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La question de Palestine


Bibliographie histoire

 

En 1799, l’armée de Napoléon Bonaparte entre en Palestine. C’est le débat d’une redécouverte de la Terre sainte, qui dés lors s’ouvre progressivement aux Occidentaux. Les Puissances vont aller jusqu’à se faire la guerre pour établir leur protectorat sur les Lieux saints, les archéologues font des rouilles pour démontrer la véracité du texte biblique aria à mal par la critique historique,
La petite Palestine devient ainsi un enjeu de luttes politiques et de confits scientifiques. Elle-même se transforme considérablement durant un long XIXe siècle marqué par les reformes modernisatrices de l’Empire ottoman. Société levantine, elle découvre au début du XXe siècle les premières formes de nationalisme.
De l’opposition entre science et religion naît historicisation du texte sacre qui fait du peuple juif un acteur de ]’Histoire. A partir de l880, au moment cor le libéralisme européen s’épuise, la montée des différentes formes d’antisémitisme génère l’expression d’un nationalisme dont la forme la plus radicale sera le sionisme.
Ce livre rapporte comment, grâce aux « israélites » français, la première colonisation juive a été possible. Dès les années 1900, le sionisme commence à se heurter au nationalisme arabe palestinien. Durant la Grande Guerre, Français et Anglais mènent une politique hésitante et contradictoire destinée à leur assurer le soutien des mondes ,juif et musulman dont la force véritable est surestimée. De 1919 à 1922, les Britanniques obtiennent bien un. mandat sur la Palestine, mais, au moment où la charte dudit mandat est: ratifie par la Société des nations (juillet I922), la contradiction des engagement pris est patente en dépit d’une savante construction politique.
De 1799 à 1922, la vieille Terre sainte des religions devient la Terre sainte ces nations. Plus le monde est censé se désenchanter, plus la sacralité de cette région se renforce pour devenir la cause de nouvelles violences.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 1 – L’invention de la Terre sainte (1799-1922), Fayard , 1999 [Texte en ligne].

Il n’existe aucun équivalent dans aucune langue de l’entreprise exceptionnelle que représente la trilogie de Henry Laurens sur les origines du conflit israélo-arabe, dont voici le deuxième volume. C’est précisément durant le mandat britannique (1922-1947) que s’est noué l’antagonisme qui ensanglante le Proche-Orient : premières véritables implantations juives, achats de terres, dissolution de l’Empire ottoman, rôle prépondérant du pétrole dans l’économie de la région… Jérusalem est plus que jamais un symbole. En 1917, la déclaration Balfour promet la création d’un « foyer national juif ». La guerre mondiale réduit très fortement l’immigation juive. Même après les abominations de la Shoah, la création d’un État d’Israël mettra du temps à se réaliser. Ni les Arabes ni les Juifs ne peuvent se montrer satisfaits des vingt-cinq années du mandat.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 2 – Une mission sacrée de civilisation (1922-1947), Fayard , 2002 [Texte en ligne].

Ouverte dès le XIXe siècle, la question de Palestine a pris un caractère particulièrement aigu après la Seconde Guerre mondiale. En dépit des apparences et des idées reçues, ce n’est pas la Shoah qui a accéléré le dessein des Juifs de fonder un « foyer national », mais plutôt le déclin de la puissance européenne, en particulier de la Grande-Bretagne au Moyen-Orient. Durant le conflit et juste après, ce sont en effet le Liban, la Syrie, l’Irak, la Jordanie qui se trouvent débarrassés des mandats confiés en 1919 par la SDN à la France et à l’Angleterre, et quelques années plus tard, l’Égypte elle-même acquiert son indépendance. Pour les sionistes, le moment est venu. La création d’Israël est décidée à l’arraché à l’ONU. Mais les pays arabes, estimant que ce nouvel État, créé à leurs dépens, n’a été voulu par les Européens que pour se racheter de la destruction des Juifs d’Europe, ne s’inclineront jamais devant le partage de la Palestine. Incursions des uns dans le territoire des autres, sabotages, luttes pour la terre et pour l’eau douce, rancoeurs et haines, jeu des grandes puissances et des puissances déclinantes empêcheront jusqu’à nos jours qu’une issue soit trouvée. Quant aux souffrances des Palestiniens, elles seront bien longues à être prises en compte.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 3 – L’accomplissement des prophéties (1947-1967), Fayard , 2007 [Texte en ligne].

5 juin 1967-4 juin 1982 est une étape décisive de la question de Palestine, le moment où le conflit israélo-arabe connaît son apogée pour ensuite tendre à se transformer en conflit israélo-palestinien. L’occupation par Israël de la totalité de la Palestine mandataire remet en avant la dimension première du conflit, l’opposition des deux peuples. La révolution palestinienne contrecarre les projets des États arabes au risque d’une confrontation armée. La guerre de 1973 restaure l’honneur des États arabes et ouvre un processus de paix bien ambigu tandis que le Liban bascule dans une guerre civile qui attire à elle Israéliens et Palestiniens.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 4 – Le rameau d’olivier et le fusil du combattant (1967-1982), Fayard , 2011 [Texte en ligne].

Juin 1982-janvier 2001 : si cette vingtaine d’années est marquée, en Israël et dans les territoires palestiniens, par de nombreuses violences, elle voit aussi la mise en place de ce qu’on appelle depuis le processus de paix.
Se confrontent ici deux logiques : la situation sur le terrain et les initiatives diplomatiques. Henry Laurens propose une chronique détaillée de la première comme des secondes, tout en exposant les évolutions politiques internes aux différentes parties impliquées – l’Autorité palestinienne et Israël, mais aussi les États-Unis, la Syrie, l’Égypte. Il explique avec clarté les avancées, les revirements, les blocages et les principaux points d’achoppement, rendant intelligibles des notions et des événements qui paraissent parfois obscurs aux non-spécialistes. En se plaçant au plus près des acteurs, il montre toute l’importance du facteur humain dans des négociations qui concernent des peuples et des territoires.

Henry LAURENS, La question de Palestine Tome 5 – La paix impossible (1982-2001), Fayard , 2015 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Henry LAURENS, CairnCollège de FranceFayardWikipédia.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Le mythe national


Bibliographie histoire

 

Vingt-huit ans après sa parution, cet ouvrage reste une référence. Livre pionnier, il a fait date en démontant le schéma mythique et apologétique du « roman national » fabriqué pour l’école de la III e République. À l’heure où certains inventent une France aux racines exclusivement chrétiennes et gauloises, où la campagne électorale place la question de l’identité nationale au coeur des débats, la réédition de ce livre pionnier de l’historienne Suzanne Citron, qui critique la construction du mythe national français, semble indispensable.

Revisitant d’anciens manuels scolaires, Suzanne Citron montre la volonté de leurs auteurs de présenter l’histoire de France comme un récit continu et linéaire, occultant victimes et vaincus, exaltant pouvoir et conquêtes, et donnant aux écoliers une représentation magnifiée de leur pays. Elle s’attache à repérer les diverses strates historiographiques qui ont notamment abouti à l’ histoire républicaine nationaliste d’avant 1914. Or ce récit d’une France pré-incarnée dans la Gaule n’est-elle pas encore présente dans les programmes et les manuels élémentaires actuels ?

Par ailleurs, les avancées de la recherche des trois dernières décennies sur l’ histoire de Vichy, sur celle de la colonisation, de l’immigration, de la guerre d’Algérie ont-elles suffi à réviser la logique historiographique héritée du XIX e siècle, ou n’en ont-elles égratigné que quelques pans ? En s’appuyant sur la rigueur du travail historique, Suzanne Citron s’attache à revisiter le passé pour donner sens à une France aux multiples racines, morceau de la planète et segment de l’ histoire humaine.

Suzanne CITRON, Le mythe national – L’histoire de France revisitée, Éditions Ouvrières, 1987 réédition Éditions de l’Atelier, 2017 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Histoire mondiale de la France


Bibliographie histoire

 

Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.

Une histoire qui ne s’embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l’identité, mais prend au large le destin d’un pays qui n’existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l’incarner tout entier. Une histoire qui n’abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c’est par dates qu’elle s’organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.

Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l’ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d’historiennes et d’historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s’agit de prendre la mesure d’une histoire mondiale de la France, c’est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l’élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !

Patrick BOUCHERON (sous la direction de), Histoire mondiale de la France, Seuil, 2017 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

1917-1919 des millions de mutins


Bibliographie histoire

 

1917-1919 des millions de mutins et le monde a changé !, Guerres & Histoire n°36, avril 2017.

Lire aussi :
Mutineries de 1917, Académie de VersaillesArchives d’Ille-et-VilaineBDICCRID 14-18Wikipédia.
André LOEZ, Les refus de la Guerre 1914-1918 – Une histoire des mutins, Folio Gallimard, 2010 [Nonfiction].
Dossier documentaire Révolution Russie-1917, Monde en Question.

Les mots qui transforment le réel



camps de concentration vs camps d’internement

 

La presse comme les cartes postales de l’époque parlent clairement de camps de concentration ouverts pour tous les indésirables, dont les réfugiés espagnols que le gouvernement français du socialiste Léon Blum n’avait pas aidés dans leur lutte contre Franco.

Aujourd’hui, les camps de concentration français sont renommés camps d’internement – expression politiquement correcte. Ce procédé langagier, hérité de Joseph Goebbels, permet de transformer rétrospectivement la réalité et de reconstruire l’histoire pour minimiser la responsabilité des autorités françaises.

Naturellement, Wikipédia participe à cette falsification en prétendant que « il convient de distinguer camp de concentration, camp d’internement et camp d’extermination ». Sous l’influence du lobby sioniste, l’usage de l’expression camp de concentration est désormais réservée aux camps nazis.

Mais les faits sont têtus. Les articles et cartes postales de l’époque comme les témoignages, publiés après la guerre, permettent de les rétablir.

10/04/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Lisa FITTKO, Léa MARCOU, Le chemin des Pyrénées – Souvenirs 1940-41, Maren Sell & Cie, 1987 [France Culture].
R. GRANDO, J. QUERALT, X. FEBRÉS, Vous avez la mémoire courte… – 1939, 500000 républicains venus du Sud, indésirables en Roussillon, Chiendent, 1981 [Camps de la honte].
Henri-François IMBERT, No pasarán, album souvenir – Cartes postales [Ce texte est une retranscription littérale de la narration du film No pasarán, album souvenir du même auteur], Multitudes.
Émile VALLÈS, Itinéraires d’internés du camp de Gurs – 1939-1945, Cairn, 2016.
Camp de Gurs « camp de concentration pour miliciens espagnols », Histoire pénitentiaire et Justice militaire – [camp de réfugiés], Wikipédia.
Musique dans les Camps d’Internement en France, Claude Torres [bibliographie intéressante même si l’auteur a choisi l’expression négationniste « Camps d’internement »].
Dossier documentaire Révolution Espagne 1936-1939, Monde en Question.

Les provinces arabes de l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle


 

Henry LAURENS, Les provinces arabes de l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle, Collège de France :

  1. Jeu d’influences vers 1880 : Où situer la généalogie d’une décision, d’un événement, d’un courant, d’une crise ? Pourquoi revenir aux années 1880, à l’histoire des relations entre l’Europe, le monde arabe, musulman et ottoman ? Quelle partie se jouait entre Constantinople, l’espace syrien et les puissances occidentales ?
  2. Impérialismes et panislamisme : Comment se déploient les nouveaux impérialismes ? Quel rôle va jouer la pensée raciale ? Quelle est la genèse du nationalisme arabe ? Pourquoi le turc, Abdülhamid réaffirme « Je suis le Calife » ? Pourquoi le spectre de la révolte musulmane chez les Britanniques et celui du complot islamique en France ?
  3. L’expansion française et l’obsession des complots : Pourquoi les archives de la fin du XIXe siècles sont-elles remplies de complots dans le contexte des luttes impérialistes ? Pourquoi les Kroumirs et la thèse d’une conspiration panislamiste contre les Français ? Pourquoi le sultan et calife, Abdülhamid, use-t-il de l’Islam pour maintenir son autorité ?
  4. La crise égyptienne en 1881 : Comment apparaît le nationalisme égyptien moderne ? Pourquoi Anglais et Français forment-ils un condominium en Égypte ? Qui sont les Égyptiens de l’illustre slogan en 1881, « L’Égypte aux Égyptiens ? »
  5. Intrigues et contre-intrigues en Égypte : Comment marche le jeu d’intrigues et de contre-intrigues dans la crise en Égypte des années 1881-1882 ? Comment chacun agit en fonction de complots qui sont des purs fantasmes et comment s’affirme dans le pays un mouvement national et constitutionnaliste ?
  6. Les opinions sur la question égyptienne : Pourquoi dans la presse égyptienne, la défense de l’Islam et de l’Égypte est-elle la même chose ? Quel est le grand rôle des maladresses européennes ? Quelle est la montée en puissance des notables ruraux égyptiens ? Quel est le regard de la presse française sur la situation en Égypte ?
  7. L’enjeu égyptien vu de France : Quels regards sur les événements en Égypte depuis la presse française ? Qui est le gambettiste, Gabriel Charmes, « porte-parole des intérêts français en Égypte » ? Comment les chroniqueurs et essayistes français posent-ils le débat sur la nature de l’Islam ?
  8. Internationalisation de la crise égyptienne : Le pouvoir du Khédive est bousculé, celui du mouvement national et constitutionnaliste s’affirme sous le regard méfiant du sultan Abdülhamid II : où en est la crise égyptienne ? Comment le rebelle Urabi Pacha devient-il un héros national ? Comment la question égyptienne s’internationalise-t-elle ?
  9. Qu’est-ce que la première mondialisation des années 1880 ? : Comment maintenir l’autonomie de l’Égypte par rapport à l’Empire Ottoman, tout en se gardant de laisser les rênes du pays au constitutionnalistes et en préservant les intérêts financiers & géopolitiques des Anglais et des Français ? Qu’est-ce qui se met en place avec la mondialisation des années 1880 ?
  10. La question égyptienne et le prestige européen : Comment la vraie arme de domination européenne dans le monde n’est pas la conquête militaire mais la dette ? Comment le canal de Suez est-il devenu l’artère majeure de l’Empire britannique ? Qu’est-ce que l’affaire des officiers turco-circassiens en Égypte?Comment joue la diplomatie de la canonnière ?
  11. Le bombardement d’Alexandrie et la révolution urabiste : Dans l’aggravation de la crise égyptienne le khédive a-t-il joué double jeu ? Comment l’Angleterre a-t-elle pu se croire en légitime défense ? Qu’est-ce que la révolution urabiste ? Pourquoi Urabi réunie-t-il une assemblée générale de notables ? Pourquoi les Français partent-ils à Port-Saïd ?
  12. La question égyptienne et le débat français sur la colonisation : Que se passe-t-il en Égypte l’été 1882 ? Quels sont les enjeux du débat républicain autour de l’Égypte, du peuple et du Canal de Suez ? Que trament les Anglais ? Que prépare sir Garnet Wolseley, le chef du corps expéditionnaire anglais ?
  13. Quelles décisions politiques après la conquête de l’Égypte ? : Comment les Anglais l’emportent-ils sur le terrain militaire ? Que vont-ils faire du khédive totalement impopulaire qui s’est rallié à eux ? Quel regard sur le malaise social égyptien ? Quelle décision politique prendre après la conquête de l’Égypte ?

Lire aussi :
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie politique, Monde en Question.

Un rêve oublié entre Guyane et Brésil


Bibliographie histoire

 

Dernier refuge du mythe de l’Eldorado, territoire ouvert aux ambitions des aventuriers, aux visions des illuminés, proie des trafiquants de toute espèce, l’espace compris entre l’Oyapock et l’Amazone n’a cessé d’enflammer les imaginations. Un faisceau de circonstances diverses mais convergentes devait faire de ces étendues apparemment sans maître, le lieu de naissance d’un état rêvé, la République de Counani.

Entre Paris, Cayenne et Rio elle devait faire couler beaucoup d’encre et engendrer bien des déceptions avant de sombrer dans l’oubli. Que fut Counani ? Un vaudeville ? La vanité manifeste d’Européens en mal de reconnaissance sociale ? Le dernier avatar de la France équinoxiale ? Ou le commencement de l’émergence brésilienne dans la région ? Comme souvent à l’époque, l’intrigue s’est jouée sans que l’avis des autochtones fût sollicité.

Odon ABBAL, Un rêve oublié entre Guyane et Brésil – La République de Counani, Ibis Rouge, 2015 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Sitting Bull, héros de la résistance indienne


Bibliographie histoire

 

Eté 1874. De l’or a été découvert en territoire indien. À leurs risques et périls, des milliers de prospecteurs s’y aventurent. La guerre est déclarée. Figure emblématique de la résistance amérindienne, le chef Sitting Bull prend la tête d’une coalition de Sioux et de Cheyennes. Guerrier, homme-médecine et guide spirituel, Sitting Bull mène son peuple dans une série de combats contre les tuniques bleues.

Le 25 juin 1876, sur les rives de la Little Big Horn, le 7e de cavalerie, commandé par le général Custer, est massacré par une coalition de Cheyennes et de Sioux. Cette victoire, la plus importante jamais remportée par les Indiens, est l’oeuvre de Sitting Bull, un chef sioux. Guerrier, homme-médecine et guide spirituel, il a vécu l’avancée des pionniers américains et les a déjà affrontés dans de longues guerres. Palpitant et remarquablement documenté, cet ouvrage retrace à la fois la vie de Sitting Bull mais également le mode de vie et la conception de la guerre des Sioux.

Farid AMEUR, Sitting Bull, héros de la résistance indienne, Taillandier, 2014 [Texte en ligne].

Lire aussi : Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Les empires africains


 

Les Cahiers d’histoire sont très heureux de présenter un dossier consacré à l’histoire de l’Afrique. Sans être du tout ignorée des Cahiers (il suffit de faire un appel rapide sur le site des Cahiers pour s’en convaincre), il y a longtemps que l’Afrique comme ensemble territorial spécifique n’avait pas été mise au centre de notre travail éditorial. Nous en sentions venir la nécessité avec de plus en plus d’urgence. Bien sûr, la puissance des États africains s’affirme, leur diversité aussi. Les peuples d’Afrique, nombreux, jeunes, cherchent à sortir de l’étau que les pouvoirs leur imposent. Les révoltes, les protestations se multiplient contre des dirigeants qui s’avèrent être trop souvent plus soucieux des intérêts d’une poignée de privilégiés, nationaux ou internationaux, que de ceux des peuples. Révoltes qui ciblent aussi des dirigeants qui supportent souvent mal (et ce n’est pas une spécificité africaine !) de se soumettre aux verdicts démocratiques. Les peuples d’Afrique butent aussi contre les pouvoirs des pays du nord, qui participent de ces arrangements contre les peuples – « Débats » en expose ici un des exemples tragiques – tout en faisant en même temps de leurs frontières des murs. Ces dernières semaines ont encore montré l’âpreté de cet affrontement, aussi bien en Méditerranée qu’à l’intérieur de l’Europe, avec la mort de migrants tentant de traverser la Manche à Calais. Tous ne viennent pas d’Afrique, mais on sait que l’Afrique voisine de l’Europe fournit une grande partie de cette jeunesse interdite, aussi vainement que cruellement, de liberté de mouvement à la surface du globe. Ces réalités brutales, expression d’un ordre international de plus en plus régi à nouveau par la guerre, guerre économique et conflit ouvert, comme nous l’évoquions dans le précédent numéro des Cahiers, ne doit pas conduire à négliger les processus de développement et d’affrontements internes à l’espace africain. Faut-il rappeler que l’Afrique, c’est un continent immense, dont la superficie est de trois fois celle de l’Europe ; que c’est aujourd’hui plus d’habitants que l’Europe bien sûr, mais aussi que l’ensemble des Amériques ; 16 % de la population du globe et une part qui connaît une rapide croissance ? Que l’Afrique, ce sont aussi plus de cinquante États, plus qu’aucun autre continent, y compris l’Europe et ses dizaines de créations nationales récentes ? Ce n’est pas ici l’endroit de débattre de l’ampleur des processus de développement en cours dans les États de ce continent. Qu’il suffise de rappeler, pour s’en tenir au domaine de la connaissance, l’ampleur de l’augmentation du nombre des étudiants/es et des diplomés/es, même si leur part de la population traduit encore un écart spectaculaire avec la situation des pays du nord. Il faut néanmoins rattacher le renouveau des recherches sur l’histoire au sein du continent africain, en Afrique mais aussi dans l’ensemble du monde, à ces formes conflictuelles et souvent douloureuses de transformations des sociétés africaines et de leur présence dans le monde globalisé d’aujourd’hui.

Le dossier que coordonne ici une des pionnières des études africaines en France, Catherine Coquery-Vidrovitch, veut contribuer à la diffusion de ces connaissances nouvelles qui, loin des clichés convenus, disent la diversité et la complexité des histoires dans le continent africain. L’incroyable discours prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, quoique de 2007, résonne encore dans nos têtes comme une dramatique provocation : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui, depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. ». À cette monstruosité, les réponses ont été nombreuses. Certainement pas assez nombreuses. Depuis, les polémiques sur les programmes scolaires, entretenues par les courants les plus réactionnaires de la société française et instrumentalisées par les hommes politiques de droite, ont montré que la question de l’histoire de l’Afrique est toujours chargée d’une très forte dimension politique. Impossible de faire ici l’histoire des mobilisations récurrentes à chaque changement dans les programmes d’histoire, dénonçant les atteintes portées à l’identité nationale dès que la part faite à l’histoire nationale est mise en cause ou que le regard historien n’est plus gallocentré. Casali et autres polémistes ne se laissent pas oublier ! On se souvient du comité créé en 2010, « Notre histoire c’est notre avenir », pour promouvoir « l’histoire de France » et dénoncer le risque que l’on s’attarde plus longuement sur les civilisations africaines du Monomotapa et de l’empire Songhaï que sur le règne de Louis XIV. Mise en opposition aussi réductrice que démagogique, mais peut-être pas sans conséquences sociales et politiques. De fait, les nouveaux programmes laisseraient de côté les empires africains médiévaux.

Face à cette offensive, les historiens/nes de l’Afrique ont publié de façon très volontariste pour répondre dans ce débat public et faire connaître l’histoire de l’Afrique. Mais il s’agit aussi de faire connaître l’importance des recherches récentes menées dans le monde entier, notamment dans les universités africaines, et d’analyser les formes et les enjeux historiographiques de ces productions.

Comme on le voit à travers les contributions de ce dossier sur les empires, les recherches récentes cherchent à faire sortir l’histoire de l’Afrique de sa confrontation avec les seuls européens et à développer des approches qui ont l’Afrique pour centre. en ce sens, et cela n’a rien d’étonnant, ces histoires de l’Afrique sont en phase avec les grands renouvellements historiographiques contemporains qui décentrent les regards par rapport à l’Europe et rappellent l’existence d’interactions et d’histoires hors de la présence et de l’intervention des puissances européennes ; du moins redonnent à celles-ci des rôles d’acteurs parmi d’autres. Les articles réunis ici témoignent du fait que l’histoire de l’Afrique aujourd’hui se fait comme les autres à l’heure de l’histoire globale et porte la marque à la fois d’une sortie de l’européocentrisme et d’une approche renouvelée des rapports de domination.

D’où, comme le rappelle Catherine Coquery-Vidrovitch dans son introduction au dossier, le choix du titre, « Les empires africains » et non « Les empires en Afrique ». Il s’agit donc à la fois de sortir l’histoire de l’Afrique de la seule époque coloniale et postcoloniale, de même que de l’histoire de la traite atlantique, d’une histoire de la dépendance des peuples africains, pour étudier les constructions des pouvoirs au sein de sociétés africaines très différentes et, notamment, par leurs liens, alliances, conflits avec des pouvoirs extérieurs divers. Ce dossier qui s’ouvre par un texte du grand spécialiste d’histoire ancienne, Michel Christol, sur l’empire romain comme empire africain, évoque avec Samuel Sanchez un empire commercial de Zanzibar pour qui l’Afrique centrale est un arrière-pays alimentant de fructueux commerces vers l’Asie. Il cherche donc à traduire la profondeur temporelle et la diversité spatiale de l’histoire des peuples en Afrique.

Lire la suite… Les empires africains, des origines au XXe siècle, Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 2015

Lire aussi :
• Collectif, Histoire générale de l’Afrique (8 volumes), UNESCO, 1980-1999 [Texte en ligne].
Dossier documentaire Afrique, Monde en Question.
Veille informationnelle Afrique, Monde en Question.

1830-2012 – Les leçons de l’histoire grecque



Caricature de 1893 toujours d’actualité

 

La Grèce d’aujourd’hui n’est pas le produit de l’histoire antique à laquelle se réfèrent trop souvent les observateurs. Ce sont bien plutôt les deux siècles qui ont suivi l’indépendance qui sont à l’origine de la crise actuelle. Une histoire qui met à mal les certitudes européennes et en relief les responsabilités des grandes puissances.

Lire la suite… Tlaxcala

Lire aussi :
• « Négociations » sur la dette grecque : les dirigeants impérialistes imposent leur loi, Lutte de Classe nº169, juillet-août 2015.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Veille informationnelle Europe – Russie, Monde en Question.