Monde en Question

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Archives de Tag: Marie-Ségolène Royal

La royauté au féminin


Le discours féministe dominant prétend que les femmes seraient les éternelles victimes des hommes. Ce discours, même s’il est devenu un stéréotype politiquement correct, est une injure à l’histoire. La liste est longue de femmes qui ont occupé, à l’époque contemporaine, les fonctions de Premier ministre ou de présidente d’un État [1]. La reine Élisabeth d’Angleterre, qui a joué un rôle considérable dans l’histoire de son pays, est un autre contre-exemple dans le passé.

DUCHEIN Michel, Élisabeth Ire d’Angleterre, Fayard, 1992 [2000 ans d’Histoire].

Elisabeth d’Angleterre partage avec Charlemagne, Louis XIV et quelques autres le rare privilège d’avoir donné son nom à son siècle.
Quel être humain se cachait derrière l’icône fardée et couverte de bijoux que nous montrent ses portraits officiels ? Dans l’Europe de son temps, fut-elle un boutefeu, un pêcheur en eau trouble ou un élément pacificateur ? La championne d’un protestantisme conquérant ou la victime désignée d’un catholicisme agressif ? Le symbole d’une Angleterre expansionniste à l’aube de sa vocation impériale ou l’artisan timoré d’un repli insulaire ?

On se souvient aussi qu’une certaine Marie-Ségolène Royal dénonça pathétiquement les inégalités hommes/femmes alors que, en bonne démagogue, elle n’accorda aux femmes que 21% des places dans son équipe de campagne.

08/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Élisabeth Ire d’Angleterre, Wikipédia.
Dossier documentaire & Bibliographie Féminisme, Monde en Question.


[1] Liste non limitative in LEFORT Serge, La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question :

 

  • Au Sri Lanka, Sirimavo Bandaranaike fut Premier ministre de 1960 à 1965 et de 1970 à 1972.
  • En Inde, Indira Gandhi fut Premier ministre de 1966 à 1977 et de 1980 à 1984.
  • En Israël, Golda Meir fut Premier ministre de 1969 à 1974.
  • En Argentine, Isabel Martínez de Perón fut présidente de 1974 à 1976.
  • Au Royaume-Uni, Margaret Thatcher fut Premier ministre de 1979 à 1990.
  • En Islande, Vigdís Finnbogadóttir fut présidente de 1980 à 1996.
  • Aux Philippines, María Corázon Sumulong Cojuangco (Corázon Aquino) fut présidente de 1986 à 1992.
  • Au Pakistan, Benazir Bhutto fut Premier ministre de 1988 à 1990 et de 1993 à 1996.
  • En France, Édith Cresson fut Premier ministre de 1991 à 1992.
  • Au Bangladesh, Khaleda Zia fut Premier ministre de 1991 à 1996.
  • Au Sri Lanka, Chandrika Kumaratunga fut présidente de 1994 à 2005.
  • Aux Philippines, Gloria Macapagal-Arroyo fut présidente de 1998 à 2001 et depuis 2004.
  • Au Panama, Mireya Elisa Moscoso Rodríguez de Arias fut présidente de 1999 à 2004.
  • En Lettonie, Vaira Vīķe-Freiberga est présidente depuis 1999.
  • En Finlande, Tarja Halonen est présidente depuis 2000.
  • En Indonésie, Megawati Sukarnoputri fut présidente de 2001 à 2004.
  • En Allemagne, Angela Dorothea Merkel est Chancelière depuis 2005.
  • Au Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf est présidente depuis 2006.
  • Au Chili, Verónica Michelle Bachelet Jeria est présidente depuis 2006.
  • Manipulation de l’opinion


    Les Français plébiscitent les dernières mesures promises par Nicolas Sarkozy et son gouvernement pour lutter contre l’insécurité, selon un sondage Ifop à paraître dans Le Figaro.

    D’après cette étude diffusée jeudi, 80% des sondés sont pour le retrait de la nationalité française aux ressortissants d’origine étrangère coupables de polygamie ou d’incitation à l’excision.

    Le démantèlement des camps illégaux de Roms recueille 79% d’avis favorables et le retrait de la nationalité pour les délinquants d’origine étrangère en cas d’atteinte à la vie d’un policier ou d’un gendarme 70%.

    Soixante-sept pour cent sont pour l’installation de 60.000 caméras de videosurveillance d’ici 2012 et 55% en faveur de peines de prison pour les parents de mineurs délinquants qui ne respecteraient pas les injonctions de la justice.

    Le contrôle par bracelet électronique des délinquants multirécidivistes pendant plusieurs années après la fin de leurs peines obtient 89% d’avis favorables, et l’instauration d’une peine incompressible de 30 ans de prison pour les assassins de policiers et de gendarmes 80%.

    Des dizaines d’associations, des partis d’opposition et des syndicats ont critiqué les annonces faites par le chef de l’Etat la semaine passée à Grenoble, où il installait un nouveau préfet après des incidents dans un quartier difficile. Ils ont dénoncé l’instauration d’un climat de « xénophobie » et appelé à manifester le 4 septembre dans toute la France.

    Le sondage a été réalisé du 3 au 5 août sur internet auprès d’un échantillon de 1.003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

    Reuters-Yahoo! Actualités

    Lire aussi : Baromètre des préoccupations des Français – Juillet 2010, SOFRES

    Certains, notamment à gauche, pleurnichent sur la méthode de ce sondage alors que le PS a utilisé des sondages aussi critiquables pour imposer la candidature de Ségolène Royal en 2007.

    Tout a été dit et écrit contre les sondages, mais ils restent une arme de propagande si efficace que tous les politiques en usent et en abusent au point de transformer la vie politique en un cirque où triomphe la démagogie.

    06/08/2010
    Serge LEFORT
    Citoyen du Monde

    Lire aussi :
    • Sécurité : les annonces de la majorité plébiscitées, Le FigaroRésultats détaillés.
    • Sondage : les mesures sécuritaires de Nicolas Sarkozy plébiscitées, Le Parisien.
    • Sécurité : Les mesures de Nicolas Sarkozy plébiscitées par les Français, Le Point.
    • Sondage sur la sécurité: la droite jubile, la gauche grince des dents, 20 minutes.
    • Un sondage Ifop-Le Figaro plébiscite Sarkozy, BFMTV-Dailymotion.

    • Le discours répressif de Sarkozy fait réagir les Français… et les Américains, France 24.
    • Le sondage sur la sécurité du Figaro fait polémique, L’Express.
    • Le sondage du Figaro enterre le principe de démocratie, Rue89.

    • Pour en finir avec les sondages (1), Monde en Question.
    • Pour en finir avec les sondages (2), Monde en Question.
    • Critique de la raison statistique, Monde en Question.
    • L’illusion de la vérité des chiffres, Monde en Question.
    Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.
    Dossier documentaire & Bibliographie Statistiques & Sondages, Monde en Question.

    Mort le 21 avril 2002


    Il a échappé à beaucoup de commentateurs que le PS était mort le 21 avril 2002, même si son cadavre bouge encore comme hier celui du PCF.

    Beaucoup s’interrogent. C’est le cas, par exemple, de Jean Vinatier, de Gérard Grunberg et du Monde diplomatique.

    Question récurrente pour Gérard Grunberg comme pour tous ceux qui n’ont pas encore tirer les leçons du 21 avril 2002.

    Au Mexique aussi, les commentateurs n’ont pas encore pris la mesure, en 2009, de la déroute de la gauche en 2006.

    En France, tout ce bruit autour de la chronique d’une mort annoncée fait le jeu de Marie-Ségolène Royal, la démagogue nationale

    Serge LEFORT
    26/07/2009

    Lire aussi :
    • Tous les articles sur Marie-Ségolène Royal
    • La génération 21 avril veut une grande lessive

    Nous assistons depuis le 21 avril 2002, date de notre premier vote, à l’enlisement de la gauche. Le dernier scrutin des européennes l’a confirmé : nombre d’entre nous ne se retrouvent pas dans le programme du Parti socialiste et ne se sentent plus liés par l’impérieuse nécessité de «voter utile». Nous savons que sans changement majeur, il en sera de même en 2012. Et que la gauche perdra l’élection présidentielle si elle persiste à présenter autant de candidats que de chapelles, dans le seul espoir de se compter.
    Lire la suite Libération

    Où va le PS ?


    GRUNBERG Gérard, Un présidentiable pour diriger le PS ?, Telos

    La mesure de la « présidentialité » est en fait une mesure plus générale du leadership. La thèse du « refus des présidentiables » est donc stupéfiante d’un double point de vue. Comment d’abord ne pas s’étonner qu’un parti aussi suspicieux à l’égard de l’intrusion des sondages d’opinion dans son fonctionnement interne les érige en critère décisif – en l’occurrence négatif – pour la sélection de son leader ? Comment ensuite comprendre la logique politique d’une thèse qui exige du prochain Premier secrétaire qu’il ne bénéficie pas aux yeux de l’opinion publique d’une image… de leader, dans un régime caractérisé de plus en plus fortement par la personnalisation du pouvoir et par le caractère central de l’élection présidentielle, même si la prochaine élection n’aura lieu que dans trois ans et demi ? 

    Enfin, il faut constater que les trois motions qui paraissent devoir arriver en tête du vote des adhérents comprennent chacune parmi leurs signataires un ou une présidentiable. Si l’une de ces trois motions était en position de l’emporter sans faire de compromis importants avec les autres, c’est probablement « son » « présidentiable » qui se présenterait au vote des adhérents pour la désignation au poste de Premier secrétaire. Il n’est donc pas certain que la ligne « anti-présidentialiste » l’emporte.

    Elle le pourrait cependant si aucune des trois grandes motions n’était en mesure de l’emporter clairement. Un Premier secrétaire « non présidentiable » pourrait alors être désigné pour diriger une nouvelle majorité. Dans ce cas, ou bien il ferait preuve de réelles qualités de dirigeant, ce qui ne manquerait pas de faire de lui, à terme, un nouveau… « présidentiable », ou bien, dans le cas contraire, les socialistes auraient réalisé l’exploit remarquable de se priver volontairement d’un leader ! Il leur resterait alors à se reposer la question de leur rapport ambigu et contradictoire à la Cinquième République et, plus particulièrement, à l’élection présidentielle et à réévaluer les dangers importants que ce rapport fait courir à leur parti comme parti… présidentiel !

    Où va le PS ?, La Sociale

    La liquidation du PS comme parti issu du mouvement ouvrier, sa transformation en une sorte de « parti démocrate » qui pourrait bien être sa disparition pure et simple, sont le programme politique de deux des principaux courants qui le dirigent. Celui qui veut comme « présidentiable » le maire de Paris Bertrand Delanoë et qui, ironie de l’histoire, alors qu’il entend être le courant libéral français, est dépassé verbalement sur la gauche par les discours d’Hillary Clinton à la convention démocrate de Denver, aux Etats-Unis ! Celui qui voudrait poursuivre avec la « présidentiable » qui a fait élire Sarkozy, Ségolène Royal -parmi lequel des militants sincères et des jeunes qui veulent voir en elle l’alternative à Sarkozy. Face à ces deux courants « liquidateurs » la direction du PS, dont l’orientation de fond est la même – c’est l’acceptation du capitalisme et donc des contre-réformes qu’il exige quel qu’en soit l’habillage – est bien en peine d’apparaître comme différente, et apparaît surtout comme accrochée à son appareil… 

    Socialistes : où est la gauche ?, La Sociale

    Autrement dit les politiques de la droite et de la gauche, sur le plan fondamental, celui de la plus-value et donc de l’exploitation capitaliste ont eu les mêmes résultats. Ceci aurait mérité au moins quelques réflexions critiques, car constater qu’il n’y a pas de différence importante entre Mauroy 82 et Sarkozy 2008, cela devrait contraindre normalement tout socialiste honnête à faire son examen de conscience.

    Lire aussi : Motion commune de la gauche du PS pour le Congrès de Reims Trait d’union.

    Royal-Show


    Revue de presse française, NouvelObs

    L’UNION
    Pour tous ceux qui n’étaient pas au Zénith, il est grand temps de changer de refrain.

    LA NOUVELLE REPUBLIQUE
    La foule scande son prénom comme un mantra ce qui ne lui déplaît pas. Elle y fait ajouter le mot-thème de la soirée « fraternité » sonnant un peu creux, mais qu’importe, on est dans le show. Miroir mon beau miroir ! Ségolène se regarde et se mire. Au premier rang les groupies submergés d’émotion sanglotent et l’on ne peut s’empêcher de penser, avec Henri Emmanuelli que toute cette mise en scène, ce vide empailleté de bons sentiments a quelque chose de bête à pleurer.

    LA REPUBLIQUE DU CENTRE
    Entre variétés branchées, saynètes humoristiques et fables sociales, Ségolène Royal n’a pas parlé de politique, du PS, d’idées. Ou si peu. Elle n’a parlé que d’elle-même, en se mettant en scène. Il s’en trouvera, bien sûr, pour dire qu’elle a eu raison de vouloir rompre avec la sinistre danse des éléphants. Mais, au-delà, on se demande de plus en plus qui est la vraie Ségolène? Certes, la femme-victime est toujours debout. Mais celle qui campait dans une raideur apprêtée arpente désormais théâtralement les planches totalement libre de ses gestes. Même ses cheveux se sont mis à onduler. Le blanc immaculé de ses tenues, un moment supplanté par le rouge incandescent, a fait place au bleu céleste sous une avalanche de spots. Quoi qu’on en dise, ces changements de look et de style sentent à plein nez le plan marketing préparé de longue date. En tout cas, on ne trouvera guère, dans ce « one-woman-show », de sens du collectif. Accordons toutefois une chose à Ségolène Royal: elle a dû travailler ferme pour porter ainsi la dépolitisation du politique à son zénith !

    Lire : La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question

    Vidéos :

    • AFP – Yahoo!
    • Rue89
    • Agoravox TV
    • LibérationSégolène Royal au Zénith : les socialistes agacés, NouvelObs

      Au Zénith, l’ancienne candidate à la présidentielle a réuni près de 4.000 personnes, et elle est apparue en tunique bleue sur un jean, sous les acclamations, mêlant hommage au public, appels à la « fraternité » et message politique : « je suis là aujourd’hui, je serai là demain! ».

      « Je pense que la politique n’est pas un show. J’ai envie de dire à Ségolène qu’elle est sur le mauvais chemin. La fois prochaine, on aura en plus un morceau de chorégraphie », a dit sur Radio J le député et ancien président PS de l’Assemblée Henri Emmanuelli.
      « Tout ça n’est pas sérieux, cette vision de la politique, inscrite dans le marketing politique, la logique de la publicité commerciale, qui néglige le fond, ce genre de cérémonie qui est entre le show-business et le rassemblement de secte », a-t-il ajouté, parlant aussi de « personnalisation à outrance ».

      Royal à ses partisans : « Je suis là aujourd’hui, je serai là demain », NouvelObs

      Pas une fois elle n’emploie le mot socialiste ni ne nomme une figure tutélaire de la gauche. Son discours, distribué à la presse – une nouveauté -, reprend en revanche des maximes de Nelson Mandela, Aimé Césaire, Coluche ou encore Victor Hugo.

      Ségolène Royal mobilise ses partisans au Zénith de Paris, RFI

      Elle s’est posée en victime du pouvoir mais aussi de certains de ses camarades du parti, évoquant « la riante primaire, la courtoise présidentielle, les gentils coups bas, les tendres attaques, les doux cambriolages, les amicales pressions et les charmantes épreuves personnelles ». Allusion à peine voilée à sa séparation d’avec François Hollande.

      Royal au Zenith : le retour d’un air de campagne ?, France Info

      Cette manière de faire de la politique, comparée à « un rassemblement de secte » par Henri Emmanuelli, est-elle en phase avec les attentes des socialistes à sept semaines du congrès du PS ? Cela suffira-t-il à attirer la confiance dans un pays qui entre en récession ?

      Naufrage Royal, Actualités du droit

      Le spectacle de ce soir, un show de prédicateur, financé à 100% par Pierre Bergé, pour snober le Parti socialiste, auquel elle doit toute sa carrière, et qui, quels que soient ses défauts, est un modèle de démocratie, est un acte grave. Seule vedette, devant ses fans. Tout pour moi, tout par moi. D’un côté le parti et ses règles ringardisées, de l’autre, sa lumineuse personne. Non, il est impossible de suivre.

      Rien n’est plus dangereux que l’exercice solitaire du pouvoir. Rien de plus grave que de se croire au-dessus du lot. Sans doute, faut-il pour ses fonctions, une personnalité qui se dégage, un égo au dessus de la norme. Nicolas Sarkozy a, sur ce plan, de quoi inquiéter. Mais Ségolène Royal bien davantage encore, et le triomphe qu’elle s’est organisée ce soir le confirme.

    MSR veut se marier avec Bayrou


    Avant le premier tour, Marie-Ségolène Royal avait refusé tout accord avec François Bayrou sous prétexte qu’il est de droite. Après le premier tour, Marie-Ségolène Royal a proposé un accord avec François Bayrou, qui reste pourtant de droite [1]. Cela rappelle les vieilles combines de la SFIO (ancêtre du PS) sous la IVe République, qui se faisait élire sous une étiquette de gauche pour s’allier le lendemain avec la droite et faire une politique à l’opposée de ses engagements de la veille.

    Le Parti Socialiste est mort le 21 avril 2002. Dès 1982-1983, il avait tourné le dos à ses engagements de « gauche » pour se convertir au néolibéralisme dans les faits (plan de rigueur du 25 mars 1983) sans le dire ouvertement. Le PCF avait accepté ce virage à 180 degrés pour conserver ses ministres au gouvernement. Depuis, les mouvements sociaux se sont épuisés dans la lutte contre les licenciements, la précarisation du travail, le chômage, la baisse du pouvoir d’achat et des salaires.

    Le Parti Ségoliste veut aller plus loin encore en s’alliant, ouvertement cette fois-ci, avec la droite. Il ressort de la naphtaline Jacques Delors qui, ministre de l’Économie et des Finances de 1981 à 1984, fut l’un des initiateurs du virage économique et social du PS vers la droite en 1983. Cette nouvelle alliance se traduira par une aggravation des conditions de travail et de vie pour mettre les travailleurs aux « normes » de l’Europe néolibérale.

    Voter Marie-Ségolène Royal le 6 mai, en croyant faire barrage à Nicolas Sarkozy, c’est accepter cette nouvelle trahison.

    Serge LEFORT
    24 avril 2007


    [1] [Note du 25/04/07] Au cours de sa conférence de presse du 25 avril, François Bayrou a ironisé sur les avances de Marie-Ségolène Royal : « Le 23 avril à 19h59, j’étais infréquentable, mais à 20h01, j’étais devenu séduisant ».

    Leçons du 22 avril suite


    Quelques graphiques pour illustrer l’article d’hier.

    Vote utile

    Droite majoritaire

    Victoire prévisible

    Serge LEFORT
    24 avril 2007

    Leçons du 22 avril


    Cette élection présente quelques surprises, mais aussi quelques constantes depuis 1965.

    Participation massive

    Depuis 1965, le nombre des suffrages exprimés baissait régulièrement malgré un sursaut en 1974 jusqu’au record de non-participation de 30,82% le 21 avril 2002.

    La surprise du 22 avril 2007 est la participation massive des électeurs (82,58%), qui se situe au même niveau que celle de 1974 (83,45%).

    Vote utile

    Depuis 1965, le nombre des suffrages exprimés en faveur des grands candidats baissait régulièrement malgré un sursaut en 1974 jusqu’au record du 21 avril 2002 : les deux premiers candidats ne représentaient que 25,42% des inscrits et les quatre premiers candidats 41,34% des inscrits.

    La mobilisation massive des électeurs a joué en faveur de quatre candidats (Nicolas Sarkozy, Marie-Ségolène Royal, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen), qui totalisent 71,07% des inscrits. En 1974, les trois principaux candidats (François Mitterrand, Valérie Giscard d’Estaing et Jacques Chaban-Delmas) totalisaient 75,90% des inscrits.

    Vote légitimiste

    Depuis 1965, le nombre des suffrages exprimés en faveur des partis parlementaires baissait régulièrement malgré un sursaut en 1974 jusqu’au record du 21 avril 2002 : 45,76% des inscrits.

    Le vote utile en faveur des partis parlementaires reste néanmoins inférieur à celui de 1974 : 67,18% des inscrits en 2007 contre 78,55% des inscrits en 1974.

    Droite majoritaire

    Les partis de gauche retrouvent leur niveau de 1995 : 30,08% des inscrits en 2007 contre 30,90% des inscrits en 1995. Ils restent loin des scores de 1974, 1981 et 1988 : 39,14% des inscrits en 1974, 40,44% des inscrits en 1981 et 39,16% des inscrits en 1988. Ils récupèrent 1 160 022 voix par rapport à 2002 (moins 379 934 voix pour les partis de gauche non-parlementaires et plus 1 539 956 voix pour les partis de gauche parlementaires).

    Les partis de droite retrouvent leur niveau quasi historique de 1969 : 52,49% des inscrits en 2007 contre 52,88% des inscrits en 1969. Ils récupèrent 7 065 407 voix par rapport à 2002 (moins 2 420 673 voix pour les partis de droite non-parlementaires et plus 9 486 080 voix pour les partis de droite parlementaires).

    Gagnants

    Nicolas Sarkozy est incontestablement le grand vainqueur du premier tour. Il réalise, avec 25,75% des inscrits, le meilleur score des candidats à la succession du Général de Gaulle après Georges Pompidou. Jacques Chirac n’a jamais dépassé 15,91% des inscrits (en 1988). Nicolas Sarkozy bénéficie de la mobilisation massive pour un candidat de droite (UMP ou UDF).

    François Bayrou réalise un moins bon score (15,34% des inscrits) que ceux de Valérie Giscard d’Estaing en 1974 (27,21% des inscrits) et en 1981 (22,59% des inscrits), mais proche de ceux de Raymond Barre en 1988 (13,19% des inscrits), d’Edouard Balladur en 1995 (14,15% des inscrits) et bien meilleur que le sien en 2002 (4,73% des inscrits). Il fait de la résistance à droite contre l’UMP.

    Perdants

    Jean-Marie Le Pen recule nettement par rapport aux derniers scrutins : 8,62% des inscrits en 2007 contre 11,66% des inscrits en 2002, 11,43% des inscrits en 1995 et 11,46% des inscrits en 1988. Néanmoins, il fait partie du petit cercle des quatre candidats qui ont obtenu plus de 5% des inscrits et des exprimés et résiste au vote utile en faveur des partis parlementaires.

    Le PCF, avec 1,59% des inscrits, est définitivement marginalisé. Il faudra attendre les résultats des élections législatives de juin pour qu’il en tire les conséquences, notamment financières. Il gardera peut-être encore des mairies en 2008.

    Arlette Laguiller fait son plus mauvais résultat depuis 1974 : 487 940 voix (1,10% des inscrits) en 2007 contre 595 247 voix (1,95% des inscrits) en 1974. Cette campagne de trop lui fait perdre 1 142 105 voix par rapport à 2002. La marginalisation de Lutte Ouvrière sera plus rapide que celle du PCF.

    Victoire prévisible

    Marie-Ségolène Royal est sélectionnée pour le deuxième tour, mais elle est bien seule.
    En 1981, l’ensemble des voix de gauche atteignaient 40,44% des inscrits contre 39,33% des inscrits pour la droite.
    En 2007, l’ensemble des voix de gauche plafonne à 30,08% des inscrits contre 52,49% des inscrits pour la droite.

    La victoire de Nicolas Sarkozy apparaît donc inévitable, mais il faudra regarder de très près son score en pourcentage des inscrits pour mesurer sa véritable légitimité (report des voix de droite, taux de l’abstention et des bulletins blancs ou nuls).

    Serge LEFORT
    23 avril 2007

    Sources :
    • Élections présidentielles 2007, France Politique.
    • Élections présidentielles de 1965 à 2002, France Politique.

    MSR et les femmes


    Marie-Ségolène Royal, en bonne démagogue, promet tout à tout le monde en jouant sur l’émotion, les bons sentiments et les formules creuses. Pour mesurer l’écart entre ses promesses et ses actes on peut prendre, par exemple, la place qu’elle accorde aux femmes dans son équipe de campagne :

    Des envolées lyriques sur l’égalité il ne reste que 21% dans les actes de MSR.

    Serge LEFORT
    23 février 2007

    Démagogie nationale-socialiste


    Le discours-programme de Marie-Ségolène Royal est peu commenté et encore moins analysé, excepté le sempiternel chiffrage dont personne ne peut vérifier la pertinence. Il semble que sa réception, pour le moins mitigée, ne réponde pas aux attentes de ses promoteurs.

    Marie-Ségolène Royal a suscité une certaine curiosité par le biais des « débats participatifs ». En fait, il s’agissait plus de groupes de parole que de débats c’est-à-dire la confrontation de propositions. Elle écoutait, en mère bienveillante, les plaintes de « vrais gens » des difficultés de leur vie quotidienne. Cette énarque, qui paye l’ISF, a certainement eu ainsi l’occasion de se rendre compte de la violence d’une réalité que les chiffres et la novlangue contournent.

    La mise en scène de son discours-programme a révélé l’écart entre la candidate de l’appareil du PS et les espoirs de changement qu’elle avait suscités. L’omniprésence dans les premiers rangs de tous les responsables et des anciens ministres PS, excepté celui qui s’est retiré dans l’île de Ré après sa défaite du 21 avril 2002, et le long exposé d’un catalogue de 100 propositions mitterrandiennes ont remisé au placard le gadget des fameux « débats participatifs ».

    Marie-Ségolène Royal pleurniche aujourd’hui sur le désastre social du néolibéralisme sans dire que les socialistes en furent les ardents promoteurs en 1982-83. En rupture complète avec les promesses électorales de 1981, le PS et le PCF ont fait le lit de la précarité de l’emploi, le recours aux bas salaires, l’exclusion des plus de cinquante-cinq ans et la mise sous tutelle des jeunes par le biais des emplois aidés.

    Avec la famille centrée sur la mère, MSR décline le thème national-socialiste de l’embrigadement éducatif de la jeunesse dans l’armée ou le sport : «Le sport est un combat. Pour une société meilleure», explique-t-elle dans Libération.

    Ségolène Royal, poing sur le ventre et regard humide : « Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j’ai voulu pour mes propres enfants. » Aux jeunes, elle annonce 500 000 « emplois tremplins », des prêts gratuits de 10 000 euros, des allocations d’autonomie, des programmes de logement, des permis de conduire pour les diplômés du CAP, la gratuité des soins pour les moins de 16 ans, la contraception offerte. Une berceuse, en somme.

    C’est un monde infantilisé, pantouflard, égoïste qu’exalte la candidate, en usant des ficelles du jeunisme : une flatterie qui a conduit Royal à édulcorer, dans la 78e proposition de son pacte, le choix du projet socialiste pour un service civique obligatoire de six mois. Les Jeunes Socialistes ayant refusé son aspect contraignant, ce dernier n’apparaît plus. Quand la gauche vante la « jeunesse fiévreuse », c’est pour lui distribuer des bouillottes.

    En arrivant à Airaines, dans la Somme, hier, Ségolène Royal a balayé d’un revers de main les questions des journalistes sur la démission d’Éric Besson de son poste de secrétaire national du PS à l’économie. Venue visiter une usine, Royal a pris les salariés à témoin : « Mais qui connaît M. Besson, ici ? Moi, je m’occupe des vrais problèmes : de l’emploi, du maintien des entreprises, de la politique industrielle ! »
    « Dans tous les domaines, il faut que tout le monde ait un peu de discipline », a ajouté la candidate, avant de risquer : « Il faut de l’ordre juste dans le domaine du Parti socialiste comme dans le domaine du développement économique »…

    Serge LEFORT
    16/02/2007

    Lire aussi :
    • Le Gadgetogramme, AgoraVox
    • La pragmatitude de Démagolène, AgoraVox
    • Programme de Ségolène Royal : vœux pieux et contraintes du réel, AgoraVox
    • Le programme Royal couronne une stratégie générale de vide politique, AgoraVox