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Arte censure Donald Trump sur le 11/9



Les dessous des dessous des cartes
MAJ le 03/11/2019

 

Selon l’accroche publicitaire d’Arte : Le dessous des cartes décrypte les enjeux de notre monde contemporain au moyen de cartes géographiques.
Cette émission hebdomadaire fut créée en 1990 et diffusée sans interruption sur La Sept puis sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte depuis 1992. Elle a été présentée par Jean-Christophe Victor jusqu’à sa mort en 2016. Il en préparait le contenu avec l’aide du Laboratoire d’études prospectives et d’analyses cartographiques (LÉPAC) dont il était co-fondateur avec Virginie Raisson. Le 2 septembre 2017, l’émission a été reconduite avec Emilie Aubry comme présentatrice. [1].

Le 19/10/2019 Arte a diffusé Donald Trump : perturbateur mondial :

La politique étrangère de Donald Trump se veut en rupture avec le consensus bipartisan en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, fondé sur le leadership politique et moral de l’Amérique, la défense de l’ordre international libéral et la promotion du libre-échange. Place à l’unilatéralisme de l' »Amérique d’abord ». Avec quelles limites ? Et quelles conséquences pour l’ordre mondial ?

 

Il s’agit encore d’un document de propagande qui prétend que les États-Unis sont présents au Moyen-Orient pour lutter contre le terrorisme [06’12] alors que, dix jours plus tôt, Donald Trump a clairement dit :


Les États-Unis ont dépensé HUIT MILLE MILLIARDS DE DOLLARS dans les guerres et les opérations de sécurité au Moyen-Orient. Des milliers de nos grands soldats sont morts ou ont été grièvement blessés. Des millions de personnes sont mortes dans l’autre camp. INTERVENIR AU MOYEN-ORIENT A ÉTÉ LA PIRE DÉCISION JAMAIS PRISE DANS L’HISTOIRE DE NOTRE PAYS ! Nous sommes allés en guerre sur la base d’une fausse hypothèse, maintenant démentie, DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE. Il n’y en avait AUCUNE ! Maintenant, nous ramenons lentement et prudemment nos grands soldats à la maison. Nous nous concentrons sur la GRANDE IMAGE ! LES ÉTATS-UNIS SONT PLUS GRANDS QUE JAMAIS !
Source : Donald J. Trump et Donald J. Trump, 09/10/2019.

Ainsi LÉPAC, sous la couverture d’Arte, censure Donald Trump pour continuer à diffuser la propagande sur le 11 septembre 2001 [2] !

Le magazine dit aussi sans sourciller que les États-Unis s’appuient sur des régimes amis : l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et Israël [08’03] et sans naturellement rappeler l’implication de l’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre ni la politique d’apartheid mené par les gouvernements israéliens contre les Palestiniens depuis 1948.

Enfin, les auteurs sont fiers de répéter que les États-Unis restent la plus grande puissance militaire avec 1 300 000 soldats sur toute la planète et un budget de 700 milliards de dollars soit 36% des dépenses militaires mondiales [10’16] sans en faire l’analyse géoéconomique (augmentation du déficit budgétaire) et géopolitique (contrôle militaire de la planète). Dans un précèdent magazine, ils trouvaient anormale la présence de touristes chinois en mer de Chine dans une zone qui n’appartient pas à la Chine, mais tout-à-fait normal la présence de l’armée américaine en mer de Chine [3].

23/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] LÉPAC semble une structure opaque créée par Jean-Christophe Victor et Virginie Raisson. Franck Tétart, Emilie Aubry et certainement d’autres collaborateurs de l’émission en font partie :
Jean-Christophe Victor est le fils de l’explorateur Paul-Émile Victor et de la productrice de télévision Éliane Decrais.
Paul-Émile Victor a dirigé de 1947 à 1976 les expéditions polaires françaises afin de consolider ses colonies. Lire : Yves LACOSTE, La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, La Découverte, 1976.
En 1958, Éliane Decrais a raconté au magazine Elle l’opération à cœur ouvert de son fils qui avait dix ans. Europe 1 a alors lancé une campagne de solidarité qui a recueilli cent quarante millions de francs. Dans la foulée, Pierre Lazareff, patron de France-Soir, lui confie le poste de secrétaire générale de Cinq colonnes à la une.
Voilà qui aida beaucoup Jean-Christophe Victor à faire carrière à la télévision.
Virginie Raisson-Victor est présidente de LÉPAC, organisme qui figure au générique de l’émission à titre de collaboration scientifique. Fiche : Les Utopiales.
Franck Tétart fait partie de LÉPAC, mais contrairement à sa présentation sur Diploweb, il figure au générique de l’émission à titre de responsable scientifique. Fiche : Diploweb.
Émilie Aubry fait aussi partie de LÉPAC, mais sa fiche est curieusement hébergé sur le site Programme Solidarité Eau. Elle fait des ménages non seulement pour Arte (son beau-père fut directeur délégué aux programmes d’Arte de 1992 à 2006) mais aussi pour France Culture. Lire : Ménages, Acrimed.
Elle garde bien évidemment les équipes de LÉPAC : Puremedias.


Le style journalistique d’Émilie Aubry

[2] Lire :
Jean-Marie Colombani, Nous sommes tous Américains, Le Monde, 13/09/2001.
Articles sur L’im-Monde, Monde en Question.

3] Lire :
Mer de Chine : bataille navale ?, Arte, 30/09/2019 [00’23].
Le réseau mondial des bases militaires US, Mondialisation.
Les bases de l’armée US dans le monde vues du ciel, Ouest France.

Lire aussi :
Dossier 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier Propagande, Monde en Question.

Donald Trump met les pieds dans le plat du 11/9


Léon Trotsky, avant même la prise du pouvoir par les bolcheviks en octobre 1917, milita pour Les États-Unis d’Europe, sans monarchie, sans armée permanente et sans diplomatie secrète. À peine nommé Commissaire du peuple aux Affaires étrangères, il publia dans les Isvestia les documents diplomatiques car, disait-il, La diplomatie secrète est un outil nécessaire à la minorité possédante qui est obligée de tromper la majorité afin de l’assujettir à ses intérêts. [1].

Comme la Belle au bois dormant, les diplomates de tous les pays sommeillent depuis plus de cent ans en se berçant de discours qui ne fâchent ni ne contentent personne, mais voilent pour le plus grand nombre les réalités économiques qui restent le nerf de la guerre.
Les idéaux des bolcheviks sont morts après 1921, mais Zorro est arrivé… sous les traits d’un certain Donald Trump qui gazouille en prenant de court ses détracteurs aux États-Unis (les médias dévoués au clan Clinton) et en France (les médias copier-coller). Et pourtant, il faut prendre aux sérieux ses déclarations car il fait ce qu’il dit.

Lors de sa campagne électorale, il avait en effet promis de désengager l’armée américaine des sables du Moyen- Orient. Or, non seulement il le fait en se retirant de la Syrie et beaucoup plus rapidement que Nixon quitta le Viêt Nam, mais il communique sa décision en mettant les pieds dans le plat c’est-à-dire en dérangeant un consensus qui semblait bien établi aux États-Unis et plus encore en Europe [2]. Voici donc trois tweets et une lettre qui remettent les pendules à l’heure, mais vont troubler la quiétude des thuriféraires du politiquement correct.


Les États-Unis ont dépensé HUIT MILLE MILLIARDS DE DOLLARS dans les guerres et les opérations de sécurité au Moyen-Orient. Des milliers de nos grands soldats sont morts ou ont été grièvement blessés. Des millions de personnes sont mortes dans l’autre camp. INTERVENIR AU MOYEN-ORIENT A ÉTÉ LA PIRE DÉCISION JAMAIS PRISE DANS L’HISTOIRE DE NOTRE PAYS ! Nous sommes allés en guerre sur la base d’une fausse hypothèse, maintenant démentie, DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE. Il n’y en avait AUCUNE ! Maintenant, nous ramenons lentement et prudemment nos grands soldats à la maison. Nous nous concentrons sur la GRANDE IMAGE ! LES ÉTATS-UNIS SONT PLUS GRANDS QUE JAMAIS !
Source : Donald J. Trump et Donald J. Trump, 09/10/2019.

Donald Trump relègue dans les poubelles de l’histoire Jean-Marie Colombani, le directeur de l’im-Monde qui a défendu avec acharnement la version officielle des attentats du 11 septembre et dénigré tous ceux qui avaient des doutes en prétendant qu’ils alimentaient les théories du complot [3].

Donald Trump remet Emmanuel Macron à sa place en le comparant à Napoléon Bonaparte !
Source : Donald J. Trump, 14/10/2019.

Donald Trump a adressé ce courrier à Recep Tayyip Erdoğan le 9 octobre 2019, après le début de l’offensive contre les Kurdes.
Sources : Trish Regan FOX Business, 16/10/2019 et RTBF © AFP, 17/10/2019.

Trouvons un bon accord, suggère M. Trump dans cette missive de quatre paragraphes dévoilée mercredi mais datée du 9 octobre, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP.
Vous ne souhaitez pas être responsable du massacre de milliers de personnes, et je ne veux pas être responsable de la destruction de l’économie turque, ce que je ferais (si nécessaire), écrit le Président américain.
L’Histoire vous jugera d’un œil favorable si vous agissez de façon juste et humaine. Elle vous considérera à jamais comme le diable si les choses se passent mal, met en garde M. Trump sans autre précision.
Ne jouez pas au dur ! Ne faites pas l’idiot !, conclut le locataire de la Maison Blanche. Je vous téléphonerai plus tard.
Source : « Ne faites pas l’idiot ! » : la lettre atypique de Trump à Erdogan, Sputnik, 17/10/2019.

18/10/2019
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question


Notes et références

[1] Sources :
– Léon TROTSKY, Le programme de la Paix, mai 1917, Marxists Internet Archive.
– André DAMANY, La Russie de mars 1917 à mars 1918, Société des Ecrivains, 2014 Google.
Lire aussi : Léon TROTSKY, Les pourparlers de Brest-Litovsk, 1930, Marxists Internet Archive.

[2] « Mettre les pieds dans le plat » signifie venir assez brutalement déranger une situation jusque-là stable et sans encombre, au risque de provoquer gêne et dérangement.
Source : La Newsletter.

[3] Lire :
– Jean-Marie Colombani, Nous sommes tous Américains, Le Monde, 13/09/2001.
– Articles sur L’im-Monde, Monde en Question.

Lire aussi :
Dossier 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier Propagande, Monde en Question.

Élections américaines – Revue de presse


 

26/07/2016, Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post.

Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États « bleus » de la région des Grands Lacs, c’est-à-dire le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin.
L’arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce paysage déprimant d’usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l’ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.
[…]
Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j’aime bien Hillary Clinton. Je crois qu’elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j’ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd’hui pour éviter qu’un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu’Hillary Clinton va nous entraîner dans d’autres aventures militaires, car elle est un « faucon » perché à droite d’Obama.
[…] des millions d’Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu’ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu’ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

20/10/2016, Le discours de Donald Trump au dîner d’Al Smith


Source : Les crises

 

05/11/2016, Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS.

La campagne électorale est un signe de plus du dysfonctionnement profond du système politique américain, dans lequel deux partis contrôlés par le grand patronat, chacun défendant les intérêts des super-riches, jouissent d’un monopole politique.
[…]
Clinton est la candidate du statu quo, représentant l’alliance entre Wall Street, l’appareil militaire et des services de renseignement, et la classe moyenne supérieure complaisante et auto-satisfaite dans laquelle règne la politique fondée sur l’identité. Son programme, si elle devait l’affirmer honnêtement, est de diriger vers l’extérieur la crise sociale sous la forme d’une intensification de la violence militaire américaine, d’abord au Moyen-Orient, mais finalement contre la Russie et la Chine, qui possèdent toutes deux des arsenaux nucléaires.
Trump représente une tentative de diriger les tensions sociales dans des voies extrêmement nationalistes, séduisant les forces racistes et fascistes. Alors qu’il prétend, faussement, s’être opposé aux interventions militaires des États-Unis au Moyen-Orient, il glorifie l’armée américaine et promet de déchaîner une violence illimitée contre n’importe quel pays qui résisterait aux exigences américaines. En fin de compte, son slogan « Make America Great Again » (retrouvez la grandeur de l’Amérique) n’est pas autre chose que la traduction anglaise du slogan hitlérien, « Deutschland Über Alles ».

08/11/2016, Joseph KISHORE et David NORTH, La campagne électorale cauchemardesque titube jusqu’à la ligne d’arrivée, WSWS.

Le fait que les deux principaux candidats, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump soient les plus méprisés dans l’histoire de la politique présidentielle a été étayé dans d’innombrables sondages. Mais le mépris ressenti envers les deux candidats exprime une aliénation plus profonde de toute la structure de la politique capitaliste officielle.
Les candidats et les médias ont ignoré les questions sociales, économiques et politiques qui concernent la majorité écrasante du peuple. Les « débats » électoraux officiels – dans lesquels chaque candidat dénonçait la criminalité de l’autre – embarrassaient et dégoûtaient l’électorat. Clinton et Trump personnifient, chacun à sa manière, le caractère corrompu et réactionnaire du système politique.
[…]
Indépendamment du résultat, le vote d’aujourd’hui ne résoudra rien. Rien de ce qui se passera le jour des élections n’entraînera une hausse des niveaux de vie. En plus, cela ne résoudra aucun des grands problèmes sociaux auxquels la classe ouvrière fera face ou ne mettra pas fin au danger de la guerre mondiale. Il ne servira qu’à établir le cadre de la prochaine étape de la crise politique aux États-Unis.
Cette crise politique aura des conséquences d’envergure mondiale. Les commentateurs des médias internationaux ont suivi ce qui se passe aux États-Unis avec un mélange de choc et d’horreur. Edward Luce, écrivant dans le Financial Times britannique, résume l’inquiétude qui prévaut dans un commentaire publié dimanche sous le titre : « Le procès le plus grave de la démocratie américaine ». Le système politique américain, écrit-il, est « en train de tituber, quel que soit le résultat des élections américaines ».

09/11/2016, Résultats, The Huffington Post.

09/11/2016, Le discours en intégralité de Donald Trump, élu président, BFM TV.

09/11/2016, Joseph KISHORE, La victoire de Trump et la débâcle de la démocratie américaine, WSWS.

Les commentateurs médiatiques, dont aucun n’avait prévu ce résultat, reviennent à leurs routines, expliquant le vote par le comportement de divers groupements raciaux ou identitaires. Ils ont tous ignoré le fait que l’élection devenait un référendum sur la crise sociale dévastatrice aux États-Unis, que Trump a pu diriger vers la droite.
Qui est responsable de la victoire de Trump ? D’abord, la campagne Clinton et le Parti démocrate, qui ne pouvaient pas et ne voulaient pas présenter un programme qui pourrait attirer un quelconque soutien populaire.
Ensuite, Barack Obama, élu il y a huit ans en promettant « l’espoir » et le « changement ». Il a obtenu le soutien de larges sections des travailleurs, y compris des travailleurs blancs, hostiles à l’inégalité et aux politiques de guerre et de réaction sociale menées par l’Administration Bush.
Troisièmement, les syndicats, qui au cours quatre décennies où l’inégalité sociale montait, ont travaillé systématiquement afin d’étouffer la lutte des classes et maintenir l’influence du Parti démocrate. Ils ont également soutenu un nationalisme économique réactionnaire qui allait dans la même direction que la campagne de Trump.

09/11/2016, Bruno GUIGUE, Trump : les raisons de la victoire, Arrêt sur Info.

Premièrement, de larges couches de la population ont vu dans le candidat républicain un recours contre des politiques libre-échangistes qui les ont appauvries. Les mêmes analystes qui fulminent contre Donald Trump oublient généralement de rappeler qu’aux USA il y a 20 à 25% de pauvres. Les classes moyennes ont encaissé le choc en retour de la crise de 2008 et les travailleurs ont fait les frais de la mondialisation libérale encensée par les démocrates. Après huit années de présidence Obama, ce délabrement de la société américaine peut difficilement être porté au crédit du président sortant. Première leçon de cette élection : quand ceux qui se disent progressistes ne le sont qu’en paroles, le peuple essaie autre chose.
Deuxièmement, Donald Trump a gagné parce qu’il est apparu à tort ou à raison comme un électron libre, sans allégeance particulière, voire étranger au système politique traditionnel. Le milliardaire qui pavoise les gratte-ciel de son nom en lettres géantes, bien sûr, est un pur produit du système capitaliste. Il aime se présenter comme un self-made man qui s’est taillé un empire immobilier dans la jungle new-yorkaise. Evidemment ce n’est qu’une belle histoire enjolivée pour les besoins de la cause, mais peu importe puisque les Américains qui votent pour lui ont follement envie d’y croire.
Troisièmement, Donald Trump doit aussi son succès massif, bien sûr, au climat pestilentiel qui régnait autour de la candidate démocrate. Experte en double langage, Hillary Clinton s’est pris les pieds dans le tapis à force de multiplier les mensonges. Elle s’est mouillée jusqu’au cou avec Wall Street, allant jusqu’à confesser qu’elle se sentait « plus proche des financiers que de la classe moyenne depuis qu’elle et Bill avaient gagné des dizaines de millions de dollars ». Le trucage éhonté des primaires démocrates et l’affaire rocambolesque des emails ont fait le reste. Les ploucs qui se lèvent tôt le matin pour aller nourrir leur famille ou payer les études de leurs enfants viennent de renvoyer l’ascenseur à celle dont ils ne supportaient plus la duplicité. Direction le sous-sol.

09/11/2016, Glenn GREENWALD, Les Démocrates, Trump et le refus actuel dangereux de tirer les leçons du Brexit, Les crises.

Il est indéniable que les institutions occidentales dominantes ont, durant des décennies, sans relâche et dans une totale indifférence, piétiné le bien-être économique et la sécurité sociale de centaines de millions de personnes. Tandis que les cercles des élites se sont gavés de mondialisation, de libre-échange, de jeu au casino de Wall Street et de guerres sans fin (des guerres qui ont enrichi leurs auteurs et fait porter le fardeau aux plus pauvres et aux plus marginalisés), ils ont complètement ignoré les victimes de leur gloutonnerie, sauf lorsque ces victimes prenaient la parole un peu trop fort – quand il y avait du grabuge – et qu’elle étaient traitées avec dédain d’hommes des cavernes et d’avoir mérité leur défaite dans le jeu glorieux et mondial de la méritocratie.
[…]
« Au lieu de reconnaître et de corriger leurs failles profondes, [les élites] consacrent leurs énergies à diaboliser les victimes de leur corruption dans le but de délégitimer ces revendications et ainsi se dédouaner de la responsabilité d’y répondre de manière significative. Cette réaction ne fait que conforter, sinon justifier, la perception dynamique que ces élites institutionnelles sont désespérément centrées sur leurs propres intérêts, sont nocives et destructrices et ne peuvent donc pas être reformées mais doivent plutôt être détruites. Cela garantit en retour qu’il se produira beaucoup plus de Brexits et de Trump dans notre avenir commun. »

09/11/2016, Paul CRAIG ROBERTS, La classe ouvrière a gagné l’élection, Arrêt sur Info.

Il reste encore à voir la réaction de l’oligarchie devant la victoire de Trump. Wall Street et la Réserve fédérale ont la capacité de créer une crise économique afin de mettre Trump sur la défensive, et ils peuvent utiliser la crise pour forcer Trump à nommer l’un des leurs au poste de Secrétaire au Trésor. Des agents sans scrupules de la CIA et du Pentagone peuvent fomenter un attentat sous fausse bannière pouvant perturber les relations amicales avec la Russie. Trump peut faire la faute de conserver les néocons dans son administration.
[…]
Nous ne savons pas qui choisira Trump pour servir dans son gouvernement. Il est probable qu’il ne connaît pas les diverses possibilités et les rapports dans les affaires étatiques. Cela dépend en réalité de qui conseille Trump et des conseils qui lui sont donnés. Au moment où nous connaîtrons son gouvernement, nous saurons si nous pouvons espérer que les changements ont des chances de se réaliser.
Dans le cas où l’oligarchie ne serait pas en mesure de retenir Trump, s’il réussit réellement à modérer le pouvoir et le budget du complexe militaro-sécuritaire et à tenir politiquement responsable le secteur financier, il se pourrait qu’il soit assassiné.
[…]
Hillary est battue, mais pas les oligarques. S’il est conseillé à Trump d’être conciliant, de tendre la main et de faire entrer l’establishment dans son gouvernement, le peuple étasunien sera de nouveau déçu. Dans un pays dont les institutions ont été si parfaitement corrompues par l’oligarchie, il est difficile de réussir à amener de véritables changements sans effusion de sang.

11/11/2016, Lucas MAUBERT, Avec Trump président, la Cour Suprême va basculer, Les Yeux du Monde.

[…] il est également à retenir que les élections du 9 novembre 2016 auront fait basculer les institutions fondamentales de la première puissance du monde dans le camp du conservatisme. Au-delà de la victoire de Trump, les Républicains sont parvenus à conserver une courte majorité au Sénat – 51 sièges sur 100 – ainsi qu’à la Chambre des Représentants.
[…]
Le changement le plus durable aura lieu à la Cour Suprême. Créée par l’article III de la Constitution, cette institution est compétente sur chaque sujet relevant du droit constitutionnel, des lois votées par le Congrès et des traités signés par le pays. Elle est d’autant plus importante qu’il s’agit de la plus haute institution judiciaire aux États-Unis ce qui rend ses décisions irrévocables.
[…]
Actuellement, il y a un équilibre des forces au sein de l’institution, quatre membres étant jugées plutôt comme étant du camp progressiste, quatre du camp conservateur. Trump aura le pouvoir de faire basculer la Cour dans ce dernier camp. Lors de la campagne électorale, il avait annoncé que les juges qu’il nommerait seraient pro-vie et défendraient le deuxième amendement sur le port d’armes. Surtout, il aura l’occasion d’élargir cette nouvelle majorité conservatrice.
[…]
Les juges étant nommés à vie, la Cour Suprême pourrait demeurer conservatrice pour les vingt prochaines années. C’est donc l’ensemble d’une génération qui pourrait se voir affectée par les décisions de la Cour Suprême, que ce soit sur l’avortement, l’immigration, le port d’arme ou l’assurance-maladie. Ce sera peut-être cela, le véritable héritage de la présidence Trump…

Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

L’envers du cirque des élections américaines


Les médias dominants américains et français soutiennent Hillary Clinton contre Donald Trump comme si les deux ne soutenaient pas les mêmes intérêts.

Les documentaires télévisuels, qui participent à ce cirque, sont aussi pléthoriques qu’inutiles.

Michael KIRK, Quel Président pour l’Amérique – Clinton contre Trump (USA, 2016), fait une biographie scolaire des deux candidats qui ne dit rien d’essentiel et cache les liens qui les unissent.
Partage proposé par : Zone Telechargement HD 720 VF.

William KAREL, Hillary Clinton, la femme à abattre (France, 2016), fait quelques rappels intéressants : en 2000, Hillary Clinton a contacté Donald Trump pour qu’il l’aide financièrement et elle a assisté à son mariage [19’08] ; en 2008, elle souhaitait restreindre l’avortement, elle était contre le mariage gay et l’émigration « clandestine », mais pour la peine de mort ; elle soutient toutes les guerres américaines (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) [22’00]. Aujourd’hui, elle est prête à faire la guerre contre la Russie et la Chine.
La suite dénonce Trump qui révèle la réalité de la politique américaine à laquelle participe Hillary Clinton. Car, comme le rappelle David Ignatius (éditorialiste au Washington Post) elle a vendu son statut d’ancienne fonctionnaire en faisant des conférences pour Goldman Sachs contre 200, 300 et même 500 000 dollars [53’01]. Le mot de la fin revient à Carl Bernstein : « Les deux candidats à la Présidence des États-Unis n’inspirent que de la méfiance » [1h05’40].
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR.

Cependant, deux documentaires tranchent avec le discours dominant qui masque la réalité économique et sociale des États-Unis.

Hélène ECKMANN, Le prix du rêve américain (France, 2016), montre que si l’Amérique connaît un taux de chômage historiquement bas, les Américains, dans le même temps, sont historiquement pauvres. 15% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Romain ICARD, États-Unis, le nouvel apartheid (France, 2016), montre que la ségrégation, pourtant interdite par la loi, fait son retour partout en Amérique. Notamment dans les écoles publiques.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post, 26/07/2016.
Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS, 05/11/2016.
Friedrich ENGELS, Le rôle de la violence dans l’histoire [Texte en ligne] – Chapitres II, III et IV de la deuxième partie de L’anti-Dühring, 1878-80 [Texte en ligne].
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.