Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Histoire globale

Récits d’une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècles)


S’il n’a jamais été autant question d' »histoire-monde », c’est souvent la même histoire du monde qui s’écrit : celle de l’Europe et de son « expansion » en Afrique, en Asie et aux Amériques.

Pour Romain Bertrand, il n’est d’autre remède à cet européocentrisme obstiné qu’une histoire à parts égales, tramée avec des sources qui ne soient pas seulement celles des Européens.

C’est ce qu’il propose dans ce texte, en offrant le récit détaillé des premiers contacts entre Hollandais, Malais et Javanais au tournant du XVIIe siècle. Il montre que l’Europe ne détenait alors aucun avantage sur les sociétés du monde insulindien, que ce soit en matière de compétences nautiques et cartographiques, de grand négoce ou de technologies militaires. Lorsque les vaisseaux de la Première Navigation de Cornelis de Houtman jettent l’ancre en juin 1596 dans la rade de Banten, à Java, ce n’est pas à un monde « primitif » qu’ils ont affaire. Le lecteur découvre au contraire une société complexe et cosmopolite, insérée depuis des décennies dans des réseaux de commerce à grande distance, maillée de lieux de débats politique et religieux intenses et sophistiqués, qui font étrangement écho à ceux qui ont alors cours en Europe.

Un livre qui propose une manière radicalement nouvelle de faire de l’histoire globale.

Romain BERTRAND, L’Histoire à parts égales- Récits d’une rencontre, Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle), Seuil, 2011.

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Lire aussi :
• Romain BERTRAND, CERILecturesPublications diffusées sur Cairn.info.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Histoire des Empires


Le XXIème congrès international des sciences historiques, rendez-vous quinquennal des historiens du monde entier, s’est tenu la semaine dernière à Amsterdam.
Un des thèmes principaux qui y a été abordé est celui des empires. On y a parlé des empires finissants, des empires coloniaux et de la mondialisation que la projection de l’Europe hors de ses frontières avait produite.

Comment naît un empire ?
Gilles Veinstein, titulaire de la chaire d’histoire turque et ottomane au Collège de France depuis 1999, nous explique comment ces « beys de la frontière », souverains d’un territoire périphérique à l’Islam de l’époque, frontaliers de l’empire byzantin finissant, se sont transformés, dès le XIV ème siècle, en fondateurs d’empire.
Une fois Constantinople conquise, ils ont d’ailleurs fait de cette ville leur capitale alors qu’ils auraient pu la détruite ou la marginaliser. Ils ont d’ailleurs endossé la succession des Césars tout en revendiquant progressivement le titre de protecteurs des lieux saints de l’Islam.
La Fabrique de l’Histoire

Comment et par qui un empire est-il dirigé ?
Alors que les discussions du XXI ème congrès international des sciences historiques d’Amsterdam sur les empires se sont à peine terminées, la Fabrique lance le débat sur les élites d’Empire.
Quelles relations les élites impériales entretiennent-elles avec les élites autochtones ? Quelle place revient aux privilèges de la naissance ou à la méritocratie dès lors qu’il s’agit de diriger un territoire conquis, nouvellement entré dans l’empire ?
En prenant à la fois l’exemple de l’empire napoléonien et des empires coloniaux, nous tentons de définir quelques problématiques communes liées à la formation et au recrutement de ces élites qui doivent maintenir l’influence impériale loin de la métropole tout en comprenant les besoins d’autonomie et d’expression particulière des territoires qu’ils gouvernent.
La Fabrique de l’Histoire

La fin de l’empire romain, qui a tant obsédé l’Europe depuis le XVIII ème siècle, n’a pas toujours été vue comme une chute. Au Moyen-Age au contraire, les penseurs des histoires universelles, chargés de raconter l’histoire du monde, plaidaient à toute force pour une continuité entre l’empire romain, celui de Charlemagne et le Saint Empire Romain Germanique.
Plus tard, à l’époque moderne, des fondateurs d’empire, tels les souverains espagnols ne se considéraient comme tels qu’en tant que successeurs de Charles Quint , lui même porteur de la qualité impériale romaine.
Le thème de la chute des empires s’est curieusement popularisé au XIX ème siècle, alors même que de nouveaux types d’empires se créaient : les empires coloniaux. Et que l’on se demandait ce qui, de la forme impériale et de la forme nationale, servait le mieux les intérêts des peuples.
La Fabrique de l’Histoire

Table ronde : Géopolitique des congrès d’histoire
La Fabrique de l’Histoire

Histoire de l’Afrocentrisme


Semaine consacrée à l’Afrique considérée comme un espace central à l’histoire du monde et non comme un continent marginal et périphérique.
La Fabrique de l’Histoire : 1/3, 2/3, 3/3

Lire aussi :
• FAUVELLE-AYMAR François-Xavier, La mémoire aux enchères – L’idéologie afrocentriste à l’assaut de l’histoire, Verdier, 2009 [La Fabrique de l’HistoireNonfiction].
• Mémoire de la traite négrière de l’esclavage et de leurs abolitions, Les Itinéraires de Citoyenneté.
Dossier documentaire & Bibliographie Afrique, Monde en Question.

L’économie chinoise – Une perspective historique


MADDISON Angus, L’économie chinoise – Une perspective historique, OCDE, 1998 et 2007 [BooksGooglePerspectives chinoisesTélécharger].

Angus Maddison est un économiste et historien anglais souvent pillé, mais rarement cité. En France, les articles de ou à propos de l’auteur sont quasi inexistants… Cela traduit le peu d’intérêt pour l’histoire sur la longue durée – le temps long du Monde décrit de Braudel à Grataloup – parce qu’elle va à contre-courant des prescriptions journalistiques auxquelles se soumettent les politiques et les intellectuels.

Le journalisme tue la pensée. La chasse aux nouvelles, l’une remplaçant l’autre qui tombe aussitôt dans l’oubli, fait de nous des bêtes consentantes pour l’abattoir.

Contemple le troupeau qui passe devant toi en broutant. Il ne sait pas ce qu’était hier ni ce qu’est aujourd’hui : il court de-ci de-là, mange, se repose et se remet à courir, et ainsi du matin au soir, jour pour jour, quel que soit son plaisir ou son déplaisir. Attaché au piquet du moment il n’en témoigne ni mélancolie ni ennui.
NIETZSCHE Friedrich, De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie in Considérations intempestive, 1874.

Dans la préface à cette seconde considération à contre-temps, Friedrich Nietzsche faisait de l’histoire une nécessité «pour vivre et pour agir» :

Nous avons besoin de l’histoire, mais autrement que n’en a besoin l’oisif promeneur dans le jardin de la science, quel que soit le dédain que celui-ci jette, du haut de sa grandeur, sur nos nécessités et nos besoins rudes et sans grâce. Cela signifie que nous avons besoin de l’histoire pour vivre et pour agir, et non point pour nous détourner nonchalamment de la vie et de l’action, ou encore pour enjoliver la vie égoïste et l’action lâche et mauvaise. Nous voulons servir l’histoire seulement en tant qu’elle sert la vie. Mais il y a une façon d’envisager l’histoire et de faire de l’histoire grâce à laquelle la vie s’étiole et dégénère. C’est là un phénomène qu’il est maintenant nécessaire autant que douloureux de faire connaître, d’après les singuliers symptômes de notre temps.
NIETZSCHE Friedrich, De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie in Considérations intempestive, 1874.

15/02/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Autres ouvrages :
• MADDISON Angus, L’économie mondiale – Une perspective millénaire, OCDE, 2001 [Alternatives EconomiquesBooksGoogleNumilog].
Angus Maddison présente un panorama complet de la croissance et des niveaux de la population mondiale depuis l’an Mil. Au cours de cette période, la population de la planète a été multipliée par 22, le PIB par habitant par 13 et le PIB mondial par près de 300. Les progressions les plus fortes ont eu lieu dans les pays riches d’aujourd’hui (Europe occidentale, Amérique du Nord, Australasie et Japon). L’écart entre le leader mondial – les États-Unis – et la région la plus pauvre – l’Afrique – est à présent de 20 pour 1. En l’an Mil, les pays riches d’aujourd’hui étaient plus pauvres que l’Asie et l’Afrique.
L’auteur s’est fixé plusieurs objectifs. Il fait oeuvre de pionnier en s’efforçant de chiffrer la performance économique des nations sur le très long terme. Il entreprend aussi d’identifier les facteurs qui expliquent la réussite des pays riches et d’explorer les obstacles qui ont freiné le parcours des pays qui n’ont pas connu la même progression. Enfin, il analyse l’interaction entre les nations riches et les autres pour évaluer la part de l’exploitation dans cette relation.

• MADDISON Angus, L’économie mondiale – Statistiques historiques, OCDE, 2003 [BooksGoogleBooksGoogle EnglishNumilog].

Articles :
• MADDISON Angus, L’Occident et le reste du monde dans l’ordre économique international, OCDE, 2002.
• MADDISON Angus, La Chine dans l’économie mondiale de 1300 à 2030, Outre-Terre n°15, 2006.
• McRAE Hamish, 1000 ans de mondialisation, OCDE, Septembre 2001.
Les empires naissent et meurent, l’économie demeure. Le dernier millénaire a été marqué par l’ascendance de l’Occident, mais son déclin est inévitable.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Chine Tibet Xinjiang, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

L’Occident malade de l’Occident


BULARD Martine et DION Jack, L’Occident malade de l’Occident, Fayard, 2009 [Blog de Malakinel’HumanitéMarianne].

L’Occident se vit aujourd’hui comme une citadelle assiégée. Miné de l’intérieur par une crise systémique, donc durable, voyant son leadership de plus en plus contesté, il se sent assailli par une multitude d’«ennemis» extérieurs. Vu à travers le prisme occidentalo-centriste, le monde se résume à un éternel affrontement entre «eux» — les Chinois, les Russes, les Arabo-musulmans… — et «nous». Singulière réécriture du passé, singulière lecture du présent.

L’élite oublie que l’Occident ne représente qu’une partie de l’humanité et que d’autres puissances, anciennes ou nouvelles, sont en droit de revendiquer une place sur l’échiquier mondial. Elle omet de rappeler que la domination occidentale n’a pas toujours existé. Elle ignore les échanges perpétuels entre civilisations, entre cultures, entre peuples, qui ont bâti les fondements d’une humaine civilisation dont personne ne peut revendiquer le monopole.

À travers un vaste panorama des événements internationaux de ces dernières années – de la crise géorgienne d’août 2008 à l’élection de M. Barack Obama, en passant par le retour de la France dans le giron de l’OTAN -, Martine Bulard et Jack Dion prennent à contre-pied le discours dominant. Au lieu de s’arc-bouter sur des mythes qui ont disparu avec le XXe siècle, il est temps, selon eux, de prendre acte de la nouvelle donne planétaire et de définir un nouvel universalisme. Car de quoi l’Occident est-il malade, sinon de lui-même ?

Le Monde diplomatique qui, comme l’éditeur, ne dit pas que Martine Bulard fut aussi rédactrice en chef de l’Humanité-Dimanche pendant dix ans.

Il m’est difficile de critiquer un livre dont je n’ai lu que l’introduction. Néanmoins, me dérangent le ton journalistique de l’ouvrage, qui brasse beaucoup de faits sans idée directrice, et surtout le manque de perspective historique. Focalisée sur l’actualité de la crise financière de septembre 2008, l’auteur oublie de la situer dans le temps long des cycles économiques.

Post-américain ou pas, le monde ne sera plus le même. On peut même dire qu’un bouleversement planétaire est en train de s’opérer. Quatre siècles durant, du XVIe au XXe siècle, les Européens ont imposé leur domination. Puis la fin du XXe siècle a été marquée par la toute puissance de l’empire américain, lequel pouvait alors rêver d’un univers redessiné selon ses codes, ses mœurs, ses valeurs, ses rites.

Cette période est révolue. Une nouvelle commence, symbolisée à la fois par la fin brutale de la contre-révolution néo-conservatrice et l’amorce de déclin des Etats-Unis, malgré la volonté de Barack Obama de redonner sa place perdue à l’Amérique.

Beaucoup d’analystes évoquent le basculement du monde. Comme 1492 est la date symbolique de la naissance du monde moderne, 2001 est la date symbolique de sa chute. En 1492, l’Europe s’élança à la conquête du monde avec la bible dans une main et l’épée dans l’autre. Le 11 septembre 2001, s’écroulèrent les deux tours du World Trade Center de New York symbole du modèle européen imposé par la colonisation aux autres peuples en Amérique, en Afrique et en Asie et de la domination américaine de l’économie mondiale.

Une autre histoire s’écrit par les colonisés d’hier : «Le monde a basculé et il est en passe de devenir multipolaire. Les Etats-Unis ont plus de difficultés à imposer leur leadership, y compris à l’égard de leurs plus proches alliés. La Chine, l’Inde, le Brésil et, d’une façon plus générale, les pays émergents revendiquent un nouveau partage du pouvoir, mettant en cause un système international qu’ils jugent périmé. [1

Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• BULARD Martine, Finance, puissances… le monde bascule, Le Monde diplomatique, Novembre 2008.
• La Chine va-t-elle dominer le monde ?, Alternatives économiques.
À l’échelle de l’histoire, l’éclipse de la Chine est un phénomène très récent. Selon les estimations de l’historien de l’économie Angus Maddison, le produit intérieur brut (PIB) de la Chine aurait constamment représenté autour du quart de l’économie mondiale entre l’an 0 et 1820, avant de plonger brutalement jusqu’au milieu du siècle dernier. Cette part remonte à grande vitesse depuis les années 1980, tout en restant encore loin de son niveau historique.
Histoire du monde au XVe siècle, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.


[1] Une revue et un livre :
• Le basculement du monde – De la chute du Mur à l’essor de la Chine, Manière de voir n°107, Octobre – novembre 2009.
• BEAUD Michel, Le basculement du monde – De la Terre, des hommes et du capitalisme, La Découverte, 1997 et 2000 [UQAC].

 

Les partages du monde


Les partages du monde, La Fabrique de l’Histoire – France Culture :

• 25/01/2010, Le congrès de Vienne de 1814.
• 26/01/2010, La Conférence de Berlin (1884-1885) ou le partage de l’Afrique.
• 27/01/2010, La conférence de Yalta 1945.
• 28/01/2010, Du G6 au G20, de l’émergence de la Chine.

En datant les partages du monde de 1814, la Fabrique de l’Histoire [1] oublie le Traité de Tordesillas de 1494, qui fonda le partage du Nouveau Monde entre l’Espagne et le Portugal les deux puissances coloniales de l’époque, et les Traités de Westphalie de 1648, qui réalisèrent le partage de l’Europe entre les Provinces-Unies (les Pays-Bas), l’Espagne, la France et le Saint Empire romain germanique.

Ainsi s’écrivait l’histoire… toujours du point de vue de l’Europe. Ainsi s’écrivait l’histoire car le monde moderne, fondé en 1492, s’est écroulé le 11 septembre 2001 avec les tours de Manhattan. Une autre histoire s’écrit par les colonisés d’hier, notamment par la Chine, l’Inde et le Brésil.

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Traité de Tordesillas de 1494 :

• Texte du Traité de Tordesillas in Maximilian SAMSON Friedrich SCHOELL, Abrégé de l’histoire des traités de paix entre les puissances de l’Europe depuis la paix de Westphalie,Université d’Oxford, 1837 [Télécharger], BooksGoogle.
• Le traité de Tordesillas, Au-delà de la carte.
• Le traité de Tordesillas, Herodote.net.
• Le traité de Tordesillas, Laboratoire Suds d’Amériques – UVSQ.
• Le traité de Tordesillas, Municipalité de Tordesillas.

Les grandes découvertes – Colonisation du monde par la Monarchie catholique :

• Les grandes découvertes maritimes, Imago Mundi.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Traités de Westphalie de 1648 :

• Texte des Traités de Westphalie, Acta Pacis Westphalicae.


[1] Courriel du 26/01/2010 :

Cher auditeur,
Nous n’avons pas oublié Tordesillas : nous avons choisi de ne pas le traiter dans cette série pour y revenir une autre fois, dans un autre cadre.
Merci de nous écouter si attentivement
Emmanuel Laurentin

Histoire du monde au XVe siècle


BOUCHERON Patrick (sous la direction de), Histoire du monde au XVe siècle, Fayard, 2009 [La Fabrique de l’Histoire – France CultureLe MondeMarianne-Tout sur la Chine].

Le XVe siècle est le temps de l’invention du monde. De Tamerlan à Magellan, depuis l’Asie centrale jusqu’à la capture de l’Amérique en 1492, s’accomplit une première mondialisation. Mais la geste de Christophe Colomb est tout sauf un événement fortuit : elle est précédée, et surtout rendue possible et pensable, par une dynamique globale et séculaire d’interconnexion des espaces, des temps et des savoirs du monde. Elle ne se laisse en rien circonscrire par ce que l’on appellera plus tard l’occidentalisation du monde : les marchands de l’océan Indien, les marins chinois de l’amiral Zheng He, mais aussi les conquérants turcs ont toute leur part dans cette histoire des devenirs possibles du monde, où rien n’est encore écrit.

Ni dictionnaire critique ni somme érudite, Histoire du monde au XV siècle se veut un essai collectif davantage qu’une encyclopédie. Faisant alterner les chapitres de synthèse et les textes au ton plus libre éclairant un événement, un personnage ou une oeuvre, le livre se prête à la lecture au long cours comme au hasard du cabotage. Mais dans tous les cas, il s’agit bien de susciter des étonnements par rapprochement et d’éveiller des curiosités par le déplacement du regard. Si l’accent est naturellement mis sur ce qui circule plutôt que sur ce qui cloisonne, s’inscrivant en cela dans les perspectives nouvelles d’une histoire globale attentive aux connexions des lieux et des temps, cette histoire du monde ne se réduit pas à une chronique de la mondialisation : il s’agit aussi de rendre compte des spécificités et des originalités des territoires du monde, des temps du monde, des écritures du monde, des devenirs du monde – ces quatre dimensions inspirant l’architecture d’ensemble du livre.

Lire aussi :
• GRUZINSKI Serge, Les quatre parties du monde – Histoire d’une mondialisation, La Martinière, 2004 [Académie de LilleArts LivresCanal AcadémieClionautesCritique internationaleSciences PoRevues pluriellesSIELEC].

Dominer « les quatre parties du monde » : telle est l’ambition de la Monarchie catholique (1580-1640). Pour imposer leur présence, Espagnoles et Portugais apprennent à maîtriser des milieux inconnus, tandis que du Mexique au Japon, du Brésil aux côtes africaines, de Goa aux Philippines, des peuples sont confrontés à des formes de pensée et de pouvoir qui leur sont totalement étrangers. Brassage des êtres ou résistance des traditions locales à la domination ibérique : la terre se mondialise.

À l’aube des temps modernes, ce ne sont pas seulement les modes de vie, les techniques et l’économie que bouleversent les nouveaux maîtres de la planète, mais aussi les croyances et es imaginaires. Serge Gruzinski montre que le passé est une merveilleuse boîte à outils pour comprendre ce qui se joue depuis des siècles entre occidentalisation, métissages et mondialisation. Il nous invite à un vaste tour du monde en compagnie de personnages dont le destin incarne le face-à-face des grandes civilisations et d’un empire universel.

• Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Écouter aussi :
• Histoire du monde 2/4 Cartographier le monde dans l’antiquité, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.
• Histoire du monde 3/4 L’histoire universelle, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.
• Histoire du monde 4/4 La world history ou histoire globale, La Fabrique de l’Histoire – France Culture.