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Archives de Tag: Guerre contre Pakistan

Vers la guerre totale


Le projet de loi permettra au président américain de mettre en oeuvre des actions militaires unilatérales à l’échelle nationale et à l’étranger, contre tous les États, les organisations et les individus soupçonnés d’avoir à l’heure actuelle ou dans le passé, soutenu ou participé à des actions militaires, ou appuyé des hostilités envers les États-Unis ou tout État allié des États-Unis.

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Obama revendique le meurtre d’Oussama


Un homme prétend avoir tué l’ancien copain d’un copain et annonce son crime à la télévision sans donner aucune preuve – pas même le corps qu’il aurait fait disparaître en le balançant à la mer -, mais glorifie le mobile de son crime en invoquant la justice divine :

Et un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers par le terrorisme d’Al-Qaïda : justice a été faite.

Souvenons-nous que nous pouvons accomplir ces choses, pas simplement grâce à notre richesse ou notre puissance, mais grâce à ce que nous sommes : une nation, selon Dieu, indivisible, avec la justice et la liberté pour tous.

Dans un monde normal, vous diriez que c’est un fou, mais dans celui où nous vivons, Barack Obama Président des États-Unis a revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden à la télévision américaine le 1er mai 2011 sous les applaudissements de tout le monde occidental [1].

La mort de ben Laden fut annoncée antérieurement par d’autres sources :

Les médias dominants reprennent en boucle les déclarations des autorités américaines sans les discuter. Ils jouent à fond la carte de l’émotion, qui fait vendre, sans poser les questions classiques : Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi.

Ben Laden est certainement mort, mais nous ne saurons peut-être jamais où, quand et comment. La question est de savoir pourquoi les États-Unis ont choisi d’annoncer sa mort maintenant et donc de se débarrasser d’un ennemi (ancien ami) si utile… pour justifier leurs crimes au nom de la guerre contre le terrorisme.
Plusieurs hypothèses sont envisageables :

  1. Les élections de novembre 2012
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour se placer comme le candidat favori aux prochaines élections présidentielles américaines.
  2. L’Afghanistan
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour justifier le prochain retrait des troupes américaines d’Afghanistan sans avoir gagner la guerre.
  3. Le Pakistan
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour justifier une intervention militaire au Pakistan et détruire les preuves des alliances contractées, entre la CIA et l’ISI d’une part et les divers groupes jihadistes d’autre part, au temps de l’occupation soviétique de l’Afghanistan.

Aucune hypothèse ne s’exclut l’une l’autre. La troisième est aussi envisagée par Syed Salim Shahzad dans un article publié par Asia Times : « la mort de ben Laden marquera probablement aussi le début du déplacement du théâtre de guerre, de l’Afghanistan vers le Pakistan » [2].

03/05/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.


[1] En France, Jospin a déclaré « Les États-Unis ont appliqué le droit de légitime défense » et Sarkozy « L’élimination de Ben Laden est un succès, ce n’est pas la fin d’Al-Qaïda ».
[2] Lire aussi :
• 15/10/2008, La guerre américaine : escalade de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan, Monde en Question.
• 02/12/2008, Serge LEFORT, La guerre contre le Pakistan a commencé, Monde en Question.
• 03/12/2008, Le grand jeu asiatique, Monde en Question.
• 13/08/2009, Serge LEFORT, Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan, Monde en Question.

CIA et Jihad


Un documentaire de François-Xavier Trégan et Yassine Bouzar – Rediffusion de l’émission du 16 février 2009.

La fermeture programmée de Guantanamo scelle un scandale mais soulève, dans son sillage, des questions difficiles. Celles, notamment, de l’accueil et de la « réacclimatation » de ceux des détenus qui seront libérés. Après la décision du président Obama, la plupart des pays susceptibles de les recevoir affichaient leur hésitation tandis que le Pentagone indiquait que, sur cinq cent vingt détenus déjà transférés puis libérés à l’époque Bush, soixante-et-un étaient soupçonnés d’avoir repris le jihad à leur sortie.

L’itinéraire qu’affiche le yéménite Naser al Bahri, 36 ans, se veut tout différent. Il a été façonné par les jihad en Bosnie, en Somalie, au Tadjikistan, en Afghanistan enfin, où il préfère les talibans à Massoud. C’est à Jalalabad qu’il rencontre Oussama Ben Laden dont il deviendra le garde du corps. Ben Laden lui explique la guerre qu’il vient de déclarer aux Etats-Unis : « Abu Jandal, tu dois comprendre mon combat » lui murmure celui que Jandal appellera désormais le Cheikh. Débute une formation de sept mois dans les camps d’entrainement. Mais le Yéménite est plus assidu aux lectures qu’au maniement des armes à feu. Le responsable d’Al Qaida évolue lui-même au milieu d’une bibliothèque de « 3000 ouvrages », précise Nasser…. de quoi nourrir les discussions, et forger la confiance. Abu Jandal le garde du corps, le chargé des relations publiques, intègre le centre névralgique du mouvement. Aujourd’hui encore il répète les yeux fermés chaque mot du serment d’allégeance prêté devant l’Emir neuf ans plus tôt, la Baïa.

En fait, Abu Jandal n’est d’aucune des grandes opérations terroristes. A l’été 2000, il est fait prisonnier à Sanaa. Trois agents du FBI tentent de le faire parler après le 11 septembre 2001. Mais le Yémen préfère le libérer 21 mois plus tard en échange d’une totale renonciation à la violence armée. L’homme signe le document. Il moque dorénavant les opportunistes qui « au Yémen, à coup de feuilles de qat et de cassettes vidéo, vendent aux plus démunis et aux plus ignorants le sacrifice en Iraq ou en Afghanistan ». Ses critiques ne lui attirent pas que des sympathies dans les milieux islamistes de la capitale, qui le taxent « d’infidèle ». Au point de le cantonner à la sphère étroite d’un appartement situé à quelques pas de l’Ambassade américaine. Sans travail, le jihadiste pointe tous les mois au poste de police.

Il consacre tout son temps à la création d’un centre de réflexion dédié au jihadisme. Avec comme perspective affichée de remettre dans le « droit chemin » tous ces égarés croisés sur les terrains de guerre, les paumés venus du monde musulman et d’Europe, aveuglément embrigadés.

Les autorités yéménites soutiennent discrètement le principe de son centre baptisé « Al Jiâl » (« générations »), un laboratoire des expériences passées et à venir, annoncé pour le début de cette année. Mais pas question pour les officiels d’y mettre un seul riyal, de peur de crisper l’ami américain ou d’être démenti par l’avenir.

Sur les docks, France CultureRSS Podcast

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question.

Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan


La stratégie de Barack Obama d’intensifier la guerre en Afghanistan et de l’étendre au Pakistan est loin d’être assurée face au scepticisme croissant des démocrates à propos de cette guerre, à la fois ruineuse et incertaine. D’où les contradictions entre ses déclarations et celles du commandant des forces américaines en Afghanistan alors que les cadavres des civils afghans s’accumulent :

La Maison Blanche a déclaré lundi que la stratégie de Barack Obama en Afghanistan était « gagnante ».
« La stratégie du président n’a pas encore été totalement mise en oeuvre. Mais nous croyons réellement qu’avec notre statégie, avec les moyens que nous déployons sur le terrain, nous allons être capables d’atteindre les objectifs que nous essayons d’atteindre ».
Cette déclaration contraste avec les propos du général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan.
Ce dernier, qui doit présenter prochainement un rapport d’évaluation sur le conflit, a déclaré dans un entretien au site internet du Wall Street Journal que la résurgence de la guérilla islamiste imposait un changement de tactique aux forces étrangères.
Romandie News

Dans une interview au Wall Street Journal, le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines en Afghanistan, estime que les talibans ont pris le dessus sur les troupes de la coalition. Selon lui, cela devrait forcer les États-Unis à modifier leur stratégie sur le terrain, en déployant notamment plus de troupes à Kandahar.
Courrier international

La manchette du Wall Street Journal, lundi 10 août, ne laissait pas place au doute : « Les Talibans sont en train de gagner. » Elle résumait fidèlement les propos que le général Stanley McChrystal, commandant en chef des forces de l’OTAN en Afghanistan, avait tenus dans son quartier général-bunker de Kaboul aux journalistes du quotidien américain.
Le Monde

La stratégie de Barack Obama d’intensifier la guerre en Afghanistan est très proche de celle de l’armée française en Algérie :

L’objectif consiste à se concentrer d’abord sur la population afghane et ses besoins, et ensuite seulement à chasser les talibans.
« On tente de séparer les talibans de la population ordinaire, et ça provoque des combats avec les insurgés. On veut les repousser dans des zones moins peuplées, ce qui permettra ensuite de lancer des projets de développement et de reconstruction dans les villages. »
Maintenant, lors d’une opération militaire, les soldats restent sur place après les combats et la déroute des talibans. L’armée tente alors de créer une bulle de protection autour du village pour que les projets de développement et de reconstruction voient le jour. Auparavant, les forces se retiraient après l’opération militaire, faute de soldats en nombre suffisant pour rester sur place. Les militaires devaient aller chasser les insurgés dans un autre village.
Armees

La stratégie de Barack Obama d’étendre la guerre au Pakistan n’est pas avouée publiquement, mais se déroule implacablement sur le terrain :

Une nouvelle attaque de drone américain sur les zones tribales du nord-ouest du Pakistan a tué mardi au moins 10 rebelles, selon des responsables locaux […] Le drone a tiré plusieurs missiles sur un camp d’entraînement rebelle présumé dans le village montagneux et reculé de Kanniguram, selon plusieurs responsables pakistanais de sécurité.
AFP-Google

Les États-Unis multiplient les frappes sur le Pakistan. Plusieurs missiles tirés à partir d’un drone auraient fait ainsi dix nouvelles victimes hier, présentées comme des combattants talibans pakistanais. Une allégation bien difficile à confirmer alors que plusieurs autres attaques du même type se sont soldées par la mort de civils.
l’Humanité

La stratégie de Barack Obama d’intensifier la guerre en Afghanistan et de l’étendre au Pakistan est présentée par les médias dominants comme légitime puisqu’elle viserait à chasser les Talibans (des terroristes islamistes), à reconstruire le pays (détruit par qui ?) et à imposer par les armes un « gouvernement démocratique » (comme dans les colonies africaines).

Le lecture religieuse des conflits en Afghanistan, pratiquée en Occident, est d’autant plus absurde que la population est à 99% musulmane – sunnites (81%) et chiites (19% les Hazaras). On a diabolisé les Talibans pour justifier la guerre, en omettant de dire que tous les combattants afghans contre l’occupation russe étaient des moudjahidines – des combattants du jihâd – et que les Talibans ont pris le pouvoir en 1996 grâce aux divisions entre les principaux « chefs islamistes » : Gulbuddin Hekmatyar (Pachtoune), Ahmad Shah Massoud (Tadjik) et Rachid Dostum (Ouzbek).

Depuis 2001, l’Empire américain ne parvient pas à atteindre les objectifs publiquement affichés. L’occupation militaire et les bombardements de la population civile ont détruit l’économie du pays et ont imposé un gouvernement corrompu par le trafic de la drogue (le frère du président Karzai et le frère du commandant Massoud sont largement impliqués) et ne contrôlant que la capitale.

On oublie que l’Afghanistan a été au cœur d’un échiquier géostratégique entre la sphère d’influence britannique (l’Empire des Indes) et la sphère d’influence russe (l’Iran). C’est pour avoir cherché à assurer son indépendance, à l’origine par les jeux diplomatiques, que le pays s’est ainsi retrouvé à trois reprises en guerre contre le Royaume-Uni (1839-1842, 1878-1880 et 1919). En 1893, l’Empire britannique a fixé autoritairement la frontière (la ligne Durand) entre son Empire des Indes et l’Afghanistan, séparant ainsi l’ethnie pachtoune en deux.

L’imbrication des deux pays [Afghanistan et Pakistan] est donc évidente. Elle l’est encore plus si on prend en compte un élément largement oublié et occulté par le côté islamiste du mouvement taliban : son unité ethnique. Les Talibans sont des Pachtounes et leur objectif n’est peut-être pas de prendre le pouvoir à Islamabad, mais de réunir dans un État taliban les Pachtouns des deux pays séparés par la colonisation britannique. Car dans des frontières artificielles, une fois de plus, se trouve l’origine d’un mouvement qui n’est pas, loin s’en faut, que religieux.
[…]
Le conflit d’aujourd’hui est donc en fait un conflit frontalier issu de la colonisation puis de la décolonisation et transformé par le contexte actuel de l’islamisme taliban.
C’est la ligne Durand qui coupe les territoires pachtounes entre l’Afghanistan et le Pakistan depuis 1893 qui est à la base d’un conflit majeur entre les deux pays. En effet, les territoires pachtounes sont divisés alors par un officier britannique en 1893 pour 100 ans entre l’Afghanistan et le Pakistan qui était une colonie de sa très gracieuse majesté britannique, impératrice des Indes. Mais le Pakistan indépendant n’a jamais accepté le retour de « ses » Pachtounes à l’Afghanistan même pas à la date technique de rétrocession, soit 1993. Ces Pachtouns pakistanais peuplent des zones où depuis toujours l’État pakistanais n’exerce qu’un contrôle distant, laissant aux autorités coutumières un grand pouvoir. C’est dans ces territoires que se sont naturellement consolidés à partir de 2003 divers groupes talibans pakistanais dont l’emprise s’étend donc aujourd’hui à la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP) voisine, où se trouvent Swat et Buner. C’est dans ces mêmes zones tribales qu’auparavant, à l’automne 2001, s’étaient réfugiés les Talibans afghans chassés du pouvoir par l’offensive américaine postérieure aux attentats du 11 septembre.
Le Reporter

Alors que le commandement américain s’enlise en Afghanistan, les tentatives de dialogue avec certains Talibans, qualifiés de « modérés » (qui sont-ils ?), s’avèrent une propagande illusoire :

Karzai ne semble pas être l’homme des négociations si on rappelle que, pour sa réélection, le président afghan a choisi comme potentiels vice-présidents, deux anciens chefs de guerre ayant combattu les talibans dans les années 1990, Mohammad Qasim Fahim et Karim Khalili. Il est également allié au chef de guerre ouzbek Abdul Rashid Dostom, accusé d’avoir tué des milliers de combattants talibans, y compris en massacrant ceux qui s’étaient rendus après l’invasion américaine de la fin de 2001. De plus, qu’est-ce qui pousserait aujourd’hui les talibans à négocier ? Sont-ils en position de faiblesse ? C’est loin d’être le cas puisque ces derniers continuent à opérer normalement depuis le Pakistan. Ils s’en tiendront donc à leur première requête, défendue depuis 2001 : pas de négociation sans départ préalable des quelque 100 000 soldats étrangers déployés dans le pays pour soutenir le gouvernement. «Nous ne parlerons jamais au gouvernement de marionnettes de Karzai», a déclaré l’un des porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi, cité par l’AFP.
La Tribune Online

Quand Le Monde dit «Les forces étrangères mènent depuis plusieurs mois de nombreuses opérations dans la province afin de chasser les talibans de leurs bastions et de permettre aux habitants de voter.», cela revient justifier la guerre contre les Pachtounes des deux côtés de la frontière tracée par l’Empire britannique… en 1893.

Serge LEFORT
13/08/2009

Inde-États-Unis-Pakistan (6)


Le ton monte entre le Pakistan et l’Inde, où les activistes des partis religieux, des partis nationalistes de droite et d’extrême-droite et le gouvernement indien lui-même attisent la haine contre le Pakistan. La carte majeure du gouvernement pakistanais, malgré sa faiblesse [1], est son alliance avec les États-Unis dans sa « guerre contre le terrorisme ». Ainsi, les USA seront obligé de faire pression sur l’Inde pour ne pas perdre ses ambitions de victoire militaire contre l’Afghanistan.

Le Pakistan ne livrera pas à l’Inde les personnes arrêtées récemment dans l’enquête sur les attaques de Bombay mais les jugera lui-même si elles sont soupçonnées d’y avoir participé, a annoncé mardi le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi.
[…]
« Nous ne voulons pas la guerre mais nous sommes totalement prêts pour le cas où elle nous serait imposée », a averti M. Qureshi. « Nous sommes conscients de nos responsabilités pour défendre notre terre mais nous ne souhaitons pas la guerre », a-t-il insisté.
AFP – Yahoo! Actualités

Le Pakistan a assuré mardi qu’il ne livrerait à l’Inde aucun éventuel suspect dans les attaques de Bombay et qu’il les jugerait lui-même si nécessaire, mais s’est dit prêt à faire face à une nouvelle guerre si New Delhi décidait d’une action militaire, même ciblée.
[…]
L’Inde a remis une liste de suspects au Pakistan, son rival de toujours, et exige qu’il les lui livre, en menaçant à demi-mot de représailles dans le cas contraire.
[…]
La presse indienne bruisse depuis plusieurs jours de rumeurs de frappes indiennes ciblées sur des camps d’entraînement de combattants islamistes de l’autre côté de la frontière, si les forces pakistanaises n’agissent pas elles-mêmes.
[…]
Aujourd’hui, la situation est encore plus dramatique et ni les États-Unis, ni l’Inde, ni le Pakistan ne peuvent se payer le luxe d’une guerre, estiment unanimement les experts de la région, les diplomates, mais aussi de hauts responsables pakistanais.
[…]
Or le Pakistan a averti qu’un simple mouvement de troupes indiennes vers la frontière impliquerait automatiquement le retrait de son armée des zones tribales pour un redéploiement à la frontière indo-pakistanaise. Ce que les États-Unis, empêtrés dans les combats contre l’insurrection des talibans qui gagne en intensité en Afghanistan, verraient évidemment d’un mauvais oeil.
AFP – Yahoo! Actualités.
AP – Yahoo! Actualités.

L’OTAN prétend ne pas être affecté par la répétition des attaques de convois militaires, mais dissimule les coûts de l’alternative du transport par voie aérienne.

L’Isaf sous commandement Otan peut aussi compter sur l’acheminement de matériel par la voie aérienne, en attendant la conclusion d’accords de transit ferroviaire pour le matériel non létal négociés avec les Républiques d’Asie centrale pour compléter celui déjà conclu cette année avec la Russie.
AFP – Yahoo! Actualités


[1] Les attentats qui ont visé Bombay fin novembre ont plongé le pays dans le désarroi. Car le pouvoir n’a pas les moyens de lutter efficacement contre le terrorisme.

[…]

Le gouvernement a beau se méfier des groupes terroristes, la droite et les militaires pakistanais semblent aujourd’hui plus puissants que lui, alors qu’il souhaite débarrasser le pays de ses éléments terroristes et rechercher un compromis de paix acceptable avec l’Inde. Mais ce que les gens doivent comprendre par-dessus tout, c’est qu’Islamabad aura du mal à combattre les menaces intérieures si les pressions extérieures deviennent trop fortes. L’accroissement des divergences entre pouvoirs politique et militaire au Pakistan ne pourra qu’aggraver les tensions dans la région. Les armées pakistanaise et indienne ne penseront qu’à une réponse militaire face à la menace terroriste actuelle. Un tel scénario augmenterait le risque d’une confrontation armée, peut-être nucléaire, entre les deux pays, et constituerait donc plus un danger qu’une réponse adéquate.

Courrier international.

Commentaires : Le Courrier international détaille les « groupes terroristes, la droite et les militaires pakistanais », mais ne dit rien des mêmes forces réactionnaires en Inde. Ce média entretient le mythe de « la plus grande démocratie du monde » où les activistes des partis religieux, des partis nationalistes de droite et d’extrême-droite et le gouvernement indien lui-même attisent la haine contre le Pakistan. Les deux pays ont hérité des pratiques du colonialisme britannique…

Inde-États-Unis-Pakistan (5)


La propagande suit son cours :

• Guysen, l’agence de presse israélienne bien informée par les USA publie cette dépêche : Les terroristes de Mumbai, en Inde, ont utilisé le sol pakistanais afin de préparer leurs attaques, a déclaré dimanche la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice.
Commentaires : Depuis le premier jour, on connaît les sources américaines des accusations des autorités indiennes contre le Pakistan.

Le Figaro titre son reportage « Les talibans sèment la peur dans Peshawar ».
Commentaires : Le Figaro évoque l’attaque des convois militaires de l’OTAN attribuée à des Tâlebân qu’il qualifie d' »acte terroriste » comme les autorités allemandes le faisaient pour désigner les actes de résistance contre l’occupant.

RFI titre « Peshawar : capitale mondiale du terrorisme ».
Commentaires : Il s’agit d’une reprise plus spectaculaire de l’article du Figaro.

Le Monde titre « La galaxie djihadiste pakistanaise à l’épreuve de Bombay ».
Commentaires : Le titre est destiné à amplifier la peur. Après les expressions comme « le monde arabo-musulman », la propagande nous sert le plat plus épicé de « la galaxie djihadiste ». Le contenu du reportage contient d’autres formules chocs comme la « force de frappe médicale » pour désigner l’efficacité des services médicaux du Jamaat-ud-Dawa lors des séismes du Cachemire en 2005.


Des militants du mouvement de droite Hindu Shiv Sena clament des slogans anti-Pakistan et brûlent un mannequin à l’effigie d’un membre du Lashkar-e-Taiba le 8 décembre 2008 à Amritsar
Source : AFP

La préparation de la guerre contre le Pakistan se poursuit :

• Les activistes des partis religieux, des partis nationalistes de droite et d’extrême-droite et le gouvernement indien lui-même attisent la haine contre les musulmans en général et contre les Pakistanais en particulier.

• Les USA, qui veulent leur victoire en Afghanistan [1] à tout prix, manipulent les uns et les autres – la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, le directeur du renseignement Mike McConnell et le chef d’état-major interarmées Michael Mullen ne sont pas venus dans la région pour cueillir des fleurs.

• La chasse au cerveau est ouverte. Elle rappelle étrangement celle organisée pour traquer Ben Laden et Mohammad Omar, qui courent toujours…

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, assurait qu’Islamabad était conscient de sa responsabilité pour agir contre ses groupes « terroristes ».
[…]
New Delhi et son nouvel allié américain imputent les attaques coordonnées de Bombay au LeT, l’un des mouvements armés fondamentalistes pakistanais qui assurent lutter contre l' »occupation » indienne du Cachemire et contre les « persécutions » dont seraient victimes les 150 millions de musulmans en Inde.
[…]
Des responsables militaires et de l’antiterrorisme américains, cités lundi par le New York Times, admettent que le LeT est plus puissant que ce qu’ils pensaient. Mais ils ne croient pas à l’implication des services secrets.
[…]
New Delhi accuse quasi-systématiquement le Pakistan à chaque attentat sur son territoire, en particulier les services de renseignements pakistanais qui, selon New Delhi, soutiennent et utilisent les nombreux groupes islamistes qui s’attaquent à l’Inde.
[…]
Dimanche, le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee a encore fustigé le Pakistan, sur fond de rumeurs relayées par Islamabad d’une éventuelle frappe militaire de représailles menée par New Delhi. Le président élu américain Barack Obama a reconnu dimanche « le droit d’un pays attaqué à se défendre », sans aller jusqu’à reconnaître à l’Inde le droit de poursuivre le LeT au Pakistan. 

AFP – Yahoo! Actualités et AFP – Yahoo! Actualités.


Des camions de l’Otan calcinés à Peshawar après une attaque d’insurgés le 8 décembre 2008
Source : AFP

Pendant ce temps, une centaine de véhicules de l’Otan ont été incendié apparemment dans un autre dépôt près de Peshawar. Le traitement médiatique de cette attaque diffère :

• hier, on parlait d’une « attaque audacieuse et spectaculaire » menée par « 250 talibans » pour incendier « 200 camions et d’autres véhicules » 

• aujourd’hui, on d’une « attaque » parle menée par « 200 hommes armés » pour incendier « une centaine de véhicules, dont 50 camions »

AFP – Yahoo! Actualités.

 


[1] Lire aussi : La guerre américaine : escalade de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan, Monde en Question.

Inde-États-Unis-Pakistan (4)


Les médias dominants se délectent de lieux communs, construits pour provoquer une peur réflexe : « talibans, islamistes, djihadistes… terrorisme ». A partir de la même dépêche d’agence, qui contient des informations souvent contradictoires, ils tissent un récit cohérent, trop cohérent pour être honnête. Mais le plus souvent, ils se contentent de réaliser un un simple copier-coller du contenu accompagné d’un titre et/ou d’une image choc [1].

Un autre lieu commun est l’expression « zones tribales » (« un repaire pour des groupes de talibans et combattants du réseau islamiste Al-Qaïda ») pour désigner une région que le Pakistan contrôle mal.


Environ 250 combattants ont attaqué deux dépôts de l’Otan près de Peshawar au Pakistan le 7 décembre 2008
Source : RFI

La dépêche AFP titre « Pakistan : 200 talibans attaquent un terminal d’approvisionnement de l’Otan », puis indique « Les insurgés armés, présentés comme étant des talibans » sans préciser qui présentent « les insurgés armés » « comme étant des talibans ». En l’espèce, il s’agit de combattants contre l’occupation de l’Afghanistan par des troupes de l’OTAN sous commandement américain.

On apprend par la même occasion combien les troupes de l’OTAN sont dépendantes de l’armée pakistanaise pour assurer la sécurité des convois qui transitent par son territoire vers l’Afghanistan. Nul doute que cela a un coût politique qui fait l’objet des tractations en cours entre l’amiral Michael Mullen, chef d’état-major interarmées américain, et les dirigeants de l’Inde et du Pakistan [2].

Non seulement le parti religieux Akali Dal, mais aussi le parti nationaliste BJP allié au parti d’extrême-doite Shiv Sena et le gouvernement lui-même attisent la haine contre les Pakistanais et contre les musulmans. De plus, Barack Obama a reconnu « le droit d’un pays attaqué à se défendre » [3]. Ces pressions sur les autorités pakistanaises font parti du « grand jeu » des États-Unis pour gagner la guerre en Afghanistan au risque de déstabiliser cette région [4]


[1] Exemple :
AFP – Yahoo! Actualités.
20 minutes.
Le Monde.
Il est facile de réaliser ce travail comparatif grâce à un agrégateur de flux RSS. A défaut, on peut comparer les dépêches d’agences de presse (AP, Reuters, AFP) publiées par Yahoo! Actualités et les articles publiés par les médias dominants via Alvinet Actualité.
[2] Un blog de Libération met en perspective cet événement :

75% du ravitaillement des 70.000 militaires occidentaux présents en Afghanistan passent par le Pakistan. Les containers et le matériel militaire débarquent à Karachi puis prennent la route vers le nord. Il n’existe que deux axes : au sud via la ville de Quetta vers Kandahar – une zone très dangereuse. Vers le nord, via Peshawar puis le col de Khyber (35 kilomètres de route de montagne, qu’il ne faut traverser que de jour et sous bonne garde). Avant cette dernière étape, les camions de ravitaillement, la plupart du temps affretés par des compagnies privées – s’arrête dans la base logistique Al-Faisal.
Cette attaque témoigne de la volonté des insurgés (talibans, djihadistes ou islamistes) de s’en prendre à la logistique de l’opération militaire occidentale. En terme militaire, il s’agit d’une très bonne stratégie (couper le ravitaillement) contre laquelle la coalition risque fort de se trouver désarmée puisqu’elle ne peut pas intervenir sur le territoire pakistanais.
Si la route du Pakistan devient de plus en plus dangereuse, quelles seraient les autres solutions : l’Iran est évidemment impossible. Outre la voie aérienne, horriblement couteuse, reste celle du nord, par les ex-républiques soviétiques. Donc au final, avec l’accord de la Russie – qu’il faudra alors ménager.
Afghanistan : les insurgés s’en prennent aux convois de ravitaillement au Pakistan, Secret Défense.

[3] AFP – Yahoo! Actualités.
[4] Les troupes de l’OTAN sous commandement américain font la guerre en Afghanistan sous le couvert du FIAS – Force internationale d’assistance à la sécurité, qui légitime les crimes de guerre contre la population civile en parlant de simples « bavures » ou « dégâts collatéraux ».

Inde-Russie-États-Unis-Chine-Pakistan (3)


Après l’attentat au Pakistan qui a fait au moins 22 morts et plus de 70 blessés et serait attribué à des groupes afghans [1], un tir de missile américain dans la même région a fait trois morts [AP – Yahoo! Actualités]

La Chine joue la carte du dialogue entre l’Inde et le Pakistan :

La Chine a appelé jeudi à plus de dialogue et de coopération entre l’Inde et le Pakistan dans le but de sauvegarder ensemble la paix et la stabilité en Asie.
Le porte-parole du ministère des A.E. Liu Jianchao a fait cette remarque en réponse à une question concernant l’attaque terroriste la semaine dernière à Bombay, le centre financier de l’Inde.
Xinhua – Le Quotidien du peuple.

La Russie privilégie le langage de la lutte antiterroriste :

« L’Inde et la Russie comprennent qu’elles doivent conjuguer leurs efforts pour combattre le terrorisme. Et les membres de la communauté internationale doivent aussi agir de concert pour vaincre le terrorisme. C’est très important », a pour sa part déclaré la présidente Patil.
RIA Novosti.

Mais, derrière le langage diplomatique, la Chine et la Russie n’oublient pas leurs intérêts économiques et militaires :

Les forces militaires chinoises et indiennes feront un entraînement militaire anti-terrorisme conjoint du 6 au 14 décembre en Inde, a annoncé jeudi le ministère chinois de la Défense.
Xinhua – Le Quotidien du peuple.

Le président russe Dmitri Medvedev et le premier ministre indien Manmohan Singh ont passé vendredi en revue, en présence des délégations des deux pays, la coopération économique, en matière d’armements et l’exploration de l’Espace.
RIA Novosti.

L’agence russe d’exportation d’armements Rosoboronexport projette de signer vendredi un contrat prévoyant la livraison à l’Inde de 80 hélicoptères de transport militaire Mi-27, a annoncé aux journalistes le directeur de Rosoboronexport, Anatoli Issaïkine.
RIA Novosti.

D’autres alliances se nouent :

Le président afghan Hamid Karzaï, le Pakistanais Asif Ali Zardari et leur homologue turc Abdullah Gül se sont engagés à lutter ensemble contre le terrorisme lors d’un sommet tripartite organisé vendredi à Istanbul. Cette réunion était la deuxième du genre, sur le sol turc mais celle-ci semble avoir porté plus de fruits.
RFI.

La police indienne a découvert des explosifs dans un hôpital de Nagpur :

Nagpur, dans l’Etat de Maharashtra, est le siège d’un groupe nationaliste hindou, le Rashtrya Swayamsevak Sangh.
Reuters – Yahoo! Actualités.

Elle a aussi arrêtés deux hommes « soupçonnés d’avoir fourni des cartes SIM (de téléphones portables) aux terroristes des attaques de Bombay ».

Selon la police, les deux suspects se nomment « Tousif Rahaman et Sheikh Muktar ». Ce dernier serait originaire du Cachemire, région dont la partie indienne est en proie à une insurrection séparatiste islamiste contre la souveraineté de New Delhi.
AFP – Yahoo! Actualités.

Commentaires : Dire « insurrection séparatiste islamiste » relève de la propagande. La division du Cachemire est l’héritage de la politique coloniale des britanniques. Le Cachemire est en fait divisée en trois zones :
• à l’ouest et au nord, la zone revendiquée par le Pakistan depuis 1947 ;
• au sud, celle revendiquée par l’Inde depuis 1947 ;
• à l’est, celle conquise par la Chine en 1962 et, au nord, celle cédée par le Pakistan à la Chine en 1963.

Pour pimenter le scénario de cette telenovela :

Un policier, dans le Cachemire indien, a affirmé que l’homme, Mukhtar Ahmed, faisait partie d’un réseau de contre-espionnage semi-officiel dont les membres sont souvent d’anciens militants cachemiris.
AP – Yahoo! Actualités.

La Jornada (quotidien mexicain) a traduit l’article de Tariq Ali « L’assaut sur Mumbai« .


[1] La responsabilité de l’attaque n’a pas été revendiquée mais le chef des autorités provinciales, Haider Khan Hoti, a déclaré que des « forces extérieures » pourraient être derrière cet acte terroriste, un commentaire qui au Pakistan désigne l’Inde.
AP – Yahoo! Actualités.

Inde-États-Unis-Pakistan (2)


Alors que gouvernement indien est obligé de reconnaître « des défaillances dans la gestion de cette crise« , il instrumentalise ces attentats en allumant la mèche de nouveaux pogromes anti-mulsulmans [1].

Dès les premières heures, les autorités indiennes ont accusé le Pakistan d’être responsable des attentats de Bombay sans aucune preuve. Tardivement, les services de renseignements américains (CIA) auraient fourni les preuves de l’implication des services secrets pakistanais (ISI).

Les services secrets pakistanais auraient trempé dans les attentats de Bombay, selon les médias locaux. Le gouvernement détiendrait des preuves, fournies par les services de renseignements américains.
Guysen

Mais les explications du ministre de l’Intérieur restent plus que confuses car il parle de preuves, établies non au présent mais dans le passé.

« Les preuves abondent, montrant que la source de cette attaque terroriste est clairement liée à des organisations que l’on a, par le passé, identifiées comme étant derrière des attentats terroristes », a d’ailleurs déclaré à Bombay le ministre de l’Intérieur Palaniappan Chidambaram.
AFP – Yahoo! Actualités

Enfin, un attentat a fait au moins 16 morts au Pakistan et serait attribué à des groupes afghans. Ceci complique la compréhension d’une situation où sont enchevêtrés les intérêts de l’Inde, du Pakistan, de l’Afghanistan et des États-Unis sans compter la Russie et la Chine !

L’attentat a été commis dans l’un des marchés les plus fréquentés de cette ville de plus de 2,5 millions d’habitants, le bazar de Qisakhawani, non loin d’une mosquée chiite, a précisé un autre officier, sous couvert de l’anonymat.
Depuis juillet 2007, le Pakistan est confronté à une vague sans précédent d’attentats, suicide pour la grande majorité, perpétrés pour l’essentiel par des talibans pakistanais. Plus de 1.500 personnes ont été tuées dans tout le pays dans ces attentats en 16 mois.
AFP – Yahoo! Actualités

 


[1] Attaques de Bombay : l’Inde gronde, les soupçons sur le Pakistan s’alourdissent, AFP – Yahoo! Actualités.
Sur le massacre perpétré en 2002 au Gujarat, au cours duquel quelque 2000 musulmans avaient été tués, lire : Interview complète de Christophe Jaffrelot, Monde en Question.

Inde-États-Unis-Pakistan (1)


Alors que l’AFP titre « Les États-Unis et l’Inde font monter la pression sur le Pakistan », les médias dominants présentent une version angélique de Condoleezza Rice qui s’emploierait « à faire baisser la tension entre l’Inde et le Pakistan » et ne parlent presque pas du directeur du renseignement américain Mike McConnell ni du chef d’état-major interarmées Michael Mullen, qui ne sont pas venus en Inde pour cueillir des fleurs. Tout cela rappelle étrangement l’Irak de 2003…

[…] les États-Unis soutiennent l’Inde dans leur guerre contre le terrorisme […]. La visite de la secrétaire d’État américaine avait pour but de calmer les tensions entre l’Inde et le Pakistan.
RFI.
Commentaires : En clair, les États-Unis soutiennent l’Inde contre le Pakistan. 

Le directeur du renseignement américain Mike McConnell a lui aussi accusé le mouvement islamiste Lashkar-e-Taïba d’être derrière les attentats.
Venue rencontrer les responsables indiens à New Delhi, Mme Rice a appelé le Pakistan à répondre « rapidement et de manière transparente » à ces accusations.
Tout en refusant de « se précipiter pour tirer des conclusions et dire qui est responsable », Mme Rice a estimé que ces attentats rentraient dans la catégorie du « genre de terrorisme auquel participe Al-Qaïda ».
AFP – Yahoo! Actualités.
Commentaires : En clair, l’Inde et les États-Unis accusent le Pakistan en lui demandant d’apporter les preuves qu’ils n’ont pas !

Malgré les pressions américaines, le Pakistan garde un atout majeur dans cette partie de poker menteur : le redéploiement de ses troupes de la frontière afghane vers la frontière indienne. Du coup, Condoleezza Rice modère ses propos :

L’Inde et des responsables américains ont attribué le carnage de Bombay à des groupes basés au Pakistan, mais aucune accusation n’a été portée contre l’Etat pakistanais ou ses services de sécurité.
Faux ! Mais cette petite phrase marque un retrait stratégique face aux menaces à peine voilées de l’armée pakistanaise.
Des responsables militaires pakistanais ont laissé entendre qu’ils pourraient renoncer à leurs opérations contre les groupes islamistes et retirer leurs troupes de la frontière afghane, où elles combattent Al Qaïda et les taliban, pour les transférer sur la frontière indienne si les tensions s’aggravaient.
Reuters – Yahoo! Actualités

Dmitri Medvedev est arrivé en Inde pour vendre des armes dans le cadre de « la lutte contre le terrorisme » [RIA Novosti]. L’agence russe fait opportunément état d’un rapport du Congrès américain :

« Les Etats-Unis doivent travailler avec la Russie (et d’autres pays) pour promouvoir les mesures de confiance entre l’Inde et le Pakistan », lit-on dans le rapport. En raison de la profonde méfiance entre les deux gouvernements, l’Inde et le Pakistan sont impuissants à régler les problèmes de la sécurité nucléaire, dont des questions relatives au « commandement et à la direction des forces nucléaires », souligne le rapport.
« Si les Etats-Unis et la Russie, s’appuyant sur leur propre expérience acquise à l’époque de la guerre froide se mettent à la tête des efforts internationaux, cela pourrait aider l’Inde et le Pakistan à lancer la mise en oeuvre des mesures de renforcement de la confiance en vue de réduire les facteurs de déstabilisation qu’implique la future modernisation de leurs arsenaux nucléaire », soulignent les auteurs du rapport.
RIA Novosti

La Chine, plus discrète, participe néanmoins à « la lutte contre le terrorisme » en organisant un exercice militaire avec l’Inde :

Les forces militaires chinoises et indiennes feront un entraînement militaire anti-terrorisme conjoint du 6 au 14 décembre en Inde, a annoncé jeudi le ministère chinois de la Défense. 

Chacune des deux armées enverra une compagnie d’infanterie pour participer à ce programme dont le nom de code sera « main dans la main 2008 ». L’exercice aura lieu dans le district de Belgaum au sud de l’Inde, indique le porte-parole du ministère Huang Xueping.

Cet exercice militaire devrait renforcer la compréhension et la confiance des deux pays l’un envers l’autre, et améliorer le développement des relations entre les armées chinoise et indienne, a-t-il dit.

Xinhua.

Le bloc-notes de Jean-Marie Colombani est un exemple d’argumentaire pour préparer les esprits à la guerre contre le Pakistan :

[…] les attentats commis à Bombay […] ont réattiré l’attention sur l’épicentre de ce terrorisme, qui était et reste le Pakistan. […] l’origine avérée de l’un au moins des assaillants désigne un groupe pakistanais extrémiste, longtemps protégé par le célèbre ISI, les services secrets d’Islamabad.
[…] le Pakistan est travaillé par des forces qui sont ouvertement favorables à Al-Qaïda et aux talibans [1].
[…] le président George W. Bush a regretté d’avoir été induit en erreur par les services américains, qui l’avaient convaincu, a-t-il réaffirmé, de l’existence d’armes de destruction massive en Irak. «Je n’étais pas préparé à la guerre», a-t-il dit. Cela fut et restera son erreur stratégique majeure : avoir méconnu que la logistique, les protections d’Al-Qaïda étaient au Pakistan, pays allié des Etats-Unis, et non en Irak.
Challenges.
Commentaires : En clair, George W. Bush s’est trompé de guerre et aurait du attaquer le Pakistan en 2003 ! Barack Obama comblera cette lacune… 

 


[1] Voir : Le terrorisme, une arme de propagande (8), Monde en Question.