Monde en Question

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Archives de Tag: Théorie du complot

Théorie du complot


 

Henry LAURENS, Les provinces arabes de l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle : L’expansion française et l’obsession des complots, Collège de France.

La théorie du complot, c’est d’abord une théorie inhérente au système coloniale européen [21’15].

Dans les premières décennies de la Troisième République, ce sont les Républicains [avec Jules Ferry héros de la gauche] qui font l’expansion coloniale et la droite monarchiste conservatrice est hostile à cette expansion coloniale [32’37].

Lire aussi :
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

L’im-Monde croit au complot



L’im-Monde fait la pub de Wikileaks

 

Depuis 2001, l’im-Monde défend avec acharnement la version officielle des attentats du 11 septembre et dénigre tous ceux qui ont des doutes en prétendant qu’ils alimenteraient les théories du complot.

Aujourd’hui, l’im-Monde part en croisade contre l’alliance supposée entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui serait un complot contre la démocratie américaine.

Vendredi, le Washington Post a fait état d’un nouveau rapport confidentiel très politique émanant de la CIA. Le document ne s’inscrit pas seulement dans la ligne de la mise en cause de la Russie avancée publiquement le 7 octobre, que Moscou a toujours nié. Il avance également que l’objectif de ces piratages était très précisément de peser sur l’issue du vote et non, comme cela était esquissé il y a un mois, d’alimenter les interrogations sur la solidité du système électoral américain.

Le bilan des piratages évoqué par le Washington Post aurait été présenté aux responsables du Congrès chargés du renseignement il y a plus d’une semaine. « Il y a un consensus au sein de la communauté du renseignement pour estimer que l’objectif était de favoriser un candidat aux dépens d’un autre », assure une source anonyme au quotidien.

Les démocrates espèrent que ses conclusions étayent leurs accusations dirigées contre Moscou. Auquel cas, elles deviendraient un élément utile pour contrecarrer un éventuel rapprochement entre M. Trump et de M. Poutine. Il est difficile en l’état d’évaluer l’impact qu’a pu avoir sur la course présidentielle la divulgation de documents privés assurée par WikiLeaks.

16/12/2016
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
La Maison Blanche demande une enquête sur le rôle de la Russie dans la présidentielle américaine, Le Monde, 09/12/2016.
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

L’école Charlie-coloniale


 

Jules Ferry est honoré comme le champion de l’école laïque par tous ceux qui oublient qu’il fut aussi l’ardent défenseur de l’Empire coloniale du Tonkin à l’Algérie au nom de la civilisation occidentale. Ainsi, les Algériens, privés de la citoyenneté, furent condamnés aux lois musulmanes (Code de l’indigénat) par ceux-là même qui vantaient les bienfaits de la laïcité pour les Français-de-souche.

Le Code de l’indigénat dit clairement que «L’indigène musulman est français ; néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane». Aboli en 1946, le Code de l’indigénat perdurera en Algérie jusqu’à l’Indépendance en 1962.

Aujourd’hui, les intégristes catho-laïques veulent « repérer et traiter » tous ceux qui n’ont pas respecté la minute de silence « œcuménique » ou de « communion nationale »* à l’école car ils sont par principe des terroristes. Quant aux médias, ils sont passés maîtres dans l’art de dénoncer la théorie du complot tout en y participant eux-mêmes comme l’illustre Attentats – L’école en première ligne.

07/02/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

*Encore une fois, la laïcité n’est qu’un prétexte pour stigmatiser les musulmans – arabes et noirs – alors que les Charlie ont participé à la grande messe « républicaine » servie par des enfants de chœur déguisés en forces de l’ordre et, pour hostie, le dernier exemplaire de Charlie Hebdo [Article11].

Lire aussi :
• Attentats – L’école en première ligne, Émission « Envoyé spécial » diffusée sur France 2 le 29 janvier 2015.
• Pisa, la République et l’apartheid scolaire, Café pédagogique, 03/12/2013.
• À bonne école ?, LMSI, 30/01/2015.
• Discriminations, ségrégation, ethnicisation : une sélection d’articles du Café Pédagogique, Réseau National de Lutte Contre les Discriminations à l’Ecole.
• Jules FERRY, Monde en Question.
Dossier documentaire Algérie, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Laïcité, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Coupable, forcément coupable


Tous ceux qui accusent ou défendent l’accusé Dominique Strauss-Kahn ou la plaignante X étalent complaisamment des spéculations fondées sur leurs préjugés et non sur des faits que personne ne connaît aujourd’hui et que personne ne connaîtra peut-être jamais, ce qui alimentera les spéculations…

Nous ne connaissons rien ou presque rien des faits de cette affaire :

  1. Dominique Strauss-Kahn fut arrêté à l’aéroport de New York le 14 mai 2011 vers 16h40 (source : The New York Times) ;
  2. suite à une plainte déposée le jour même (l’heure est incertaine) : L’accusé a tenté d’avoir, par la force, une relation sexuelle anale et orale avec une autre personne ; l’accusé a tenté d’avoir des rapports vaginaux avec une autre personne ; l’accusé a forcé une autre personne à un contact sexuel ; l’accusé a séquestré une autre personne : l’accusé a obligé une autre personne à un contact sexuel sans le consentement de cette dernière ; l’accusé a de façon intentionnelle et sans raison légitime touché les parties sexuelles et autres parties intimes d’une autre personne dans le but d’avilir une autre personne et d’abuser d’elle, et dans le but d’assouvir le désir sexuel de l’accusé (source : ABC News).
  3. Il fut incarcéré puis libéré sous caution et placé en résidence surveillée. Il est libéré sur parole le 1er juillet, mais les charges de la plaignante sont maintenues (source : The New York Times).

Les médias fabriquent un récit qui semble cohérent, mais qui reste un récit fictionnel. Un jour, l’accusé est présenté comme un porc. Un autre jour, la plaignante est présentée comme une pute. Les récits en faveur de la plaignante (les plus nombreux) ou de l’accusé (plus rares [1]) ne reposent sur aucun fait, mais sur des préjugés – une construction a priori – qui alimentent les spéculations et les rumeurs.

Les récits en faveur de la plaignante jugent Dominique Strauss-Kahn par principe coupable et justifient leur parti pris par la défense d’une cause juste : la cause des travailleurs, la cause de l’antiracisme, la cause des Palestiniens et surtout la cause des femmes.

La cause des travailleurs

• 04/07/2011, Derrière leur spectacle, l’affrontement à préparer, Lutte Ouvrière [2] :
Il y a le feuilleton DSK, ses frasques, son fric, son déjeuner entre amis à 600 dollars, et la lancinante question qui taraude les journalistes et les sondeurs : quel avenir politique pour l’ex-directeur général du FMI, ex-candidat présumé du Parti socialiste à la présidence de la République ? À peine ce feuilleton a-t-il connu une brève interruption qu’on lui a substitué le conte de fée d’un prince épousant une roturière dans une principauté d’opérette, entre banques et casinos. Et comme ces deux affaires commencent à lasser sérieusement un téléspectateur normal, voilà le Tour de France avec ses affaires de dopage réel ou supposé, ses vrais et faux suspenses !
Pendant qu’on amuse la galerie, les nuages d’une nouvelle crise financière s’amoncellent partout dans le monde.

La cause de l’antiracisme

• 05/07/2011, Qui est le plus nuisible ?, Les mots sont importants :
Sans préjuger de ce que décidera la Justice américaine, on ne peut pas ne pas être écoeuré-e par la manière dont, en France en tout cas, les possibles « mensonges » et « accointances délinquantes » de Nafissatou Diallo, aussi dérisoires soient-elles, et surtout éloignées de l’affaire en cours, tendent à blanchir Dominique Strauss-Kahn d’un crime d’une tout autre gravité : une tentative de viol. En soutien à Nafissatou Diallo, qui est, pour le moins, victime d’un ahurissant déballage sexiste et raciste…

La cause des Palestiniens

• 02/07/2011, DSK : le coup du « coup monté », CAPJPO – EuroPalestine :
« Tout ça va finir avec un gros chèque » : conclusion tout à fait plausible de Franz Olivier Giesbert ce jeudi soir sur France 2″, écrivions-nous sur le site le 19 mai à propos de l’affaire DSK. Bien entendu, l’affaire ne sera jamais présentée de la sorte et il faut que Strauss-Kahn essaie de s’en sortir par le haut.
Quant aux autres « casseroles » que se traînent DSK dans ce domaine et qui sont de notoriété publique, il serait de mauvais goût d’en faire étalage face à une telle « réhabilitation » promise de la victime.

• 06/07/2011, La pensée tribale : POLANSKY, DSK., Islam et engagement :
C’est ainsi que l’un des plus ardents porte-parole de la pensée tribale raciste n’est autre que le sioniste BHL, qui a pris successivement la défense de Polansky et de DSK.
C’est au nom de ce même instinct primitif que vous le verrez célébrer de façon continue Tsahal, alors même que les soldats israéliens commettent les pires atrocités. Toujours au nom de la tribu.

La cause des femmes

• 02/07/2011, DSK. Les féministes gardent le cap, NouvelObs :
Même menteuse, Nafissatou Diallo ne met pas en péril le discours des féministes… Pas d’inquiétudes donc, pour ces femmes qui continueront à porter haut leur combat. « On se bat depuis trente ans, conclue Emmanuelle Piette, je savais qu’on n’allait pas tout gagner en une fois, mais la parole des femmes a été entendue. »

• 04/07/2011, Ivan RIOUFOL, Pourquoi DSK est coupable, Blog Le Figaro :
Dominique Strauss-Kahn, dont on a appris qu’il redoutait les pièges et les complots liés à son goût pour les femmes, persistait néanmoins à jouer avec le feu. C’est cette légèreté qui lui est reprochée. Un probable candidat à la présidence de la République s’interdit d’inutiles comportements à risques, sauf à estimer pouvoir tout se permettre.

• 04/07/2011, Clémentine AUTAIN et Audrey PULVAR, Non au procès du féminisme !, Le Monde :
S’il était prouvé que Nafissatou Diallo avait menti, ce serait un camouflet pour la justice, une délivrance pour DSK et ses proches après une terrible épreuve, ainsi qu’un coup très dur porté aux femmes victimes de viol.

L’article La bonne sœur et la putain, publié par Agnès Maillard le 05/07/2011, est symbolique de la dérive d’un discours construit sur les a priori d’une cause – la cause des femmes en l’occurrence.

Une grande partie de ma vie d’adulte, je me suis appliquée à ne porter que des chaussures sans talon, des pulls informes, des pantalons et non des jupes, les cheveux courts, des coupes amples, des couleurs ternes, et surtout, j’ai réussi à me convaincre que c’était par goût. Le goût du sobre, le rejet de la mode, la nécessité de n’exister que sur le registre mental, de ne jamais incorporer ma pensée. Bien sûr, un bon fond féministe m’a permis de justifier ce genre de choix politiquement, comme refus de subir la dictature de la futilité et de l’apparence. Jusqu’à ne pas me reconnaître dans un miroir. Mais cela me rassurait. Et me donnait l’illusion que je pouvais réussir à exister en dehors de mon statut de femme, dans un strict rapport d’égalité, désincarné, asexué.

La vérité, c’est que j’avais peur. […] Parce que, finalement, j’avais parfaitement bien intériorisé ce savoir commun qui laisse entendre qu’une femme qui se fait chopper, elle l’a bien un peu cherché. Parce qu’elle a traîné au mauvais endroit, au mauvais moment, parce qu’elle a peint ses lèvres de la couleur de sa vulve, parce qu’elle a montré une cheville évocatrice que surmonte un mollet bien galbé, parce que la chevelure dansante appelle à l’empoignade, parce que la robe qui souligne sa taille et magnifie ses fesses est un hymne à l’enculade, parce que ses seins qui l’empêchent de courir sont arrogants sous le tissu trop tendu de sa chemise cintrée, parce qu’une femme séduisante et épanouie est forcément un appeau à bites. Parce que nous savons toutes et on nous le rappelle sans cesse, qu’il nous suffit de ne pas être des saintes pour que tout mâle normalement constitué ait une irrépressible envie de nous fourrer son pénis dans notre vagin sans nous demander notre avis. Et c’est tout.

Cette affirmation péremptoire méritait des explications que l’auteure n’était pas disposée à donner et qu’elle ne pouvait pas donner sans renoncer au dogme.

L’auteure croit que Dominique Strauss-Kahn est coupable, forcément coupable, parce que cet homme symbolise la dépravation masculine dont seraient victimes les femmes… de toute éternité. Amen.

Le dernier rebondissement de l’affaire DSK ne raconte jamais rien d’autre que l’histoire éternelle de la femme pécheresse, tentatrice, manipulatrice et coupable par défaut de la chute de l’homme. Qu’importe si l’homme en question avait un lourd passif dans les affaires de mœurs des plus éloquentes, ce qui compte c’est l’idée, finalement, que si la femme n’est pas une sainte, c’est qu’elle est forcément une catin et que ce simple retournement suffit à absoudre l’homme de tout soupçon de viol.

Ce « Coupable, forcément coupable » rappelle le « Sublime, forcément sublime » de Marguerite Duras dans l’affaire Grégory, construit sur la même croyance :

Il y a un para chez tout homme. […] ils le sont tous, je crois que tout homme est beaucoup plus près d’un général, d’un militaire que de la moindre femme.
Marguerite DURAS, Xavière GAUTHIER, Les parleuses, Éditions de Minuit, 1974 p.33.

08/07/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Dominique Strauss-Kahn, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Les récits en faveur de Dominique Strauss-Kahn sont le plus souvent construits sur la thèse d’un complot. Lire par exemple WSWS (groupe trotskyste américain) :
• 19/05/2011, David NORTH et David WALSH, Les questions sérieuses soulevées par l’affaire Dominique Strauss-Kahn, WSWS :
La présomption d’innocence sert d’argument à WSWS pour défendre la thèse d’un complot : « la destruction de la réputation politique de Strauss-Kahn ».
• 04/07/2011, L’accusation de viol à New York contre l’ex-chef du FMI s’effondre, WSWS :
Il n’est pas encore possible de déterminer si la relation avec la femme de chambre était un coup monté délibéré, comme de nombreux partisans de Strauss-Kahn en France l’ont suggéré. Mais le déroulement des faits après son arrestation montre clairement que, au minimum, l’affaire a été manipulée pour atteindre un but politique.
[2] La démagogie de LO rappelle étrangement celle des maoïstes dans l’affaire de Bruay-en-Artois.

Ésope ou la langue des blogs


Αἴσωπος a-t-il seulement existé ? On lui attribue néanmoins la paternité de la fable comme genre littéraire dont l’œuvre fut pillée par Jean de La Fontaine. On lui attribue aussi cette fameuse anecdote :

Un certain jour de marché, Xantus, qui avait dessein de régaler quelques-uns de ses amis, lui commanda d’acheter ce qu’il y aurait de meilleur, et rien autre chose. « Je t’apprendrai, dit en soi-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans t’en remettre à la discrétion d’un esclave. » Il n’acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces, l’entrée, le second, l’entremets, tout ne fut que langues. Les conviés louèrent d’abord le choix de ces mets ; à la fin ils s’en dégoûtèrent. « Ne t’ai-je pas commandé, dit Xantus, d’acheter ce qu’il y aurait de meilleur ? – Et qu’y a-t-il de meilleur que la langue ? reprit Ésope. C’est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l’organe de la vérité et de la raison. Par elle on bâtit les villes et on les police ; on instruit ; on persuade ; on règne dans les assemblées ; on s’acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les Dieux. – Eh bien (dit Xantus, qui prétendait l’attraper), achète-moi demain ce qui est de pire : ces mêmes personnes viendront chez moi, et je veux diversifier. » Le lendemain, Ésope ne fit servir que le même mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde : « C’est la mère de tous débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres. Si l’on dit qu’elle est l’organe de la vérité, c’est aussi celui de l’erreur et, qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d’un côté elle loue les Dieux, de l’autre, elle profère des blasphèmes contre leur puissance. » Quelqu’un de la compagnie dit à Xantus que véritablement ce valet lui était fort nécessaire, car il savait le mieux du monde exercer la patience d’un philosophe. « De quoi vous mettez-vous en peine ? reprit Ésope. – Et trouve-moi, dit Xantus, un homme qui ne se mette en peine de rien. »
Insecula

Si les médias dominants sont sous l’emprise de l’industrie de l’armement, les blogs charrient le meilleur comme le pire. Si l’ensemble est plutôt gris, le meilleur se faire rare et le pire abonde. Deux exemples récents du pire.

Les pseudo-révolutions au Maghreb et au Moyen Orient ont suscité des commentaires très éloignés des faits tels qu’on peut les appréhender à travers le miroir déformant des médias dominants. Certains voient un nouveau foyer de la révolution mondiale (version eschatologique de l’histoire) et d’autres un complot de la CIA (version policière de l’histoire).

Pendant ce temps la Chine fait toujours fantasmer. Badia Benjelloun, qui écrit habituellement sur la Palestine, a publié L’Empire du Milieu retrouve son centre sur L’Islam en France le 06/03/2011 et sur Dedefensa le 07/03/2011 [1]. La pauvre ignore que zhōng guó se traduit par « pays du milieu » et que la Chine est une République depuis 1912 !

08/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] Un historien présente Badia Benjelloun comme jeune candidate du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) aux élections régionales en PACA de 2010 alors qu’elle fut candidate sur la liste EuroPalestine pour les régionales de 2004. Il s’agit certainement d’une confusion avec l’article que Badia Benjelloun a écrit sur Ilham Moussaïd et publié par Bellaciao le 11/03/2010. Dedefensa n’a pas publié ces précisions [pdf 1pdf 2].

Un complot Internet


Le 6 juillet, l’Assemblée Nationale a publié le Rapport de la Commision d’enquête sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1).

Le 14 juillet, L’im-Monde résume tous les disfonctionnements à un complot Internet !

LA FAUTE À INTERNET

Le manque de confiance des Français vis-à-vis de la campagne des pouvoirs publics serait le fait d’un « brouillard médiatique », de « l’affluence des messages contradictoires ». Le rapport cite plusieurs spécialistes qui, dans les médias, ont livré leur appréciation de la dangerosité de la grippe A. « L’équivalent d’une grosse grippe saisonnière », « une grippe majoritairement bénigne » ou encore « une grippette »… Ces membres réputés du corps médical ont rapidement fait part de leurs doutes sur la nécessité d’une campagne de vaccination. Une liberté d’expression que souhaite modérer la Commission parlementaire. Il faudrait « instaurer, an cas d’alerte pandémique, une conférence nationale constituée des représentants des collèges scientifiques qui permettrait une communication consensuelle sur la nature du risque et les moyens médicaux disponibles pour y faire face », estime le rapporteur.

Enfin, Internet est pointé comme responsable de l’échec de la campagne orchestrée par le ministère de la santé. « Les folles rumeurs sur Internet, les attaques violentes du lobby anti-vaccin ou encore les annonces spectaculaires de pseudo-experts en quête de gloire médiatique auront sans doute laissé des traces », estime la commission en conclusion de son rapport pour qui « le sensationnalisme a prévalu sur les faits documentés ; la parole officielle a été décrédibilisée par des acteurs sur les motivations desquels on s’interroge encore. » Toutefois, les auteurs du rapport reconnaissent que certaines des réserves diffusées sur la Toile « auraient sans doute mérité d’être traitées avec plus d’attention par les pouvoirs publics pour y répondre par une argumentation appropriée ». La défiance à l’égard de la vaccination, née de la pandémie H1N1, « constitue un défi pour l’avenir » conclut le rapport.

Le Monde

14/07/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Revue de presse Grippe A/H1N1 2009, Monde en Question.
Revue de presse Grippe A/H1N1 2010, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.

La théorie du complot


Les médias dominants ont verrouillé tout débat sur la grippe à virus A(H1N1). Aux ordres des autorités sanitaires et politiques, ils ont disqualifiés par avance les critiques en les assimilant aux « théories du complot ». Les médias sont passés maîtres dans l’art de dénoncer les théories du complot tout en y participant eux-mêmes…

Depuis le 11 septembre 2001, les médias dominants balaient d’un revers de main les doutes et les critiques en accusant l’islamogauchisme de comploter contre la République, la laïcité, les femmes… et contre Israël.
En 2004, Daniel Leconte et ses compères assénèrent, en manipulant les images, leur théorie du complot : l’anti-américanisme est le masque de l’éternel antisémitisme ; Arlette Laguiller et Jean-Marie Le Pen sont les agents d’un complot mondial contre le peuple juif [1] !
En 2006, les médias dominants accréditèrent la thèse d’un « complot soviétique » d’être responsable de l’attentat contre Jean Paul II en 1981 [2].
En 2008, les médias dominants accréditèrent la thèse d’un « complot de l’ultra-gauche » d’être responsable des «sabotages SNCF» [3].
En 2010, les médias dominants, qui perdent un peu plus chaque jour crédibilité et audience, s’acharne contre ceux qui participeraient à une vaste complot destiné à les discréditer :

La critique englobante de la «théorie du complot» est devenue dans l’espace médiatique une arme de destruction massive de toute discussion rationnelle. Et il est à peine paradoxal de constater que cette critique utilise les mêmes procédés que ceux qu’elle dénonce, comme le montre une émission récente de France Culture. La critique de la «théorie du complot» en version France Culture permet de comprendre comment et pourquoi sa dénonciation est devenue un argument de propagande médiatique…
Acrimed

Les chiens aboient, la caravane passe…

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
Théorie du complot, Acrimed.
Théorie du complot, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.


[1] Lire : La théorie du complot, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire du RER D, Monde en Question.
[2] Lire la série d’articles sur cette affaire :
Le Monde, agent de propagande, Monde en Question.
Libération et Arte, agents de propagande, Monde en Question.
• Médias, agents de propagande, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire des caricatures, Monde en Question.
[3] Lire la série d’articles sur cette affaire :
• Version policière des «sabotages SNCF» (1), Monde en Question.
• Version policière des «sabotages SNCF» (2), Monde en Question.
• Version policière des «sabotages SNCF» (3), Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur les attentats à Bombay : Le terrorisme, une arme de propagande, Monde en Question.
Lire aussi la série d’articles sur l’affaire des minarets, Monde en Question.

Des médias aux ordres


À l’heure où tout le monde est contraint de reconnaître que le virus de la grippe A(H1N1) n’a pas provoqué les 30 000 morts en France prévus par certains épidémiologistes et encore moins les millions de morts dans le monde pronostiqués par l’expert consacré par Le Monde pour désinformer ses lecteurs [1], les médias dominants se défaussent comme d’habitude sur les politiques.

Depuis le début de l’épidémie, en avril 2009, les médias dominants mentent sciemment en publiant des chiffes alarmistes sans jamais ni émettre le moindre doute sur leur construction ni les mettre en perspective avec ceux de la grippe saisonnière. Ils ont choisi délibérément de crédibiliser la version des organisations sanitaires et des gouvernements.

Aujourd’hui, il est cocasse de lire les arguments dont les journalistes usent pour dégager leur responsabilité. Grippe H1N1: les journalistes se défaussent, les autorités trinquent, AFP-Google Actualités du 06/01/2010 (texte complet en annexe) :

« Je ne vois pas de quel droit j’aurais caché le taux de mortalité au Mexique ou le fait qu’aux États-Unis des femmes enceintes mouraient », souligne Hélène Cardin, journaliste sur France Inter, dans une interview à l’AFP.

Commentaires : Les médias dominants ont abondamment cité les chiffres du gouvernement mexicain alors qu’ils savaient qu’ils étaient faux. Dire « qu’aux États-Unis des femmes enceintes mouraient » relève de la démagogie car, avec ou sans grippe, des femmes enceintes meurent aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

« Nos autorités sanitaires et politiques ont décrété une sorte d’état d’urgence médiatique autour de cette question. Dès lors, on est obligés de s’y conformer », renchérit le directeur de la rédaction d’Europe 1, Laurent Guimier.

Commentaires : Ce journaliste avoue que les médias dominants sont aux ordres des autorités sanitaires et politiques. Dont acte.

Comme son confrère Michel Cymes, Alain Ducardonnet médecin consultant pour les JT de TF1, s’est déclaré « intégralement favorable à la vaccination ».

Commentaires : Les médias dominants donnent la parole aux experts qu’ils élisent pour leurs qualités d’agent de propagande.

Les médias dominants ne donnent pas la parole aux voix discordantes qui participeraient à la soi-disante théorie du complot. Cette rhétorique de la novlangue signifie en clair que toute critique est par avance discréditée.

La palme des médias aux ordres revient au quotidien qui pratique la langue des jésuites [2]. Le doute A(H1N1), Le Monde du 13/01/2010 (texte complet en annexe) :

Évitons d’abord les faux procès : nul ne peut sérieusement reprocher au gouvernement d’avoir vu trop grand pour éradiquer la pandémie annoncée due au virus de la grippe A(H1N1). Quand il a commandé, en juillet 2009, 94 millions de doses de vaccin, l’Organisation mondiale de la santé venait de décréter une alerte mondiale et des épidémiologistes prévoyaient 30 000 morts en France, cinq fois plus que pour la grippe saisonnière. Les Cassandre se sont trompées, mais le gouvernement – qui avait tiré les leçons de l’imprévoyance des pouvoirs publics lors de la canicule de 2003 – a eu raison d’appliquer le principe de précaution. Même à l’extrême.

Commentaires : En résumé, Le Monde juge que le gouvernement n’est pas coupable parce qu’il a cru naïvement les prédictions de certains épidémiologistes. Rappelons que d’autres, moins médiatisés, disaient le contraire [3]. Pire, Le Monde prétend que le « principe de précaution » devrait s’appliquer «même à l’extrême».

Il est toujours plaisant de relire des commentaires journalistiques, démentis par les faits. Revue de presse Grippe et épidémie, NouvelObs du 30/11/2009 :

(…) Aussi ne doit-on pas s’étonner que plus l’épidémie se propage, plus les centres de vaccination se remplissent. Chacun est désormais concerné dans son propre environnement et on peut noter que ceux qui dénonçaient la gesticulation médiatique, voire l’instrumentalisation du phénomène, se sont tus ! Les Français exigent maintenant une meilleure mobilisation des pouvoirs publics et craignent d’être sevrés d’un vaccin qui, il y a peu, ne les convainquait pas. Il faut à cet égard s’élever contre la désinformation qui contamine la Toile, et dire que les bénéfices du vaccin l’emportent sur les inconvénients. Dire et redire que les effets néfastes d’une pandémie seront toujours supérieurs aux effets indésirables après vaccination. Le risque n’est pas du côté de la vaccination, de la médecine. Il est du côté de l’inertie de la société et de l’indifférence. Nous n’en sommes heureusement pas là.
Jacques Béal, Le Courrier Picard.

Les médias dominants se croient encore les maîtres de l’opinion publique alors qu’ils ont perdu toute crédibilité. Ainsi, malgré une campagne médiatique sans précédent, le nombre de vaccinations contre le virus de la grippe A(H1N1) fut comparable à celui de la grippe saisonnière.

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Annexes :
Grippe H1N1: les journalistes se défaussent, les autorités trinquent, AFP-Google Actualités du 06/01/2010.

Journalistes et spécialistes des questions de santé de radios et de grandes chaînes de télé se défendent d’avoir cédé à l’emballement dans le traitement médiatique de la pandémie de grippe H1N1, pointant la stratégie de communication du ministère de la Santé.

« Nous avons participé, pas plus, mais pas moins que les autres à la trouille ambiante », juge aujourd’hui Hélène Cardin, journaliste sur France Inter. « Je ne vois pas de quel droit j’aurais caché le taux de mortalité au Mexique ou le fait qu’aux États-Unis des femmes enceintes mouraient », souligne-t-elle dans une interview à l’AFP.

Depuis mai, la couverture médiatique de la pandémie en France a été souvent critiquée parce que jugée démesurée.

« Nos autorités sanitaires et politiques ont décrété une sorte d’état d’urgence médiatique autour de cette question. Dès lors, on est obligés de s’y conformer », renchérit le directeur de la rédaction d’Europe 1, Laurent Guimier dont l’obsession était « de ne pas participer à un emballement ». Pour preuve, la station n’a pas bousculé ses programmes ni consacré une journée spéciale à la pandémie.

Difficile toutefois de prendre du recul. « A partir du moment où vous avez un point de presse tous les jours, non seulement du ministère de la Santé mais du ministère de l’Intérieur avec Brice Hortefeux parlant de vaccination, comment aller dire à votre direction: «non je n’y vais pas» ? », convient Hélène Cardin qui parle « d’échec complet de la communication du ministère ».

Pour le sociologue Michel Setbon, directeur de recherche au CNRS, la communication gouvernementale ne s’est pas emballée tout de suite. La difficulté pour les autorités était de choisir une option de départ: la pandémie va-t-elle tuer beaucoup de gens ou ne sera-t-elle qu’une grippette ?

« Le plus gros problème est de n’avoir pas été en mesure de réviser la stratégie de communication au fur et à mesure des données qui tombaient », note-t-il jugeant qu’il allait « falloir en tirer certaines leçons ».

Une analyse partagée par Michel Cymes, qui présente présente chaque jour « Le magazine de la santé » avec Marina Carrère d’Encausse sur France 5.

« Au début, le traitement médiatique était très clair, factuel, informatif, on vulgarisait très bien. Tout s’est emballé quand le vaccin est arrivé et qu’on a commencé à se polariser sur des effets secondaires potentiels ou des annonces spectaculaires », explique-t-il.

Comme son confrère Michel Cymes, Alain Ducardonnet médecin consultant pour les JT de TF1, s’est déclaré « intégralement favorable à la vaccination ». Il considère avoir rempli un rôle pédagogique, tout en restant nuancé.

Refaisant l’historique de la pandémie, Alain Ducardonnet compare la stratégie gouvernementale de communication à un plan militaire en temps de guerre. « Le problème est que la quasi totalité des différentes phases du plan a été appliquée alors que l’épidémie n’était globalement pas au rendez-vous », explique-t-il.

Pour lui, « la révision stratégique a été un peu tardive », d’où « la distorsion de communication avec les médecins généralistes » écartés de la vaccination dans leurs cabinets. « Du coup », soutient-il, « il y a eu une véritable scission entre, d’un côté, l’État avec toutes ses armes et, de l’autre, des troupes qui ne voyaient pas la légitimité de ce que racontait l’État ».

Le doute A(H1N1), Le Monde du 13/01/2010.

Évitons d’abord les faux procès : nul ne peut sérieusement reprocher au gouvernement d’avoir vu trop grand pour éradiquer la pandémie annoncée due au virus de la grippe A(H1N1). Quand il a commandé, en juillet 2009, 94 millions de doses de vaccin, l’Organisation mondiale de la santé venait de décréter une alerte mondiale et des épidémiologistes prévoyaient 30 000 morts en France, cinq fois plus que pour la grippe saisonnière. Les Cassandre se sont trompées, mais le gouvernement – qui avait tiré les leçons de l’imprévoyance des pouvoirs publics lors de la canicule de 2003 – a eu raison d’appliquer le principe de précaution. Même à l’extrême.

Pour autant, l’échec de la campagne de vaccination est avéré : début janvier, un peu plus de 5 millions de personnes ont été vaccinées, soit un nombre similaire à celui qu’on enregistre chaque année pour la grippe saisonnière. La France doit revendre, dans des conditions qui restent à éclaircir, des millions de doses de vaccins achetées aux laboratoires. Cet échec est dû à la mauvaise organisation de la vaccination, pour la première fois offerte gratuitement à la population sans être obligatoire, et à une communication inadaptée.

La France s’est distinguée de ses voisins européens, qui n’ont pas pour autant obtenu de meilleurs résultats, en centralisant à l’excès la vaccination. Ce système « à la soviétique » aura été d’autant plus inadéquat qu’on savait, dès le départ, que le millier de centres de vaccination ne serait pas suffisant pour vacciner les trois quarts de la population si d’aventure ce scénario s’était présenté.

Tout a contribué à ne pas mettre en confiance la population. Non seulement les pouvoirs publics ont longtemps écarté du dispositif les médecins libéraux – même s’il y avait un vrai problème de rémunération -, mais ils n’ont pas fait appel au réseau des médecins du travail dans les entreprises ni aux infirmier(e)s. A l’évidence, la réintégration des médecins aujourd’hui arrive trop tard.

Devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, le 12 janvier, Roselyne Bachelot s’est montrée inutilement agressive. Forte du soutien de Nicolas Sarkozy, la ministre de la santé a dénoncé l’attitude désinvolte et arrogante de l’opposition. Elle ferait mieux de s’interroger sur les ratés d’une communication qui n’a pas su convaincre. Depuis l’affaire du sang contaminé, dans les années 1980, l’opinion craint qu’on lui cache la vérité et se méfie des politiques de santé publique. C’est ce doute sur la parole politique qu’il faut s’employer à lever.

Lire aussi :
• Revue de presse Grippe A/H1N1 2010, Monde en Question.
• Revue de presse Grippe A/H1N1 2009, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.


[1] Deux exemples :
• Antoine Flahault : «La mortalité directe du H1N1 serait cent fois celle de la grippe saisonnière», Le Monde du 26/08/2009.
• Antoine Flahault : «Des millions de Français pourraient avoir été infectés par la grippe A sans le savoir», Le Monde du 29/12/2009.
[2] Subst. masc. et adj., péj. (Celui) qui est dissimulé, hypocrite, voire retors [CNRTL].
Curieusement, la Compagnie de Jésus fut fondée par Jean Colombini et le président du directoire de la SA Le Monde et directeur du journal Le Monde est Jean-Marie Colombani.
[3] Debré : « Cette grippe n’est pas dangereuse », leJDD du 25/07/2009.

Bernard Debré, professeur de médecine, député UMP de Paris et membre du comité national d’éthique, prend le contre-pied des déclarations du Premier ministre vendredi. Alors que François Fillon se faisait alarmiste sur la pandémie « inévitable » de la grippe A-H1N1, Bernard Debré estime que l’on en fait trop.
A partir du moment où l’OMS a, de façon un peu rapide, commencé à gesticuler, avec des communiqués quotidiens et des conférences de presse à répétition, les gouvernements n’avaient pas vraiment d’autre choix que de suivre. Je leur reproche d’avoir ensuite succombé à une surmédiatisation politique de cet événement.

Version policière des «sabotages SNCF» (3)


Coupat, l’ultragauche et la politisation du renseignement
Comment la menace terroriste a été créée de toutes pièces pour répondre aux impératifs politiques d’Alliot-Marie et des ex-RG.
Lire la suite… Rue89

Mouvance autonome libertaire ?
Au début de cette affaire, la presse (y compris de gauche) parlait d’une inquiétante résurgence du terrorisme (l’ultra gauche « déraille  » disait Libération). Six mois plus tard, la même presse (y compris de droite) commence à se demander s’il n’y a pas eu « emballement » judiciaire et médiatique. Comment est-on passé d’un dossier « en béton » de la police qui surveillait déjà les suspects (y compris la nuit du sabotage) à l’idée, suggérée ici ou là, que Michèle Alliot-Marie tenterait d’agiter le spectre du terrorisme « anarcho-autonome » pour raviver des réflexes sécuritaires.
Lire la suite… Huyghe

« L’insurrection qui vient »
Julien Coupat est ce « dangereux terroriste » de « l’ultra-gauche » soupçpnné par les services de MAM des attentats contre les lignes électriques du TGV, maintenu en prison préventive faute de preuves, dans l’espoir d’en trouver, et dont les « complices » arrêtés à Tarnac ont tous dûs être libérés, faute de preuve sans espoir d’en trouver.
Lire la suite… Le blog à Jef

D’Hammet à Coupat, un même front du refus
Non. Simplement : dire non. Face aux pressions policières et judiciaires : répéter non. Refuser de répondre et de se prêter au rituel déjà écrit de l’interrogatoire politique. Que ce soit dans l’Amérique anti-communiste de McCarthy ou dans la France d’Alliot-Marie – vent debout contre le prétendu danger « anarcho-autonome » – se dessine ainsi un même front du refus.
Lire la suite… Article11

Grippe A/H1N1 et théories du complot


Comme simple citoyen, j’ai tenté de savoir s’il y avait oui ou non un réel risque de pandémie du virus A/H1N1.

1) Le discours scientifique à propos de la grippe à virus A(H1N1) reste contradictoire entre les pessimistes, qui prédisent que «deux milliards de personnes pourraient être infectées», et les optimistes, qui relativisent les chiffres de cette épidémie en les comparant à ceux d’une grippe saisonnière [1].

2) Le discours médiatique à propos de la grippe à virus A(H1N1), comparable à celui de la grippe aviaire (virus H5N1), a recours au même scénario catastrophe (moins aujourd’hui que durant les deux premières semaines) : «Le vocabulaire employé pour les titres utilise le registre dramatique du danger, du morbide et de la guerre» [2].

3) Le discours politique à propos de la grippe à virus A(H1N1) est variable d’un pays à l’autre. Beaucoup de gouvernements tiennent des propos qui se veulent rassurants sans toujours convaincre. D’autres, comme la Chine, l’Egypte ou le Mexique, sont plus alarmistes pour justifier des mesures sanitaires (Chine), des politiques de discrimination (Egypte) ou de restriction des libertés (Mexique) [3].

Dans ce climat de peur, rapidement propagée à l’échelle mondiale et alimentée par les contradictions du discours scientifique, les manipulations politiques et la surenchère médiatique, il a circulé beaucoup de rumeurs sur l’origine du virus A(H1N1). Alain Joannes les a classé en trois catégories qui n’en font qu’une « la théorie du complot » [4]. L’auteur néglige la théorie religieuse du complot, qui attribue à la volonté de Dieu tous les malheurs du monde.

La quête d’une explication unique de tous les dysfonctionnements économiques, politiques ou sociaux est aussi vieille que l’humanité. Le récit biblique, matrice de la philosophie occidentale, prétend que les catastrophes naturelles, qui ont frappé l’Egypte à une certaine époque, furent les châtiments infligés par Yahvé pour punir le peuple égyptien adepte d’autres croyances !

Les médias dominants, qui créent un climat de peur face au risque de pandémie du virus A/H1N1, sont aussi très habiles pour détourner les critiques du discours politique et surtout les critiques du discours médiatique en les assimilant aux « théories du complot » [5] alors que les médias recourent aux mêmes théories :

Le quotidien Corriere della Sera analyse de manière idéologique la grippe porcine : « Hier, un observateur officiel a déclaré en plaisantant à peine que les pays arabes ne seraient pas touchés par la grippe porcine car les musulmans ne mangent pas de porc. … Nous pouvons être certains que dans certaines régions de la planète – dans un climat de choc des civilisations – une thèse semblable pourrait fonctionner : Dieu, ou la nature, punit l’homme qui se nourrit de viande issue d’animaux impurs. Un apocalypse alimentaire réussira là où le terrorisme international a échoué jusque là. Une tranche de salami causera la perte de l’Occident. D’un autre côté, … on pourra interpréter l’épidémie de grippe porcine comme un complot anti-occidental. … Cette lecture idéologique de la grippe porcine, même complètement aberrante, pourrait prévaloir au niveau symbolique. … Cela pourrait effectivement être une sanction appropriée aux pays riches, victimes de leur propre avidité. Pour ceux qui croient au choc des civilisations, un complot des ‘ennemis’ visant à empoisonner un aliment symbolique de notre société serait tout à fait possible. »
euro|topics

Serge LEFORT
12/05/2009


[1] Serge LEFORT, La grippe saisonnière tue !, Monde en Question.
[2] Gaëlle BOHÉ, Le traitement de la grippe aviaire dans la presse nationale, Observatoire français des médias.
[3] Serge LEFORT, ¡Ya basta! du A(H1N1), Monde en Question.
[4] Alain JOANNES, La dynamique de désinformation sur les risques de pandémie, Journalistiques.
[5] Sélection d’articles :
• 28/04/09, Audrey Garric, Grippe porcine : panique et conspiration vont bon train sur Internet, Le Monde et repris par Slate et Adminet.
• 29/04/09, La théorie du complot, plus rapide que la grippe porcine, Conspiracy Watch.
• 29/04/09, Grippe : la théorie du complot sur la pandémie envahit la toile, Le Monde Dissident.
• 01/05/09, Grippe A : Et revoilà les théories du complot, 20minutes.fr.
• 07/05/09, GRIPPE A – Rassurez-vous, c’est un complot !, lepetitjournal.
• 08/05/09, Nicolás Alvarado, ¡Es un complot!, El Universal.