Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Propagande médiatique

Vision américaine du monde


Suivre l’actualité, courir après le vent.
Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

Le site Visual Capitalist édite chaque semaine des graphiques accompagnés de commentaires à partir de données référencées.

À propos du coronavirus, un certain Nicholas LePan a publié ce schéma :

accompagné du commentaire suivant :

De nombreux systèmes de santé ont vu leur sécurité testée avec l’épidémie de Covid-19.
Bien qu’il soit encore très tôt, il semble qu’il existe une relation entre la sécurité sanitaire d’un pays et sa capacité à faire face aux pandémies.
Source

Or, il n’y a aucune corrélation entre la sécurité sanitaire d’un pays et le nombre de cas ou de morts du coronavirus (SARS-CoV-2). Je prendrai quatre exemples qui, selon les données de Worldometers au 05/05/2020, contredisent cette interprétation. Les données de l’OMS sont identiques à la décimale près.

France vs Allemagne
Selon la source de l’auteur le système de santé en France serait supérieur à celui de l’Allemagne : 68,2 contre 66. Or, la situation en France est de très loin plus mauvaise qu’en Allemagne.

France = 2 612,87 cas par million d’habitants – 391,14 morts par million d’habitants – 14,97% morts/cas (ratio le plus élevé du monde après le Royaume Uni)
Allemagne = 1 993,31 cas par million d’habitants – 83,46 morts par million d’habitants – 4,19% morts/cas

USA vs Chine
Selon la même source, l’indice de sécurité sanitaire serait de 83,5 aux États-Unis contre 48,2 en Chine. Or, si le ratio morts/cas est quasi égal, les autres indicateurs sont bien plus mauvais aux États-Unis qu’en Chine.

USA = 3 737,11 cas par million d’habitants – 218,25 morts par million d’habitants – 5,84% morts/cas
Chine = 57,58 cas par million d’habitants – 3,22 morts par million d’habitants – 5,59% morts/cas

L’article ne dit pas bien évidement que le système de santé aux États-Unis est l’un des plus inégalitaires du monde. Ainsi, près de 27,5 millions d’Américains, soit 10% de la population, ne bénéficiaient d’aucune protection en 2018.
Si le système de santé est meilleure en France, les inégalités ne cessent d’augmenter et plus encore pendant le confinement imposé à tous… pour sauver le système de santé [1].

05/05/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Revues de presse, Monde en Question.
Revue de presse Santé publique Monde, Monde en Question.
Revue de presse Santé publique Chine, Chine en Question.


Notes et références


[1] Lire :
L’exceptionnel système de santé américain – Critique d’une médecine à vocation commerciale, Actes de la recherche en sciences sociales, 2001.
Le système de santé aux États-Unis, ADSP, 2001.
Le système d’assurance santé aux États-Unis, DREES, 2007.
Le système de santé aux États-Unis, Revue Pratiques et Organisation des Soins, 2009.
Pourquoi le système de santé américain n’est pas solidaire, France Culture, 2020.
Aux États-Unis, un système de santé inégalitaire à l’épreuve du coronavirus, LCI.
Revue de presse Société, Monde en Question.
Dossier Pauvreté (avec liens), Monde en Question.

Sondages COronavirus et CONfinement


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Penser l’actualité, marcher à contre-courant.

 

Une très grande publicité est faite à la note de synthèse nº2 de l’étude COCONEL (COronavirus et CONfinement Enquête Longitudinale).
Il s’agit des interprétations de sondages IFOP réalisés du 31 mars au 02 avril qui abordaient les perceptions que les 1005 Français interrogés, après deux semaines de confinement, avaient à cette époque des risques induits par l’épidémie Covid-19.
Les interprétations de ces sondages d’opinions avaient déjà fait l’objet des notes de synthèse nº2 et nº4 du 8 avril 2020, mais sont présentées le 22 avril 2020, soit vingt jours plus tard, comme une enquête sociologique sous le titre le confinement vu par les sciences sociales.

J’avoue que, dans un premier temps, je me suis laissé abusé par le titre à caractère scientifique de cette présentation qui est mise en ligne et donc cautionnée par l’IHU Méditerranée Infection dirigé par le Pr. Didier Raoult.
J’ai, dans un deuxième temps, fait un recherche pour tenter de comprendre les enjeux de cette mise en scène.

Enquête réalisée par l’IFOP pour le consortium COCONEL, qui réunit des chercheurs de l’UMR VITROME, du Centre d’Investigation Clinique Cochin-Pasteur, de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique et de l’Observatoire régional de la santé Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur. […] Il bénéficie d’un financement par le Fonds de Crise de l’Institut de Recherche pour le Développement, et par l’appel à projets Flash Covid-19 de l’Agence Nationale de la Recherche.
Source

Trois groupes d’acteurs se partagent la responsabilité de ces sondages, présentés abusivement comme une étude :
– les institutions qui financent le projet, notamment l’IRD qui fut le pilier de la science coloniale ;
– des chercheurs de la santé qui, en tant que clients-prescripteurs, apportent leur caution scientifique ;
– l’entreprise IFOP qui réalise les sondages et les interprétations.

Ces acteurs ont des objectifs et des méthodes différentes, mais ils partagent la même croyance : les sondages ne reflètent pas seulement l’opinion des 1005 Français qui ont répondu au questionnaire auto-administré en ligne à un moment donné, mais celle de TOUS les Français au jour de la publication des interprétations.
Chacun fait son analyse : les chargés d’études de l’IFOP, via les notes de synthèse destinées au client dont certaines sont publiées sur le site, et les diverses institutions clientes via leurs commentaires dont celle de Patrick Peretti Vatel de l’IHU (voir en fin d’article).

Il y a bien longtemps que je ne critique plus les sondages. Le lecteur intéressé pourra lire ou relire les articles sur ce thème notamment celui qui évoque les question à se poser.

On se rend compte que la méthodologie utilisée par l’IFOP est assez fantaisiste. L’échantillon comprend 504 réponses sollicitées du 31 mars au 1er avril et 500 du 1er au 2 avril. Or, il est clair que les opinions exprimées varient selon la date du sondage. Le fait donc de réaliser deux sondages sur quatre jours et d’amalgamer les résultats fausse les interprétations qu’on peut en faire d’autant que l’intervalle de confiance diminue. La marge d’erreur se situe entre entre 1,4 et 3,1 pour un échantillon 1000 personnes, mais entre 1,9 et 4,5 pour un échantillon 500 personnes.

Ainsi, à la première question, Vous personnellement, comment vous en sortez-vous avec les revenus de votre foyer ?, il est impossible de trancher entre facilement (42%) et difficilement (45%) car la marge d’erreur est supérieure à la différence entre les deux réponses (4,4 au lieu de 3 points).
De plus, les personnes interrogées avaient l’obligation de dire qu’il ressentait un changement car aucun autre choix n’était proposé.

La deuxième question, Diriez-vous que ces difficultés sont liées à des pertes de revenus consécutives au confinement ?, confirme la causalité pré-établie du confinement et donc du coronavirus.
Il faut rappeler que tous les gouvernements n’ont pas imposer un confinement à leur population. La Suède, par exemple, ne l’a pas fait alors que le nombre de morts par million d’habitants est supérieur à celui de l’Allemagne (156 contre 56 le 20/04/2020). À l’inverse, le Mexique a copié-collé les mesures françaises alors que le nombre de morts par million d’habitants était de 5,52 contre 310,46 en France le 20/04/2020 [1].

Je ne détaillerai pas davantage l’examen du biais des questions et donc des réponses induites car chacun peut continuer cette lecture critique en la corrélant à des données en provenance d’autres sources.

L’analyse de ces sondages, publiée dans la note de synthèse nº2 par l’IFOP, est sous-titrée Acceptabilité d’un futur vaccin alors que cette question fut posée dans les précédents sondages l’un du 27 au 28 mars et l’autre du 28 au 30 mars.
Il s’agit clairement d’une prescription. L’IFOP utilise ces sondages pour influencer les décisions à prendre :

A court terme, la stratégie déployée face à l’épidémie vise à la ralentir grâce au confinement, et à trouver au plus vite un traitement efficace. A plus long terme, il s’agira de mettre au point un vaccin.
Le fait que 22 % des plus de 75 ans refuseraient le vaccin pourrait néanmoins inciter les pouvoirs publics à cibler cette population lors de la mise en place d’une campagne de prévention.

En bref, ces sondages mesurent moins l’opinion des personnes interrogées que la rémanence de la propagande médiatique auprès d’un échantillon de personnes qui possèdent une pratique des outils internet suffisante pour répondre à un questionnaire auto-administré en ligne.

 

Patrick Peretti Vatel croit que le consensus à propos du confinement est une réalité sociale et non le résultat de la campagne médiatique menée en boucle à l’échelle nationale comme à l’échelle mondiale depuis plus de deux mois [02’39].
Ce docteur en sciences humaines et sociales a une foi inébranlable dans les sondages au point de faire la publicité pour l’IFOP [00’17]. Détail significatif, il ne cesse de répéter quand on demande aux Français ou, pire encore, les Français pensent que.
S’il critique la surmédiatisation de l’épidémie [04’25], il y participe en cautionnant les sondages et en mélangeant son interprétation des résultats et ses opinions personnelles. Sa conclusion sur la prédiction d’une fin de l’épidémie en 2021… laisse rêveur [2].

Pour conclure, il faut se rappeler qu’en 1916, le président Woodrow Wilson se fit réélire sur une position pacifiste. En 1917, il créa la commission Creel pour retourner l’opinion publique en faveur de la guerre grâce à la propagande d’un certain Edward Bernays [3].

24/04/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Étude COCONEL (COronavirus et CONfinement Enquête Longitudinale) :
– 08/04/2020, vague 1, IFOP : résultats des sondages et note de synthèse.
– 08/04/2020, vague 2, IFOP : résultats des sondages et note de synthèse.
– Note de synthèse nº1, nº2, nº3, IHU Méditerranée Infection.
– Présentation des sondages réalisés du 31 mars au 2 avril sous le titre le confinement vu par les sciences sociales, IHU Méditerranée Infection.
– Note de synthèse nº1, nº2, nº3, nº4, Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).
– Note de synthèse nº1, nº2, nº3, nº4, nº5, nº6, Observatoire régional de la santé (ORS PACA).
Bulletins (de santé) du coronavirus, Monde en Question.
Revues de presse, Monde en Question.
Dossier Santé, Monde en Question.
Dossier Statistiques & Sondages, Monde en Question. Je recommande 3 livres :
– Joseph KLATZMANN, Attention, statistiques ! – Comment en déjouer les pièges, La Découverte, 1996
– Association Pénombre, Chiffres en folie – Petit abécédaire de l’usage des nombres dans le débat public et les médias, La Découverte, 1999
– Lorraine DATA, Le grand truquage – Comment le gouvernement manipule les statistiques, La Découverte, 2009
Dossier Statistiques & Sondages (avec liens), Monde en Question.


Notes et références


[1] Lire : Covid-19, une réponse sous influence ?, UK ColumnEntelekheia et Récapitulatif données, FranceMexique.

[2] Patrick Peretti Vatel évoque des dates (début août 2010, octobre 2020 et début 2021) alors que les choix proposés étaient :
1 semaine
2 semaines
3 semaines
4 à 5 semaines
6 semaines
7 à 12 semaines
13 à 26 semaines
27 semaines et plus
• Les réponses des sondages du 27 mars au 30 mars :
6 semaines = 1%
7 à 12 semaines = 21%
13 à 26 semaines = 61%
27 semaines et plus = 17%
• Les réponses des sondages du 31 mars au 2 avril :
7 à 12 semaines = 21%
13 à 26 semaines = 63%
27 semaines et plus = 16%
Les différences sont peu significatives.

[3] Lire : Dossier Edward BERNAYS, Monde en Question et Dossier Edward BERNAYS (avec liens), Monde en Question.

La manipulation des chiffres du coronavirus


 

Les propos du Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, n’ont été entendu ni par les médias ni par les politiques :

Ce qui aggrave encore l’épidémie, c’est que de fausses informations circulent encore plus vite sur Internet que le nouveau coronavirus.
Source

Les médias ont accusé la Chine d’avoir enfermé la population du Wuhan dans une prison à ciel ouvert. Or, cette mesure a considérablement limité la propagation de l’infection vers les autres régions.

Au 17/03/2020, la Chine totalise 80 894 cas du coronavirus et 3 237 morts dont 67 800 cas (83,81%) et 3 122 morts (96,45%) dans la province du Hubei.
Source

Il semble que la démocratie libérale à la française veuille fait mieux que la dictature communiste à la chinoise en ordonnant, avec l’aide massive de l’armée, un confinement stricte de toute la population pour un temps indéterminé. Les infractions seront sanctionnées d’une amende de 135 euros (Source) !

Le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait pourtant mis en garde :

Vous ne pouvez pas combattre un virus si vous ne savez pas où il se trouve. Trouvez, isolez, testez et traitez chaque cas, pour briser les chaînes de transmission.
Source

Comme en 2009 à propos de la grippe A(H1N1), je suis contraint de répéter que communiquer uniquement sur le nombre cumulé de cas ou de morts donne une vision totalement fausse de l’évolution d’une infection. Il est évident que ce nombre sera toujours croissant et donc non significatif.

Les lanceurs de nouvelles hystériques spéculent sur le taux de mortalité (nombre de morts / nombre de cas) en imaginant une augmentation délirante du nombre de cas et donc de morts.

Si on imagine que les cas doublent tous les 5 jours, cela fait 4000 cas le 27 février, 8000 le 3 mars, 10 000 le 8 mars, 20 000 le 13 mars, 40 000 le 18 mars.
Source

Le taux de mortalité du coronavirus est certes plus élevé que celui de la grippe saisonnière, mais le nombre de cas est lui beaucoup moins élevé.

Bref, il est plus mortel… mais fait beaucoup moins de morts.
Source

Pour s’en tenir aux faits, l’indicateur pertinent est le taux de surmortalité (moyenne nombre de morts par jour du coronavirus / moyenne nombre de morts par jour toutes causes confondues).

Au 18/03/2020, la France totalise depuis le 25/01/2020 6 573 cas du coronavirus et 148 morts. La moyenne est de 2,79 morts par jour du coronavirus sur 1 707 toutes causes confondues, soit une surmortalité de 0,16%.
Source

Le nombre cumulé de cas dissimule aussi celui des cas résolus :

Au 18/03/2020, la Chine totalise depuis le 21/01/2020 80 928 cas dont 70 420 cas guéris, soit 87,02 % ! Si on ajoute les morts, 73 665 cas étaient donc résolus, soit 91,03 % !

Le nombre de cas actifs baisse régulièrement en Chine :

15/03/2020 = 9 848 cas actifs
16/03/2020 = 8 936 cas actifs
17/03/2020 = 8 043 cas actifs
18/03/2020 = 7 263 cas actifs

Voilà la preuve que les chiffres, dont on nous abreuve quotidiennement, relèvent de la propagande politique et médiatique – les médias étant les chiens de garde des politiques.

Restons donc vigilants sans céder à la psychose ambiante !

18/03/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
16/03/2020, Le coronavirus et la matrice de la peur pour changer de société, Russie politics.
Statistiques coronavirus en France, Chine en Question.
Revue de presse Santé publique Monde, Monde en Question.
Statistiques coronavirus en Chine, Chine en Question.
Revue de presse Santé publique Chine, Chine en Question.
Paul NIZAN, Les chiens de garde, 1932.
Serge HALIMI, Les nouveaux chiens de garde, 1997.
Dossier Propagande, Monde en Question.

Analyse de l’allocution d’Emmanuel Macron


Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre.

L’allocution d’Emmanuel Macron du 12/03/2020 est un modèle de communication mensongère.

 

D’emblée, le président de la République dit n’importe quoi :

Cette épidémie, qui affecte tous les continents et frappe tous les pays européens, est la plus grave crise sanitaire qu’ait connu la France depuis un siècle.
Source [00’28]

Premièrement, on ne pourra vraiment dire que cette épidémie fut grave qu’une fois qu’elle sera terminée et qu’on aura réalisé le bilan pour chaque pays.
Deuxièmement, Emmanuel Macron oublie les pandémies de 1918-1919 et 1956-1958. Or, on a dénombré en France 408 000 morts de la grippe dite « espagnole » de 1918-1919 et 100 000 morts de la grippe dite « asiatique » de 1956-1958.

Il prétend que la santé n’a pas de prix [11’06]. Ce qui est totalement faux bien évidemment comme le rappelle Gilbert Deray, professeur à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, et Gérard Filoche, inspecteur du travail à la retraite :

Je suis inquiet que notre système de santé, déjà en grande difficulté, ne soit prochainement débordé par un afflux de malades au moindre signe de syndrome grippal.
Source

Macron casse les hôpitaux, il bloque les crédits pour la santé, son prochain truc, c’est de casser la Sécu après avoir cassé les retraites. Et le gars pendant neuf mois ne répond pas aux retraites, pas d’intervention […] Il vient parler à deux jours des Municipales sur le coronavirus, mais qu’il se cache ! Qu’il se taise !
Source

Il donne un conseil paradoxal [21’27] [1] :

Je compte sur vous aussi pour prendre soin des plus vulnérables de nos compatriotes. Ne pas rendre visite à nos aînés est, j’en ai bien conscience un crève-cœur, c’est pourtant nécessaire temporairement.

Gilbert Deray, professeur à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, commente ainsi cette manipulation schizophrénique de la communication :

Je suis inquiet pour nos anciens déjà seuls et qu’il ne faut plus ni voir ni toucher de peur de les tuer. Ils mourront plus vite, mais « seulement » de solitude.
Source

Emmanuel Macron ne dit rien des traitements pourtant utilisés avec succès en Chine, mais attend un miraculeux vaccin [12’38]. Or, il faut se souvenir qu’en 2010 le gouvernement avait acheté des millions de doses du vaccin contre la grippe A/H1N1 qui n’ont servi à rien et furent jetées à la poubelle [2].

Quant aux mesures nationales de confinement, elles paraissent démesurées en l’état actuel de l’épidémie en France. Car, comme l’a rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus Vous ne pouvez pas combattre un virus si vous ne savez pas où il se trouve ! (Source). La Chine n’a pris des mesures de confinement que pour Wuhan, la capitale de la province du Hubei.

Le président de la République a repris les propos alarmistes du ministre de l’Education destinés à justifier les mesures de confinement des crèches, écoles, lycées et universités. Ce plaidoyer pro-domo n’a aucune valeur car il est un vulgaire copié-collé des propos délirants d’un médecin de Hong Kong :

Il y a une possibilité que 60% de la population mondiale finisse par contracter le virus. Le taux de propagation est tel, selon lui, que même si les mesures actuelles de contingentement s’avèrent nécessaires et efficaces aux premiers stades de l’épidémie, celle-ci risque de se propager bien au delà des pays actuellement touchés.
16/02/2020, Source

Interrogé sur France Info, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a estimé que 50 à 70% de la population [devrait finir] par être contaminée par le virus, précisant que c’était ce que disaient les scientifiques.
15/03/2020, Source

En conclusion, l’allocution d’Emmanuel Macron alimente et amplifie la psychose médiatique. Pour ma part, je reste vigilant sans y céder ! À vous de voir…

13/03/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Texte de l’allocution d’Emmanuel Macron, Réseau Voltaire.
Deux indicateurs du coronavirus à suivre, Chine en Question.
Statistiques coronavirus en Chine, Chine en Question.
Revue de presse Santé publique Chine, Chine en Question.
Revue de presse Santé publique Monde, Monde en Question.
Sources Coronavirus, Chine en Question.


Notes et références

[1] Lire :
La « manipulation » dans la communication, Communication et organisation.
Double-Contrainte (injonction paradoxale), Moniteur Educateur.
Paul WATZLAWICK, La réalité de la réalité – Confusion, désinformation, communication, Seuil, 1976.
Jean-Jacques WITTEZAELE (sous la direction de), La double contrainte, De Boeck, 2008 [Texte en ligne].
Dossier Palo Alto, Monde en Question.
[2] Lire : Articles A/H1N1, Monde en Question.

Information vs Propagande


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Un astéroïde capable de détruire l’humanité en cas de collision frôlera notre planète en avril

Un astéroïde d’un diamètre compris entre 1,5 et 4,1 kilomètres s’approche à environ 8,7 kilomètres par seconde et passera à côte de notre planète le 29 avril, informe la Nasa.

L’astéroïde qui passera le 29 avril à côté de la Terre a été considéré par la Nasa comme un objet céleste capable de dévaster notre planète dans un scénario de collision.

Le diamètre de l’astéroïde a été calculé par l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace (Nasa) comme étant compris entre 1,5 et 4,1 kilomètres. À titre de comparaison, une collision avec un objet céleste de diamètre d’un kilomètre serait assez pour mettre fin à l’humanité.

Les astronomes précisent que l’astéroïde, portant le numéro 52768, s’approche à la vitesse de 8,7 kilomètres par seconde. Selon leurs estimations, il devrait passer près de la Terre le 29 avril.

Si l’astéroïde ne change pas de trajectoire, il passera à une distance de 6,3 millions de kilomètres de la Terre, selon les médias anglophones.

Source : Sputnik

Des astronomes chinois découvrent un nouvel astéroïde qui survolera la Terre

Des astronomes chinois ont récemment découvert un nouvel astéroïde et ont prédit qu’il volerait par la Terre au début du mois de mai.

L’astéroïde, désigné 2020 DM4, a été découvert fin février par l’Observatoire du Mont Pourpre (PMO) de l’Académie des sciences de Chine (ASC).

« 2020 DM4 s’approche de la Terre. Nous estimons que la distance la plus proche entre l’astéroïde et la Terre serait d’environ 7,35 millions de kilomètres. Il présente une menace potentielle, mais nous n’avons pas à nous en inquiéter », a déclaré Zhao Haibin, chef de l’équipe de recherche du Near-Earth Object Survey Telescope au PMO.

Les astronomes ont utilisé le télescope chinois Near-Earth Object Survey, basé à Xuyi, dans la province du Jiangsu (est), pour étudier en direction de Leo dans la nuit du 26 février, et ont découvert un objet sombre en mouvement, dont la vitesse apparente est très différente de celle d’un astéroïde typique de la ceinture principale.

Ils en ont fait état auprès du Centre des Planète mineurs (CPM) de l’Union astronomique internationale et ont partagé l’information avec d’autres pays. Après cela, onze autres télescopes à travers le monde ont suivi et surveillé conjointement l’astéroïde.

Sur la base des données d’observation globales, les astronomes ont déterminé l’orbite de 2020 DM4, et le CPM a annoncé le 29 février la découverte de cet astéroïde potentiellement dangereux.

La Chine a rejoint le Réseau international d’alerte aux astéroïdes en février 2018, et le CPM fait avancer la construction de son propre réseau de surveillance, d’alerte et d’observation des objets proches de la Terre.

Cependant, la capacité de la Chine dans la surveillance et l’alerte d’objets proches de la Terre est encore limitée. La Chine a besoin de développer de plus grands télescopes pour améliorer sa capacité et jouer un rôle plus important dans le domaine de la surveillance et d’alerte précoce internationales des astéroïdes, a déclaré M. Zhao.

Source : Xinhua

Je laisse le soin aux lecteurs de déterminer la source qui informe et celle qui fait la propagande d’une catastrophe… pire que celle du coronavirus.

05/03/2020
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Index Sciences, Monde en Question.
Dossier Sciences, Monde en Question.
Veille informationnelle Sciences, Monde en Question.
Dossier Propagande, Monde en Question.

Propagande à l’alerte jaune


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Cela faisait longtemps que les médias français n’avaient pas eu l’occasion de faire leurs gros titres sur le fameux « péril jaune » qui fait toujours vendre.

Tout démarre avec le coronavirus, une nouvelle forme de syndrome respiratoire, analogue au SRAS, qui est apparu à Wuhan (province du Hubei, Chine) début décembre 2019.

L’occasion était trop belle pour la presse de l’établissement qui se permet des titres comme « Alerte jaune », une référence ouvertement raciste à la couleur de peau des Asiatiques.

Aujourd’hui, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis fait rage et la France a choisi son camp qui est bien entendu celui du maître américain. Dès qu’une occasion de dénigrer la Chine se présente, cette presse méprisable aux ordres ne manque pas de se jeter dessus comme un chien qui se jette sur un os.

Tous les ans, la grippe tue des milliers de personnes mais cela n’intéresse pas ce genre de presse. Les médias adorent faire peur. C’est un peu leur fond de commerce. Et dès qu’il s’agit de dénigrer la Chine, ils sautent sur l’occasion.

Il est grand temps pour ceux qui souhaitent vraiment s’informer de boycotter les médias français et de se tourner vers certains organes de la presse étrangère ou de certains blogs francophones plus informés que cette presse de l’établissement qui désinforme plus qu’autre chose.

Source : La gazette du citoyen

Lire aussi :
Articles péril jaune, Chine en Question.
Revue de presse Chine Santé publique, Chine en Question.
Dossier Chine, Monde en Question.
Veille informationnelle 中國 Chine, Monde en Question.

Des universitaires Charlie-Macron


 

Emmanuel Macron appelle à se mobiliser contre « l’hydre islamiste » en France, mais soutient les terroristes islamistes du Xinjiang au nom des droits de l’homme !

Des universitaires volent au secours de Charlie-Macron en enquêtant sur les minorités musulmanes soi-disant opprimées en Chine, mais pas sur ces mêmes minorités consensuellement persécutées en France.

Source : Enquêter sur les minorités musulmanes en Chine aujourd’hui, CECMC.

30/11/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Ordre Nouveau-Charlie, Monde en Question.
Islamophobie, Monde en Question.

Arte censure Donald Trump sur le 11/9



Les dessous des dessous des cartes
MAJ le 03/11/2019

 

Selon l’accroche publicitaire d’Arte : Le dessous des cartes décrypte les enjeux de notre monde contemporain au moyen de cartes géographiques.
Cette émission hebdomadaire fut créée en 1990 et diffusée sans interruption sur La Sept puis sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte depuis 1992. Elle a été présentée par Jean-Christophe Victor jusqu’à sa mort en 2016. Il en préparait le contenu avec l’aide du Laboratoire d’études prospectives et d’analyses cartographiques (LÉPAC) dont il était co-fondateur avec Virginie Raisson. Le 2 septembre 2017, l’émission a été reconduite avec Emilie Aubry comme présentatrice. [1].

Le 19/10/2019 Arte a diffusé Donald Trump : perturbateur mondial :

La politique étrangère de Donald Trump se veut en rupture avec le consensus bipartisan en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, fondé sur le leadership politique et moral de l’Amérique, la défense de l’ordre international libéral et la promotion du libre-échange. Place à l’unilatéralisme de l' »Amérique d’abord ». Avec quelles limites ? Et quelles conséquences pour l’ordre mondial ?

 

Il s’agit encore d’un document de propagande qui prétend que les États-Unis sont présents au Moyen-Orient pour lutter contre le terrorisme [06’12] alors que, dix jours plus tôt, Donald Trump a clairement dit :


Les États-Unis ont dépensé HUIT MILLE MILLIARDS DE DOLLARS dans les guerres et les opérations de sécurité au Moyen-Orient. Des milliers de nos grands soldats sont morts ou ont été grièvement blessés. Des millions de personnes sont mortes dans l’autre camp. INTERVENIR AU MOYEN-ORIENT A ÉTÉ LA PIRE DÉCISION JAMAIS PRISE DANS L’HISTOIRE DE NOTRE PAYS ! Nous sommes allés en guerre sur la base d’une fausse hypothèse, maintenant démentie, DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE. Il n’y en avait AUCUNE ! Maintenant, nous ramenons lentement et prudemment nos grands soldats à la maison. Nous nous concentrons sur la GRANDE IMAGE ! LES ÉTATS-UNIS SONT PLUS GRANDS QUE JAMAIS !
Source : Donald J. Trump et Donald J. Trump, 09/10/2019.

Ainsi LÉPAC, sous la couverture d’Arte, censure Donald Trump pour continuer à diffuser la propagande sur le 11 septembre 2001 [2] !

Le magazine dit aussi sans sourciller que les États-Unis s’appuient sur des régimes amis : l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et Israël [08’03] et sans naturellement rappeler l’implication de l’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre ni la politique d’apartheid mené par les gouvernements israéliens contre les Palestiniens depuis 1948.

Enfin, les auteurs sont fiers de répéter que les États-Unis restent la plus grande puissance militaire avec 1 300 000 soldats sur toute la planète et un budget de 700 milliards de dollars soit 36% des dépenses militaires mondiales [10’16] sans en faire l’analyse géoéconomique (augmentation du déficit budgétaire) et géopolitique (contrôle militaire de la planète). Dans un précèdent magazine, ils trouvaient anormale la présence de touristes chinois en mer de Chine dans une zone qui n’appartient pas à la Chine, mais tout-à-fait normal la présence de l’armée américaine en mer de Chine [3].

23/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] LÉPAC semble une structure opaque créée par Jean-Christophe Victor et Virginie Raisson. Franck Tétart, Emilie Aubry et certainement d’autres collaborateurs de l’émission en font partie :
Jean-Christophe Victor est le fils de l’explorateur Paul-Émile Victor et de la productrice de télévision Éliane Decrais.
Paul-Émile Victor a dirigé de 1947 à 1976 les expéditions polaires françaises afin de consolider ses colonies. Lire : Yves LACOSTE, La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, La Découverte, 1976.
En 1958, Éliane Decrais a raconté au magazine Elle l’opération à cœur ouvert de son fils qui avait dix ans. Europe 1 a alors lancé une campagne de solidarité qui a recueilli cent quarante millions de francs. Dans la foulée, Pierre Lazareff, patron de France-Soir, lui confie le poste de secrétaire générale de Cinq colonnes à la une.
Voilà qui aida beaucoup Jean-Christophe Victor à faire carrière à la télévision.
Virginie Raisson-Victor est présidente de LÉPAC, organisme qui figure au générique de l’émission à titre de collaboration scientifique. Fiche : Les Utopiales.
Franck Tétart fait partie de LÉPAC, mais contrairement à sa présentation sur Diploweb, il figure au générique de l’émission à titre de responsable scientifique. Fiche : Diploweb.
Émilie Aubry fait aussi partie de LÉPAC, mais sa fiche est curieusement hébergé sur le site Programme Solidarité Eau. Elle fait des ménages non seulement pour Arte (son beau-père fut directeur délégué aux programmes d’Arte de 1992 à 2006) mais aussi pour France Culture. Lire : Ménages, Acrimed.
Elle garde bien évidemment les équipes de LÉPAC : Puremedias.


Le style journalistique d’Émilie Aubry

[2] Lire :
Jean-Marie Colombani, Nous sommes tous Américains, Le Monde, 13/09/2001.
Articles sur L’im-Monde, Monde en Question.

3] Lire :
Mer de Chine : bataille navale ?, Arte, 30/09/2019 [00’23].
Le réseau mondial des bases militaires US, Mondialisation.
Les bases de l’armée US dans le monde vues du ciel, Ouest France.

Lire aussi :
Dossier 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier Propagande, Monde en Question.

Notre-Dame de Paris vs Les misérables



 

Les médias dominants se sont enflammés pour le spectacle de l’incendie de Notre-Dame de Paris qui occulte opportunément l’incendie social des gilets jaunes. Dans la France, plus catholique que laïque, on mobilise en quelques heures des centaines et des centaines de millions d’euros pour restaurer Notre-Dame de Paris, mais on ne trouve pas un centime pour les travailleurs en difficulté et encore moins pour les chômeurs – salauds de pauvres !

Les grands patrons, si pingres avec leurs travailleurs, annoncent des dons de 100 millions d’euros (la famille Pinault et le groupe pétrolier Total soit 200 millions d’euros) et de 200 millions d’euros (la famille Arnault, la famille Bettencourt-Meyers, le groupe l’Oréal et le groupe LVMH soit 800 millions d’euros) [RCI]. Le CIO, rivalisant avec les grandes fortunes françaises, promet un don 500 millions d’euros [AFP] !

Que d’émotions soudaine pour un bâtiment qui nécessitait d’importants travaux de restauration, au moins comparables à ceux du XIXe siècle, mais commencés sans beaucoup de ressources. L’engouement pour le roman de Victor Hugo avait suscité une campagne de donations qui financèrent les travaux menés par Eugène Viollet-le-Duc entre 1844 (il n’avait alors que 30 ans) et 1864. Il semble que cet incendie ait suscité des dons à la hauteur d’un chantier de longue haleine – au moins quinze ans selon les architectes les plus optimistes.

Il faut rappelé que la construction de Notre-Dame de Paris, qui dura presque deux cents ans (1163-1345), subit beaucoup de transformation au fil des siècles : camouflage des parties romanes (1250-1268), camouflage les piliers gothiques à la Renaissance, réaménagement complet du chœur au XVIIe siècle, destructions pendant la Révolution et restauration – en partie contestée – au XIXe siècle. Au total, la Notre-Dame de Paris du XXIe siècle ressemble de très loin à celle du XIIe siècle.

Il faut aussi rappelé que Notre-Dame de Paris fut construite, à la place de la cathédrale romane, après l’échec de la seconde Croisade sur l’initiative de l’évêque Maurice de Sully et avec l’aide de Louis VII. La deuxième Croisade, prêchée par Bernard de Clairvaux (le plus grand propagandiste de l’époque), s’acheva par un désastre en 1149 suite à l’échec du siège de Damas (l’histoire bégaie). Mais les chrétiens voulaient gagner la guerre contre les musulmans en construisant des lieux de culte de plus en plus grands – à la mesure de leurs ambitions.

Hier comme aujourd’hui, la caste des riches construisent de manière ostentatoire des bâtiments pour affirmer leur pouvoir économique et culturel sur l’immense majorité des peuples. N’en déplaise aux révolutionnaires [Révolution Permanente], la vie de millions de travailleurs qui se débattent quotidiennement pour survivre vaut plus que les pierres d’une église aussi prestigieuse soit-elle.

19/04/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Dossier Incendie Notre-Dame de Paris, Monde en Question, 15-19/04/2019.
La grande histoire de Notre Dame de Paris, Notre Dame de Paris.
Historique de la construction, Notre Dame de Paris.
Victor HUGO, Notre-Dame de Paris, 1831 [Texte en ligne].
Victor HUGO, Les misérables, 1862 [Texte en ligne].
André GUESLIN, D’ailleurs et de nulle part – Mendiants, vagabonds, clochards, SDF en France depuis le Moyen Âge, Fayard, 2013 [Texte en ligne].
Dossier Économie sociale, Monde en Question.
Dossier Inégalités & Précarité, Monde en Question.
Dossier pauvreté, Monde en Question.

Incendie de Notre-Dame de Paris


La meilleure photo : une croix de feu !


Toute la toiture s’est effondrée, mais la structure de l’échafaudage d’où est parti l’incendie reste debout (le carré noir à la croisée des transepts).

 

La meilleure vidéo : Notre Dame fire, Global News, 15/04/2019

 

Le meilleur article : Joseph GHOSN, Notre-Dame de Paris : Ce que l’incendie dit de nous, Vanity Fair, 15/04/2019

Notre-Dame brûle, et la planète entière regarde les images à la télé ou sur Instagram. Mais qu’est-ce que cet incendie raconte de l’époque ? Tout ou rien ?

Le matin même, un ami m’envoyait la photo d’un de mes livres préférés, la première édition d’un texte intitulé Rhizome, de Gilles Deleuze et Felix Guattari. Le texte a été repris dans le livre 1000 Plateaux mais il était là dans sa première version. Et sa première page contient une phrase qui dit ceci, à propos de ses auteurs travaillant ensemble : nous ne sommes plus nous-mêmes. Et devant les images de Notre-Dame qui s’effondre sous les flammes, quelque chose résonne de la même façon : Notre-Dame en feu dit bien que nous ne sommes plus nous-mêmes. Que Paris brûle, et que nos yeux n’en croient rien. Par écho de nos souvenirs, reviennent les images, évidemment, des tours s’effondrant le 11 septembre 2001. D’un événement à l’autre, quelque chose s’inscrit en nous qui dit la fin d’un monde. Là où le 11 septembre signifiait l’arrivée d’un monde plus dangereux, l’incendie de Notre-Dame dit la fragilité de ce que nous sommes. Que ce qui s’effondre nous renvoie à l’histoire de ce que nous avons été et ne sommes plus. La fin de l’histoire en direct ? Parce que Notre Dame est un symbole si éminent qu’il était impossible qu’il lui arrive quoi que ce soit. Partant, toutes les hypothèses deviennent possibles. D’où vient le feu ? Qui l’a fait démarrer ? Est-il hasardeux ou intentionnel ? Que va devenir cet espace si proéminent dans Paris et qui demain risque de n’être plus qu’un trou noir. Et puis, aussi, que contient donc Notre-Dame ? Des œuvres, des souvenirs, des cérémoniels, des prières et des pistes culturelles aussi. De Victor Hugo aux musiciens gothiques des années 1980, le lieu n’a fait que marquer les esprits et les créations les plus diverses. En quelque sorte, Notre-Dame était un espace à part dans Paris autour duquel une grande partie de la ville s’inscrivait.

Désormais, Notre-Dame est aussi devenue un objet télévisuel inattendu. Un sujet même. Filmée sans cesse sous les flammes, la cathédrale a atteint le statut inédit de pièce dramatique. Devant les images, on ne cessait de poser la question : que se passe-t-il ? Que va-t-il se passer ?. Au fond ce que la télé saisit ce n’est pas le geste du départ qui lui échappe forcément mais le moment du drame qu’il faut faire durer à tout prix, pour captiver le spectateur et lui expliquer que ce qu’il voit est important et se déroule de façon linéaire, que quelque chose va survenir. Or, un incendie est vertical : tout part en flammes vers le haut, et même le temps semble brûler. Rien n’arrive d’autre que les flammes et la carbonisation. Que dire alors ? Dites nous ce que vous entendez, ce que vous respirez entend-on à un moment à la télévision, une présentatrice s’adressant à un journaliste sur place. Entendre, regarder mais aussi respirer l’air. Notre-Dame en feu dit de nous ce que nous sommes devenus : face aux événements, nous sommes collés aux écrans, à attendre la suite. Guy Debord écrivait que tout s’éloignait en une représentation, que le spectacle prenait le pas sur le réel. Notre-Dame qui s’effondre dit bien que nous ne sommes plus nous-mêmes, que notre histoire est en train de partir en cendres, que nous sommes les spectateurs virtuels du passé qui brûle. Mais elle dit aussi que ce qui compte sans doute c’est ce qui arrive, la façon de se reconstruire plutôt que celle de vivre dans le passé. Ce qui compte désormais c’est ce qui va surgir des cendres. La sublimation diraient Freud ou Lacan. Et le désir de renaissance.

15/04/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi : Index Religion, Monde en Question.