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Archives de Tag: Guerre contre Afghanistan

Ebriété guerrière


 

Quelques remarques sur le carnage de Paris

1) L’État islamique [EI] est passé à l’offensive : en dix jours, il a abattu un avion de ligne russe, massacré des Hazaras chiites en Afghanistan, fait sauter une bombe dans la banlieue de Beyrouth et maintenant Paris.

2) Les gouvernements occidentaux, les USA et la France en particulier, avec leurs alliés saoudiens, qataris et turcs, sont directement responsables de l’arrivée et de l’expansion de l’EI, à travers leurs politiques en Syrie qui ont choyé et nourri l’EI et ses organisations terroristes sœurs.

3) Il n’existe pas sur terre de moyen d’éliminer la menace que constituent l’EI et les organisations du type Al-Qaïda sans aller à la source, en Arabie saoudite, qui est le QG officiel de l’interprétation terroriste de l’islam [inspirée d’]Ibn Taymiyya.

5) Les gouvernements occidentaux ET les médias sont restés assez cyniquement silencieux au sujet des victimes du terrorisme de l’EI si ces victimes civiles se trouvaient appartenir à la catégorie des « ennemis » des gouvernements occidentaux. Les gouvernements ET les médias – regardez les dépêches du [New York] Times et du [Washington] Post sur la Syrie depuis quatre ans – ont constamment ignoré et même applaudi aux massacres sectaires de civils syriens et libanais s’ils semblaient perpétrés par des adversaires du régime syrien.

6) Exactement comme l’EI et Al-Qaïda ont apporté le terrorisme au cœur de l’Occident, les gouvernements occidentaux ont exporté la mort et la destruction au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : du Mali à la Libye, à l’Egypte, au Soudan, en Somalie, en Irak, au Pakistan, en Afghanistan. Le terrorisme qui a frappé les habitants de ces pays est celui de l’EI et d’Al-Qaïda, celui des bombes, des missiles et des drones des gouvernements occidentaux.

9) Exactement comme des puissances occidentales ont créé et nourri les précurseurs d’Al-Qaïda en Afghanistan, pour vaincre le régime communiste qui s’y trouvait alors, les mêmes puissances ont créé et nourri un cocktail des pires terroristes moyen-orientaux qu’on ait jamais vu en Syrie en espérant qu’ils allaient provoquer la chute du régime.

10) L’histoire du terrorisme de l’EI a commencé, non seulement avec l’invasion de l’Irak et ses répercussions, en 2003, mais également avec la création d’un vaste refuge pour le terrorisme islamiste en Libye. La Libye a été le plus beau cadeau fait au jihadisme terroriste depuis la chute des Talibans.

11) Les USA et la France ont (avec leurs alliés au sein du Conseil de coopération du Golfe) créé la culture du terrorisme dans la région, en créant imprudemment un refuge terroriste en Syrie au nom de la lutte pour « la démocratie et la laïcité » (pour reprendre les mots stupides de John Kerry), en créant de fort discutables distinctions entre les divers terroristes en Syrie, en y passant des alliances avec le Front Al-Nosra et ses filiales.

19) Les gouvernements ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre ; ils ne peuvent pas continuer à soutenir les régimes du Golfe, et à les armer, tout en prétendant lutter contre le terrorisme. [c’est moi qui souligne]

20) Les gouvernements et les médias occidentaux sont responsables de la dénonciation et de la condamnation fort sélective de cette culture : ils se taisent à propos des crimes commis chaque jour à l’encontre de la population civile palestinienne par l’allié clé de l’Occident, l’État israélien terroriste.

26) L’islam des régimes arabes est un islam dangereux et conservateur. Il ne peut pas être changé par les chefs militaires des forces occidentales, mais il peut l’être par les peuples de la région si on les laisse penser et choisir librement [et non imposer la « démocratie » avec des bombes]. Mais ni l’Occident, ni les régimes arabes ne le veulent.

Source : Culture et politique arabes

Ebriété guerrière

Décidée de manière solitaire, sans débat public, sans participation autre que purement décorative du Parlement, dans un alignement médiatique conforme aux habitudes du journalisme de guerre, l’intervention militaire française soulève néanmoins plusieurs questions de fond.

[…]

L’autre question fondamentale tient à la légitimité et à l’efficacité des interventions militaires occidentales par rapport même aux buts qu’elles s’assignent. L’OEI n’est que l’avatar un peu plus sanglant d’un salafisme djihadiste encouragé par le wahabbisme d’Arabie saoudite, une monarchie obscurantiste que les capitales occidentales n’ont cessé de dorloter. Au demeurant, à moins d’imaginer que l’objectif que visent à présent les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, etc., soit simplement de s’assurer que le Proche-Orient et les monarchies obscurantistes du Golfe demeureront un marché dynamique pour leurs industries de l’armement, comment ne pas avoir à l’esprit le bilan proprement calamiteux des dernières expéditions militaires auxquelles Washington, Paris, Londres, etc. ont participé, ou que ces capitales ont appuyées ?

Entre 1980 et 1988, lors de la guerre entre l’Iran et l’Irak, les pays du Golfe et les puissances occidentales ont largement aidé le régime de Saddam Hussein, en espérant ainsi affaiblir l’Iran. Objectif atteint au prix d’un million de victimes. Quinze ans plus tard, en 2003, une coalition emmenée par les États-Unis et le Royaume-Uni (mais sans la France) détruisait l’Irak de Saddam Hussein. Résultat, ce pays, ou ce qu’il en reste, est devenu un allié très proche… de l’Iran. Et plusieurs centaines de milliers de ses habitants ont péri, principalement des suites d’affrontements confessionnels entre sunnites et chiites. Pour que le désastre soit tout à fait complet, l’OEI contrôle une partie du territoire irakien.

Même scénario en 2011 quand, outrepassant le mandat d’une résolution de l’Organisation des Nations unies, les Occidentaux ont provoqué la chute de Mouammar Kadhafi. Ils prétendaient ainsi rétablir la démocratie en Libye, comme si ce souci avait jamais déterminé la conduite de leur politique étrangère dans la région. Aujourd’hui, la Libye n’est plus un pays, mais un territoire où s’affrontent militairement deux gouvernements. Elle sert d’arsenal, de refuge aux groupes terroristes les plus divers, dont l’OEI, et de facteur de déstabilisation régionale.

[…]

Comme toujours, le discours de « guerre » se double d’un dispositif sécuritaire et policier renforcé. On sait à quels excès cela a donné lieu aux États-Unis. En France, il est déjà question de rétablissement des contrôles aux frontières, de déchéances de nationalité et de modification de la Constitution afin, comme vient de l’expliquer le président de la République, de « permettre aux pouvoirs publics d’agir contre le terrorisme de guerre« .

Source : Le Monde diplomatique

Au-dessus de la mêlée

Ces guerres, je le sais, les chefs d’État qui en sont les auteurs criminels n’osent en accepter la responsabilité; chacun s’efforce sournoisement d’en rejeter la charge sur l’adversaire. Et les peuples qui suivent, dociles, se résignent en disant qu’une puissance plus grande que les hommes a tout conduit. On entend, une fois de plus, le refrain séculaire : « Fatalité de la guerre, plus forte que toute volonté » – le vieux refrain des troupeaux, qui font de leur faiblesse un dieu, et qui l’adorent. Les hommes ont inventé le destin, afin de lui attribuer le désordre de l’univers, qu’ils ont pour devoir de gouverner. Point de fatalité! La fatalité, c’est ce que nous voulons. Et c’est aussi, plus souvent, ce que nous ne voulons pas assez. Qu’en ce moment, chacun de nous fasse son mea culpa ! Cette élite intellectuelle, ces Eglises, ces partis ouvriers, n’ont pas voulu la guerre… Soit ! Qu’ont-ils fait pour l’empêcher ? Que font-ils pour l’atténuer ? Ils attisent l’incendie. Chacun y porte son fagot.

Le trait le plus frappant de cette monstrueuse épopée, le fait sans précédent est, dans chacune des nations en guerre, l’unanimité pour la guerre. C’est comme une contagion de fureur meurtrière qui, venue de Tokio il y a dix années, ainsi qu’une grande vague, se propage et parcourt tout le corps de la terre. A cette épidémie, pas un n’a résisté. Plus une pensée libre qui ait réussi à se tenir hors de l’atteinte du fléau. Il semble que sur cette mêlée des peuples, où, quelle qu’en soit l’issue, l’Europe sera mutilée, plane une sorte d’ironie démoniaque. Ce ne sont pas seulement les passions de races, qui lancent aveuglément les millions d’hommes les uns contre les autres, comme des fourmilières, et dont les pays neutres eux-mêmes ressentent le dangereux frisson; c’est la raison, la foi, la poésie, la science, toutes les forces de l’esprit qui sont enrégimentées, et se mettent dans chaque État, à la suite des armées. Dans l’élite de chaque pays, pas un qui ne proclame et ne soit convaincu que la cause de son peuple est la cause de Dieu, la cause de la liberté et du progrès humains. Et je le proclame aussi !…

[…]

Mais les deux puissances morales, dont cette guerre contagieuse a le plus révélé la faiblesse, c’est le christianisme, et c’est le socialisme. Ces apôtres rivaux de l’internationalisme, religieux ou laïque se sont montrés soudain les plus ardents nationalistes.

[…]

Quant à vous, socialistes, qui prétendez, chacun, défendre la liberté contre la tyrannie – Français contre le Kaiser, Allemands contre le tsar – s’agit-il de défendre un despotisme contre un autre despotisme ? Combattez-les tous les deux, et mettez-vous ensemble !

Romain Rolland
15 septembre 1914
Source : Journal de Genève

Lire aussi :
• La stratégie du chaos, il manifesto – Tlaxcala.
• Une histoire de la Françafrique, Polémix et la Voix off.
comment expliquer le terrorisme qui frappe la France ? Outre les actuels facteurs sociaux et économiques, parce que les puissances occidentales ont – depuis des siècles – le pouvoir de faire n’importe-quoi dans le monde entier. Coloniser. Massacrer. Piller. Contrôler. Mettre en place et soutenir des dictatures. Exterminer les oppositions intelligentes et donc laisser la place, voire favoriser les religieux… Exemple : l’Histoire de la France en Afrique est une suite d’horreurs et d’erreurs.
• Le mythe de la « destinée manifeste » des États-Unis, Les Yeux du Monde.
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

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Propagande massive pour la guerre



Principes élémentaires de propagande de guerre

 

Les médias dominants classiques (presse, radio et télévision) et modernes (les réseaux Facebook et Twitter) mènent une campagne massive de propagande en faveur de la croisade occidentale contre les musulmans.
Les officines qui opèrent derrière les réseaux sociaux relaient les médias classiques qui relaient les réseaux sociaux. Cette collaboration en boucle rappelle les méthodes bien documentées de la CIA (voir biblio).

Comme lors des croisades du Moyen Âge, la croisade du XXIe siècle fabrique des images pieuses de croisés :


Photographie diffusée sur Facebook et Twitter

et mobilise les enfants dès l’âge de 6 ans :

Pourquoi les terroristes s’en prennent-ils à nous ? L’ont-ils fait pour se venger ?
La France, comme d’autres pays (ex. : les États-Unis), est en guerre contre les terroristes de l’Etat islamique (appelés djihadistes) qui ont pris le contrôle d’une partie de deux pays : la Syrie et l’Irak. Depuis 2014, des avions français ont lancé des bombes en Irak contre ces terroristes. Et depuis quelques semaines, ils en ont lancé contre eux en Syrie. Ils visaient des camps où s’entraînaient peut-être des Français pour commettre ensuite des attentats dans notre pays. Ces terroristes ont décidé de se venger en semant la terreur en France et en tuant des gens. Le groupe Etat islamique a d’ailleurs dit ce samedi que c’est lui qui avait organisé ces attentats. Notre pays avait déjà été attaqué en janvier par des terroristes.
Éditions spéciales pour les enfants

La dictature de l’émotion et du slogan domine tout l’espace communicationnel et médiatique. Quasi plus personne ne raisonne ni n’argumente. Et déferlent des torrents de haine contre les musulmans comme en témoigne une modératrice pour la presse sur Internet :

Cette fois ci les internautes n’ont pas pris leur dix minutes réglementaires pour pleurer les victimes ; ils se sont jetés sur leurs cibles fétiches – les musulman-es – pour les accuser de tous les maux, les sommer de se désolidariser, accuser ceux qui le faisaient d’avoir un double visage. Alors je pleure.
[…]
J’écris parce que je ne comprends pas comment ce merveilleux outil qu’est Internet est devenu ce torrent de boue haineuse racisme, antisémite et islamophobe (il n’est pas que cela mais c’est ce qu’il est là aujourd’hui pour moi).
[…]
Aujourd’hui je lis qu’il faut interdire l’islam en France, fermer définitivement les frontières, traduire la quasi totalité de la classe politique devant un tribunal militaire comme Pétain le fut en son temps, rouvrir Cayenne, organiser des milices, fermer toutes les mosquées, demander un pardon collectif de la part des musulmans, enquêter pour voir si les juifs n’ont pas organisé tout cela. Et je lis des menaces de crimes racistes.
La peur, la colère et leur haine

17/11/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• La CIA (série de cinq émissions), RTS.
• William BLUM, Les Guerres scélérates : les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004.
• John K. COOLEY, CIA et Jihad, 1950-2001 : contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002.
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

Revue de presse Attentats Paris



Así amanecía hoy Francia…
Ah, no, espera.
Esto es Siria y a la prensa no le importa.

 

Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

14/11/2015, Bachar El Assad sur les attaques terroristes à Paris : la France récolte ce qu’elle a semé

Journaliste : Quelle est votre réaction à ce qui s’est passé hier à Paris ?
Bachar al-Assad : Tout d’abord, nous présentons nos condoléances aux familles françaises qui ont perdu leurs proches hier. Nous sommes les personnes les plus à même de comprendre leur situation car nous avons souffert de ce type de terrorisme durant les 5 dernières années en Syrie.

Et il n’est pas possible de dissocier ce qui s’est passé hier en France de ce qui s’est produit à Beyrouth il y a deux jours, car le terrorisme reste le terrorisme. Il ne faut pas le considérer comme frappant dans des lieux différents, le terrain syrien, le terrain yéménite, le terrain libyen ou le terrain français : en réalité, c’est un seul et même terrain mondial.

Journaliste : Vos services de renseignement ont-ils des informations sur les personnes qui ont commis cette opération terroriste, étaient-ils Syriens ou en relation avec des gens en Syrie ?
Bachar al-Assad : Non, nous n’avons aucune information sur ce qui s’est passé. Mais la question n’est pas de connaître le nom des terroristes ou de savoir d’où ils venaient. Cela fait 3 ans que nous avons averti que de telles choses allaient se produire en Europe. Nous avons dit : ne participez pas à ces événements cataclysmiques en Syrie, car les conséquences de cela s’étendront à toutes les régions du monde.

Malheureusement, les responsables européens n’ont pas accordé d’importance à nos déclarations, mais ils ont pensé que nous les menacions, de même qu’ils n’ont pas tiré les leçons des événements de janvier à Charlie Hebdo.

Leurs déclarations selon lesquelles ils sont contre le terrorisme n’ont aucune valeur. Ils doivent combattre sérieusement le terrorisme, et appliquer les bonnes politiques.

Journaliste : Les services de renseignement français ont-ils demandé l’assistance des vôtres, et êtes-vous prêts à les aider à combattre le terrorisme ?
Bachar al-Assad : La question n’est pas de demander de l’aide. Ils n’ont qu’une chose à faire, c’est d’être sérieux (dans leur lutte contre le terrorisme), et nous serons alors prêts à combattre le terrorisme à leurs côtés. Nous sommes prêts à combattre le terrorisme aux côtés de tout partenaire sérieux dans cette lutte, mais le gouvernement français n’est pas sérieux jusqu’à présent.

Journaliste : Avez-vous un message à adresser au Président Hollande ?
Bachar al-Assad : Agissez dans l’intérêt de votre peuple. La première question que pose tout citoyen français aujourd’hui est celle-ci : est-ce que la politique (extérieure) française de ces cinq dernières années a apporté le moindre bénéfice au peuple français ?

Et de fait, la réponse est non.

Donc ce que je lui demande est d’agir dans l’intérêt du peuple français. Et s’il veut faire cela, il doit changer sa politique.

Journaliste : Quelle est la condition pour que le gouvernement syrien puisse collaborer avec le gouvernement français, ou les services de renseignement syrien avec leurs homologues français ?
Bachar al-Assad : Il n’est pas possible d’envisager une coopération sur le plan du renseignement avant qu’il y aie une coopération politique. Il n’est pas possible d’avoir une coopération des services de renseignement pour la lutte contre le terrorisme tant que la politique française continuera à soutenir le terrorisme. Voilà ce que j’ai appelé le sérieux (dans la lutte contre le terrorisme).

Journaliste : Merci beaucoup.

14/11/2015, Laurent Wauquiez veut ouvrir des « centres d’internement »

La dernière fois que la France a installé sur son sol des centres d’internement remonte à la guerre d’Algérie sous la IVe République. En mars 1956, l’état d’urgence est remplacé par les pleins pouvoirs. Le gouvernement de Guy Mollet est alors autorisé par les députés « à prendre toutes mesures exceptionnelles en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire ».
En métropole, quatre camps accueilleront jusqu’à 5000 internés algériens. En 1957, seules des personnes ayant été frappé d’une condamnation judiciaire préalable pouvaient y être enfermées. L’ordonnance du 7 octobre 1958 lèvera cette restriction en étendant l’assignation à résidence à toutes les « personnes dangereuses pour la sécurité publique en raison de l’aide matérielle, directe ou indirecte, qu’elles apporteraient aux rebelles des départements algériens ».

15/11/2015, François Hollande veut modifier la loi pour que l’état d’urgence dure trois mois

L’état d’urgence permet aux autorités « d’interdire la circulation des personnes » et d’instituer « des zones de protection ou de sécurité » où le séjour des personnes est réglementé, selon la loi de 1955, qui a instauré cette procédure exceptionnelle au début de la guerre d’Algérie.
[…]
Plusieurs fois mis en œuvre durant la guerre d’Algérie, l’état d’urgence n’a été décrété que deux fois depuis : en 1985, en Nouvelle-Calédonie, lors des affrontements qui avaient alors touché l’archipel, et en 2005, face aux émeutes dans les banlieues, à l’initiative du gouvernement de Dominique de Villepin.

14/11/2015, Le gouvernement allemand projette une offensive militaire mondiale

Sous prétexte de « combattre les causes du flot de [réfugiés] », des groupes de réflexion sur la politique de défense et la politique étrangère discutent et préparent de nouvelles interventions militaires de l’armée allemande (Bundeswehr) en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.
[…]
« Des missions militaires allemandes sont planifiées, élargies ou étendues du Mali à l’Irak et jusqu’à l’Afghanistan – à un point que personne n’aurait pu imaginer il y a juste quelques mois, » écrivent ses auteurs. Le gouvernement est actuellement en train d’évaluer « la possibilité d’affecter des avions de reconnaissance Tornado en périphérie du conflit syrien. »
[…]
De plus, le déploiement de la Bundeswehr devait être étendu au Mali et le ministère de la Défense réfléchissait même à une éventuelle mission militaire dans « l’Etat failli de Libye ».
[…]
Des officiers allemands plus éloquents sont allés encore plus loin. Domröse a déjà évoqué d’éventuelles missions en Syrie et en Irak.

15/11/2015, Les attentats de Paris – « Passeport »

Dans le cadre de l’enquête sur les massacres à Paris, un passeport syrien a été retrouvé près de l’un des kamikazes du Stade de France. Après avoir été désigné comme responsable des attentats par le président Hollande, « l’Etat Islamique », a reconnu être à la base de ces actions. Pour l’exécutif français qui avait déclaré vouloir intervenir en Syrie contre l’EI, en réalité contre Bachar El Assad qui « doit partir», il s’agit là d’un indice important devant conforter une opération militaire.
[…]
Concernant les massacres parisiens, il semblerait qu’une des premières préoccupations des terroristes soit d’être identifiés le plus rapidement possible. Cependant ce paradoxe nous étonne à peine. Un papier d’identité, trouvé miraculeusement et désignant l’auteur des attentats venant d’être commis, est devenu un classique. Il s’agit d’un évènement qui se répète, une compulsion de répétition désignant à chaque fois un coupable appartenant à une « mouvance jihadiste ».
[…]
Dans l’affaire Charlie Hebdo, les enquêteurs ont retrouvé la carte d’identité de l’aîné des frères Kouachi dans la voiture abandonnée dans le nord-est de Paris. A partir de ce document, la police s’aperçoit qu’il s’agit d’individus connus des services antiterroristes, des « pionniers du djihadisme français. » La « traque » peut alors commencer. Comment des tueurs, commettant un attentat avec un sang froid et une maîtrise qualifiés de professionnels, peuvent-ils commettre une telle erreur. Ne pas s’encombrer de ses papiers fait pourtant partie de l’abc du simple cambrioleur.

14/11/2015, Èric Lluent, El peligro de ponerse la foto de perfil con el filtro de la bandera francesa

A raíz del atentado de este viernes en París, Facebook ha impulsado un filtro opcional para todos los usuarios de la red. En esta ocasión, el filtro pretende solidarizarse con las víctimas del atentado convirtiendo tu foto de perfil en una imagen que funde la original con los colores de la bandera de Francia. Por supuesto, minuto tras minuto los usuarios van utilizando la herramienta, llevados por el choque emocional que suponen los ataques en la capital francesa. Es evidente (aunque no creo que sea deseable) que en el mundo hay muertos de primera y muertos de segunda, incluso de tercera y cuarta. Es hasta cierto punto entendible que a un ciudadano europeo le aflija más un atentado en París que otro en Beirut.
[…]
Utilizar el filtro de Facebook para solidarizarse con las víctimas de los atentados en París es apoyar una visión del mundo en la que sólo preocupan las muertes de ciudadanos occidentales.

14/11/2015, Carlos Aznárez, ¿El horror en París es diferente al de Siria, Iraq, Palestina y El Líbano?

Con esas y otras actitudes similares dejan al descubierto que junto con los asesinos de un yihadismo que no representa de ninguna manera al Islam, ellos -los Hollande, Sarkozy, Rajoy, Merkel y quienes los auspician desde el Pentágono, son los principales responsables de estas acciones bárbaras. Las han alimentado persiguiendo hasta el cansancio a los musulmanes de la periferia de Paris y las diversas ciudades francesas, negándole el uso de recintos para hacer sus oraciones o generando allanamientos en las mezquitas donde era común practicar pacíficamente su derecho al rezo. Allí están como ejemplo esas leyes que prohíben desde 2011 el uso del velo y también la pollera islámica y la burka en los espacios públicos, no obligando de la misma manera a ciudadanos franceses que comulgan con el judaísmo.

Segregando al mundo islámico y exhibiéndolo ante la sociedad francesa como « el enemigo », de la misma manera que Israel hace con los palestinos desde hace más de seis décadas. No es misterio para nadie y menos para los devaluados Servicios de Inteligencia francesa, que muchos de los humillados, desempleados y perseguidos por leyes draconianas y racistas que habitaban en la « Banlieue » parisina, fueron cooptados primero por el Frente Al Nusra y luego directamente por el ISIS para que sean parte de la experiencia de sembrar el terror en Siria e Iraq y lo más paradójico es que salieron desde el territorio francés en numerosas ocasiones con el visto bueno de un gobierno que los sintió como sus « soldados de avanzada ».

Lire aussi :
Syrie, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
Dossier documentaire Irak, Monde en Question.
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

L’Occident ne peut combattre le jihadisme en soutenant ses parrains !


 

Depuis plusieurs années, j’ai pu comprendre, étayer et documenter le fait que les réseaux jihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables. En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices jihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie. Comme l’a souligné le journaliste Marc de Miramon dans L’Humanité en juillet 2015, « pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la guerre de civilisation et celle contre le terrorisme brandies par le gouvernement [français] comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. » Dans le contexte de cette interview, Alain Chouet désignait les pétromonarchies wahhabites, essentiellement l’Arabie saoudite et le Qatar, auxquelles la France vend des armements sophistiqués malgré leur soutien notoire aux principaux réseaux jihadistes – et pas seulement en Syrie. Soulignons-le : Monsieur Chouet est un ancien officier de renseignement qui a travaillé de nombreuses années en tant que chef du contre-terrorisme à la DGSE, les services secrets extérieurs français. Cet homme plus que tout autre sait de quoi il parle lorsqu’il affirme que nos « alliés » du Golfe sont « les parrains financiers du djihad ». Ainsi, son constat est aussi alarmant que révoltant en ce funeste 13-Novembre, dans notre France déjà meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge.

En janvier 2015, à la suite de ces attentats abominables, j’avais écrit dans un élan de rage et de tristesse que « notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra – c’est-à-dire la branche syrienne d’al-Qaïda. [À cette époque, cette organisation incluait Daech, ces deux factions s’étant séparées en avril 2013]. (…) Selon les informations du journal Le Monde, « la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition [en Syrie]. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre. (…) Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement des armes de guerre à des rebelles « modérés » en Syrie – ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies [et à l’embargo sur les armes alors en vigueur]. Malheureusement, il s’est avéré [que, selon le Canard Enchaîné du 21 janvier 2015, la plupart] des armements livrés par les services français sont – d’une manière ou d’une autre – tombés entre les mains de groupes jihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur. » Et l’État français n’est pas le seul fautif dans ce fiasco syrien. Selon l’expert Joshua Landis, « entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie [depuis 2011] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ».

À partir de l’année 2014, deux parlementaires de l’opposition ont successivement dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré en juin 2015 sur La Chaîne Parlementaire que « la France soutient al-Qaïda en Syrie ». En effet, d’après le député Claude Goasguen, « la France [appuie] des rebelles syriens, qui sont soi-disant des rebelles démocrates. (…) Qui a récupéré les rebelles syriens démocrates ? [Le Front] al-Nosra. Qu’est-ce que c’est qu’al-Nosra, al-Nosra c’est pas al-Qaïda ? (…) [C]ertains rebelles ont été récupérés par al-Qaïda avec des armes françaises[.] (…) Monsieur [le député (PS) Olivier Dussopt], nous continuons à fournir des armes à al-Nosra, par l’intermédiaire des rebelles syriens ! Je le dis, je l’ai dit à Monsieur le Drian en Commission de la Défense, je l’ai dit à Monsieur Fabius, comme tous les autres députés [sic]. Il va falloir éclairer tout ça ! L’attitude de la France en Syrie n’est pas nette ! » Comme je l’avais souligné à l’époque, ces révélations fracassantes du député Goasguen ont été quasiment ignorées par les médias français. J’avais également relevé le fait que ce « député LR accus[ait] l’actuel gouvernement de soutenir al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), alors que la majorité précédente, dont il est issu, s’était accommodée du fait qu’al-Qaïda en Libye (GICL) [L’Express] avait été intégrée aux opérations de l’OTAN ! Voila à quel niveau notre État s’est abaissé, depuis quelques années, dans sa « post-politique arabe de la France ». Néanmoins, même en cas de changement de majorité, le prochain gouvernement continuera certainement de vendre des armements sophistiqués au Qatar et à l’Arabie saoudite – qui restent les principaux soutiens du jihadisme à travers le monde. » [LibérationChallenges]

Plus globalement, depuis le 11-Septembre, les intérêts profonds évoqués au début de cet article représentent un nombre inestimable de milliards de dollars de bénéfices pour différentes entreprises privées, principalement générés par la soi-disant « guerre contre le terrorisme ». Financées à perte par les contribuables occidentaux [Courrier international], ces interventions militaires catastrophiques et meurtrières ont engendré d’immenses profits pour les multinationales impliquées dans ce désastre mondial [Peter Dale Scott] – tout en déstabilisant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale au point que les groupes extrémistes qui y sévissent aujourd’hui semblent inarrêtables. La catastrophe qu’a constitué jusqu’à présent cette soi-disant « guerre contre le terrorisme » est sans précédent : elle aurait tué au moins 1,3 millions de civils rien qu’en Irak et en « AfPak » depuis 2001 [iTélé], les foyers jihadistes se sont multipliés à travers le monde, et tant Daech qu’al-Qaïda semblent plus menaçants, fanatiques et enracinés que jamais. Affirmons-le clairement : dans le monde occidental, ce fléau jihadiste justifie des guerres à la légalité, à l’efficacité et à la légitimité douteuses, tout en accélérant un basculement autoritaire de nos États – ce qui s’est notamment traduit en France par la dangereuse « loi Renseignement ». À l’heure où j’écris ces lignes, le Président Hollande vient de décréter l’état d’urgence national, et nul doute qu’un durcissement sécuritaire majeur est en vue – sans parler d’une escalade militaire qui aggravera certainement ces conflits trop lointains et complexes pour que les citoyens s’y opposent. Au vu de l’échec retentissant de la « guerre globale contre le terrorisme », il serait peut-être temps de réfléchir collectivement à son utilité, au lieu de céder à la tentation de répondre à la violence par la violence.

Néanmoins, ces guerres auto-génératrices [Dedefensa] ne doivent plus masquer une réalité aussi cruelle que scandaleuse : depuis la fin des années 1970, des puissances occidentales majeures et leurs alliés du Golfe ont soutenu l’essor des principaux réseaux islamistes à travers le monde [Middle East], que ce soit de manière directe ou non selon les circonstances et les acteurs concernés. En octobre 2015, après qu’une parlementaire états-unienne ait dénoncé sur CNN le soutien d’al-Qaïda par la CIA pour renverser Bachar el-Assad [Maxime Chaix], un ancien officier de la CIA spécialisé dans le contreterrorisme m’a confirmé la collaboration de l’Agence avec cette nébuleuse terroriste pour faire tomber le gouvernement syrien [Maxime Chaix]. Récemment, j’ai étudié en profondeur l’implication massive et clandestine des services spéciaux occidentaux et moyen-orientaux dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le régime el-Assad, dont la branche « syrienne » d’al-Qaïda [Maxime Chaix]. Insistons sur ce point : cet engagement clandestin de l’Agence et de ses alliés contre le gouvernement syrien implique militairement la France. En effet, en la comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste du Point Michel Colomès a récemment écrit que les « Américains et [les] Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistes réputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte ». D’autres « islamistes réputés fréquentables » qui seraient revenus de Syrie sont-ils à l’origine de ces terribles attentats du 13-Novembre ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais il est clair que ces terroristes ont agi de façon coordonnée selon un mode opératoire clairement militarisé et jihadiste – deux, voire trois kamikazes ayant actionné leurs bombes devant notre Stade de France, symbole de l’unité, de la liesse populaire et du rassemblement.

Dans notre pays meurtri par ce funeste 13-Novembre, le fait que le gouvernement français soutienne des jihadistes à l’étranger, et qu’il commerce sereinement avec leurs principaux parrains étatiques est grave, dangereux et inacceptable [Courrier international] ! Aucune raison d’État, aucun intérêt supérieur, aucun impératif économique, diplomatique ou géopolitique ne peuvent le justifier. Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tous les citoyens français. Nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse d’armer et de soutenir les États qui répandent le fléau jihadiste à travers le monde depuis des décennies, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar. En effet, comme l’avait déclaré Alain Chouet dans l’interview citée au début de cet article, « ce que nous appelons salafisme, en arabe, cela s’appelle wahhabisme. Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. »

Mes chers compatriotes, je vous remercie d’envoyer massivement cet article au Président de notre République, à nos élus et à votre entourage, puisque l’État français et ses alliés occidentaux ne peuvent combattre le fléau jihadiste en soutenant ses parrains du golfe Persique. Ils ne pourront pas non plus lutter efficacement contre le terrorisme s’ils appuient clandestinement des réseaux islamistes pour renverser des gouvernements étrangers, comme en Libye puis en Syrie. Mobilisons-nous pour mettre en échec ces politiques profondes dangereuses et inacceptables !

Maxime Chaix
Source : MondialisationDedensa.

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Le prix de la croisade


 

Depuis le 8ème siècle, la France monarchiste et chrétienne puis républicaine et laïque, fait la guerre contre les musulmans.

Lors des croisades (1095-1291), la France participa à la conquête de la Palestine, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Cette guerre sainte visait à détruire par le feu et par le sang les populations locales qui avaient le tort de vivre sur des terres que l’Occident chrétien revendiquaient comme siennes.
Ainsi furent détruites Jérusalem et Damas, villes saintes pour les chrétiens. Les croisés ne contentèrent pas, le 15 juillet 1099, de conquérir Jérusalem, mais ils massacrèrent tous les musulmans et brulèrent les juifs dans leurs synagogues au nom de la civilisation.
À l’inverse, Saladin, le barbare arabo-musulman, permit aux chrétiens, après la prise de Jérusalem le 2 octobre 1187, de quitter la ville et de regagner la côte sains et saufs avec une partie de leurs biens.

Depuis 2001, la France (de l’extrême-droite à l’extrême-gauche) participe à la croisade occidentale contre les musulmans, baptisés islamistes et donc terroristes par la propagande. Les croisés catho-laïques, à la mode Charlie, bombardent courageusement à plus de dix mille mètres d’altitude les populations d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie, qui ont le tort de vivre sous une dictature soutenue par les mêmes gouvernements qui la combattent aujourd’hui.
La guerre au sol, plus dangereuse, est sous-traitée avec des mercenaires de tous bords y compris avec des groupes terroristes financés, armés et entrainés par ceux qui prétendent les combattre (voir les articles sur la guerre contre Afghanistan). Sans oublier le double jeu de l’Arabie saoudite, « grande démocratie » du Moyen-Orient et alliée indéfectible des États-Unis depuis le pacte du Quincy scellé entre le président Franklin Roosevelt et le roi Ibn Saoud en 1945.

Plus personne ne sait qui est qui, qui fait quoi avec qui ou contre qui. Cette confusion est non seulement voulue par les décideurs de la nouvelle croisade, mais elle est entretenue par une extrême-gauche déliquescente qui reprend à son compte le concept de « terrorisme islamo-fasciste » forgé en 1990 par le journaliste Malise Ruthven consultant du Middle Eastern affairs.

Je partage en partie la position de CAPJPO-EuroPalestine :

Notre association CAPJPO-EuroPalestine condamne les actes de barbarie commis par les terroristes qui se revendiquent de Daesh [selon la police], et partage l’émotion et la tristesse des proches des 128 victimes de ces tueries ignobles, ainsi que des centaines de femmes et hommes blessés durant les massacres de vendredi soir.
Et elle s’élève contre les déclarations et la politique d’un gouvernement qui loin de protéger la population, l’expose au risque de nouveaux attentats.
En effet, on ne voit pas comment les mesures de type uniquement « sécuritaires » pourraient représenter une protection efficace. Il est impossible de surveiller tout le monde partout. Plus de police, plus de caméras, n’arrêteront pas des tueurs déterminés.
Ne pas s’attaquer aux causes, c’est à dire à la propagande sur le « choc des civilisations » et aux menées guerrières de la France contre des pays et des populations qui ne nous ont jamais agressés, est dramatique.
Comment imaginer qu’il était possible de bombarder impunément l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie ?
De quel droit la France y est-elle intervenue militairement ?
Bombardements, qui ont fait, ne l’oublions pas, des milliers de victimes innocentes, dont des femmes et des enfants.
Les « victimes innocentes » n’ont pas l’air d’émouvoir François Hollande, quand elles ne sont pas françaises ?
Comment éviter que des individus s’identifiant aux victimes ou étant des proches de celles-ci deviennent des kamikazes ? Et qu’ils se laissent « manipuler » , « embrigader » dans des groupes souvent armés et financés, dans un premier temps, par les dirigeants occidentaux qui veulent renverser tel ou tel gouvernement, qui n’a pas l’heur de leur plaire ? Parce que ce sont des dictateurs ? Mais alors pourquoi entretient-on d’aussi bonnes relations avec d’autres dictatures, en Arabie Saoudite, en Egypte ou en Afrique ?
Le gouvernement français ne répond à aucune de ces questions fondamentales. Et il ne faut pas compter sur les journalistes des principaux médias pour les lui poser.
Pourquoi ne parle-t-on pas de la manière dont ces groupes terroristes sont nés ? Qui les a armés ? Qui les a financés ? Ni du fait qu’ils ont repris à leur compte la logique de la propagande occidentale sur le « choc des civilisations » avec ses concepts de « supériorité des civilisations judéo-chrétiennes » et de « peuple élu », mais en l’inversant et en proclamant qu’il fallait éliminer tous ceux qui ne se rangeaient pas derrière leur bannière et leur pratique religieuse ?
Oui, cela fait froid dans le dos. Mais tout autant que le fait d’entendre sur France 2 ce samedi matin un ancien policier des services d’intervention urgente évoquer les « conseils » qu’Israël pourra donner en matière de lutte contre des kamikazes !
Sachant que toute la population israélienne est sur le pied de guerre depuis des décennies et que la technologie de répression la plus sophistiquée n’a pu permettre à Israël de venir à bout des attentats, on a de quoi s’inquiéter ! Israël refuse de s’attaquer à la racine du mal, l’occupation et la colonisation de la Palestine, et sa population ainsi prise en otage par ses dirigeants, continuera à en payer le prix.
Comme nous risquons de payer toujours plus cher le terrorisme de nos Etats.
On nous appelle maintenant à « l’unité nationale ». Derrière qui ?
Ceux qui entretiennent le racisme dans notre pays ? Ceux qui criminalisent la solidarité envers les migrants ? Ceux qui font défiler des bourreaux et des tortionnaires d’enfants, au premier rang de manifestations en faveur de la liberté d’expression ?
Hollande vient de dire : « Les Français vont devoir faire des sacrifices ».
Lesquels ? Plus de police, plus d’armée, plus de « champs d’opérations extérieurs », moins d’éducation, de santé et de retraites ? Souvenons-nous de la phrase de Jean Jaurès : « le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage ».
Et rendons hommage aux victimes de la terreur à Paris vendredi, en évitant qu’il y en ait davantage, en faisant en sorte que des mots tels que « Liberté, Egalité, Fraternité » prennent tout leur sens. [il faut lire cette devise telle qu’elle s’inscrit aux frontons des monuments publics pour qu’elle prenne tout son sens : Liberté point Égalité point Fraternité point]

14/11/2015 13h à México
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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L’assassinat d’Oussama ben Laden


 

Le célèbre journaliste américain Seymour Hersh vient de publier dans la London Review of Books un long article sur l’assassinat d’Oussama ben Laden, qui n’a pas manqué de faire réagir. Démenti par l’administration Obama, vertement critiqué par quelques journalistes, voire qualifié de théorie du complot par d’autres, l’article de Hersh sème une nouvelle fois le trouble dans la version déjà controversée de la mort d’Oussama ben Laden. Pourtant, le journaliste Matthew Cole de NBC News a confirmé certaines de ses affirmations, tandis que The Intercept (fondé par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill) rappelle que les même allégations avaient été tenues en 2011 par d’autres sources. Hersh a par ailleurs répondu à certaines critiques auprès du site Business Insider, et dans l’émission Democracy Now d’Amy Goodman.

Lire la suite… Le Grand Soir 1/42/43/44/4.

Lire aussi :
• François Hollande au pays des terroristes, Le Grand Soir.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.

Vérités et mythologies du 11 septembre


On a tout dit sur le 11 septembre 2001. Tout et n’importe quoi ! Un festival d’idées reçues, d’amalgames et d’approximations.
Ce petit livre ramasse au contraire l’essentiel : l’incapacité des États-Unis à maîtriser le personnage d’Oussama Ben Laden qu’ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l’Arabie saoudite, Ben Laden qui a fini par leur échapper et dont ils ont ensuite fabriqué l’image d’ « ennemi public numéro 1 ».
Richard LABÉVIÈRE, Vérités et mythologies du 11 septembre – Modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire, Nouveau Monde Éditions, 2011.

Derrière ce rideau de fumée et de poussière qui s’est levé dans l’effondrement des tours du World Trade Center, ce qui intéresse vraiment Richard Labévière c’est le paradoxe américano-saoudien. L’Arabie Saoudite a financé et finance encore le terrorisme djihadiste au nom du wahhabisme, version rétrograde et radicale d’un islam gouvernant la Cité. Le rôle du prince Turki al-Fayçal [1], patron des services secrets saoudiens dans la transformation de l’héritier jetseter ben Laden en combattant du jihad international, constitue le coeur du livre. Ainsi que le pacte de Quincy scellant l’alliance des États-Unis avec la monarchie des Saoud au sortir de la Deuxième guerre mondiale, faisant de l’Arabie saoudite « un intérêt vital des États-Unis ». Ce pacte formera le bouclier qui protègera les financiers et soutiens saoudiens et émiratis de ce nouveau terrorisme. Malgré les victimes du 11 septembre pleurées par l’Amérique.
Source : Ça va mieux en le lisant

Ce livre décortique pour nous cette étrange relation qu’entretenaient les Etats-Unis avec Oussama ben Laden et met en exergue leur incapacité à maîtriser ce personnage qu’ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l’Arabie saoudite, qui a fini par leur échapper en 1990 au moment de la première guerre du Golfe (« Notre pays est devenu une colonie des Américains  » déclarera-t-il) et qu’ils ont ensuite transformé en « ennemi public numéro 1 ». Il nous met aussi en garde sur ce qui se joue aujourd’hui dans le monde arabo-islamique, dans ce contexte nouveau crée par les « Printemps arabes », l’échec de l’islam-politique n’allant pas forcement de pair avec la disparition physique d’Oussama ben Laden et l’attentat meurtrier commis le 28 avril 2011 sur la place Jemaa-el-fna, en plein centre de Marrakech pouvant avoir valeur de rappel à l’ordre.
Un livre-boussole pour comprendre hier et anticiper un avenir. Qui, tant que les Etats-Unis continueront derrière la scène de jouer la carte des Frères musulmans, comme ils l’ont toujours fait depuis la signature, à la fin de la deuxième guerre mondiale, du Pacte du Quincy avec la monarchie des Saoud, est loin d’être rose, qu’on se le dise…
Source : Livres-a-lire

Lire aussi :
• Richard LABÉVIÈRE, La conspiration des autres…, L’Humanité, 12/09/2011.
• En 2010, des fonds secrets de la CIA ont servi par erreur à financer Al-Qaida, Le Monde, 15/03/2015. La mention « par erreur » signifie en clair que la CIA avoue avoir financé Al-Qaida.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Richard LABEVIÈRE, Monde en Question.


[1] Lire :
• Turki AL-FAISAL, Failed favoritism toward Israel, The Washington Post, 10/06/2011.
President Obama gave a rousing call to action in his controversial speech last month, admonishing Arab governments to embrace democracy and provide freedom to their populations. We in Saudi Arabia, although not cited, took his call seriously. We noted, however, that he conspicuously failed to demand the same rights to self-determination for Palestinians – despite the occupation of their territory by the region’s strongest military power.
Soon after, Obama again called into question America’s claim to be a beacon of human rights by allowing Israeli Prime Minister Binyamin Netanyahu to set the terms of the agenda on the Israeli-Palestinian peace process. Even more depressing than the sight of Congress applauding the denial of basic human rights to the Palestinian people was America turning its back on its stated ideals.
As the main political and financial supporter of the Palestinian quest for self-determination, Saudi Arabia holds an especially strong position. The kingdom’s wealth, steady growth and stability have made it the bulwark of the Middle East. As the cradle of Islam, it is able to symbolically unite most Muslims worldwide. In September, the kingdom will use its considerable diplomatic might to support the Palestinians in their quest for international recognition. American leaders have long called Israel an « indispensable » ally. They will soon learn that there are other players in the region – not least the Arab street – who are as, if not more, « indispensable. » The game of favoritism toward Israel has not proven wise for Washington, and soon it will be shown to be an even greater folly.
• Turki AL-FAISAL, Veto a State, Lose an Ally, The New York Times, 11/09/2011.
The United States must support the Palestinian bid for statehood at the United Nations this month or risk losing the little credibility it has in the Arab world. If it does not, American influence will decline further, Israeli security will be undermined and Iran will be empowered, increasing the chances of another war in the region.
Moreover, Saudi Arabia would no longer be able to cooperate with America in the same way it historically has. With most of the Arab world in upheaval, the « special relationship » between Saudi Arabia and the United States would increasingly be seen as toxic by the vast majority of Arabs and Muslims, who demand justice for the Palestinian people.

La fabrication de l’ennemi


« Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L’ennemi soviétique avait toutes les qualités d’un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l’Occident et rendu plus vaine sa puissance.

Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d’opinion ont consciencieusement « fabriqué de l’ennemi » et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.

L’ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique…

Comment advient ce moment « anormal » ou l’homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d’analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d’hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d’autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.

Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l’ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s’agit moins au final d’une affaire militaire que d’une cause politique. Moins d’une affaire de calibre que d’une question d’hommes.

Pierre CONESA, La fabrication de l’ennemi ou Comment tuer avec sa conscience pour soi, Laffont, 2011 [ExtraitsDu Grain à moudreLe PointRFI].

Lire aussi :
• Pierre CONESA, Géopolitique du renseignement – La fin d’une époque, Diploweb, Novembre 2006.
• Pierre CONESA, Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?, Le Monde diplomatique, Avril 2008.
• Pierre CONESA, La France devrait occuper un siège à l’OCI, Le Monde, 22/12/2009.
• Pierre CONESA, Vies multiples d’Al-Qaida, Le Monde diplomatique, Février 2010.
• Pierre CONESA, Afghanistan : « L’outil militaire ne peut résoudre des crises », Marianne, 15/07/2011.
• Publications de Pierre CONESA, Cairn.infoIRIS.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Géopolitique, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL

Revue de presse 11 Septembre 2001


11/09/2011, Anastassia TSOUKALA, Au nom du 11 Septembre – La presse face au terrorisme en France et en Grande-Bretagne, Les mots sont importants : Première partieDeuxième partie

Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les états-Unis et les états de l’Union européenne ont multiplié les initiatives censées « répondre aux menaces du terrorisme islamiste » : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que beaucoup de ces initiatives font peser sur les démocraties. C’est de ce constat qu’est né il y a deux ans un important livre collectif, plus que jamais d’actualité : Au nom du 11 septembre. Coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, il analyse la centralité de cet « antiterrorisme » dans la nouvelle géopolitique mondiale et son impact sur la vie politique des états démocratiques : opérations militaires, surveillance généralisée, pratiques d’exception et de désinformation… Extrait de ce livre, le texte qui suit analyse, à travers l’étude comparative de la presse écrite française et britannique, l’évolution des discours publics sur la sécurité des pays occidentaux.

11/09/2011, Michel CHOSSUDOVSKY, Qui était Oussama ben Laden ? La vérité derrière le 11 septembre 2001, Mondialisation Article publié en anglais par Global Research le 12 septembre 2001

Quelques heures après les attaques terroristes du 11 septembre au World Trade Center et au Pentagone, l’administration Bush concluait, sans preuve à l’appui, qu’Oussama ben Laden et son organisation, Al-Qaeda, étaient les suspects les plus probables. Le directeur de la CIA, George Tenet, déclarait que ben Laden « a la capacité de planifier plusieurs attaques sans avertissement ». Le secrétaire d’état Colin Powell qualifiait de son côté les attaques à Washington et à New York de « déclaration de guerre », ce que George Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu’il ne « fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenu ». L’ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part la complicité de un ou plusieurs gouvernments étrangers. Et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Lawrence Eagelberger déclarait dans une entrevue télévisée : « Je crois que nous allons démontrer que, lorsque nous sommes attaqués de cette façon, nous pouvons réagir d’une manière brutale avec force et détermination » (« we are terrible in our strength and in our retribution »).
Suite aux déclarations officelles, les médias occidentaux n’ont pas tardé (sans preuves à l’appui) à approuver le déclenchement d’actions punitives contre des cibles civiles au Moyen-Orient et en Asie centrale. William Saffire écrivait à ce propos dans le New York Times : « Lors que nous aurons raisonnablement pu déterminer la localisation des bases et des camps de nos attaquants, nous devrons les pulvériser – en minimisant mais également en acceptant les risques de dommages collatéraux. Nous devrons agir par des opérations [militaires] directes mais également par des actions en sous-main [de nos services de renseignement], afin de déstabiliser les états hôtes de la terreur. »
Le texte ci-dessous a pour object d’analyser l’histoire d’Oussama ben Laden et des liens entre la Jihad islamique et la politique étrangère des états-Unis depuis la Guerre froide.

11/09/2011, Jean-Claude PAYE, Le 11 septembre 2001 et la fabrique du consentement, L’Humanité

Les lois antiterroristes offrent à l’exécutif la capacité d’annuler toute forme d’opposition et de rejeter toute différenciation, même celle distinguant l’acte de sa simple éventualité. La loi n’est plus codification, cran d’arrêt face à l’arbitraire. Au contraire, elle inscrit dans le droit qu’il n’y a plus de limite à l’exercice du pouvoir.
Dans tous les pays européens, les droits de la défense sont affaiblis. Aux états-Unis, ils sont complètement supprimés pour les étrangers désignés comme terroristes par l’exécutif. Des deux côtés de l’Atlantique, les citoyens sont soumis à des mesures de surveillance qui, autrefois, étaient réservées au contre-espionnage. Les civils peuvent être soumis à des mesures de privation de liberté plus contraignantes que celles appliquées aux prisonniers de guerre.
La mutation juridique et politique est profonde puisqu’elle renverse les relations établies entre les populations et leur gouvernement, le rapport entre l’instituant et l’institué. Ce ne sont plus les populations qui instituent le pouvoir, mais ce dernier qui détermine, parmi ses ressortissants, qui est un citoyen et qui est un ennemi, qui doit être exclu de la société. La transformation est telle que l’ordre symbolique de la société est touché.
Toute question, toute référence aux objets, relève de la théorie du grand complot, car leur matérialité s’oppose à ce qui est donné à voir. Elle fait écran au regard du pouvoir, à sa capacité de donner un sens sans avoir besoin de passer par les choses. L’icône du 11?septembre donne directement à voir l’invisible. Tel le regard de la Gorgone, elle se saisit de nous et nous aveugle, car nous regardons sans voir. Le réel nous est imposé sans la médiation de la raison, sans l’interposition du bouclier de Persée, de cet écran qui permet de voir, tout en étant protégé du feu du regard.

09/09/2011, Carlos RIVERA LUGO, La barbarie de los 11 de septiembre, Rebelión

¿Qué tenemos que ver los habitantes de Nuestra América con el 11 de septiembre? En todo caso, mi memoria histórica acerca de esa fecha no empieza con el ataque terrorista en el 2001 contra las torres gemelas del « World Trade Center », sino con el criminal asalto militar de 1973 contra La Moneda, la casa presidencial chilena. Poco más de tres mil vidas inocentes fue el « daño colateral » de la primera, anunciada por sus perpetradores como « el golpe de Dios Omnipotente » contra uno de los órganos vitales del « mal ». Mientras, el saldo brutal de la segunda fue sobre 30,000 vidas, incluyendo la de su heroico presidente Salvador Allende, víctimas también de otra cruzada fundamentalista: el anticomunismo.
Sin embargo, mi memoria histórica sigue resistiéndose a los simplismos ideológicos. Me trae a la mente esos otros « 11 de septiembre » que han marcado mi consciencia, por lo menos en el último medio siglo. Los bombardeos criminales de Estados Unidos sobre Hanoi y todo el territorio vietnamita, incluyendo el uso de armas químicas de destrucción masiva. Murieron sobre 3 millones de vietnamitas, de los cuales 2 millones eran civiles. Igualmente recuerdo la aniquilación en 1989 -con, entre otras cosas, el bárbaro napalm usado en Viet Nam- del barrio Chorillos de la Ciudad de Panamá, donde murieron 10,000 civiles panameños como resultado de la ilegal invasión militar estadounidense.
Las guerras de Estados Unidos en Irak y Afganistán, y la no declarada en Pakistán, han dejado igualmente cientos de miles de muertos, en su mayoría civiles. Continúa operando, con absoluta impunidad, el campo de concentración estadounidense en Guantánamo. La Corte Penal Internacional saca pecho para investigar y condenar los delitos de los « malos », mientras condona los crímenes de los « buenos ». Bush y su vicepresidente Cheney admiten y defienden públicamente sus crímenes y nadie su inmuta. Quien sumisamente le ha dado continuidad a las políticas criminales de éstos, el presidente Barack Obama, la Academia Sueca le otorga el Premio Nobel de la Paz. Y con ese premio en mano, ha agredido a Libia y producido allí, junto a sus aliados europeos, otro violento e ilegal « cambio de régimen », con su secuela abismal de muertos.

09/09/2011, Tom ENGELHARDT, Let’s Cancel 9/11, Antiwar

Let’s just can it all. Shut down Ground Zero. Lock out the tourists. Close « Reflecting Absence, » the memorial built in the « footprints » of the former towers with its grove of trees, giant pools, and multiple waterfalls before it can be unveiled this Sunday. Discontinue work on the underground National September 11 Museum due to open in 2012. Tear down the Freedom Tower (redubbed 1 World Trade Center after our « freedom » wars went awry), 102 stories of « the most expensive skyscraper ever constructed in the United States. » (Estimated price tag: $3.3 billion.) Eliminate that still-being-constructed, hubris-filled 1,776 feet of building, planned in the heyday of George W. Bush and soaring into the Manhattan sky like a nyaah-nyaah invitation to future terrorists. Dismantle the other three office towers being built there as part of an $11 billion government-sponsored construction program. Let’s get rid of it all. If we had wanted a memorial to 9/11, it would have been more appropriate to leave one of the giant shards of broken tower there untouched.

09/09/2011, Des 11 septembre à la pelle et à grande échelle, Le Grand Soir

Liste partielle des interventions de l’armée états-unienne depuis 1890.

09/09/2011, Roy ARUNDHATI, Ben Laden, secret de famille de l’Amérique, Le Monde Tribune publiée dans Le Monde du 15 octobre 2001

Pour des raisons stratégiques, militaires et économiques, George W. Bush doit à tout prix persuader l’opinion publique que ce sont les valeurs nationales de la liberté et de la démocratie qui sont visées, ainsi que le mode de vie américain. Message facile à colporter dans l’atmosphère de chagrin, d’indignation et de colère qui règne actuellement. Cependant, à supposer que le contenu en soit vrai, on peut légitimement se demander pourquoi ce sont les symboles de la suprématie économique et militaire américaine (le World Trade Center et le Pentagone) qui ont été pris pour cibles. Pourquoi pas la statue de la Liberté ? Ne peut-on alors émettre l’hypothèse que la sombre colère à l’origine des attentats n’a pas pour source la liberté et la démocratie américaines, mais le soutien et l’engagement exceptionnel des Américains pour des causes radicalement opposées : pour le terrorisme militaire et économique, l’insurrection, la dictature armée, le fanatisme religieux, le génocide impensable (hors des frontières du pays) ?
En 1996, interrogée par Leslie Stahl sur sa réaction devant la mort de 500 000 enfants irakiens après les sanctions économiques américaines, Madeleine Albright, alors ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, répondait sur CBS que c’était « un choix très difficile » mais que, tout compte fait, « nous pensons que le prix en vaut la peine ». A-t-elle été renvoyée de son poste pour avoir tenu pareils propos ? Pas du tout. Elle a continué à parcourir le monde, à représenter les opinions et les aspirations du gouvernement américain. Plus grave encore, dans les circonstances actuelles : les sanctions contre l’Irak n’ont pas été levées. Des enfants continuent à mourir. Nous y voilà. Un distinguo peu subtil oppose la civilisation et la sauvagerie, le « massacre d’innocents » (ou, si l’on préfère, « le heurt des civilisations » ) et les « dommages de guerre ». Pure sophistique, délicate algèbre de la « justice sans limites » ! Combien faudra-t-il de morts irakiens pour améliorer le monde ? Combien de morts afghans pour un seul mort américain ? Combien d’enfants morts pour un seul homme mort ? Combien de cadavres de moudjahidins pour le cadavre d’un seul banquier d’affaires ?
La coalition des superpuissances mondiales resserre son étau sur l’Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres qui soient, l’un des plus sinistrés, des plus déchirés par la guerre. Les talibans au pouvoir y offrent un abri à Oussama Ben Laden, tenu pour responsable des attentats du 11 septembre. Faut-il décimer l’ensemble de la population en guise de réparation ? L’économie est chamboulée. Et le problème qui se pose à une armée d’envahisseurs, c’est en réalité que le pays ne possède aucun des signes ou des repères conventionnels à pointer sur la carte : ni bases militaires, ni complexes industriels, ni usines de traitement de l’eau. Les exploitations agricoles se sont transformées en charniers, la campagne est jonchée de mines antipersonnel – au nombre de 10 millions, selon les estimations les plus récentes. L’armée américaine devrait donc commencer par déminer le terrain et par construire des routes pour frayer une voie à ses soldats.
En 1979, après l’invasion soviétique de l’Afghanistan, la CIA et l’ISI (InterServices Intelligence : les services de renseignement pakistanais) ont lancé la plus grande opération indirecte de la CIA depuis la guerre du Vietnam. Leur but ? Canaliser l’énergie de la résistance afghane et l’enrôler dans une guerre sainte, un djihad islamique qui dresserait contre le régime communiste les pays musulmans de l’Union soviétique et finirait par l’ébranler.
Au fil des ans, par l’intermédiaire de l’ISI, la CIA a financé et recruté, dans quarante pays musulmans, des dizaines de milliers de moudjahidins extrémistes qui ont servi de soldats dans cette guerre que livrait l’Amérique par pays interposés. La grande masse d’entre eux ne savaient pas qu’ils se battaient pour l’Oncle Sam. (Mais l’ironie veut que l’Amérique n’ait pas su non plus qu’elle finançait une future guerre contre elle-même.)

09/09/2011, Alain GRESH, 11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ?, Le Monde diplomatique

Dix ans après, « la guerre contre le terrorisme », qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme « voyous », est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s’est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d’Irak d’ici à la fin de l’année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s’enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.
Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones.
Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression.

09/09/2011, Il faut combattre les causes du terrorisme, Renmin Ribao

Les attaques du 11 septembre ont laissé des traces profondes, pas seulement par rapport aux mesures de sécurité renforcées mises en place dans les pays occidentaux, qui ont empiété sur la vie privée et même les droits de l’homme ; elles ont aussi provoqué une escalade de l’animosité entre le monde musulman et l’Occident.
Les guerres menées en Irak et en Afghanistan par les Etats-Unis et présentées comme une partie de leur guerre contre le terrorisme, ont provoqué d’énormes pertes en vies humaines et n’ont seulement réussi qu’à exacerber la fracture entre les musulmans et l’Occident.
Tout en se souvenant des victimes des attaques du 11 septembre, le monde devrait aussi réfléchir sur les vies perdues du fait de ces actions militaires et d’autres attaques terroristes, et songer au fait que la force militaire seule a peu de chances de mettre fin au terrorisme. Les conflits et les troubles sont le lit du terrorisme. Et la pauvreté et l’arriération en sont son terreau.
Pour extirper les racines du terrorisme, la communauté internationale devrait faire des efforts conjoints pour soulager les tensions régionales et mondiales, éradiquer la pauvreté et promouvoir la coopération et la réconciliation. Il faudra pour cela des mesures économiques, sociales et politiques coordonnées.

09/09/2011, Deux poids et deux mesures obstruent les efforts anti-terrorisme, Xinhua

Un grand défi aux efforts anti-terrorisme du monde est le manque d’un standard commun. En particulier, les Etats-Unis et ses alliés occidentaux ont utilisé à maintes reprises deux poids et deux mesures sur les question anti-terrorisme, qui ont obstrué le progrès des efforts globaux.
Après les attentats du 11 septembre, Washington a lancé une « guerre contre le terrorisme » soit-disante en Afghanistan et en Irak, menant au meurtre des milliers des civils inoncents et au déplacement des milliers d’habitants.
Souvent, les Etats-Unis ont fermé les yeux sur les dégâts et les menaces causés par les extrémistes dans la République Tchetchène de Russie, et ont adopté deux poids et deux mesures sur la question des forces séparatistes dans la région de Xinjiang de Chine, rejetant la demande de Chine d’expulser les membres du « Mouvement islamique du Turkestan oriental », qui a une relation étroite avec al Qaîda.
Par ailleur, le mot « anti-terrorisme » a parfois servi d’un outil politique pour promouvoir les intérêts nationaux occidentaux et les objectifs idéologiques, et est même utilisé comme une excuse facile pour intervenir dans les affaires intérieures d’autres pays.

07/09/2011, Il y a 10 ans, le 11 septembre 2001 : les attentats suicides contre les tours du World Trade Center, Lutte Ouvrière

Mais si cet attentat ignoble illustrait la vulnérabilité des états-Unis, principale puissance impérialiste qui domine le monde, il a contribué en réalité à renforcer l’impérialisme américain.
Car le gouvernement Bush et le patronat américain se sont immédiatement servis de l’émotion provoquée pour amener la population à serrer les rangs derrière eux, à accepter de nouvelles aventures militaires et des sacrifices économiques considérables au nom de « la guerre contre le terrorisme ».
Une semaine après les attentats, le Congrès était déjà saisi d’un projet de loi de 350 pages renforçant les pouvoirs de répression de la police et du FBI. Appelé « USA Patriot Act », ce projet de loi, manifestement en chantier avant les attentats, n’attendait qu’une occasion pour sortir des cartons. Des dizaines de lois, décrets, règlements répressifs furent adoptés dans la foulée. L’appareil d’état retrouva pratiquement tous les pouvoirs qu’il avait du temps du Maccarthysme et qui avaient été rognés dans les années 1960 et 1970 par le mouvement pour les droits civiques, la révolte noire, la lutte contre la guerre du Vietnam.
Le 11-Septembre a permis de légaliser à nouveau des pratiques qui étaient devenues illégales et ne pouvaient être utilisées au grand jour, comme l’espionnage sans mandat d’étrangers ou de citoyens américains, leur mise sur écoute, l’accès à tous leurs comptes, données médicales, etc. Les étrangers peuvent être légalement détenus indéfiniment sans motif. Et puis n’importe qui peut être taxé de terrorisme, pour participer à un piquet de grève, pour critiquer le président, etc.
Les tribunaux militaires jugent sans appel les étrangers accusés de terrorisme. Ils peuvent ne pas produire leurs preuves, juger à huis clos, sans la présence de l’avocat et même sans l’accusé. Un présumé terroriste peut aussi rester indéfiniment en prison sans jugement. La torture des prisonniers lors d’interrogatoires est légalisée.
Les rafles massives opérées par la police dans les jours qui ont suivi le 11-Septembre furent ainsi légalisées. De nombreux détenus sont restés sans motif en prison et, dix ans après, il y a encore des détenus qui n’ont pas été jugés.
Cela n’a pas empêché Bush puis Obama de prétendre œuvrer pour la défense de la démocratie américaine.

07/09/2011, 2001-2011, d’un effondrement à l’autre, Le Billet politique d’Hubert Huertas

Dix ans après la destruction des tours de New-York on assiste à un autre effondrement. Une certaine économie n’en finit pas de s’affaisser, à deux pas de Ground zéro, à Wall Street, et dans les places financières du monde entier.
Quel rapport entre les avions fonçant sur les tours, et les cours de la bourse qui décrochent : aucun, et cette absence de cause à effet, entre ces deux moments majeurs, distants de seulement dix ans, est sans doute le fait marquant de cet anniversaire. Le 11 septembre 2011, c’est quasiment le contraire de celui de 2001.
Il y a dix ans, l’Amérique, donc le monde occidental, a été attaqué par un agresseur extérieur. Une idée s’est alors répandue. Celle d’une guerre du mal contre le bien, une espèce de der des ders, le mal étant délimité à une zone géographique précise, et aux dérives d’une religion. La guerre, en ce temps là pouvait être préventive, puisque l’ennemi était localisé. Il suffirait d’un sale type abattu pour sauver la prospérité.
Que reste-t-il de cette ancienne utopie ?
Pas grand chose. L’Irak a été envahie, Saddam, qui n’était pas complice des attentats de New-York, a été pendu, aucune arme de destruction massive n’a été retrouvée, Kaboul est tombée, Ben Laden est mort, tout devait être terminé, mais tout bouillonne encore dans le même secteur de la planète.
Le monde selon dabeulyou Bush n’est pas métamorphosé. Il chauffe toujours là où il brûlait déjà.
La nouveauté c’est qu’il est dépassé. Ni le bien ni le mal ne sont géographiques. Les révolutions arabes ont démenti l’idée d’un bloc musulman que seuls des dictateurs pouvait empêcher de basculer dans l’islamisme. Après avoir honoré les despotes, la France se flatte d’ailleurs de les combattre, et le dernier acte terroriste en date est bel et bien l’œuvre d’un fondamentaliste, mais il est blanc, chrétien, et norvégien.
La grande peur ne vient plus, ou plus seulement, d’un agresseur barbu. L’ennemi n’a plus de visage. On lui donne des tas de noms, finance, spéculation, subprimes, dettes, déficit, état-providence, faillite des états, gabegie, fonctionnaires, milliardaires, magouilleurs grecs, indignados, agences de notation, une mêlée de cinq cent millions d’acteur pour une guerre intérieure.
Bien sûr, l’effondrement des bourses est moins télégénique que celui des deux tours. Il n’est pas sûr que dans dix ans, pourtant, les conséquences en soient moins radicales.

05/09/2011, La dure leçon du « smart power », Renmin Ribao

Mais il y a une leçon plus grande encore que le 11 septembre nous enseigne, celle du rôle de la puissance douce et du récit à l’âge de l’information. A l’âge de l’information, les résultats sont aussi influencés par celui qui a la meilleure histoire. La concurrence dans le récit est importante, et le terrorisme, c’est aussi un drame politique et narratif.
Une leçon-clé du 11 septembre est que la puissance militaire est certes essentielle pour contrer le terrorisme, mais que la puissance douce des idées et la légitimité sont essentielles pour gagner les coeurs et les esprits des populations musulmanes, là où Al Qaida souhaite recruter. Une stratégie du « smart power » ne saurait ignorer les outils de la puissance douce.
Mais, au moins pour les Etats-Unis, la leçon la plus importante du 11 septembre est que la politique étrangère des Etats-Unis devrait suivre le conseil que l’ancien Président Dwight Eisenhower a formulé il y a un demi-siècle : Ne soyez pas impliqué dans des guerres d’occupation, et concentrez vous sur le maintien de la puissance de l’économie américaine.

02/09/2011, David Ray GRIFFIN, Un autre regard sur le 11 septembre – 10 ans après Le Nouveau Pearl Harbor-2, Demi Lune

Deux guerres et des centaines de milliers de morts plus tard, sans oublier les populations déplacées et les réfugiés qui se comptent par millions, il convient de se demander en toute lucidité : à qui profite le crime du 11-Septembre sinon au complexe militaro-industriel, aux compagnies de mercenaires et de sécurité, aux pétroliers ?

Lire aussi : Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.

Washington-Tripoli, une vieille histoire


À la fin du 15e siècle, profitant de la dynamique des conquêtes ottomanes, les Musulmans prennent le dessus. Au 16e, leur flotte subit une écrasante défaite et c’est la fin de leur entreprise de conquête du bassin méditerranéen. En revanche, au cours des 17 et 18e siècles, les navires français, espagnols et anglais, toujours dans une volonté d’expansion de leur empire, poursuivent cette guerre de course. À la fin du 18e, ces trois grandes puissances navales signent des traités en échange de tributs. Les pirates musulmans se rabattent alors sur de plus petits états comme le Danemark, la Hollande et… l’Amérique, devenu récemment un état indépendant. À peine nés, les États-Unis sont donc en conflit avec des pays situés à des milliers de kilomètres de chez eux. Toutes les premières négociations échouent. En 1803, Jefferson, troisième président des États-Unis, en obtenant du congrès les moyens matériels et législatifs, pense faire céder définitivement le pacha de Tripoli. C’est l’inverse qui se produit, la Libye appelle toutes les autres régences, à la guerre sainte contre les Américains ! Ce n’est quand 1830, avec nombre de traités signés, que prendra fin la piraterie barbaresque en Méditerranée. Débutent alors les enjeux et tractations pétrolières, dont l’accord stratégique entre le président Roosevelt et le roi d’Arabie Saoudite Ibn Saoud, et le coup d’état américain en 1953, en Iran, contre Mossadegh…

Jean-Pierre FILIU & David B., Les meilleurs ennemis – Une histoire des relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient 1. 1783-1953, Futuropolis, 2011 [ExtraitsBodoïFrance Culture].

Cette BD paraît intéressante pour l’opportun rappel historique de l’intérêt des États-Unis pour la Libye et le Moyen-Orient… dès leur indépendance en 1776. Mais l’auteur du texte, « spécialiste » très médiatisé, a entretenu la légende d’Al-Qaïda en évitant de rappeler que les grandes puissances, en premier lieu les États-Unis, ont depuis les années 1950 instrumentalisé les groupes islamiques qu’elles ont armé, instruit et payé pour faire la guerre à leur place. [1]. En 2010, il faisait encore la promotion d’une organisation que l’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE jugeait morte sur le plan opérationnel depuis 2002 [2]. Il semble que, cherchant à se recycler, il se soit inspiré de l’ouvrage de Michael B. Oren, historien israélien et ambassadeur d’Israël aux États-Unis [3].

30/08/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Écouter et lire :
• Jean-Pierre FILIU, auteur de « L’Apocalypse dans l’Islam » : « Une littérature populaire venue d’Egypte annonce l’apparition de l’Antéchrist », Oumma, 16/06/2008.
• Entretien avec Jean-Pierre FILIU, auteur des « Neuf vies d’Al-Qaida », Bakchich, 07/11/2009.
• Jean-Pierre FILIU, Les neuf vies d’AL-QAIDA, Conférences de l’IEA, 26/01/2010.
• Jean-Pierre FILIU, Intervention au colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat, 29/01/2010.
• Jean-Pierre FILIU, Attentat manqué : Washington confirme la piste pakistanaise, Rue89, 02/05/2010.
• Jean-Pierre FILIU, spécialiste de l’islam contemporain, France 24, 03/01/2011.
• Jean-Pierre FILIU : L’Amérique se passionne pour le soulèvement arabe, Marianne, 18/02/2011.
• Jean-Pierre FILIU : « Le « printemps arabe » marque aussi la défaite d’Al-Qaida », L’Expansion, 01/04/2011.
• Jean-Pierre FILIU : « Cette mort va encourager les tendances centrifuges au sein d’Al-Qaida », Le Monde, 02/05/2011.
• Jean-Pierre FILIU, Les neuf vies d’Al-Qaïda, Fayard, 2009 réédition La véritable histoire d’Al-Qaïda, Pluriel Hachette, 2011 [France CultureHistoricoblogRue89ToléranceVincennes].
• Jean-Pierre FILIU, CERIFuturopolisMedi1RadioWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 30/08/2011].
David B., FuturopolisWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 30/08/2011].
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.


[1] Lire :
• Michel FAURE et Sylvaine PASQUIER, Washington-Islamistes Liaisons dangereuses, L’Express, 2001.
• John K. COOLEY, CIA et Jihad 1950-2001 – Contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002 [Le Journal des Alternatives].
1950-2001 : c’est l’histoire d’un combat, permanent, secret et multiforme, mené par les États-Unis d’Amérique contre l’Union soviétique pendant la « guerre froide ». Une « guerre sainte », où, avec l’aide de l’islam le plus radical, tous les coups et toutes les alliances les plus « contre-nature » étaient autorisés.
Lieux, dates, noms, rencontres, correspondances… le génie de ce livre réside dans l’abondance des détails et des preuves concrètes qui tissent une histoire incroyable dont nous voyons aujourd’hui les conséquences et les retombées désastreuses partout dans le monde.
Centré sur la période 1979-1989, de l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques à leur retrait, et sur le rôle de la CIA, cet ouvrage remonte dans le temps, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il met en scène des aspects peu connus de la politique étrangère américaine.
• BLUM William, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
[2] Écouter et lire :
• Rapport d’information Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat, 25/09/2009.
• Colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat : VidéosTextes, 28-29/01/2010.
• Alain CHOUET, Intervention au colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, SénatContreInfo, 29/01/2010.
• Al Qaïda : une chimère obsessionnelle selon l’ancien chef du renseignement de la DGSE, Oumma, 17/02/2010.
• Alain Chouet : « La Qaïda est morte dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 », Oumma, 15/03/2010.
• Alain CHOUET, Site de l’auteur.
[3] Lire :
• Michael B. OREN, Power, Faith, and Fantasy – America in the Middle East, 1776 to the Present, W.W. Norton & Company, 2007 [Texte en ligneFrance USA Media 1/2France USA Media 2/2].
• Dominique CADINOT, De la barbarie au nationalisme : effets de la présence missionnaire américaine en Terre sainte (1815-1914), Cahiers de la Méditerranée n°80, 2010.
• Charles SAINT-PROT, La politique des États-Unis au Proche-Orient, Observatoire d’études géopolitiques, non daté.