Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Bibliographie

Les mystères de la IIIe République (5 BD en ligne)


Bibliographie littérature

 

Les Ligues d’extrême-droite des années 30, Vichy, la collaboration avec l’Allemagne, l’épuration, la Guerre froide, les événements d’Algérie, le pétrole africain…

Philippe Richelle revisite l’Histoire de France des années 30 à nos jours dans une grande série policière portée par trois dessinateurs de talent : Pierre Wachs, Alfio Buscaglia et François Ravard.

Dans trois cycles d’histoires indépendantes les unes des autres, des policiers enquêtant sur des crimes pénétreront dans les méandres obscurs de la grande Histoire, nous la montrant parfois sous ses aspects les plus méconnus.

Philippe RICHELLE, Pierre WACHS, Les mystères de la IIIe République (5 BD en ligne), Glenat [Texte en ligne].

Lire aussi :
Index Littérature, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Michel RAGON (6 livres en ligne)


Bibliographie artsBibliographie littératureBibliographie politique

 

Michel RAGON, La mémoire des vaincus, Albin Michel, 1992 [Texte en ligne].
A la veille de la Première Guerre mondiale, Fred et Flora, deux gamins des rues, battent le pavé de Paris. Mais bientôt le destin va les conduire dans le sillage de la célèbre bande à Bonnot, puis vers l’aventure anarchiste. Mêlant l’histoire au mythe et à l’autobiographie, ce récit romanesque à grand souffle nous entraîne sur les pas de son héros, de la Russie de 1917 à l’Espagne du Front populaire, de la vie ouvrière à la bohème artistique, parmi une foule de personnages obscurs ou illustres, tous animés de cet « increvable esprit de liberté » qui renaîtra en mai 68 et surmontera l’effondrement de l’utopie communiste.

Michel RAGON, Le roman de Rabelais, Albin Michel, 1993 [Texte en ligne].
Quel roman la vie de Rabelais ! Homme d’Eglise dont l’itinéraire va d’un obscur couvent vendéen à la fréquentation des papes au Vatican, devenu l’un des plus illustres médecins de son temps, écrivain truculent et révolutionnaire, toujours en fuite pour échapper aux bûchers de l’Inquisition…
Roman picaresque et émouvant d’un homme si cher au coeur de Michel Ragon qu’il n’a cessé de hanter son oeuvre, roman intime et attachant d’un Rabelais méconnu, profondément humain, lucide et désenchanté, qui sut préserver un incroyable souffle de liberté dans un siècle plein de fractures.
Michel Ragon raconte son Rabelais. C’est un homme étonnamment moderne et proche que l’on découvre, dont le rire déconcertait hier les puissants et continue de tonner contre toutes les intolérances.

Michel RAGON, Ils se croyaient illustres et immortels, Albin Michel, 2011 [Texte en ligne].
Ils se croyaient immortels, ils étaient célébrés, puis la roue du destin a tourné, ils se sont égarés dans les ornières de l’Histoire, témoins impuissants de leur propre défaite. Descartes, Dumas, Lamartine, Courbet, Kropotkine, Hamsun, Pound, Clemenceau, Fréhel et Sagan, qu’ont-ils en commun si ce n’est leur mort pitoyable et leur gloire retrouvée ?
Avec ce sens de l’anecdote tendre et féroce à la fois, Michel Ragon évoque leur vieillesse déchue, leurs illusions, leur aveuglement mais aussi leur génie et leur gloire, et ce mystère fragile, grotesque et dérisoire que revêt toute existence humaine.

Michel RAGON, Dictionnaire de l’anarchie, Albin Michel, 2013 [Texte en ligne].
Se situant en dehors des partis et les récusant tous, l’anarchie se singularise par l’association tumultueuse de tendances parfois contradictoires.
Michel Ragon, depuis longtemps témoin engagé de l’épopée libertaire dont il fut le grand romancier (La Mémoire des vaincus), rassemble ici pour la première fois les éléments d’un Dictionnaire de l’anarchie, véritable mise en récit de cette aventure méconnue mais capitale.

Dictionnaire des principaux militants de l’anarchie et de ses théoriciens, tels Proudhon, Bakounine, Kropotkine, ce livre est aussi un dictionnaire de tous ceux qui se sont réclamés ou se réclament de la pensée libertaire, comme Breton et Camus, Céline et Dubuffet, Richard Wagner et Oscar Wilde
Dictionnaire des hommes, mais aussi dictionnaire des idées et de la pensée anarchiste dans le monde contemporain, de son influence, souvent méconnue, voire occultée.

Michel RAGON, Le marin des sables, Albin Michel, 2013 [Texte en ligne].
A quoi rêve un enfant lorsqu’il vit dans un pays de sable et de sel, sinon à ce qui peut bien se trouver de l’autre côté de la mer ? Et il s’embarque un beau jour à La Rochelle, se mêle aux matelots qui hissent les voiles d’un vaisseau mettant le cap sur les îles des Caraïbes. Et il rencontre là-bas la misère et la violence qu’il croyait fuir.

Comment il tentera toute sa vie de rejoindre la « terre des délices du coeur », en compagnie des boucaniers et flibustiers de l’île de la Tortue ; comment il croira l’avoir trouvée dans la tribu des derniers Indiens Arawaks ; comment ses aventures, d’abordages en expéditions sur les côtes américaines, l’amèneront de la gueuserie à la richesse et aux plus hautes fonctions de la marine corsaire avec l’aval de M. Colbert ; comment il connaîtra l’amour et les amours singulières ; comment il disparaîtra dans la forêt vierge telle est la trame de ce grand roman de mer et d’aventures qui ravira tous ceux qui ont un jour vibré à la lecture de L’île au Trésor et de Robinson Crusoë.

Michel RAGON, Le journal d’un critique d’art désabusé, Albin Michel, 2013 [Texte en ligne].
Comment un jeune Vendéen débarqué de Nantes à l’été 1945 est-il devenu ce critique d’art au flair redoutable qui a su déceler dès le début les peintres devenus désormais incontournables, celui qui a fait connaître le mouvement Cobra (Appel, Constant, Corneille) en France et a suivi avec une amitié fidèle l’œuvre de Soulages, de Hartung, d’Atlan, de Dubuffet jusqu’à aujourd’hui ?

Michel Ragon dans ce Journal tenu entre 2009 et 2011, à l’occasion de rétrospectives et d’expositions de peintres devenus désormais des classiques, revient sur ses rencontres, ses amitiés, ses admirations et ses dégoûts. S’amusant du non-art, déplorant le « financial art », il évoque une époque où les artistes créaient sans s’occuper du marché, revendiquaient une vision de l’art allant à l’encontre des modes du moment, suivis souvent par des galeristes qui croyaient en eux, en leur génie et quelques critiques pour qui l’admiration tenait lieu de pain quotidien.

Arman, Klein, Spoerri, Pollock, Alechinsky, Jorn, Chaissac, Etienne-Martin, Zao Wou-Ki, tant d’artistes qui ont marqué leur temps, d’autres oubliés comme Nicolas Schöffer ou Georges Mathieu après avoir été célèbres, Michel Ragon leur rend hommage en témoin, acteur et historien de cette seconde moitié du XXe siècle si foisonnant en œuvres capitales qui font désormais partie de notre patrimoine culturel.

Dans ce très court article sur l’anarchisme de droite, la conclusion de l’auteur est savoureuse car la plupart des anarchistes ont lutté les armes à la main contre les communistes en Russie (avant leur dégénérescence à partir de 1924) et ils soutiennent aujourd’hui des révolutions de couleurs organisées par la CIA au profit de l’extrême droite comme en Ukraine.

18/03/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Bio-bibliographie Michel Ragon, Site de l’auteur.
Articles sur Michel Ragon, Cairn.infoOpenEditionPersée.
Vidéos sur Michel Ragon, DailymotionYouTube.
25/09/2014, Michel Ragon : critique d’art et d’architecture, Cité de l’architecture & du patrimoine.
2/10/2015, Autour de Michel Ragon (Centre Pompidou), Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la LoireCentre Pompidou.
25/02/2018, Michel Ragon : « La révolte des Chouans était en réalité une jacquerie, une révolte plébéienne conduite par des chefs plébéiens », France Culture.
Richard LEEMAN et Hélène JANNIÈRE (sous la direction de), Michel Ragon Critique d’art et d’architecture, Presses Universitaires de Rennes, 2013 [Introduction en ligne].

Index Littérature, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Les damnés de la Commune


Bibliographie histoire

 

Tome 1 – À la recherche de Lavalette
Qui est Lavalette ? Il a habité mon immeuble, il y a un siècle et demi, en pleine Commune de Paris. Je suis parti à la recherche de ce voisin communard, guettant ses traces dans de vieux livres et des archives endormies. Dans mon enquête, j’ai croisé Victorine. Son témoignage bouleversant m’a accompagné, me dévoilant peu à peu les années de tourments qui ont conduit à la révolution de 1871.

Tome 2 – Ceux qui n’étaient rien
Mars 1871. La Commune de Paris est proclamée devant l’Hôtel de Ville. Une étrange révolution débute dans laquelle ceux qui prennent le pouvoir commencent par le rendre en organisant des élections. Personne n’imagine que tout finira dans un bain de sang soixante-douze jours plus tard…

Entièrement réalisé avec des gravures issues de journaux et de livres du XIXe siècle, ce roman graphique nous révèle la vision que l’époque avait d’elle-même.

Raphaël MEYSSAN, Les damnés de la Commune (2 albums), DelcourtMeyssan, 2017 [Texte en ligne].


Entretien avec Raphaël Meyssan, Les voix de l’histoire – YouTube

Lire aussi :
Dossier documentaire Commune de Paris 1871, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Alain REY (6 livres en ligne)


Bibliographie langues

 

Alain REY, À mots découverts, Robert Laffont, 2010 [Texte en ligne].

Pendant des années, Alain Rey a enchanté les matins de France Inter avec son mot du jour. Aujourd’hui il nous offre une sélection de ses chroniques écrites entre 2000 et 2005, quatre cents mots qui vont de « Racaille et Voyou » à « Victime », de « Torride » à « Mammouth », de « Tempête » à « Abracadabrantesque »…

Le plus souvent un mot lié à l’actualité sert de prétexte pour une chronique érudite et parfois espiègle. Tout en en rappelant la valeur exacte, les origines du mot choisi, l’étymologiste se livre à l’exercice où il excelle : rattacher la langue de tous les jours au patrimoine culturel, réduire les contresens, combattre les à-peu-près et les préjugés, pour mieux rendre compte des réalités.

Cette sélection, où Alain Rey a choisi de garder les mots les plus significatifs en les agrémentant parfois d’un petit commentaire pour les resituer dans l’actualité, est aussi l’occasion de se retourner sur les cinq premières années du XXIe siècle.

Alain REY (sous la direction de), Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 2010 [Texte en ligne].

Un dictionnaire unique au monde à lire comme un roman. L’histoire détaillée de plus de 50 000 mots du français depuis leur apparition dans la langue : les évolutions de formes, de sens, et d’usages au cours des siècles. Des articles encyclopédiques. 50 schémas pour retrouver la généalogie des mots. Une nouvelle édition entièrement revue, actualisée et enrichie par Alain Rey.

Des ajouts sur l’origine et l’histoire de mots récents (en particulier dans les domaines technique et scientifique). Des ajouts sur l’origine et l’histoire de mots d’argot du XIXe siècle et de la première partie du XXe siècle. Des ajouts sur l’histoire des mots français de la francophonie, en Belgique, en Suisse, au Québec, mais aussi des mots du Maghreb, d’Afrique, des Antilles, et d’autres lieux encore.

Une table des matières pour accéder aux différentes parties de l’ouvrage. La recherche d’un mot facilitée par des index alphabétiques. Une mise en pages écran d’une grande lisibilité, le réglage de la taille des caractères. Toutes les annexes : préface, bibliographie, chronologie, glossaire des langues.

Alain REY, Dictionnaire amoureux des dictionnaires, Plon, 2011 [Texte en ligne].

Dictionnaire : Ce mot correspond au type même du concept faussement simple : la frontière entre dictionnaire et glossaire, vocabulaire ou encyclopédie alphabétique est loin d’être nette. De surcroît, il existe quantités de « dictionnaires » fictifs, par exemple celui des idées reçues de Flaubert, le dictionnaire philosophique de Voltaire, le dictionnaire du diable d’Ambrose Bierce, pour ne citer que trois parmi une multitude.

Il y eut un temps pour les dictionnaires des choses et un autre pour celui des mots, sans oublier celui des descriptions encyclopédiques. En France, grâce à Furetière, on va s’intéresser parfois de manière critique, à la vérité des idées et des choses.
Le discours tenu n’est pas seulement l’exclusivité de quelques polygraphes érudits mais celui de vrais savants comme d’Alembert ou bien encore Turgot.

Le XIXe siècle voit le divorce entre cette tendance encyclopédique et biographique et une démarche plus littéraire, c’est l’avènement de l’infatigable Pierre Larousse et aussi une nouvelle tendance philologique empruntée d’ailleurs à l’Allemagne, incarnée par l’étonnant Emile Littré.

Le XXe siècle empruntera à l’un et à l’autre le meilleur de leur démarche tradition, citations et modernité, faisant bon ménage en élaborant le fameux Robert.

Alain REY, Frédéric DUVAL, Gilles SIOUFFI, Mille ans de langue française, histoire d’une passion (2 tomes), Perrin, 2011 [Texte en ligne].

Cet ouvrage dirigé par Alain Rey a pour ambition de montrer les origines et les usages du français tel qu’il est parlé et écrit en France, mais aussi à travers le monde. Ce volume dévoile le long parcours qui va des premières langues parlées, gaulois et latin, jusqu’à la constitution d’un français  » moderne  » apte à tout exprimer et bientôt destiné à traverser les océans. Les partis pris sont ici nettement affirmés. L’accent est mis sur les interactions du français avec les dialectes et les langues régionales qui ont, avec lui, traversé les bouleversements de l’histoire. Ce n’est pas « un » français uniforme et intangible dont est dessiné le visage, mais de « multiples » français en perpétuelle articulation avec la dynamique de la parole forgeant une langue à la richesse foisonnante.

Ce second volume offre un parcours long de trois cents ans en s’ouvrant sur le début du XVllle siècle, première époque du français « moderne ».
Dès lors, la langue ne cesse plus de se diversifier, accompagnant les changements démographiques, politiques, culturels, sociaux des territoires où elle est parlée.
Le français rayonne au-delà de ses frontières d’origine et s’impose, à l’instar des autres langues de la colonisation, à des peuples très éloignés de lui, engendrant ainsi de nouvelles cultures, et parfois de nouveaux parlers.
Au même moment, sur les territoires européens, l’explosion démographique, l’accès à l’éducation, les migrations, la diversification des médias ont influé à leur tour sur la physionomie du français pour créer sans cesse de nouvelles variétés, entre lesquelles chacun navigue, jusqu’à l’incroyable diversité d’aujourd’hui.
Loin de toutes considérations exagérément techniques, ces « nouveaux destins » sont résolument ouverts sur le monde et animés tout au long du désir de montrer notre langue dans ses réalités les plus créatives.

Alain REY, Dictionnaire amoureux du diable, Plon, 2013 [Texte en ligne].

Après plusieurs millénaires d’esprits malfaisants, de démons tourmenteurs, le christianisme a inventé le Diable, héritier du Serpent et des Satans de la Bible.

Le diable a droit à notre reconnaissance, car il prend à sa charge le Mal dans la vie et dans l’Histoire, qui est l’œuvre de la diabolique espèce humaine. Entre superstition, religion et réalité, il joue tous les rôles : bourreau, victime, fantasme, tentation, péché, plaisir, malheur.

On le décrit, on l’évoque, on le représente, on le fait parler et chanter. Écrivains, poètes, peintres, musiciens, si l’on doute de lui, le font exister. Avec Dieu pour complice, l’Enfer pour royaume, il se manifeste dans la vie, dans l’Histoire, dans la culture. Aujourd’hui, on le combat, on l’exorcise ou on le célèbre.

Lire aussi :
Index Langues, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Israël, l’obsession du territoire


Bibliographie histoire

 

Lorsqu’on évoque le conflit israélo-palestinien, les images qui viennent à l’esprit sont toujours violentes : guerres, attentats terroristes, tirs de roquettes, maisons détruites, victimes civiles… Parce qu’elles sont omniprésentes, ces violences cachent en fait une autre dimension de la réalité géopolitique régionale : le rôle joué par les politiques israéliennes d’aménagement du territoire.
Un rôle qui ne se limite pas à la construction du Mur de séparation et de nouvelles colonies de peuplement, qui n’en sont que les parties les plus visibles et les plus médiatisées. Et qui est largement sous-estimé par la plupart des analyses, alors que la question du contrôle du territoire est de manière évidente l’enjeu principal du conflit, et ce avant même la création de l’État d’Israël.

Cet ouvrage analyse le rôle central que joue « l’obsession territoriale » d’Israël dans la construction de l’État-nation, dans l’exclusion spatiale entre Juifs, Arabes israéliens et Palestiniens et dans le façonnement des identités.

Julieta FUENTES-CARRERA, Philippe SUBRA, Israël, l’obsession du territoire – Aménagement et géopolitique en Israël et en Cisjordanie (1905-2018), Armand Colin, 2018 [Extrait en ligne].

Comptes rendus :
Conseil québécois d’Études géopolitiques.
Les Cafés Géo.

Lire aussi :
Julieta FUENTES-CARRERA, CentroGeo, Ciudad de México.
Julieta FUENTES-CARRERA, Politiques israéliennes d’aménagement du territoire et nation genèse : quelle lecture géopolitique de la région allant de la Méditerranée au Jourdain ?, Thèse de doctorat en Géopolitique, 2013.
Contrairement à l’affirmation de l’éditeur ce thème a déjà fait l’objet de publications :

Alain DIECKHOFF , Les espaces d’Israël – Essai sur la stratégie territoriale d’Israël, Fondation pour les études de défense nationale, 1987.
Franck DEBIÉ et Sylvie FOUET , La paix en miettes – Israël et Palestine (1993-2000), PUF, 2001.

Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Mur de l’Aparteid, Monde en Question.

La saga des intellectuels français (1944-1989)


Bibliographie histoire

 

Nul n’était aussi bien armé que François Dosse pour relever le défi : une histoire panoramique et systématique de l’aventure historique et créatrice des intellectuels français, de la Libération au bicentenaire de la Révolution et à la chute du mur de Berlin. Son Histoire du structuralisme en deux volumes, son attention à la marche des idées, ses nombreuses biographies (de Michel de Certeau, Paul Ricoeur, Pierre Nora, Cornelius Castoriadis) lui ont donné, depuis vingt ou trente ans, une connaissance assez intime de la vie intellectuelle de la seconde moitié du XXe siècle pour lui permettre de couronner son oeuvre par une tentative de cette envergure.

Le premier volume, 1944-1968, couvre les années Sartre et Beauvoir et leurs contestations, les rapports contrastés avec le communisme, le choc de 1956, la guerre d’Algérie, les débuts du tiers-mondisme, l’irruption du moment gaullien et sa contestation : un temps dominé par l’épreuve de l’histoire, l’influence du communisme et la progressive désillusion qui a suivi.

Le second volume, 1968-1989, va de l’utopie gauchiste, de Soljenitsyne et du combat contre le totalitarisme, à la « nouvelle philosophie », l’avènement d’une conscience écologique, la désorientation des années 80 : un temps marqué par la crise de l’avenir et qui voit s’installer l’hégémonie des sciences humaines.

Ce ne sont là que quelques-uns des points de repère de cette saga, qui embrasse une des périodes les plus effervescentes et créatrices de l’intelligentsia française, de Sartre à Lévi-Strauss, de Foucault à Lacan. Le sujet a déjà suscité une énorme bibliographie, mais une fresque de pareille ampleur est appelée à faire date.

François DOSSE, La saga des intellectuels français (1944-1989), Gallimard T1Gallimard T2, 2018 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Au château de l’ogre


Bibliographie biographie

 

J’étais une princesse et je vivais dans un château. Mon enfance, vue de loin, tenait du conte de fées. Et pourtant je ne fus pas heureuse. Car l’ogre était mon père.

Je suis née en Centrafrique en 1974, à l’hôpital de Bangui, la capitale. Mon père était le président de cette république et ma mère, une jeune fille de seulement quinze ans venue de l’île de Taïwan.
Mon père a eu deux enfants avec ma mère, et affirmait en avoir au total cinquante-six, nés de dix-sept femmes d’origines géographiques différentes : de Roumanie, du Vietnam, de Taïwan, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Liban, de France et d’ailleurs. Ils les avaient rencontrées lors de voyages officiels.

J’ai fait mes premiers pas sur la belle terre rouge d’Afrique. Dix ans après sa prise du pouvoir en République centrafricaine, mon père a décidé de s’autoproclamer empereur. En 1977, il a organisé la cérémonie du sacre et, presque simultanément, a choisi de mettre sa progéniture à l’abri en Europe. Il a informé les mamans de la séparation imminente, afin de protéger les enfants d’éventuelles tentatives d’attentat.

Marie-France Bokassa, fille de l’ex-empereur de Centrafrique, a grandi au château d’Hardricourt, dans les Yvelines, avec ses frères et sœurs soumis à une discipline militaire et laissés dans le plus grand dénuement. Elle raconte une enfance folle et sa fuite hors du château.

Marie-France BOKASSA, Au château de l’ogre, Arthaud, 2019 [Texte en ligne].

Lire aussi : Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Dictionnaire de l’anarchie


Bibliographie politique

 

Se situant en dehors des partis et les récusant tous, l’anarchie se singularise par l’association tumultueuse de tendances parfois contradictoires.

Michel Ragon, depuis longtemps témoin engagé de l’épopée libertaire dont il fut le grand romancier (La mémoire des vaincus), rassemble ici pour la première fois les éléments d’un Dictionnaire de l’anarchie.

Dictionnaire des principaux militants de l’anarchie et de ses théoriciens, tels Proudhon, Bakounine, Kropotkine, ce livre est aussi un dictionnaire de tous ceux qui se sont réclamés ou se réclament de la pensée libertaire, comme Breton et Camus, Céline et Dubuffet, Richard Wagner et Oscar Wilde.

Dictionnaire des hommes, mais aussi dictionnaire des idées et de la pensée anarchiste dans le monde contemporain.

Michel RAGON, Dictionnaire de l’anarchie, Albin Michel, 2013 [Texte en ligne].

Dans ce très court article sur l’anarchisme de droite, la conclusion de l’auteur est savoureuse car la plupart des anarchistes ont lutté les armes à la main contre les communistes en Russie (avant leur dégénérescence à partir de 1924) et ils soutiennent aujourd’hui des révolutions de couleurs organisées par la CIA au profit de l’extrême droite comme en Ukraine.

22/02/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Bio-bibliographie Michel Ragon, Site de l’auteur.
Dossier documentaire Anarchisme, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Bibliographie GAFAM (Google, Facebook et les autres)


Bibliographie médias

 

Ce dossier bibliographique contient uniquement des documents accessibles en ligne glanés au cours de mes recherches.
Merci de signaler vos propres liens via les commentaires ou par courriel.

27/02/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Articles

12/02/2014, G.A.F.A. l’acronyme d’un quatuor qui accapare notre existence, Alternative 21.
03/12/2014, 10 choses à savoir sur les GAFA, Silicon.
Avril 2016, L’effet GAFAM : stratégies et logiques de l’oligopole de l’internet, Communication & langages.
09/10/2016, Une semaine chez les GAFAM, ZDNet.
07/06/2017, Plus besoin d’Etat ni de vaste territoire pour dominer le monde : comment les méga-multinationales à la Google, Facebook, Apple ou Amazon sont en train de devenir les véritables superpuissances du 21e siècle, Atlantico.
Automne-Hiver 2017, Les GAFA, seuls maîtres de notre avenir ?, méta-média.
16/09/2017, Un monde sans Google, ni Apple, ni Facebook, ça existe!, Radio Canada.
11/10/2017, Plateformisation et révolution sociale, la Chine en pleine mutation, Medium Corporation.
2018, GAFA : un monopole de détention des données, Publicité sur Internet [Bibliographie].
02/02/2018, Les revenus mirobolants des GAFAM, Statista.
Avril 2018, GAFA – Les nouveaux maîtres penseurs, Le nouveau magazine littéraire.
17/04/2018, Actions de groupe : La Quadrature du Net déclare la guerre aux GAFAM, La Tribune.
23/04/2018, GAFA : décryptage de l’écosystème des 4 géants du net, 10h46.
14/09/2018, Construire des contre-pouvoirs face aux GAFAM-BATX !, Decode Media.
01/10/2018, GAFA, GAFAM, géants du net, Géoconfluences.
02/10/2018, L’État explique comment se passer des GAFAM, Techniques de l’ingénieur.
25/10/2018, « Les nouveaux maîtres du monde » – Trois choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur les Gafam, 20 minutes.
19/11/2018 , La puissance des GAFA, Studyrama Grandes Ecoles.
05/12/2018, Les BAXT, miroir chinois des GAFAM ?, Ecoguide IT.
18/12/2018, GAFA, GAFAM ou NATU : les nouveaux maîtres du monde, La finance pour tous.
30/01/2019, De l’IA en Amérique : les GAFAM mènent la danse stratégique, IRIS.
01/02/2019, Lobbying la guerre trouble des GAFAM, Korii.

Biographies

Daniel ICHBIAH, Les 4 vies de Steve Jobs, LEDUC, 2011 [Texte en ligne].
Walter ISAACSON, Steve Jobs, JC Lattès, 2011 [Texte en ligne].
Walter ISAACSON, Les innovateurs, JC Lattès, 2015 [Texte en ligne].

Essais

Julian ASSANGE, Jacob APPELBAUM, Andy MÜLLER-MAGUHN, Menace sur nos libertés – Comment Internet nous espionne. Comment résister, Robert Laffont, 2012 [Texte en ligne].
Alessandro BARICCO, Les barbares – Essai sur la mutation, Gallimard, 2014 [Texte en ligne].
COLLECTIF, Guide d’autodéfense numérique, guide@boum.org, 2017 [Texte en ligne].
Alexis DUBRASIER, Dans la Google du loup – Reportage au cœur de la Silicon Valley, infokiosques.net, 2015 [Texte en ligne].
Marc DUGAIN, Christophe LABBÉ, L’homme nu – La dictature invisible du numérique, Plon, 2016 [Texte en ligne].
Scott GALLOWAY, The four Le règne des quatre – La face cachée d’Amazon, Apple, Facebook et Google, Quanto, 2018 [Texte en ligne].
Laurent GAYARD, Darknet, GAFA, bitcoin – L’anonymat est un choix, Slatkine & Cie, 2018 [Texte en ligne].
Amaelle GUITON, Hackers – Au cœur de la résistance numérique, Au Diable Vauvert, 2013 [Texte en ligne].
Philippe HERLIN, Apple, Bitcoin, Paypal, Google la fin des banques, Eyrolles, 2015 [Texte en ligne].
Daniel ICHBIAH, Comment Google mangera le monde, Archipel, 2010 [Texte en ligne].
Michel FLOQUET, Triste Amérique, Les Arènes, 2016 [Texte en ligne].
Jean-Hervé LORENZI, Mickaël BERREBI, L’avenir de notre liberté – Faut-il démanteler Google… et quelques autres ?, Eyrolles, 2017 [Texte en ligne].
Nikos SMYRNAIOS, Les GAFAM contre l’internet – Une économie politique du numérique, INA, 2017 [Texte en ligne].
Xavier TANNIER, Se protéger sur Internet – Conseils pour la vie en ligne, Eyrolles, 2010 [Texte en ligne].

Romans et BD

Eliette ABECASSIS, Le palimpseste d’Archimède, Albin Michel, 2013 [Texte en ligne].
Laurent ALEXANDRE, David ANGEVIN, Google Démocratie, Naive 2011 [Texte en ligne].
Patrick BARD Et mes yeux se sont fermés, Syros, 2016 [Texte en ligne].
Dave BUSCHI, Hackeur contre tous, Amazon Crossing,2015 [Texte en ligne].
CED, Un an sans Internet (album), Makaka, 2011 [Texte en ligne].
Cole GIBSEN, Blacklistée, Hugo roman new way, 2015 [Texte en ligne].
Götz HAMANN, PHAM Khuê, Heinrich WEFING, The United States of Google, Premier Parallèle, 2015 [Texte en ligne].
Michael KELLER, Josh NEUFELD, Dans l’ombre de la peur – Le Big Data et nous (album), Cà et là, 2017 [Texte en ligne].
Jean-Noël LAFARGUE, Mathieu BURNIAT, Internet – Au-delà du virtuel (album), Le Lombard, 2017 [Texte en ligne].
Camille LAURENS, Celle que vous croyez, Gallimard, 2016 [Texte en ligne].
Lou LUBIE, Manon DESVEAUX, La fille dans l’écran (album), MARAbulles, 2019 [Texte en ligne].
Laura MARSHALL, Une proie si facile, Fleuve éditions, 2017 [Texte en ligne].
Edmonde PERMINGEAT , Tu es moi, Nouvelles Plumes, 2016 [Texte en ligne].
TR RICHMOND, Ce qu’il reste d’Alice, Calmann-Lévy, 2015 [Texte en ligne].
Chris ROY, Là-haut les anges, Éditions Inspire, 2017 [Texte en ligne].

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La guerre trouble des GAFAM


Bibliographie médias

 

Les géants du web brassent des milliards de dollars et tiennent à ce que cela continue, quitte à frapper fort pour protéger leurs affaires.

Entre Facebook et Apple, la guerre est déclarée depuis plusieurs mois. Les critiques récurrentes de Tim Cook, le PDG de la marque à la pomme, sur le manque de respect de la vie privée et la gestion des données des internautes, ont visiblement touché Mark Zuckerberg. À tel point que le patron de Facebook exige désormais que son équipe managériale abandonne ses iPhones pour des smartphones tournant sous Android – officiellement parce que le système d’exploitation de Google compte davantage d’utilisateurs et utilisatrices.

Apple vs Facebook: fight!

Mais Mark Zuckerberg et Facebook ne se sont pas arrêtés là. Le New York Times a récemment révélé que Facebook avait engagé le cabinet de communication Definers pour s’en prendre à ses critiques via un site conservateur, sur lequel sont apparus des articles au vitriol. Si les attaques contre le milliardaire George Soros ont été particulièrement relayées par la presse parce qu’elles se nourrissent d’un certain complotisme, le quotidien new-yorkais notait également la présence d’articles critiques contre Apple et Tim Cook.

« Le travail de Definers sur Apple est financé par une entreprise tierce du monde de la tech, assure Tim Miller, l’un des responsables de Definers, au New York Times. Mais Facebook s’en prend à Apple parce que les critiques de Tim Cook énervent Facebook. Si le sujet de la vie privée revient sur le tapis, Facebook sera heureux de semer la confusion. »

Ce genre de guéguerre livrée par proxy au sein de la Silicon Valley n’est pas nouvelle. En décembre 2018, Wired remontait le cours de l’histoire et revenait sur l’affaire Oracle-Microsoft de 1999 pour expliquer que les « sales coups de Facebook » n’avaient rien de nouveau. « Finalement, tout le monde avait alors compris que si elles étaient attaquées, les entreprises de la tech géreraient leurs relations publiques avec le zèle d’une campagne politique, que ce soit en discréditant les critiques, en formant des alliances avec des adversaires ou en forçant les gens à aller regarder du côté de leurs compétiteurs », pouvait-on lire.

Des millions contre la régulation

Le but est bien sûr de protéger sa petite entreprise. Et pour ça, les géants du web n’hésitent pas à dépenser beaucoup d’argent – comme n’importe quel autre leader dans son secteur. Cela dure depuis un moment déjà, mais en avril 2018, Les Échos parlaient des records atteints par Google, Apple, Facebook et Amazon (les GAFA) quant aux sommes consacrées au lobbying.

« Google est le plus généreux en la matière. Le groupe a dépensé environ 5 millions de dollars [4,4 millions d’euros] sur les trois premiers mois de l’année. C’est 43% de plus qu’il y a un an. Amazon a également augmenté ses investissements en lobbying, avec une enveloppe de 3,38 millions de dollars [3 millions d’euros], soit 17% de hausse sur un an. Facebook se situe juste derrière, avec 3,30 millions de dollars [2,9 millions d’euros] en dépenses trimestrielles de lobbying. Enfin, Apple se contente pour l’instant de 2,14 millions de dollars [1,9 million d’euros], même si l’entreprise enregistre la plus forte hausse sur un an, soit 53% de plus qu’au premier trimestre 2017. »

Et ces données ne prennent même pas en compte les dépenses européennes des GAFA. Bloomberg expliquait ces montants record en partie par le fait que les temps ont changé, et que ces entreprises ne sont plus vénérées comme elles l’étaient à une certaine époque. Apple, Google, Facebook : aux États-Unis, tous sont désormais « critiqués par des législateurs des deux bords politiques sur une pléthore de sujets ».

Alors les géants du web essaient de trouver des solutions. Que ce soit pour protéger leur réputation -comme pour Facebook face au scandale Cambridge Analytica – ou pour consolider leur business, ils n’ont pas peur de mettre la main au porte-monnaie.

Au moment de l’audition de Mark Zuckerberg devant le Congrès américain, The Verge avait dressé la liste des responsables politiques ayant reçu de l’argent de la part de Facebook. Le site avait calculé qu’en douze ans, l’entreprise avait dépensé sept millions de dollars [6,1 millions d’euros] en contributions à des campagnes politiques – un peu plus pour les Démocrates que pour les Républicains.

Les membres du Congrès chargés d’interroger le PDG de Facebook avaient reçu plus 640.000 dollars [560.000 euros] de la part du réseau social, mais The Verge précisait cependant qu’il n’y avait « pas de corrélation entre le montant reçu par les élus et l’hostilité des questions posées lors de l’audition ».

Si les GAFAM dépensent autant d’argent, c’est que la régulation leur fait peur. Entre Donald Trump et ses menaces d’un côté et l’Union européenne de l’autre, ces entreprises ont décidément connu des temps plus sereins.

Dernièrement, Google n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde. Via les médias friands du trafic apporté par Google Actualités ou via les YouTubeurs et YouTubeuses, la firme tente grâce à une intense campagne de lobbying de faire sauter les articles 11 et 13 de la proposition de directive européenne sur le droit d’auteur, qui lui seraient grandement défavorables.
Ennemis, main dans la main

Peut-être l’entreprise de Mountain View trouvera-t-elle dans sa campagne européenne un soutien parmi les autres membres du club des GAFA. Pourtant si prompts à se tirer dans les pattes, les géants du web sont parfois prêts à travailler main dans la main quand ils se trouvent un objectif commun.

C’est ce que l’on a notamment pu observer en 2017, lorsque la section 230 du Communications Decency Act – grâce à laquelle ces acteurs ne sont pas tenus responsables du contenu posté par les internautes sur leur site – a été remise en cause. « Des avocats embauchés par les entreprises de la tech ont férocement bataillé pour empêcher la moindre érosion de cette loi. Des lobbyistes ont travaillé jour et nuit pour bloquer une législation qui fragiliserait cette immunité », écrivait Wired. Le tout avant de finalement changer leur fusil d’épaule quelques mois plus tard.

Ensemble, et pour mieux défendre leurs intérêts, ces mastodontes ont créé une association de lobbying, l’Internet Association, qui intervient par exemple sur les questions de propriété intellectuelle ou de neutralité du net.

En plus du combat mené sur cette fameuse section 230, Recode annonçait en janvier 2018 que l’Internet Association s’était lancée dans une bataille judiciaire pour restaurer la neutralité du net, abolie aux États-Unis par la Commission fédérale des communications.

Les GAFA abordent également des questions qui ne sont pas purement technologiques, mais néanmoins tout aussi cruciales pour leur succès. En 2017, les quatre entreprises s’étaient retrouvées sur la question de l’immigration. « Le décret anti-immigration, signé début 2017, a fortement inquiété la Silicon Valley, qui emploie beaucoup d’ingénieurs étrangers et a donc tout fait pour limiter la portée de cette décision », résumaient Les Échos en avril 2018.

Cette vogue consistant à dépenser toujours plus en matière de lobbying risque de perdurer. Au vu de la défiance aujourd’hui générée par les géants du web, il est difficile d’imaginer comment la tendance pourrait s’inverser.

Source : Grégor BRANDY, Korii, 01/02/2019.

Lire aussi :
La Quadrature du Net déclare la guerre aux GAFAM… et vous ?, La Tribune, 30/04/2018.
Index Médias, Monde en Question.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.
Veille informationnelle GAFAM, Monde en Question.