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Archives de Tag: Sexualité

Homme à barbe et femme à poils


Bibliographie société

vs

 

Entre discrimination islamophobe et injonction sociale, deux histoires de pilosité dérangeante, avec une barbe et des poils d’aisselles.

On parle souvent des cheveux longs, courts, crépus, lissés, cachés, voilés, dressés en crête ou de couleur, parce qu’ils sont affaire de morale autant que de politique ou de religion.
Pour autant, les poils sont-ils des cheveux comme les autres ?

A Strasbourg, pendant une représentation de Werther de Massenet, les aisselles de Bérénice, actrice et figurante ponctuelle, ont occupé les équipes de l’Opéra dérangés par ses poils jugés inconvenants.
Toutes les filles de l’atelier maquillage cherchaient comment faire pour planquer mes poils d’aisselles.

Pour la première fois de sa vie, la barbe d’Amine lui posé problème dans le cadre professionnel : à Bordeaux, on a refusé de l’embaucher comme vendeur dans une galerie marchande, sous prétexte qu’il pourrait faire peur aux clients et inquiéter les agents de sécurité de la grand distribution.

Il y a aussi les poils pubiens dans l’Antiquité égyptienne, rasés pour des raisons d’hygiène, mais que les nobles reproduisent grâce à un postiche, afin de se « distinguer »  du reste de la population. Il y a encore la barbe des Russes que Pierre le Grand souhaitait faire couper à la mode occidentale. Il y a, enfin, plus près de nous, les poils des jambes de la top model Arvida Byström et qui divisent les partisans et les opposants. Ou comment prendre les conventions à rebrousse-poil…

France Culture

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Serge LEFORT, Le poil s’affiche en Chine, Chine.
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Filmographie Aisselles non épilées, Ciné Monde.
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Histoire ludique et détaillée du clitoris


 

L’histoire ludique et détaillée du clitoris est une conférence gesticulée qui met en scène une histoire du clitoris à travers les âges, délivrée sous la forme d’une épopée érotique et loufoque. Elle est mise en récit sur un mode décalé, truculent, et émaillée d’images, de saynètes, de croquis d’anatomie, de poèmes et de chansons qui lui sont dévolus. Le projet s’appuie sur un dispositif imagier et sonore qui met en scène les tribulations de son héros anatomique, dont le récit est parfois entrecoupé de témoignages ou d’un jeu de questions réponses avec le public. Deux femmes s’y transforment en enquêtrices lancées sur les traces de ce mystérieux organe, elles-mêmes bouleversées par l’épopée qu’elles relatent. Une ode au plaisir, à son histoire, à sa connaissance.
Radio Panik

À défaut d’apprendre quelque chose sur le clitoris, cette conférence confirme les mensonges des féministes sur l’éternel occultation du sexe féminin. Ce qui fut vrai au XIXe siècle ne l’est pas à d’autres époques.

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La musique qui se vend… à coups de poitrine et de fesses


Dans les années 50, 3% des chansons des palmarès parlaient de sexe. Dans les années 70, le chiffre grimpe à 40% et, en 2009, c’est 92% des tubes qui se vendent à coups de poitrine et de fesses.

Voir : Sex & Music (4 épisodes), Documentaire Arte, 2014 [Zone Telechargement].
Cette série décrypte l’influence et les incidences des grands courants de musique sur notre sexualité et l’influence de notre sexualité sur la musique.

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Don Jon, un obsessionnel compulsif


Même les féministes ont succombé à la mode du porno. La critique de cette industrie, qui envahit notre vie quotidienne, nécessite une analyse selon les critères de l’économie politique faute de quoi on sombre dans les ornières d’une morale bien pensante que nous assène laborieusement cette porno-comédie, réalisée selon les normes hollywoodiennes pour séduire le plus grand nombre.

Les deux tiers du film sont résumés dans l’affiche et dans la bande annonce. Jon, comme tous les obsessionnels compulsifs, a une vie très réglée. Il répète inlassablement les mêmes gestes ritualisés. Cinématographiquement, cela devient vite lassant car les images et le son sont montés comme un clip vidéo qui dure non quelques minutes, mais une bonne heure.

Sa courte liaison avec Barbara donne à peine le change car, alors qu’elle dort, il court vers son ordinateur… Leur rupture survient non parce que, en fouillant l’historique de son navigateur, elle s’est rendu-compte qu’il matait du porno, mais parce qu’elle lui demande tout en échange du sexe… quand elle veut, où elle veut et comme elle veut.

Le dernier tiers du film est un revirement complet puisque Jon se convertit brusquement au regard d’Esther qui lui enseigne que «le porno n’est qu’une simulation et que, pour atteindre la jouissance dans la vraie vie, il faut savoir se perdre dans l’autre et réciproquement».

En bref, ce film n’apporte rien de nouveau sinon la réaffirmation de la morale que Julianne Moore (Esther) a souvent interprétée : celle de la femme WASP dans Short Cuts (1993), Safe (1995), Far from Heaven (2002) ou celle de Sarah Palin dans Game Change (2011).

Films analogues

Sur le fond comme dans la forme Don Jon s’apparente à Borderline (2008, Lyne CHARLEBOIS) qui, sous prétexte de traiter un trouble de la personnalité, réalise un porno chic se terminant par une romance pâtissière.

Le meilleur film qui traite de la névrose obsessionnelle reste The Aviator (2004, Martin SCORSESE), biographie romancée de Howard Hugues remarquablement interprété par Leonardo DiCaprio.

Shame (2011, Steve McQUEEN) est le meilleur film qui traite, d’une manière beaucoup plus subtile et plus convaincante, de l’addiction au porno. Étrangère au discours moralisateur, la mise en scène laisse au spectateur la liberté de penser ce qu’il veut.

Quant à Monique (2002, Valérie GUIGNABODET), c’est une petite comédie jubilatoire sur l’intrusion d’une poupée en silicone – un corps de rêve, toujours disponible, jamais de migraines, jamais de larmes, jamais de scènes – dans la vie d’un couple en perte de désir.

23/12/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Don Jon, 2013, Joseph GORDON-LEVITT
Critiques EN :

Critiques FR :

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Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
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SM Rechter


Le film d’Erik Lamens ne semble pas être sorti en France, mais il est disponible en streaming sur YouTube et en téléchargement en VOSTFR (Ciné Monde). Il défend la thèse qu’un juge a le droit à la sexualité qu’il désire car cela relève de sa vie privée.

Or cette thèse s’écroule rapidement car, comme le juge ne peut donner lui-même les sévices que réclament sa femme, il a recourt aux services d’un club pour sadomasochistes. Non seulement, ils pratiquent leurs relations dans la sphère publique, mais il accepte de l’argent en échange de la prestation de sa femme. Il n’est donc pas étonnant qu’ils soit condamné pour incitation à la prostitution.

Ce film est inspiré d’un fait divers qui s’est déroulé à Malines en 1998. Ce qui n’en fait pas un bon film pour autant. Bien au contraire, il s’agit d’un téléfilm assez poussif et mal interprété, qui vire au mélo familial hollywoodien. On a beaucoup de peine à croire qu’un juge, spécialisé dans les affaires de prostitution, soit assez naïf pour s’embarquer dans cette histoire et fréquenter les clubs sado-maso de toute la Belgique.

14/10/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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• Dossier, Webzine Cinergie n°137.
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Augustine, une fiction féministe


Dès la première image, ce film nous plonge dans la sombre vision d’une fiction féministe et donc réductrice d’une page importante de l’histoire de la neurologie moderne. L’intrigue du film se résume à la propagande habituelle : « nous savons toutes et on nous le rappelle sans cesse, qu’il nous suffit de ne pas être des saintes pour que tout mâle normalement constitué ait une irrépressible envie de nous fourrer son pénis dans notre vagin sans nous demander notre avis » (Coupable, forcément coupable).

Le film est construit comme un acte d’accusation. Faute de preuves, la réalisatrice se contente d’affirmer que Charcot est coupable parce qu’il est un homme et riche. Le même procédé servit pour condamner a priori Dominique Strauss-Kahn. Ce film ne mérite pas une ligne de plus, mais il m’a incité à étudier l’histoire de la Pitié-Salpêtrière, de Jean-Martin Charcot et de l’hystérie.

La Pitié-Salpêtrière

La Salpêtrière fut créée par édit royal, en avril 1656, « pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et Fauxbourgs de Paris ». En France comme en Europe, la société voulait éloigner du centre ville et enfermer les classes dangereuses.

En 1684, Louis XIV ajouta à l’hospice, une prison, la « maison de force », pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande de leurs maris ou de leurs parents.
Au XIXème siècle, l’hôpital se spécialise en ne conservant que les folles et les vieillardes.
Entre 1807 et 1818, la situation des folles s’améliore. Elles sont, enfin, détachées de leurs chaînes, les moins atteintes sont séparées des incurables. Mais la distraction favorite, le dimanche en famille, de la population de l’époque reste la visite des folles derrière leurs grilles. Le spectacle est payant !
Histoire de la Pitié-Salpêtrière

Sélection bibliographique :

• Pitié-Salpêtrière – 400 ans d’Histoire , YouTube, 17 mn.
• La Pitié-Salpêtrière – quatre siècles d’histoire, Gallica.
• Histoire de la Pitié-Salpêtrière, CHU Pitié-Salpêtrière.
• Paul-André BELLIER, Du village des salpêtriers au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière [1991], Revue d’histoire de la pharmacie nº295, 1992.
• Jean-Pierre CARREZ, La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes, Criminocorpus, 2008.
• Louis BOUCHER, La Salpêtrière – Son histoire de 1656 à 1790, ses origines et son fonctionnement au XVIIIe siècle, Progrès Médical, 1883, 137 pages.

Jean-Martin Charcot

Jean-Martin Charcot, dont l’œuvre importante est oubliée, participa à la médicalisation et donc à la dépénalisation des troubles catalogués comme hystériques. La lecture des Leçons du mardi à la Salpêtrière montre qu’il a étudié non seulement l’hystérie féminine, mais aussi l’hystérie masculine ou chez l’enfant.

Les photographies montrent un homme élégant au regard droit et non cet homme crasseux au regard concupiscent caricaturé par la réalisatrice pour les besoins de sa fiction. Et Vincent Lindon, tenu de faire la promotion du film, répète bêtement sur les plateaux de radio ou de télévision le catéchisme d’une réplique du film : « Le Pr Charcot traitait les femmes qu’il étudiait comme du bétail ».

Charcot est passé à côté du traitement des troubles qu’il a si bien observés et décrits. Un de ses élèves, Sigmund Freud, se consacrera à cette tâche en créant la psychanalyse, une méthode en rupture avec la psychiatrie.

Sélection bibliographique :

• Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), Medarus.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1887-1888 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 652 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1888-1889 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 580 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, L’hystérie, L’Harmattan, 1998, 214 pages.
Textes choisis du neurologue de La Salpêtrière (1825-1893), sur le thème de l’hystérie féminine, l’hystérie masculine, et l’hystérie chez l’enfant.
Le plus illustre neurologue de son temps accorde à l’homme le droit au traumatisme, au rêve, au désir, à l’expression corporelle et aux excès représentatifs et passionnels d' »Eros et de Polemos ». Il démontrait que la grande névrose n’était pas l’apanage du beau sexe, mais un nouveau continent ouvert à l’exploration dans la traversée de ses apparences.
• Jean-Martin CHARCOT, Œuvres complètes, Progrès Médical, 1892 [Internet Archive].
• Rae Beth GORDON, De Charcot à Charlot – La mise en scène du corps pathologique, Presses Universitaires Rennes, 2013.
• Georges GUILLAIN,
J. M. Charcot (1825-1893) – Sa vie, son œuvre, Masson, 1955, 188 pages [Revue d’histoire des sciences et de leurs applications].

L’hystérie

Les troubles que les médecins ont longtemps catalogués comme hystériques sont, selon la nosologie psychiatrique moderne, renommés troubles dissociatifs, fonctionnels ou de conversion. Les psychanalystes eux, piégés par le respect de la parole de leur maître, s’interdisent de remettre en cause la vulgate. Ils participent ainsi à la croyance que seules les femmes seraient hystériques et que ces troubles seraient d’ordre exclusivement sexuel.

Pierre-Henri Castel a écrit l’histoire d’un débat qui, s’il a agité le monde médical entre 1870 et 1914, reste d’actualité. La lecture des documents qu’il présente favorise la compréhension de la complexité du débat d’idées que les petits maîtres à penser contemporains enferment dans des slogans réducteurs et dogmatiques.

Sélection bibliographique :

• Selma AYBEK et al., L’hystérie : une entité historique, un trouble psychiatrique ou une maladie neurologique ?, Revue médicale suisse nº18, 2008.
• Pierre-Henri CASTEL, La querelle de l’hystérie – La formation du discours psychopathologique en France (1881-1913), PUF, 1998, 349 pages [Chronologie et bibliographie 1870-1892Chronologie et bibliographie 1893-1914].
Lorsqu’on évoque aujourd’hui Charcot à la Salpêtrière, ou ses belles hystériques en crise, l’ombre de Freud se profile aussitôt, et la psychanalyse paraît balayer ce qui n’aurait été qu’une formidable méprise. De ce que fut la querelle de l’hystérie et des débats féroces que suscitèrent, indépendamment de Freud, les essais pour en comprendre les symptômes, nous ne savons plus rien. Babinski, Bernheim ou Delboeuf font sourire, comme des trouvailles érudites pour historiens de la médecine, et leur incroyable ingéniosité n’arrête plus personne. Mais que se passe-t-il, si l’on prend au sérieux leurs observations et leurs arguments ? On s’aperçoit que l’idée banale selon laquelle Freud aurait été le seul à avoir aperçu l’énigme sur laquelle Charcot avait buté tombe d’elle-même. En lieu et place de cette Vulgate, surgit, comme le montre Pierre-Henri Castel, une multiplicité d’options épistémologiques, dont la psychanalyse a bifurqué, et qui ont chacune leur histoire : la séméiologie neurologique, la médecine psychosomatique, la théorie du psychisme morbide. Mais on s’aperçoit aussi que cette dispute médico-philosophique « fin de siècle », apparemment obscure, a été un véritable séisme, dont les ondes concentriques se font encore sentir et ont bouleversé les représentations les mieux établies du positivisme, du romantisme et de l’individualisme libéral.
• Georges DIDI-HUBERMANN, Invention de l’hystérie, Macula, 1982 réédition 2012, 456 pages.
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l’hystérie. À travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l’hypnose et les « présentations » de malades en crise (les célèbres « leçons du mardi »), on découvre l’espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique. On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd’hui rarissimes, de l’Iconographie photographique de la Salpêtrière.
• Liliane FAINSILBER, Éloge de l’hystérie masculine – Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse, L’Harmattan, 1996 réédition 2005, 200 pages [Amazon].
• Sigmund FREUD, Joseph BREUER, Études sur l’hystérie (1895), PUF, 1956 réédition 2002, 254 pages [Critiques libres].
• Gisèle HARRUS-RÉVIDI, Qu’est-ce que l’hystérie ?, Payot, 2010, 192 pages.
• André MICHELS (sous la direction de), Actualité de l’hystérie, ERES, 2001, 416 pages.
Les textes qui composent ce volume présentent, chacun à leur manière, les rapports variés et multiples entre hystérie et modernité mettant à l’épreuve les opérateurs cliniques et théoriques dont nous disposons. C’est le fondement même du discours freudien et sa transmission qui se trouvent ainsi interrogés.
• Stéphane RICHARD-DEVANTOY, Lecture contemporaine de l’hystérie, Mémoire D.E.S. Psychiatrie, 2005, 57 pages.

19/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Alice WINOCOUR, Augustine, 2012, Dossier de presse.

Critiques :
Café pédagogique
Critikat
Le Figaro
Le Monde
Les Inrocks
Libération
Rue89
Télérama
Zéro de conduite

Lire aussi :
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Dossier documentaire Féminismes-Masculismes, Monde en Question.

Borderline


L’image du groupe féministe Femen illustre bien ce film canadien qui, sous prétexte de traiter un trouble de la personnalité, réalise un porno chic à la manière de Catherine Breillat. Le choix de Jean-Hugues Anglade (Nuit d’été en ville) est équivalent à celui de Rocco Siffredi dans Anatomie de l’enfer.

Le visage angélique d’Isabelle Blais et ses mimiques enfantines contrastent avec ses débordements provocateurs… à caractère uniquement sexuel. Ce choix très commercial masque du coup la souffrance et la dépression suicidaire qui mine une personnalité état-limite ou borderline.

Le choix d’une mise en scène clinquante dans le style des vidéoclips crée une distance entre le visuel et les déchirements internes du personnage. Le spectateur, pris par de belles images, reste indifférent au drame sous-jacent. De même, l’abus des flashbacks lasse car ils sont trop répétitifs et n’expliquent rien.

Enfin, le choix d’un « happy end » hollywoodien – romance avec un pâtissier-poète – ruine définitivement le sujet du film. La noirceur du conflit interne qui provoque une souffrance indicible, pas suffisamment montrée, vire à une ridicule amourette fleur bleue.

La féministe Évelyne Ledoux-Beaugrand écrit :

Pour justifier son choix de délaisser l’explicite postpornographique au profit d’un érotisme « de bon goût », Lyne Charlebois évoque des considérations d’ordre esthétique et affirme avoir voulu faire de Borderline un film poétique, « lumineux », loin du « film glauque » auquel l’univers narratif de Labrèche peut sembler d’emblée se prêter.
Qu’elle relève d’une préférence esthétique ou qu’elle cherche à esquiver les effets d’une sanction juridique qui balise et assigne des espaces aux représentations visuelles de la sexualité, il reste que l’épuration à laquelle procède le film Borderline conditionne la signification du sexuel, privant celui-ci de son pouvoir qui repose, dans les récits de Marie-Sissi Labrèche, sur l’excessif et le vulgaire. On peut penser que l’évitement de la censure aurait pu néanmoins donner lieu à une forme moins léchée et préserver quelque chose du vulgaire et du grotesque qui travaillent l’écriture de Labrèche.

Le plus dérangeant dans cette esthétisation est qu’elle occulte surtout le vrai sujet du film.

06/01/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Lyne Charlebois, Borderline, 2008, Topanalyse DVD FR.
• Évelyne Ledoux-Beaugrand, Le sexe rédimé par l’amour – Regard sur l’adaptation cinématographique de Borderline de Marie-Sissi Labrèche, Globe : revue internationale d’études québécoises, 2009.
• Jean BERGERET, La dépression et les états limites, Payot, 1975 réédition 1992.
• Jean BERGERET, Wilfrid REID (sous la direction de), Narcissisme et états-limites, Presses de l’Université de Montréal, 1986 – Dunod 1993.

Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.

Il n’y a pas de rapport sexuel


Un portrait de HPG, acteur, réalisateur et producteur de films pornographiques, entièrement conçu à partir des milliers d’heures de making-of enregistrées lors de ses tournages. Plus qu’une simple archive sur les coulisses du X, ce film documentaire s’interroge sur la pornographie et la passion pour le réel qui la caractérise.

Raphaël SIBONI, Il n’y a pas de rapport sexuel, 2011 [CapricciDossier presseAlloCinéChronicartCritikatExcessifLe MondeLes InrocksRue69SlateTélérama]

Lire aussi :
• Jacques LACAN, L’étourdit, Ecole lacanienne de psychanalyse, 1972 [Télécharger].
• Choula EMERICH, Il n’y a pas de rapport sexuel, Association lacanienne internationale, 1997.
• Christian FIERENS, Lecture de l’étourdit – Lacan 1972, L’Harmattan, 2002 [Amazon].
• Alain BADIOU, Barbara CASSIN, Il n’y a pas de rapport sexuel – Deux leçons sur « L’étourdit » de Lacan, Fayard, 2010 [France Culture].
Dossier documentaire Érotisme & Pornographie, Monde en Question.
Dossier documentaire Prostitution, Monde en Question.
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Signes, sexe and linguistique


La pensée du discours propose sa nouvelle série de saison : « Signes, sexe and linguistique ». Elle est consacrée à la manière dont la linguistique parle (ou pas) du sexe, de la sexualité, de l’érotisme et de la pornographie. C’est apparemment un thème un peu caliente, et qui se marie bien avec les gainsbouriennes promesses de mer-plaisir-soleil que font miroiter les « grandes vacances », mais, amateurs de lectures faciles qui pensiez lire les billets sur votre Ipad à la plage entre crème solaire et glacée, vous serez déçus : c’est un sujet très, comment dire, technique… Il y aura donc surtout de la lexicologie, de la lexicographie, de l’analyse du discours, de la pragmatique, un peu de TAL, de la rhétorique, de la philosophie, de l’éthique.

Lire : Marie-Anne PAVEAU, Signes, sexe and linguistique, La pensée du discours.

Lire aussi :
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Revue de presse Culture 04/08/2011


04/08/2011, L’amour, avec Elsa Lepoivre (suite), Ça peut pas faire de mal

03/08/2011, Une histoire de marâtres, de belles-mères et de beaux-enfants Sur les docks

La marâtre : C’est un terme un peu désuet pour parler d’une caricature – une méchante belle-mère, une deuxième épouse qui maltraite la progéniture du premier lit.
Une figure passionnante et terrifiante qui a largement alimenté la fiction à travers les contes de fées mais aussi le théâtre classique et le roman.
La cruauté de la belle-mère paraît sans limites, allant jusqu’à signer la mort des enfants de son mari.
Néanmoins, la marâtre n’est pas une simple invention des auteurs de contes, elle peut exister et prendre forme humaine ! Nous tenterons donc de confronter le cliché aux témoignages.

03/08/2011, L’amour, avec Elsa Lepoivre, Ça peut pas faire de mal

Qu’est-ce que l’amour ? Vaste question qui a occupé nombre d’écrivains… Aujourd’hui, revenons sur quelques unes des plus belles pages littéraires ayant pour thème le sentiment amoureux, en compagnie de la comédienne Elsa Lepoivre.
A travers des extraits de romans, mais aussi des poèmes, parcourons les moments clefs d’une relation, de la rencontre à la rupture, en passant par la déclaration ou encore le mariage…

02/08/2011, Etre père et le rester : le combat des pères célibataires, Sur les docks

Dans les années 1980, des pères célibataires s’organisent en associations pour dénoncer la marginalisation dont ils se sentent victimes. Leur constat est simple : après une séparation, après un divorce, les pères sont injustement mis à l’écart par les décisions de la justice et évincés par leurs anciennes conjointes. Deux chiffres deviennent le leitmotiv de ces pères en colère. D’une part, dans neuf cas sur dix, c’est la mère qui obtient la résidence principale de l’enfant : au mieux, le père devient alors un « papa du dimanche », un week-end sur deux ; au pire, il voit son rôle quasiment cantonné au simple versement de la pension alimentaire… D’autre part, et c’est le second chiffre sur lequel s’appuient les associations de défense de la condition paternelle dans ces années 1980, la moitié des enfants qui vivent chez leur mère ne voit plus que très rarement ou plus du tout leur père… Et la mère est alors perçue comme un obstacle à la relation entre le père et l’enfant, une relation qui se distend brutalement ou petit à petit, une relation qui se décompose, s’étiole jusqu’à disparaître…

Lire aussi :
Revue de presse Culture 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mariage, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Séduction, Monde en Question.
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