Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Bibliographie histoire

Aux sources de la précarité


Bibliographie histoire

 

Au cœur de l’actualité, la précarité est souvent médiatiquement présentée, en suivant le discours porté par les pouvoirs politique et économique, comme un mal nécessaire permettant de limiter la croissance du chômage. À la lumière de la longue portée de la critique historique, il apparaît néanmoins essentiel d’infirmer ce discours et d’en souligner les dangers en termes sociaux et politiques. C’est la démonstration qui est faite ici à travers l’exemple de l’édification industrielle du département du Nord.

Cette précarité, loin de constituer une innovation, est déjà concomitante du développement du travail salarié au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle y constitue, en l’absence de protections sensibles, un instrument de pression visant à s’opposer aux prétentions ouvrières ; mais elle est également un déterminant politique de premier ordre qui permet de contraindre le vote des ouvriers et parfois, de donner une expression politique à leur ressentiment et à leur détresse.

Ce livre s’adresse à tous ceux qui, conscients des enjeux politiques et sociaux actuels, souhaitent comprendre en quoi la précarité, et l’utilisation qui en est faite, sont centrales dans les constructions démocratiques et républicaines à l’œuvre en France du XIXe siècle à nos jours.

Marc LELEUX, Aux sources de la précarité – L’instrumentalisation du travail dans le Nord 1848-1914, Presses universitaires du Septentrion, 2015 [Texte en ligne].

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Histoire des sans-travail et des précaires du Nord


Bibliographie histoire

 

Les sans-travail et les précaires ne sont pas que les protagonistes auxquels l’actualité ne cesse de nous ramener. Ils ont une histoire qui interroge la viabilité de notre société et les enjeux démocratiques qui s’y rapportent.C’est cette histoire aux caractères multiples que cet ouvrage se propose de retracer au cours du XXe siècle pour le département industriel du Nord, tant à travers les évolutions législatives qui, très progressivement, permettent de conditionner l’indemnisation des sans-travail ou qui, parfois, génèrent une précarisation accrue de ce travail, qu’à travers les multiples formes d’actions ou de mobilisations de ces sans-travail, voire la récupération politique dont ils sont l’objet.

Pour historique qu’elle soit, cette étude n’en est pas moins ouverte sur toutes les sciences humaines et sociales. Les chercheurs, historiens, mais aussi sociologues, ethnologues, spécialistes de psychologie sociale, ou politologues y trouveront un outil des plus utiles à leurs propres travaux, y compris dans une perspective comparatiste.L’actualité récurrente du sujet en fait également un ouvrage s’adressant à tout lecteur curieux de mieux cerner les enjeux qui se nouent autour de ce que nous avons coutume d’appeler la question sociale, mais également tous ceux dont les professions ou les fonctions les amènent à s’interroger sur la situation des sans-travail et des précaires.Ce faisant, ce livre constitue un utile garde-fou contre les préjugés et les discours de la fatalité.

Marc LELEUX, Histoire des sans-travail et des précaires du Nord, Presses universitaires du Septentrion, 2013 [Texte en ligne].

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Le Troisième Reich dans l’historiographie allemande


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Confrontée à un passé bien lourd, d’abord privée de sources, l’historiographie allemande s’est libérée peu à peu de la perception qu’avaient eue les contemporains des réalités du Troisième Reich. Comme toute gestion mémorielle des crises graves et des époques criminelles, l’histoire de la période 1933-1945 fut d’abord écrite en marge d’une opinion plus soucieuse de tourner la page que de se souvenir. En mettant spectaculairement en évidence la responsabilité des fonctionnaires, les grands procès des années 1960 (Eichmann, Einsatzgruppen, Auschwitz) alimentèrent la contestation par la jeune génération du passé de leurs pères. Des fictions, des polémiques relayées par les médias et des expositions spectaculaires contribuèrent à la prise de conscience. Tel fut par exemple le cas de la présentation au grand public des crimes de la Wehrmacht, qui détruisit le mythe d’une armée noble comparée à des SS responsables de tous les maux.

Las d’une république en crise endémique l’électorat du Reich avait attendu des solutions miracles d’un homme providentiel. Mais selon une formule célèbre, les Allemands de 1932 n’ont voté ni pour la guerre, ni pour Auschwitz. Ils ont pourtant eu l’un et l’autre – et le nazisme en fit des instruments de son pouvoir. Quand ils en prirent conscience, il était trop tard. L’impossibilité d’agir autrement ne fut pas la seule raison de l’adhésion au régime jusque dans sa dimension criminelle.

Jean-Paul CAHN, Stefan MARTENS et Bernd WEGNER, Le Troisième Reich dans l’historiographie allemande – Lieux de pouvoir – Rivalités de pouvoirs, Presses universitaires du Septentrion, 2013 [Texte en ligne].

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Pouvoir civil, pouvoir militaire en Allemagne


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De la fondation de l’Empire à nos jours, la société allemande a traversé des phases de « militarisation » et de « Zivilisierung », posant la question des relations et interactions entre pouvoirs civil et militaire. Comment peuvent-elles se dérégler en période de crise ou se restructurer en période de paix ?

Les différentes contributions considèrent les relations entre État, société et pouvoir militaire dans les perspectives indissociables de politique intérieure et extérieure. Elles mettent l’accent sur les facteurs idéologiques, sociaux et culturels ainsi que sur la représentation du fait militaire et les cultures mémorielles afférentes. Elles analysent les modalités selon lesquelles le pouvoir et le fait militaires ont pu s’immiscer dans la sphère politique et sociétale. Elles démontrent comment l’armée a pu devenir un facteur de changement de culture politique, tant en opposition qu’en soutien au pouvoir civil, s’ancrant ou non dans les mentalités et les représentations collectives.

Ces articles traitent des reconfigurations des rapports entre pouvoirs civil et militaire pendant la période impériale, la République de Weimar et le « Troisième Reich », puis, pour l’après-guerre, des situations en RFA et en RDA du temps de la Guerre froide, et désormais dans l’Allemagne réunifiée.

Corine DEFRANCE, Françoise KNOPPER et Anne-Marie SAINT-GILLE (sous la direction de), Pouvoir civil, pouvoir militaire en Allemagne – Aspects politiques, sociaux et culturels, Presses universitaires du Septentrion, 2013 [Texte en ligne].

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L’Europe héritière de l’Espagne wisigothique


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Cet ouvrage analyse le rôle médiateur de l’Espagne dans et pour l’Europe occidentale, à partir du royaume wisigoth de Tolède. Autrement dit, depuis la civilisation originale de l’Espagne entre 589, année du IVe Concile de Tolède qui voit la conversion de tout le peuple wisigoth au catholicisme, jusqu’à la chute brutale du royaume sous les coups de l’invasion islamique. Paradoxalement, cet écroulement aura servi le rayonnement européen des hommes d’Espagne, de leur idéologie, de leurs institutions, de leurs manuscrits et donc de leurs œuvres littéraires, à travers tout l’espace culturel européen, dans une dispersion féconde de l’héritage de cette Espagne wisigothique dont l’influence n’a cessé de s’exercer sur la genèse de la culture médiévale et moderne à travers l’Europe.

Jacques FONTAINE et Christine PELLISTRANDI (sous la direction de), L’Europe héritière de l’Espagne wisigothique, Casa de Velázquez, 1992 [Texte en ligne].

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Blue Book – Un massacre colonial


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Il est une chose dont peu se souviennent, c’est que l’Allemagne fut une puissance colonisatrice. De 1883 à 1916, elle occupa ce qu’on appelait alors le Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie. Il en est une autre que beaucoup ignorent, c’est que cette colonie fut le théâtre du premier génocide du XXe siècle. Un génocide oublié, occulté même, car le premier rapport officiel – le fameux Blue Book – sur le massacre des Hereros et des Namas fut soustrait à la connaissance du public en 1926.

Élise Fontenaille-N’Diaye, alors qu’elle enquêtait sur son aïeul, le général Mangin, a retrouvé ce rapport disparu. Dès lors, elle se devait de raconter. Si ce livre vise à ranimer le souvenir de cette sombre page de l’histoire du colonialisme, il ne se veut pas un ouvrage de spécialiste. L’auteur y donne son point de vue d’écrivain, son point de vue personnel. Quelque part entre le désert du Kalahari et la presqu’île de Shark Island, au large de Lüderitz, s’est déroulée une macabre répétition générale, préfiguration des exterminations à venir.

Elise FONTENAILLE-N’DIAYE, Blue Book, Calmann-Lévy, 2015 [Texte en ligneRFI].

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Le roman face à l’histoire


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L’engagement littéraire serait une chose du passé. Il appartiendrait, dit-on, à un temps tout aussi révolu que celui de la modernité, des idéologies, de l’histoire, de l’art… Portée par une mélancolie fin-de-siècle, cette analyse non seulement déforme la conception et la pratique de l’engagement lors de son âge d’or en 1945, mais empêche encore de saisir certaines tendances fortes de la littérature contemporaine. Elle déplore une perte là où s’opère une métamorphose. Tributaire d’une conception trop étroite de l’engagement littéraire, elle laisse échapper ce qui se joue d’essentiel dans le rapport de l’engagement aux régimes d’historicité qui se sont succédé.

Être attentif aux enjeux dont est porteur, en France et en Italie, le roman engagé de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle, permet d’en juger : ce n’est pas tant le contenu idéologique ou la vocation démonstrative de l’œuvre qui engage l’auteur et le lecteur, que la manière dont le texte réfléchit, au sens fort et polysémique du terme, son inscription dans et son rapport à l’histoire. Du roman engagé d’après-guerre, lié à une conception de l’histoire linéaire, orientée vers l’avenir, au roman contemporain, réfléchissant une historicité dominée par le présent et traversée par le sentiment d’une double dette à l’égard du passé (devoir de mémoire) et du futur (un héritage à transmettre), se dessine une redéfinition de l’engagement littéraire qui nous aide aujourd’hui à mieux comprendre le rapport que nos sociétés entretiennent avec le temps, l’histoire, la mémoire et l’oubli.

Sylvie SERVOISE, Le roman face à l’histoire – La littérature engagée en France et en Italie dans la seconde moitié du XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, 2011 [Texte en ligne].

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L’histoire au théâtre


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Entre 1870 et 1914, alors que de grandes nations européennes sont en construction et que les révolutions secouent le continent, le théâtre fin-de-siècle affirme la continuité du drame historique romantique en contestant pourtant ses valeurs : l’héroïsme et la noblesse d’âme sont désormais suspects et invalidés, la scène européenne préfère les petits faits aux grands évènements et les faiblesses des grands hommes à leurs moments de gloire. On voit alors sur scène, chez Strindberg, Sardou, Rostand ou Wildenbruch, un Napoléon exilé et malheureux, une Théroigne de Méricourt devenue folle et humiliée, un duc d’Enghien ou un Aiglon qui manquent leur rendez-vous avec l’histoire. Ce théâtre produit une histoire parallèle et dissidente à la grande histoire, une revanche des « petits », des oubliés de l’évènementiel et interroge somme toute ce qui mérite d’être historique et de rester dans les mémoires.

Florence FIX, L’histoire au théâtre – 1870-1914, Presses universitaires de Rennes, 2010 [Texte en ligne].

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La résistance indienne aux États-Unis


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Ce livre raconte « une autre histoire » : parcourant cinq siècles, il présente, à partir aussi bien de textes d’une actualité proche que de récits plongeant dans les temps immémoriaux du mythe, la résistance d’un peuple à la négation de son existence. Le récit de leur résistance tenace à la colonisation et à la tentative d’extermination permet d’entendre directement leur parole, de les observer dans l’action, de les retrouver comme les partenaires d’une histoire commune où Euro-Américains et Amérindiens ont chacun joué leur rôle.

Vus sous cet angle, les Amérindiens paraissent exemplaires : ils se sont opposés avec constance au vol de leurs terres, à la violence exterminatrice, à l’anéantissement de leurs structures sociales et de leurs cultures, saisissant les armes les plus propices – guerre, guérilla, recours légal, usage inversé de l’acculturation, ressourcement aux racines de la spiritualité ancestrale.

Exemplaires dans leur refus de séparer la lutte pour la survie du combat pour l’identité, les Amérindiens concrétisent, par l’affirmation de leurs propres valeurs, le doute qui saisit le monde actuel sur le bien-fondé des civilisations technologiques, l’exploitation abusive des ressources naturelles, l’enfermement de l’homme blanc dans une vie consacrée au seul profit matériel.

Élise MARIENSTRAS, La résistance indienne aux États-Unis – Du XVIe au XXIe siècle, Gallimard, 1980 [Texte en ligne].

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Soleil hopi


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L’auteur, Don C. Talayesva, est un Indien Hopi, chef du Clan du Soleil, né à Oraïbi, à l’est du Grand Canyon du Colorado, en mars 1890. Il a assisté à l’implantation graduelle de l’administration gouvernementale et aux efforts d’américanisation soutenus en ces territoires pueblos par les autorités, parfois avec le concours de l’armée.

La présente autobiographie, « Soleil hopi », est un livre singulier. C’est tout d’abord un rare document sur une tribu indienne, décrite de l’intérieur, comme un ensemble vivant et gouverné par une harmonie interne. À ce titre, il est considéré comme un des grands classiques de l’ethnologie. C’est ensuite, et surtout, un homme qui témoigne avec naïveté, vivacité et sagesse de son attachement réfléchi aux cadres traditionnels hopi, à une attitude religieuse dans tous les grands moments de sa vie. Hostile par expérience à une américanisation des siens et de sa tribu, Talayesva ne se refuse toutefois pas à une évolution nécessaire, qu’il estime, quant à lui, tragique. La richesse de la personnalité de ce chef indien, les événements historiques qu’il a vécus nous valent un livre exceptionnel que son caractère établit comme une œuvre littéraire d’avant-garde.

Don C. TALAYESAVA, Soleil hopi – L’autobiographie d’un Indien Hopi, Plon, 1984 [Texte en ligne].

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