Monde en Question

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Archives de Tag: 11/09/2001

L’assassinat d’Oussama ben Laden


 

Le célèbre journaliste américain Seymour Hersh vient de publier dans la London Review of Books un long article sur l’assassinat d’Oussama ben Laden, qui n’a pas manqué de faire réagir. Démenti par l’administration Obama, vertement critiqué par quelques journalistes, voire qualifié de théorie du complot par d’autres, l’article de Hersh sème une nouvelle fois le trouble dans la version déjà controversée de la mort d’Oussama ben Laden. Pourtant, le journaliste Matthew Cole de NBC News a confirmé certaines de ses affirmations, tandis que The Intercept (fondé par Glenn Greenwald, Laura Poitras et Jeremy Scahill) rappelle que les même allégations avaient été tenues en 2011 par d’autres sources. Hersh a par ailleurs répondu à certaines critiques auprès du site Business Insider, et dans l’émission Democracy Now d’Amy Goodman.

Lire la suite… Le Grand Soir 1/42/43/44/4.

Lire aussi :
• François Hollande au pays des terroristes, Le Grand Soir.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.

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Vérités et mythologies du 11 septembre


On a tout dit sur le 11 septembre 2001. Tout et n’importe quoi ! Un festival d’idées reçues, d’amalgames et d’approximations.
Ce petit livre ramasse au contraire l’essentiel : l’incapacité des États-Unis à maîtriser le personnage d’Oussama Ben Laden qu’ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l’Arabie saoudite, Ben Laden qui a fini par leur échapper et dont ils ont ensuite fabriqué l’image d’ « ennemi public numéro 1 ».
Richard LABÉVIÈRE, Vérités et mythologies du 11 septembre – Modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire, Nouveau Monde Éditions, 2011.

Derrière ce rideau de fumée et de poussière qui s’est levé dans l’effondrement des tours du World Trade Center, ce qui intéresse vraiment Richard Labévière c’est le paradoxe américano-saoudien. L’Arabie Saoudite a financé et finance encore le terrorisme djihadiste au nom du wahhabisme, version rétrograde et radicale d’un islam gouvernant la Cité. Le rôle du prince Turki al-Fayçal [1], patron des services secrets saoudiens dans la transformation de l’héritier jetseter ben Laden en combattant du jihad international, constitue le coeur du livre. Ainsi que le pacte de Quincy scellant l’alliance des États-Unis avec la monarchie des Saoud au sortir de la Deuxième guerre mondiale, faisant de l’Arabie saoudite « un intérêt vital des États-Unis ». Ce pacte formera le bouclier qui protègera les financiers et soutiens saoudiens et émiratis de ce nouveau terrorisme. Malgré les victimes du 11 septembre pleurées par l’Amérique.
Source : Ça va mieux en le lisant

Ce livre décortique pour nous cette étrange relation qu’entretenaient les Etats-Unis avec Oussama ben Laden et met en exergue leur incapacité à maîtriser ce personnage qu’ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l’Arabie saoudite, qui a fini par leur échapper en 1990 au moment de la première guerre du Golfe (« Notre pays est devenu une colonie des Américains  » déclarera-t-il) et qu’ils ont ensuite transformé en « ennemi public numéro 1 ». Il nous met aussi en garde sur ce qui se joue aujourd’hui dans le monde arabo-islamique, dans ce contexte nouveau crée par les « Printemps arabes », l’échec de l’islam-politique n’allant pas forcement de pair avec la disparition physique d’Oussama ben Laden et l’attentat meurtrier commis le 28 avril 2011 sur la place Jemaa-el-fna, en plein centre de Marrakech pouvant avoir valeur de rappel à l’ordre.
Un livre-boussole pour comprendre hier et anticiper un avenir. Qui, tant que les Etats-Unis continueront derrière la scène de jouer la carte des Frères musulmans, comme ils l’ont toujours fait depuis la signature, à la fin de la deuxième guerre mondiale, du Pacte du Quincy avec la monarchie des Saoud, est loin d’être rose, qu’on se le dise…
Source : Livres-a-lire

Lire aussi :
• Richard LABÉVIÈRE, La conspiration des autres…, L’Humanité, 12/09/2011.
• En 2010, des fonds secrets de la CIA ont servi par erreur à financer Al-Qaida, Le Monde, 15/03/2015. La mention « par erreur » signifie en clair que la CIA avoue avoir financé Al-Qaida.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Richard LABEVIÈRE, Monde en Question.


[1] Lire :
• Turki AL-FAISAL, Failed favoritism toward Israel, The Washington Post, 10/06/2011.
President Obama gave a rousing call to action in his controversial speech last month, admonishing Arab governments to embrace democracy and provide freedom to their populations. We in Saudi Arabia, although not cited, took his call seriously. We noted, however, that he conspicuously failed to demand the same rights to self-determination for Palestinians – despite the occupation of their territory by the region’s strongest military power.
Soon after, Obama again called into question America’s claim to be a beacon of human rights by allowing Israeli Prime Minister Binyamin Netanyahu to set the terms of the agenda on the Israeli-Palestinian peace process. Even more depressing than the sight of Congress applauding the denial of basic human rights to the Palestinian people was America turning its back on its stated ideals.
As the main political and financial supporter of the Palestinian quest for self-determination, Saudi Arabia holds an especially strong position. The kingdom’s wealth, steady growth and stability have made it the bulwark of the Middle East. As the cradle of Islam, it is able to symbolically unite most Muslims worldwide. In September, the kingdom will use its considerable diplomatic might to support the Palestinians in their quest for international recognition. American leaders have long called Israel an « indispensable » ally. They will soon learn that there are other players in the region – not least the Arab street – who are as, if not more, « indispensable. » The game of favoritism toward Israel has not proven wise for Washington, and soon it will be shown to be an even greater folly.
• Turki AL-FAISAL, Veto a State, Lose an Ally, The New York Times, 11/09/2011.
The United States must support the Palestinian bid for statehood at the United Nations this month or risk losing the little credibility it has in the Arab world. If it does not, American influence will decline further, Israeli security will be undermined and Iran will be empowered, increasing the chances of another war in the region.
Moreover, Saudi Arabia would no longer be able to cooperate with America in the same way it historically has. With most of the Arab world in upheaval, the « special relationship » between Saudi Arabia and the United States would increasingly be seen as toxic by the vast majority of Arabs and Muslims, who demand justice for the Palestinian people.

La fabrication de l’ennemi


« Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ! », avait prédit en 1989 Alexandre Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev. L’ennemi soviétique avait toutes les qualités d’un « bon » ennemi : solide, constant, cohérent. Sa disparition a en effet entamé la cohésion de l’Occident et rendu plus vaine sa puissance.

Pour contrer le chômage technique qui a suivi la chute du Mur, les États (démocratiques ou pas), les think tanks stratégiques, les services de renseignements et autres faiseurs d’opinion ont consciencieusement « fabriqué de l’ennemi » et décrit un monde constitué de menaces, de risques et de défis.

L’ennemi est-il une nécessité ? Il est très utile en tout cas pour souder une nation, asseoir sa puissance et occuper son secteur militaro-industriel. On peut dresser une typologie des ennemis de ces vingt dernières années : ennemi proche (conflits frontaliers : Inde-Pakistan, Grèce-Turquie, Pérou-Équateur), rival planétaire (Chine), ennemi intime (guerres civiles : Yougoslavie, Rwanda), ennemi caché (théorie du complot : juifs, communistes), Mal absolu (extrémisme religieux), ennemi conceptuel, médiatique…

Comment advient ce moment « anormal » ou l’homme tue en toute bonne conscience ? Avec une finesse d’analyse et une force de conviction peu communes, Pierre Conesa explique de quelle manière se crée le rapport d’hostilité, comment la belligérance trouve ses racines dans des réalités, mais aussi dans des constructions idéologiques, des perceptions ou des incompréhensions. Car si certains ennemis sont bien réels, d’autres, analysés avec le recul du temps, se révèlent étonnamment artificiels.

Quelle conséquence tirer de tout cela ? Si l’ennemi est une construction, pour le vaincre, il faut non pas le battre, mais le déconstruire. Il s’agit moins au final d’une affaire militaire que d’une cause politique. Moins d’une affaire de calibre que d’une question d’hommes.

Pierre CONESA, La fabrication de l’ennemi ou Comment tuer avec sa conscience pour soi, Laffont, 2011 [ExtraitsDu Grain à moudreLe PointRFI].

Lire aussi :
• Pierre CONESA, Géopolitique du renseignement – La fin d’une époque, Diploweb, Novembre 2006.
• Pierre CONESA, Les Etats-Unis sont-ils une menace pour l’Europe ?, Le Monde diplomatique, Avril 2008.
• Pierre CONESA, La France devrait occuper un siège à l’OCI, Le Monde, 22/12/2009.
• Pierre CONESA, Vies multiples d’Al-Qaida, Le Monde diplomatique, Février 2010.
• Pierre CONESA, Afghanistan : « L’outil militaire ne peut résoudre des crises », Marianne, 15/07/2011.
• Publications de Pierre CONESA, Cairn.infoIRIS.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Géopolitique, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL

Revue de presse 11 Septembre 2001


11/09/2011, Anastassia TSOUKALA, Au nom du 11 Septembre – La presse face au terrorisme en France et en Grande-Bretagne, Les mots sont importants : Première partieDeuxième partie

Depuis les années 1990, et surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, les états-Unis et les états de l’Union européenne ont multiplié les initiatives censées « répondre aux menaces du terrorisme islamiste » : durcissement des législations, renforcement de la coopération antiterroriste internationale, actions ouvertes ou clandestines violant souvent le droit international. Les effets de sidération produits par des attentats spectaculaires et meurtriers ont largement inhibé l’attention critique des citoyens face aux autres menaces que beaucoup de ces initiatives font peser sur les démocraties. C’est de ce constat qu’est né il y a deux ans un important livre collectif, plus que jamais d’actualité : Au nom du 11 septembre. Coordonné par Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe, il analyse la centralité de cet « antiterrorisme » dans la nouvelle géopolitique mondiale et son impact sur la vie politique des états démocratiques : opérations militaires, surveillance généralisée, pratiques d’exception et de désinformation… Extrait de ce livre, le texte qui suit analyse, à travers l’étude comparative de la presse écrite française et britannique, l’évolution des discours publics sur la sécurité des pays occidentaux.

11/09/2011, Michel CHOSSUDOVSKY, Qui était Oussama ben Laden ? La vérité derrière le 11 septembre 2001, Mondialisation Article publié en anglais par Global Research le 12 septembre 2001

Quelques heures après les attaques terroristes du 11 septembre au World Trade Center et au Pentagone, l’administration Bush concluait, sans preuve à l’appui, qu’Oussama ben Laden et son organisation, Al-Qaeda, étaient les suspects les plus probables. Le directeur de la CIA, George Tenet, déclarait que ben Laden « a la capacité de planifier plusieurs attaques sans avertissement ». Le secrétaire d’état Colin Powell qualifiait de son côté les attaques à Washington et à New York de « déclaration de guerre », ce que George Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu’il ne « fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenu ». L’ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part la complicité de un ou plusieurs gouvernments étrangers. Et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Lawrence Eagelberger déclarait dans une entrevue télévisée : « Je crois que nous allons démontrer que, lorsque nous sommes attaqués de cette façon, nous pouvons réagir d’une manière brutale avec force et détermination » (« we are terrible in our strength and in our retribution »).
Suite aux déclarations officelles, les médias occidentaux n’ont pas tardé (sans preuves à l’appui) à approuver le déclenchement d’actions punitives contre des cibles civiles au Moyen-Orient et en Asie centrale. William Saffire écrivait à ce propos dans le New York Times : « Lors que nous aurons raisonnablement pu déterminer la localisation des bases et des camps de nos attaquants, nous devrons les pulvériser – en minimisant mais également en acceptant les risques de dommages collatéraux. Nous devrons agir par des opérations [militaires] directes mais également par des actions en sous-main [de nos services de renseignement], afin de déstabiliser les états hôtes de la terreur. »
Le texte ci-dessous a pour object d’analyser l’histoire d’Oussama ben Laden et des liens entre la Jihad islamique et la politique étrangère des états-Unis depuis la Guerre froide.

11/09/2011, Jean-Claude PAYE, Le 11 septembre 2001 et la fabrique du consentement, L’Humanité

Les lois antiterroristes offrent à l’exécutif la capacité d’annuler toute forme d’opposition et de rejeter toute différenciation, même celle distinguant l’acte de sa simple éventualité. La loi n’est plus codification, cran d’arrêt face à l’arbitraire. Au contraire, elle inscrit dans le droit qu’il n’y a plus de limite à l’exercice du pouvoir.
Dans tous les pays européens, les droits de la défense sont affaiblis. Aux états-Unis, ils sont complètement supprimés pour les étrangers désignés comme terroristes par l’exécutif. Des deux côtés de l’Atlantique, les citoyens sont soumis à des mesures de surveillance qui, autrefois, étaient réservées au contre-espionnage. Les civils peuvent être soumis à des mesures de privation de liberté plus contraignantes que celles appliquées aux prisonniers de guerre.
La mutation juridique et politique est profonde puisqu’elle renverse les relations établies entre les populations et leur gouvernement, le rapport entre l’instituant et l’institué. Ce ne sont plus les populations qui instituent le pouvoir, mais ce dernier qui détermine, parmi ses ressortissants, qui est un citoyen et qui est un ennemi, qui doit être exclu de la société. La transformation est telle que l’ordre symbolique de la société est touché.
Toute question, toute référence aux objets, relève de la théorie du grand complot, car leur matérialité s’oppose à ce qui est donné à voir. Elle fait écran au regard du pouvoir, à sa capacité de donner un sens sans avoir besoin de passer par les choses. L’icône du 11?septembre donne directement à voir l’invisible. Tel le regard de la Gorgone, elle se saisit de nous et nous aveugle, car nous regardons sans voir. Le réel nous est imposé sans la médiation de la raison, sans l’interposition du bouclier de Persée, de cet écran qui permet de voir, tout en étant protégé du feu du regard.

09/09/2011, Carlos RIVERA LUGO, La barbarie de los 11 de septiembre, Rebelión

¿Qué tenemos que ver los habitantes de Nuestra América con el 11 de septiembre? En todo caso, mi memoria histórica acerca de esa fecha no empieza con el ataque terrorista en el 2001 contra las torres gemelas del « World Trade Center », sino con el criminal asalto militar de 1973 contra La Moneda, la casa presidencial chilena. Poco más de tres mil vidas inocentes fue el « daño colateral » de la primera, anunciada por sus perpetradores como « el golpe de Dios Omnipotente » contra uno de los órganos vitales del « mal ». Mientras, el saldo brutal de la segunda fue sobre 30,000 vidas, incluyendo la de su heroico presidente Salvador Allende, víctimas también de otra cruzada fundamentalista: el anticomunismo.
Sin embargo, mi memoria histórica sigue resistiéndose a los simplismos ideológicos. Me trae a la mente esos otros « 11 de septiembre » que han marcado mi consciencia, por lo menos en el último medio siglo. Los bombardeos criminales de Estados Unidos sobre Hanoi y todo el territorio vietnamita, incluyendo el uso de armas químicas de destrucción masiva. Murieron sobre 3 millones de vietnamitas, de los cuales 2 millones eran civiles. Igualmente recuerdo la aniquilación en 1989 -con, entre otras cosas, el bárbaro napalm usado en Viet Nam- del barrio Chorillos de la Ciudad de Panamá, donde murieron 10,000 civiles panameños como resultado de la ilegal invasión militar estadounidense.
Las guerras de Estados Unidos en Irak y Afganistán, y la no declarada en Pakistán, han dejado igualmente cientos de miles de muertos, en su mayoría civiles. Continúa operando, con absoluta impunidad, el campo de concentración estadounidense en Guantánamo. La Corte Penal Internacional saca pecho para investigar y condenar los delitos de los « malos », mientras condona los crímenes de los « buenos ». Bush y su vicepresidente Cheney admiten y defienden públicamente sus crímenes y nadie su inmuta. Quien sumisamente le ha dado continuidad a las políticas criminales de éstos, el presidente Barack Obama, la Academia Sueca le otorga el Premio Nobel de la Paz. Y con ese premio en mano, ha agredido a Libia y producido allí, junto a sus aliados europeos, otro violento e ilegal « cambio de régimen », con su secuela abismal de muertos.

09/09/2011, Tom ENGELHARDT, Let’s Cancel 9/11, Antiwar

Let’s just can it all. Shut down Ground Zero. Lock out the tourists. Close « Reflecting Absence, » the memorial built in the « footprints » of the former towers with its grove of trees, giant pools, and multiple waterfalls before it can be unveiled this Sunday. Discontinue work on the underground National September 11 Museum due to open in 2012. Tear down the Freedom Tower (redubbed 1 World Trade Center after our « freedom » wars went awry), 102 stories of « the most expensive skyscraper ever constructed in the United States. » (Estimated price tag: $3.3 billion.) Eliminate that still-being-constructed, hubris-filled 1,776 feet of building, planned in the heyday of George W. Bush and soaring into the Manhattan sky like a nyaah-nyaah invitation to future terrorists. Dismantle the other three office towers being built there as part of an $11 billion government-sponsored construction program. Let’s get rid of it all. If we had wanted a memorial to 9/11, it would have been more appropriate to leave one of the giant shards of broken tower there untouched.

09/09/2011, Des 11 septembre à la pelle et à grande échelle, Le Grand Soir

Liste partielle des interventions de l’armée états-unienne depuis 1890.

09/09/2011, Roy ARUNDHATI, Ben Laden, secret de famille de l’Amérique, Le Monde Tribune publiée dans Le Monde du 15 octobre 2001

Pour des raisons stratégiques, militaires et économiques, George W. Bush doit à tout prix persuader l’opinion publique que ce sont les valeurs nationales de la liberté et de la démocratie qui sont visées, ainsi que le mode de vie américain. Message facile à colporter dans l’atmosphère de chagrin, d’indignation et de colère qui règne actuellement. Cependant, à supposer que le contenu en soit vrai, on peut légitimement se demander pourquoi ce sont les symboles de la suprématie économique et militaire américaine (le World Trade Center et le Pentagone) qui ont été pris pour cibles. Pourquoi pas la statue de la Liberté ? Ne peut-on alors émettre l’hypothèse que la sombre colère à l’origine des attentats n’a pas pour source la liberté et la démocratie américaines, mais le soutien et l’engagement exceptionnel des Américains pour des causes radicalement opposées : pour le terrorisme militaire et économique, l’insurrection, la dictature armée, le fanatisme religieux, le génocide impensable (hors des frontières du pays) ?
En 1996, interrogée par Leslie Stahl sur sa réaction devant la mort de 500 000 enfants irakiens après les sanctions économiques américaines, Madeleine Albright, alors ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, répondait sur CBS que c’était « un choix très difficile » mais que, tout compte fait, « nous pensons que le prix en vaut la peine ». A-t-elle été renvoyée de son poste pour avoir tenu pareils propos ? Pas du tout. Elle a continué à parcourir le monde, à représenter les opinions et les aspirations du gouvernement américain. Plus grave encore, dans les circonstances actuelles : les sanctions contre l’Irak n’ont pas été levées. Des enfants continuent à mourir. Nous y voilà. Un distinguo peu subtil oppose la civilisation et la sauvagerie, le « massacre d’innocents » (ou, si l’on préfère, « le heurt des civilisations » ) et les « dommages de guerre ». Pure sophistique, délicate algèbre de la « justice sans limites » ! Combien faudra-t-il de morts irakiens pour améliorer le monde ? Combien de morts afghans pour un seul mort américain ? Combien d’enfants morts pour un seul homme mort ? Combien de cadavres de moudjahidins pour le cadavre d’un seul banquier d’affaires ?
La coalition des superpuissances mondiales resserre son étau sur l’Afghanistan, l’un des pays les plus pauvres qui soient, l’un des plus sinistrés, des plus déchirés par la guerre. Les talibans au pouvoir y offrent un abri à Oussama Ben Laden, tenu pour responsable des attentats du 11 septembre. Faut-il décimer l’ensemble de la population en guise de réparation ? L’économie est chamboulée. Et le problème qui se pose à une armée d’envahisseurs, c’est en réalité que le pays ne possède aucun des signes ou des repères conventionnels à pointer sur la carte : ni bases militaires, ni complexes industriels, ni usines de traitement de l’eau. Les exploitations agricoles se sont transformées en charniers, la campagne est jonchée de mines antipersonnel – au nombre de 10 millions, selon les estimations les plus récentes. L’armée américaine devrait donc commencer par déminer le terrain et par construire des routes pour frayer une voie à ses soldats.
En 1979, après l’invasion soviétique de l’Afghanistan, la CIA et l’ISI (InterServices Intelligence : les services de renseignement pakistanais) ont lancé la plus grande opération indirecte de la CIA depuis la guerre du Vietnam. Leur but ? Canaliser l’énergie de la résistance afghane et l’enrôler dans une guerre sainte, un djihad islamique qui dresserait contre le régime communiste les pays musulmans de l’Union soviétique et finirait par l’ébranler.
Au fil des ans, par l’intermédiaire de l’ISI, la CIA a financé et recruté, dans quarante pays musulmans, des dizaines de milliers de moudjahidins extrémistes qui ont servi de soldats dans cette guerre que livrait l’Amérique par pays interposés. La grande masse d’entre eux ne savaient pas qu’ils se battaient pour l’Oncle Sam. (Mais l’ironie veut que l’Amérique n’ait pas su non plus qu’elle finançait une future guerre contre elle-même.)

09/09/2011, Alain GRESH, 11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ?, Le Monde diplomatique

Dix ans après, « la guerre contre le terrorisme », qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme « voyous », est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s’est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d’Irak d’ici à la fin de l’année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s’enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.
Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones.
Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression.

09/09/2011, Il faut combattre les causes du terrorisme, Renmin Ribao

Les attaques du 11 septembre ont laissé des traces profondes, pas seulement par rapport aux mesures de sécurité renforcées mises en place dans les pays occidentaux, qui ont empiété sur la vie privée et même les droits de l’homme ; elles ont aussi provoqué une escalade de l’animosité entre le monde musulman et l’Occident.
Les guerres menées en Irak et en Afghanistan par les Etats-Unis et présentées comme une partie de leur guerre contre le terrorisme, ont provoqué d’énormes pertes en vies humaines et n’ont seulement réussi qu’à exacerber la fracture entre les musulmans et l’Occident.
Tout en se souvenant des victimes des attaques du 11 septembre, le monde devrait aussi réfléchir sur les vies perdues du fait de ces actions militaires et d’autres attaques terroristes, et songer au fait que la force militaire seule a peu de chances de mettre fin au terrorisme. Les conflits et les troubles sont le lit du terrorisme. Et la pauvreté et l’arriération en sont son terreau.
Pour extirper les racines du terrorisme, la communauté internationale devrait faire des efforts conjoints pour soulager les tensions régionales et mondiales, éradiquer la pauvreté et promouvoir la coopération et la réconciliation. Il faudra pour cela des mesures économiques, sociales et politiques coordonnées.

09/09/2011, Deux poids et deux mesures obstruent les efforts anti-terrorisme, Xinhua

Un grand défi aux efforts anti-terrorisme du monde est le manque d’un standard commun. En particulier, les Etats-Unis et ses alliés occidentaux ont utilisé à maintes reprises deux poids et deux mesures sur les question anti-terrorisme, qui ont obstrué le progrès des efforts globaux.
Après les attentats du 11 septembre, Washington a lancé une « guerre contre le terrorisme » soit-disante en Afghanistan et en Irak, menant au meurtre des milliers des civils inoncents et au déplacement des milliers d’habitants.
Souvent, les Etats-Unis ont fermé les yeux sur les dégâts et les menaces causés par les extrémistes dans la République Tchetchène de Russie, et ont adopté deux poids et deux mesures sur la question des forces séparatistes dans la région de Xinjiang de Chine, rejetant la demande de Chine d’expulser les membres du « Mouvement islamique du Turkestan oriental », qui a une relation étroite avec al Qaîda.
Par ailleur, le mot « anti-terrorisme » a parfois servi d’un outil politique pour promouvoir les intérêts nationaux occidentaux et les objectifs idéologiques, et est même utilisé comme une excuse facile pour intervenir dans les affaires intérieures d’autres pays.

07/09/2011, Il y a 10 ans, le 11 septembre 2001 : les attentats suicides contre les tours du World Trade Center, Lutte Ouvrière

Mais si cet attentat ignoble illustrait la vulnérabilité des états-Unis, principale puissance impérialiste qui domine le monde, il a contribué en réalité à renforcer l’impérialisme américain.
Car le gouvernement Bush et le patronat américain se sont immédiatement servis de l’émotion provoquée pour amener la population à serrer les rangs derrière eux, à accepter de nouvelles aventures militaires et des sacrifices économiques considérables au nom de « la guerre contre le terrorisme ».
Une semaine après les attentats, le Congrès était déjà saisi d’un projet de loi de 350 pages renforçant les pouvoirs de répression de la police et du FBI. Appelé « USA Patriot Act », ce projet de loi, manifestement en chantier avant les attentats, n’attendait qu’une occasion pour sortir des cartons. Des dizaines de lois, décrets, règlements répressifs furent adoptés dans la foulée. L’appareil d’état retrouva pratiquement tous les pouvoirs qu’il avait du temps du Maccarthysme et qui avaient été rognés dans les années 1960 et 1970 par le mouvement pour les droits civiques, la révolte noire, la lutte contre la guerre du Vietnam.
Le 11-Septembre a permis de légaliser à nouveau des pratiques qui étaient devenues illégales et ne pouvaient être utilisées au grand jour, comme l’espionnage sans mandat d’étrangers ou de citoyens américains, leur mise sur écoute, l’accès à tous leurs comptes, données médicales, etc. Les étrangers peuvent être légalement détenus indéfiniment sans motif. Et puis n’importe qui peut être taxé de terrorisme, pour participer à un piquet de grève, pour critiquer le président, etc.
Les tribunaux militaires jugent sans appel les étrangers accusés de terrorisme. Ils peuvent ne pas produire leurs preuves, juger à huis clos, sans la présence de l’avocat et même sans l’accusé. Un présumé terroriste peut aussi rester indéfiniment en prison sans jugement. La torture des prisonniers lors d’interrogatoires est légalisée.
Les rafles massives opérées par la police dans les jours qui ont suivi le 11-Septembre furent ainsi légalisées. De nombreux détenus sont restés sans motif en prison et, dix ans après, il y a encore des détenus qui n’ont pas été jugés.
Cela n’a pas empêché Bush puis Obama de prétendre œuvrer pour la défense de la démocratie américaine.

07/09/2011, 2001-2011, d’un effondrement à l’autre, Le Billet politique d’Hubert Huertas

Dix ans après la destruction des tours de New-York on assiste à un autre effondrement. Une certaine économie n’en finit pas de s’affaisser, à deux pas de Ground zéro, à Wall Street, et dans les places financières du monde entier.
Quel rapport entre les avions fonçant sur les tours, et les cours de la bourse qui décrochent : aucun, et cette absence de cause à effet, entre ces deux moments majeurs, distants de seulement dix ans, est sans doute le fait marquant de cet anniversaire. Le 11 septembre 2011, c’est quasiment le contraire de celui de 2001.
Il y a dix ans, l’Amérique, donc le monde occidental, a été attaqué par un agresseur extérieur. Une idée s’est alors répandue. Celle d’une guerre du mal contre le bien, une espèce de der des ders, le mal étant délimité à une zone géographique précise, et aux dérives d’une religion. La guerre, en ce temps là pouvait être préventive, puisque l’ennemi était localisé. Il suffirait d’un sale type abattu pour sauver la prospérité.
Que reste-t-il de cette ancienne utopie ?
Pas grand chose. L’Irak a été envahie, Saddam, qui n’était pas complice des attentats de New-York, a été pendu, aucune arme de destruction massive n’a été retrouvée, Kaboul est tombée, Ben Laden est mort, tout devait être terminé, mais tout bouillonne encore dans le même secteur de la planète.
Le monde selon dabeulyou Bush n’est pas métamorphosé. Il chauffe toujours là où il brûlait déjà.
La nouveauté c’est qu’il est dépassé. Ni le bien ni le mal ne sont géographiques. Les révolutions arabes ont démenti l’idée d’un bloc musulman que seuls des dictateurs pouvait empêcher de basculer dans l’islamisme. Après avoir honoré les despotes, la France se flatte d’ailleurs de les combattre, et le dernier acte terroriste en date est bel et bien l’œuvre d’un fondamentaliste, mais il est blanc, chrétien, et norvégien.
La grande peur ne vient plus, ou plus seulement, d’un agresseur barbu. L’ennemi n’a plus de visage. On lui donne des tas de noms, finance, spéculation, subprimes, dettes, déficit, état-providence, faillite des états, gabegie, fonctionnaires, milliardaires, magouilleurs grecs, indignados, agences de notation, une mêlée de cinq cent millions d’acteur pour une guerre intérieure.
Bien sûr, l’effondrement des bourses est moins télégénique que celui des deux tours. Il n’est pas sûr que dans dix ans, pourtant, les conséquences en soient moins radicales.

05/09/2011, La dure leçon du « smart power », Renmin Ribao

Mais il y a une leçon plus grande encore que le 11 septembre nous enseigne, celle du rôle de la puissance douce et du récit à l’âge de l’information. A l’âge de l’information, les résultats sont aussi influencés par celui qui a la meilleure histoire. La concurrence dans le récit est importante, et le terrorisme, c’est aussi un drame politique et narratif.
Une leçon-clé du 11 septembre est que la puissance militaire est certes essentielle pour contrer le terrorisme, mais que la puissance douce des idées et la légitimité sont essentielles pour gagner les coeurs et les esprits des populations musulmanes, là où Al Qaida souhaite recruter. Une stratégie du « smart power » ne saurait ignorer les outils de la puissance douce.
Mais, au moins pour les Etats-Unis, la leçon la plus importante du 11 septembre est que la politique étrangère des Etats-Unis devrait suivre le conseil que l’ancien Président Dwight Eisenhower a formulé il y a un demi-siècle : Ne soyez pas impliqué dans des guerres d’occupation, et concentrez vous sur le maintien de la puissance de l’économie américaine.

02/09/2011, David Ray GRIFFIN, Un autre regard sur le 11 septembre – 10 ans après Le Nouveau Pearl Harbor-2, Demi Lune

Deux guerres et des centaines de milliers de morts plus tard, sans oublier les populations déplacées et les réfugiés qui se comptent par millions, il convient de se demander en toute lucidité : à qui profite le crime du 11-Septembre sinon au complexe militaro-industriel, aux compagnies de mercenaires et de sécurité, aux pétroliers ?

Lire aussi : Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.

Washington-Tripoli, une vieille histoire


À la fin du 15e siècle, profitant de la dynamique des conquêtes ottomanes, les Musulmans prennent le dessus. Au 16e, leur flotte subit une écrasante défaite et c’est la fin de leur entreprise de conquête du bassin méditerranéen. En revanche, au cours des 17 et 18e siècles, les navires français, espagnols et anglais, toujours dans une volonté d’expansion de leur empire, poursuivent cette guerre de course. À la fin du 18e, ces trois grandes puissances navales signent des traités en échange de tributs. Les pirates musulmans se rabattent alors sur de plus petits états comme le Danemark, la Hollande et… l’Amérique, devenu récemment un état indépendant. À peine nés, les États-Unis sont donc en conflit avec des pays situés à des milliers de kilomètres de chez eux. Toutes les premières négociations échouent. En 1803, Jefferson, troisième président des États-Unis, en obtenant du congrès les moyens matériels et législatifs, pense faire céder définitivement le pacha de Tripoli. C’est l’inverse qui se produit, la Libye appelle toutes les autres régences, à la guerre sainte contre les Américains ! Ce n’est quand 1830, avec nombre de traités signés, que prendra fin la piraterie barbaresque en Méditerranée. Débutent alors les enjeux et tractations pétrolières, dont l’accord stratégique entre le président Roosevelt et le roi d’Arabie Saoudite Ibn Saoud, et le coup d’état américain en 1953, en Iran, contre Mossadegh…

Jean-Pierre FILIU & David B., Les meilleurs ennemis – Une histoire des relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient 1. 1783-1953, Futuropolis, 2011 [ExtraitsBodoïFrance Culture].

Cette BD paraît intéressante pour l’opportun rappel historique de l’intérêt des États-Unis pour la Libye et le Moyen-Orient… dès leur indépendance en 1776. Mais l’auteur du texte, « spécialiste » très médiatisé, a entretenu la légende d’Al-Qaïda en évitant de rappeler que les grandes puissances, en premier lieu les États-Unis, ont depuis les années 1950 instrumentalisé les groupes islamiques qu’elles ont armé, instruit et payé pour faire la guerre à leur place. [1]. En 2010, il faisait encore la promotion d’une organisation que l’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE jugeait morte sur le plan opérationnel depuis 2002 [2]. Il semble que, cherchant à se recycler, il se soit inspiré de l’ouvrage de Michael B. Oren, historien israélien et ambassadeur d’Israël aux États-Unis [3].

30/08/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Écouter et lire :
• Jean-Pierre FILIU, auteur de « L’Apocalypse dans l’Islam » : « Une littérature populaire venue d’Egypte annonce l’apparition de l’Antéchrist », Oumma, 16/06/2008.
• Entretien avec Jean-Pierre FILIU, auteur des « Neuf vies d’Al-Qaida », Bakchich, 07/11/2009.
• Jean-Pierre FILIU, Les neuf vies d’AL-QAIDA, Conférences de l’IEA, 26/01/2010.
• Jean-Pierre FILIU, Intervention au colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat, 29/01/2010.
• Jean-Pierre FILIU, Attentat manqué : Washington confirme la piste pakistanaise, Rue89, 02/05/2010.
• Jean-Pierre FILIU, spécialiste de l’islam contemporain, France 24, 03/01/2011.
• Jean-Pierre FILIU : L’Amérique se passionne pour le soulèvement arabe, Marianne, 18/02/2011.
• Jean-Pierre FILIU : « Le « printemps arabe » marque aussi la défaite d’Al-Qaida », L’Expansion, 01/04/2011.
• Jean-Pierre FILIU : « Cette mort va encourager les tendances centrifuges au sein d’Al-Qaida », Le Monde, 02/05/2011.
• Jean-Pierre FILIU, Les neuf vies d’Al-Qaïda, Fayard, 2009 réédition La véritable histoire d’Al-Qaïda, Pluriel Hachette, 2011 [France CultureHistoricoblogRue89ToléranceVincennes].
• Jean-Pierre FILIU, CERIFuturopolisMedi1RadioWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 30/08/2011].
David B., FuturopolisWikipédia [Dossier mis à jour par Serge LEFORT le 30/08/2011].
Dossier documentaire Libye, Monde en Question.


[1] Lire :
• Michel FAURE et Sylvaine PASQUIER, Washington-Islamistes Liaisons dangereuses, L’Express, 2001.
• John K. COOLEY, CIA et Jihad 1950-2001 – Contre l’URSS, une désastreuse alliance, Autrement, 2002 [Le Journal des Alternatives].
1950-2001 : c’est l’histoire d’un combat, permanent, secret et multiforme, mené par les États-Unis d’Amérique contre l’Union soviétique pendant la « guerre froide ». Une « guerre sainte », où, avec l’aide de l’islam le plus radical, tous les coups et toutes les alliances les plus « contre-nature » étaient autorisés.
Lieux, dates, noms, rencontres, correspondances… le génie de ce livre réside dans l’abondance des détails et des preuves concrètes qui tissent une histoire incroyable dont nous voyons aujourd’hui les conséquences et les retombées désastreuses partout dans le monde.
Centré sur la période 1979-1989, de l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques à leur retrait, et sur le rôle de la CIA, cet ouvrage remonte dans le temps, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il met en scène des aspects peu connus de la politique étrangère américaine.
• BLUM William, Les guerres scélérates – Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Parangon, 2004.
Dossier documentaire Afghanistan, Monde en Question.
[2] Écouter et lire :
• Rapport d’information Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat, 25/09/2009.
• Colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, Sénat : VidéosTextes, 28-29/01/2010.
• Alain CHOUET, Intervention au colloque Le Moyen-Orient à l’heure nucléaire, SénatContreInfo, 29/01/2010.
• Al Qaïda : une chimère obsessionnelle selon l’ancien chef du renseignement de la DGSE, Oumma, 17/02/2010.
• Alain Chouet : « La Qaïda est morte dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 », Oumma, 15/03/2010.
• Alain CHOUET, Site de l’auteur.
[3] Lire :
• Michael B. OREN, Power, Faith, and Fantasy – America in the Middle East, 1776 to the Present, W.W. Norton & Company, 2007 [Texte en ligneFrance USA Media 1/2France USA Media 2/2].
• Dominique CADINOT, De la barbarie au nationalisme : effets de la présence missionnaire américaine en Terre sainte (1815-1914), Cahiers de la Méditerranée n°80, 2010.
• Charles SAINT-PROT, La politique des États-Unis au Proche-Orient, Observatoire d’études géopolitiques, non daté.

Obama revendique le meurtre d’Oussama


Un homme prétend avoir tué l’ancien copain d’un copain et annonce son crime à la télévision sans donner aucune preuve – pas même le corps qu’il aurait fait disparaître en le balançant à la mer -, mais glorifie le mobile de son crime en invoquant la justice divine :

Et un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers par le terrorisme d’Al-Qaïda : justice a été faite.

Souvenons-nous que nous pouvons accomplir ces choses, pas simplement grâce à notre richesse ou notre puissance, mais grâce à ce que nous sommes : une nation, selon Dieu, indivisible, avec la justice et la liberté pour tous.

Dans un monde normal, vous diriez que c’est un fou, mais dans celui où nous vivons, Barack Obama Président des États-Unis a revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden à la télévision américaine le 1er mai 2011 sous les applaudissements de tout le monde occidental [1].

La mort de ben Laden fut annoncée antérieurement par d’autres sources :

Les médias dominants reprennent en boucle les déclarations des autorités américaines sans les discuter. Ils jouent à fond la carte de l’émotion, qui fait vendre, sans poser les questions classiques : Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi.

Ben Laden est certainement mort, mais nous ne saurons peut-être jamais où, quand et comment. La question est de savoir pourquoi les États-Unis ont choisi d’annoncer sa mort maintenant et donc de se débarrasser d’un ennemi (ancien ami) si utile… pour justifier leurs crimes au nom de la guerre contre le terrorisme.
Plusieurs hypothèses sont envisageables :

  1. Les élections de novembre 2012
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour se placer comme le candidat favori aux prochaines élections présidentielles américaines.
  2. L’Afghanistan
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour justifier le prochain retrait des troupes américaines d’Afghanistan sans avoir gagner la guerre.
  3. Le Pakistan
    Barack Obama aurait revendiqué le meurtre d’Oussama ben Laden pour justifier une intervention militaire au Pakistan et détruire les preuves des alliances contractées, entre la CIA et l’ISI d’une part et les divers groupes jihadistes d’autre part, au temps de l’occupation soviétique de l’Afghanistan.

Aucune hypothèse ne s’exclut l’une l’autre. La troisième est aussi envisagée par Syed Salim Shahzad dans un article publié par Asia Times : « la mort de ben Laden marquera probablement aussi le début du déplacement du théâtre de guerre, de l’Afghanistan vers le Pakistan » [2].

03/05/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie 11 septembre 2001, Monde en Question.


[1] En France, Jospin a déclaré « Les États-Unis ont appliqué le droit de légitime défense » et Sarkozy « L’élimination de Ben Laden est un succès, ce n’est pas la fin d’Al-Qaïda ».
[2] Lire aussi :
• 15/10/2008, La guerre américaine : escalade de l’Irak vers l’Afghanistan et le Pakistan, Monde en Question.
• 02/12/2008, Serge LEFORT, La guerre contre le Pakistan a commencé, Monde en Question.
• 03/12/2008, Le grand jeu asiatique, Monde en Question.
• 13/08/2009, Serge LEFORT, Guerre sans fin de l’Afghanistan au Pakistan, Monde en Question.

Revue des revues n°2


La faim au Mexique : un phénomène croissant et peu d’espoirs d’amélioration sans des changements de fond, SIPAZ Bulletin Vol. XV Nº 4, Novembre 2010.

Selon les chiffres du CONEVAL, les populations les plus atteintes par des situations d’insécurité alimentaire modérée ou sévère se trouvent principalement concentrées au centre et au sud-est du Mexique. Ils reflètent par exemple qu’au moment de l’enquête, ces caractéristiques touchaient 26,3% de la population au Chiapas, 28,8% au Oaxaca et 33,8% au Guerrero. Le problème de la faim au Mexique est particulièrement sévère parmi les peuples indiens : en 2008, 33,2% des enfants indigènes de moins de 5 ans souffraient d’atrophie du fait de la malnutrition.

LAMLOUM Olfa (sous la direction de), Médias et islamisme, Ifpo

Médias et islamisme est un chantier de recherche peu exploré. Lui consacrer une livraison des Cahiers de l’Ifpo se justifie à un double titre. D’une part, parce que depuis le 11 septembre 2001 et dans le sillage de la chute du régime baasiste irakien, l’irruption des médias numériques, proches ou affiliés à l’une des composantes de l’islam politique, a marqué le champ médiatique panarabe et transnational. Désormais l’islamisme dispose de supports additionnels pour publiciser ses croyances et contester les récits belliqueux à son encontre. D’autre part, parce que l’espace médiatique arabe a connu depuis le milieu des années 1990 des changements majeurs, au point qu’il incarne aujourd’hui une arène politique qui se substitue souvent au champ politique régi par l’ordre autoritaire, et qu’il met en compétition des logiques de pouvoir et de mobilisation inédites.

Lire aussi :
• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

L’Occident malade de l’Occident


BULARD Martine et DION Jack, L’Occident malade de l’Occident, Fayard, 2009 [Blog de Malakinel’HumanitéMarianne].

L’Occident se vit aujourd’hui comme une citadelle assiégée. Miné de l’intérieur par une crise systémique, donc durable, voyant son leadership de plus en plus contesté, il se sent assailli par une multitude d’«ennemis» extérieurs. Vu à travers le prisme occidentalo-centriste, le monde se résume à un éternel affrontement entre «eux» — les Chinois, les Russes, les Arabo-musulmans… — et «nous». Singulière réécriture du passé, singulière lecture du présent.

L’élite oublie que l’Occident ne représente qu’une partie de l’humanité et que d’autres puissances, anciennes ou nouvelles, sont en droit de revendiquer une place sur l’échiquier mondial. Elle omet de rappeler que la domination occidentale n’a pas toujours existé. Elle ignore les échanges perpétuels entre civilisations, entre cultures, entre peuples, qui ont bâti les fondements d’une humaine civilisation dont personne ne peut revendiquer le monopole.

À travers un vaste panorama des événements internationaux de ces dernières années – de la crise géorgienne d’août 2008 à l’élection de M. Barack Obama, en passant par le retour de la France dans le giron de l’OTAN -, Martine Bulard et Jack Dion prennent à contre-pied le discours dominant. Au lieu de s’arc-bouter sur des mythes qui ont disparu avec le XXe siècle, il est temps, selon eux, de prendre acte de la nouvelle donne planétaire et de définir un nouvel universalisme. Car de quoi l’Occident est-il malade, sinon de lui-même ?

Le Monde diplomatique qui, comme l’éditeur, ne dit pas que Martine Bulard fut aussi rédactrice en chef de l’Humanité-Dimanche pendant dix ans.

Il m’est difficile de critiquer un livre dont je n’ai lu que l’introduction. Néanmoins, me dérangent le ton journalistique de l’ouvrage, qui brasse beaucoup de faits sans idée directrice, et surtout le manque de perspective historique. Focalisée sur l’actualité de la crise financière de septembre 2008, l’auteur oublie de la situer dans le temps long des cycles économiques.

Post-américain ou pas, le monde ne sera plus le même. On peut même dire qu’un bouleversement planétaire est en train de s’opérer. Quatre siècles durant, du XVIe au XXe siècle, les Européens ont imposé leur domination. Puis la fin du XXe siècle a été marquée par la toute puissance de l’empire américain, lequel pouvait alors rêver d’un univers redessiné selon ses codes, ses mœurs, ses valeurs, ses rites.

Cette période est révolue. Une nouvelle commence, symbolisée à la fois par la fin brutale de la contre-révolution néo-conservatrice et l’amorce de déclin des Etats-Unis, malgré la volonté de Barack Obama de redonner sa place perdue à l’Amérique.

Beaucoup d’analystes évoquent le basculement du monde. Comme 1492 est la date symbolique de la naissance du monde moderne, 2001 est la date symbolique de sa chute. En 1492, l’Europe s’élança à la conquête du monde avec la bible dans une main et l’épée dans l’autre. Le 11 septembre 2001, s’écroulèrent les deux tours du World Trade Center de New York symbole du modèle européen imposé par la colonisation aux autres peuples en Amérique, en Afrique et en Asie et de la domination américaine de l’économie mondiale.

Une autre histoire s’écrit par les colonisés d’hier : «Le monde a basculé et il est en passe de devenir multipolaire. Les Etats-Unis ont plus de difficultés à imposer leur leadership, y compris à l’égard de leurs plus proches alliés. La Chine, l’Inde, le Brésil et, d’une façon plus générale, les pays émergents revendiquent un nouveau partage du pouvoir, mettant en cause un système international qu’ils jugent périmé. [1

Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• BULARD Martine, Finance, puissances… le monde bascule, Le Monde diplomatique, Novembre 2008.
• La Chine va-t-elle dominer le monde ?, Alternatives économiques.
À l’échelle de l’histoire, l’éclipse de la Chine est un phénomène très récent. Selon les estimations de l’historien de l’économie Angus Maddison, le produit intérieur brut (PIB) de la Chine aurait constamment représenté autour du quart de l’économie mondiale entre l’an 0 et 1820, avant de plonger brutalement jusqu’au milieu du siècle dernier. Cette part remonte à grande vitesse depuis les années 1980, tout en restant encore loin de son niveau historique.
Histoire du monde au XVe siècle, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.


[1] Une revue et un livre :
• Le basculement du monde – De la chute du Mur à l’essor de la Chine, Manière de voir n°107, Octobre – novembre 2009.
• BEAUD Michel, Le basculement du monde – De la Terre, des hommes et du capitalisme, La Découverte, 1997 et 2000 [UQAC].

 

La théorie du complot


Les médias dominants ont verrouillé tout débat sur la grippe à virus A(H1N1). Aux ordres des autorités sanitaires et politiques, ils ont disqualifiés par avance les critiques en les assimilant aux « théories du complot ». Les médias sont passés maîtres dans l’art de dénoncer les théories du complot tout en y participant eux-mêmes…

Depuis le 11 septembre 2001, les médias dominants balaient d’un revers de main les doutes et les critiques en accusant l’islamogauchisme de comploter contre la République, la laïcité, les femmes… et contre Israël.
En 2004, Daniel Leconte et ses compères assénèrent, en manipulant les images, leur théorie du complot : l’anti-américanisme est le masque de l’éternel antisémitisme ; Arlette Laguiller et Jean-Marie Le Pen sont les agents d’un complot mondial contre le peuple juif [1] !
En 2006, les médias dominants accréditèrent la thèse d’un « complot soviétique » d’être responsable de l’attentat contre Jean Paul II en 1981 [2].
En 2008, les médias dominants accréditèrent la thèse d’un « complot de l’ultra-gauche » d’être responsable des «sabotages SNCF» [3].
En 2010, les médias dominants, qui perdent un peu plus chaque jour crédibilité et audience, s’acharne contre ceux qui participeraient à une vaste complot destiné à les discréditer :

La critique englobante de la «théorie du complot» est devenue dans l’espace médiatique une arme de destruction massive de toute discussion rationnelle. Et il est à peine paradoxal de constater que cette critique utilise les mêmes procédés que ceux qu’elle dénonce, comme le montre une émission récente de France Culture. La critique de la «théorie du complot» en version France Culture permet de comprendre comment et pourquoi sa dénonciation est devenue un argument de propagande médiatique…
Acrimed

Les chiens aboient, la caravane passe…

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
Théorie du complot, Acrimed.
Théorie du complot, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Lire : La théorie du complot, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire du RER D, Monde en Question.
[2] Lire la série d’articles sur cette affaire :
Le Monde, agent de propagande, Monde en Question.
Libération et Arte, agents de propagande, Monde en Question.
• Médias, agents de propagande, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire des caricatures, Monde en Question.
[3] Lire la série d’articles sur cette affaire :
• Version policière des «sabotages SNCF» (1), Monde en Question.
• Version policière des «sabotages SNCF» (2), Monde en Question.
• Version policière des «sabotages SNCF» (3), Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur les attentats à Bombay : Le terrorisme, une arme de propagande, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire des minarets, Monde en Question.

Permis de tuer


On tue beaucoup dans le monde de l’après-11-Septembre. Al-Qaida et les djihadistes tuent, et sont tués. Les Américains et leurs alliés tuent, et sont tués. Afghans et Irakiens, morts par dizaines de milliers ces dernières années, sont les premiers à pâtir de ces affrontements. On tue avec un kamikaze solitaire ou une armée de 100 000 hommes. On tue au grand jour, et on tue dans l’ombre.

Al-Qaida a décrété que sa mission était de tuer « juifs et croisés », de libérer la planète des « infidèles ». Un permis de tuer a été délivré à tout « bon musulman » souhaitant participer au combat.

Face aux djihadistes, des pays sont partis en guerre. Les États-Unis, attaqués sur leur sol en 2001, ont pris la tête de la lutte antidjihadiste. Avec un soutien international initialement unanime, contre Al-Qaida et les talibans afghans, puis de façon de plus en plus contestée, en Irak et aujourd’hui en Afghanistan.

On découvre que, dans cette guerre, Washington a délivré un permis de tuer à des hommes qui ne sont ni soldats, ni policiers, ni en aucune manière agents au service de l’État. La CIA a autorisé, par contrat, une société de mercenaires, Blackwater USA, à tuer des djihadistes. L’une des questions posées est simple : qui a le droit de tuer, au nom de l’Amérique ?

Blackwater est une firme militaire privée créée par un ex-commando des Navy Seals, Erik Prince. L’homme appartient à la mouvance des faucons républicains et des chrétiens conservateurs et revendique l’idée d’une « croisade » américaine et chrétienne contre l’islam. Devenu milliardaire grâce à la « guerre contre le terrorisme », M. Prince s’est hissé, sans aucune fonction officielle, jusqu’aux niveaux supérieurs du pouvoir à Washington, signant des contrats secrets pour des « opérations noires » connues des seuls Bush, Cheney, Rumsfeld et chefs des services de renseignements. M. Prince et les « soldats » de Blackwater sont devenus l’un des bras armés de l’Amérique en guerre. Des privés rémunérés partageant la même idéologie que leurs commanditaires.

Si ce programme secret a été interrompu, l’attitude de l’administration Obama à l’égard de Blackwater et d’autres sociétés militaires n’est pas encore claire. Des contrats ont été signés en 2009 pour la protection de diplomates et de chefs militaires américains.

Les autres démocraties occidentales, alliées des États-Unis, sont silencieuses. De même qu’elles s’étaient tues sur la sous-traitance de la torture, elles se taisent sur la sous-traitance de l’assassinat.

Beaucoup de valeurs ont été bafouées et beaucoup de repères perdus depuis le 11-Septembre, et le recours à des mercenaires est certes un phénomène aussi ancien que l’histoire des guerres. Il faudra pourtant réaffirmer un jour qui, dans une guerre, a le droit de tuer l’ennemi. La mythique Licence to Kill, généralement réservée à des agents secrets et à des soldats en mission, peut-elle être confiée à des tueurs à gages, pour une poignée de dollars ?

Rémy Ourdan
27/08/2009
Le Monde

Lire aussi :
• 14/08/2009, SCAHILL Jeremy, Blackwater Still Armed in Iraq, The Nation
• 20/08/2009, SCAHILL Jeremy, Blackwater: CIA Assassins?, The Nation
• 26/08/2009, SCAHILL Jeremy, Flushing Blackwater, The Nation
• Autres articles sur Blackwater, The Nation
• Blackwater, WikipédiaWikipedia
• SCAHILL Jeremy, Wikipedia
• SCAHILL Jeremy, Blackwater – L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008 [Revue historique des arméesSite]
• Dossier documentaire & Bibliographie Afghanistan, Monde en Question
• Dossier documentaire & Bibliographie Irak, Monde en Question