Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Bibliographie histoire

Dictionnaire amoureux de la Belgique


Bibliographie histoire

 

Au risque de décevoir beaucoup de mes lecteurs, j’avoue que je ne suis pas Français de souche, mais je suis triplement criminel car d’origine belge, émigré au Mexique et anti-Charlie.

Voici donc aujourd’hui quelques livres sur la Belgique qui traînent dans ma bibliothèque :

Jean Baptiste BARONIAN, Dictionnaire amoureux de la Belgique, Plon, 2015 [Texte en ligne].

Thomas BEAUFILS, Belgique l’utopie d’une nation – Idées reçues sur les Belges d’hier et d’aujourd’hui, Le Cavalier Bleu, 2012 [Texte en ligne].

Fred STEVENS, Axel TIXHON, L’histoire de la Belgique pour les nuls, First, 2010 [Texte en ligne].

Astrid VON BUSEKIST (sous la direction de), Singulière Belgique, Fayard, 2012 [DébatTexte en ligne].

Patrick WEBER, La grande histoire de la Belgique, Perrin, 2013 [Texte en ligne].

12/10/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Écouter aussi :
Histoire de la Belgique, France Culture 1/42/43/44/4, 12-15/11/2007.

Lire aussi :
Dossier Cinéma Belgique , Monde en Question.
Dossier documentaire Géographie, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

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L’Histoire est une littérature contemporaine


Bibliographie histoire

 

L’histoire n’est pas fiction, la sociologie n’est pas roman, l’anthropologie n’est pas exotisme, et toutes trois obéissent à des exigences de méthode. À l’intérieur de ce cadre, rien n’empêche le chercheur d’écrire.

Concilier sciences sociales et création littéraire, c’est tenter d’écrire de manière plus libre, plus originale, plus juste, plus réflexive, non pour relâcher la scientificité de la recherche, mais au contraire pour la renforcer. L’histoire est d’autant plus scientifique qu’elle est littéraire.

Réciproquement, la littérature est compatible avec la démarche des sciences sociales. Les écrits du réel – enquête, reportage, journal, récit de vie, témoignage – concourent à l’intelligibilité du monde. Ils forment une littérature qui, au moyen d’un raisonnement, vise à comprendre le passé ou le présent.

Des sciences sociales qui émeuvent et captivent ? Une littérature qui produit de la connaissance ? Il y a là des perspectives nouvelles pour le siècle qui s’ouvre.

Ivan JABLONKA, L’Histoire est une littérature contemporaine – Manifeste pour les sciences sociales, Seuil, 2014 [Texte en ligne].
Avis de :
Dimitri JULIEN, Écritures historiques, 2015.
Anna SAIGNES, Recherches & Travaux, 2015.

Lire aussi :
Dossier documentaire Épistémologie, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Histoire de la publicité en France


Bibliographie histoire

 

Contrairement aux pays anglo-saxons, la France a longtemps méprisé la « réclame », considérée comme l’arme des charlatans et dénigrée par des groupes sociaux hostiles (clergé, médecins, voyageurs de commerce). Cependant, depuis la Belle Epoque, la publicité a été valorisée par l’affiche et a conquis les milieux populaires avec les émissions de divertissement des radios privées. Avec les Trente Glorieuses, la France est entrée enfin dans l’âge publicitaire où les médias se disputent des crédits sans lesquels ils ne pourraient plus vivre.

Des annonces des gazettes de l’Ancien Régime à celles des commerçants des villes de province, des placards des quotidiens aux chansonnettes des radios privées des années trente, jusqu’à l’entrée de la publicité à la télévision au lendemain de Mai 1968, le lecteur voyage ici dans le passé de la publicité française.

Marc MARTIN, Histoire de la publicité en France, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2012 [Texte en ligne].

Lire aussi :
COLLECTIF, Affiches publicitaires 1840-1966 – 166 affiches publicitaires datées et légendées, [Texte en ligne].
Index Techniques, Monde en Question.
Index Géographie-Histoire, Monde en Question

Une histoire populaire de la France


Bibliographie histoire

 

Une histoire de la France « d’en bas », celles des classes populaires et des opprimés de tous ordres, pour un livre monumental : une histoire des résistances, des révoltes et des rébellions face à l’ordre établi et aux pouvoirs dominants, une histoire qui restitue le champ des possibles non aboutis dans leur contexte politique, économique et social, mais qui passe aussi par l’histoire du quotidien, de l’intime et du sensible, attentive aux émotions, aux bruits et aux sons.

1685, année terrible, est à la fois marquée par l’adoption du Code Noir, qui établit les fondements juridiques de l’esclavage « à la française », et par la révocation de l’édit de Nantes, qui donne le signal d’une répression féroce contre les protestants. Prendre cette date pour point de départ d’une histoire de la France moderne et contemporaine, c’est vouloir décentrer le regard, choisir de s’intéresser aux vies de femmes et d’hommes « sans nom », aux minorités et aux subalternes, et pas seulement aux puissants et aux vainqueurs.

C’est cette histoire de la France « d’en bas », celle des classes populaires et des opprimé.e.s de tous ordres, que retrace ce livre, l’histoire des multiples vécus d’hommes et de femmes, celle de leurs accommodements au quotidien et, parfois, ouvertes ou cachées, de leurs résistances à l’ordre établi et aux pouvoirs dominants, l’histoire de leurs luttes et de leurs rêves.

Pas plus que l’histoire de France ne remonte à « nos ancêtres les Gaulois », elle ne saurait se réduire à l' »Hexagone ». Les colonisés – des Antilles, de la Guyane et de La Réunion en passant par l’Afrique, la Nouvelle-Calédonie ou l’Indochine – prennent ici toute leur place dans le récit, de même que les migrant.e.s qui, accueilli.e.s « à bras fermés », ont façonné ce pays.

Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Les luttes et les rêves – Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, La Découverte, 2016 [Texte en ligne BookysTexte en ligne Zones].

Avis de : France CultureL’HumanitéLa vie des idéesLecturesSciences Humaines

Lire aussi :
Index Géographie-Histoire, Monde en Question.
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La France avant la France


Bibliographie histoire

 

L’histoire a longtemps juxtaposé des images simples pour définir les quatre siècles écoulés de 481 à 888 : aux Mérovingiens incultes et incapables, succédaient des Carolingiens glorieux et conquérants. Les recherches des dernières décennies, fondées sur une réévaluation des sources écrites et sur les progrès de l’archéologie, ont libéré cette période du carcan des idées reçues.

Ce livre, en forme de bilan, dresse des perspectives neuves. Il montre notamment que les rois mérovingiens furent les derniers continuateurs de l’Antiquité et que si les premiers Carolingiens rassemblèrent sous leur autorité presque toute l’Europe occidentale, l’Empire s’avéra une réalité fragile et diverse.

Ainsi, les auteurs ramènent-ils les faits aux réalités de l’époque, en rejetant les anachronismes et les outrances, et en appuyant leur exposé sur des textes et des cartes comme sur une iconographie abondante. Cette histoire renouvelée possède un attrait majeur : au-delà des représentations traditionnelles, elle s’efforce d’atteindre le réel.

Geneviève BÜHRER-THIERRY, Charles MÉRIAUX, La France avant la France (481-888), Belin, 2010 [Texte en ligne].

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Saladin


Bibliographie histoire

 

Pour le monde arabo-musulman, Saladin est une figure mythique : de Nasser à Saddam Hussein, nombreux sont les dirigeants qui se sont réclamés de lui, nombreux les poètes et les artistes qui ont exalté sa mémoire. À Damas, son mausolée est aujourd’hui encore un lieu de pèlerinage. En Occident aussi, une véritable légende s’est construite autour de ce sultan kurde (1137-1193) devenu champion de l’islam et souverain d’un immense empire. Il est celui qui sut reprendre Jérusalem aux croisés et susciter chez ses adversaires chrétiens, notamment Richard Cœur de Lion, une certaine admiration.

Dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, Anne-Marie Eddé a voulu comprendre la formidable popularité qui fut celle de Saladin, une popularité à laquelle il veilla toujours de très près. Une propagande inlassable encensait le sultan, défenseur de l’islam, serviteur fidèle du calife de Bagdad, parangon de justice, magnanime et généreux envers ses sujets comme envers ses ennemis…

S’efforçant de faire la part de l’imaginaire et de la réalité, Anne-Marie Eddé replace le personnage dans l’époque tourmentée qui fut la sienne. Elle décrit l’ascension d’un homme doté d’un grand sens politique, qui parvint à étendre sa domination sur un territoire allant du Nil à l’Euphrate et du Yémen au nord de la Mésopotamie ; un homme authentiquement intéressé par la vie religieuse, soucieux d’appliquer la loi musulmane, sans concessions mais sans excès non plus, notamment à l’égard des communautés juives et chrétiennes ; un homme qui fut un guerrier infatigable, mais aussi un administrateur doué d’une prodigalité qui faisait le désespoir de ses proches. Un homme, enfin, qui montra autant de volonté dans la maladie, le deuil et les combats déçus que sur les chemins de la gloire.

Anne-Marie EDDÉ, Saladin, Flammarion, 2016 [Texte en ligne].
Avis de : Les clés du Moyen-OrientREMMM.

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L’expulsion [des musulmans d’Espagne]


Bibliographie littérature
Bibliographie histoire

 

1609-1610 : Philippe III d’Espagne et le duc de Lerma décident d’expulser les morisques de la Péninsule ibérique. Ces cinq cent mille hommes et femmes, nés en Andalousie, sont les descendants des populations musulmanes converties au christianisme plus d’un siècle auparavant, et, pour la plupart, travaillent sur les terres des Grands d’Espagne comme cultivateurs, jardiniers, artisans. Embarqués de force dans des navires loués aux Vénitiens, aux Génois et aux Français, les morisques sont envoyés malgré eux en Afrique du Nord, soupçonnés d’apostasie et de trahison.

Cette trame historique est la toile de fond du nouveau roman de Michel del Castillo, où se côtoient les figures emblématiques de cet épisode tragique de l’histoire d’Espagne : celles du roi et de son favori, des représentants de l’armée, des Grands, de l’Église, mais aussi celles, plus juvéniles et plus humbles, de leurs victimes ou de leurs ennemis.

Michel del Castillo livre un roman troublant dont les racines plongent dans cette Espagne qui lui est si chère et nous rappelle un épisode oublié qui fait écho à la sourde angoisse planant aujourd’hui sur l’Europe.

Michel DEL CASTILLO, L’expulsion, Fayard, 2018 [Texte en ligne].

Résumé de l’histoire de l’expulsion des morisques

L’avancée de la Reconquête au XIIe et XIIIe siècle a entraîné une conséquence : la naissance d’une nouvelle minorité, celle des mudéjares ou musulmans tributaires d’un souverain chrétien. La prise de Tolède (1085) et celle de Saragosse (1118) fait passer sous domination chrétienne des masses humaines que l’on ne peut pas ou que l’on ne veut pas chasser.

Les musulmans demeurés en terre devenue chrétienne se retrouvent placés dans une situation de subordination plus o moins bien supportée, malgré les proclamations rassurantes des souverains chrétiens qui promettent de respecter leur langue, leur culte, leur droit et leurs coutumes. On a ainsi vu Alphonse VI se proclamer « empereur des deux religions » au lendemain de la prise de Tolède, mais la grande mosquée sera transformée en cathédrale très tôt, en dépit des promesses d’Alphonse VI. Dans la plupart des régions concernées, la Reconquête entraîne, immédiatement ou à l’issue de révoltes ultérieures, une forte émigration des musulmans vers le royaume nasride de Grenade ou vers l’Afrique du Nord et les déclarations rassurantes des souverains chrétiens s’expliquent davantage par un calcul opportuniste (il s’agit de retenir et contrôler désormais les fortes populations musulmanes pour mettre le pays en valeur) que par un souci de « tolérance » bien anachronique. Des communautés mudéjares (de l’arabe muddagan qui évoque, pour un animal, le fait d’être apprivoisé, dompté) demeurent cependant dans les huertas de Valence et de Murcie, ainsi que dans la vallée de l’Èbre. Ils constituent une main-d’œuvre agricole experte et peu exigeante. Dans ces régions, les musulmans sont à la fois plus nombreux et plus regroupés que dans la Couronne de Castille où ils sont beaucoup plus dispersés.

Les morisques sont les descendants des musulmans d’Espagne convertis de force au catholicisme. Les capitulations de Grenade de novembre 1491 avaient garanti aux musulmans le libre exercice de leur culte. Les Rois Catholiques espéraient qu’ils finiraient par se convertir mais n’envisageaient pas de les y contraindre. Mais, étant donné que les conversions étaient trop lentes et trop peu nombreuses, en 1499 le cardinal Cisneros est chargé d’accélérer le mouvement. Les mudéjares de Grenade en 1501, puis ceux de l’ensemble du royaume de Castille en 1502, furent contraints de se convertir ou de quitter l’Espagne. À Valence, les mudéjares furent baptisés de force et la mesure fut étendue à tous les musulmans de la Couronne d’Aragon en 1525. À cette date, il n’y a plus officiellement de musulmans en Espagne. La réalité est tout autre et personne n’est dupe. Les morisques restent ce qu’ils étaient : des musulmans.

Dans le nord, le centre et même en Andalousie –en dehors du royaume de Grenade- les morisques sont peu nombreux et dispersés dans de petites communautés urbaines où ils sont en voie d’assimilation. Les morisques sont surtout concentrés dans trois zones : l’Aragon, Valence et Grenade. Dans les deux premières, ils mènent une existence précaire sans chefs pour les guider et les conseiller. À Grenade, au contraire, ils ont conservé leurs élites religieuses et sociales. Partout, ils sont placés sous la domination de seigneurs qui les exploitent durement, mais les protègent contre les tracasseries de l’administration dans la mesure où ils représentent une main-d’œuvre laborieuse, docile et efficace.

En 1566 on publia à Madrid une série d’interdictions et de mesures pour contraindre la population à s’assimiler : il leur est interdit de parler arabe, de célébrer leurs fêtes traditionnelles, de porter de vêtements spécifiques… Après deux années de vaines négociations, les Morisques des Alpujarras se soulevèrent le 24 décembre 1568, tentant d’entraîner ceux de l’Albaicín. La guerre des Alpujarras avait commencé. En avril 1569, don Juan d’Autriche fut chargé de mater la rébellion. Le 1er novembre 1570, on décida d’envoyer tous les Morisques du royaume de Grenade en Castille, en Andalousie occidentale et en Estrémadure. Une première vague de 50.000 personnes fut ainsi déportée pendant l’hiver 1570-1571. On estime que 30% des Morisques moururent en route entre le 1er novembre 1570 et le printemps 1571.

Un thème prend de l’ampleur dans les années 1580, celui des morisques comme ennemis de l’intérieur, prêts à faire alliance avec l’ennemi extérieur, les Turcs. L’idée d’une expulsion fait des progrès L’expulsion définitive des Morisques de la Couronne d’Aragon fut décrétée le 4 avril 1609 et celle des Morisques d’Andalousie et de Murcie prit effet le 10 janvier 1610. Au total, 300.000 personnes furent expulsées d’Espagne. Les Morisques déportés trouvèrent refuge principalement au Nord du Maghreb. Au Maroc, ils s’installèrent surtout à Rabat, Salé, Fès et les principales villes du Nord-marocain comme Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Asilah et Larache. En Algérie, ils s’installèrent notamment à Oran, Tlemcen, Alger, Cherchell, Nedroma, Koléa ainsi que d’autres villes. En Tunisie, les villes de Tunis et Testour sont connues pour avoir accueilli un grand nombre de réfugiés morisques.

Source : Mudejares et morisques, Histoire de l’Espagne

Lire aussi :
Fernand BRAUDEL, Conflits et refus de civilisation : espagnols et morisques au XVIe siècle, Annales, 1947.
Louis CARDAILLAC, Vision des morisques et de leur expulsion, quatre cents ans après, Cahiers de la Méditerranée, 2009.
Raphaël CARRASCO, Les morisques au XVIe siècle : de l’échec de l’évangélisation à la répression généralisée, Cahiers d’études du religieux, 2008.
Jean-Pierre DEDIEU, Les morisques, des étrangers sur leur propre sol, SITEpdf, 2011.
Bernard DUCHARME, Les Morisques : loyaux sujets ou maladie de la République ?, Cahiers d’histoire, 2014.
Isabelle POUTRIN, L’évêque Esteve et les morisques – Un projet policier pour la conversion (Espagne, fin XVIe siècle), Conversion/Pouvoir et religion, 2015.
Marc TERRISSE, La diaspora morisque : une histoire globale méconnue, Hommes & Migrations, 2016.
Rodrigo de ZAYAS, L’expulsion des morisques d’Espagne, Le Monde diplomatique, 1997.
Index Littérature, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Le vol de l’histoire – Comment l’Europe a imposé son récit au reste du monde


Bibliographie histoire

 

Une fois encore, comme hier à propos de la famille en Europe ou de la place de l’écriture dans notre civilisation, Jack Goody vient perturber la ronde des historiens emportés par leurs certitudes. À la question soulevée par l’anthropologue britannique, on devine déjà ce qu’argueront les esprits chagrinés par cette interpellation d’exigence : comparaison n’est pas raison. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit.

La question ? C’est le vol de l’histoire, c’est-à-dire la mainmise de l’Occident sur l’histoire du reste du monde. À partir d’événements qui se sont produits à son échelle provinciale, l’Europe a conceptualisé et fabriqué une représentation du passé toute à sa gloire et qu’elle a ensuite imposée au cours des autres civilisations.

Le continent européen revendique l’invention de la démocratie, du féodalisme, du capitalisme de marché, de la liberté, de l’individualisme, voire de l’amour, courtois notamment, qui serait le fruit de sa modernisation urbaine. Plusieurs années passées en Afrique, particulièrement au Ghana, conduisent Jack Goody à mettre aujourd’hui en doute nombre d’inventions auxquelles les Européens prétendent, sous les plumes de Fernand Braudel, Joseph Needham ou Norbert Elias notamment, alors que ces mêmes éléments se retrouvent dans bien d’autres sociétés, du moins à l’état embryonnaire.

Économiquement et intellectuellement parlant, seul un écart relativement récent et temporaire sépare l’Occident de l’Orient ou de l’Afrique. Des différences existent. Mais c’est d’une comparaison plus rapprochée que nous avons besoin, et non d’une opposition tranchée entre le monde et l’Occident, au seul profit de ce dernier.

Jack GOODY, Le vol de l’histoire – Comment l’Europe a imposé son récit au reste du monde, Gallimard, 2010 [Texte en ligne].

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Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
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Aux sources de la précarité


Bibliographie histoire

 

Au cœur de l’actualité, la précarité est souvent médiatiquement présentée, en suivant le discours porté par les pouvoirs politique et économique, comme un mal nécessaire permettant de limiter la croissance du chômage. À la lumière de la longue portée de la critique historique, il apparaît néanmoins essentiel d’infirmer ce discours et d’en souligner les dangers en termes sociaux et politiques. C’est la démonstration qui est faite ici à travers l’exemple de l’édification industrielle du département du Nord.

Cette précarité, loin de constituer une innovation, est déjà concomitante du développement du travail salarié au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle y constitue, en l’absence de protections sensibles, un instrument de pression visant à s’opposer aux prétentions ouvrières ; mais elle est également un déterminant politique de premier ordre qui permet de contraindre le vote des ouvriers et parfois, de donner une expression politique à leur ressentiment et à leur détresse.

Ce livre s’adresse à tous ceux qui, conscients des enjeux politiques et sociaux actuels, souhaitent comprendre en quoi la précarité, et l’utilisation qui en est faite, sont centrales dans les constructions démocratiques et républicaines à l’œuvre en France du XIXe siècle à nos jours.

Marc LELEUX, Aux sources de la précarité – L’instrumentalisation du travail dans le Nord 1848-1914, Presses universitaires du Septentrion, 2015 [Texte en ligne].

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Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Histoire des sans-travail et des précaires du Nord


Bibliographie histoire

 

Les sans-travail et les précaires ne sont pas que les protagonistes auxquels l’actualité ne cesse de nous ramener. Ils ont une histoire qui interroge la viabilité de notre société et les enjeux démocratiques qui s’y rapportent.C’est cette histoire aux caractères multiples que cet ouvrage se propose de retracer au cours du XXe siècle pour le département industriel du Nord, tant à travers les évolutions législatives qui, très progressivement, permettent de conditionner l’indemnisation des sans-travail ou qui, parfois, génèrent une précarisation accrue de ce travail, qu’à travers les multiples formes d’actions ou de mobilisations de ces sans-travail, voire la récupération politique dont ils sont l’objet.

Pour historique qu’elle soit, cette étude n’en est pas moins ouverte sur toutes les sciences humaines et sociales. Les chercheurs, historiens, mais aussi sociologues, ethnologues, spécialistes de psychologie sociale, ou politologues y trouveront un outil des plus utiles à leurs propres travaux, y compris dans une perspective comparatiste.L’actualité récurrente du sujet en fait également un ouvrage s’adressant à tout lecteur curieux de mieux cerner les enjeux qui se nouent autour de ce que nous avons coutume d’appeler la question sociale, mais également tous ceux dont les professions ou les fonctions les amènent à s’interroger sur la situation des sans-travail et des précaires.Ce faisant, ce livre constitue un utile garde-fou contre les préjugés et les discours de la fatalité.

Marc LELEUX, Histoire des sans-travail et des précaires du Nord, Presses universitaires du Septentrion, 2013 [Texte en ligne].

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Index Géographie-Histoire, Monde en Question.
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