Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

L’imposture démocratique


CANFORA Luciano, L’imposture démocratique – Du procès de Socrate à l’élection de G.W. Bush, Flammarion, 2003 [ExtraitsA contresens].

Socrate condamné à mort par une courte majorité de trente voix ; George W. Bush élu président des États-Unis parce que l’on décide d’arrêter le décompte des suffrages qui l’aurait donné perdant : le triomphe absurde de la loi de la majorité dans un cas, sa négation dans l’autre… Que devient la démocratie lorsque le vote se négocie sur le marché politique ? Lorsque gouvernent des instances supranationales et non électives comme la Banque européenne et le Fonds monétaire international ? À rebours de la pensée unique et du « démocratiquement correct », Luciano Canfora livre une analyse sans concessions des démocraties occidentales et de leurs errements.

Lire aussi :
• CANFORA Luciano, La démocratie – Histoire d’une idéologie, Seuil, 2006 [Le Monde diplomatiquePolitique et Sociétés].

Voici un livre qui ne manquera pas de soulever des controverses. La Grèce, dit-on, a inventé la démocratie. Lieu commun, répond Luciano Canfora, et qui ignore totalement le fait qu’aucun auteur athénien ne célèbre la démocratie… Dès lors, le lecteur est guidé dans un parcours de l’histoire européenne qui, de l’Antiquité à l’ère des révolutions, de la Troisième République à la révolution russe, à l’ère du fascisme à la chute du mur de Berlin, ne cesse d’interroger la démocratie, ses masques et ses dérives : le suffrage universel est-il aussi démocratique qu’on le croit ? Qui détient vraiment le pouvoir dans les démocraties ? Enfin, à l’ère des médias, n’est-il pas temps d’inventer une nouvelle forme de démocratie ?

• CANFORA Luciano, Exporter la liberté – Echec d’un mythe, Desjonquères, 2008.

«La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique», dit Robespierre, «est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme ennemis.»
Depuis toujours, les gouvernements ont masqué sous des motifs vertueux les vraies raisons qui les faisaient entrer en guerre.
À partir d’exemples empruntés de l’Antiquité à nos jours, Luciano Canfora dénonce cette «perversion morale, culturelle et politique» qui permet à un État de poursuivre une politique d’hégémonie tout en se drapant du titre de défenseur de la liberté.

• CANFORA Luciano, La nature du pouvoir, Belles Lettres, 2010 [Le Monde].

« La belle mécanique n’a pas fonctionné comme prévu. Le suffrage universel, finalement conquis (plus ou moins tard selon les pays et en Italie presqu’en dernier), a déçu trop souvent ceux qui s’étaient battus pour lui et n’a pas produit les effets espérés. Au contraire, les urnes ont servi à légitimer des équilibres, des classes, un personnel politique presque immuable – et peu importe si ce dernier est diversifié et divisé. Et si le vrai pouvoir était ailleurs ? C’est ce dont il sera question, cher lecteur, dans les pages qui suivent ». Canfora insinue bien plus que de vagues soupçons sur les déguisements du pouvoir : cette domination de quelques-uns – elle n’est d’un seul qu’en apparence – qui ne peut cependant se maintenir qu’à condition de s’assurer un large consensus. Tout en restant, bien entendu, au sens plein de ce mot, une domination.

• DUNN John, Libérer le peuple – Histoire de la démocratie, Markus Haller, 2010 [CNLBouillaud’s Weblog].

Comment la référence à la démocratie est-elle devenue incontournable pour légitimer l’autorité politique dans le monde contemporain ? L’histoire du mot « démocratie » nous révèle que les idéaux et les pratiques associés à ce mot ont varié énormément au fil du temps, de l’Antiquité grecque à la constitution des États-Unis, de la France au temps de la Révolution à l’Europe de l’après-guerre. Dunn montre que les valeurs défendues au nom de la démocratie sont multiples et controversées. La démocratie représentative moderne n’est pas le successeur d’une tradition homogène. Qu’est-ce qui explique alors son succès ? Les considérations de Dunn nous forcent à revoir nos idées reçues sur la démocratie représentative et à nous poser la question de savoir pourquoi nous y tenons.

• LAUGIER Sandra, OGIEN Albert, Pourquoi désobéir en démocratie ? , La Découverte, 2010 [La suite dans les idéesLe MondeLibérationMouvementsNouveaux Cahiers du socialismeParenthèse].

Les raisons de se révolter ne manquent pas. Mais on ne se révolte pas n’importe comment : en démocratie, s’engager dans un combat contre l’injustice, l’inégalité ou la domination est un geste qui doit s’exprimer sous une forme d’action politique acceptable. Parmi ces formes se trouve la désobéissance civile qui consiste, pour le citoyen, à refuser, de façon non-violente, collective et publique, de remplir une obligation légale ou réglementaire parce qu’il la juge indigne ou illégitime, et parce qu’il ne s’y reconnaît pas.
Cette forme d’action est souvent considérée avec méfiance : pour certains, elle ne serait que la réaction sans lendemain d’une conscience froissée puisqu’elle n’est pas articulée à un projet de changement politique ; pour d’autres, à l’inverse, elle mettrait la démocratie en danger en rendant légitime un type d’action dont l’objet pourrait être d’en finir avec l’État de droit.
Ce livre original, écrit par un sociologue et une philosophe, analyse le sens politique de la désobéissance, en l’articulant à une analyse approfondie des actes de désobéissance civile qui prolifèrent dans la France d’aujourd’hui – à l’école, à l’hôpital, à l’université, dans des entreprises, etc. Il montre comment ces actes s’ancrent avant tout dans un refus de la logique du résultat et de la performance qui s’impose désormais comme un mode de gouvernement. À la dépossession qui le menace – dépossession de son métier, de sa langue, de sa voix – le citoyen ne peut alors répondre que par la désobéissance, dont le sens politique doit être pensé.

• WEISSMAN Elisabeth, La désobéissance éthique, Stock, 2010 [D’autres regards sur l’actualitéLe Grand Soir].

ls sont enseignants, conseillers Pôle Emploi, postiers, électriciens/gaziers, forestiers, hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats, policiers… Ils ne feront pas le « sale boulot » qu’on exige d’eux depuis que Nicolas Sarkozy a lancé la plus grande opération de déconstruction et de privatisation des services publics jamais menée. Face à une politique d’asphyxie programmée qui érige en norme la course au chiffre et au rendement, l’évaluation et la compétition, le fichage et la répression, et qui menace les droits fondamentaux et la cohésion sociale, de plus en plus de professionnels refusent de voir leurs organismes transformés en machine à faire des actes et du cash, leur métier dénaturé et leur éthique piétinée. Constatant la souffrance, la perte de sens et la régression qui en résulte pour eux comme pour les usagers, Ils mettent en œuvre, seuls ou avec leur syndicat, diverses stratégies de résistance : désobéissance collective proclamée, opposition souterraine, insoumission, freinage subversif. Ce livre, construit comme un abécédaire, s’adosse à une enquête de terrain : il donne à entendre des témoignages bouleversants d’hommes et de femmes pris dans la tourmente du saccage de leur mission de service public, qui veulent la défendre envers et contre tout au nom du bien collectif, des valeurs républicaine et du pacte social hérité du programme du Conseil national de la Résistance.

• ZINN Howard, Désobéissance civile et démocratie, Agone, 2010.

Notre manière de penser est une question de vie ou de mort. Si ceux qui tiennent les rênes de la société se montrent capables de contrôler nos idées, ils sont assurés de rester au pouvoir. Nul besoin de soldats dans les rues. Cet ordre résulte d’un processus de sélection au cours duquel certaines idées sont promues par le biais des plus puissantes machines culturelles du pays. Nous devons réexaminer ces idées et réaliser comment elles s’opposent à notre expérience du monde. Nous serons alors en mesure de contester l’idéologie dominante.
De l’exercice de la justice aux motivations réelles des guerres, en passant par les conditions d’entretien de la violence économique et sociale, l’auteur illustre la manière dont la tenue des affaires du monde, c’est-à-dire de nos affaires, devrait être entre nos mains. Et toujours chez Howard Zinn le même optimisme sur la nature et le destin de l’humanité : l’histoire ne réserve que des surprises, et elles ne sont pas toutes mauvaises.

Lire aussi :
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

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