo au sein de la direction politique palestinienne, ainsi que plusieurs des régimes réactionnaires arabes, aux côtés des Etats-Unis, tenter de déformer la conscience des Arabes, en général, et des Palestiniens, en particulier.

Les Arabes et les Palestiniens ont toujours considéré qu’Israël était l’ennemi, du fait qu’il a chassé les deux-tiers des Palestiniens de chez eux, en 1948, qu’il occupe la Cisjordanie et la bande de Gaza depuis 1967, et qu’il lance une série ininterrompue de guerres génocidaires contre les Palestiniens.

Aussi Israël et les Etats-Unis s’ingénient-ils à faire de l’Iran et de la direction chiite le nouvel ennemi des Palestiniens et des Arabes, en particulier des Arabes sunnites. Autrement dit, ils font la promotion de politiques identitaires et de divisions sectaires, exactement de la même manière que les Américains, en Irak. Cette approche a échoué, au Liban, mais Abbas continue à travailler avec les Américains et les Israéliens afin de mener une telle politique, à Gaza.

L’Iran ne se contente pas de soutenir le Hamas. L’Iran, depuis la chute du Shah soutenu par les Etats-Unis, en 1979, a toujours soutenu la résistance palestinienne, par exemple en permettant aux Palestiniens d’ouvrir une ambassade à Téhéran.

L’Iran apporte effectivement une certaine aide militaire à la résistance palestinienne, de la même manière qu’il a apporté une aide à la résistance au Liban. Il est important que nous comprenions que si les Palestiniens veulent poursuivre leur lutte pour conquérir leurs droits nationaux, ils ont besoin du soutien des musulmans, des Arabes et des peuples aimant la liberté, dans le monde entier.

Le soutien en provenance d’Iran n’est pas conditionné, il n’a pas de ficelles aux pattes, comme celui des Etats-Unis, celui de l’Union européenne ou d’ailleurs. Nous avons un projet commun, et nous avons des objectifs communs : lutter contre l’impérialisme américain au Moyen-Orient et libérer la Palestine. C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis et leurs alliés, dont plusieurs régimes arabes, fustigent l’Iran, en le présentant, au sein du monde arabe, comme l’ «ennemi des Arabes et des musulmans».

Pour en revenir aux ficelles attachées à la fameuse «aide à la reconstruction», je ne pense pas qu’il y ait un seul Palestinien qui soit doté d’un minimum de dignité et qui pourrait les accepter ?! Pourquoi devrions-nous accepter une aide conditionnée à l’idée que ce qui est arrivé à Gaza était une catastrophe naturelle – par opposition à la réalité, c’est-à-dire un désastre délibérément provoqué par l’Etat d’Israël afin d’anéantir la résistance et la société palestiniennes ?

Si la population de Gaza a été punie, c’est en raison de son choix démocratique, en 2006, d’un parti, le Hamas, qui ne soutient pas les accords d’Oslo, et prône le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens.

Bien que je ne soutienne pas le Hamas idéologiquement, c’était le choix démocratique du peuple palestinien. Et la majorité de ceux qui ont porté le Hamas au gouvernement n’étaient pas des partisans du Hamas, mais des gens désireux de voter pour une organisation qui ne fût pas corrompue et qui ne soutînt pas les accords d’Oslo.

Depuis le début du «processus de paix» d’Oslo, en 1993, et jusqu’à-présent, nous n’avons toujours pas vu d’Etat palestinien indépendant. Au contraire : Israël a augmenté le nombre des colons vivant en Cisjordanie, qui est passé de 190 000 à plus d’un demi-million, et il a exproprié plus de 25 % des terrains de la Cisjordanie en érigeant le mur d’apartheid, en étendant le Grand Jérusalem et en agrandissant les colonies juives existantes, en Cisjordanie.

Par conséquent, Israël a rendu impossible l’établissement d’un Etat palestinien indépendant sur 22 % de la Palestine historique. Je pense que les Palestiniens du peuple en ont conscience, c’est la raison pour laquelle ils soutiennent la résistance – non seulement le Hamas, en tant qu’organisation, mais toutes les organisations de résistance, comme le Front Populaire de Libération de la Palestine, les Comités Populaires de Résistance, le Jihad islamique, etc…

Eric Ruder : Pendant longtemps, le présupposé, dans les cercles diplomatiques israélien, américain et palestinien, c’était qu’il y avait un progrès vers la mise en application d’une solution à deux Etats. L’élection du nouveau gouvernement israélien – avec Benjamin Netanyahu, du Likoud, au poste de Premier ministre, un gouvernement marqué par un racisme anti-arabe extrémiste et un rejet ouvert de la solution à deux Etats, en faveur d’une vision d’un «Grand Israël» – semble marquer un réel tournant. Quelles en seront, à votre avis, les conséquences ?

Haidar Eid : Israël a d’ores et déjà rendu impossible la solution à deux Etats, et nous avons absolument besoin de déb
attre d’un programme alternatif à cette fiction qu’est la «solution à deux Etats». La première chose à faire, c’est démanteler l’Autorité palestinienne.

L’Autorité palestinienne est un produit des accords d’Oslo, et elle envoie un message erroné tant à la communauté internationale qu’aux mouvements de solidarité dans le monde entier. L’existence de l’Autorité palestinienne suggère l’idée qu’existent, en Palestine, deux camps de force comparable – l’Etat israélien, avec son armée, et l’Autorité palestinienne, avec son armée.

Pour corriger cette équation, il faut absolument se débarrasser de l’Autorité palestinienne. La relation existante n’est absolument pas une relation entre égaux, mais entre un occupant et un occupé, entre un oppresseur et un opprimé.

En démantelant l’Autorité palestinienne, les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie peuvent former un front national qui dirigerait la résistance palestinienne à l’occupation – comme celle que nous avons eue, durant la première Intifada, en 1967.

Le massacre de Gaza a été comme une sorte de tsunami politique, qui devait changer la carte de la totalité du Moyen-Orient, et pas seulement celle de la Palestine. Ce massacre a montré à tous que les accords d’Oslo sont un faux : ils n’ont jamais visé à aboutir à la création d’un quelconque Etat palestinien indépendant, et ils n’ont jamais défendu la sécurité des civils palestiniens de Gaza et de Cisjordanie.

En fin de compte, ils ont abouti à faire de Gaza le plus grand camp de concentration au monde. Et ils ont abouti à faire de la Cisjordanie trois bantoustans –un au nord, incluant Qalqiliya, Jénine et Tulkarem, un autre, au milieu, avec Ramallah, et un troisième, au Sud, avec Hébron et Bethléem.

La plupart des Palestiniens en ont aujourd’hui conscience, et ils sont bien plus déterminés que leur leadership, pour une raison très concrète : parce que les accords d’Oslo ont créé une nouvelle bourgeoisie palestinienne, dont les intérêts sont liés à la poursuite de l’occupation israélienne et à la protection des intérêts américains au Moyen-Orient.

Le problème, je pense, c’est qu’il n’y a pas une seule organisation politique, chez les Palestiniens, qui préconise clairement la création d’un Etat démocratique laïc dans la Palestine historique, sur le modèle de l’Afrique du Sud ou de l’Irlande du Nord. C’est ça, le problème : nous avons besoin d’une organisation politique qui en appelle à un Etat pour tous ses citoyens, sans considération aucune pour la religion, les sectes et l’ethnicité.

Je pense que nous nous acheminons vers une troisième Intifada, qui va largement dépendre de la résistance commune du peuple palestinien et, de manière cruciale, du soutien d’un mouvement de BOYCOTT, de DESINVESTISSEMENTS et de SANCTIONS (BDS) à l’encontre d’Israël organisé à l’échelle mondiale.

Pour ne citer que quelques-uns des exemples corroboratifs de militantisme en faveur des BDS dans le monde entier, il y a eu plus de vingt-huit campus universitaires occupés par les étudiants, en Grande-Bretagne, plusieurs campus occupés aux Etats-Unis et la décision prise par le Hampshire College de désinvestir d’Israël ; mentionnons aussi diverses actions de groupes de solidarité en Afrique du Sud.

Nous voulons former une campagne internationale de BDS sur le modèle du mouvement anti-apartheid qui a fini par entraîner la fin du pouvoir blanc en Afrique du Sud, en 1994, et à la libération de Nelson Mandela, en 1990.

Eric Ruder : Il semble y avoir un réel enthousiasme pour bâtir un tel mouvement afin de défier l’occupation israélienne et de développer une solidarité significative avec la cause palestinienne. Mais certaines personnes continuent à se demander si une campagne de BDS aboutirait à supplanter l’«engagement constructif» qui est sans doute essentiel à une solution au conflit ? Qu’en pensez-vous ?

Haidar Eid : La question du dialogue entre Israël et les Palestiniens peut être réglée ainsi : depuis 1993, il y a eu des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne, et le résultat, c’est : un massacre, à Gaza !

Et – principe de base – il est absurde, à mes yeux, d’avoir un «dialogue» avec une force occupante d’une supériorité infinie, sans prendre en considérations les moyens par lesquels la résistance pourrait créer les conditions nécessaires pour une avancée minimale dans ledit dialogue.

Le philosophe français Michel Foucault a dit que là où vous avez une autorité et un pouvoir, vous avez aussi une résistance. Un des problèmes inhérents au leadership officiel, en Palestine, c’est le fait qu’il a mis tous ses œufs dans le panier des négociations et du dialogue, sans prendre en considération la question de la résistance.

C’est une des raisons pour lesquelles le Fatah, le courant de Mahmoud Abbas au sein de l’Autorité palestinienne, a perdu les élections. Ce à quoi nous en sommes arrivés, c’est à une situation qui n’est pas sans évoquer l’Afrique du Sud au milieu et à la fin des années 1980, quand les opposants au mouvement anti-apartheid s’étaient déchaînés contre ce mouvement, en particulier après que Ronald Reagan et Margaret Thatcher eurent déclaré que l’Occident se devait d’entretenir des relations avec l’Afrique du Sud, dans le cadre d’une politique d’ «engagement positif».

En réalité, la plupart des militants des associations anti-apartheid et de solidarité ont pensé qu’il était absurde de parler d’un tel engagement, l’équilibre des forces étant ne faveur de l’oppresseur.

La même chose vaut, en Palestine. Quand vous avez des négociations, la partie puissante interprète n’importe quel argument dès lors qu’il est formulé en des termes qui sanctuarisent leurs propres intérêts, et non pas ceux de l’occupé.

En raison du hiatus énorme entre les victimes palestiniennes et les occupants israéliens, nous avons besoin de l’intervention de la communauté internationale, expression par laquelle je désigne non pas des corps officiels, mais des organisations de la société civile, des églises, des mosquées, des clubs, des groupes d’étudiants, des syndicats, etc.

Ce sont ces forces qui ont boosté le mouvement anti-apartheid contre le gouvernement sud-africain, durant les années 1980 et au début des années 1990. Je m’en souviens très bien : quand Nelson Mandela a été libéré de prison, en 1990, il a appelé tous les soutiens des Noirs sud-africains à ne pas relâcher leurs efforts contre l’apartheid, et à ne pas mettre fin au mouvement, tant qu’il n’aurait pas été élu le premier Président d’une Afrique du Sud multiraciale et multiculturelle.

A mes yeux, la même chose peut se produire, en Palestine. En raison de ce déséquilibre des pouvoirs, nous avons besoin de l’intervention de la communauté internationale. Je ne pense pas que les Palestiniens seront capables de se battre seuls contre les Israéliens, parce que personne ne peut combattre une telle force militaire écrasante en étant seul.

Le mouvement anti-apartheid contre le gouvernement sud-africain était basé sur quatre piliers : la lutte armée, la mobilisation de masse à l’intérieur de l’Afrique-du-Sud, le mouvement politique clandestin et le mouvement anti-apartheid mondial.

Malheureusement, le leadership politique, ici, en Palestine – qu’il s’agisse de la droite ou de la gauche, du Hamas, du Fatah ou du Front Populaire de Libération de la Palestine, est dépourvu de cette conscience internationaliste.

Cette dimension internationaliste commence à se manifester ; elle provient des organisations de la société civile. C’est la raison p
our laquelle, en 2005, plus de 107 organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel à la communauté internationale – un appel à boycotter Israël et à couper tous liens diplomatiques, militaires et économiques avec l’Israël de l’apartheid.

La seule chose sur laquelle nous puissions compter, c’est le pouvoir du peuple !

Interview de Haidar Eid par Eric Ruder
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier selon SocialistWorker
Publié par ISM.


Haidar Eid, professeur d’anglais, commentateur politique et activiste de longue date, habite à Gaza-Ville. Il a apporté un témoignage oculaire et une analyse de la guerre israélienne à SocialistWorker. Il débattait ici, avec Eric Ruder, de l’occupation israélienne et du combat des Palestiniens pour la justice.