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Nouvelles révélations sur les massacres de Sabra et Chatila


 

Dans un livre sur la diplomatie américaine au Proche-Orient, le chercheur Seth Anziska revient sur les massacres de Sabra et Chatila (1982). Il apporte des éléments nouveaux sur l’implication du gouvernement israélien. Analyse de l’ouvrage et entretien avec l’auteur par Sylvain Cypel.

Lire l’intégralité de l’article : Orient XXI.

Lire aussi :
Sabra et Chatila, Palestine en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Mur de l’Aparteid, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

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Le livre noir de la colonisation de Jérusalem Est


 

Mediapart publie le rapport confidentiel des consuls européens à Jérusalem et Ramallah, qui vient d’être transmis à Bruxelles. Selon ce texte, dont nous publions quelques extraits, « la situation à Jérusalem n’a jamais été aussi menaçante depuis 1967 ».

« L’expansion des colonies et l’exclusion politique, économique, sociale des Palestiniens, qui ne cesse de s’aggraver, ont un impact négatif sur la situation à Jérusalem. La polarisation et la violence croissante dans la ville menacent de plus en plus la viabilité de la solution à deux États, avec Jérusalem comme capitale commune. Et le niveau des tensions risque de s’élever encore en 2017 avec le cinquantième anniversaire de l’annexion de la ville, compte tenu de ce que prévoient, à cette occasion, les autorités israéliennes », écrivent les chefs de missions diplomatiques de l’Union européenne à Jérusalem et à Ramallah, récemment transmis au Comité politique et de sécurité du Service européen d’action extérieure – le ministère des affaires étrangères de l’Europe, alors que cette politique de colonisation impunie d’Israël vient d’être condamnée, fin décembre, par l’adoption au Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 2334, qui demande, avec l’aval des USA, à Israël de « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de respecter toutes ses obligations légales dans ce domaine ».

Première constatation des diplomates européens : le mécanisme complexe de règles, de pratiques bureaucratiques, de lois ad hoc et d’impératifs sécuritaires que met en œuvre Israël à Jérusalem-Est, véritable machine infernale contre une paix négociée et pérenne, obéit à un choix de planification ethnique arrêté en 2007 par la municipalité de Jérusalem. La population palestinienne de la ville ne doit pas excéder, en effet, 40 % de la population municipale totale.

Dans cet arsenal de lois kafkaiennes, les Palestiniens de Jérusalem-Est disposent d’une carte d’identité spéciale qui leur permet de résider à Jérusalem-Est et de circuler en Israël, mais pas d’y voter lors des élections législatives. Un statut particulièrement précaire puisqu’il peut être révoqué par les autorités, si elles estiment que Jérusalem-Est n’est pas le « centre de vie » du résident.

Entre 1967 et 2015, 14 500 Palestiniens ont ainsi perdu leur droit de résidence. En outre, le statut de résident permanent, déjà difficile à préserver, ne s’applique pas automatiquement, en cas de mariage, aux conjoint(e)s des résident(e)s et ne se transmet pas automatiquement aux enfants. Et la procédure « d’unification de famille » nécessaire pour tenter de régler un telle situation est longue et coûteuse. Selon le ministère israélien de l’Intérieur, près de 8 000 Palestiniens vivaient ainsi en 2015 à Jérusalem, avec un simple permis de séjour temporaire. Autrement dit, ils étaient expulsables du jour au lendemain. Une bonne partie d’entre eux étaient des enfants dont l’un des parents possède une carte d’identité de résident à Jérusalem-Est et l’autre des papiers d’identité de Cisjordanie. Benjamin Netanyahou l’a admis publiquement en octobre 2015, rappellent les auteurs du rapport : la révocation du droit de résidence est l’une des mesures qui peuvent être prises à titre de punition ou de dissuasion, en cas d’escalade de la violence.

Autre obstacle quotidien à la liberté de mouvement des Palestiniens : le mur ou la barrière de séparation construite par Israël en Cisjordanie, officiellement pour des raisons de sécurité, en réalité pour annexer de fait à Israël de larges sections du territoire palestinien, en particulier celles où se trouvent les principaux blocs de colonies. En matière de commerce et d’emplois, le préjudice causé à l’économie palestinienne est évalué par le rapport à 200 millions de dollars par an. « La barrière de séparation et le régime de permis qui lui est associé, écrivent les diplomates européens, continuent d’avoir un impact social, humanitaire et économique très négatif sur Jérusalem-Est et son arrière-pays palestinien. Elle déconnecte Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie et sépare physiquement des communautés palestiniennes au sein de Jérusalem-Est. Et, en même temps, elle incorpore des colonies israéliennes, situées au-delà de la Ligne verte de 1967 [limite de la Cisjordanie – ndlr] dans la ville. »

Selon le document européen, au moins 70 000 Palestiniens résidant à Jérusalem-Est qui vivent dans des zones rejetées en Cisjordanie par les méandres savants de la barrière ou du mur ont désormais besoin de franchir un check-point pour se rendre à leur travail ou avoir accès aux services – santé, éducation – auxquels leur donne droit leur statut de résidents et de contribuables de Jérusalem. Pour les Palestiniens qui n’ont pas de permis de résidence à Jérusalem-Est, c’est-à-dire ceux de Cisjordanie, la vie est en encore plus compliquée, relèvent les diplomates. Ils doivent disposer d’un permis, très difficile à obtenir car soumis à une multitude de conditions. Ils ne sont pas autorisés à entrer à Jérusalem en automobile et à y passer la nuit. Et ils ne peuvent entrer que par 4 des 16 check-points qui entourent la ville.

Alors que les 316 000 Palestiniens de Jérusalem-Est représentent environ 37 % de la population de la ville, la part du budget municipal affecté à leurs quartiers ne dépasse pas 10 %. Ce qui se traduit par un manque criant de classes dans les écoles, de services d’urgence médicale, de bureaux de poste, de véhicules et de personnels pour la collecte des ordures. En matière d’éducation, note le rapport, Jérusalem-Est manque de 2 672 classes. Plutôt que de mettre en chantier des classes nouvelles, la municipalité de Jérusalem s’est limitée, pour contenir le mécontentement, à louer 800 locaux, pour la plupart mal adaptés à l’enseignement.

À ce manque de locaux scolaires s’ajoute, comme pour les six hôpitaux de Jérusalem-Est, un sérieux problème de liberté de circulation du personnel. Entre 70 et 80 % du personnel des hôpitaux de Jérusalem-Est a besoin d’un permis – renouvelable tous les six mois – pour entrer en ville. Et le quota d’employés originaires de Cisjordanie, qui est variable, est notifié verbalement aux directeurs d’hôpitaux. Une centaine de médecins sont autorisés à entrer à Jérusalem en voiture, les infirmières et le reste du personnel doivent franchir les check-points à pied.

On imagine bien que, dans de telles conditions, l’économie de Jérusalem-Est, qui repose essentiellement sur un tissu de petites ou très petites entreprises, vit des temps difficiles, d’autant que « le secteur du tourisme palestinien ne reçoit qu’une part très modeste des revenus générés par le tourisme international ». « En raison de son isolement et du système strict des permis israéliens, la ville a largement cessé d’être un centre économique et commercial, constatent les diplomates. Surtout, la contribution globale de Jérusalem-Est au PNB palestinien a décliné de 15 % avant les Accords d’Oslo à moins de 7 % aujourd’hui. » Le taux de chômage avoisine 35 % chez les jeunes et 19,9 % chez les femmes. Et le taux de pauvreté est passé entre 2006 et 2016 de 64 à 75 %.

Quant aux infrastructures de transport, « elles servent surtout, constate le rapport, à renforcer le contrôle israélien sur Jérusalem-Est ». « Le tramway illustre la politique israélienne qui consiste à relier les colonies israéliennes de Jérusalem-Est avec le centre-ville à Jérusalem-Ouest, affirme le document. À l’exception de quelques stations, à Shu’afat et Beit Hanina, le tram ne dessert pas les quartiers palestiniens. La municipalité de Jérusalem prévoit de doubler pratiquement la longueur de la ligne de tram existante jusqu’à la colonie de Neve Yaakov, pour relier d’autres colonies (Neve Yaakov, Gilo, Ramot) à Jérusalem-Ouest. » D’autres infrastructures, notamment un téléphérique urbain et des routes en construction ou en projet dont la liste figure dans le rapport, illustrent l’intention israélienne de « consolider la liaison entre les principales colonies israéliennes et Jérusalem ».

C’est pourquoi, en dépit d’une diminution des actes de violence depuis le milieu de l’année 2016, le tramway demeure un détonateur des tensions ». Tensions que les responsables palestiniens ont de plus en plus de mal à contrôler. D’autant que leur absence a été organisée par Israël. La fermeture par le gouvernement israélien des principales institutions palestiniennes de la ville – Orient House, siège de l’OLP, ou la Chambre de commerce –, comme le harcèlement dont sont victimes les institutions culturelles ou la répression qui se poursuit contre toute forme de vie politique palestinienne à Jérusalem-Est, ont « largement contribué à la fragmentation de la société palestinienne, à l’isolement des communautés locales palestiniennes et à l’affaiblissement de l’identité collective ».

Après avoir rappelé que pour l’UE « les colonies sont illégales au regard du droit international et constituent un obstacle à la solution à deux États et à la paix », et que 211 000 colons, sur les quelque 600 000 implantés dans les territoires occupés, vivent aujourd’hui à Jérusalem-Est, à côté de 316 000 Palestiniens, les auteurs du rapport passent en revue les différentes stratégies employées par Israël pour densifier la population juive de Jérusalem-Est. Et cela, tout en séparant les quartiers palestiniens les uns des autres par des colonies urbaines qui bloquent l’extension de l’habitat palestinien et en coupant la ville de la Cisjordanie par un chapelet de colonies périphériques qui interdisent tout développement des faubourgs palestiniens vers le nord, l’est et le sud. Aujourd’hui, constate le document, 2 500 colons vivent dans des « enclaves » au cœur des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est.

Dans certains quartiers, tel Silwan, au pied des remparts de la Vieille ville et de l’Esplanade des Mosquées, où les organisations privées de colonisation comme El’ad ou Ataret Cohanim sont particulièrement actives, ces « récupérations » de propriétés ont donné lieu à un nombre croissant d’expulsions d’habitants palestiniens. Selon le rapport, près de 500 Israéliens vivent aujourd’hui sous haute protection militaire parmi les 10 000 Palestiniens du secteur de Silwan, où le nombre de colons a quadruplé en moins de deux ans.

Parmi les autres procédés utilisés par les planificateurs de la colonisation pour contenir, voire empêcher le développement des quartiers palestiniens tout en étendant la présence juive dans Jérusalem-Est, le rapport examine longuement la multiplication des parcs nationaux et des espaces archéologiques, qui servent, en outre, à établir un « récit historique national » destiné à exalter « la continuité de la présence juive dans le secteur, au détriment des autres religions et cultures ». L’avantage, pour les autorités israéliennes, est que dans de tels cas, l’autorité sur le terrain est transférée de la municipalité de Jérusalem à l’Autorité des parcs et des réserves naturelles, qui n’a aucune obligation à l’égard des habitants palestiniens et peut donc obtenir leur expropriation et leur expulsion sans indemnité.

Et les restrictions et interdictions de construction créent une évidente pénurie de logements pour les résidents palestiniens, souvent obligés de construire sans obtenir de permis de la municipalité, s’exposant ainsi au risque d’être expulsés. Aujourd’hui, relève le rapport, le nombre de constructions palestiniennes menacées de démolition par un ordre administratif, judiciaire ou militaire s’élève à 24 000, ce qui expose 144 000 Palestiniens au risque d’expulsion.

À cette accumulation d’inégalités, d’injustices, d’abus et d’humiliations, génératrice de frustration et de révolte, s’ajoute une série d’initiatives et de déclarations, à propos de la gestion des lieux saints juifs et musulmans, qui visent à modifier un statu quo vieux de deux siècles et ont favorisé l’accroissement des tensions sur le terrain. Sous la pression des religieux juifs extrémistes et des colons, qui exercent une influence croissante au sein de sa majorité parlementaire, Benjamin Netanyahou a fait preuve d’une « tolérance accrue » à l’égard de ceux qui entendent modifier le régime des accès aux lieux saints, au bénéfice des seuls fidèles juifs.

« Compte tenu de l’importance du Haram al-Sharif/Mont du Temple pour les juifs et les musulmans, écrivent les auteurs du rapport, toute menace ou perception de menace sur son intégrité ou sur le statu quo ne risque pas seulement de saper toute reprise du processus de paix, mais a le potentiel de déstabiliser la région et de provoquer des réactions sur la planète entière, tout en amplifiant la dimension religieuse du conflit. »

Cette politique israélienne, selon les auteurs du rapport, a fortement contribué au renforcement de la polarisation et au regain de violence. Entre le début de l’année et les premiers jours de décembre, notent les consuls, trois Israéliens et vingt-six palestiniens ont été tués à Jérusalem. En représailles, certains Palestiniens, auteurs d’attaques individuelles, ont apparemment été tués dans des situations où ils ne représentaient plus une menace. Parallèlement, les autorités israéliennes ont remis en vigueur la pratique punitive de démolition des maisons des Palestiniens accusés d’attentats. Approuvée par la Cour suprême, cette technique de dissuasion a provoqué la colère des Palestiniens, qui la jugent unilatérale : elle n’a pas été appliquée, en effet, aux trois Israéliens qui avaient tué un jeune Palestinien en juillet 2014.

Les auteurs de ce rapport rappellent qu’il revient aux États membres de l’UE d’appliquer les mesures qui permettent de distinguer clairement les produits fabriqués en Israël et ceux en provenance des territoires occupés…

« On a déjà vu plus audacieux. Mais peut-on en attendre davantage de l’Union européenne », s’interroge Mediapart ?

Source : CAPJPO-EuroPalestine

Lire aussi :
Zeev STERNHELL, Le livre noir de l’occupation israélienne, Autrement, 2013 [Texte en ligne].
Henry LAURENS, Les accords Sykes-Picot, Arrêt sur Info.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Au nom du temple – Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif


 

Réalisateur : Charles Enderlin
Année : 2014
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : A l’aide de témoignages de rabbins, de colons, de militants nationalistes et d’images d’archives rares, « Au nom du temple » décrit le développement du sionisme religieux, sa conquête de la Cisjordanie et son combat contre les négociations avec les Palestiniens. A présent, ils promeuvent la reconstruction à Jérusalem du Temple juif, là où il se dressait il y a 2 000 ans, sur le lieu même de la mosquée Al Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam. Ce document montre le décalage entre les initiatives diplomatiques et la détermination des colons et des forces nationalistes. Un nouveau conflit que la gauche israélienne n’a pas réussi à empêcher. Désormais le conflit ne semble plus politique ou territorial, mais religieux.
Dossiers :
France 24
Rue 89
Télérama

Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
• Charles ENDERLIN, Au nom du temple – Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif (1967-2013), Seuil, 2013 [Introduction].
Plongeant ses sources dans la haute antiquité biblique, le fondamentalisme messianique juif a pris son essor en juin 1967, après la conquête de la Cisjordanie et, surtout, du Haram Al-Sharif, le troisième lieu saint de l’Islam – là où se trouvent aussi les ruines du Temple d’Hérode, là où le patriarche Abraham avait prétendu sacrifier son fils Isaac.
Convaincus que le monde est entré dans l’ère eschatologique, les militants de ce mouvement religieux, allié à la droite nationaliste, s’opposent à toute concession territoriale, et a fortiori à la création d’un État palestinien souverain et indépendant. Les idéaux, la politique, les principes qui avaient inspiré le sionisme des origines, libéral et pragmatique, ont été, à mesure que progressait la pénétration du fondamentalisme juif dans la société israélienne, de plus en plus marginalisés.
Dans ce nouveau document d’enquête, Charles Enderlin décrit la lente diffusion de l’idée messianique et son corollaire, le développement de la colonisation juive en Cisjordanie, qui rend impossible toute solution à deux États. Un nouvel Israël est-il en train de naître, menant le Proche-Orient à un point de non-retour ?
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.

Pour les Palestiniens


 

Le processus de paix israélo-palestinien n’est plus, depuis longtemps que le nom de code d’une politique du mensonge et de la violence. L’histoire, le déséquilibre des forces en présence, les enjeux mondiaux : tout concourt à polariser le débat. Loin du prêt-à-penser médiatique, dans un soucis constant de clarté et de pondération, Rony Brauman met en lumière la complaisance française vis-vis du gouvernement israélien et dénonce la troublante situation d’apartheid vécue par les Palestiniens.

Né en Israël, Rony Brauman a grandi en France. Figure emblématique de l’action humanitaire, professeur à Sciences Po et à l’université de Manchester, il a notamment dirigé Médecins sans frontières France de 1982 à 1994. Auteur de plusieurs essais, il s’est distingué par ses mises en garde sur les dangers du devoir d’ingérence.

Lire aussi :
• Rony BRAUMAN, Pour les Palestiniens, Autrement, 2014 [Guy Delisle].
• Ziyad CLOT, Il n’y aura pas d’État Palestinien, Monde en Question.
• Serge LEFORT, Le Fatah et le Hamas unis contre les Palestiniens, Monde en Question.
• Serge LEFORT, Échec du nationalisme palestinien, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël – Un seul État, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.

Colonisation israélienne vs Détermination palestinienne


 

Presented below are a series of rare and historic photographs donated to the Institute for Palestine Studies by the Foundation for Middle East Peace. The photographs date from the early 1980’s as the rate of Israeli settlement growth on the West Bank accelerated. Many of the photographs were published in Prescription for Conflict: Israel’s West Bank Settlement Policy (Washington, D.C.: Foundation for Middle East Peace, 1984). Attendant captions in italics are from Prescription for Conflict or were printed on the backside of the photographs.

Lire la suite… The blog of the Institute for Palestine Studies

Lire aussi :
• Sumud : L’âme du peuple palestinien, Mission de Palestine en France
• Sumud, Wikipedia
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.

The Gatekeepers


Face à la caméra de Dror Moreh, Avraham Shalom, Yaakov Peri, Carmi Gillon, Ami Ayalon, Avi Dichter et Yuval Diskin, successivement patrons du Shin Beth de 1980 à 2011, témoignent pour la toute première fois. Depuis la guerre des Six-​​Jours, en 1967, le service de renseignements est chargé du contrôle des opérations dans les territoires occupés, en Cisjordanie et à Gaza. « Je suis allé trouver chacun d’eux et je leur ai demandé de me raconter leur histoire. Je voulais qu’ils témoignent sur leur vision unique du conflit israélo-​​palestinien », explique Dror Moreh, le réalisateur.

Ce documentaire éclaire trente ans de lutte anti-terroriste et d’errements face à la question palestinienne. Chacun à leur tour, ils racontent, intensément, quelque trente ans de lutte anti-terroriste et de gestion désastreuse de la question palestinienne. Un flot d’aveux précis, circonstanciés, d’une remarquable liberté et d’une sidérante acuité. Six anciens chefs du Shin Beth, l’équivalent israélien du FBI, expliquent comment, depuis la guerre des Six Jours en 1967, dont la victoire vaut à l’État hébreu d’occuper Gaza et la Cisjordanie et de faire face à un million de Palestiniens, les responsables politiques n’ont jamais vraiment cherché à construire la paix. Une succession d’erreurs qu’inaugurent les mots d’arabe approximatif avec lequel les jeunes réservistes s’adressent aux populations des nouveaux territoires occupés, leur annonçant qu’ils viennent les « castrer », au lieu de les « recenser ».

Bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de recrutement d’indicateurs qui amplifient la haine de l’occupé… Ils disent surtout l’absence de vision stratégique ; la résistance et l’hostilité des Palestiniens oubliés explosant avec la première Intifada ; le laxisme face à l’extrémisme juif qui anéantira, avec l’assassinat de Yitzhak Rabin, la seule réelle lueur de paix. « On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre », lâche Ami Ayalon, à la tête du service de 1996 à 2000, quand Avraham Shalom, le plus ancien d’entre eux, compare l’armée d’occupation à celle de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. « Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste… », conclut avec ironie Yaakov Péri (1988-1994).

Dror MOREH, The Gatekeepers, 2012, AlloCinéArteDossier de presse ArteSite du filmVoir VF.

Lire aussi :
• 30/12/2012, Gideon LEVY, The gatekeepers?, Ha’aretz.
• 18/01/2013, Les confessions des espions du Shin Beth secouent Israël, Le Figaro-AFPS.
• 01/02/2013, Olivier MILLOT, « The Gatekeepers », un documentaire ravageur pour les dirigeants israéliens, Télérama-CCIPPP.
• 02/02/2013, Ex-Israeli security chiefs speak out in Oscar documentary nominee, Reuters.
• 20/02/2013, Yossi KLEIN, « The gatekeepers » should be nominated for best horror film, Ha’aretz.
• 01/03/2013, Démocratie et espionnage : comment faire face au terrorisme ?, France Culturemp3.
Revue de presse Palestine colonisée 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.

Pilier de Défense – Fronde de David


Un article de l’agence Xinhua est passé totalement inaperçu. Il éclaire pourtant un des buts de l’offensive militaire contre les Palestiniens de Gaza. Rien ne vaut une bonne guerre pour tester de nouvelles armes.

Israël annonce avoir testé avec succès un nouveau système de défense antimissile

Israël a testé avec succès un nouveau système de défense antimissile, baptisé « Fronde de David », capable d’intercepter des missiles ayant une portée plus longue que ceux abattus par le système « Dôme de fer » utilisé lors du récent conflit entre Israël et Gaza, a indiqué le ministère de la Défense dimanche.

Un missile Stunner, lancé par le système « Fronde de David », a intercepté sa cible lors du premier tir, précise le communiqué du ministère.

Ce test d’interception réussi marque l’achèvement de la première phase de développement du système de défense « Fronde de David » mis au point par l’Organisation de défense antimissile israélienne et l’Agence de défense antimissile américaine, ajoute le communiqué.

Le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a félicité les personnels qui ont travaillé sur le projet. Le système « Fronde de David » sera un dispositif important du programme de défense antimissile multi-couches israélien, a-t-il dit.

« Fronde de David », qui est développé conjointement par Israël et les États-Unis, constitue une couche de protection intermédiaire entre « Dôme de fer », qui assure la défense d’Israël contre les missiles de courte portée, et « Flèche 2 » (« Arrow 2 »), qui protège le pays contre les missiles balistiques de longue portée.

Renmin Ribao, 27/11/2012

Un test en grandeur nature permet aussi de préparer la prochaine guerre comme l’annonce triomphalement le site de propagande sioniste JSS News :

L’opération « Colonne de nuée » peut être considérée comme étant un « round » dans la guerre qui oppose l’État d’Israël à la République islamique d’Iran et ses alliés dans la région. La trêve acceptée par le gouvernement de Binyamin Netanyahou n’est pas un renoncement dans la lutte contre le terrorisme mais l’aboutissement – anticipé – d’une des étapes de la stratégie israélienne.

Le 14 novembre 2012, l’opération « Colonne de nuée » débute avec l’élimination d’Ahmed Jabari, le chef de la branche armée du Hamas. Un cessez-le-feu entre en vigueur huit jours plus tard. Le bilan de cette opération est clair et les chiffres communiqués par Tsahal le prouvent.

[…] Bien qu’atteint, le Hamas n’est pas encore détruit. Pour cela, il est nécessaire de s’attaquer aussi au régime iranien.

[…] il ne fait aucun doute que les dirigeants israéliens seront au rendez-vous pour enfin « laisser Tsahal gagner ».

Lire aussi :
• Succès du premier test de la « Fronde de David », JSS News site de propagande sioniste, 28/11/2012.
• Système Fronde de David, Tsahal.
• Notes d’Iron Dome au Patriot, impair et manque…, Dedefensa 22/11/2012.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.

Un État non-membre et occupé



Photo publiée par Ha’aretz avant la connaissance du vote :
138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions

Le 14 novembre, Benyamin Netanyahou a lancé une opération militaire contre les Palestiniens de Gaza puis l’a brusquement arrêtée au bout d’une semaine. En acceptant un cessez-le-feu négocié par Mohamed Morsi, il a permis à Ismaël Haniyeh d’apparaître comme le « vainqueur » d’une guerre qui n’a pas eu lieu.

Le 29 novembre, Benyamin Netanyahou a été incapable d’empêcher le vote par l’ONU en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme État observateur non-membre des Nations Unis. Mahmoud Abbas apparaît comme le « vainqueur » d’une guerre diplomatique contre l’État d’Israël qui se retrouve plus isolé que jamais.

En moins de quinze jours, Ismaël Haniyeh fut promu comme l’interlocuteur incontournable d’une solution militaire et Mahmoud Abbas comme l’interlocuteur incontournable d’une solution diplomatique au règlement du partage de la Palestine, selon les frontières de 1947 pour le Hamas et celles de 1967 pour l’OLP.

Bien que Benyamin Netanyahou soit pratiquement assuré de gagner les prochaines élections, il devra affronter la réalité d’une occupation coloniale qui s’enlise dans les sables mouvants du projet sioniste d’établir un État juif sur les deux rives du Jourdain.

29/11/2012
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Assemblée générale, ONU, 29/11/2012.
• With Palestinians near certain to win UN recognition, Israel increasingly isolated, Ha’aretz, 29/11/2012.
The General Assembly vote, which will be broadcast live around the globe, is expected to be an unprecedented achievement for the PA and Abbas. In contrast, Prime Minister Benjamin Netanyahu, Foreign Minister Avigdor Lieberman and Defense Minister Ehud Barak are said to understand that the Palestinian victory at the United Nations means an Israeli defeat and a personal defeat for each of them.
The significance of the outcome has not been lost on Jerusalem. While the ruling party in Israel is moving to the right, the international community, including Israel’s friends, is moving to the left. They are no longer willing to accept Israel’s occupation of the West Bank.
• La question de Palestine, ONU – The Question of Palestine, UN.
• Permanent Observer Mission of Palestine to the United Nations, UN.
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Texte de l’accord de cessez-le-feu


L’accord de cessez-le-feu conclu sous médiation égyptienne entre Israël et les groupes combattants à Gaza prévoit que les deux parties cessent leurs frappes aériennes comme leurs tirs de roquettes à dater de 21h00 heure de Gaza (19h00 GMT).

Voici le texte de cet accord :

Dispositions convenues relativement à l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et les groupes combattants de la bande de Gaza, dirigés par le Hamas, avec la médiation de l’Égypte :
1. Israël cesse toute action agressive à Gaza, que ce soit par mer, par terre ou par les airs, y compris toute incursion et tout assassinat ciblé.
2. Les factions palestiniennes et la branche armée cessent toute action agressive depuis la bande de Gaza contre Israël, y compris tout tir de roquette et toute attaque à la frontière entre la bande de Gaza et Israël.
3. Les points de passage seront ouverts et la circulation des biens et personnes seront facilités, sans restreindre les déplacements des habitants ni les prendre pour cible près des zones frontalières. Cette mesure sera mise en oeuvre 24 heures après l’entrée en vigueur du présent accord.
4. Tout autre problème éventuel sera discuté en tant que besoin.

Mécanisme de mise en œuvre :
1. Décision de l’heure zéro pour le début de l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu.
2. Obtention par l’Égypte de garanties de toutes les parties qu’ elles respecteront les dispositions convenues.
3. Engagement de la part de chaque partie à s’abstenir de toute action unilatérale ou violation de ces accords. Toute éventuelle observation sera transmise à l’Égypte, en tant que médiateur de cet accord, qui en assurera le suivi.

Renmin Ribao

Lire aussi :
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Le prix du recul de Netanyahou


S’il s’avère que l’État d’Israël arrête son offensive militaire contre les Palestiniens de Gaza après huit jours de bombardements de la population civile, il reste à interpréter ce recul historique.

Benyamin Netanyahou doit avoir de très bonnes raisons pour signer un cessez-le-feu qui avantage politiquement Mohamed Morsi, le président de l’Égypte proche des Frères musulmans, et Ismaël Haniyeh du Hamas, mouvement issu des Frères musulmans. En effet, Mohamed Morsi va apparaître comme l’homme fort, qui a négocié l’improbable cessez-le-feu entre l’État d’Israël et le Hamas, et Ismaël Haniyeh va apparaître comme l’héroïque résistant, qui a fait reculé Benyamin Netanyahou.

Les conséquences peuvent être désastreuses pour Benyamin Netanyahou, qui risque alors de perdre les élections, et pour l’armée israélienne, qui avait déjà été secouée par sa défaite au Liban. Avigdor Liberman et les généraux extrémistes sont capables de faire de la surenchère. En bref, une crise de confiance pourrait ébranler la société israélienne qui soutenait majoritairement cette nouvelle guerre.

Pour que Benyamin Netanyahou accepte un accord, il faut qu’il ait reçu en échange des gages… de la seule puissance qui puisse le contraindre à négocier : les États-Unis via Hillary Clinton, qui est actuellement à Tel Aviv.
À défaut de l’autoriser à guerroyer en Iran, Barack Obama lui a probablement garanti de neutraliser Mahmoud Abbas, qui rêve toujours d’être le Président-embedded un État-confetti pour le compte de l’État d’Israël, et surtout de fermer les yeux sur la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie.
Il est possible aussi que Obama ait tendu un piège Netanyahou, en lui donnant de fausses promesses, pour lui faire payer son soutien à son adversaire électoral.

Le 14 novembre, Benyamin Netanyahou a lancé une opération militaro-électorale dont les gains ne sont pas acquis.

21/11/2012 à 20 heures
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.