Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Bibliographie

Une histoire populaire de la France


Bibliographie histoire

 

Une histoire de la France « d’en bas », celles des classes populaires et des opprimés de tous ordres, pour un livre monumental : une histoire des résistances, des révoltes et des rébellions face à l’ordre établi et aux pouvoirs dominants, une histoire qui restitue le champ des possibles non aboutis dans leur contexte politique, économique et social, mais qui passe aussi par l’histoire du quotidien, de l’intime et du sensible, attentive aux émotions, aux bruits et aux sons.

1685, année terrible, est à la fois marquée par l’adoption du Code Noir, qui établit les fondements juridiques de l’esclavage « à la française », et par la révocation de l’édit de Nantes, qui donne le signal d’une répression féroce contre les protestants. Prendre cette date pour point de départ d’une histoire de la France moderne et contemporaine, c’est vouloir décentrer le regard, choisir de s’intéresser aux vies de femmes et d’hommes « sans nom », aux minorités et aux subalternes, et pas seulement aux puissants et aux vainqueurs.

C’est cette histoire de la France « d’en bas », celle des classes populaires et des opprimé.e.s de tous ordres, que retrace ce livre, l’histoire des multiples vécus d’hommes et de femmes, celle de leurs accommodements au quotidien et, parfois, ouvertes ou cachées, de leurs résistances à l’ordre établi et aux pouvoirs dominants, l’histoire de leurs luttes et de leurs rêves.

Pas plus que l’histoire de France ne remonte à « nos ancêtres les Gaulois », elle ne saurait se réduire à l' »Hexagone ». Les colonisés – des Antilles, de la Guyane et de La Réunion en passant par l’Afrique, la Nouvelle-Calédonie ou l’Indochine – prennent ici toute leur place dans le récit, de même que les migrant.e.s qui, accueilli.e.s « à bras fermés », ont façonné ce pays.

Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Les luttes et les rêves – Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, La Découverte, 2016 [Texte en ligne BookysTexte en ligne Zones].

Avis de : France CultureL’HumanitéLa vie des idéesLecturesSciences Humaines

Lire aussi :
Index Géographie-Histoire, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

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La France avant la France


Bibliographie histoire

 

L’histoire a longtemps juxtaposé des images simples pour définir les quatre siècles écoulés de 481 à 888 : aux Mérovingiens incultes et incapables, succédaient des Carolingiens glorieux et conquérants. Les recherches des dernières décennies, fondées sur une réévaluation des sources écrites et sur les progrès de l’archéologie, ont libéré cette période du carcan des idées reçues.

Ce livre, en forme de bilan, dresse des perspectives neuves. Il montre notamment que les rois mérovingiens furent les derniers continuateurs de l’Antiquité et que si les premiers Carolingiens rassemblèrent sous leur autorité presque toute l’Europe occidentale, l’Empire s’avéra une réalité fragile et diverse.

Ainsi, les auteurs ramènent-ils les faits aux réalités de l’époque, en rejetant les anachronismes et les outrances, et en appuyant leur exposé sur des textes et des cartes comme sur une iconographie abondante. Cette histoire renouvelée possède un attrait majeur : au-delà des représentations traditionnelles, elle s’efforce d’atteindre le réel.

Geneviève BÜHRER-THIERRY, Charles MÉRIAUX, La France avant la France (481-888), Belin, 2010 [Texte en ligne].

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Index Géographie-Histoire, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Géopolitique des mondes arabes


Bibliographie géopolitique

Pourquoi parler des mondes arabes ?
Quel avenir pour les pays arabes ?
La colonisation a-t-elle aujourd’hui encore une influence ? Quelles trajectoires depuis les indépendances ?
Les mondes arabes sont-il bien ou mal partis ?

Ces questions traversent l’histoire contemporaine et resurgissent au fil de l’actualité. Des clichés à la réalité, cet ouvrage nous parle de lieux, de faits et de chiffres pour nous aider à y voir plus clair.
L’auteur propose 40 fiches documentées pour cerner les enjeux et les défis de la région. L’ensemble est illustré de cartes, graphiques et tableaux.

Sommaire :

Les sociétés arabes : entre unité et diversité
Une région taraudée par les conflits
Dynamiques politiques contemporaines
Enjeux régionaux et internationaux

Didier BILLION, Géopolitique des mondes arabes – 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, Eyrolles, 2018 [Texte en ligne].

Alors que les médias dominants et les universitaires à leurs bottes utilisent habituellement le singulier sans en expliquer le sens, l’auteur utilise le pluriel – ce qui suffit à recommander cet ouvrage – et s’en explique dans l’introduction :

02/07/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Dossier documentaire Géoéconomie & Géopolitique, Monde en Question.
Veille informationnelle Géoéconomie, Monde en Question.

La grande invasion… biologique


Bibliographie sciences

 

Invasions de frelons asiatiques, de ragondins, d’ibis sacrés, de renouées du Japon… On entend souvent parler de ces nouvelles menaces pour l’environnement. Un raz de marée d’espèces venues d’ailleurs serait-il sur le point d’envahir nos villes et nos campagnes ?

Le thème scientifique de l’invasion biologique est très émotivement connoté, et l’auteur propose ici de le dépassionner. D’une part, les bouleversements écologiques observés dans des écosystèmes fermés, lacs ou îles, ne sont pas généralisables aux milieux plus ouverts.

D’autre part, les espèces invasives devraient-elles être considérées comme des espèces inutiles et contraires à l’écologie ? Et d’où vient cette conception étroite de la « nature » comme collection d’éco-systèmes bien ordonnés ayant existé de toute éternité ? Non seulement les espèces, animales ou végétales, ne cessent d’évoluer, mais les invasions correspondent à un ajustement du vivant au monde réel que nous avons façonné et dans lequel nous vivons aujourd’hui.

La clé du problème semble bien être dans la redéfinition d’une nature figée, idéalisée sur des bases erronées, au profit d’une nature en perpétuel renouvellement, sainement gérée et maîtrisée. Toutes les espèces « invasives » ne sont pas néfastes, et il importe, pour le bien de tous, d’accompagner les changements de l’environnement plutôt que de les combattre. La guerre des espèces n’aura pas lieu.

Jacques TASSIN, La grande invasion – Qui a peur des espèces invasives ?, Odile Jacob, 2014 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Jacques TASSIN, À quoi pensent les plantes ?, Odile Jacob, 2016 [Texte en ligne].
Serge LEFORT, Un spectre hante la France : le frelon chinois, Chine en Question.
Dossier documentaire Sciences, Monde en Question.
Veille informationnelle Sciences, Monde en Question.

Noire n’est pas mon métier


Bibliographie cinéma

 

16 actrices françaises nous parlent du racisme ordinaire dans le milieu du cinéma qui occulte leur présence.

COLLECTIF, Noire n’est pas mon métier, Seuil, 2018 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma – Livres, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Histoire des salles de cinéma


Bibliographie cinéma

 

à Catherine Fattebert

Articles

[cinéma nomade] sans date, Petite histoire du cinéma forain, Cinéma voyageur.
sans date, Le cinéma, Archives & Patrimoine des Hauts-de-Seine.
sans date, Anciennes salles de cinéma de Rennes, Wiki Rennes.
sans date, Histoire des salles à Bruxelles, FCB.
[cinéma nomade] 1985, Jacques DENIEL, Michel LAGRÉE, Le cinéma en Bretagne rurale – Esquisse pour une histoire, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 34 pages.
[cinéma nomade] 1986, Pierre BERNEAU, Les débuts du cinéma à Angoulême, 1895 revue d’histoire du cinéma.
[cinéma nomade] 1986, Guy OLIVO, Aux origines du spectacle cinématographique en France – Le cinéma forain : l’exemple des villes du Midi méditerranéen, Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, 20 pages.
[cinéma nomade] 1993, Véronique LESBAUDITS, Les débuts du cinéma dans le Calvados (1895-1914), Annales de Normandie.
1994, Isabelle DEBIEN, Le cinéma dans les cafés carcassonnais au début du siècle, 1895 revue d’histoire du cinéma.
1995, Johanne LARUE et Mario CLOUTIER, L’état du cinéma en salles au Québec, Séquences.
[cinéma nomade] Olivier JOOS, Cinémas forains et tournées cinématographiques dans le bassin minier du Pas-de-Calais et à Douai (1895-1914), 1895 revue d’histoire du cinéma.
2000, Emmanuel ETHIS, La caisse du cinéma : quand il faut décider, Communication & Langages.
[cinéma nomade] 2004, Thierry LECOINTE, Les premières années du spectacle cinématographique à Nîmes – 1895-1913, 1895 revue d’histoire du cinéma.
2005, Anne-Élisabeth BUXTORF, La salle de cinéma à Paris entre les deux guerres : l’utopie à l’épreuve de la modernité, Bibliothèque de l’École des chartes.
14/06/2007, 100 ans de cinéma à Saint-Etienne, Forez Info.
[cinéma nomade] 2008, Jean-Baptiste HENNION, Éclairage sur l’année 1896 – Éléments chronologiques relatifs à l’introduction du spectacle cinématographique sur les champs de foire français, 1895 revue d’histoire du cinéma.
2009, Sébastien CAQUARD, Daniel NAUD, Victor PÉRICHON, Les salles obscures canadiennes – Un éclairage géographique, Cahiers de géographie du Québec.
[cinéma nomade] 11/01/2009, Carcassonne – Aux origines des salles de cinéma (1897-1940), La Dépêche.
01/10/2009, Caroline JEANNEAU, Benoît DANARD, L’évolution de l’économie des salles de cinéma, CNC, 42 pages.
2013, Gérard GRUGEAU, Repenser la salle de cinéma, 24 images.
29/12/2013, Naissance des salles de cinéma en France 1894-1918, Salle cinéma.
27/07/2014, Petite histoire du cinéma à Nantes, Chroniques des études ordinaires,.
[cinéma nomade] 2015, Arnaud LE MARCHAND, De 1895 à 1912 : Le cinéma forain français entre innovation et répression, 1895 revue d’histoire du cinéma [Texte en ligne 45 pages].
27/09/2016, Frédérique BREDIN, Rapport sur la salle de cinéma de demain, CNC, 86 pages – France Culture.
31/05/2018, Histoire de salles de cinéma méconnues dans Saint-Jean-Baptiste, Le Bourdon du Faubourg.

Revues

2012, Publics de cinéma. Pour une histoire des pratiques sociales Conserveries mémorielles.
2013, Industrie en crise – Cinéma en mutation !, 24 images.
2017, Les salles de cinéma – Histoire et géographie, Cinémas.

Thèses

[cinéma nomade] 2007, Renaud CHAPLAIN, Les cinémas dans la ville – La diffusion du spectacle cinématographique dans l’agglomération lyonnaise (1896-1945), Thèse de doctorat en Histoire, 460 pages dont cinéma nomade.
2011, Sophie BOUDET-DALBIN, La distribution des films par internet : enjeux socioculturels, économiques et géopolitiques, Thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication, 653 pages.

Livres

Bibliographie, La Fédération Nationale des Cinémas Français.
Bibliographie, Renaud CHAPLAIN in Les cinémas dans la ville.
Bibliographie – L’économie du cinéma, Livres sur le cinéma.
Jean-Paul AUBERT, Christel TAILLIBERT (sous la direction de), L’économie de la cinéphilie contemporaine, L’Harmattan, 2017.
Olivier BARROT, Alain BOULDOUYRE, Voyage au pays des salles obscures, Hoëbeke, 2006.
Alain BESSE, Salles de projection, salles de cinéma – Conception, réalisation, exploitation, Dunod, 2007.
[cinéma nomade] Renée BONNEAU, Meurtre au cinéma forain, Nouveau Monde, 2011.
Francis BORDAT, Michel ETCHEVERRY (sous la direction de), Cent ans d’aller au cinéma – Le spectacle cinématographique aux États-Unis 1896-1995, Presses universitaires de Rennes, 1995.
COLLECTIF, Drôles de salles – Cinq cinémas de quartier et toute une histoire, Loco, 2016.
Laurent CRETON, Kira KITSOPANIDOU (sous la direction de), Les salles de cinéma – Enjeux, défis et perspectives, Armand Colin, 2013 [1895 revue d’histoire du cinéma].
Joëlle FARCHY, Et pourtant ils tournent… – Économie du cinéma à l’ère numérique, INA, 2011.
Claude FOREST, Les dernières séances – Cent ans d’exploitation des salles de cinéma, CNRS, 1995.
Claude FOREST, Économies contemporaines du cinéma en Europe – L’improbable industrie, CNRS, 2001.
Claude FOREST, Michel SERCEAU, Le Patis – Une salle de cinéma populaire devenue salle d’art et essai (Le Mans, 1943-1983), Presses Universitaires du Septentrion, 2014.
Claude FOREST, Hélène VALMARY (sous la direction de), La vie des salles de cinéma, Sorbonne nouvelle, 2015.
Jean-Michel FRODON, Dina LORDANOVA (sous la direction de), Cinémas de Paris, CNRS, 2017.
Priscilla GESSATI, Joël CHAPRON, L’exploitation cinématographique en France, Dixit, 2017.
[cinéma nomade] Jean GILI, Michèle LAGNY, Michel MARIE, Vincent PINEL (sous la direction de), Les vingt premières années du cinéma français, Sorbonne Nouvelle, 1995.
Michel MESNIL, Le parfum de la salle en noir,, PUF, 1985 [Communication. Information Médias Théories,].
Jean-Jacques MEUSY, Georges LOISEL, André MILCOT, Cinémas de France 1894-1918, Arcadia, 2009.
Viva PACI, La machine à voir – À propos de cinéma, attraction, exhibition, Presses universitaires du Septentrion, 2012.
Pierre PAGEAU, Les salles de cinéma au Québec 1896-2008, GID, 2009 [Séquences].
Armelle PAIN, Le Trianon, un cinéma associatif en Mayenne, Warm, 2016.
[cinéma nomade] Maurice PELINQ (sous la direction de), Vie et histoire du cinéma à Aix-en-Provence, Rouge Profond, 2016.
Alain POTIGNON, Nos cinémas de quartier – Les salles obscures de la ville lumière, Parigramme, 2006.
Agnès SALSON, Mikael ARNAL, Rêver les cinémas, demain, Ateliers Henry Dougier, 2015.
Maxime SCHEINFEIGEL, Le cinéma, et après ?, Presses universitaires de Rennes, 2010.
Daniel SERCEAU, Les goûts du public – Une salle de quartier dans les années 50, Séguier, 2006.
Christian SEVEILLAC, Confidences d’un directeur de salles, Lettmotif, 2015.
Jacques THORENS, Le Brady, Verticales, 2015.
Hélène VALMARY, Samra BONVOISIN et Claude FOREST, Figures des salles obscures – Des exploitants racontent leur siècle de cinéma, Nouveau Monde, 2015.

Audio-Vidéo

1988, Nuovo Cinema Paradiso – Cinema paradiso, Ciné Monde.
1989, Splendor, Ciné Monde.
2002, La chatte à deux têtes [salle porno], Ciné Monde.
[cinéma nomade] 2011, Fantômes du cinéma forain, Ciné Monde.
2012, Nos salles obscures, Ciné Monde.
2013, L’histoire des salles de cinéma (6 épisodes), Ciné Monde.
2015, Cinema Perverso [salle porno], Ciné Monde.

Sites

ACAP – Pôle régional image.
CNC – Centre National du Cinéma et de l’image animée.
Livres sur le cinéma.

La salle de cinéma n’a pas toujours existé. Son existence est liée au développement d’une consommation de masse des films dont la distribution, après la Guerre 1914-1918, est accaparée par Pathé et Gaumont.

Le cinéma a débuté comme une attraction foraine. L’exploitation itinérante et foraine des films périclitera peu à peu et disparaîtra suite à plusieurs facteurs :
– En 1907, Charles Pathé substitue à la vente des films leur location.
– En 1912, la loi instaure un carnet de circulation obligatoire. « Rétrospectivement, il est difficile de ne pas avancer que la loi de 1912 en aggravant la précarité des forains les empêchait de défendre leurs droits dans cette aventure du cinématographe. Notamment, elle les empêchait de pouvoir mobiliser le crédit nécessaire à cette entreprise. » (Arnaud LE MARCHAND, De 1895 à 1912 : Le cinéma forain français entre innovation et répression).

Le cinéma fut ensuite hébergé dans des lieux sédentaires : cafés (Isabelle DEBIEN, Le cinéma dans les cafés carcassonnais au début du siècle), salles paroissiales (Jacques DENIEL, Michel LAGRÉE, Le cinéma en Bretagne rurale – Esquisse pour une histoire), théâtres ou hangars. Après la Guerre 1914-1918, un réseau de salles de cinéma sera progressivement mis en place par Pathé et Gaumont. Pathé, qui avait industrialisé la production (Laurent LE FORESTIER, Aux sources de l’industrie du cinéma – Le modèle Pathé 1905-1908, L’Harmattan, 2007), industrialisa la distribution. La boucle est bouclée.

Contrairement au discours des Cassandre, la salle de cinéma perdure non plus comme un lieu de consommation populaire, mais de consommation ostentatoire. Parallèlement se développe la consommation nomade des films via des offres de plus en plus diversifiées et personnalisées (streaming légal de Netflix par exemple).

22/06/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Histoire du cinéma – Filmographie, Ciné Monde
Dossier documentaire Cinéma – Livres, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Saladin


Bibliographie histoire

 

Pour le monde arabo-musulman, Saladin est une figure mythique : de Nasser à Saddam Hussein, nombreux sont les dirigeants qui se sont réclamés de lui, nombreux les poètes et les artistes qui ont exalté sa mémoire. À Damas, son mausolée est aujourd’hui encore un lieu de pèlerinage. En Occident aussi, une véritable légende s’est construite autour de ce sultan kurde (1137-1193) devenu champion de l’islam et souverain d’un immense empire. Il est celui qui sut reprendre Jérusalem aux croisés et susciter chez ses adversaires chrétiens, notamment Richard Cœur de Lion, une certaine admiration.

Dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, Anne-Marie Eddé a voulu comprendre la formidable popularité qui fut celle de Saladin, une popularité à laquelle il veilla toujours de très près. Une propagande inlassable encensait le sultan, défenseur de l’islam, serviteur fidèle du calife de Bagdad, parangon de justice, magnanime et généreux envers ses sujets comme envers ses ennemis…

S’efforçant de faire la part de l’imaginaire et de la réalité, Anne-Marie Eddé replace le personnage dans l’époque tourmentée qui fut la sienne. Elle décrit l’ascension d’un homme doté d’un grand sens politique, qui parvint à étendre sa domination sur un territoire allant du Nil à l’Euphrate et du Yémen au nord de la Mésopotamie ; un homme authentiquement intéressé par la vie religieuse, soucieux d’appliquer la loi musulmane, sans concessions mais sans excès non plus, notamment à l’égard des communautés juives et chrétiennes ; un homme qui fut un guerrier infatigable, mais aussi un administrateur doué d’une prodigalité qui faisait le désespoir de ses proches. Un homme, enfin, qui montra autant de volonté dans la maladie, le deuil et les combats déçus que sur les chemins de la gloire.

Anne-Marie EDDÉ, Saladin, Flammarion, 2016 [Texte en ligne].
Avis de : Les clés du Moyen-OrientREMMM.

Lire aussi :
Index Géographie-Histoire, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

L’expulsion [des musulmans d’Espagne]


Bibliographie littérature
Bibliographie histoire

 

1609-1610 : Philippe III d’Espagne et le duc de Lerma décident d’expulser les morisques de la Péninsule ibérique. Ces cinq cent mille hommes et femmes, nés en Andalousie, sont les descendants des populations musulmanes converties au christianisme plus d’un siècle auparavant, et, pour la plupart, travaillent sur les terres des Grands d’Espagne comme cultivateurs, jardiniers, artisans. Embarqués de force dans des navires loués aux Vénitiens, aux Génois et aux Français, les morisques sont envoyés malgré eux en Afrique du Nord, soupçonnés d’apostasie et de trahison.

Cette trame historique est la toile de fond du nouveau roman de Michel del Castillo, où se côtoient les figures emblématiques de cet épisode tragique de l’histoire d’Espagne : celles du roi et de son favori, des représentants de l’armée, des Grands, de l’Église, mais aussi celles, plus juvéniles et plus humbles, de leurs victimes ou de leurs ennemis.

Michel del Castillo livre un roman troublant dont les racines plongent dans cette Espagne qui lui est si chère et nous rappelle un épisode oublié qui fait écho à la sourde angoisse planant aujourd’hui sur l’Europe.

Michel DEL CASTILLO, L’expulsion, Fayard, 2018 [Texte en ligne].

Résumé de l’histoire de l’expulsion des morisques

L’avancée de la Reconquête au XIIe et XIIIe siècle a entraîné une conséquence : la naissance d’une nouvelle minorité, celle des mudéjares ou musulmans tributaires d’un souverain chrétien. La prise de Tolède (1085) et celle de Saragosse (1118) fait passer sous domination chrétienne des masses humaines que l’on ne peut pas ou que l’on ne veut pas chasser.

Les musulmans demeurés en terre devenue chrétienne se retrouvent placés dans une situation de subordination plus o moins bien supportée, malgré les proclamations rassurantes des souverains chrétiens qui promettent de respecter leur langue, leur culte, leur droit et leurs coutumes. On a ainsi vu Alphonse VI se proclamer « empereur des deux religions » au lendemain de la prise de Tolède, mais la grande mosquée sera transformée en cathédrale très tôt, en dépit des promesses d’Alphonse VI. Dans la plupart des régions concernées, la Reconquête entraîne, immédiatement ou à l’issue de révoltes ultérieures, une forte émigration des musulmans vers le royaume nasride de Grenade ou vers l’Afrique du Nord et les déclarations rassurantes des souverains chrétiens s’expliquent davantage par un calcul opportuniste (il s’agit de retenir et contrôler désormais les fortes populations musulmanes pour mettre le pays en valeur) que par un souci de « tolérance » bien anachronique. Des communautés mudéjares (de l’arabe muddagan qui évoque, pour un animal, le fait d’être apprivoisé, dompté) demeurent cependant dans les huertas de Valence et de Murcie, ainsi que dans la vallée de l’Èbre. Ils constituent une main-d’œuvre agricole experte et peu exigeante. Dans ces régions, les musulmans sont à la fois plus nombreux et plus regroupés que dans la Couronne de Castille où ils sont beaucoup plus dispersés.

Les morisques sont les descendants des musulmans d’Espagne convertis de force au catholicisme. Les capitulations de Grenade de novembre 1491 avaient garanti aux musulmans le libre exercice de leur culte. Les Rois Catholiques espéraient qu’ils finiraient par se convertir mais n’envisageaient pas de les y contraindre. Mais, étant donné que les conversions étaient trop lentes et trop peu nombreuses, en 1499 le cardinal Cisneros est chargé d’accélérer le mouvement. Les mudéjares de Grenade en 1501, puis ceux de l’ensemble du royaume de Castille en 1502, furent contraints de se convertir ou de quitter l’Espagne. À Valence, les mudéjares furent baptisés de force et la mesure fut étendue à tous les musulmans de la Couronne d’Aragon en 1525. À cette date, il n’y a plus officiellement de musulmans en Espagne. La réalité est tout autre et personne n’est dupe. Les morisques restent ce qu’ils étaient : des musulmans.

Dans le nord, le centre et même en Andalousie –en dehors du royaume de Grenade- les morisques sont peu nombreux et dispersés dans de petites communautés urbaines où ils sont en voie d’assimilation. Les morisques sont surtout concentrés dans trois zones : l’Aragon, Valence et Grenade. Dans les deux premières, ils mènent une existence précaire sans chefs pour les guider et les conseiller. À Grenade, au contraire, ils ont conservé leurs élites religieuses et sociales. Partout, ils sont placés sous la domination de seigneurs qui les exploitent durement, mais les protègent contre les tracasseries de l’administration dans la mesure où ils représentent une main-d’œuvre laborieuse, docile et efficace.

En 1566 on publia à Madrid une série d’interdictions et de mesures pour contraindre la population à s’assimiler : il leur est interdit de parler arabe, de célébrer leurs fêtes traditionnelles, de porter de vêtements spécifiques… Après deux années de vaines négociations, les Morisques des Alpujarras se soulevèrent le 24 décembre 1568, tentant d’entraîner ceux de l’Albaicín. La guerre des Alpujarras avait commencé. En avril 1569, don Juan d’Autriche fut chargé de mater la rébellion. Le 1er novembre 1570, on décida d’envoyer tous les Morisques du royaume de Grenade en Castille, en Andalousie occidentale et en Estrémadure. Une première vague de 50.000 personnes fut ainsi déportée pendant l’hiver 1570-1571. On estime que 30% des Morisques moururent en route entre le 1er novembre 1570 et le printemps 1571.

Un thème prend de l’ampleur dans les années 1580, celui des morisques comme ennemis de l’intérieur, prêts à faire alliance avec l’ennemi extérieur, les Turcs. L’idée d’une expulsion fait des progrès L’expulsion définitive des Morisques de la Couronne d’Aragon fut décrétée le 4 avril 1609 et celle des Morisques d’Andalousie et de Murcie prit effet le 10 janvier 1610. Au total, 300.000 personnes furent expulsées d’Espagne. Les Morisques déportés trouvèrent refuge principalement au Nord du Maghreb. Au Maroc, ils s’installèrent surtout à Rabat, Salé, Fès et les principales villes du Nord-marocain comme Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Asilah et Larache. En Algérie, ils s’installèrent notamment à Oran, Tlemcen, Alger, Cherchell, Nedroma, Koléa ainsi que d’autres villes. En Tunisie, les villes de Tunis et Testour sont connues pour avoir accueilli un grand nombre de réfugiés morisques.

Source : Mudejares et morisques, Histoire de l’Espagne

Lire aussi :
Fernand BRAUDEL, Conflits et refus de civilisation : espagnols et morisques au XVIe siècle, Annales, 1947.
Louis CARDAILLAC, Vision des morisques et de leur expulsion, quatre cents ans après, Cahiers de la Méditerranée, 2009.
Raphaël CARRASCO, Les morisques au XVIe siècle : de l’échec de l’évangélisation à la répression généralisée, Cahiers d’études du religieux, 2008.
Jean-Pierre DEDIEU, Les morisques, des étrangers sur leur propre sol, SITEpdf, 2011.
Bernard DUCHARME, Les Morisques : loyaux sujets ou maladie de la République ?, Cahiers d’histoire, 2014.
Isabelle POUTRIN, L’évêque Esteve et les morisques – Un projet policier pour la conversion (Espagne, fin XVIe siècle), Conversion/Pouvoir et religion, 2015.
Marc TERRISSE, La diaspora morisque : une histoire globale méconnue, Hommes & Migrations, 2016.
Rodrigo de ZAYAS, L’expulsion des morisques d’Espagne, Le Monde diplomatique, 1997.
Index Littérature, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Propaganda – La fabrique du consentement


 

Réalisateur : Jimmy Leipold
Durée : 0h53
Année : 2017
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de « Propaganda », un passionnant décryptage des méthodes de la « fabrique du consentement ». Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de « fabrique du consentement » des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur.
Fiche : Arte
Partage proposé par : 9docu HD 720 VOSTFR
Avis de Ciné Monde : Contrairement à ce que répètent en boucle les médias dominants, la propagande n’est née ni en URSS en 1917 ni en Allemagne entre 1923 et 1933, mais bien aux États-Unis et fut théorisée et appliquée par Edward Bernays. Sa carrière résumée en trois dates :
• En 1917, Edward Bernays fit ses premières armes de propagandiste au sein de la Commission Creel. Charlie Chaplin participa activement à la campagne de propagande en faveur de la guerre [03’38].
• En 1929, Edward Bernays lança avec succès une campagne sur la libération des femmes… par la cigarette [18’50]. L’instrumentalisation du féminisme n’est pas nouveau.
• En 1954, Edward Bernays mena campagne pour renverser le gouvernement du Guatemala afin de préserver les intérêts d’United Fruit Company [45’00].

Lire aussi :
Edward BERNAYS, Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, 1928, La Découverte, 2007 [Texte en lignepdf].
Sandrine AUMERCIER, Edward L. Bernays et la propagande, Revue du MAUSS, Juillet 2007.
Normand BAILLARGEON, La commission Creel et le viol des foules, Voir, 07/11/2012.
Patrick MICHEL, Il y a 100 ans : premier exercice de propagande de masse avec la commission Creel, Acrimed, 14/09/2017.
Corinne AUTEY-ROUSSEL, Une brève histoire de la propagande, Entelekheia, 19/11/2017.
Dossier documentaire Edward BERNAYS, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
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Chronologie de la BD


Bibliographie littérature

 

Pour la première fois, un ouvrage présente, chronologiquement, une histoire de la bande dessinée mondiale : de M. Jabot à XIII, en passant par le Yellow Kid, la famille Fenouillard, Zig et Puce, l’âge d’or des comics, Coq hardi, Tintin, Spirou, Pilote, la presse underground, les années 1970, Hergé, Goscinny, Uderzo, Charlier, Forest, Fred, Moebius, Druillet, Bilal, Manara, Pratt, Serpieri et les années 1990…

Chaque double page associe, dans un souci pédagogique, les événements historico-politiques d’une année à l’analyse des bandes dessinées contemporaines. Ce volume permet donc une compréhension plus dynamique de l’évolution des genres et des styles graphiques et donne ainsi une lecture inédite de l’histoire du neuvième Art.

Claude MOLITERI, Chronologie de la BD, Flammarion, 1996 [BedethequeHistoire des artsTexte en ligne].

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