Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Bibliographie économie

L’Europe de la première croissance


Bibliographie histoireBibliographie économie

 

S’il est des siècles obscurs dans l’histoire européenne, ce sont bien les IXe et Xe siècles. Obscurs certes parce que les sources sont maigres, mais obscurs surtout parce que les historiens les ont réputés tels : négligeant le siècle et demi qui sépare le glorieux règne de Charlemagne du surgissement de la dynastie capétienne, ils n’ont pas tous su voir combien cette période a été importante. Qu’on l’envisage à travers l’évolution du statut des personnes, des techniques ou encore de la monnaie et des échanges, il est en effet évident, à qui sait vraiment lire les textes et faire siennes les découvertes de l’archéologie, que c’est au Xe siècle – et non après – qu’il faut situer la première croissance de l’Occident. Dans l’Allemagne occidentale comme dans la France et l’Italie d’aujourd’hui (pays sur lesquels s’étendait jadis à peu près l’Empire carolingien), les phénomènes sont concomitants : mieux exploitée par davantage d’hommes socialement insérés dans une famille de type nouveau, la terre donne de meilleurs rendements, ce qui enclenche le cercle vertueux d’une première croissance.

A cette aune, les successions dynastiques, les révolutions de palais et les guerres sont des épiphénomènes sur lesquels on aurait tort de s’attarder trop longuement. Multipliant les enquêtes et études de cas précis sur des questions qui passaient pour insolubles en déployant une érudition époustouflante – et toujours passionnante -, Pierre Toubert donne ici un livre pionnier qui sera, n’en doutons pas, le point de départ d’un profond renouvellement historiographique.

Pierre TOUBERT, L’Europe de la première croissance – De Charlemagne à l’an mil, Fayard , 2004 [Texte en ligne].

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Histoire des faits et des idées économiques


Bibliographie économie

 

Sommaire :

• L’ère pré-industrielle
– Du néolithique à la révolution industrielle
– La pensée économique dans l’antiquité et au moyen âge
– Les mercantilistes
– Les physiocrates
• La révolution industrielle
– La révolution industrielle
– Les économistes classiques
– Les économistes socialistes
– Les économistes marginalistes
• La crise du capitalisme
– De la belle époque a la crise de 1929
– La pensée économique dans l’entre-deux guerres
• De l’état-providence à la mondialisation
– L’évolution économique depuis 1945
– La pensée économique contemporaine

Fabrice MAZEROLLE, Histoire des faits et des idées économiques, Gualino, 2006 [Texte en ligne] – Université Marseille, 2008 [Texte en ligne].

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Les batailles du dimanche


Bibliographie économie Bibliographie société

 

« Jour du Seigneur », le dimanche a longtemps été dédié à l’assistance aux offices religieux. Le XIXe siècle industriel en a fait un jour travaillé comme les autres, et ce sont finalement les luttes pour l’amélioration des conditions de travail qui ont poussé l’ensemble des pays industrialisés à renouer avec la tradition du dimanche chômé. Si aujourd’hui le dimanche demeure « un jour pas comme les autres », force est de constater que depuis trois décennies un processus de dérégulation du repos dominical est à l’œuvre tant en France qu’en Europe.

Cet ouvrage décrypte les enjeux de ces batailles du dimanche. Il vise surtout à analyser l’impact de la banalisation croissante du travail dominical sur les conditions de vie des personnes qui travaillent ce jour-là, de même que sur leurs usages du temps. Les effets négatifs sur leur vie sociale et familiale amènent les auteurs à appréhender la question du travail dominical au prisme de son utilité sociale, notamment à l’aune des attentes de la population

Jean-Yves BOULIN, Laurent LESNARD, Les batailles du dimanche, PUF, 2017 [Presse OcéanScience Po].

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Index Économie, Monde en Question.
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Les BRICS, un espace ignoré


Bibliographie économie

 

Les BRICS se présentent comme une grande aventure de communication politique. À la suite de la crise financière de 2008, Brésil, Russie, Inde et Chine – rejoints en 2011 par l’Afrique du Sud – se réunirent pour demander un ordre mondial plus juste. S’inspirant de l’esprit de Bandung et du mouvement des non-alignés, ces cinq pays « en développement » comptent un peu plus de 40 % de la population mondiale et occupent 25 % de la surface terrestre, sur quatre continents. En 2030, ils représenteront 40 % de la richesse globale. Comment des pays aussi hétérogènes, séparés par l’histoire, la langue, la religion, la politique et la géographie, peuvent-ils mener ce projet ?

Ce numéro a rassemblé des spécialistes en communication, sociologie, économie, relations internationales pour examiner un processus né voici moins d’une décennie. Ces cinq pays se sont engagés, à un rythme soutenu, dans trois directions : reconnaissance, transformation et construction d’espaces communs avec une volonté politique claire. Les interactions et les communications se multiplient – d’abord en s’appuyant sur les relations économiques, ensuite en cherchant à bâtir des liens sociopolitiques permettant de réformer les institutions internationales.

Les auteurs développent ici deux axes, qui traversent le numéro : 1) la description des initiatives, des discours politiques et d’une identité à définir ; 2) les BRICS en tant qu’ensemble politique dont l’essence est d’être en compétition avec d’autres groupements régionaux, dont peut-être l’Union européenne.

Si dans les cinq pays, le phénomène BRICS est loin de faire l’unanimité parmi la population, l’idée fait son chemin dans les cercles de pouvoir. Ce numéro examine ce qui a déjà été accompli, les changements apportés à l’ordre mondial, ainsi que les ambitions politiques et culturelles. Au final, les BRICS représentent un projet politique original reposant paradoxalement sur nombre d’incommunications.

Les BRICS, un espace ignoré, Hermès nº79, 2017 CNRS Editions [Texte en ligne].

Le titre de ce numéro de la revue Hermès est un aveu de méconnaissance par les médias occidentaux d’une structure économique qui réunit la Russie et les plus importantes des anciennes colonies européennes (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud). Depuis 2008, tous les articles disent la même chose : les BRICS n’ont aucun avenir ! Or, les faits sont têtus et contredisent les pronostics de tous les analystes.

De même que l’Union européenne repose essentiellement sur l’Allemagne et la France, les BRICS s’appuient sur l’alliance stratégique entre la Chine et la Russie que redoutait tant Zbigniew Brzezinski.

Désormais, les États-Unis auront probablement à faire face à des coalitions régionales visant à bouter l’Amérique hors de l’Eurasie et menaçant son statut de puissance globale. […]
Un scénario présenterait un grand danger potentiel : la naissance d’une grande coalition entre la Chine, la Russie et peut-être l’Iran, coalition « anti-hégémonique » unie moins par des affinités idéologiques que par des rancunes complémentaires. Similaire par son envergure et sa portée au bloc sino-soviétique, elle serait cette fois dirigée par la Chine [c’est moi qui souligne].
Zbigniew BRZEZINSKI, op.cit. p.84

Rejetée par la France et la plupart des pays européens, excepté l’Allemagne, la Russie n’avait pas d’autre choix que de s’allier avec la Chine pour contourner la domination américaine. Mais les analystes font comme l’autruche qui refuse de voir la réalité.

28/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Articles BRICS, Chine en QuestionEntelekheiaInvestig’ActionMonde en QuestionRéseau InternationalRusia Today (Agence de presse russe) – SputnikXinhua (Agence de presse chinoise).
Zbigniew BRZEZINSKI, Le grand échiquier – l’Amérique et le reste du monde, Bayard, 1997 [Texte en ligne].
Index Économie, Monde en Question.
Veille informationnelle Géoéconomie, Monde en Question.

La performance totale : nouvel esprit du capitalisme ?


Bibliographie économie

 

Envisager la mesure des performances sur le registre impératif de la métrologie, comme c’est de plus en plus le cas dans les économies contemporaines, n’a pas uniquement un effet « réducteur ». En opérant par les nombres, ce sont les formes même de la prescription politique et de la vie en société qui sont transformées. Ignorer les formes pluralistes de l’évaluation (notamment de l’évaluation des politiques publiques), revient à faire disparaitre des registres de l’efficacité ce qui faisait valoir l’intérêt général. Exit des mesures de la performance d’un État « prestataire de services » les dimensions civiques ou civiles d’accès aux services pour tous, de bien-être par le travail, de maintien et de consolidation des droits du public.

Un État prestataire de service agit selon une modalité qui se caractérise par une injonction permanente à l’incitation au travail et à l’accroissement de son intensité ; par une représentation économiciste et non citoyenne de l’individu : par une injonction à l’évaluation des performances de ces homo œconomicus ; et par la fin de la reconnaissance et de la garantie des valeurs républicaines à l’instar de celle de l’égalité et de la citoyenneté.

Comment a-t-on pu en arriver là ? C’est ce que propose d’explorer cet ouvrage qui fournit aussi des pistes de réflexion pour sortir, transitoirement et définitivement, de la performance totale.

Florence JANY-CATRICE, La performance totale : nouvel esprit du capitalisme ?, Presses universitaires du Septentrion, 2012 [Texte en ligne].

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Veille informationnelle Géoéconomie, Monde en Question.

Pratiques de la dissidence économique


Bibliographie économie

 

Cet ouvrage souhaite faire apparaître la spécificité d’organisations économiques issues de créativités sociales, relativement autonomes, situées en dissidence par rapport à l’économie formelle et aux institutions de L’État.

L’idée de dissidence dans l’économie est d’abord observée à partir des théories générales qui traitent de la nature du phénomène économique. Les auteurs posent aussi leurs regards sur des pratiques économiques nouvelles face à celles des marchés et de la globalisation, entre partenaires solidaires, dans des espaces peu rentables, oubliés ou délaissés. De ces travaux naissent d’autres pistes de recherche pour le futur.

Yvonne PREISWERK et Fabrizio SABELLI (sous la direction de), Pratiques de la dissidence économique , Graduate Institute Publications, 1998 [Texte en ligne].

Lire aussi : Dossier documentaire Économie, Monde en Question.

Enrichissement – Une critique de la marchandise


Bibliographie économie

 

Luc Boltanski et Arnaud Esquerre restituent le mouvement historique qui, depuis le dernier quart du XXe siècle, a profondément modifié la façon dont sont créées les richesses dans les pays d’Europe de l’ouest, marqués d’un côté par la désindustrialisation et, de l’autre, par l’exploitation accrue de ressources qui, sans être absolument nouvelles, ont pris une importance sans précédent. L’ampleur de ce changement du capitalisme ne se révèle qu’à la condition de rapprocher des domaines qui sont généralement considérés séparément – notamment les arts, particulièrement les arts plastiques, la culture, le commerce d’objets anciens, la création de fondations et de musées, l’industrie du luxe, la patrimonialisation et le tourisme. Les interactions constantes entre ces différents domaines permettent de comprendre la façon dont ils génèrent un profit : ils ont en commun de reposer sur l’exploitation du passé.

Ce type d’économie, Boltanski et Esquerre l’appellent économie de l’enrichissement. Parce que cette économie repose moins sur la production de choses nouvelles qu’elle n’entreprend d’enrichir des choses déjà là ; parce que l’une des spécificités de cette économie est de tirer parti du commerce de choses qui sont, en priorité, destinées aux riches et qui constituent aussi pour les riches qui en font commerce une source d’enrichissement.

Alors l’analyse historique revêt, sous la plume des auteurs, une deuxième dimension : l’importance, l’extension et l’hétérogénéité des choses qui relèvent désormais de l’échange ouvrent sur une critique résolument nouvelle de la marchandise, c’est-à-dire toute chose à laquelle échoit un prix quand elle change de propriétaire, et de ses structures. La transformation, particulièrement sensible dans les États qui ont été le berceau de la puissance industrielle européenne, et singulièrement en France, devient indissociable de l’analyse de la distribution de la marchandise entre différentes formes de mise en valeur.

Luc BOLTANSKI, Arnaud ESQUERRE, Enrichissement – Une critique de la marchandise, Gallimard, 2017 [France CultureLibérationTexte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie politique, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Veille informationnelle Économie, Monde en Question.

Let’s Get Rid of growth! – Larguons la croissance !


Bibliographie économie

 

Ce livre pourrait s’appeler : Larguons la croissance ! Débarrassons-nous de la mondialisation mue par le capital

Nous sommes dans une impasse: la croissance est devenue insoutenable, elle ne crée plus d’emplois comme par le passé, elle concentre la richesse entre les mains d’une infime oligarchie et elle détruit notre planète. La mondialisation telle que mue par le capital est bien sûr derrière ce désastre total qui mettra fin à notre monde si nous ne réagissons pas à temps.

Mais pour ce faire il nous faut un projet : une alternative au cours mortel emprunté par notre monde. Nous devons inverser nos priorités et ne plus attendre de la croissance la solution à tous nos problèmes. Nous devons plutôt donner la priorité à nos besoins essentiels, à la restauration de notre environnement, à la convivialité de nos sociétés et à l’autonomie de nos économies.

Pour ce faire il nous faut donner naissance à un nouveau monde, ce qui exige que nous combattions l’idéologie dominante, que nous réinventions la démocratie, que nous gouvernions sagement et que nous bâtissions des sociétés justes.

Les intellectuels et les activistes ont une responsabilité toute particulière à cet égard et ce livre leur est particulièrement dédié. Tel est le projet d’ensemble proposé par Ariel Français, un plan d’action pour changer notre monde, pour le rendre plus plus équitable, plus convivial et plus durable.

Ariel FRANÇAIS, Let’s Get Rid of growth!: Moving Away from Capital-Led Globalization, Amazon, 2017.

Je n’ai pas lu ce livre, mais le résumé de l’auteur me rappelle les propositions du Club de Rome créé en 1968 !

On ne parlait pas de mondialisation à l’époque, mais qu’importe. Les mots changent plus rapidement que la réalité. Lénine a écrit en 1916 L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, diagnostic qui reste d’actualité même si le terme impérialisme n’est plus guère usité aujourd’hui.

De mon point de vue, le changement le plus important fut le triomphe du néo-libéralisme dans tous les pays quel soit le régime politique en place : Angleterre sous Margaret Tatcher, États-Unis sous Ronald Reagan, France sous François Mitterrand ou Chine sous DENG Xiaoping. Or, ce changement a produit, ruse de l’histoire, un déplacement du leadership des États-Unis en faveur de la Chine. L’élection de Donald Trump, après les déplorables années Obama, reflète le lent mais inexorable déclin de la puissance américaine.

31/01/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Ariel FRANÇAIS, Biographie L’Harmattan – Bibliographie, AmazonBlogSite NOUVEAU.
Dossier documentaire Tournant de la rigueur (Néo-libéralisme en France), Monde en Question.
Veille informationnelle Économie, Monde en Question.
L’envers du cirque des élections américaines, Monde en Question.
Élections américaines – Revue de presse, Monde en Question.

Ingérence économique – La mécanique de soumission


Bibliographie économie

Ce cahier traite de l’ingérence économique des acteurs internationaux, définie ici comme l’intervention autoritaire des gestionnaires de l’économie mondiale dans la gestion des économies nationales. Ce phénomène est à la fois salué et violemment critiqué. Ce dossier contradictoire n’a d’autre ambition que d’intensifier une réflexion critique plus que jamais nécessaire, à la fois sur la nature de la mondialisation de l’économie et sur les mécanismes de soumission qui en résultent.

Christian COMELIAU (sous la direction de), Ingérence économique – La mécanique de soumission, Graduate Institute Publications, 1994 [Texte en ligne].

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Genèse des marchés


Bibliographie économie

 

Du Moyen Age à aujourd’hui ce livre présente non pas un marché unique et omnipotent, mais des marchés : ceux de l’information, des capitaux, des produits et des services, de l’immobilier, de la terre et du travail. Ils sont vus comme des institutions concrètes et des espaces socio-économiques où s’affirment des pratiques de l’échange inégal, où s’expriment des hommes et des femmes pleins de projets comme d’inquiétudes et où se confrontent des manières de penser l’économie, la société, la culture.

Le livre ne se borne donc pas à les prendre comme des mécanismes qui contribuent à coordonner les actions et les décisions d’agents en principe indépendants et qui donnent matière à conceptions intellectuelles et politiques. Il fait leur part respective aux marchés et aux biens publics. Pour comprendre l’émergence et les transformations des marchés dans le temps et l’espace, ce livre offre trois perspectives complémentaires.

Les différentes échelles d’abord. Les places de marché, de la ville médiévale aux marchés financiers d’aujourd’hui. Les échanges entre marchés, depuis le colportage, les marchés et les foires locaux, le commerce intérieur jusqu’au commerce international, depuis la circulation des écrits jusqu’aux échanges numériques dématérialisés, de l’économie souterraine aux grands marchés continentaux. Ensuite les différences et convergences entre les valeurs et l’impact des trois grandes religions révélées sur les pratiques successives des acteurs comme des pouvoirs publics et sur la moralité des affaires.

Enfin la diversité et les contradictions des doctrines économiques que développent les entreprises, les administrations et les Etats, ou qui naissent de la pratique des comptables et des ingénieurs, ou que créent les universitaires. Ce livre répond à l’intensité des questions actuelles sur les marchés, leur accès, leurs règles, usages, réseaux, dynamiques et crises en associant les travaux d’historiens, juristes, économistes, sociologues et les témoignages d’acteurs publics et privés.

Françoise BAYARD, Patrick FRIDENSON, Albert RIGAUDIÈRE (sous la direction de), Genèse des marchés, Institut de la gestion publique et du développement économique – Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 2015 [Extraits en ligneTexte en ligne].

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