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Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM ?


 

Vous pourrez découvrir plusieurs solutions en open source, y compris pour le public francophone, moins médiatisées, mais hautement performantes. Pour franchir le pas, il faut cependant être conscient que tous les réseaux commerciaux actuels fonctionnent selon les deux mêmes appâts : l’ego et le voyeurisme, alternativement au gré des usages. Et que les montagnes de données qui sont agrégées chaque minute servent à dresser un profilage de leurs membres d’une rare exactitude, lequel peut être mis à profit, outre pour du ciblage publicitaire, par les services de renseignement du monde entier, légalement par une obligation de coopération, illégalement par une intrusion maligne.
Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM ? Épisode I : les réseaux sociaux, Sputnik, 28/08/2019.

Une certaine naïveté de la part d’une majorité d’utilisateurs les conduit à oublier le fait que les données envoyées au moteur de recherche sont le carburant de celui-ci. Focalisez-vous bien sur ce point : on utilise un moteur de recherche pour rechercher et bien évidemment, il faut l’alimenter en mots-clefs pour lui permettre de fournir un retour satisfaisant. Cependant, ses instructions sont doubles : la partie émergée est celle qui renvoie la réponse à une requête : la partie immergée est celle qui va aspirer les métadonnées (des informations connexes à la requête initiale). Et c’est là le jeu trouble des moteurs de recherche, qui fournissent leur service sans frais : la gratuité est illusoire. Autrement dit, si c’est gratuit, c’est toi le produit : Vos centres d’intérêt, votre localisation, votre profil sont des éléments exploitables commercialement et monnayables auprès de sociétés tierces. Sans oublier la participation active des propriétaires de moteurs de recherche à des programmes de surveillance de la population, facilitée par l’excès de confiance des internautes.
Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM ? Épisode II : les moteurs de recherche, Sputnik, 07/09/2019.

La première alternative, la plus importante en termes de popularité, est Firefox, émanant de la fondation Mozilla. Sa double particularité, au contraire d’un grand nombre de concurrents, est d’être alimentée par des milliers de contributeurs et d’ouvrir son code source pour tests et améliorations. Appelé Phoenix, puis Firebird à ses débuts en 2002, Firefox s’est imposé comme un poids lourd du secteur, poussant très loin la sécurisation des connexions, la confidentialité des données et l’ouverture vers des applications tierces, respectant la philosophie de la fondation. Il existe même une version ESR dédiée aux instituts pédagogiques et entreprises, privilégiant la stabilité. Le navigateur se targue en outre d’offrir une performance d’utilisation supérieure à ses concurrents par l’optimisation du code de programmation. Pour beaucoup, Firefox est le navigateur par défaut de ceux qui souhaitent se déplacer sur la toile en toute quiétude.
Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM ? Épisode III : les navigateurs, Sputnik, 18/09/2019.

La problématique de la sécurité des données a été davantage accentuée avec l’irruption et le développement massif de l’informatique dans le Cloud, qui ne nécessite plus d’installation logicielle, mais uniquement une connexion Internet pour accéder à des outils en ligne. Cette praticité se paie d’un risque encore accru sur la confidentialité et l’intégrité des données, d’autant que le Cloud Act, effectif depuis mars 2018, renforce le droit des agences d’État américaines à prendre connaissance de toute information transitant par du matériel états-unien, ce qui englobe naturellement les serveurs où sont stockées vos précieuses données. Le Cloud génère en outre une accoutumance, voire une dépendance vis-à-vis du fournisseur de services, le business model du Cloud étant celui de l’abonnement.
Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM ? Épisode IV : les suites bureautiques, Sputnik, 11/10/2019.

Des initiatives ont vu le jour afin d’offrir une alternative à ce duopole [Microsoft-Apple]. La principale, et plus pérenne d’entre elles puisqu’ayant encore un véritable impact, est Linux. Développé par le finlando-américain Linus Torvalds sur base Unix, Linux symbolisé par la mascotte du pingouin s’est rapidement posé comme véritable – et seul – choix face à macOS ou Windows.
Sur le plan des mobiles, la bataille a été gagnée par une solution… Linux.
Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM ? Épisode V : les systèmes d’exploitation, Sputnik, 17/10/2019.

Lire aussi :
Bibliographie GAFAM (Google, Facebook et les autres), Monde en Question.
Index Médias, Monde en Question.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.
Veille informationnelle GAFAM, Monde en Question.

Des chercheurs auraient découvert un lien entre inversion du champ magnétique et climat



MAJ le 14/10/2019

 

Voici des extraits de deux articles évoquant cette question :

Notre planète n’a pas encore perdu le nord, mais une variation anormale du champ magnétique terrestre laisse les scientifiques dubitatifs sur la question. Les chercheurs ont en effet noté que la variation s’accentue bien plus rapidement que prévue, induisant des erreurs statistiques par rapport à ce qu’ils devraient enregistrer…

Arnaud Chulliat, géomagnétiste à l’Université de Colorado Boulder explique d’ailleurs que « L’erreur augmente constamment », ne laissant plus de doute possible : la variation du champ magnétique terrestre est en train de s’accélérer, sans que l’on en connaisse la raison.

S’il est important de prévoir les changements dans notre champ magnétique, c’est que nos sociétés numériques sont sensibles au moindre changement, notamment au niveau des satellites qu’il faut recalibrer. De plus, n’oublions pas que le champ magnétique est le bouclier qui nous protège des particules chargées provenant du Soleil et qui peuvent endommager nos circuits imprimés. Espérons que les scientifiques sauront nous expliquer rapidement pourquoi les pôles magnétiques accélèrent leurs déplacements, afin de savoir s’il s’agit d’une simple excursion ou d’une inversion en cours.

Source : Presse citron, 16/01/2019.

Des chercheurs japonais de l’Université de Kobe pensent avoir trouvé un lien de cause à effet entre l’inversion des pôles magnétiques et le climat il y a 780 000 ans de ça. Des résultats surprenants – et en partie controversés – qui ont été rendus publics en juin dernier.

Il y a 780 000 ans se produisait la dernière inversion connue du champ magnétique terrestre. Au cours d’un tel événement, les pôles magnétiques se reconfigurent en phase ou en opposition de phase avec les pôles géographiques. Par ailleurs, durant la période de transition, le champ s’affaiblit significativement.

Dans une étude parue le 28 juin 2019 dans la revue Scientific Reports, des chercheurs japonais affirment avoir mis en évidence une influence mesurable sur le système climatique. Plus précisément, la mousson hivernale d’Asie de l’Est se serait accentuée au cours de la dernière inversion. Une période de 5000 ans durant laquelle l’intensité du champ magnétique terrestre était réduite de trois quarts.

Source : Science Post, 10/09/2019.

Cela signifie que la Terre est davantage exposée aux rayons électromagnétiques solaires, mais pas de manière uniforme du fait de l’inclinaison de l’axe de rotation d’environ 23º soumis lui aussi à des variations dans le temps (précession des équinoxes).

Le lobby écologiste, qui a échoué politiquement en France et en Allemagne mais garde une rente de situation dans les médias dominants, refuse farouchement de prendre en compte l’inversion du champ magnétique car cette donnée ruine son fond de commerce corporatiste.

Certains écologistes craignent tant la critique qu’ils censurent les commentaires non favorables à leur thèse. C’est le cas d’un certain Français, grand lecteur de l’im-Monde, qui appelle à placer l’Amazonie sous tutelle internationale, mais est bien en peine de dire à quel organisme il imagine de confier cette mission sans atteindre aux droits du Brésil.
Il a adopté la politique de l’autruche en censurant mon commentaire à sa proposition qui est d’autant plus suspecte qu’elle reste non argumentée. Voici la copie de mon commentaire posté deux fois, mais non publié à ce jour !

Je lui conseille d’écouter les propos de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, Président de la Fondation Prospective et Innovation, sur la déshérence des organismes internationaux à l’heure où les États-Unis se replient sur une économie protectionniste tout en instrumentalisant les organismes internationaux pour maintenir leur domination [1].

Je lui conseille aussi de sortir des ornières euro-centrées voire franco-française en écoutant les propos de Bertrand BADIE, Professeur à Sciences Po Paris, sur la Chine que la clique des intellectuels de gauche méprisent d’autant plus qu’ils ignorent son histoire – ceci expliquant cela – et la belle conclusion d’André CHIENG, Président-Directeur général de l’AEC et Vice-Président du Comité France-Chine [2].

Je lui conseille enfin de lire cet article : Notre planète est plus verte qu’il y a 20 ans… grâce à la Chine, Science Post, 14/10/2019.

07/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

Source : Comprendre le monde : Tour d’horizon géopolitique avec Jean-Pierre RAFFARIN, YouTube, 22/04/2019.

[2] Lire :
Colloque « La Chine hors de Chine » : La Chine, créateur et acteur d’un nouveau monde par Bertrand BADIE, Fondation Prospective et Innovation, 02/09/2016.
olloque « La Chine hors de Chine » : Conclusion par André CHIENG, Fondation Prospective et Innovation, 02/09/2016.

Norman Finkelstein dénonce l’imposture de l’antisémitisme


L’hystérie actuelle qui engloutit le parti travailliste britannique se base sur deux prémisses interdépendantes, quoique discrètes : l’antisémitisme dans la société britannique en général et au sein du parti travailliste en particulier a atteint des proportions critiques. Si aucune de ces prémisses ne peut être admise, alors cette hystérie est une pure fabrication. En réalité, aucun élément de preuve n’a été fourni pour étayer l’une ou l’autre ; au contraire, toutes les preuves vont dans la direction opposée. La conclusion rationnelle est que tout ce brouhaha n’est qu’une mystification calculée – oserons-nous dire un complot ? – visant à chasser de la vie publique britannique Jeremy Corbyn et la politique de gauche attachée à des principes qu’il représente. Mais même si les allégations à son encontre étaient vraies, la solution ne serait pas de limiter la liberté de penser au sein du parti travailliste. À son apogée, la tradition de la gauche libérale a attaché une valeur unique et primordiale à la Vérité ; mais la vérité ne peut pas être connue si les dissidents, si odieux qu’ils soient, sont réduits au silence. Du fait de l’histoire lourde de l’antisémitisme, d’une part, et de sa manipulation éhontée par les élites juives, d’autre part, une appréciation objective et sans parti pris peut sembler irréalisable. Mais il faut tout de même essayer. Sinon, la perspective d’une victoire historique de la gauche pourrait être sabotée, car jusqu’à présent, les partisans de Corbyn, que ce soit par crainte, calcul ou souci du politiquement correct, n’osent pas désigner le mal qui se trame par son nom.

[…]

Même si l’étude du RPJ pouvait résister à un examen sérieux, elle ne prouverait toujours pas que l’antisémitisme menace les Juifs britanniques. Face au spectacle nauséabond et incessant du nombrilisme solipsiste et narcissique et de l’auto-apitoiement, un examen objectif de la situation s’impose. Si les stéréotypes populaires étaient représentés sur un spectre allant de l’inoffensif au malveillant, la plupart des stéréotypes antisémites seraient proches de l’inoffensif, alors que les stéréotypes touchant les minorités véritablement opprimées se retrouveraient à l’extrémité opposée. Oui, les Juifs doivent subir la réputation d’être radins, arrivistes et claniques –mais les musulmans sont catalogués comme des terroristes et des misogynes, les Noirs sont méprisés comme des fainéants chroniques et génétiquement stupides, et les Roms sont honnis comme de vils mendiants et voleurs. Les Juifs ne subissent pas non plus les maux subis par la véritable oppression. Combien de Juifs, en tant que Juifs, se sont vu refuser un emploi ou un appartement ? Combien de Juifs ont été abattus par la police ou jetés en prison ? Alors qu’être noir ou musulman ferme les portes, être Juif les ouvre.

Lire l’intégralité de l’article : Réseau International.

Lire aussi :
Norman FINKELSTEIN, L’industrie de l’Holocauste, La Fabrique, 2001 [Texte en ligne].
Norman FINKELSTEIN, Tuer l’espoir, Aden, 2003 [Texte en ligne].
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Dossier documentaire Sionisme, Monde en Question.

L’assassinat de Pierre Overney


 

Cette année-là, le fond de l’air est rouge. C’est le temps des idéologies, de la classe ouvrière et des espoirs et désespoirs du joli mois de mai. Pour les moins de trente ans, c’est un temps imaginaire, lointain, presque mythique, tellement il est éloigné des codes d’aujourd’hui.

A l’époque, à vingt ans, on rêve à plein régime. La politique n’est pas une chasse gardée mais un combat de chaque jour qui se joue à coup de tracts, de débats et de discussions dans la rue. On parle alors de lutte des classes, de prolétariat et de révolution des masses. Pierre Overney était l’un d’entre eux, militant dans la Gauche Prolétarienne.

Pierre Overney : la mort d’un mao, France Intermp3, 11/05/2015.

Le samedi 4 mars 1972, jour des obsèques de Pierre Overney, de grandes manifestations rassemblèrent de centaines de milliers de personnes à Paris et en province. Ce fut aussi l’enterrement de l’extrême gauche.

19/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
L’assassinat de Pierre Overney, Secours Rouge, 01/01/2000.
Tombés pour les maos, Libération, 18/11/2008.
40 après, Pierre Overney par Christophe Schimmel, A L’OEIL !, 05/03/2012.
Venger Pierre Overney ? Controverse autour d’un mot d’ordre, Signes, Discours et Sociétés, 25/06/2015.
Pierre Overney, la mort d’un Mao, France Culturemp3, 19/11/2017.
Prochinois et maoïstes en France, Chine en Question.
Index Politique, Monde en Question.
Dossier documentaire Maoïsme, Monde en Question.

Pourquoi la stratégie de Kim Jong-Un fait sens


 

En ce qui concerne les récents essais nord-coréens de deux missiles intercontinentaux, il semble que Pyongyang souhaite augmenter les tensions dans la région. Mais une analyse plus minutieuse, montre comment la RPDC met en œuvre une stratégie qui réussira probablement à éviter une guerre désastreuse dans la péninsule.

Au cours des quatre dernières semaines, la Corée du Nord semble avoir mis en œuvre la deuxième phase de sa stratégie contre la Corée du Sud, la Chine et les États-Unis. Le programme nucléaire nord-coréen aurait atteint un stade important, avec deux tests réalisés début et fin juillet. Les deux missiles semblent capables de frapper le continent américain, bien que des doutes subsistent encore sur la capacité de Pyongyang à miniaturiser une ogive nucléaire pour la monter sur un missile balistique intercontinental (ICBM). Cependant, la direction dans laquelle le programme nucléaire de la Corée du Nord est dirigée assure une dissuasion régionale importante contre le Japon et la Corée du Sud, et jusqu’à un certain point contre les États-Unis, ce qui est la principale raison du développement des ICBM par la Corée du Nord. L’histoire récente a démontré à plusieurs reprises la folie de faire confiance à l’Occident – le sort de Kadhafi reste frais dans nos esprits – et incite plutôt à la construction d’un arsenal qui représente une dissuasion sérieuse au bellicisme américain.

Lire la suite… Strategic CultureArrêt sur Info

Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Manuel Valls à droite du FN


 

Devant les députés, le Premier ministre a souhaité que l’extension de la déchéance de nationalité concerne non seulement « les crimes » mais aussi « les délits les plus graves ». Il a également signalé le retrait de toute référence à la binationalité.

Prenant en compte une demande du groupe Les Républicains, Manuel Valls a donc décidé de modifier légèrement la formulation de l’article 2, qui prévoit les situations où la déchéance de nationalité peut être envisagée par le législateur. Concrètement, une fois inscrit la Constitution, cet article permettrait au législateur (donc au Parlement) de pouvoir voter une loi prévoyant la déchéance de nationalité pour les crimes « qui constituent une atteinte grave à la vie de la Nation », mais aussi pour les « délits les plus graves ».

Un terme relativement flou, précisé par le Premier ministre, qui cite comme exemples « l’association de malfaiteurs, le financement direct du terrorisme ou l’entreprise terroriste individuelle, tous punis d’une peine de 10 ans d’emprisonnement » (soit la peine maximale en matière délictuelle).

La mesure a pris de court l’opposition, Christian Jacob estimant que cette nouvelle formulation « ne simplifie pas les réactions » de la droite. Jean-Christophe Lagarde (UDI) estime quant à lui que la déchéance de nationalité ne devrait pas aller au-delà des crimes.

Lire la suite… Les crises

Charlie Hebdo ou la dérive anticommuniste et le racisme larvé


 

Un ami basque me tuyaute : Laurent Sourisseau, dit « Riss », est un ancien élève du lycée de Bayonne, ville où son père exerçait la fonction de Directeur des Pompes Funèbres Générales. Riss s’était manifesté, à l’époque, dans des attaques verbales violentes et non gauchisantes, contre les prisonniers et les « basques-autonomistes » qui le côtoyaient en classe.

Ces derniers, en réponse, l’avaient mis en quarantaine jusqu’à son départ grâce à une mutation promotionnelle salvatrice de son père. C’était l’époque, assure mon informateur, où Charlie-Hebdo « comparait les jeunes indépendantistes de gauche à des nazis » (ah ! déjà et eux aussi ?).

J’ai toujours pensé que les humoristes pouvaient faire rire de tout, à condition de ne pas dresser des bûchers contre quiconque ne rit pas comme eux.
De tout ? Hum, hum !
Souvent des mêmes ? Hum, hum !
De préférence des barbus patibulaires ? Et de leurs enfants morts ? Hum, hum ! hum ! et hum !
Des dessinateurs assassinés ? Hou là, malheureux, tu n’as jamais été menotté ? Tu peux prouver que tu n’as pas de lien avec Daesh ?

Le cadavre du petit immigré IIyan, échoué sur un plage, ne cesse d’amuser un Riss (deux dessins nullards sous sa plume), qui pleura l’assassinat de ses collègues le 7 janvier 2015, qui nous apitoya sur ses propres blessures et qui ne bougea pas un cil quand la Justice poursuivit (jusqu’à 50 procédures mises en route, un enfant de 8 ans convoqué au commissariat, une grande gueule condamné à 6 mois de prison ferme, etc.) ceux qui clamaient un peu trop fort « Je ne suis pas Charlie » au lieu de défiler avec une brochette de chefs d’Etat, dont quelques dictateurs notoires, oppresseurs de la presse.

Le numéro 1225 (13 janvier 2016) de Charlie Hebdo touche le fond.

Lire la suite… Le Grand Soir

Lire aussi :
Je ne suis pas Charlie, Monde en Question
Articles Charlie, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

La réponse de Hani Abbas à Charlie Hebdo


Le dessinateur palestinien, lui aussi réfugié en Syrie, comme le petit Aylan que Charlie Hebdo a tué une deuxième fois en suggérant qu’il aurait pu devenir un violeur s’il avait survécu, répond à Riss sur sa page Facebook :

 

Hani Abbas est membre du groupe « Cartooning for peace ». Il a reçu le Prix international du dessin de presse à Genève en mai 2014 pour son incessante dénonciation de la guerre et de ses horreurs dans le monde entier.

Son dessin est d’autant plus cinglant qu’il s’était solidarisé avec Charlie Hebdo après l’attaque du 7 janvier 2015, et qu’il avait lui-même dû fuir la Syrie pour un dessin qui n’avait pas plu.

16/01/2016
CAPJPO-EuroPalestine

Lire aussi :
Charlie Hebdo 2016 ou la deuxième mort de Wolinski, Charb et Bernard Maris, Le Grand Soir.
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme ou de Charlie Hebdo, ça dépend, Le Grand Soir.
De BHL à Charlie Hebdo : la propagande néoconservatrice déguisée en gauche progressiste Le Grand Soir.
Je ne suis pas Charlie, Monde en Question
Articles Charlie, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

Charlie, organe du Front National


Le nouveau dessin de Charlie Hebdo sur les « migrants violeurs » est à vomir, mais on n’ a vu aucun des dirigeants français qui alimentent financièrement ce torchon, s’en offusquer.

 

Voici comment Riss ose évoquer la mort du petit Aylan en l’assimilant aux agressions sexuelles de Cologne lors du Nouvel An.

Riss, l’auteur du dessin de Charlie Hebdo, est directeur de la publication du magazine qui se veut satirique, mais qui n’est qu’un relais de tous ceux qui s’attaquent préférentiellement aux plus faibles, aux plus stigmatisés.

Non, Charlie Hebdo n’est pas dans la « tradition française » de la satire. Cette dernière est représentée par des artistes comme Molière, Daumier, Bourvil, Coluche ou encore Siné, qui loin de s’attaquer aux plus vulnérables, ont toujours épinglé les puissants, les détenteurs de pouvoir.

14/01/2016
CAPJPO-EuroPalestine

Lire aussi :
Je ne suis pas Charlie, Monde en Question
Articles Charlie, Monde en Question.
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Charlie, nouvelle religion d’État


 

Par quel miracle un journal satirique a-t-il pu devenir l’un des organes de la pensée officielle ? Cette métamorphose témoigne bien sûr de la capacité du système à faire feu de tout bois et à tout recycler mais elle montre surtout les affinités entre la pensée libérale-libertaire et les intérêts des élites mondialistes. Et celles-ci ne sont jamais avares pour récompenser leurs loyaux serviteurs comme on l’a vu à l’occasion du battage médiatico-politique qui a suivi les attentats de janvier : minutes de silence un peu partout en France, drapeaux en berne, journées de deuil national, manifestations de solidarité émaillées de « dérapages » anti-Islam, grande marche républicaine symbolisant l’union sacrée des politiques contre « la barbarie et le terrorisme » à laquelle se sont associés la totalité des partis du système et des organisations de l’antiracisme institutionnel ainsi que de nombreux chefs d’État, slogans de soutien omniprésents, déclarations martiales des responsables politiques en dépit des zones d’ombre qui brouillent cette nouvelle affaire, à l’image de celles des attentats du 11 septembre.

À l’occasion du premier anniversaire des attentats, les élites politiques ressortent les plats – avec parfois quelques ratages – au risque de provoquer la nausée. Exploiter jusqu’au bout ce drame pour renforcer le système de domination et pour lancer la France dans des aventures militaires de tous les dangers – le tout sous couvert de « guerre contre le terrorisme » – est clairement la ligne politique du gouvernement. Les bénéfices attendus sont bien là : restauration d’un crédit politique perdu sur le front économique et social et promulgation d’une batterie de lois liberticides pour museler la contestation sociale. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. La mascarade du 11 janvier et celle des commémorations forcées du premier anniversaire (en attendant les suivants !) ont aussi pour objectif de formater les esprits en posant les bases de ce que l’on pourrait appeler une « religion d’État ». Une religion laïque – et même laïciste – mais dont la fonction première est de dresser un rideau de fumée idéologique entre la conscience et la réalité.

Le 7 janvier 2015, c’est l’un des centres névralgiques du système de domination médiatique qui a été visé. Et pas n’importe lequel : Charlie Hebdo, passé du scato-gauchisme au néoconservatisme bon teint, spécialisé dans la discrimination antimusulmane sous couvert de « liberté d’expression » (pourtant à géométrie bien variable par les temps qui courent…) avec la bénédiction des élites politiques qui n’ont jamais ménagé leurs efforts pour le soutenir, en particulier au moment du procès des caricatures. Et pour cause… Les colonnes du journal accueillent régulièrement la fine fleur de l’atlantisme dans sa version la plus dure, notamment des journalistes de la mouvance néoconservatrice du Cercle de l’Oratoire : Caroline Fourest, qu’on ne présente plus, Robert Misrahi, Mohamed Sifaoui. Le journal s’était notamment illustré en publiant un « manifeste des 12 », dénoncé à juste titre par la Ligue des Droits de l’Homme, sous-titré « ensemble contre le nouveau totalitarisme » qui n’est rien de moins qu’une déclaration de guerre contre la menace islamique assimilée à la barbarie et au totalitarisme : « Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme, et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme ». On a déjà vu analyse plus nuancée…

Également dans le viseur du journal, la religion catholique. La dernière une (en date) du journal, associant crime et religion, a provoqué colère et consternation. Mais le profond mépris pour la religion (et les croyants) affiché par le journal masque en réalité une orthodoxie bien prégnante. Elle s’est notamment manifestée à l’occasion des cérémonies d’hommage aux victimes quand il s’est agi de « repérer et de traiter ceux qui ne sont pas Charlie ». Comme toutes les religions, celle du politiquement correct a ses croyants, ses intégristes, ses apostats, ses hérétiques, ses agnostiques, ses curés et se sicônes. Et les brebis égarées pourront toujours compter sur la miséricorde divine si elles font acte de repentance puisque, comme le dit si bien Nathalie Saint Bricq, « il faut réintégrer dans la communauté nationale ceux qui ne sont pas Charlie ».

Comme toutes les religions, celle de Charlie a une fonction idéologique, celle de montrer une image tronquée, faussée et parfois inversée du réel. Tout esprit ayant échappé au formatage des consciences ne peut qu’être frappé par la contradiction manifeste entre les discours dominants et les pratiques. Ainsi, l’humoriste Dieudonné a été condamné pour apologie du terrorisme (!) en raison d’un message posté sur son compte Facebook dans lequel il affirmait « se sentir Charlie Coulibaly », le jour même de la marche républicaine du 11 janvier ! Rappelons tout de même que le mot d’ordre de cette manifestation géante était la défense de la liberté d’expression…

Surfant sur la peur provoquée par les événements de janvier et leur ultramédiatisation, les élites politiques ont promulgué une nouvelle loi pour réduire un peu plus les libertés publiques. Ou comment prétendre défendre la liberté d’expression contre une prétendue « menace islamique »… en encadrant celle-ci. Sans même parler de celles votées précédemment. Ainsi le délit pour apologie de terrorisme aux contours éminemment flous que l’exécutif a fabriqué dans le cadre de la loi antiterroriste de l’automne 2014 pourra valoir à son auteur pas moins de 7 ans de prison et de 100.000 euros d’amende ! La saturation médiatique des attentats et la propagande pro-Charlie déversée par les médias sous contrôle n’aura pas été de trop pour faire croire que la vraie menace qui pèse sur les libertés vient de l’Islam et non du pouvoir en place…

Mais l’une des caractéristiques de la mobilisation pro-Charlie (comme de celle qui a suivi les attentats de novembre) est l’appel à l’unité nationale sur fond de guerre contre le terrorisme. Grâce l’alchimie de l’union sacrée contre un ennemi à la fois extérieur et intérieur, les clivages sociaux et politiques disparaissent comme par magie : plus de riches, ni de pauvres, plus d’exploiteurs ni d’exploités mais des pro-Charlie et des crypto-terroristes. L’enjeu principal est sans doute ici : faire croire aux populations qu’elles ont les mêmes intérêts que les élites mondialistes et que la population syrienne mourant sous les bombes de l’aviation française est massacrée dans l’intérêt de la France.

L’esprit Charlie, nouvel avatar de la pensée dominante ? Sans doute, et le laïcisme agressif qui est sa marque de fabrique dessine les contours d’une nouvelle religion, concurrente de toutes les autres. Une religion qui n’ouvre pas les portes du Paradis mais celles d’un monde où la seule liberté qui existe est de pousser son chariot de supermarché, de laver son cerveau avec la télévision et de se faire tondre à l’occasion.

07/01/2016
Nicolas Bourgoin

Lire aussi :
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