Monde en Question

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Let’s Get Rid of growth! – Larguons la croissance !


Bibliographie économie

 

Ce livre pourrait s’appeler : Larguons la croissance ! Débarrassons-nous de la mondialisation mue par le capital

Nous sommes dans une impasse: la croissance est devenue insoutenable, elle ne crée plus d’emplois comme par le passé, elle concentre la richesse entre les mains d’une infime oligarchie et elle détruit notre planète. La mondialisation telle que mue par le capital est bien sûr derrière ce désastre total qui mettra fin à notre monde si nous ne réagissons pas à temps.

Mais pour ce faire il nous faut un projet : une alternative au cours mortel emprunté par notre monde. Nous devons inverser nos priorités et ne plus attendre de la croissance la solution à tous nos problèmes. Nous devons plutôt donner la priorité à nos besoins essentiels, à la restauration de notre environnement, à la convivialité de nos sociétés et à l’autonomie de nos économies.

Pour ce faire il nous faut donner naissance à un nouveau monde, ce qui exige que nous combattions l’idéologie dominante, que nous réinventions la démocratie, que nous gouvernions sagement et que nous bâtissions des sociétés justes.

Les intellectuels et les activistes ont une responsabilité toute particulière à cet égard et ce livre leur est particulièrement dédié. Tel est le projet d’ensemble proposé par Ariel Français, un plan d’action pour changer notre monde, pour le rendre plus plus équitable, plus convivial et plus durable.

Ariel FRANÇAIS, Let’s Get Rid of growth!: Moving Away from Capital-Led Globalization, Amazon, 2017.

Je n’ai pas lu ce livre, mais le résumé de l’auteur me rappelle les propositions du Club de Rome créé en 1968 !

On ne parlait pas de mondialisation à l’époque, mais qu’importe. Les mots changent plus rapidement que la réalité. Lénine a écrit en 1916 L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, diagnostic qui reste d’actualité même si le terme impérialisme n’est plus guère usité aujourd’hui.

De mon point de vue, le changement le plus important fut le triomphe du néo-libéralisme dans tous les pays quel soit le régime politique en place : Angleterre sous Margaret Tatcher, États-Unis sous Ronald Reagan, France sous François Mitterrand ou Chine sous DENG Xiaoping. Or, ce changement a produit, ruse de l’histoire, un déplacement du leadership des États-Unis en faveur de la Chine. L’élection de Donald Trump, après les déplorables années Obama, reflète le lent mais inexorable déclin de la puissance américaine.

31/01/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Ariel FRANÇAIS, Biographie L’Harmattan – Bibliographie, AmazonBlogSite NOUVEAU.
Dossier documentaire Tournant de la rigueur (Néo-libéralisme en France), Monde en Question.
Veille informationnelle Économie, Monde en Question.
L’envers du cirque des élections américaines, Monde en Question.
Élections américaines – Revue de presse, Monde en Question.

Diplomatie coloniale



Kouchner – Sarkozy – Ben Ali

Boris Boillon a été contraint de présenter des excuses aux Tunisiens à la télévision nationale, samedi, après avoir choqué de nombreuses personnes dans le pays en employant un ton agressif lors de sa première rencontre avec la presse.

Une journaliste a demandé de préciser ses propos à l’ambassadeur qui venait de déclarer que selon lui « la France est mal placée pour donner des leçons dans le domaine de l’état de droit et dans le domaine de la démocratie ».

« Non, je ne peux pas expliciter, je dis ce que j’ai à dire et n’essayez pas de me coincer avec des trucs à la con. Voilà, la France n’a pas de leçons à donner, il y a un peuple tunisien qui a montré de manière exceptionnelle, de manière pionnière au 21e siècle ce que c’est que la e-révolution », a-t-il répondu.

« Moi, je ne suis pas là pour faire de la polémique, je ne suis pas là pour créer des problèmes, je suis là, mais pour créer des solutions, donc n’essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles. Franchement, vous croyez que j’ai ce niveau-là, vous croyez que je suis dans la petite phrase débile ? », a-t-il ajouté.

Environ 500 Tunisiens ont manifesté devant l’ambassade de France pour réclamer son départ, dénonçant « son manque de diplomatie » et « son agressivité » lors de cette rencontre avec la presse, a constaté une journaliste de l’AFP.

AFP-France 24

À peine nommé, Boris Boillon, le nouvel ambassadeur de France à Tunis, a donné le ton.

Au lieu du collier de jasmin et des youyous qu’il espérait peut-être, il a été accueilli par des questions de journalistes tunisiens sur Michèle Alliot-Marie, sa ministre, et les rapports déplacés de celle-ci avec des hommes du clan Ben Ali. Et ces questions l’ont visiblement sérieusement agacé… Sarkozyste sur le fond et dans la forme, il a vulgairement envoyé promener tout le monde, arrogance et mépris à l’appui, accusant les uns de tenter « de le faire tomber sur des trucs débiles », rétorquant aux autres : « Vous croyez que j’ai ce niveau-là ? », et tournant le dos à une dernière en lui lâchant, en arabe et grossièrement, « Assez ! »

Pourtant, en acceptant le poste, il acceptait aussi l’encombrant paquet-cadeau des relations entre ses amis et ceux du dictateur tunisien, et les questions étaient plus que légitimes ! Mais qu’attendre d’autre d’un ancien conseiller diplomatique (!) de Sarkozy qui, nommé ambassadeur en Irak en 2009, n’a vu dans ce pays ravagé par la guerre que « le marché du siècle : 600 milliards de dollars », soulignant le rôle positif de l’intervention militaire américaine.

Pour ce qui est de « prendre un nouvel élan, en s’appuyant sur une nouvelle ambition partagée », selon les mots du porte-parole du ministère des Affaires étrangères lors de la nomination de Boris Boillon, cela semble compromis. Suite à son attitude, près de 500 personnes manifestaient devant l’ambassade de France à Tunis, réclamant son départ et brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Casse-toi, pauvre Bouillon » ou encore « Dégagez, petit Sarko ! »

Ce champion de diplomatie s’était aussi répandu, il y a peu, en louanges concernant le dictateur libyen Khadafi, qui d’après lui avait « fait son autocritique » car « dans sa vie on fait tous des erreurs ». Peut-être l’habile Alliot-Marie pourra-t-elle envisager de le nommer ambassadeur… à Tripoli ?

Lutte Ouvrière

Les ventes d'armes prospèrent malgré la crise


Récemment, les États-Unis ont annoncé une vente d’armes modernes d’une valeur de 60 milliards de dollars à l’Arabie Saoudite, une des plus grandes ventes d’armes réalisées par les États-Unis à ce jour. Que ce soit lors de la crise financière ou actuellement, en période de reprise économique solide, les ventes d’armes ont prospéré au fil des années. Selon un rapport récemment publié par l’institut de Stockholm International Peace Research, ces dernières années, le nombre de ventes d’armes à l’échelle mondiale n’a cessé d’augmenter et les États-Unis et la Russie sont les deux grands gagnants.

Les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France, les quatre plus grands pays exportateurs d’armes du monde

Les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne et la France, ces quatre plus grands pays exportateurs d’armes du monde ont engrangé d’énormes bénéfices économiques avec les ventes d’armes.

Toujours selon le rapport, le chiffre d’affaires des exportations d’armes des États-Unis a atteint 38,1 milliards de dollars, soit le plus grand du monde entier, ce qui a créé un nouveau record. La Russie s’est classée à la 2e place avec un chiffre d’affaires de 10,4 milliards de dollars en 2009, grâces à ses armes avancées, de bonne qualité et bon marché. En tant que pays européen de vieille tradition militaire, la France est toujours un géant du marché des exportations d’armes. Selon le rapport publié le 6 octobre 2010 par le ministère de la défense du pays, le chiffre d’affaires des ventes d’armes de la France a augmenté de 13% en 2009 par rapport à celui de 2007 et de 2008, créant le nouveau record du siècle pour se classer à la 4e place des pays exportateurs d’armes les plus grands du monde, suivant les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne.

Le mois dernier, peu après l’annonce étonnante de la vente d’armes d’une valeur de 60 milliards de dollars à Arabie Saoudite par les États-Unis, la Russie a déclaré publiquement qu’elle exécutera un contrat signé avec la Syrie en 2007 dont la valeur s’élève à 300 millions de dollars. Selon le contrat, la Russie va livrer à cette dernière 72 missiles « Yakhont P-800 ».

90% des grandes commandes d’armes ont été faites par des acheteurs asiatiques

Parmi les grandes commandes d’armes à l’échelle mondiale, celles faites par les acheteurs asiatiques en ont représenté 90%. L’Inde constitue ces dernières années un des acheteurs principaux de l’Asie. Elle demande des navires de guerre, des sous-marins, des avions militaires, des chars de combat et autres armes modernes à tous les vendeurs possibles et a signé sans cesse de grandes commandes d’armes, que convoitent les commerçants d’armes internationaux. Les États-Unis, l’Europe et la Russie se sont tous disputés le marché indien, en transférant même certaines technologies modernes à l’Inde pour se procurer des commandes.

En entrant dans l’année 2010, en tant que plus grand pays exportateur d’armes, les États-Unis ont déjà vendu des armes à Taiwan, à l’Inde, au Koweït, à Israël et au Mexique, etc, alors que le président russe Medvedev effectuera en décembre une visite en Inde et lui proposera une importante offre d’armes.

Selon la presse russe, lors de la visite de Medvedev en Inde, les deux parties signeront officiellement une entente sur la recherche et le développement d’avions militaires de la 5e génération, selon laquelle la Russie livrera d’ici 10 ans 250-300 avions militaires de 5e génération et 45 avions de transport militaire.

Par ailleurs, le Moyen-Orient constitue un autre grand marché d’armes où les États-Unis et la Russie sont en concurrence. Ce n’est pas simplement pour l’argent mais aussi pour des intérêts stratégiques et l’influence.

25/11/2010
Renmin Ribao

Controverse de Valladolid


La conquête coloniale des Amériques par les monarchies catholiques d’Espagne et du Portugal fut l’acte fondateur de la barbarie européenne et, par extension, de la barbarie occidentale qui s’autoproclame LA civilisation et se prétend LE modèle indépassable pour les peuples colonisés des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie.

Bartolomé de Las Casas fut un colonialiste version humanitaire – un Bernard Kouchner du XVIe siècle [1]. Son œuvre, intéressante rétrospectivement alors qu’elle fut interdite de publication jusqu’au XIXe siècle, n’eut aucun impact sur la colonisation qui se poursuivit imperturbablement. Elle est instrumentalisée aujourd’hui pour minimiser le crime contre l’humanité perpétré par la monarchie catholique.

On n’a pas attendu le XX° siècle et la fin des empires coloniaux pour que dès le début de la conquête de l’Amérique, un évêque qui y avait participé, Bartolomé de Las Casas, dénonce les crimes des conquistadors dans ce qu’on appelait encore les Indes. C’était en 1550, dans la vieille cité castillane de Valladolid où Charles Quint avait réuni les plus grands philosophes et théologiens de l’époque pour discuter de la légitimité de l’immense empire construit par les Espagnols en Amérique, 58 ans après sa découverte par Christophe Colomb en 1492.
2000 ans d’Histoire

Au Mexique, la hiérarchie catholique vénère Bartolomé de Las Casas comme un saint ; la gauche et l’extrême gauche, aussi débiles qu’en France, l’honorent en passant sous silence que, s’il critiqua les « excès » des colons, son objectif était concilier évangélisation et colonisation (maintenir en vie les colonisés pour les évangéliser) et que ses propriétés de terres indigènes lui rapportaient 100.000 castellanos par an – une petite fortune à l’époque.

12/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Controverse de Valladolid, Académie d’ Aix-Marseille .

• Bartolomé de LAS CASAS, La controverse entre Las Casas et Sepúlveda [introduit, traduit et annoté par Nestor Capdevila et précédé de Impérialisme, empire et destruction], Vrin, 2007 [BooksGoogleAcadémie de ParisErytheis].
La controverse entre Las Casas et Sepúlveda (1550-1551), connue sous le nom de controverse de Valladolid, est une interrogation des fondements de l’impérialisme européen qui le fait apparaître à ses propres yeux comme une entreprise civilisatrice ou génocidaire. Ce débat rigoureusement fondé sur les principes universalistes de la révélation et du droit naturel est un conflit politique pour une nouvelle détermination de l’empire rendue nécessaire par la « découverte » du Nouveau Monde et sa conquête. Sepúlveda légitime cette guerre en revendiquant pour l’Espagne, en tant que peuple chrétien et rationnel, un droit a priori sur l’Amérique et ses habitants idolâtres et barbares. Las Casas condamne toute la conquête en niant la barbarie des peuples indiens et en leur reconnaissant la souveraineté. Ce qui aux yeux de Sepúlveda est un usage légitime de la force au service de la foi et de la civilisation est pour Las Casas un sacrifice humain inavouable et occulté par la victoire du « faux » christianisme sur le « vrai ».

• CAPDEVILA Nestor, Las Casas et la tolérance, Fondation Ostad ElahiColloque L’invention de la tolérance, 08/09/2007.
Las Casas est un catholique orthodoxe qui combat l’infidélité en Amérique comme en Espagne. Son objectif a toujours été de supprimer l’idolâtrie des Indiens, de les convertir et de les soumettre à l’autorité impériale de Charles Quint. La condamnation de la conquête de l’Amérique (« la destruction des Indes ») l’amène ainsi à défendre les droits des peuples indiens (la souveraineté et la propriété). Il reconnaît également aux païens le droit et même le devoir de défendre leur religion. L’autre face de ses projets de colonisation et de conversion pacifiques est une rationalisation hétérodoxe de l’idolâtrie, et en particulier du sacrifice humain, dans le langage de l’orthodoxie catholique. La tolérance est chez lui cette contradiction rigoureusement argumentée par laquelle il défend ce qu’il combat et qui lui impose de fonder la soumission et la conversion des Indiens sur leur accord parfaitement libre.

• CARRIÈRE Jean-Claude, La controverse de Valladolid, Belfond, 1992 et Pocket, 1999 [Fiches de lectureIterevaWebLettres].
• VERHAEGHE Jean-Daniel, La controverse de Valladolid, 1992 [TV5].

Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mexique, Monde en Question.


[1] Le colonialisme humanitaire, Monde en Question.

 

FrançAlgérie


L’indépendance n’a pas permis à l’Algérie de sortir de la violence. Loin s’en faut. Le pouvoir n’a pas été rendu au peuple, mais a été accaparé par un groupe, initialement choisi par la France pour protéger ses intérêts. Pour se maintenir, ce groupe n’a pas hésité à manipuler des islamistes et à plonger le pays dans un nouveau cycle de violence. Dans un ouvrage documenté, La colonie française en Algérie. 200 ans d’inavouable, Lounis Aggoun dénonce un système élaboré par des Algériens avec le soutien de la France, puis des États-Unis, au détriment de tout un peuple.

AGGOUN Lounis, La colonie française en Algérie – 200 ans d’inavouable, Demi Lune, 2010 [Silvia Cattori]

Lire aussi :
• AGGOUN Lounis et RIVOIRE Jean-Baptiste, La Françalgérie, crimes et mensonges d’État – Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la «troisième guerre» d’Algérie, La Découverte, 2004 [Algeria-WatchTerre Politique]
La violence qui a ravagé l’Algérie à partir de 1992 nous a été présentée comme une guerre d’intégristes islamistes contre des militaires se battant pour sauver la démocratie. Quant à la France, elle se serait contentée d’une bienveillante «neutralité». Comme le montrent, preuves à l’appui, les auteurs de ce livre explosif, ce scénario est en fait une vaste construction médiatique. En s’appuyant sur six ans d’enquête, en Europe et Algérie, des dizaines de témoignages et des centaines de sources, ils expliquent comment, dès 1980, un petit groupe de généraux algériens a conquis progressivement le pouvoir, tout en développant les réseaux de corruption de la «Françalgérie». Ces hommes ont ensuite instrumentalisé l’islamisme radical, avant de lancer une terrible «troisième guerre d’Algérie», en multipliant les opérations «attribuées aux islamistes» : assassinat du président Boudiaf, meurtres d’intellectuels, massacres de civils et de militaires… Pour faire pression sur la France, leurs services secrets ont organisé de spectaculaires et meurtrières actions de «guerre psychologique» contre des citoyens français, en Algérie comme dans l’Hexagone. Pour la première fois, ce livre démonte les rouages de l’extraordinaire machine de mort et de désinformation conçue par les généraux algériens, et les complicités dont ils ont bénéficié en France, pour cacher à l’opinion publique occidentale le seul but de la guerre qu’ils mènent contre leur propre peuple : se maintenir au pouvoir à tout prix, pour conserver les milliards de dollars de la «corruption pétrolière».
• STORA Benjamin et QUEMENEUR Tramor, Algérie 1954-1962 – Lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre, France Info Les Arènes, 2010 [Le Midi Libre]
Rassemble toutes les mémoires de ce combat fratricide : pieds-noirs, appelés, nationalistes du FLN et du MNA, partisans de l’Algérie française, opposants à la guerre, harkis.
Collés dans la page ou glissés dans des enveloppes, ces documents historiques, reproduits à l’identique sont à déplier et à découvrir : la carte de l’Algérie en 1954, l’album d’un pied-noir d’Oran, un exemplaire du journal clandestin du FLN, le manuscrit original du discours du Général de Gaulle « Je vous ai compris », un manuscrit inédit de Jules Roy sur la Kabylie, la lettre d’un déserteur à ses parents, des tracts anti-FLN de l’armée française, une lettre d’Albert Camus, une note de service à l’occasion d’un essai atomique dans le Sahara, la dernière lettre d’un soldat prisonnier de l’ALN avant d’être exécuté, la « une » de Libération le jour du cessez-le-feu…
Dossier documentaire & Bibliographie Algérie, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.

FrançAfrique


En 1960, année des indépendances africaines, le général De Gaulle met en place un système qui vise à garder, par tous les moyens légaux et illégaux, le contrôle de nos anciennes colonies. Pour la première fois, des hommes en charge des plus hautes responsabilités, officielles ou officieuses, de 1960 à aujourd’hui révèlent l’histoire tumultueuse de la Françafrique, un monde secret où tous les coups sont permis.

Lundi 8 novembre 2010 à 19h
Au Forum des images – Salle 500
2, rue du Cinéma – Forum des Halles – 75001 Paris
Parking Public Saint-Eustache / M° Les Halles / RER Châtelet – Les Halles
Réservation indispensable au 01 44 75 11 30 ou Compagnie des Phares et Balises

Lire aussi :
• Patrick BENQUET
Site de l’auteur
Blog Mediapart
Blog Scam
Africultures
• FrançAfrique
Site de l’auteur
Survie
• Cinquantenaire des indépendances africaines, INA.
• La fin des colonies – 21e Festival International du film d’Histoire du 16/11/2010 au 22/11/2010, Les Grands Débats de la Revue l’HistoireProgramme films.
Dossier documentaire Afrique, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.

Histoire des Empires


Le XXIème congrès international des sciences historiques, rendez-vous quinquennal des historiens du monde entier, s’est tenu la semaine dernière à Amsterdam.
Un des thèmes principaux qui y a été abordé est celui des empires. On y a parlé des empires finissants, des empires coloniaux et de la mondialisation que la projection de l’Europe hors de ses frontières avait produite.

Comment naît un empire ?
Gilles Veinstein, titulaire de la chaire d’histoire turque et ottomane au Collège de France depuis 1999, nous explique comment ces « beys de la frontière », souverains d’un territoire périphérique à l’Islam de l’époque, frontaliers de l’empire byzantin finissant, se sont transformés, dès le XIV ème siècle, en fondateurs d’empire.
Une fois Constantinople conquise, ils ont d’ailleurs fait de cette ville leur capitale alors qu’ils auraient pu la détruite ou la marginaliser. Ils ont d’ailleurs endossé la succession des Césars tout en revendiquant progressivement le titre de protecteurs des lieux saints de l’Islam.
La Fabrique de l’Histoire

Comment et par qui un empire est-il dirigé ?
Alors que les discussions du XXI ème congrès international des sciences historiques d’Amsterdam sur les empires se sont à peine terminées, la Fabrique lance le débat sur les élites d’Empire.
Quelles relations les élites impériales entretiennent-elles avec les élites autochtones ? Quelle place revient aux privilèges de la naissance ou à la méritocratie dès lors qu’il s’agit de diriger un territoire conquis, nouvellement entré dans l’empire ?
En prenant à la fois l’exemple de l’empire napoléonien et des empires coloniaux, nous tentons de définir quelques problématiques communes liées à la formation et au recrutement de ces élites qui doivent maintenir l’influence impériale loin de la métropole tout en comprenant les besoins d’autonomie et d’expression particulière des territoires qu’ils gouvernent.
La Fabrique de l’Histoire

La fin de l’empire romain, qui a tant obsédé l’Europe depuis le XVIII ème siècle, n’a pas toujours été vue comme une chute. Au Moyen-Age au contraire, les penseurs des histoires universelles, chargés de raconter l’histoire du monde, plaidaient à toute force pour une continuité entre l’empire romain, celui de Charlemagne et le Saint Empire Romain Germanique.
Plus tard, à l’époque moderne, des fondateurs d’empire, tels les souverains espagnols ne se considéraient comme tels qu’en tant que successeurs de Charles Quint , lui même porteur de la qualité impériale romaine.
Le thème de la chute des empires s’est curieusement popularisé au XIX ème siècle, alors même que de nouveaux types d’empires se créaient : les empires coloniaux. Et que l’on se demandait ce qui, de la forme impériale et de la forme nationale, servait le mieux les intérêts des peuples.
La Fabrique de l’Histoire

Table ronde : Géopolitique des congrès d’histoire
La Fabrique de l’Histoire

Tout empire périra


Le magazine L’Histoire consacre son dernier numéro (n°48 – 07/2010) au thème Comment meurent les empires.

En 1981, Jean-Baptiste Duroselle, grand spécialiste de l’histoire des relations internationales, titrait ainsi ce qui reste l’un de ses plus fameux livres. Tout empire périt. Et c’est justice. Car l’empire, fruit de la volonté de puissance et de la conquête, porte en lui le gouvernement par la force, la contrainte des peuples, la soumission, voire la terreur. De ces constructions nées de la démesure, la destinée annoncée est l’effondrement.
« Tout empire périra »

Lire aussi :
• DUROSELLE Jean-Baptiste, Tout empire périra – Théorie des relations internationales, Publications de la Sorbonne, 1981 [Politique étrangère 1981Politique étrangère 2000Oboulo].
• BATTISTELLA Dario, La notion d’empire en théorie des relations internationales, Questions internationales – Les empires, Questions internationales n°26 Juillet/Août 2007.
• CHITOUR Chems Eddine, 2025 : Déclin de l’Occident et avènement de l’Orient, Le Grand Soir, 14 avril 2010.
• HOBSBAWM Eric, Du déclin des Empires, Le Monde diplomatique, Novembre 2008.
• RAMONET Ignacio, L’empire américain, Le Monde diplomatique, Février 1997.
Dossier documentaire & Bibliographie Géopolitique, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Massacres coloniaux


À l’heure où le film de Rachid Bouchareb provoque une polémique de la part des nostalgiques de l’Empire colonial français, qu’ils soient de droite ou de gauche (les plus redoutables), il est utile de lire cet ouvrage sur la réalité méconnue ou oubliée des guerres coloniales [1].

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, de Sétif (mai-juin 1945) à Madagascar (1947), d’Haiphong (1946) à la Côte-d’Ivoire (1949-1950) et à Casablanca (1947), l’armée française a massacré des dizaines de milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était de revendiquer pour plus de libertés ou pour l’indépendance. Ce sont ces pages sanglantes de l’histoire de France, méconnues, voire effacées, qu’Yves Benot retrace dans ce livre. Mobilisant l’ensemble des documents disponibles, il montre comment et pourquoi les gouvernements de la IVe République, bien peu soucieux du respect de la légalité républicaine, ont choisi la voie de la répression sauvage pour préserver la cohésion de l’Empire français. Et il analyse aussi les débats auxquels cette politique a donné lieu en France même, en mettant en lumière l’opposition de certains intellectuels, de ceux des clercs qui n’ont pas trahi comme Jean-Paul Sartre ou Paul Ricœur.
Yves BENOT, Massacres coloniaux – 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, La Découverte, 1994 et 2005

08/05/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Algérie, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.


[1] Lire :
• Massacres de Sétif, Monde en Question.
• La polémique provoquée par le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb : des livres pour comprendre, La Découverte.

Immigration(s)


L’histoire de l’immigration en France a toujours été à la marge de l’histoire nationale. Pourtant, elle est bien présente dans la trame même de ce que certains appellent « l’identité nationale ».
BLANCHARD Pascal, Immigration(s), Afriscope

« Chair à canon », « indigènes », « oubliés de l’histoire »… toutes les expressions se mêlent quand il s’agit d’évoquer le destin des soldats d’outre-mer qui ont servi la France. Autrefois objets de tous les fantasmes, des clichés les plus dégradants aux plus patriotiques, héroïsés de manière presque caricaturale par la presse ou les fabricants de jouets, souvenirs et cartes postales, diabolisés par la propagande allemande, les tirailleurs, qu’on appelait alors tous sénégalais, sont aujourd’hui inscrits dans tous les débats de société autour de l’immigration.
DEROO Éric, Les tirailleurs, entre mémoire et histoire, Afriscope

Lire aussi :
• BANCEL Nicolas, BERNAULT Florence, BLANCHARD Pascal, BOUBEKER Ahmed, MBEMBE Achille, VERGÈS Françoise (sous la direction de), Ruptures Postcoloniales – Les nouveaux visages de la société française, La Découverte, 2010 [Achac].

Comment penser la France d’aujourd’hui sans verser dans la nostalgie à l’égard de sa mythique grandeur passée, et comment construire un nouveau « vivre ensemble » ? De quelle manière sortir des pièges de l’identité nationale et des fantasmes sur les dangers de l’immigration ? Comment penser les relations de la France dans le monde postcolonial, alors que le continent africain fête les cinquante ans d’indépendance des anciennes colonies françaises, que les territoires des outre-mers réclament de nouveaux rôles dans la République et que de nouveaux centres et périphéries émergent ?
Prolongeant le tableau dressé en 2005 dans La Fracture coloniale – La société française au prisme de l’héritage colonial, les auteurs de ce livre apportent un éclairage original sur les courant encore mal connus en France des post-colonial et subaltern studies. Ils tentent de comprendre pourquoi ces courants engagent tant d’oppositions et de fantasmes et examinent la société française à l’épreuve des perspectives postcoloniales.

Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.