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Archives de Tag: G20

Crise systémique globale


Alerte Crise systémique globale – Premier Trimestre 2011 : Franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale, GEAB N°49

Dans ce GEAB N°49, en plus de l’analyse des six principales transitions qui marquent le franchissement de ce seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale, notre équipe présente de nombreuses recommandations pour faire face aux conséquences de cette nouvelle étape de la crise. Elles concernent notamment l’ensemble Devises/Taux d’intérêt/Or & Métaux précieux, la préservation de richesse et le remplacement de sa mesure par rapport au Dollar US, les « bulles » des classes d’actifs libellés en Dollars US, les bourses et les catégories d’entreprises particulièrement fragiles dans cette phase de la crise. LEAP/E2020 y présente aussi les « trois réflexes simples » à adopter pour mieux comprendre et anticiper le nouveau monde en gestation. Par ailleurs, dans ce numéro du GEAB, notre équipe décrit le double choc électoral franco-allemand de 2012/2013.

Lire aussi :
• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

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Guerre économique


Bernard Guetta se réjouit par avance de la guerre économique que les États-Unis lancerait contre la Chine à l’occasion du sommet du G20, qui se réunira demain dans la capitale sud-coréenne.

Pour l’heure, en plein marasme économique, ce marasme qui a fait perdre les élections de la semaine dernière à Barack Obama, les États-Unis se sont résolus à faire marcher la planche à billets, à imprimer du dollar, afin de faire encore baisser leur devise avec pour triple objectif de booster leurs exportations en en abaissant le coût, de renchérir leurs importations, notamment chinoises, mais pas seulement et de diminuer la valeur des réserves financières de la Chine dont les coffres sont bourrés de dollars et d’obligations du Trésor américain. Les États-Unis ont déclaré une guerre économique à la Chine parce qu’ils n’acceptent plus qu’elle ruine leur industrie, fasse exploser leur taux de chômage et soit devenue leur principal créancier en ajoutant à l’atout de ses bas salaires celui d’une monnaie, le yuan, qu’elle maintient à un taux artificiellement bas.
Géopolitique

Cette prédiction est un vœu qui a peu de chance de se réaliser car « de plus en plus de pays disent non à des objectifs chiffrés visant à limiter les déséquilibres des échanges commerciaux » [1].

Bernard Guetta participe au concert des propagandistes qui militent contre la Chine car ils ne digèrent pas que la Chine, ex-colonie des puissances occidentales, soit devenue la deuxième puissance mondiale. Ainsi, il passe sous silence le fait que les États-Unis « font marcher la planche à billets pour tenter de sortir le pays de la crise… au risque bien sûr de faire sombrer l’économie mondiale dans une nouvelle crise » [2].

10/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Entre G2 et G20, l’Europe face crise_financière, Institut Montaigne, Septembre 2009.
• Le G20 en sortie de crise : un point de vue euro-asiatique, La lettre du CEPII n°299, 25/06/2010.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.


[1] « La proposition américaine est inacceptable pour la Chine », L’Expansion, 05/11/2010.
[2] Revue des podcasts Chine, Chine en Question, 09/11/2010.

 

La valse des sommets


Après les Sommets du G20, de l’UE-Russie ou Russie-UE, de l’APEC, Dmitri Medvedev annonce l’organisation du Sommet du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) en Russie en 2009 [RIA Novosti].

Ce Sommet du BRIC sera particulièrement important car il tracera les contours d’une nouvelle organisation mondiale sans les États-Unis.

Lire aussi :
• Sommets, Monde en Question.
• G20, Wikipédia.
• G20, Google Actualités .
• G20, Yahoo! Actualités.
• Sommet du G20, RIA Novosti.
• UE-Russie, Google Actualités .
• UE-Russie, Yahoo! Actualités.
• Sommet Russie-UE, RIA Novosti.
• Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, Wikipédia.
• APEC, Google Actualités .
• APEC, Yahoo! Actualités.
• Sommet de l’APEC, RIA Novosti.
• BRIC, Wikipédia.
• BRIC, Google Actualités .
• BRIC, Yahoo! Actualités.

Forum de coopération économique Asie-Pacifique


Le ralliement à la déclaration du G-20 au menu des dirigeants de l’Apec, AFP – Yahoo! Actualités.

Le ralliement à la déclaration du G-20 devait dominer les discussions samedi du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) que les dirigeants, dont l’Américain George W. Bush, le Russe Dmitri Medvedev et le Chinois Hu Jintao, mettront également à profit pour tenir des réunions bilatérales. 

Le protectionnisme ne ferait qu’aggraver la crise, met en garde l’Apec, AFP – Yahoo! ActualitésXinhua.

Les mesures de protectionnisme ne feraient qu’accentuer la crise économique actuelle ont prévenu samedi les dirigeants du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie pacifique (Apec), dans une déclaration commune, dans laquelle ils appuient « fermement » la déclaration de Washington. 

APEC : vers la création d’une zone de libre-échange Asie-Pacifique, RIA Novosti.

Les pays membres de l’APEC se sont par ailleurs engagés à ne pas créer de nouvelles barrières commerciales. 

« Il existe un risque que le ralentissement de la croissance mondiale puisse entraîner l’adoption de mesures protectionnistes qui ne pourraient qu’aggraver la situation économique actuelle. Dans cette optique, nous appuyons la déclaration de Washington, et nous nous abstiendrons dans les douze prochains mois de créer de nouvelles barrières pour l’investissement ou le commerce des biens et services, d’introduire de nouvelles restrictions sur les exportations ou de recourir à des mesures incompatibles avec les règles de l’OMC, notamment visant à stimuler les exportations », souligne la déclaration.

Bush rencontre son homologue chinois Jintao en marge du sommet de l’Apec à Lima, AFP – Yahoo! ActualitésAFP – Aujourd’hui la Chine.

Le président George W. Bush et son homologue chinois Hu Jintao ont discuté vendredi à Lima des mesures destinées à accélérer le processus de dénucléarisation de la Corée du nord, a annoncé la Maison Blanche. 

Obama et la guerre économique


Le numéro 2 d’Al-Qaïda traite Obama d' »esclave noir » au service des Blancs, AFP – Yahoo! Actualités

L’enregistrement intitulé « le départ de Bush et l’arrivée d’Obama » qualifie le premier Noir à accéder à la présidence et d’autres Noirs occupant ou ayant occupé d’importantes fonctions aux Etats-Unis « d’esclaves noirs domestiques », qui vivaient dans la maison de leurs maîtres blancs.

« Ce que Malcolm X disait au sujet des esclaves employés de maison s’applique à vous et à des gens comme vous », a dit Zawahiri mentionnant l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell et son successeur Condoleezza Rice.

Commentaires :
1) Supposons que cette information, fournie par le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE Institute), soit authentique.
2) Libération titre cette dépêche AFP « Quand le numéro 2 d’Al-Qaeda insulte Obama » sans préciser la nature de l’insulte.
3) Espérons que Libération ou d’autres ne fassent pas du racisme à l’envers pour faire taire toute critique d’Obama.

Les spéculations sur la composition de la future administration d’Obama vont toujours bon train [1] alors que l’information la plus importante est justement l’absence de communication à ce sujet depuis la victoire d’Obama le 4 novembre. Les spéculations courent aussi sur la future politique étrangère de l’administration d’Obama [2] alors que le « changement » n’est pas attendu dans ce domaine.

En attendant, les marchés américains creusent leurs pertes à la suite à de nouvelles statistiques inquiétantes qui confirment la dégradation de l’économie (Le Journal des Finances) et la Chine devient le plus grand pays détenteur de dettes publiques des Etats-Unis (Le Quotidien du PeupleAFP – Yahoo! Actualités) et souhaite poursuivre le dialogue économique stratégique avec les États-Unis (Xinhua – Le Quotidien du Peuple).

On en sait un peu plus aujourd’hui sur les accords que Hu Jintao a signé avec Raúl Castro (AFP – Yahoo! Actualités) :

Dans le cadre des accords conclus entre les deux présidents, la Chine accorde un crédit de 70 millions de dollars pour la modernisation des hôpitaux de la capitale cubaine, un don de 10 M USD pour des projets socio-économiques, et accepte de restructurer la dette cubaine contractée dans les années 1990.

Commentaires : Un don exige un contre-don, mais ne connaissons pas les termes de l’échange sinon la volonté politique de contrer les États-Unis en « Amérique Latine, une zone que Washington considère comme sa chasse gardée » (AFP – Aujourd’hui la Chine).

Sur le G20, cet article de la presse russe est riche d’enseignements (RIA Novosti) :

Samedi dernier encore, Dmitri Medvedev savourait aux côtés des participants du sommet de Washington le triomphe sur les divergences et déclarait que la Russie était satisfaite des décisions adoptées lors du sommet. Cependant, le premier ministre russe a remis en question dès le lundi suivant un des principaux résultats du sommet : la parole de « gentleman » de renoncer au protectionnisme.

[…]

Medvedev a confirmé hier, en ouvrant une séance du Conseil d’Etat consacrée à la lutte anticrise à Ijevsk, que la Russie appliquerait les accords intervenus au sommet du G20. Il a toutefois évoqué au cours de la réunion les intérêts nationaux, un soutien à l’industrie automobile russe et une aide aux exportations, une tâche ardue « dans un contexte où les Etats appliqueront des mesures protectionnistes malgré toutes sortes d’engagements ».

Soit le président russe avait déjà cette idée en tête en signant les décisions du G20, soit il y a réfléchi après son retour en Russie. A Ijevsk, les problèmes de l’industrie automobile russe semblent plus proches que vus de Washington. Pourtant, rien n’est vraiment surprenant ni spécifiquement russe dans cette situation: la grande politique suppose un certain cynisme ainsi qu’un talent à retourner sa chemise et à faire son mea culpa. Des collègues plus expérimentés sont toujours là pour rattraper le coup.

Lire aussi : Après le Sommet du G20, Monde en Question.


[1] De puissants lobbyistes, une banquière ayant mis la clé sous la porte, des spéculateurs, des membres du complexe militaro-industriel… Elle est belle l’équipe de transition de Barack Obama !, Bakchich.
[2] Obama, les mollahs et le big bargain, affaires-strategiques.info.

 

Après le Sommet du G20


La presse européenne commente positivement le Sommet du G20 :

NRC Handelsblad – Pays-Bas
Ce qui est positif dans ce sommet, c’est que les discussions relatives à l’économie mondiale ne sont plus l’apanage exclusif des pays industrialisés du G7. La rencontre de Washington pourrait rester dans l’histoire comme l’événement marquant le changement des rapports de force dans le G20. Des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil ont dorénavant une voix dans les décisions.
Commentaires : Les médias dominants ne disent pas que la participation aux décisions a un prix

ABC – Espagne
Ce processus permettra à la communauté internationale de disposer de meilleurs instruments pour repérer les crises, les gérer et les résoudre. Ni plus ni moins.
Commentaires : Ce bel optimisme est démenti par le sacro-saint marché (voir plus bas).

RIA Novosti – Russie
La position de la Russie et d’autres pays émergents a été entendue au sommet du G20 grâce au fait que le groupe BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) a fait front commun, a estimé lors d’un point de presse lundi le vice-ministre russe des Finances, Dmitri Pankine.

Après le Sommet du G20, comme après l’annonce du plan Paulson, les bourses de Wall Street et de Paris continuent à baiser. Voir la carte interactive des indices publiée par Le Journal des Finances. La liste des pays en récession s’allonge et « Les inquiétudes sur l’économie ne se sont pas dissipées au cours du week-end, alors que le sommet du G20 n’a donné lieu à aucun accord susceptible de changer significativement les perspectives à court terme », a estimé Patrick O’Hare, du site d’analyse financière Briefing.com (AFP – Yahoo! Actualités).

Alors que la déclaration finale du Sommet du G20 à Washington inclut l’engagement exprès des participants de ne pas réagir à la crise par une politique protectionniste, chaque pays cherche aussi des solutions nationales à la crise :
• Barack Obama veut trouver des solutions nationales à la crise, Euronews – Yahoo! Actualités
• Crise : la Russie respectera les décisions du G20 mais pas au détriment de ses intérêts nationaux, RIA Novosti
• G20 : le Japon appelle la Chine à augmenter sa contribution au FMI, Aujourd’hui le Japon

WYPLOSZ Charles, Le G7 est mort. Vive le G20 ?, Telos

Comme prévu, le sommet du G20 aura accouché de vœux pieux et d’une longue déclaration qui promet des lendemains qui chantent. Rien de ce qui figure dans la déclaration finale n’est nouveau.
[…]
Parmi les aspects positifs on peut noter un bon diagnostic de la crise financière, qui reconnaît même que les pouvoirs publics « dans certains pays » n’ont pas pris la mesure des dangers qui s’accumulaient. […] Le G20 s’est aussi beaucoup préoccupé d’améliorer la réglementation financière, un besoin flagrant. Mais aucune mesure spécifique n’a été annoncée, et pour cause. […] De même, promettre plus de transparence dans les comptes des banques, c’est bien, mais quelque peu naïf. Chaque entreprise a ses secrets de fabrication, auxquels elles tiennent jalousement, et même très légitimement ; pour les banques, c’est la composition de leurs portefeuilles. Quoi qu’on fasse, elles sauront toujours trouver la parade.
[…]
Tout le reste est de l’eau tiède. On parle de renforcer la coopération entre les régulateurs nationaux. C’est très bien, mais il faut reconnaître que même en Europe, où la coopération économique a atteint un niveau unique au monde (marché commun, monnaie commune), les régulateurs et les superviseurs nationaux sont parvenus à maintenir leurs prés carrés, soutenus par leurs gouvernements qui caressent tous l’idée d’utiliser la réglementation pour protéger les champions nationaux. On voit mal les Anglais et les Chinois soumettre leurs banques à une quelconque supervision supranationale, et les Français n’y sont pas plus disposés, ni aucun autre pays d’ailleurs.
[…]
Le G20 indique son intention de « revoir » les rémunérations des dirigeants. Il est éminemment souhaitable que ces rémunérations soient conçues de manière à encourager plus de prudence, et de nombreuses idées ont été avancées dans ce sens. Mais, dans les entreprises privées, ces rémunérations sont fixées par les actionnaires. On peut toujours essayer de légiférer en la matière, mais toute loi est faite pour être contournée. De plus, un pays plus laxiste a de fortes chances d’attirer les meilleurs talents, une tentation à laquelle il sera difficile de résister.
[…]
Le communiqué de Washington se garde bien de mentionner une refondation de Bretton Woods. Cette idée était mort-née, elle est désormais enterrée.
[…]
Finalement, que restera-t-il de ce G20 ? Probablement sa naissance. […] Dans presque tous les domaines, comment croire que l’opinion – lire : les intérêts – du Canada, de l’Italie, et même de la France, compte infiniment plus que celle de la Chine, de l’Inde ou du Brésil ?
[…]
Manifestement, le Sommet de Washington n’a pas été réuni pour être efficace, juste symbolique et spectaculaire. Malheureusement, ce ne sont ni les symboles ni les spectacles qui règlent les grandes questions du monde. 

Commentaires : Le point de vue d’un économiste, qui appartient au système, est beaucoup plus riche d’informations (soulignées en gras) que beaucoup de critiques de « gauche » (si cela a encore un sens).

L'enjeu du Sommet du G20 (4) suite


Le Sommet du G20 fut un succès parce qu’il s’est contenté de préconisations (Le texte complet est publié par The New York Times). L’une d’entre elles est plus importante qu’il n’y paraît :

A moyen terme, mieux refléter l’évolution des poids des économies dans le FMI et la Banque mondiale.
NouvelObs 

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 ont convenu samedi d’accroître la représentation des pays en développement au sein du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, selon le communiqué publié à l’issue de leur premier sommet, à Washington.
Romandie News

Mais cette participation a un prix :
• La Chine devrait prêter plus d’argent au FMI (on parle de 100 milliards de dollars) pour occuper une place plus importante.
• Plus de 150 pays, dont la plupart des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, n’auront pas le droit d’émettre leurs vues sur l’ordre financier international.
• Le FMI et la Banque mondiale feront encore payer aux plus pauvres les pertes des plus riches (Le Grand Soir).

La Chine n’est pas pressée d’affirmer sa puissance, en pillant l’Afrique et l’Amérique latine, car le temps joue en sa faveur. Pendant que Nicolas Sarkozy attire l’attention des médias, Hu Jintao « renforce la coordination face à la crise financière » avec le Brésil et la Russie.


Source : Xinhua

La retour à la réalité risque d’être brutal :

Première réaction des marchés, les places du Golfe seules ouvertes le dimanche, ont chuté déprimées par les mauvaises perspectives économiques, Dubaï perdant notamment 4,5%.
AFP – Yahoo! Actualités 

Wall Street aura du mal à éviter d’être dans le rouge la semaine prochaine, résultats de sociétés et indicateurs économiques risquant d’attester d’un ralentissement conjoncturel prolongé.
Reuters – Yahoo! Actualités

L'enjeu du Sommet du G20 (4)


Le Sommet du G20 s’achève sur des déclarations de principe et un vague plan d’action, qui ne mécontente personne et satisfait donc tout le monde.
Cela est illustré par cette dépêche, dont la pauvreté de contenu est compensée par le titre « Le plan d’action du G20 en détails » et l’accroche « Plus aucune zone d’ombre, des places financières sous haute surveillance, le G20 veut davantage de régulation » (Euronews – Yahoo! Actualités).


Source : Xinhua

Nicolas Sarkozy présente l’événement comme « historique » pour s’en attribuer naturellement tous les mérites. Le plus intéressant est dans cet aveu (Reuters – Yahoo! Actualités) :

Il s’est réjoui que le président chinois Hu Jintao n’ait « rien bloqué », que son homologue coréen ait été « très moteur » et le Premier ministre indien « très coopératif ».

Hu Jintao a fait des propositions pour l’avenir car, selon la Chine, le G20 est la première étape d’un processus (Xinhua) :

La réforme du système financier international doit permettre d’établir un nouvel ordre financier international qui est juste, inclusif et méthodique et qui crée un environnement institutionnel en faveur d’un bon développement de l’économie globale », a-t-il indiqué.

Il faut qu’elle soit menée de manière complète, équilibrée et progressive en accordant l’importance à ses résultats.

Une réforme complète est celle qui a un plan général et comprend des mesures pour améliorer non seulement le système financier international, le système monétaire et les institutions financières, mais aussi les règles et les procédures financiers internationaux », a-t-il précisé.

« Une réforme équilibrée est celle qui est basée sur une considération globale et cherche un équilibre entre les intérêts de toutes les parties« , , a dit le président chinois.

Si la presse russe rapporte avec gourmandise que «l’intervention du président russe lors du sommet financier du G20 à Washington a été qualifiée samedi « d’extraordinaire » par le Wall Street Journal», elle ne dit pratiquement rien de plus (RIA Novosti).

Luiz Inacio Lula da Silva a plaidé pour une meilleur représentation politique des pays en développement (Xinhua) :

M. Lula, président par intérim du G20, a appelé également à une régulation équitable du système financier international et de l’économie mondiale.

Selon lui, le G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne, Canada, Russie) n’est plus approprié dans le monde mondialisé d’aujourd’hui et le G20 devrait jouer un rôle plus important dans la définition des régulations financières internationales.

« Nous parlons maintenat du G20 parce que le G8 n’a plus de raison d’exister, en d’autres termes, les économies émergentes doivent être prises en considération dans le monde mondialisé d’aujourd’hui », a-t-il dit.

« Les organisations multilatérales et les règles internationales existantes ont été rejetées par l’histoire. Le Fonds monétaire internationale et la Banque mondiale devraient s’ouvrir davantage à une plus grande participation des économies en développement », a dit M. Lula dans son discours prononcé lors du sommet du G20.

« Cela signifie plus de voix et plus de représentations pour les pays en développement« , a-t-il souligné.

Sommet du G20 : les réactions, NouvelObs.

L'enjeu du Sommet du G20 (3)


Le Sommet du G20 «a pour objectif de réformer et réguler le système financier international» (RFI), mais cette déclaration officielle masque l’intérêt des États-Unis à maintenir un statu quo politique qui leur est favorable.

De nouvelles alliances se sont nouées, celle entre l’UE et la Russie (Monde en Question) et celle entre Tokyo, Pékin et Séoul (RIA Novosti) et entre l’Europe et l’Asie.

Mais il est douteux que ces alliances aboutissent à «tenir compte des intérêts des nouvelles puissances économiques que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, ou encore les pays exportateurs de pétrole» (Les Affaires).

Mais un processus est en cours, qui inexorablement aboutira à un nouveau partage du pouvoir politique au sein des organisations internationales conforme au pouvoir économique (Xinhua).

Le temps joue en faveur de la Chine :

[Les économistes et les experts financiers chinois ] pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

A court terme, les économistes et les experts financiers pourraient s’adresser à la Chine pour qu’elle fournisse des liquidités en dollars américains aux banques centrales de nombreux pays, lui demander de continuer à détenir des actifs en dollars dans les réserves de devises étrangères, et, à moyen terme, de demander qu’elle adopte un système plus flexible du taux de change.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Wang Tao, économiste de l’UBS Securities a dit à China Daily: « La question d’accroître le rôle de la Chine dans les organismes internationaux importants, comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, sera certainement discutée ».

Le Quotidien du Peuple

G20 : les USA doivent en priorité éliminer les actifs « toxiques », Aujourd’hui le Japon

Le Premier ministre japonais Taro Aso va pousser lors du sommet du G20 à Washington pour que les Etats-Unis et les autres pays touchés par la crise donnent la priorité à l’élimination des actifs « toxiques » des bilans de leurs établissements financiers.

« La première chose à faire c’est de donner une information complète sur les crédits douteux et retirer ces actifs à problèmes des bilans » des banques et autres institutions qui en détiennent, a indiqué Kazuo Kodama, porte-parole du ministère des Affaires étrangères nippon.

Le porte-parole a émis une critique à peine voilée de déclarations récentes du secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson qui a annoncé mercredi qu’il privilégiait désormais l’apport par l’Etat de capitaux aux banques, plutôt que d’utiliser l’enveloppe budgétaire de 700 milliards de dollars à sa disposition pour leur racheter leurs actifs invendables.

La Russie commence à former une zone rouble, RIA Novosti

Après la Biélorussie, la zone rouble sera sans doute étendue à la Moldavie où les chefs de gouvernement des pays membres de la CEI (Communauté des Etats indépendants) se sont réunis vendredi pour discuter de « l’intempérie financière » dans le monde. La Moldavie pourrait être suivie de la Chine et des autres pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

L’enjeu du Sommet du G20 (2)


L’enjeu du Sommet du G20 tourne autour du leadership du Nord (USA et UE) contre le Sud. La Russie et la Chine, aidées par l’UE, joueront un rôle majeur pour réduire l’influence politique des États-Unis à son poids économique.

Il est significatif qu’avant le G20 Wall Street soit en baisse (Le Journal des Finances) alors que les bourses d’Asie sont en hausse (Le Journal des Finances).

Tous ceux qui plaident pour un « Bretton Woods II » cherchent à appliquer une recette du passé, mais le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) plaide pour un rééquilibrage politique :

La crise, que beaucoup imputent à des prises de risque excessives et à une gestion déficiente des risques sur les marchés financiers, a mis en évidence la nécessité d’une réforme complète de la structure économique et financière globale existante, en d’autres termes du système Bretton Woods (du nom des accords qui gouvernent la finance mondiale depuis la fin de la seconde guerre mondiale), a précisé M. GGe Huayong [directeur éxécutif de Chine au FMI]. 

La réforme monétaire et financière internationale devrait respecter les deux principes de réforme continue et de large participation pour que tous les pays dans le cadre économique et financier global puissent équilibrer leurs droits et obligations et prendre part équitablement au processus d’élaboration de régulations, a-t-il ajouté.

Source : Xinhua.

Ce Sommet du G20 «est l’occasion pour la Chine d’affirmer sa puissance en montrant la voie à suivre» :

« Avec près de 2 milliards de dollars en réserves étrangères et un excédent budgétaire, la Chine a des marges plus larges de relance budgétaire que les gouvernements de nombreux pays en voie de développement, qui doivent en plus faire face à de déficits extérieurs élevés et le fardeau de la dette », a déclaré Jing Ulrich, directrice générale et présidente de China Equities J.P. Morgan. 

Les économistes disent que la Chine est une trop grande économie qui ne montre pas sa position aujourd’hui. C’est pourquoi ils pensent que les participants au Sommet vont probablement attendre que la Chine commence à jouer un rôle plus important et prenne sur elle plus de responsabilité en fonction de sa grande taille économique.

En mettant en évidence l’importance croissante de la Chine, certains économistes suggèrent aussi qu’on pourrait lui donner une position plus importante dans les principaux organismes monétaires internationaux afin qu’elle puisse jouer une fonction dans le remodelage de la nouvelle structure financière internationale.

Source : Aujourd’hui la Chine

Considérable bouleversement discrètement en cours, Dedefensa

Il devrait suffire de consulter cette réponse du président russe Dmitri Medvedev à une question, dans l’interview du Figaro, le 13 novembre, pour mesurer le changement intervenu dans les relations paneuropéennes, essentiellement entre la Russie et les grands pays de l’UE, et plus généralement dans les relations internationales en général, avec les deux crises successives de Géorgie (7 août 2008) et du système financier international (15 septembre 2008). La question est celle-ci: «Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises?», – et cette question, en vérité, aurait aussi bien pu mentionner le sommet entre la Russie et l’UE, aujourd’hui à Nice, avant le sommet du G20 à Washington… 

Voici la réponse de Medvedev:

«Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n’est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d’une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

»La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d’un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d’assurance du risque. Nous avons proposé l’idée d’un système d’alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.»

[…]

L’Europe est particulièrement en pointe dans cette transformation, au travers de la transformation ultra-rapide, actuellement en cours, des relations entre les “acteurs essentiels” de l’UE et la Russie. La situation ridiculise absolument cette évaluation des proclamations de la fin août 2008 sur l’“isolement de la Russie” (crise géorgienne), – il y a seulement trois mois! – comme celle d’une époque antédiluvienne. Il y a une dynamique historique en marche qui nous paraît irrésistible. Les USA d’Obama, avec quelque retard, devraient chercher à suivre, – cela, au lieu de l’analyse convenue d’un monde dans l’attente d’un “leadership restauré” des USA, antienne d’une autre époque, dépassée et obsolète. («Dans cette bulle [d’] “obamania”, il y a quelque part en creux l’attente d’un leadership américain mais, cette fois, éclairé, bon et éclairé»; cette analyse émouvante de Pierre Lellouche à France 24 le 7 novembre 2008, aurait sans aucun doute eu son petit succès en 1981, par exemple.) On n’a certainement jamais vu autant d’activité diplomatique de coopération et de transformation qu’en cette période d’une transition si importante aux USA, c’est-à-dire avec les USA absents, – Bush inexistant, Obama pas encore installé. L’activité diplomatique intense en cours montre que le monde n’est nullement en attente d’une “restauration” du leadership US pour recommencer à fonctionner, mais qu’il fonctionne effectivement.

Revue de presse française, NouvelObs

LA CHARENTE LIBRE
L’Europe, outre l’intérêt qu’elle a d’agir de concert avec Moscou lors du sommet du G20, ne peut oublier qu’elle dépend pour la moitié de ses importations de gaz de la Russie. 

LA PRESSE DE LA MANCHE
Nicolas Sarkozy a rappelé à plusieurs reprises que les accords de Bretton Woods qui, après la guerre, ont organisé le système actuel autour du dollar-étalon, établi monnaie de référence, n’ont plus guère de sens aujourd’hui, sinon la force de l’habitude. Tout simplement parce que l’Amérique a joué et triché avec sa monnaie, sous prétexte que son statut la rendait intouchable. La dette américaine de l’Etat fédéral, des cinquante Etats, des collectivités, des entreprises et des particuliers, est considérable, elle n’a rien à voir avec la valeur affichée du dollar. Ce qui explique la confiance qui se porte vers l’euro qui, insensiblement, devient une monnaie de référence plus crédible, pour de nombreux pays. Pour Nicolas Sarkozy, l’hégémonie du dollar est à revoir, et il n’est pas sain qu’une seule monnaie puisse vivre sur le dos des autres.

Commentaires : Nicolas Sarkozy reprend la position de de Hu Jintao (Chine) et Dimitri Medvedev (Russie).
Lire aussi :
• Nicolas Sarkozy, porte-parole de Hu Jintao, Monde en Question.
• Sarkozy, porte-parole de Medvedev, Monde en Question.
• Dmitri et Nicolas en hyper-phase, Dedefensa.

Sommet de Nice : Russes et Européens en quête d’alliance avant le G20, AFP – Yahoo! Actualités

Les dirigeants russes et européens, qui sont confrontés à un climat économique de plus en plus difficile, ont multiplié les signes de convergence sur ce sujet ces derniers jours. 

Le G20 de Washington va chercher à enrayer la crise, la récession s’étend, AFP – Yahoo! Actualités

La marge de manoeuvre du président américain, en fin de mandat, est de toute façon réduite. Et les deux mois qui séparent son successeur Barack Obama de sa prise de fonction pourraient également encourager l’immobilisme de Washington. 

Les Européens admettent que la réunion de Washington ne débouchera pas sur un nouveau « Bretton Woods », du nom des accords ayant donné naissance en 1944 à l’architecture financière actuelle, comme certains le souhaitaient, notamment les Français.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a averti qu’il ne fallait pas attendre « dans l’immédiat un miracle » de ce sommet, mais plutôt le « début d’un processus ».

Le G20 a quelques mois pour changer le système financier mondial, Reuters – Yahoo! Actualités

George Bush invitera ainsi la communauté internationale à réparer le système financier international et non à le « démanteler » et défendra l’idée que la liberté des marchés reste « le meilleur système », a fait savoir mercredi la Maison blanche. 

Les pays émergents, eux, mettent en avant un renforcement de leur participation aux institutions internationales.

L’UE, qui sera en force autour de la table – France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Commission européenne, défendra une position adoptée vendredi dernier par les 27 à Bruxelles.

Commentaires : La position de l’UE est proche celles de la Chine et de la Russie.

Le G20 se mobilise face à la crise, première récession en zone euro, AFP – Yahoo! Actualités

Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays exerce la présidence de l’Union européenne, a estimé que la réunion du G20 « ne doit pas être un sommet pour rien ». « La crise financière est d’une très grande gravité. (…) il faut changer les choses, il faut les changer durablement, structurellement », a-t-il déclaré. 

Il a salué l’engagement de la Russie dans la recherche de solutions à la crise, lors d’un sommet UE-Russie à Nice (sud de la France).

« Je crois pouvoir dire là aussi que les propositions russes, techniques, financières, économiques, sont de grande qualité et qu’elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes », s’est félicité M. Sarkozy.