Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Grèves

Revue de presse Culture 16/08/2011


16-19/08/2011, Hemingway, à la vie à la mort, Traversées

Portrait du prix Nobel de littérature de 1954 au rythme des ses oeuvres majeures.

15-19/08/2011, Brassens le musicien, Musique en mémoire

Dans l’été de Musique en mémoire, du 15 au 19 août 2011, hommage 30 ans après – coquin de sort – à Georges Brassens, à travers un grand reportage à l’exposition qui lui est consacrée à la Cité de la Musique à Paris, et au fil de rencontres avec la commissaire Clémentine Deroudille, avec le guitariste de Brassens Joël Favreau, avec deux brassensologues qui se sont penchés particulièrement sur les musiques du « bon maître » [Rémi Jacobs et Gaël Liardon] et avec Georges lui-même dans nos archives.

16/08/2011, Jean-Claude KAUFMANN, Le sac – Un petit monde d’amour, France Info

Les sacs des femmes ne sont pas seulement des accessoires de mode. C’est ce que montre le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son nouveau livre. L’exploration d’un univers où se cachent sentiments et émotions.

16/08/2011, Manufrance en… chansons !, AIMOS

« La verve populaire est d’une richesse inépuisable. De tous temps dans l’histoire, la chanson a été une arme de lutte ».

16/08/2011, Henri Bergson : « Je n’ai pas de système », Bibliobs

Le 19 août 1911, l’auteur du « Rire » recevait à son domicile d’Auteuil un critique parisien. Une rencontre exceptionnelle pour un penseur qui fuyait la presse et le tapage fait autour de son nom.

16/08/2011, Judith GAUTIER, En Chine, Chine ancienne

16/08/2011, J.M. de PRÉMARE, Recherches sur les temps antérieurs, Chine ancienne

16/08/2011, Jean-Baptiste BIOT, Précis de l’histoire de l’astronomie chinoise, Chine ancienne

15/08/2011, Un écrivain français tente de briser le « mythe Dalaï-Lama », Renmin Ribao

« La retraite politique du Dalaï-Lama, c’est du bidon. Alors qu’il a annoncé depuis le mois de mars qu’il se retirerait de la vie politique, en août, il fonce aux Etats-Unis et il rencontre le président Obama. Et dans sa dernière interview avec Le Monde, il a donné son avis sur ce que doit être la démocratie en Chine. Est-ce que ce sont des gestes d’une personnalité religieuse ou d’un homme politique? Est-ce que ce sont des propos qui viennent d’un homme qui ne s’intéresse plus à la politique? »

C’est l’écrivain français Maxime Vivas, l’auteur de Dalaï-Lama – Pas si zen, qui a posé ces questions lors d’une interview accordée vendredi à l’agence Xinhua.

14/08/2011, Post-scriptum à « Marx théoricien de l’anarchisme » (Rubel, 1983), La Bataille socialiste

Lire aussi : Revue de presse Culture 2011, Monde en Question.

Revue de presse Crise 02/08/2011


02/08/2011, Alexeï PILKO, Le « défaut de paiement » masque une négociation politique difficile sur l’Afghanistan, RIA Novosti

Les négociations difficiles entre le président Barack Obama et ses opposants républicains pour l’augmentation du plafond de la dette publique des Etats-Unis se sont conclues par un compromis provisoire, littéralement à la derrière minute. Nous avons été témoins d’un nouvel épisode d’une lutte sévère et sans merci, dont le véritable objectif est d’empêcher le président américain de prolonger son mandat pour les uns ou de le laisser dans le fauteuil de président après 2012 pour les autres.

Ainsi, dans l’intérêt de la lutte politique contre le président actuel, il est nécessaire de ne pas changer la donne en Afghanistan au cours des 18 mois à venir, voire d’aggraver le conflit. Une telle approche des républicains engendre des projets véritablement fantastiques, tels que le « plan Blackville » d’un ambassadeur américain à la retraite qui a proposé de diviser l’Afghanistan en deux parties. Comme l’écrit l’experte russe Natalia Bourlinova, « ce plan est dans la logique de la politique étrangère des Etats-Unis qui, en poursuivant leur intérêt propre, négligent souvent le droit international ou appliquent ses règles a posteriori ».

02/08/2011, Grève inédite du Samu social, France Culture

Pour la première fois de leur histoire, les salariés du 115 sont invités à cesser le travail ce mardi 2 août. La Coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale appelle à la grève partout en France. En cause : la baisse des moyens pour les hébergements d’urgence. Il y a deux semaines, le fondateur du Samu social Xavier Emmanuelli démissionnait pour dénoncer, lui-aussi, les choix du gouvernement.

01/08/2011, Vladimir PETROVSKY, L’Asie dans l’attente du 2 août, RIA Novosti

Les principaux détenteurs d’obligations américaines, avant tout la Chine (plus de 1.150 milliards de dollars) et le Japon (890,3 milliards de dollars), qui se partagent 40% de la dette publique américaine, s’attendent à des temps difficiles. On voit les mêmes dispositions dans d’autres pays, par exemple en Corée du Sud ou en Inde, qui conservent la majeure partie de leurs réserves monétaires en dollars américains.

La Chine n’a pas l’intention de suspendre les achats d’obligations du Trésor américain dans un avenir proche, en dépit du risque de défaut de paiement des Etats-Unis. Comme l’a récemment écrit le journal Renmin Ribao en se référant au centre gouvernemental de recherche, « Pékin n’a pas d’autre choix que de continuer à acheter de la dette américaine, car la Chine veut que le dollar soit stable. Et les obligations américaines demeurent l’un des produits d’investissement les plus liquides sur le marché, compte tenu des immenses réserves de change de la Chine ».

Le Japon, dont la dette publique a atteint 200% du PIB, est également conscient qu’il n’existe pas d’alternative aux obligations américaines. Or, le pays devra dépenser beaucoup d’argent pour éliminer les conséquences de l’ouragan et du tsunami qui ont frappé le Japon en mars, laissant dans leur sillage des dommages estimés entre 16.000 et 25.000 milliards de yens, soit 195-305 milliards de dollars.

Lire aussi :
Revue de presse Crise économique, politique et sociale 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Grève des centres d’appel


Voilà une information que vous ne trouverez pas dans les média dominants : Journée nationale de grève des centres d’appel :

Lundi 20 juin, à l’appel des syndicats CGT, CFDT, FO, SUD et CFTC, les employés des centres d’appel sont entrés en lutte dans tout le pays pour leurs salaires et leurs conditions de travail.

La plupart des plates-formes d’appel payent leurs salariés au smic et cela « que quelqu’un ait deux mois ou cinq ans d’ancienneté », comme le dénonçaient des grévistes. La majorité sont embauchés en CDD et 80 % des employés sont payés au smic, sans évolution de carrière, avec de moins en moins de primes, tandis qu’on exige d’eux d’être de plus en plus compétitifs.

LO ne rappelle pas que la majorité des centres d’appel sont délocalisés en Irlande, au Maroc, en Tunisie ou en Inde car cette organisation, à la remorque des syndicats, est nationalo-ouvrièriste. Voir, par exemple, l’implantation de Teleperformance.

22/06/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Des travailleurs bien décidés à se faire entendre, Lutte Ouvrière.
• Centre d’appel B2S (Aix-en-Provence) : Assez d’êtres scotchés au téléphone pour trois sous !, Lutte Ouvrière.
• Centres d’appel (Troyes) : En grève sur les salaires et contre les pressions au travail, Lutte Ouvrière.
• Centres d’appel Armatis (Calais et Boulogne-sur-Mer) : Ras le bol des bas salaires !, Lutte Ouvrière.
• Armatis – Le stress au quotidien, Lutte Ouvrière.
• Appel national des centres d’appels, Blog de la CGT.
• Journée d’appels à la grève chez Teleperformance, FO Centre d’appels.
• Appel à la grève ce lundi à Armatis, La semaine dans le boulonnais.
• Centres d’appels : les salariés décrochent , Nouvelle République .
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

La grève des mineurs de 1948


Les mineurs de 1948 gagnent
7 mineurs licenciés à la suite d’une grève menée en 1948 obtiennent justice.

La cour d’appel de Versailles, dans un arrêt rendu hier, a donné raison à 17 mineurs qui avaient été licenciés en 1948 à la suite de la longue grève menée dans tous les bassins miniers de France et principalement dans le Nord et le Pas-de-Calais. Ils avaient porté plainte contre les Charbonnages de France pour discrimination. La cour a reconnu qu’ils avaient été licenciés pour fait de grève, elle a rejeté l’argument de la prescription des faits avancé par les Charbonnages, et accordé à chacune des 17 familles la somme de 30 000 euros de dommages-intérêts. C’est l’aboutissement d’une longue bataille, conduite par les mineurs et/ou leurs héritiers, avec l’appui d’un collectif d’avocats du Syndicat des avocats de France. Mais ces gueules noires n’ont toujours pas bénéficié de l’application de la loi d’amnistie d’août 1981, contrairement aux travailleurs sanctionnés dans toutes les branches professionnelles nationalisées.

L’Humanité

Victoire ! 10 mars 2011, la cour d’appel de Versailles a reconnu l’illégalité des licenciements de 17 mineurs pour fait de grève, après la grande grève de 1948. Pourtant, l’Etat a déjà fait un pourvoi en cassation, pour ne pas les indemniser. Alors victoire ? Oui, car c’est une victoire sur l’oubli et le mépris. Un hommage à ces hommes et femmes qui se sont battus.

Ils se sont battus des années, des décennies. Tout ce temps pour que soit reconnue leur lutte, eux qui en 1948 avaient participé à la grande grève de mineurs. Pour cela ils ont été punis, licenciés, expulsés parfois de leur logement. Hommage aujourd’hui à ces mineurs et femmes de, à qui l’Etat hésite encore à donner la reconnaissance qui leur est due.

Un reportage de Charlotte Perry
Là-bas si j’y suis 1/3, 2/3, 3/3

C’est l’occasion de rappeler que Jules Moch, ministre de l’Intérieur socialiste [1], mobilisa 60 000 CRS et soldats contre les 15 000 grévistes. Le bilan fut lourd : plus de 2 000 licenciements, cinq morts et de nombreux blessés.

Jules Moch dénonça à cette occasion un « complot communiste » pour « revenir au pouvoir à la faveur des grèves » après que les ministres communistes furent renvoyés du gouvernement en mai 1947 [2].

Jules Moch savait pourtant que le PCF avait donné des gages de sa soumission nationaliste au général de Gaulle :

« Quand on me dit qu’à Notre-Dame, ou dans certaines fosses de l’ancienne concession, on a payé jusqu’à 27, 28, 30% d’absences, je dis que c’est un scandale, ce n’est pas possible, cela ne peut pas continuer. On s’absente trop facilement pour un oui ou pour un non et un mineur, qui a le goût de son métier, sait très bien que tant d’absences entraînent une désorganisation complète du travail. » (p.166)
« Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilité au nom du Comité central, au nom des décisions du Congrès du Parti, je le dis franchement : il est impossible d’approuver la moindre grève, surtout lorsqu’elle éclate, comme la semaine dernière aux mines de Béthune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. » (p.168)
« Je voudrais vous faire comprendre, je voudrais que ce que nous pensons au Comité central puisse passer dans la tête, dans le cœur de chacun de vous ici, militants communistes, secrétaires des organisations, délégués mineurs, délégués les plus responsables ; chez vous d’abord, puis chez tous les mineurs communistes, chez tous les syndiqués, chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c’est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français.
Maurice THOREZ, Discours de Waziers du 21 juillet 1945, Œuvres – tome 21 (Juin 1945 – Mars 1946), Éditions sociales, 1963 p.137 à 182.
Retroussons nos manches, CNDP.

Jules Moch savait aussi que le PCF avait rempli le rôle que lui avait assigné le général de Gaulle et qu’il ne servait plus à rien alors que s’ouvrait la page de la « guerre froide » c’est-à-dire la guerre idéologique contre l’URSS, l’alliée d’hier contre l’Allemagne nazie [3].

17/06/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• 1948-2008 : 60 ans après la grande grève, les mineurs réclament toujours justice, France Info.
• La grève des mineurs de 1948, Blog de Diedrich.
• La grève des mineurs de 1948, Cahiers d’histoire socialeInstitut d’Histoire Sociale CGT.
• 4 octobre 1948 Début de la grande grève des mineurs, Parti de Gauche.
• Grèves des mineurs de 1948 – Déroulement et enjeux…, La Riposte.
• Soixante ans après la grève des mineurs de 1948, Lutte Ouvrière.
• Comment le PCF a trahi la grève des mineurs de 1948, Pouvoir ouvrier.
• Écrire l’histoire sociale : l’exemple de la grève des mineurs de 1948 , Site des Archives Municipales de Saint Etienne – 1948 : mineurs en grève ! [expo photos], Site des Archives Municipales de Saint Etienne.
• Marc LAZAR, Le mineur de fond : un exemple de l’identité du PCF, Revue française de science politique n°2, 1985.
• Pierre OUTTERYCK, Achille Blondeau, mineur, résistant, déporté, syndicaliste, Le Geai bleu, 2006.
Pendant plus d’un siècle, le charbon fut le pain de l’industrie, le combustible indispensable du chauffage domestique, l’aliment permettant la production électrique des centrales thermiques. Dans toute la France, des centaines de milliers d’hommes extrayèrent la houille au sein de compagnies privées, avant qu’en 1946 l’ensemble de la production fût nationalisée.
Les mineurs furent parmi les acteurs principaux des luttes sociales. Les difficultés, la pénibilité de leur métier, la solidarité nécessaire dans les entrailles de la terre, la forte cohésion de la communauté minière fascinèrent et fascinent toujours nos sociétés.
Cet ouvrage retrace la vie d’Achille Blondeau, fils et frère de mineurs, mineur lui-même. Après les combats de la Résistance auxquels il participa, Achille prit d’importantes responsabilités au sein de la Fédération des Travailleurs de Sous-Sol CGT.
A travers lui, cet ouvrage évoque le travail difficile, les engagements multiples, la lutte incessante d’une corporation dont l’activité a profondément modelé la société française au fil des décennies.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.


[1] Un certain François Mitterrand était Secrétaire d’État à la Présidence du Conseil du même gouvernement.
[2] Sélection bibliographique :
• Discours de Jules Moch à l’Assemblée nationale (16 novembre 1948), Blog de l’histoire du socialisme.
• La grève des usines Renault en 1947, Monde en Question.
• Annie LACROIX-RIZ, La grève d’avril-mai 1947 de la régie renault : des événements à leur contexte général, Renault Histoire n° 6, juin 1994.
• Grèves des ouvriers des usines Renault [photo], European NAvigator.
• La une de L’Humanité du 6 mai 1947, European NAvigator.
• Le PCF dans la « guerre froide »/ un parti stalinien modèle (1947-1967), Courant Communiste International.
[3] En plus de l’attribution de postes aux communistes, le général de Gaulle accorda la grâce amnistiante à Maurice Thorez, condamné pour désertion et réfugié à Moscou (p.100).
Maurice Thorez remplira le rôle assigné par le général de Gaulle : non seulement de dissoudre les « milices patriotiques », mais aussi d’inciter les ouvriers à « travailler autant que possible et produire coûte que coûte » (p.101).
Géneral de GAULLE, Mémoires de guerre – Le salut 1944-1946, Plon, 1959 p.99 à 101.

Revue des podcasts Egypte


Egypte : Après la révolution démocratique, le souhait d’une révolution sociale, Dossier du jour

Après la révolution pour plus de démocratie, les Égyptiens veulent une révolution salariale. La forte croissance (6 à 7 %) que connaissait l’Égypte avant les évènements n’était qu’une apparente prospérité. Elle ne profitait qu’à une petite minorité d’Égyptiens. Partout, désormais, les bas salaires se révoltent et s’insurgent et veulent récupérer une partie de l’argent de la corruption.

Spéciale Egypte, Les Matins 1/2, 2/2

Révolutions au bord du Nil, Les Pieds sur terre 1/5, 2/5, 3/5, 4/5, 5/5

Les éléments de la révolte, RFI
L’après-Moubarak et le rôle de l’armée, RFI

en Egypte, en seulement 18 jours, les mouvements de contestation ont réussi à faire plier le pouvoir et à obtenir la démission du président Hosni Moubarak qui dirigeait le pays depuis 30 ans. Quels sont les ingrédients qui ont permis cette révolution ? Comment se dessine l’après-Moubarak avec le rôle de l’armée, omniprésente, et un régime qui malgré tout est toujours en place ?

Lire aussi :
• L’actualité des podcasts
DKPOD
Tous les podcasts
RSS One
Guide des ressources documentaires, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Egypte, Monde en Question.

Les attentes de l’Egypte des humbles


16/02/2011, L’Express :

Pour le « petit peuple » des banlieues du Caire, la liberté et la démocratie tiennent de l’abstraction. Du pain, un toit, un emploi : voilà ce que réclament les humbles.

15/02/2011, RIA Novosti :

Tous les analystes, aussi bien dans la région qu’à l’extérieur, faisaient remarquer depuis longtemps qu’au Proche-Orient, voire même à une échelle plus grande, divers problèmes s’accumulaient : sociaux, économiques, intra-nationaux et intra-régionaux.

15/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités :

Confrontée à une vague de mouvements sociaux affectant toute une série d’activités clés, du secteur bancaire au tourisme, l’armée a exhorté les travailleurs à reprendre le travail pour réduire les conséquences économiques de la révolution.
Dans un contexte de ressentiment de la population face à l’inflation et la dureté de la vie, l’armée va devoir observer un subtil équilibre entre sa volonté de remettre le pays au travail et son souci de dissiper les doutes persistant sur son intention de remettre le pouvoir aux civils.
A la faveur d’une liberté d’expression fraîchement conquise, des travailleurs de divers secteurs d’activités ont manifesté lundi au Caire et dans d’autres villes d’Egypte pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail.
Depuis la chute de Moubarak, grèves, manifestations et sit-in affectent notamment le secteur public, dont la Bourse du Caire, les industries textiles et métallurgiques, les médias officiels, les postes et les chemins de fer.

16/02/2011, AP-Yahoo! Actualités :

Des manifestations se poursuivaient mercredi en Egypte, en dépit des mises en garde de l’armée contre les conséquences des rassemblements et des grèves sur le retour à la normale et les efforts visant à améliorer l’économie.
Plusieurs centaines d’employés de l’aéroport du Caire ont entrepris de protester dans le terminal réservé aux arrivées pour demander de meilleurs salaires et une couverture santé.
A Mahallah al-Koubra, ville du delta du Nil, des ouvriers de la plus grande usine textile d’Egypte se sont mis en grève pour réclamer une hausse des salaires et une enquête sur des faits présumés de corruption au sein l’établissement.
A Port Saïd, à l’entrée du canal de Suez, un millier de personnes ont manifesté pour exiger la fermeture d’une usine chimique, qui déverse ses déchets dans un lac près de la ville.

16/02/2011, AFP-L’Express :

Des arrêts de travail et des rassemblements étaient signalés mercredi dans de nombreux endroits, en particulier dans le delta du Nil, les villes le long du canal de Suez, au Caire et dans la deuxième ville du pays, Alexandrie. Le secteur bancaire était également perturbé, obligeant la Bourse du Caire à rester fermée jusqu’à dimanche au moins.
Le personnel de l’entreprise publique Misr Filature et Tissage, qui emploie quelque 24.000 personnes à Mahallah, dans le delta du Nil, demandait aussi le départ de deux des directeurs de l’usine selon Faiçal Naoucha, un des organisateurs de la grève. Une grève était aussi en cours dans un autre grande usine textile, à Helwan, dans la banlieue sud du Caire.
A Ismaïliya, sur le canal de Suez, des employés des services publics de l’irrigation, l’éducation et la santé ont protesté devant le gouvernorat pour demander de meilleurs salaires, ont indiqué des témoins.
Après avoir suspendu leur grève dimanche, les employés de la plus grande usine d’Egypte ont repris leur mouvement mercredi pour réclamer hausses de salaires et meilleures conditions de travail, au lendemain d’une mise en garde de l’armée contre les conséquences « désastreuses » de nouveaux mouvements sociaux.
Environ 40% de la population égyptienne vit en dessous du seuil de pauvreté, établi à deux dollars par jour et par personne. Le salaire minimum, fixé l’an dernier à environ 70 dollars par le gouvernement, est proche de ce seuil de pauvreté.

17/02/2011, Xinhua :

Derrière cet apaisement de façade, le pouvoir militaire reste confronté à de multiples défis. A travers le pays, des grèves ont succédé aux 18 jours de manifestations, réclamant entre autre une augmentation des salaires.
Depuis le début de la semaine, des milliers d’employés des banques, des usines textiles, agro-alimentaires, des raffineries, ainsi que des services du gouvernement, mènent une grève.
La banque centrale a déclaré que les banques devraient rester fermées jusqu’à mercredi ou jeudi.
Mardi, devant le siège de l’autorité du canal de Suez, à Ismaïlia, des représentants du syndicat et des employés ont réclamé une augmentation de leurs salaires, selon l’agence MENA.

18/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités :

Hassan Ibrahim, un électricien père de trois enfants, espère que la révolution égyptienne va lui permettre de tourner la page de sombres années pendant lesquelles il vécu dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir sa famille.
Le 28 janvier dernier, il faisait partie des millions de manifestants à défiler dans les rues du pays, dont la hausse du taux d’inflation des prix alimentaires est l’une des plus rapides au monde, lors d’un mouvement de contestation sans précédent qui a eu raison vendredi dernier du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.
La démission de Moubarak la semaine dernière a été accueillie par des cris de joie mais une semaine après, les Egyptiens, qui cherchent à se réapprovisionner, font face à des rayons vides et à des prix élevés. Quant à Ibrahim, il n’a pu encore constater aucune amélioration sur sa vie quotidienne.
Le prix de la nourriture et des boissons ont d’ores et déjà bondi de 18% sur un an le mois dernier alors que le salaire d’Ibrahim, lui, stagnait.
Pendant que des manifestants réclamaient le départ du raïs, d’autres Egyptiens accumulaient des provisions de première nécessité et remplissaient des sacs avec le traditionnel pain brun égyptien avant le couvre-feu.
« Les prix ont augmenté plus fortement les jours de manifestations, tout le monde s’empressant de stocker de la nourriture pendant le couvre-feu. »
L’inflation est un nouveau casse tête pour les autorités qui tentent de restaurer la confiance dans une économie frappée par des grèves et la fermeture des banques.
Assurer l’approvisionnement en nourriture est d’autant plus important que l’Egypte, par le passé, a connu des émeutes de la faim qui ont conduit l’armée à intervenir pour rétablir le calme ou distribuer des provisions.
Le pays importe la moitié de sa consommation intérieure et la révolution est survenue sur fond de flambée des prix alimentaires au niveau mondial.

18/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités :

Le Conseil suprême des forces armées au pouvoir en Egypte depuis la chute, le 11 février, du président Hosni Moubarak a prévenu vendredi qu’il n’autoriserait pas la poursuite de grèves et mouvements sociaux nuisibles, selon lui, à l’économie du pays.
« Des mesures légales seront prises à l’encontre (de semblables mouvements) pour protéger la sécurité de la nation et de ses citoyens », a annoncé vendredi la télévision nationale citant un communiqué de l’armée.
« Le Conseil suprême des forces armées ne tolèrera pas la poursuite de semblables pratiques illégales », prévient-il tout en disant comprendre les doléances des travailleurs.

Contestation sociale en Egypte


Des milliers de fonctionnaires égyptiens se sont mis en grève et ont manifesté lundi au Caire et dans d’autres villes du pays pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, dans la foulée du soulèvement qui a poussé au départ le président Hosni Moubarak. L’armée désormais au pouvoir a rapidement réagi, appelant les contestataires à cesser le mouvement de grogne.

Des centaines de salariés des transports publics ont défilé près du bâtiment de la radio publique, alors que ceux de l’Organisation gouvernementale de la Jeunesse et des Sports manifestaient sur la désormais célèbre place Tahrir. Sur l’autre rive du Nil, dans la capitale, des centaines de conducteurs d’ambulance se sont également rassemblés avec des revendications similaires.

La Banque centrale d’Egypte, de son côté, a décidé de fermer ses bureaux dans tout le pays en raison de la grève des employés de la Banque nationale et de plusieurs autres institutions bancaires du pays. Un mouvement de grève affecte aussi la compagnie aérienne nationale EgyptAir, qui a programmé seulement 31 vols internationaux et 12 dessertes intérieures ce lundi, contre au total 145 liaisons quotidiennes. L’agence officielle Mena a fait état de manifestations dans d’autres villes, dont Assouan (sud) et Alexandrie (nord).

Pour la deuxième journée consécutive, par ailleurs, plusieurs centaines de policiers ont manifesté lundi devant le ministère de l’Intérieur, pour réclamer de meilleurs salaires mais aussi plaider leur cause. Nombre de ces policiers affirment ne pas être responsables de la répression qui a coûté la vie à de nombreux manifestants fin janvier. « C’est dur pour nous de retourner au travail, parce que les gens nous détestent », expliquait un capitaine. La police est honnie en Egypte, pour sa brutalité et sa corruption durant les années Moubarak.

Aux commandes du pays depuis la démission du président Moubarak, l’armée a rapidement fait comprendre qu’elle ne tolérerait pas que le mouvement de grogne prenne de l’ampleur. Dans un communiqué lu à la télévision nationale, un porte-parole du Conseil suprême des forces armées en a appelé à la responsabilité de chacun pour qu’en cette « période cruciale » de l’Egypte, un climat apaisé puisse permettre la transition promise par les militaires vers un gouvernement civil élu.

La poursuite des grèves et manifestations, avertit l’armée, mettrait en péril l’économie du pays et permettrait à des « éléments irresponsables » de perpétrer des « actes illégaux ». Le communiqué ne fournit pas d’autres détails.

AP-Yahoo! Actualités

État des résistances en Egypte et ailleurs


L’État des résistances dans le Sud 2010 – Monde arabe est opportunément paru le 22/01/2010 aux Éditions Syllepse.

Deux clichés sont d’emblée discutés par cet Etat des résistances dans le monde arabe. D’abord, celui du « vide d’acteurs » civils et sociaux qui caractériserait les sociétés non démocratiques. L’autoritarisme, le militarisme ou les tiraillements des Etats de la région auraient pour corollaire mécanique la confiscation rédhibitoire de tout espace autonome de mobilisation citoyenne et de contestation sociale. Ensuite, second lieu commun mis en perspective, l’épuisement de l’essentiel des formes protestataires dans la figure simplifiée et réifiée des « fous de Dieu », figure qui fige et surdimensionne la rhétorique religieuse. Les contradictions supposées intrinsèques entre mouvements islamistes et dynamiques de modernisation sociale et politique sont fixées a priori.

Or, les réalités des résistances à l’ordre établi et aux inégalités sociales dans le monde arabe apparaissent, à un deuxième niveau de lecture, à la fois plus denses et plus complexes. L’échec des politiques de développement mimétique, l’essoufflement des moteurs idéologiques – socialisme, nationalisme, panarabisme – des Etats post-coloniaux et les crises laissées ouvertes par la libéralisation économique, la mondialisation et la géopolitique du pétrole ont nourri le mécontentement social et ouvert la voie à la (ré)émergence de sociétés civiles identitaires, nationalistes et démocratiques… Les réactions des pouvoirs contestés oscillent entre éradication, répression cachée, cooptation sélective, ouvertures en trompe-l’oeil et intégration neutralisante à la scène politique.

Le Centre Tricontinental – CETRI – publie en ligne les articles de cet ouvrage dont la lecture vous en dira plus que la propagande des médias dominants sur les « événements » en cours dans le Maghreb et le Moyen-Orient.

Gagnants et perdants


Alors que le mouvement social continue, mais s’essouffle comme cela était prévisible, le PS l’a déjà enterré en même temps que son « grand élu visionnaire et bâtisseur dont le nom restera à jamais lié à » ses alliances avec l’extrême droite !

« Il sortira de tout ça un perdant, Nicolas Sarkozy, et des gagnants, les syndicats et le Parti socialiste », estime le député PS Pierre Moscovici.
NouvelObs

Pierre Moscovici ne manque pas d’air de claironner, en novlangue que le PS « aura été en accompagnement et en propositions politiques » alors que, comme les directions syndicales, il a accompagné le mouvement pour mieux le briser. Quant aux propositions politiques, il faut se rappeler que, dès 1982-1983, le PS avait accompagné l’offensive néo-libérale et que, en 2002, Lionel Jospin avait accepté la casse des retraites [1].

Les perdants sont tous ceux qui avaient encore des illusions sur les directions syndicales et politiques qui se disent de gauche, mais aussi ceux qui avaient des illusions sur la spontanéité révolutionnaire des manifestants et l’auto-organisation des grévistes [2].

27/10/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde
Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Léninisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Luxemburgisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Stalinisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Trotskysme, Monde en Question.


[1] Lire :
• Tournant de la rigueur, Monde en Question.
• L’offensive Jospin contre les retraites, Convergences Révolutionnaires.
[2] Texte, à partir de « mais aussi », et note ajoutés le 28/10/2010.
Les trotskystes à la remorque des directions syndicales :
• Les directions syndicales iront-elles jusqu’au bout ?, Convergences Révolutionnaires, 18/10/2010.
• Le 28 octobre et après : contre la réforme des retraites, la lutte continue !, Lutte Ouvrière, 25/10/2010.
Les luxemburgistes dans l’illusion spontanéiste et auto-organisationnelle :
• Sur la lutte contre la réforme des retraites, La Bataille socialiste, 21/10/2010.

Échos des grèves


Il est impossible de suivre le mouvement en cours, depuis l’étranger, à partir de la lecture des médias dominants (propagandistes contre les grèves) ou alternatifs (propagandistes pour les grèves).

Si la dépêche ci-jointe est vraie, on peut prévoir que le mouvement amorcera sa phase de reflux grâce à la démobilisation des syndicats et des partis de gauche.

Mardi, à l’issue d’une journée de négociations au siège de Total, la plupart des syndicats ont appelé à cesser la grève dans les raffineries, à l’arrêt depuis une semaine, jugeant « significatives » les garanties obtenues.

A la raffinerie Total de Feyzin, mercredi après-midi, les salariés ont voté la reprise du travail. Une décision votée par la majorité des grèvistes. Sur ce site, la grève a duré huit jours. Une reprise du travail au goût amer pour certains salariés…

A l’exception du site de Dunkerque, les salariés des raffineries de La Mède (Bouche-du-Rhône), Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville-L’Orcher (Seine-Maritime) et Grandpuits (Seine-et-Marne) ont également voté la reprise du travail.

Fin de grève dans cinq des six raffineries Total, France 3 Rhône Alpes Auvergne

24/10/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


Entretien avec Pascal, travailleur social et militant syndical à Besançon
Radio Périgueux 103, La Bataille socialiste

Lire aussi :
• Révolte, Minorités n°53.
• Grève générale, Blog animé par Initiative Communiste-Ouvrière [tendance luxemburgiste].
• Salariat – précariat, Rebellyon.info [media alternatif Lyon].
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.