Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Révolte sociale

Catastroïka


Les créateurs de Debtocracy reviennent avec une nouvelle production. Catastroïka cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, Catastroïka essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

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Lire aussi :
• Catastroika : le film militant sur les ravages des privatisations, L’Express.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Paris Manif


Les manifestations parisiennes, longtemps occasionnelles sinon exceptionnelles, connaissent une croissance exponentielle depuis le milieu des années 1970. Susceptibles d’émaner de tous les milieux et de tous les partis, syndicats ou mouvements, elles revêtent des formes toujours plus diversifiées. Cet ouvrage aborde les liens puissants tissés durant plus d’un siècle entre les rues de Paris et ces manifestations. Il traite des espaces manifestants, de la dramaturgie et de la symbolique mises en œuvre, des problèmes afférant au maintien de l’ordre ainsi que de quelques « grandes manifestations » qui ont rythmé l’histoire de la capitale.

TARTAKOWSKY Danielle (sous la direction de), Paris Manif – Les manifestations de rue à Paris de 1880 à nos jours, Presses universitaires de Rennes, 2011 [Mairie de ParisNonfictionConférences 2008].

Lire aussi :
• Danielle TARTAKOWSKY, Les manifestations de rue en France 1918-1968, Publications de la Sorbonne, 1997 [BooksGoogle].
• Danielle TARTAKOWSKY, La manif en éclats, La Dispute, 2004 [Le Mouvement Social].
• Danielle TARTAKOWSKY, Quand la rue fait l’Histoire, Pouvoirs n°116, Janvier 2006.
Après la défaite de la Commune, la rue a cessé de faire et de défaire les régimes. Les manifestations de rue, demeurées susceptibles de faire histoire au premier chef, en 1934 ou en 1968, tirent du moins leur force de cette histoire antérieure qui les a façonnées. Devenues des vecteurs et des relais d’une histoire dont elles ont capté les vertus émotionnelles ou mobilisatrices, elles s’imposent comme de puissants vecteurs de la mémoire vive, l’occasion d’une brève rencontre entre l’histoire individuelle et l’histoire collective.
• Danielle TARTAKOWSKY, Olivier FILLIEULE, La manifestation, Presses de Sciences Po, 2008 [Le Mouvement Social].
• Danielle TARTAKOWSKY, BooksGoogleCentre d’histoire sociale du XXe siècleCentre de recherches historiques de l’université Paris 8France Culture.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.

Debtocracy


Debtocracy dévoile les causes réelles de la crise de la dette grecque et propose des solutions, sur lesquelles le gouvernement et les médias dominants gardent le silence.

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Lire aussi :
• Interview du journaliste Aris Hatzistefanou, Tlaxcala.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Crise du capitalisme


Je suis convaincu que la crise actuelle du capitalisme n’est pas simplement conjoncturelle et structurelle. Il s’agit de la phase terminale. Le génie du capitalisme à s’adapter à toute circonstance est sur sa fin. Je réalise que peu de gens soutiennent cette thèse. Deux raisons, cependant, me conduisent à cette interprétation.
Lire : Leonardo BOFF, Crise du capitalisme : la dernière ?, Tlaxcala.

Les médias, les consultants, les économistes, les banques d’investissement, les présidents des banques centrales, les ministres du Trésor et les gouvernants ne font que parler de « la crise grecque ». Face à tant de chambard il convient de paraphraser ce propos de campagne de Bill Clinton en disant que c’est d’une crise du capitalisme qu’il s’agit, pas de la Grèce. Que ce pays est un des maillons les plus faibles de la chaîne impérialiste et que c’est pour cela que c’est là que les contradictions qui le rongent irrémédiablement se font le plus évidentes.
Lire : Atilio A. BORON, Ce n’est pas la Grèce qui est en crise, c’est le capitalisme !, Tlaxcala.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Grève des centres d’appel


Voilà une information que vous ne trouverez pas dans les média dominants : Journée nationale de grève des centres d’appel :

Lundi 20 juin, à l’appel des syndicats CGT, CFDT, FO, SUD et CFTC, les employés des centres d’appel sont entrés en lutte dans tout le pays pour leurs salaires et leurs conditions de travail.

La plupart des plates-formes d’appel payent leurs salariés au smic et cela « que quelqu’un ait deux mois ou cinq ans d’ancienneté », comme le dénonçaient des grévistes. La majorité sont embauchés en CDD et 80 % des employés sont payés au smic, sans évolution de carrière, avec de moins en moins de primes, tandis qu’on exige d’eux d’être de plus en plus compétitifs.

LO ne rappelle pas que la majorité des centres d’appel sont délocalisés en Irlande, au Maroc, en Tunisie ou en Inde car cette organisation, à la remorque des syndicats, est nationalo-ouvrièriste. Voir, par exemple, l’implantation de Teleperformance.

22/06/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Des travailleurs bien décidés à se faire entendre, Lutte Ouvrière.
• Centre d’appel B2S (Aix-en-Provence) : Assez d’êtres scotchés au téléphone pour trois sous !, Lutte Ouvrière.
• Centres d’appel (Troyes) : En grève sur les salaires et contre les pressions au travail, Lutte Ouvrière.
• Centres d’appel Armatis (Calais et Boulogne-sur-Mer) : Ras le bol des bas salaires !, Lutte Ouvrière.
• Armatis – Le stress au quotidien, Lutte Ouvrière.
• Appel national des centres d’appels, Blog de la CGT.
• Journée d’appels à la grève chez Teleperformance, FO Centre d’appels.
• Appel à la grève ce lundi à Armatis, La semaine dans le boulonnais.
• Centres d’appels : les salariés décrochent , Nouvelle République .
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

La grève des mineurs de 1948


Les mineurs de 1948 gagnent
7 mineurs licenciés à la suite d’une grève menée en 1948 obtiennent justice.

La cour d’appel de Versailles, dans un arrêt rendu hier, a donné raison à 17 mineurs qui avaient été licenciés en 1948 à la suite de la longue grève menée dans tous les bassins miniers de France et principalement dans le Nord et le Pas-de-Calais. Ils avaient porté plainte contre les Charbonnages de France pour discrimination. La cour a reconnu qu’ils avaient été licenciés pour fait de grève, elle a rejeté l’argument de la prescription des faits avancé par les Charbonnages, et accordé à chacune des 17 familles la somme de 30 000 euros de dommages-intérêts. C’est l’aboutissement d’une longue bataille, conduite par les mineurs et/ou leurs héritiers, avec l’appui d’un collectif d’avocats du Syndicat des avocats de France. Mais ces gueules noires n’ont toujours pas bénéficié de l’application de la loi d’amnistie d’août 1981, contrairement aux travailleurs sanctionnés dans toutes les branches professionnelles nationalisées.

L’Humanité

Victoire ! 10 mars 2011, la cour d’appel de Versailles a reconnu l’illégalité des licenciements de 17 mineurs pour fait de grève, après la grande grève de 1948. Pourtant, l’Etat a déjà fait un pourvoi en cassation, pour ne pas les indemniser. Alors victoire ? Oui, car c’est une victoire sur l’oubli et le mépris. Un hommage à ces hommes et femmes qui se sont battus.

Ils se sont battus des années, des décennies. Tout ce temps pour que soit reconnue leur lutte, eux qui en 1948 avaient participé à la grande grève de mineurs. Pour cela ils ont été punis, licenciés, expulsés parfois de leur logement. Hommage aujourd’hui à ces mineurs et femmes de, à qui l’Etat hésite encore à donner la reconnaissance qui leur est due.

Un reportage de Charlotte Perry
Là-bas si j’y suis 1/3, 2/3, 3/3

C’est l’occasion de rappeler que Jules Moch, ministre de l’Intérieur socialiste [1], mobilisa 60 000 CRS et soldats contre les 15 000 grévistes. Le bilan fut lourd : plus de 2 000 licenciements, cinq morts et de nombreux blessés.

Jules Moch dénonça à cette occasion un « complot communiste » pour « revenir au pouvoir à la faveur des grèves » après que les ministres communistes furent renvoyés du gouvernement en mai 1947 [2].

Jules Moch savait pourtant que le PCF avait donné des gages de sa soumission nationaliste au général de Gaulle :

« Quand on me dit qu’à Notre-Dame, ou dans certaines fosses de l’ancienne concession, on a payé jusqu’à 27, 28, 30% d’absences, je dis que c’est un scandale, ce n’est pas possible, cela ne peut pas continuer. On s’absente trop facilement pour un oui ou pour un non et un mineur, qui a le goût de son métier, sait très bien que tant d’absences entraînent une désorganisation complète du travail. » (p.166)
« Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilité au nom du Comité central, au nom des décisions du Congrès du Parti, je le dis franchement : il est impossible d’approuver la moindre grève, surtout lorsqu’elle éclate, comme la semaine dernière aux mines de Béthune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. » (p.168)
« Je voudrais vous faire comprendre, je voudrais que ce que nous pensons au Comité central puisse passer dans la tête, dans le cœur de chacun de vous ici, militants communistes, secrétaires des organisations, délégués mineurs, délégués les plus responsables ; chez vous d’abord, puis chez tous les mineurs communistes, chez tous les syndiqués, chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français.
Maurice THOREZ, Discours de Waziers du 21 juillet 1945, Œuvres – tome 21 (Juin 1945 – Mars 1946), Éditions sociales, 1963 p.137 à 182.
Retroussons nos manches, CNDP.

Jules Moch savait aussi que le PCF avait rempli le rôle que lui avait assigné le général de Gaulle et qu’il ne servait plus à rien alors que s’ouvrait la page de la « guerre froide » c’est-à-dire la guerre idéologique contre l’URSS, l’alliée d’hier contre l’Allemagne nazie [3].

17/06/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• 1948-2008 : 60 ans après la grande grève, les mineurs réclament toujours justice, France Info.
• La grève des mineurs de 1948, Blog de Diedrich.
• La grève des mineurs de 1948, Cahiers d’histoire socialeInstitut d’Histoire Sociale CGT.
• 4 octobre 1948 Début de la grande grève des mineurs, Parti de Gauche.
• Grèves des mineurs de 1948 – Déroulement et enjeux…, La Riposte.
• Soixante ans après la grève des mineurs de 1948, Lutte Ouvrière.
• Comment le PCF a trahi la grève des mineurs de 1948, Pouvoir ouvrier.
• Écrire l’histoire sociale : l’exemple de la grève des mineurs de 1948 , Site des Archives Municipales de Saint Etienne – 1948 : mineurs en grève ! [expo photos], Site des Archives Municipales de Saint Etienne.
• Marc LAZAR, Le mineur de fond : un exemple de l’identité du PCF, Revue française de science politique n°2, 1985.
• Pierre OUTTERYCK, Achille Blondeau, mineur, résistant, déporté, syndicaliste, Le Geai bleu, 2006.
Pendant plus d’un siècle, le charbon fut le pain de l’industrie, le combustible indispensable du chauffage domestique, l’aliment permettant la production électrique des centrales thermiques. Dans toute la France, des centaines de milliers d’hommes extrayèrent la houille au sein de compagnies privées, avant qu’en 1946 l’ensemble de la production fût nationalisée.
Les mineurs furent parmi les acteurs principaux des luttes sociales. Les difficultés, la pénibilité de leur métier, la solidarité nécessaire dans les entrailles de la terre, la forte cohésion de la communauté minière fascinèrent et fascinent toujours nos sociétés.
Cet ouvrage retrace la vie d’Achille Blondeau, fils et frère de mineurs, mineur lui-même. Après les combats de la Résistance auxquels il participa, Achille prit d’importantes responsabilités au sein de la Fédération des Travailleurs de Sous-Sol CGT.
A travers lui, cet ouvrage évoque le travail difficile, les engagements multiples, la lutte incessante d’une corporation dont l’activité a profondément modelé la société française au fil des décennies.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.


[1] Un certain François Mitterrand était Secrétaire d’État à la Présidence du Conseil du même gouvernement.
[2] Sélection bibliographique :
• Discours de Jules Moch à l’Assemblée nationale (16 novembre 1948), Blog de l’histoire du socialisme.
• La grève des usines Renault en 1947, Monde en Question.
• Annie LACROIX-RIZ, La grève d’avril-mai 1947 de la régie renault : des événements à leur contexte général, Renault Histoire n° 6, juin 1994.
• Grèves des ouvriers des usines Renault [photo], European NAvigator.
• La une de L’Humanité du 6 mai 1947, European NAvigator.
• Le PCF dans la « guerre froide »/ un parti stalinien modèle (1947-1967), Courant Communiste International.
[3] En plus de l’attribution de postes aux communistes, le général de Gaulle accorda la grâce amnistiante à Maurice Thorez, condamné pour désertion et réfugié à Moscou (p.100).
Maurice Thorez remplira le rôle assigné par le général de Gaulle : non seulement de dissoudre les « milices patriotiques », mais aussi d’inciter les ouvriers à « travailler autant que possible et produire coûte que coûte » (p.101).
Géneral de GAULLE, Mémoires de guerre – Le salut 1944-1946, Plon, 1959 p.99 à 101.

L’Arabie saoudite dernier rempart de l’Occident


L’Arabie saoudite est certainement une démocratie puisque le royaume est toujours soutenu par les puissances occidentales alors qu’elles lâchent les uns après les autres les dictateurs chassés par leur peuple. Elles craignent en effet que les salauds de pauvres ne déstabilisent la production pétrolière ce qui entraînerait une hausse de prix du baril et une menace pour la croissance.

Ainsi, la France appelle à une intervention militaire contre la Libye [1], qui sera menée par les États-Unis, pour rétablir l’ordre dans les champs de pétrole (en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) et maintenir le roi Abdallah sur le trône de l’Arabie saoudite – pays démocratique, laïque et féministe comme chacun sait.

25/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Revue de presse :
• Le roi Abdallah d’Arabie rentre en pleine tourmente arabe, Reuters-Yahoo! Actualités, 23/02/2011.

Après les révoltes qui ont eu raison en moins de deux mois des régimes autoritaires de Tunis et du Caire, et qui secouent maintenant la Libye, le Yémen et Bahreïn, menaçant également l’Algérie, le Maroc et la Jordanie, l’Arabie sent le vent du boulet.

Dès avant son retour au pays, le vieux souverain, presque nonagénaire, a fait annoncer l’octroi d’une série d’allocations en faveur des étudiants à l’étranger et des jeunes chômeurs, ainsi que des aides au logement, pour un montant global estimé à plus de 35 milliards de dollars.

L’Occident, les États-Unis au premier rang, partage avec la famille régnante sa préoccupation pour la sécurité et la stabilité de l’Arabie, premier producteur et exportateur mondial de pétrole, qui dispose d’un cinquième des réserves connues d’or noir.

• Explosion des prix du pétrole : Les États-Unis et l’Europe envisagent une intervention en Libye, WSWS, 24/02/2011.

La plus grande préoccupation des puissances impérialistes est de restabiliser l’État d’Afrique du Nord et de relancer les exportations de pétrole. Les diverses critiques des chefs occidentaux faites à l’endroit du gouvernement libyen et de son recours à la violence sont totalement hypocrites – Mouammar Kadhafi a profité de relations des plus chaleureuses avec les États-Unis et l’Europe durant la dernière décennie. Son régime a été financé et armé par ces puissances, en récompense de son appui aux objectifs géostratégiques de Washington dans la région et de sa collaboration avec les sociétés pétrolières étrangères établies en Libye.

Toute intervention menée par les États-Unis viserait d’abord à rétablir la production de pétrole en Libye et non à mettre un terme à la violence brutale déployée par les forces de Kadhafi.

Le soulèvement en Libye a aussi suscité des craintes sur les marchés financiers quant à l’instabilité d’autres pays producteurs de pétrole, comme l’Algérie et l’Arabie Saoudite, le plus grand exportateur de pétrole au monde. « Personne ne sait où cela va s’arrêter », a dit au New York Times Helima Croft, directrice chez Barclays Capital. « Il y a quelques semaines, c’était la Tunisie et l’Égypte. On croyait que le mouvement allait être limité à l’Afrique du Nord et aux pays pauvres en ressources du Moyen-Orient. Mais les manifestations à Bahreïn, le cœur du golfe, viennent alimenter les inquiétudes. »

• Le spectre d’un nouveau choc pétrolier plane sur la croissance mondiale, AFP-Google Actualités, 25/02/2011.

La flambée des cours de l’or noir provoquée par la crise libyenne fait peser une lourde menace sur une économie mondiale en voie de convalescence, alors qu’une contagion de la contestation à l’Arabie saoudite ou à l’Algérie pourrait provoquer un nouveau choc pétrolier.

• Le prix du pétrole inquiète l’économie, euro|topics, 25/02/2011.

Le prix du pétrole ne cesse d’augmenter en raison des troubles en Afrique du Nord. Le baril de Brent a atteint brièvement les 120 dollars, soit le niveau le plus haut depuis deux ans et demi. Les révolutions ont leur prix, estime la presse européenne, qui appelle à sortir du pétrole.

• Rentré précipitamment chez lui, Abdallah d’Arabie saoudite arrose ses sujets, Liberté, 26/02/2011.

Changement de génération, des appels à des journées de colère prolifèrent sur le royaume des Wahhabites. Ce sont des jeunes, étudiants ou chômeurs qui donnent le tempo de la révolte. Dans les monarchies pétrolières, c’est toute une génération éduquée et au fait des affaires du monde qui ne parvient plus à trouver sa place dans les fonctions publiques civiles et militaires qui absorbaient jusqu’à récemment les intelligentsias nationales en mal de promotion sociale. La jeunesse piaffe d’impatience pour bousculer les anciens équilibres des pouvoirs, comme en Égypte et en Tunisie, pour entrer dans le jeu politique.

Et puis, en voie de paupérisation depuis une dizaine d’années pour cause de tarissement des budgets pétroliers, c’est aussi toute une classe sociale en Arabie saoudite qui a vu s’effacer l’État providence de sa monarchie pétrolière. C’est d’ailleurs dans la péninsule arabique que le système de redistribution des recettes pétrolières s’essouffle et la génération montante frappe à la porte du pouvoir.


[1] Revue de presse :
• Faut-il intervenir militairement en Libye ?, Les blogs du Diplo, 24/02/2011.
• Intervenir pour la paix en Libye, euro|topics, 24/02/2011.

Revue des podcasts Egypte


Egypte : Après la révolution démocratique, le souhait d’une révolution sociale, Dossier du jour

Après la révolution pour plus de démocratie, les Égyptiens veulent une révolution salariale. La forte croissance (6 à 7 %) que connaissait l’Égypte avant les évènements n’était qu’une apparente prospérité. Elle ne profitait qu’à une petite minorité d’Égyptiens. Partout, désormais, les bas salaires se révoltent et s’insurgent et veulent récupérer une partie de l’argent de la corruption.

Spéciale Egypte, Les Matins 1/2, 2/2

Révolutions au bord du Nil, Les Pieds sur terre 1/5, 2/5, 3/5, 4/5, 5/5

Les éléments de la révolte, RFI
L’après-Moubarak et le rôle de l’armée, RFI

en Egypte, en seulement 18 jours, les mouvements de contestation ont réussi à faire plier le pouvoir et à obtenir la démission du président Hosni Moubarak qui dirigeait le pays depuis 30 ans. Quels sont les ingrédients qui ont permis cette révolution ? Comment se dessine l’après-Moubarak avec le rôle de l’armée, omniprésente, et un régime qui malgré tout est toujours en place ?

Lire aussi :
• L’actualité des podcasts
DKPOD
Tous les podcasts
RSS One
Guide des ressources documentaires, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Egypte, Monde en Question.

Les attentes de l’Egypte des humbles


16/02/2011, L’Express :

Pour le « petit peuple » des banlieues du Caire, la liberté et la démocratie tiennent de l’abstraction. Du pain, un toit, un emploi : voilà ce que réclament les humbles.

15/02/2011, RIA Novosti :

Tous les analystes, aussi bien dans la région qu’à l’extérieur, faisaient remarquer depuis longtemps qu’au Proche-Orient, voire même à une échelle plus grande, divers problèmes s’accumulaient : sociaux, économiques, intra-nationaux et intra-régionaux.

15/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités :

Confrontée à une vague de mouvements sociaux affectant toute une série d’activités clés, du secteur bancaire au tourisme, l’armée a exhorté les travailleurs à reprendre le travail pour réduire les conséquences économiques de la révolution.
Dans un contexte de ressentiment de la population face à l’inflation et la dureté de la vie, l’armée va devoir observer un subtil équilibre entre sa volonté de remettre le pays au travail et son souci de dissiper les doutes persistant sur son intention de remettre le pouvoir aux civils.
A la faveur d’une liberté d’expression fraîchement conquise, des travailleurs de divers secteurs d’activités ont manifesté lundi au Caire et dans d’autres villes d’Egypte pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail.
Depuis la chute de Moubarak, grèves, manifestations et sit-in affectent notamment le secteur public, dont la Bourse du Caire, les industries textiles et métallurgiques, les médias officiels, les postes et les chemins de fer.

16/02/2011, AP-Yahoo! Actualités :

Des manifestations se poursuivaient mercredi en Egypte, en dépit des mises en garde de l’armée contre les conséquences des rassemblements et des grèves sur le retour à la normale et les efforts visant à améliorer l’économie.
Plusieurs centaines d’employés de l’aéroport du Caire ont entrepris de protester dans le terminal réservé aux arrivées pour demander de meilleurs salaires et une couverture santé.
A Mahallah al-Koubra, ville du delta du Nil, des ouvriers de la plus grande usine textile d’Egypte se sont mis en grève pour réclamer une hausse des salaires et une enquête sur des faits présumés de corruption au sein l’établissement.
A Port Saïd, à l’entrée du canal de Suez, un millier de personnes ont manifesté pour exiger la fermeture d’une usine chimique, qui déverse ses déchets dans un lac près de la ville.

16/02/2011, AFP-L’Express :

Des arrêts de travail et des rassemblements étaient signalés mercredi dans de nombreux endroits, en particulier dans le delta du Nil, les villes le long du canal de Suez, au Caire et dans la deuxième ville du pays, Alexandrie. Le secteur bancaire était également perturbé, obligeant la Bourse du Caire à rester fermée jusqu’à dimanche au moins.
Le personnel de l’entreprise publique Misr Filature et Tissage, qui emploie quelque 24.000 personnes à Mahallah, dans le delta du Nil, demandait aussi le départ de deux des directeurs de l’usine selon Faiçal Naoucha, un des organisateurs de la grève. Une grève était aussi en cours dans un autre grande usine textile, à Helwan, dans la banlieue sud du Caire.
A Ismaïliya, sur le canal de Suez, des employés des services publics de l’irrigation, l’éducation et la santé ont protesté devant le gouvernorat pour demander de meilleurs salaires, ont indiqué des témoins.
Après avoir suspendu leur grève dimanche, les employés de la plus grande usine d’Egypte ont repris leur mouvement mercredi pour réclamer hausses de salaires et meilleures conditions de travail, au lendemain d’une mise en garde de l’armée contre les conséquences « désastreuses » de nouveaux mouvements sociaux.
Environ 40% de la population égyptienne vit en dessous du seuil de pauvreté, établi à deux dollars par jour et par personne. Le salaire minimum, fixé l’an dernier à environ 70 dollars par le gouvernement, est proche de ce seuil de pauvreté.

17/02/2011, Xinhua :

Derrière cet apaisement de façade, le pouvoir militaire reste confronté à de multiples défis. A travers le pays, des grèves ont succédé aux 18 jours de manifestations, réclamant entre autre une augmentation des salaires.
Depuis le début de la semaine, des milliers d’employés des banques, des usines textiles, agro-alimentaires, des raffineries, ainsi que des services du gouvernement, mènent une grève.
La banque centrale a déclaré que les banques devraient rester fermées jusqu’à mercredi ou jeudi.
Mardi, devant le siège de l’autorité du canal de Suez, à Ismaïlia, des représentants du syndicat et des employés ont réclamé une augmentation de leurs salaires, selon l’agence MENA.

18/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités :

Hassan Ibrahim, un électricien père de trois enfants, espère que la révolution égyptienne va lui permettre de tourner la page de sombres années pendant lesquelles il vécu dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir sa famille.
Le 28 janvier dernier, il faisait partie des millions de manifestants à défiler dans les rues du pays, dont la hausse du taux d’inflation des prix alimentaires est l’une des plus rapides au monde, lors d’un mouvement de contestation sans précédent qui a eu raison vendredi dernier du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.
La démission de Moubarak la semaine dernière a été accueillie par des cris de joie mais une semaine après, les Egyptiens, qui cherchent à se réapprovisionner, font face à des rayons vides et à des prix élevés. Quant à Ibrahim, il n’a pu encore constater aucune amélioration sur sa vie quotidienne.
Le prix de la nourriture et des boissons ont d’ores et déjà bondi de 18% sur un an le mois dernier alors que le salaire d’Ibrahim, lui, stagnait.
Pendant que des manifestants réclamaient le départ du raïs, d’autres Egyptiens accumulaient des provisions de première nécessité et remplissaient des sacs avec le traditionnel pain brun égyptien avant le couvre-feu.
« Les prix ont augmenté plus fortement les jours de manifestations, tout le monde s’empressant de stocker de la nourriture pendant le couvre-feu. »
L’inflation est un nouveau casse tête pour les autorités qui tentent de restaurer la confiance dans une économie frappée par des grèves et la fermeture des banques.
Assurer l’approvisionnement en nourriture est d’autant plus important que l’Egypte, par le passé, a connu des émeutes de la faim qui ont conduit l’armée à intervenir pour rétablir le calme ou distribuer des provisions.
Le pays importe la moitié de sa consommation intérieure et la révolution est survenue sur fond de flambée des prix alimentaires au niveau mondial.

18/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités :

Le Conseil suprême des forces armées au pouvoir en Egypte depuis la chute, le 11 février, du président Hosni Moubarak a prévenu vendredi qu’il n’autoriserait pas la poursuite de grèves et mouvements sociaux nuisibles, selon lui, à l’économie du pays.
« Des mesures légales seront prises à l’encontre (de semblables mouvements) pour protéger la sécurité de la nation et de ses citoyens », a annoncé vendredi la télévision nationale citant un communiqué de l’armée.
« Le Conseil suprême des forces armées ne tolèrera pas la poursuite de semblables pratiques illégales », prévient-il tout en disant comprendre les doléances des travailleurs.

1848-2011 : les révoltes de la faim


La pénurie alimentaire se fit sentir dès le printemps. En chaque pays le prix du blé enfla : en France, l’hectolitre qui valait 17,15 francs monta à 39,75 francs et même à 43 francs à la fin de l’année… La crise des subsistances se traduisit aussitôt par des désordres populaires… » Ainsi l’historien Charles Pouthas décrivait-il la situation agricole européenne entre 1847 et 1848. Quelques semaines plus tard, toute l’Europe s’embrasait et l’ordre absolutiste mis en place au lendemain du Congrès de Vienne s’effondrait. Parti d’Italie, le vent de révolte gagnait la France puis Vienne, tout l’Empire austro-hongrois et bientôt les Etats allemands et même la Suisse. Entre février et mai 1848, la monarchie française s’écroule avec l’abdication de Louis-Philippe, Metternich quitte le pouvoir à Vienne, l’Allemagne se dote à Francfort d’un premier Parlement…

Toutes choses égales par ailleurs, ce printemps des peuples se rapproche de l' »hiver arabe » que nous vivons aujourd’hui, avec la même propagation révolutionnaire de Tunisie en Egypte, au Yémen, en Jordanie… Certes, il n’y avait en 1848 ni Internet ni Facebook, mais l’information circulait déjà très vite : la nouvelle de la chute de Louis-Philippe fait tomber Metternich tout comme celle de Ben Ali ébranle Moubarak. Mais, dans les deux cas, le rôle joué par les crises agricoles et la hausse des prix alimentaires est frappant.

L’Europe continentale était en 1848 loin de toute autosuffisance agricole. Pour nourrir les villes, il fallait importer le grain d’Amérique et de Russie, et la seule arme dont disposaient les gouvernements était celle des droits de douane, qui renchérissaient encore les prix à la consommation. La première étincelle qui embrasa l’Europe à la fin de 1847 fut bien d’origine agricole.

La situation du monde arabe en 2011 est à peu près comparable. Du Maroc au golfe Arabo-Persique, il s’agit de l’une des principales régions importatrices de la planète, qu’il s’agisse de céréales (10 millions de tonnes de blé pour l’Egypte, 5 millions pour l’Algérie et l’Iran, 3 pour le Maroc et l’Irak ; 7 millions de tonnes d’orge pour l’Arabie saoudite, etc.), de sucre, d’huiles, de volailles ou de viande bovine. La plupart de ces Etats, à l’exception du Maroc, y ont abdiqué toute forme de politique agricole et dépendent des importations pour l’approvisionnement de leurs villes. Avec un peu de pétrole, on peut certes acheter du blé, de l’huile ou du sucre. Mais, mal anticipée, la hausse des prix agricoles mondiaux du second semestre 2010 s’est traduite par des tensions au niveau des consommateurs. Il n’y eut pas vraiment d' »émeutes de la faim », mais des manifestations contre la vie chère.

Comme en 1848, le mécontentement social et politique a fait le reste. Bien sûr, la situation diffère selon qu’un pays peut ou non payer ses importations avec la manne pétrolière : les deux maillons les plus faibles – Tunisie et Egypte – n’ont pas de pétrole alors qu’à Alger, Tripoli, Ryad ou dans le Golfe, les gouvernements font tout pour maintenir aux plèbes urbaines leur pain quotidien. C’est là une manière aveugle d’acheter l’avenir, mais c’est ainsi qu’ont toujours procédé les monarques vieillissants.

En 1848, le tsar sauva l’Empire autrichien, la Prusse s’imposait en Allemagne et Louis-Napoléon perçait déjà sous la République. Souhaitons à cet « hiver arabe » de mieux se terminer, mais retenons une fois encore la leçon agricole qui frappe le monde 160 ans plus tard.

Philippe Chalmin, Université Paris-Dauphine
Le Monde Economie du 14/02/2011

Lire aussi :
Serge LEFORT, Émeutes de la faim, Monde en Question, 14/02/2011.
Revue de presse Pauvreté 2008, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Pauvreté, Monde en Question.