Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Bibliographie philosophie

« Il faut s’adapter » – Sur un nouvel impératif politique


Bibliographie philosophie

 

D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé, lui-même renforcé par l’injonction permanente à s’adapter au rythme des mutations d’un monde complexe? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l’évolution?

La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l’espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo car, contrairement à l’ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l’État (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte.

Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l’avenir collectif.

Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au cœur duquel nous sommes plus que jamais.

Barbara STIEGLER, « Il faut s’adapter » – Sur un nouvel impératif politique, Gallimard, 2019 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Barbara Stiegler, Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique, France Culture-YouTubeLibrairie Mollat-YouTube.
Barbara STIEGLER, Publications, Cairn.
Index Philosophie, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences


Bibliographie philosophieBibliographie sciences

 

De « agronomie » à « physique quantique », de « Avicenne » à « Wittgenstein », de « bioéthique » à « hasard » et « loi de la nature », en passant par « neurone », « Newton », « Prigogine », « symétrie »… Bien au-delà de l’inventaire des progrès marquants de l’histoire des sciences, ce dictionnaire, couronné par l’Institut de France, a pour ambition d’introduire ses lecteurs aux réalités de la pensée scientifique. Réflexion philosophique et enquête historique y sont mêlées, mettant au jour les présupposés, ressorts et perspectives philosophiques des théories et des inventions scientifiques.

Inédit en poche, ce dictionnaire, qui ne connaît aucun équivalent, s’adresse aux chercheurs, étudiants, ingénieurs ou pédagogues, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent aux sciences de la nature et ne se satisfont pas du positivisme dominant.

Fruit de la collaboration de près de deux cents chercheurs et universitaires français et étrangers, scientifiques, philosophes, historiens et sociologues, ce dictionnaire est publié sous la direction de Dominique Lecourt, professeur de philosophie à l’Université Denis Diderot-Paris VII où il dirige le Centre Georges Canguilhem.

Dominique LECOURT (sous la direction de), Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences, PUF, 2006 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Index Philosophie, Monde en Question.
Dossier documentaire Sciences, Monde en Question.
Veille informationnelle Sciences, Monde en Question.

Friedrich NIETZSCHE


Bibliographie philosophie

 

Je ne suis pas encore à l’ordre du jour : il en est qui naissent posthumes, écrivait Nietzsche en 1888, dans Ecce homo. A peine en effet avait-il sombré dans la folie, l’année suivante, qu’il naissait à la gloire et que son nom, depuis, n’a pas cessé d’être à l’ordre du jour – en France, notamment, où son œuvre a toujours été admirée, contestée, débattue. Nietzsche y aurait sans doute vu un signe du destin, lui qui, à travers ses références fréquentes à Montaigne et à Baudelaire, en passant par Chamfort et Stendhal, n’a pas dissimulé son admiration pour la culture française.

Aussi était-il indiqué que cette édition de l’ensemble de ses œuvres autorisées et authentiques reprenne le texte, révisé, des premières traductions, parues au tournant du siècle. La langue est celle-là même dans laquelle Nietzsche eût aimé se lire ; et le lecteur d’aujourd’hui retrouvera ainsi le « Nietzsche français » qui séduisit tant Gide et Valéry.

Ce volume va de La naissance de la tragédie (1872) à Aurore (1889) : du jeune Nietzsche wagnérien qui annonçait une régénération de la culture allemande par la musique, au Nietzsche antiromantique et antichrétien qui part « en campagne contre la morale ».

Les textes sont éclairés par des notices et des notes traduites et adaptées de l’édition allemande des Œuvres due à Peter Pütz, professeur à l’université de Bonn. Une préface de Jacques Le Rider retrace l’histoire des présences de Nietzsche en France, tandis que ses rapports avec la civilisation française sont analysés, dans une postface, par Jean Lacoste, auquel on doit également une chronologie détaillée de la vie et des oeuvres du philosophe.

Friedrich NIETZSCHE, Œuvres, Flammarion, 2017 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Filmographie Friedrich NIETZSCHE, Ciné Monde.
Dossier Friedrich NIETZSCHE, Monde en Question.
Index Philosophie, Monde en Question.

Histoire des idées en Occident


Bibliographie philosophie

 

Ce guide propose un panorama de la philosophie, des origines à nos jours. Organisé de façon chronologique, il présente chaque époque à travers ses courants, les auteurs et leurs oeuvres, donnant ainsi les principaux repères. Synthétique, fiable et accessible, le texte bénéficie d’une présentation pratique, facile à consulter.

Claude-Henry DU BORD, Le grand livre de la philosophie – Histoire des idées en Occident, Eyrolles, 2016 [Texte en ligne].

L’intérêt de ce livre tient essentiellement dans le sous-titre. Les histoires de la philosophie se prétendent universelles alors qu’elles s’en tiennent seulement aux idées occidentales depuis Socrate en passant sous silence l’influence des idées orientales.

Lire aussi : Dossier documentaire Philosophie, Monde en Question.

Petit cours d’auto-défense intellectuelle


 

Rédigé dans une langue claire et accessible, cet ouvrage, illustré par Charb, constitue une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle.
On y trouvera d’abord un large survol des outils fondamentaux que dort maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique, etc. ; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux : l’expérience personnelle, la science et les médias.
Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. Noam Chomsky

Normand BAILLARGEON, Petit cours d’auto-défense intellectuelle, Lux, 2005 [Là-bas si j’y suisMagazine de l’Homme Moderne – Texte en ligne : AvaxHomeMamega].

Lire aussi : Dossier Normand BAILLARGEON, Monde en Question.

Friedrich NIETZSCHE (1844-1900)


Nietzsche n’est pas un philosophe comme les autres ; il aime la provocation et tout ce qui rend la lecture plus attrayante – humour, utilisation de métaphores, caricatures – recèle chez lui, précisément, la profondeur de la pensée. Il est certain qu’il ne faut pas lire Nietzsche comme un philosophe classique, et plaquer sur la lecture des schémas conceptuels pré-établis est la meilleure façon de manquer l’originalité de cette pensée. Nietzsche a le mérite de montrer qu’il existe d’autres chemins possibles pour la philosophie, qui sortent du cadre rigide des traités classiques. Sa démarche généalogique et critique présente l’intérêt de remettre en question bien des vérités établies, et de s’ouvrir à des réalités jusque là ignorées.
Djamila Azem Hidalgo, Etude d’un texte de Nietzsche, Académie de Grenoble

Le travail de critique d’un ouvrage récent se limite à la paraphrase du dossier de presse gracieusement fourni par l’éditeur. Pour les ouvrages anciens, les petits-maîtres à penser se contentent de piocher dans les dictionnaires des citations. Dans ces conditions il n’est pas étonnant que l’œuvre d’un auteur aussi complexe que celle de Friedrich Nietzsche soit interprétée à contresens.

Un trotskyste affirme « Nietzsche, penseur du fascisme » ce qui est aussi inepte que de dire « Marx, penseur du fascisme » parce qu’il est longuement et admirativement cité par Goebbels dans son Journal. Il a pris le risque de citer Nietzsche, souvent à contresens, pour que ses citations collent avec ses a-priori. Ainsi, il renomme « Nietzsche, penseur du fascisme » le livre de Georg Lukács intitulé « Nietzsche, précurseur de l’esthétique fasciste » ce qui ne signifie pas la même chose !
Selon cet auteur Nietzsche serait fasciste parce qu’il critique la démocratie bourgeoise ! Position paradoxale, mais conforme à celle de Marx soutenant la guerre de l’impérialisme américain contre le Mexique et celle de l’impérialisme anglo-français contre la Chine parce que le capitalisme industriel serait plus « civilisé » que le capitalisme agraire (Lire : La Chine vue par MARX et ENGELS).

Le piège dans lequel tombe facilement les petits-maîtres à penser tient au style, dans lequel excelle Nietzsche, qui rend d’autant plus difficile à comprendre son propos qu’il apparaît facile à lire. Ainsi, l’erreur fréquente est de prendre au pied de la lettre ce qu’il écrit.
De plus, comme sa pensée toujours en mouvement n’est pas close dans un système (« Je me méfie des faiseurs de systèmes et m’écarte de leur chemin. L’esprit de système est un manque de probité. » aphorisme 26 in Crépuscule des idoles), il peut affirmer une chose un jour et son contraire le lendemain. L’exemple le plus connu est celui de Wagner pour qui son admiration (« La naissance de la tragédie » 1872, et « Richard Wagner à Bayreuth« , 1876) se transforma en une démolition de l’idole trop impliqué dans le mouvement völkisch et l’antisémitisme (« Le cas Wagner« , 1888 et « Nietzsche contre Wagner« , 1889).

Plutôt de d’ajouter mes commentaires positifs ou négatifs, dont tout le monde se moque à juste raison, je préfère suggérer de lire et relire l’œuvre de Friedrich Nietzsche.

Articles
• Articles universitaires, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Éric BLONDEL, Par-delà le bien et mal, Philopsis, 43 pages.
• Éric BLONDEL, La volonté de puissance, Philopsis 75 pages.
• Éric BLONDEL, Prolégomènes à une lecture philologique de Nietzsche, Philopsis 81 pages.
• André OUREDNIK, La notion de Pulsion chez Nietzsche et Freud, Université de Lausanne, 35 pages.
• Daniel PIMBÉ, Nietzsche, Académie de Grenoble, 2011, 93 pages.
• Vincent STANEK, La volonté de puissance, Philopsis, 16 pages.

Dossiers
Encyclopédie de L’Agora
Nietzsche Circle
Philopsis
UQAC

Revues
• Nietzsche, Le Point HS n°14, Juin Juillet 2013.

Cours
• Daniel MARTIN, Nietzsche en langage clair, Cours de philosophie, 551 pages.
« La volonté de puissance » (doctrine)
« La généalogie de la morale » (livre)
« Par-delà le bien et le mal » (livre)
« Le gai savoir » (livre)
« L’éternel retour »(doctrine)
« Ainsi parlait Zarathoustra » (livre: parties I à III)

Livres
• Livres numériques, Académie de CréteilAcadémie de Grenoble BouquineuxEbooksNietzsche par la jeunesse aux cheveux grisWikisource.
• Friedrich NIETZSCHE, Oeuvres, Flammarion, 2000 [Texte en ligne].
« Le gai savoir »
« Ainsi parlait Zarathoustra »
« Par-delà le bien et le mal »
« La généalogie de la morale »
« Le cas Wagner »
« Le crépuscule des idoles »
« L’antéchrist »
« Ecce homo »
« Nietzsche contre Wagner »
• Marc CRÉPON (sous la direction de), Nietzsche, L’Herne, 2006 [Texte en ligne].
Comme Nietzsche le dit à plusieurs reprises : la lecture de son œuvre n’est pas de celles dont on sort sans que rien n’ait changé. Et ceci est d’autant plus vrai que rien de ce qu’elle prophétise ou annonce ne s’est définitivement accompli. Nous ne sommes pas sortis de ce qu’elle décrit, que ce soit l’épuisement de la démocratie, les différentes formes de réactions au nihilisme qui ne font que le perpétuer (comme tous les extrémismes), la résistance, plus ou moins déguisée, des valeurs imposées par le christianisme. Nous n’échappons pas davantage à ce qu’elle prescrit : notre rapport au savoir (et notamment à la science) est loin d’être clarifié. Le signe le plus probant de cette actualité des questions nietzschéennes est que, pas plus que cette œuvre n’appartient aux nietzschéens, elle ne laisse aucun courant philosophique, aucune école indifférente.
Mais s’il reste ce « philosophe d’avenir » qu’il voulait être, c’est aussi que son œuvre interroge, dans ses différentes articulations, la coexistence, au sein de la même pensée, des trois types de régime entre lesquels se partage le discours philosophique : descriptif, prescriptif et programmatique ou prophétique. Lisant Nietzsche, nous n’héritons pas seulement de ce qu’il décrit, et de ce que cette description prescrit. Nous prenons aussi la mesure de ce qu’il annonce. Sans doute, par sa critique radicale de toute téléologie, il porte un coup décisif à tout ce que la philosophie a pu promettre : le salut, la révolution. Mais pour autant, il ne renonce pas à toute prophétie d’une nouvelle époque ouverte par sa pensée. Ce qu’il décrit et prescrit trouve son sens ultime dans un temps à venir, qui advient une fois que son œuvre a coupé en deux l’histoire de l’humanité.
Ce Cahier analyse sa pensée à partir de ses rapports avec la langue, les Grecs et la musique, pour se pencher sur sa critique de la métaphysique et l’histoire, critique de la civilisation et de la morale, la conversion des valeurs.
Textes de : Marc Crépon, Marc de Launay, Max Marcuzzi, Mario Ruggenini, Jacques le Rider, Denis Thouard, Michèle Cohen-Halimi, Michel Haar, Yannis Constantinidès, Arnaud Villani, Mazzino Montinari, Eric Dufour, Joseph Simon, David Ballison, Jocelyn Benoist, Fabio Merlini, Paolo d’Ioro, Françoise Dastur, Pavel Kouba, François Chenet, Sylvie Courtine-Denamy.

Audio-Vidéo
• Livres audios, Littérature audio.
• France Culture, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Vidéos, Nietzsche par la jeunesse aux cheveux gris.
• Annick STEVENS, La philosophie de Nietzsche (10 séances), Université populaire de Marseille [pdf – mp3- vidéo].
Nietzsche est un penseur qui a profondément bouleversé la philosophie et a eu une influence considérable sur les pensées du XXe siècle, mais qui a aussi été très mal compris et récupéré par des idéologies auxquelles il était tout à fait opposé. Des concepts comme l’éternel retour, le surhumain, la volonté de puissance, suscitent souvent la méfiance, voire le sarcasme et le rejet. Or, si on prend le temps de découvrir leur sens, de les inscrire dans la philosophie de la vie lucide et exigeante qui les justifie, on comprend à la fois l’origine des malentendus et l’extraordinaire portée à la fois théorique et pratique de cette pensée.

28/05/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Filmographie Friedrich NIETZSCHE, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Revue des revues


Nouvelles revues en ligne

Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs
Les Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs ont pour ambition de confronter les travaux menés sur les pays où les systèmes d’éducation ont une profondeur historique certaine, et sur ceux où ils n’ont été introduits que plus récemment. Ils se donnent aussi pour objectifs de décloisonner les disciplines et de favoriser un échange entre diverses approches, afin de renouveler les perspectives méthodologiques et théoriques sur les questions relatives à l’éducation, à la construction, à la transmission et aux usages sociaux et politiques des savoirs.

Belgeo
Belgeo est la seule revue scientifique nationale de géographie en Belgique. Au-delà des articles thématiques ou de réflexion, la revue a pour objectif de couvrir les grandes questions géographiques, les problèmes européens et mondiaux ainsi que les problèmes nationaux.

TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage
Les TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage présentent des études sur la question du langage et de la parole, dans une perspective interdisciplinaire. Ces phénomènes sont abordés selon différents axes : analyse des processus physiologiques et cognitifs ; description et formalisation ; mécanismes discursifs et interactifs ; altérations, dysfonctionnements et handicap.

Textes en ligne

Jacques BOUVERESSE, Etudes de philosophie du langage, Collège de France.
Il est tout à fait possible que les attaques auxquelles a été soumise, de divers côtés, la notion traditionnelle de signification, et l’apparition de toute une série de doctrines ou de tendances que l’on pourrait regrouper sous la dénomination générale commode de « scepticisme sémantique » apparaissent, après coup, comme ayant constitué l’un des événements majeurs, pour ne pas dire l’événement majeur, de la philosophie de la deuxième moitié du vingtième siècle. Par « scepticisme sémantique », j’entends ici une attitude qui peut aller de la simple contestation de la possibilité de soumettre une notion comme celle de « signification » à un traitement théorique approprié à la négation pure et simple de l’existence de faits sémantiques qu’il pourrait être question d’expliquer à l’aide d’une théorie quelconque.
Par ailleurs, il n’est que trop juste de remarquer que la période récente s’est également distinguée, en contrepartie, par des formes non moins typiques de confiance exagérée dans les possibilités que la théorie de la signification offre aujourd’hui à la philosophie – la plus remarquable d’entre elles étant représentée par l’idée, dont Michael Dummett aura été le défenseur le plus convaincu et le plus talentueux, que la théorie de la signification pourrait avoir accédé depuis Frege au statut de nouveau paradigme de la philosophie première.

• Raphaële Bertho, Jean-Philippe Garric et François Queyrel (sous la direction de), Patrimoine photographié, patrimoine photographique, INHA.
Textes de la journée d’étude « Patrimoine photographié, patrimoine photographique », organisée le 12 avril 2010 grâce à un étroit partenariat entre l’École pratique des Hautes Études (EPHE) et l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), s’est tenue dans l’auditorium de la Galerie Colbert.

Thèses en ligne

• Laetitia Dion, Histoires de mariage. Une contribution à l’histoire des formes narratives à la Renaissance : le mariage dans la fiction narrative française (1515-1559), thèse de doctorat en littérature française de la Renaissance sous la direction de Michèle Clément, Université Lyon 2, 2012 [Genre & Histoire].

• Lola Gonzalez-Quijano, Filles publiques et femmes galantes : des sexualités légitimes et illégitimes à l’intérieur des espaces sociaux et géographiques parisiens (1851-1914), thèse de doctorat en histoire en co-tutelle sous la direction de Renata Ago et de Maurizio Gribaudi, EHESS et Università degli Studi di Napoli L’Orientale, 2012 [Genre & Histoire].

Lire aussi :
• L’actualité des revues, Ent’revues – la Revue des revues
Dossier Guide des ressources documentaires – Revues, Monde en Question.

e = mc2


 

En septembre 1905, Albert Einstein publia un article connu surtout pour la formule e = mc2, qui exprime l’équivalence entre la masse et l’énergie. Un siècle plus tard, le fait que l’énergie puisse se transformer en matière et la matière en énergie pose encore problème à de nombreux scientifiques.

Cela tient au mode de pensée occidentale, un amalgame de la philosophie platonicienne et des religions judéo-chrétiennes, qui est obsédée par le mythe de l’origine et donc de la création. Pourtant Héraclite (510-450 environ), dont il ne reste que des fragments de son œuvre, fut un des rares philosophes à penser la transformation dialectique de la matière :

τὸ ϊντίξουν ςυμφέρον καὶ ἐκ τῶν διαφερόντων καλλίςτην ἁρμονίαν καὶ πάντα κατ ̓ ἔριν γίνεςθαι
Ce qui est contraire est utile ; ce qui lutte forme la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde.
Fragment 8

συνάψιες ὅλα καὶ οὐχ ὅλα, συμφερόμενον διαφερόμενον, συνᾷδον διᾷδον, καὶ ἐκ πάντων ἓν καὶ ἐξ ἑνὸς πάντα
Les couples sont des choses entières et des choses non entières, ce qui est réuni et ce qui est désuni, l’harmonieux et le discordant. L’un est composé de toutes choses, et toutes choses sortent de l’un.
Fragment 10

Il faudra attendre le XIXe siècle pour que Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Nietzsche (1844-1900) renouent avec Héraclite, en critiquant les dogmes de la pensée occidentale. Bien qu’ils ignoraient la pensée chinoise, ils ont reformulé la logique qui « évacue toute mise en scène dramatique de la création » (François JULLIEN, Procès ou Création – Une introduction à la pensée des lettrés chinois, Seuil, 1989 réédition Points Seuil, 1996).

Aujourd’hui, Stephen Hawking, un scientifique-client des médias dominants, oscille entre thèse créationniste et non-créationniste car il reste fondamentalement attaché à la théorie du Big Bang proposée par le chanoine catholique Georges Lemaître en 1927. La série télévisée, consacrée à L’univers de Stephen Hawking, retrace les découvertes essentielles de la physique, mais utilise à tort et à travers un vocabulaire théologique :

[…] ce moment marque le début, la naissance de l’univers. Tout ce que nous voyons autour de nous […] trouve sa genèse dans ce moment. On peut l’appeler Big Bang, mais aussi le moment de la création.
L’univers de Stephen Hawking 1 – Voir pour croire (47’15 »)

Ces images montrent les chocs entre d’innombrables particules de matière et anti-matière, Dans les détails, se cache la réponse de la création de la matière à partir de la seule énergie du Big Bang.
L’univers de Stephen Hawking 3 – Alchimie cosmique (42’37 »)

Or, la formule d’Albert Einstein n’implique pas une création, mais une transformation entre énergie et matière à un moment donné qu’on appelle communément Big Bang. Ce détail est fondamental car il sépare la croyance de la science.

Stephen Hawking, en fin connaisseur du marketing éditorial, a publié The Grand Design qui contredit sa thèse antérieure car « si Dieu fait vendre, une polémique sur Dieu fait vendre plus encore ».

03/01/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Héraclite, Fragments, traduction Grec – Français – Anglais.
• Hawking versus Dieu, Libération.
Serge LEFORT, L’Origine du Monde, Chine en Question.

Revue de presse Culture 16/08/2011


16-19/08/2011, Hemingway, à la vie à la mort, Traversées

Portrait du prix Nobel de littérature de 1954 au rythme des ses oeuvres majeures.

15-19/08/2011, Brassens le musicien, Musique en mémoire

Dans l’été de Musique en mémoire, du 15 au 19 août 2011, hommage 30 ans après – coquin de sort – à Georges Brassens, à travers un grand reportage à l’exposition qui lui est consacrée à la Cité de la Musique à Paris, et au fil de rencontres avec la commissaire Clémentine Deroudille, avec le guitariste de Brassens Joël Favreau, avec deux brassensologues qui se sont penchés particulièrement sur les musiques du « bon maître » [Rémi Jacobs et Gaël Liardon] et avec Georges lui-même dans nos archives.

16/08/2011, Jean-Claude KAUFMANN, Le sac – Un petit monde d’amour, France Info

Les sacs des femmes ne sont pas seulement des accessoires de mode. C’est ce que montre le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son nouveau livre. L’exploration d’un univers où se cachent sentiments et émotions.

16/08/2011, Manufrance en… chansons !, AIMOS

« La verve populaire est d’une richesse inépuisable. De tous temps dans l’histoire, la chanson a été une arme de lutte ».

16/08/2011, Henri Bergson : « Je n’ai pas de système », Bibliobs

Le 19 août 1911, l’auteur du « Rire » recevait à son domicile d’Auteuil un critique parisien. Une rencontre exceptionnelle pour un penseur qui fuyait la presse et le tapage fait autour de son nom.

16/08/2011, Judith GAUTIER, En Chine, Chine ancienne

16/08/2011, J.M. de PRÉMARE, Recherches sur les temps antérieurs, Chine ancienne

16/08/2011, Jean-Baptiste BIOT, Précis de l’histoire de l’astronomie chinoise, Chine ancienne

15/08/2011, Un écrivain français tente de briser le « mythe Dalaï-Lama », Renmin Ribao

« La retraite politique du Dalaï-Lama, c’est du bidon. Alors qu’il a annoncé depuis le mois de mars qu’il se retirerait de la vie politique, en août, il fonce aux Etats-Unis et il rencontre le président Obama. Et dans sa dernière interview avec Le Monde, il a donné son avis sur ce que doit être la démocratie en Chine. Est-ce que ce sont des gestes d’une personnalité religieuse ou d’un homme politique? Est-ce que ce sont des propos qui viennent d’un homme qui ne s’intéresse plus à la politique? »

C’est l’écrivain français Maxime Vivas, l’auteur de Dalaï-Lama – Pas si zen, qui a posé ces questions lors d’une interview accordée vendredi à l’agence Xinhua.

14/08/2011, Post-scriptum à « Marx théoricien de l’anarchisme » (Rubel, 1983), La Bataille socialiste

Lire aussi : Revue de presse Culture 2011, Monde en Question.

Misère de la philosophie


Raphaël Enthoven est un animateur de radio qui se prétend philosophe version people [1]. Sa dernière production, intitulée Préhistoires de la pensée, évoque les philosophes dits présocratiques.

Trois remarques :

1) Il est pour le moins incongru de classer les philosophes présocratiques dans la préhistoire alors qu’ils ont vécu entre le milieu du VIIe siècle et le IVe siècle avant notre ère. Cette classification est idéologique car elle suppose que la philosophie, la vraie, serait née avec Socrate ou plutôt avec Platon et Aristote puisqu’on ne connaît le premier qu’à travers les œuvres des deux autres, qui sont la référence obligée de la culture philosophique occidentale.

2) Les philosophes présocratiques sont peu connus, voire ignorés, parce que seulement quelques fragments de leurs œuvres nous sont parvenus. En effet, la réception de Platon [2] relégua dans l’ombre ses prédécesseurs, dont les œuvres ne furent plus guère publiées – par copie manuscrite selon la technologie en cours avant le milieu du XVe siècle [3].

3) La dénomination « philosophes présocratiques » pose problème car elle est rétroactive. C’est une construction idéologique d’une catégorie de l’historiographie philosophique occidentale [4] comparable à celle du calendrier construit à l’instigation du pape Grégoire XIII, qui, en 1582, fixa le point de départ de notre ère selon la référence catholique [5].

11/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Écouter :
• Préhistoires de la pensée 1/5 : Parménide
• Préhistoires de la pensée 2/5 : Héraclite
• Préhistoires de la pensée 3/5 : Empédocle
• Préhistoires de la pensée 4/5 : Démocrite
• Préhistoires de la pensée 5/5 : Heidegger (une lecture moderne des Présocratiques)

Lire aussi :
• DUMONT Jean-Paul (sous la direction de), Les Présocratiques, La Pléiade Gallimard, 1988.
Thalès et Héraclite en Ionie, Pythagore et Parménide en Italie, Démocrite à Abdère, telles sont peut-être les figures les plus marquantes du monde intellectuel méditerranéen des VIe et Ve siècles av. J.-C., qui vit naître la philosophie. De ces temps primordiaux demeurent, comme autant d’éclats lumineux, des fragments et des témoignages indirects. Leur lecture, admirativement fascinée et patiemment attentive, nous apprend ce qu’est la pensée rationnelle et comment elle s’est peu à peu constituée en affrontant les questions éternelles : qu’est-ce que l’existence ? Qu’est-ce que le monde ? Qu’est-ce que l’homme ? Qu’est-ce que la vérité ? Les fragments des Présocratiques sont autant de pierres qui bornent la voie royale de l’initiation philosophique.

LAKS André, LOUGUET Claire, Qu’est-ce que la philosophie présocratique ?, Presses Universitaires Septentrion, 2002 [BooksGoogle].
Ce recueil d’essais, issus du colloque qui s’est tenu à Lille en Octobre 2000, essaye de répondre à la question que pose le titre à travers deux séries d’études. La première, plus générale, est consacrée à l’examen historique et critique des catégories que l’historiographie de la philosophie a employées pour parler de la naissance de la philosophie en Grèce ; la seconde, plus particulière, traite différentes figures de la pensée présocratique ainsi que les problèmes que pose la constitution d’un corpus fragmentaire.

• LAKS André, Introduction à la « philosophie présocratique », PUF, 2006 [Amazon].
Les « philosophes présocratiques » ne se concevaient pas comme tels. Socrate n’était pas pour eux une référence, au mieux un cadet, voire un contemporain. Et ce n’est que sur le tard, à la dernière génération, qu’ils commencèrent à être désignés comme « philosophes ». Mais si les philosophes présocratiques ne sont philosophes et présocratiques que rétroactivement, il convient de s’interroger sur la manière dont ils sont devenus tels. Pour mettre en évidence la construction, certes, mais aussi pour s’interroger star sa possible légitimité : car il ne s’agit pas, contrairement à ce que suggère un terme aujourd’hui galvaudé, d’une simple « invention ». L’importance de la question tient évidemment au fait que, quand nous parlons des philosophes présocratiques, ce sont des origines de la philosophie grecque, et par là occidentale, dont nous parlons.

Revues de philosophie :
• Portail, Cairn
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• Agone – Sciences sociales, Philosophie & Politique, Revues.org
• Astérion – Philosophie, histoire des idées, pensée politique, Revues.org
• Le Portique – Revue de philosophie et de sciences humaines, Revues.org


[1] Il est l’ancien mari de Justine Lévy (fille de Bernard-Henri Lévy) et l’ancien compagnon de Carla Bruni, avec qui il a eu un fils prénommé Aurélien. Il vit aujourd’hui avec l’actrice Chloé Lambert, avec qui il a eu un fils prénommé Sacha.
• Quand Justine Lévy parle de sa rivale, NouvelObs, 25/06/2008.
• Carla Bruni et Raphaël Enthoven perdent contre la presse people, Libération, 25/09/2008.
• L’ex de Carla Bruni Raphael Enthoven est papa [avec Chloé Lambert], Voici, 22/12/2008.

[2] Le Centre Léon Robin se consacre à la réception des présocratiques dans la latinité et le moyen-âge byzantin, Université Paris-Sorbonne (Paris IV) [Rapport d’évaluation, Février 2009].
[3] Si Johannes Gutenberg est considéré comme l’inventeur de l’imprimerie typographique en Europe, Bi Sheng ayant inventé les caractères mobiles en argile bien plus tôt (entre 1041 et 1048) en Chine, puis le Coréen Choe Yun-ui (XIe siècle) des caractères métalliques mobiles. Imprimerie.
[4] LAKS André, L’émergence d’une discipline – Le cas de la philosophie présocratique in BOUTHIER Jean, PASSERON Jean-Claude, REVEL Jacques (sous la direction de), Qu’est-ce qu’une discipline ?, Éditions de l’EHESS, 2006 p.151-171.
On parle couramment des «écoles présocratiques» sans s’interroger sur les implications d’une telle expression. En fait, l’idée que les premiers philosophes grecs étaient organisés en écoles a fait l’objet, en 1887, d’un argument développé par H.Diels, le fondateur des études présocratiques modernes. Le présent article part de cet argument pour en démonter les présupposés qui reflètent en partie ceux de l’institution académique moderne, mais en partie aussi ceux de l’historiographie aristotélicienne. En même temps, il tente de montrer que l’approche non seulement déscolarisée, mais aussi désaristotélisée des débuts de la philosophie grecque, qui a été largement développée par les approches d’inspiration anthropologique et pragmatique et qui est aussi désormais assez souvent pratiquée par les historiens de la philosophie ancienne, ne suffit pas à rendre compte des processus intellectuels que suppose l’émergence d’une discipline comme la philosophie grecque, dont la nouveauté peut être considérée comme un cas particulièrement intéressant, voire paradigmatique, d’innovation disciplinaire.
[5] Lire : Les textes fondateurs du calendrier grégorien, Rodolphe Audette.