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La procréation médicalisée


La légitimité de mettre en oeuvre des techniques d’aide médicale à la procréation repose en fait sur notre capacité à donner du sens à ces pratiques au delà du simple énuméré des possibles. Cette démarche complexe ne s’est pas produite correctement dans le domaine du DPN où, aujourd’hui encore, les objectifs de cette pratique médicale qui touche la totalité des grossesses en France ne sont pas clairement définis. En l’absence d’objectifs collectivement élaborés, c’est la technique et son pouvoir magique qui fascine et qui réifie qui dicte les comportements médicaux et de fait celui des familles.

La règle du jeu reste alors celle-ci : il faut voir tout ce qu’il est possible de voir du foetus à l’échographie, malgré les retentissements psychologiques et médicaux parfois désastreux qui peuvent en résulter. Le pire pour certains médecins serait de ne pas voir une anomalie qui pourrait théoriquement être visible, attentant ainsi à la superpuissance médicale de cette « Big Médecine ». L’application au dépistage pour toutes les grossesses de France a des conséquences insuffisamment évaluées : le fait de demander à chaque femme (et personne n’oublie du fait de la pression médico-légale) ce qu’elle ferait de sa grossesse si une pathologie devait être suspectée n’est sûrement pas dénué de conséquences d’autant que le doute porté sur un enfant in utero retentit sur la relation ultérieure entre les parents et l’enfant.

En AMP, les pratiques plus encadrées ont évolué différemment dans le temps laissant plus de temps à la réflexion et à la recherche de sens. Il y a 4 degrés de complexité progressivement croissante au plan éthique dans les différentes techniques d’aide médicale à la procréation. A chaque étape franchie les questions qui se posent au plan éthique mettent en jeu des argumentaires de plus en plus complexes.

Lire la suite… Les nouvelles méthodes de procréation et leur impact sur la famille, Canal-U (Audio – Vidéo – Texte – Liens). Autres conférences sur le thème procréation », Canal-U.

Sélection bibliographique :
• ACHARD Pierre, CHAUVENET Antoinette, LAGE Elisabeth, LENTIN Françoise, NÈVE Patricia, et VIGNAUX George, Discours biologique et ordre médical, Seuil, 1977 [L’Homme].

Six points d’attaque, un projet commun : l’ordre social dans son discours biologique. Éthologie (on pouvait s’y attendre), écologie (on y pensait moins), discours scientifique lui-même (cela va de soi) — biologique ou économique — , technologie psychologique et économique/politique sont le terrain de l’analyse. Un projet que l’on attendait avec une certaine impatience et, il faut bien le dire, sans trop y croire : le courant dominant va dans le sens d’une « biologisation » des sciences humaines et, d’ailleurs, du domaine intellectuel en général. Depuis les années soixante le naturalisme revient vigoureusement et, s’il a déclenché des polémiques dans les pays de langue anglaise – la plus significative étant peut-être celle qui s’est nouée en 1969 autour des idées sur la détermination raciale de l’intelligence, en ce qu’elle réactualisait, à propos de groupes sociaux déterminés, le débat qui à la fin du 19e siècle s’était ouvert autour du social-darwinisme : analyse des mécanismes socio-humains en termes bio-naturels d’un côté, recherche de l’homogénéité des concepts de l’autre – , si donc de tels débats se sont ouverts aux États-Unis et en Angleterre, ce n’était pas le cas ans la recherche de langue française où le prestige de l’analogie biologique augmente sans, apparemment du moins, troubler la sérénité des chercheurs. Serions-nous moins conscients des implications – et des origines sociales – de tels choix épistémologiques ?

• Actes du colloque, Génétique, procréation et droit, Actes Sud, 1985.
• Actes du colloque, L’ovaire-dose, Syros, 1989.

• CHARVET Frédéric (sous la direction de), Désir d’enfant, refus d’enfant, Stock, 1980.

Désir/refus d’enfant, ce titre est l’expression d’une ambiguïté :
– alors que l’image de l’enfant est survalorisée, la natalité est en baisse constante ;
– alors que les moeurs ont imposé la contraception et l’avortement, ceux-ci restent l’objet de discussions passionnées ;
– alors même que l’enfant est désiré, la femme enceinte vit dans la crainte inconsciente que cet enfant ne corresponde pas à l’idée qu’elle s’en fait.

• Collectif, Maternité esclave, 10/18 UGE, 1975.

Le titre sonne comme une condamnation. Le texte, toujours pris sur le vif, souvent violent, parfois plein d’humour, est un texte de combat. Des féministes, qui se sont réunies pour écrire ensemble ce qu’elles pensent des conditions faites à la maternité, poursui-vent ici un combat qu’elles ont déclenché en avril 1971 avec le manifeste des 343. Leur livre est probablement le premier du genre : nulle part ailleurs on ne trouve cette combinaison de conseils pratiques et de manifeste. Aucun des livres dits collectifs n’atteint à cette cohérence ; on est loin de l’assemblage de témoignages individuels. Le stade du cri est dépassé mais nullement renié. C’est à une analyse solide du mythe de la maternité que procèdent les auteurs, en partant de leur vécu de femmes. Certaines sont des mères de famille, d’autres sont célibataires sans enfant, mais toutes ont quelque chose à dire sur cette expérience que les femmes sont seules à pouvoir vivre. « La maternité, que nous la désirions, que nous la refusions, que nous nous y laissions entraîner, est au centre de la condition qui nous est faite. »

• Collectif, Procréation médicalement assistée, Droit et cultures n°51, 2006.

DAGOGNET François, Questions interdites, Les Empêcheurs de penser en rond, 2002.

Défend le droit à l’IVG, à l’IMG, à l’IAC, à l’IAD, à l’IPM et le recours à l’IAD pour une femme seule ou pour les homosexuels.

DELAISI de PARSEVAL Geneviève et BIGEARGEAL Jacqueline (dirigé par), Objectif bébé – Une nouvelle science, la bébologie, Autrement, 1985.

Autrefois, il n’y avait pas mille manières de faire un enfant. A l’exception notable de la Vierge Marie qui avait conçu par l’opération du Saint-Esprit. Aujourd’hui, les couples peuvent justement concevoir par l’opération du savant biologiste. D’ailleurs, qu’elle soit naturelle ou artificielle, la procréation n’échappe plus au progrès scientifique : du désir d’enfant aux premiers vagissements, du cri primal à la parole articulée, une chaîne de « bébologues » s’appliquent à faire de l’objectif bébé un parcours sans faille. Dans cet ouvrage quasi exhaustif, les meilleurs spécialistes replacent dans le temps et dans l’espace les dernières découvertes scientifiques et exposent clairement les implications de la bébologie dans tous les domaines.

DELAISI de PARSEVAL Geneviève et JANAUD, L’enfant à tout prix – Essai sur la médicalisation du lien de filiation, Seuil, 1985 [SommaireNuit blanche, le magazine du livreSciences et Santé].

• DHAVERNAS Marie-Josèphe, Bioéthique : avancées scientifiques et reculs politiques, Multitudes, 2004.

• FERENCZI Thomas (sous la direction de), Changer la vie ?, Complexe, 2001 Amazon.
• FERENCZI Thomas (sous la direction de), Critique du bio-pouvoir, Complexe, 2001 Amazon.

• Forum Diderot, Faut-il vraiment cloner l’homme ?, PUF, 1999.

GAVARINI Laurence, les procréations artificielles au regard de l’institution scientifique et de la Cité – La bioéthique en débat, Thèse de doctorat, Université de Paris VIII, 1987.
GAVARINI Laurence, La passion de l’enfant – Filiation, procréation et éducation à l’aube du XXIe siècle, Denoël, 2001.

Aujourd’hui l’enfant est l’objet de toutes les sollicitudes. Dès avant la naissance, les diverses techniques de maîtrise de la procréation font de l’enfant un projet délibéré et conscient. La psychanalyse a donné ses lettres de noblesse à la petite enfance. L’adulte n’est plus un enfant achevé, mais trouve au contraire son explication dans son enfance : il n’est que l’un des possibles que l’enfant qu’il était portait en lui. L’auteur analyse avec clarté et précision les chemins de cette nouvelle représentation de l’enfance, les cheminements complexes du désir d’enfant, les investissements affectifs et imaginaires dont l’enfant est l’objet, de sa conception à son développement scolaire ultérieur. Au carrefour de la psychanalyse et de la sociologie, une étude rigoureuse et limpide d’un thème de prédilection de nos contemporains.

• GILBERT Claude, HENRY Emmanuel (sous la direction de), Comment se construisent les problèmes de santé publique, La Découverte, 2009 [CNRSMonde en Question].

Radiations, infections nosocomiales, périnatalité, canicule, antennes relais de téléphonie mobile, sécurité routière, amiante, chikungunya, éthers de glycol, toxicomanie, bruit, démographie médicale, tremblante du mouton… Alors que la France a connu ces dernières années d’importantes crises sanitaires, nombre de phénomènes tendent à être considérés comme des problèmes de santé publique. Or ni cette qualification ni la mise en œuvre d’une action publique correspondante ne vont de soi. En témoignent les différences de traitement de situations qui sont rendues publiques ou font l’objet d’alertes plus ou moins confidentielles. Les processus par lesquels une situation devient ou non un problème de santé publique et fait ou non l’objet d’une intervention sont abordés de front dans cet ouvrage. La question des « luttes définitionnelles », des acteurs et processus qui construisent et portent ces définitions en constitue le fil conducteur. L’un des apports des contributions rassemblées, qui mobilisent différentes approches des sciences sociales, est de prêter la même attention aux contours publics, voire médiatiques, d’un problème qu’à ses caractéristiques dans des arènes plus discrètes lorsqu’il est traité entre spécialistes du domaine. Une attention particulière est aussi accordée à la dynamique de ces processus de définition sur un temps long. Les auteurs montrent également que les luttes ou négociations autour de la définition d’un problème sont aussi des conflits de pouvoir entre différents acteurs ou groupes d’acteurs.

• GREINER Georges (sous la direction de), Fonction maternelle et paternelle, Érès, 2000.

La nature des fonctions maternelle et paternelle reste bien énigmatique. Même s’il est évident qu’il n’y a pas de mère, ni de père sans enfant, la présence de l’enfant suffit-elle à créer la fonction ? Par ailleurs, le déclin du statut et de l’image sociale du père, la fréquence des recompositions familiales, le flottement dans les repères éducatifs font surgir de nouvelles interrogations.
Dans un tel contexte de remaniements sociaux et symboliques, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut soutenir la parentalité. S’il faut se garder d’une attitude de suspicion et de disqualification, particulièrement à l’égard des parents qui sont en grande difficulté, dans quelles conditions et selon quelles modalités, les professionnels de l’action sociale et de la santé mentale sont-ils en mesure d’intervenir ? Comment peuvent-ils repérer leur place (de la suppléance plus ou moins partielle à la fonction tierce) et leur positionnement ?

• HABERMAS Jürgen, L’avenir de la nature humaine – Vers un engénisme libéral ?, Gallimard, 2002 [Académie AmiensAcadémie AmiensENSImplications philosophiques].

Face aux progrès des biosciences, au développement des biotechnologies, au déchiffrement du génome, le philosophe ne peut plus se contenter des déplorations sur l’homme dominé par la technique. Les réalités sont là, qui exigent de lui qu’il les pense à bras-le-corps.
Désormais, la réponse que l’éthique occidentale apportait à la vieille question «Quelle vie faut-il mener ?» : «pouvoir être soi-même», est remise en cause. Ce qui était jusqu’ici «donné» comme nature organique par la reproduction sexuée et pouvait être éventuellement «cultivé» par l’individu au cours de son existence est, en effet, l’objet potentiel de programmation et de manipulation intentionnelles de la part d’autres personnes.
Cette possibilité, nouvelle à tous les plans : ontologique, anthropologique, philosophique, politique, qui nous est donnée d’intervenir sur le génome humain, voulons-nous la considérer comme un accroissement de liberté qui requiert d’être réglementé, ou comme une autorisation que l’on s’octroie de procéder à des transformations préférentielles qui n’exigent aucune autolimitation ?
Trancher cette question fondamentale en la seule faveur de la première solution permet alors de débattre des limites dans lesquelles contenir un eugénisme négatif, visant sans ambiguïté à épargner le développement de certaines malformations graves. Et de préserver par là même la compréhension moderne de la liberté.

• IACUB Marcela et JOUANNET Pierre (sous la direction de), Juger la vie, les choix médicaux en matière de procréation, La Découverte, 2001.

L’histoire des biotechnologies appliquées à la procréation est une succession inextricable de conquêtes techniques et d’innovations morales : les interventions médicales sur la procréation ont été concomitantes à la démarche consistant à « juger la vie ». Comment le droit et la médecine ont-ils tenté de forger des outils pour juger de l’opportunité et de la qualité de la vie des enfants à venir ? C’est à cette question majeure qu’entend répondre ce livre. Son originalité est de croiser des contributions de praticiens et de chercheurs des sciences de la vie, de philosophes et de spécialistes des sciences sociales, qui confrontent leurs points de vue. Depuis 1994, des normes ont été établies en France pour définir qui peut juger la vie des enfants à venir. Elles accordent un rôle essentiel aux médecins, mais sans leur donner pour autant des références précises pour le faire. Partant du malaise provoqué par cette situation et qu’expriment les acteurs eux-mêmes, cet ouvrage cherche plus à démythifier et à éclaircir les principaux termes du débat qu’à donner des solutions définitives. Il cher-che aussi à proposer quelques repères, aussi bien pour le législateur que pour la société civile, afin de se situer peut-être autrement face à des choix politiques complexes.

• IACUB Marcela, Penser les droits de la naissance, PUF, 2002.

Juriste, chercheur au CNRS et spécialiste du droit de la bioéthique, Marcela Iacub nous invite à repenser un certain nombre de questions :
– Quelle est la signification juridique du célèbre arrêt Perruche ?
– La législation de l’avortement n’a-t-elle pas introduit une rupture définitive dans la problématisation des normes juridiques et morales susceptible d’encadrer l’acte de naître et de faire naître ?
– Quels sont les problèmes moraux que pose cette nouvelle culture de la procréation ? S’agit-il d’eugénisme ?
– Faut-il repenser les rapports juridiques des femmes aux enfants qu’elles font naître ?
Un ouvrage qui explore l’ensemble des questions qui nous agitent autour du droit à la procréation et qui engagent l’avenir de l’humanité. Comme le précise l’auteur dans son avertissement :  » L’analyse des faux problèmes est parfois la meilleure manière de contribuer à éclaircir les vrais enjeux. Espérons qu’ainsi ce livre permette à chacun de mieux se situer dans un débat difficile et de ne plus laisser à la désinformation, au lobbying et aux calculs électoraux les plus mal placés le soin de régler à notre place la manière dont nous pensons qu’il est juste de naître et de vivre dans notre droit. »

• IACUB Marcela, Le crime était presque sexuel, Champs Flammarion, 2002 [Amazon].

Dans ce livre, la juriste M. Iacub présente, en les rassemblant, ses divers articles portant sur la régulation du comportement sexuel dans le droit contemporain français et les lois bioéthiques de 1994. Ces essais de casuistique juridique sont regroupés en trois parties, portant respectivement sur les modalités de l’intégration du rapport sexuel dans la loi, sur l’artificialisation de la vie par les nouvelles techniques médicales, et enfin sur le maintien de la division juridique des sexes aussi bien dans le droit à la procréation que dans le droit de la filiation.
Dans un premier temps, l’auteur s’intéresse donc à l’évolution juridique de la définition du viol, au droit au mariage des handicapés mentaux ou encore à la constitution de l’impuissance sexuelle comme motif légal d’annulation du mariage. L’ensemble de ces nouvelles lois reposent sur le changement de conception du mariage reposant à présent sur l’acte sexuel. À cet égard, M. Iacub peut noter l’incohérence du droit français à propos des lois sur la prostitution : si l’acte sexuel, et plus généralement l’intégrité sexuelle, constituent le critère juridique pertinent, il devient nécessaire de dépénaliser la prostitution.
Dans un second temps, la juriste s’attache à l’étude de la redéfinition de la mort juridique, ne correspondant plus nécessairement à la mort biologique en raison de la nouvelle notion de mort cérébrale. D’autre part, les nouvelles techniques médicales de procréation artificielle fondées sur la possibilité de la séparation de la sexualité et de la procréation révèlent au contraire que l’ensemble de ce nouvel ordre procréatif s’est donné pour norme l’acte sexuel fécond : seuls des couples hétérosexuels en âge de procréer ont droit à ces techniques.
La troisième partie de ce remarquable ouvrage tire les conséquences de ce nouveau droit : l’exclusion, d’une part, des homosexuels comme des célibataires ou encore des femmes ménopausées, non invités à profiter du progrès médical, et, d’autre part, l’inscription juridique de l’inégalité entre les hommes et les femmes face à la procréation. La toute-puissance de la mère devant la décision de procréer ou pas aliène plus la femme qu’elle ne la libère du statut de mère : la maternité est toujours un choix tandis que la paternité peut être l’objet d’une contrainte puisque la décision d’avorter n’appartient qu’aux femmes.

• La lettre du GRAPE n°24, Le père exclu : vers une société incestueuse ?, Érès, 1996.
• La Lettre mensuelle Gènéthique n°122, Assistance médicale à la procréation : les ambivalences du féminisme, Gènéthique, 2010.

LAMBRICHS Louise L., A ton image, Points Seuil, 2004 [BiblioMonde].

Roman : Jean est prêt à tout pour ne pas perdre sa femme devenue dépressive en apprenant sa stérilité. Partant du thème du clonage humain, l’auteur développe une intrigue qui transcende le thème initial et met en évidence la force qui pousse l’homme à rechercher l’immortalité.

• LEACH Gerald, Les biocrates – Manipulateurs de la vie, Seuil, 1973.

• LÉRIDON Henri, La baisse de la fécondité depuis 1965 : moins d’enfants désirés et moins de grossesses non désirées, Population n°3, 1985.

• MANDOFIA BERNEY Marina, Les caractéristiques de la procréation assistée et son influence sur le discours juridique quant à la filiation, Déviance et société, 1993.

ONFRAY Michel, Féeries anatomiques – Généalogie du corps faustien, Grasset, 2003.

Clonage, reproduction médicalement assistée, bébés-éprouvettes, eugénisme, manipulations génétiques, sont, chaque jour, à la une de nos débats. C’est en hédoniste, en matérialiste épicurien, que Michel Onfray promène son regard, sa science, sur l’embryon ou le génome. C’est en « vitaliste » déterminé, en champion d’une « poétique du vivant », qu’il fait l’éloge de l’artifice contre la nature, de la liberté contre la théologie, de l’immanence contre la transcendance. Cette thèse – qui prend à revers toutes les recommandations des «comités d’éthique» – fera débat et scandale. De «l’arrêt Perruche» (sur les droits du foetus) à la défense et illustration d’une «écologie technophile» (OGM, etc…), ces Féeries anatomiques renouvellent de façon radicale les polémiques habituelles sur le destin de nos pulsions faustiennes.

SÈVE Lucien, Pour une critique de la raison bioéthique, Odile Jacob, 1994.

« Le langage des biologistes brille le plus souvent par sa précision. Celui des juristes aussi. Mais lorsqu’on en vient aux concepts les plus communs sans lesquels aucun avis éthique n’est formulable – être humain, personne, respect, dignité, etc. -, pareil souci d’éclaircissement semblerait n’être plus requis. » Lucien Sève nous entraîne dans un vaste périple à travers les questions posées par la biomédecine et les problèmes de société qu’elles recouvrent – progrès de la science, rôle de l’argent.

TESTART Jacques (sous la direction de), Le magasin des enfants, F. Bourin, 1990 [Site de l’auteur].

Aucun des auteurs réunis ici ne demande l’abolition de la procréation artificielle, mais tous souhaitent que soient définis son territoire et ses modalités d’intervention, afin de préserver des valeurs infiniment plus précieuses à l’humanité que la satisfaction d’intérêts ou de besoins particuliers. Ce qui apparaît dans ces pages, c’est un humanisme moderne indépendant des dogmes, des religions ou des mythologies nouvelles secrétées par les techno-sciences.

TESTART Jacques, Le désir du gène, F. Bourin, 1992 [Site de l’auteur].

L’eugénisme, théorie scientifique qui vise à améliorer les qualités de la race humaine, est depuis la Seconde Guerre mondiale identifié à l’horreur du nazisme.
Ainsi croit-on que la volonté d’éliminer les individus non conformes et de cultiver les meilleurs est liée à une idéologie totalitaire et que la démocratie, à elle seule, nous protège des dérives eugéniques. Jacques Testart montre avec précision comment les performances techniques, dans le domaine de la reproduction, saluées comme d’extraordinaires avancées de la science, ouvrent, au contraire, la porte à un nouvel eugénisme démocratique, doux et insidieux. Extraits en nombre du corps maternel, les embryons peuvent être soumis à l’analyse génétique pour déterminer les caractères normaux ou anormaux de l’enfant potentiel.
Désormais la science permet de trier, sans larmes ni souffrance, les bons et les mauvais humains et va offrir aux parents le choix de leur enfant. La biomédecine prétend maîtriser la reproduction; l’enjeu essentiel est maintenant de savoir comment les citoyens maîtriseront cette maîtrise.

TESTART Jacques, La procréation médicalisée, Flammarion, 199″ [Site de l’auteur].

La procréation médicalement assistée (PMA) donne aux couples des chances de procréer dans presque toutes les situations d’infécondité.
Pour Jacques Testart, directeur de recherche à l’INSERM, il est à craindre que l’alliance inévitable de la génétique avec la PMA crée un contexte à la fois savant et bienveillant, conduisant les générations futures vers la chosification de l’homme.

• TORT Michel, Le désir froid – Procréation artificielle et crise des repères symboliques, La Découverte, 1992.

Nous vivons en Occident une transformation considérable et étrange des identités. Elle touche aussi bien les conditions de la procréation (contraception généralisée, procréation artificielle), les formes de la parenté et de la filiation (évolution des systèmes d’attribution du nom, parentés adoptives et artificielles) que l’identité sexuelle elle-même (transsexualisation médicale). Ces transformations atteignent les structures mêmes des systèmes symboliques qui régissent l’identification des sujets dans toutes les sociétés connues. Quelle contribution la psychanalyse peut-elle apporter à la compréhension de cette crise des repères symboliques, accélérée par les développements récents de la biologie ? C’est à cette question que tente de répondre ce livre, nourri d’une lecture critique des textes très divers consacrés à ce problème et de l’expérience pratique de l’auteur. L’étude des pratiques et des discours respectifs de ceux et celles qui s’adressent à la science pour répondre à leur désir d’enfant, des médecins et biologistes permet à Michel Tort de proposer une approche novatrice des problèmes que pose la procréation artificielle : constitution d’un  » marché du vivant « , dérives scientistes du  » bio-pouvoir « , ambiguïtés des indications d’infertilité, et surtout rapport nouveau du sujet à la filiation. L’autre apport majeur de ce livre concerne la théorie psychanalytique elle-même. En interrogeant notamment la place de cette théorie dans le débat juridique né de la diffusion de la procréation médicalement assistée, Michel Tort ouvre la voie d’une relecture critique : celle qui permettrait de dissocier dans les corpus freudien et lacanien ce qui est d’ordre contingent de ce qui serait le noyau dur de la théorie dans son rapport à la pratique. Par sa vigueur et sa rigueur, l’étendue de l’information mobilisée, ce livre est une contribution décisive à l’analyse de phénomènes qui transforment en profondeur les sociétés modernes.

• TRONQUOY Philippe (sous la direction de), Sciences et société, Cahiers français n°294, La Documentation Française, 2000.

Dispensatrice de progrès immenses, la science est aussi porteuse de lourdes menaces et les relations science/société doivent être redéfinies. Les interrogations concernent aussi bien les effets des technologies sur l’environnement que leur capacité – à travers les avancées de la biologie – à questionner la notion même d’humanité.
Les biotechnologies : vers la transformation de l’homme ?
– Sciences de la vie, droit et éthique (Bertrand Mathieu)
– Progrès de la génétique et risques eugéniques (Dominique Mehl)
– Quel statut pour le corps humain ? (Marcela Iacub)
– La procréation médicalement assistée : droit à l’enfant ou droits de l’enfant ? (Dominique Mehl)

• VACQUIN Monette, Main basse sur les vivants, Fayard, 1999 [Œdipe].

Moins de vingt ans séparent la première naissance par fécondation in vitro des perspectives annoncées de clonage et de transgenèse humaine. Dans l’intervalle, c’est à un formidable déchaînement expérimental que nous auront convié les biologistes. Sous couvert de « projet parental » s’élabore ainsi une inquiétante instrumentalisation de l’être humain. L’embryon, simple matériau, se prête aux combinaisons les plus aberrantes : bébés postmortem, grands-mères porteuses, jumeaux conçus à la même date en laboratoire et naissant à des années d’écart… Quelles sont les significations profondes de cet acharnement sur la filiation qu’aucune urgence humaine ne rend compréhensible ? C’est à cette interrogation que Monette Vacquin nous invite, cherchant le sens de ces interventions sur l’espèce, dont les conséquences échappent à toute représentation. Soulignant la faiblesse de la « bio-éthique », ainsi que la stérilité et la violence des controverses actuelles sur le sujet, l’auteur révèle un déficit symbolique sans précédent dans notre société. Aura-t-il pour conséquence ultime une casse irrémédiable de l’homme ? Main basse sur les vivants renverse toutes les certitudes acquises. En tentant de cerner ce qui prend la forme d’un redoutable passage à l’acte sur l’espèce, l’auteur affronte l’un des enjeux essentiels de cette fin de siècle.

VANDELAC Louise, L’infertilité et la stérilité – L’alibi des technologies de procréation, Thèse de sociologie, Université de Paris VII, 1988.
VANDELAC Louise, Technologies de reproduction : techniques de régulation à la hausse ou véritables montagnes russes ? , Érudit, 1992.

• VIVERET Patrick, Un humanisme à refonder, Le Monde diplomatique, 2002.

• Bioéthique, Le Monde diplomatique.
• Biotechnologie, Le Monde diplomatique.

• La procréation, l’embryologie et la génétique humaines (bibliographie sélective), Agence de la biomédecine.
• Développement d’une offre documentaire en éthique médicale et des sciences du vivant, Université Paul Sabatier – Toulouse 3.

• Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.

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Shanghai


Après avoir été le « Paris de l’Orient » dans les années 1930, Shanghai, qui est devenue l’une des grandes capitales du monde, dépasse aujourd’hui toute comparaison. Ville chinoise autant que capitale cosmopolite, ville de tous les excès, elle multiplie les âges d’or. Derrière la vitrine du triomphe économique et de la démesure architecturale, se développe une culture inquiète, tout à la fois tournée vers le passé et aimantée par l’avenir. Les plus grandes personnalités de la Chine contemporaine partagent un point commun : Shanghai. Tout ce qui compte en Chine a transité par cette ville. Véritable transformateur de la modernité économique, politique et culturelle, Shanghai ne cesse de fasciner.

Cet ouvrage totalement inédit, tant dans son ambition que dans son contenu, est le fruit d’une collaboration entre les meilleurs spécialistes de la Chine, aussi bien Français que Chinois ou Anglo-Saxons, historiens, économistes, écrivains, acteurs de la vie trépidante d’une ville ancrée dans la modernité. Comprendre Shanghai, c’est non seulement comprendre la Chine d’aujourd’hui mais comprendre le monde où l’on vit.

IDIER Nicolas (sous la direction de), Shanghai – Histoire, promenades, anthologie & dictionnaire, Bouquins Laffont, 2010 [Sommaire2000 ans d’Histoire sur France InterLes Matins sur France CultureFrance Info].

Lire aussi :
• IDIER Nicolas : CREOPSRevue Nunc.
• GED Françoise : Entretiens, Objectif Chine – Les villes en Chine, Canal-U et Université de tous les savoirs [Télécharger] – Le développement de Shanghai, Perspectives chinoisesShanghai, IFA, 2000 [Amazon].
• Shanghai : Exposition universelle 2010 de Shanghai Bibliothèque Médicis sur Public SénatColloque France-ShangaiObjectif Chine.

Science et politique


Dans une conférence qui avait pour objet l’analyse des modèles de la pensée proposés par les chercheurs en sciences cognitives, Brigitte Chamak analyse, dans un deuxième temps, le processus d’institutionnalisation en France qui fait échec à l’interdisciplinarité prônée par les chercheurs.

Conférence, Canal-U
Texte partie I Sens Public – Texte partie II La revue pour l’histoire du CNRS

La seconde partie, plus développée dans l’article que dans la conférence, montre que la construction d’un nouveau domaine (les sciences cognitives dans cet exemple) implique une concurrence entre les chercheurs qui produisent des modèles et des discours différents. Or, plus que la théorie, ce sont les contextes économique et politique qui jouent un rôle déterminant dans le développement et l’orientation d’un domaine scientifique.

Des collaborations s’établissent parfois entre des chercheurs engagés dans des disciplines différentes mais les domaines restent souvent séparés du fait des objectifs, intérêts et conceptions différentes qui les divisent mais aussi de la compétition pour les financements et les postes.

[…] les choix politiques et économiques jouent un rôle non négligeable dans la structuration des sciences cognitives. Une forte corrélation est constatée entre l’impact des pressions économiques et politiques et l’orientation des sciences. À l’inverse, les sciences influencent les modes de vie et de pensée.

19/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• CHAMAK Brigitte, Le Groupe des Dix ou les avatars des rapports entre science et politique, Éditions du Rocher, 1997 [CIRETLe Monde diplomatique].
• ROBIN Jacques, Du groupe des 10 à Transversales…, Transversales – Sciences & culture, Février 2007.
• Penser la pensée – Les sciences cognitives, La revue pour l’histoire du CNRS n°10, 2004.
• France – Etats-Unis – Influences croisées en sciences humaines, Revue d’Histoire des Sciences Humaines n°11, 2004.
• Savants, sciences et savoirs en société, Sociétés contemporaines n°64, 2006.
• Revue, Transversales – Sciences & culture.

Je vois ce que je crois


L’expérimentation montrée dans ce film reprend le principe de celle effectuée par François Le Poultier en 1987, en France, à Caen.

Les sujets voient un film de cinq minutes dans lequel deux femmes discutent. Ils n’entendent pas ce qu’elles disent.
À certains sujets (groupe contrôle), on dit que ce sont deux amies qui discutent.
À d’autres (première condition expérimentale), on indique que la femme de gauche est assistante sociale et que celle de droite est un cas social qui vient demander de l’aide.
À d’autres enfin (deuxième condition expérimentale), on dit l’inverse : la femme de gauche est un cas social qui vient demander de l’aide et celle de droite est assistante sociale.
Après le film, tous les sujets remplissent une grille d’évaluation constituée de 40 traits de personnalité positifs et négatifs. Les sujets ont pour tâche de cocher les traits qui leur semblent le mieux correspondre à la personnalité de chacune des deux femmes.
On constate que les sujets perçoivent les deux femmes en fonction de l’étiquette que l’on a « collée » sur chacune d’entre elles.

Canal-UUniversité Ouverte des Humanités

Une expérience sur le même thème fut publiée aux États-Unis en 1973 dans la revue Science [1]. Il s’agissait de s’interroger sur la santé mentale et la folie et, plus globalement, sur les concepts de normalité et d’anormalité.
L’expérience a consisté à faire admettre huit personnes (un étudiant en psychologie, trois psychologues, un pédiatre, un psychiatre, un peintre et une ménagère) mentalement saines (ne souffrant pas et n’ayant jamais souffert de troubles psychiatriques) dans des hôpitaux différents, sans qu’aucun membre du personnel hospitalier ne soit au courant de l’expérience.
Voici un résumé des conclusions :

Une fois classé comme schizophrène, le faux patient ne peut, quoi qu’il fasse, se débarrasser de cette étiquette qui influence profondément la façon dont les autres le perçoivent, lui-même et son comportement. De nouveau, au sens tout à fait propre du terme, une «réalité» a été construite.

Une fois qu’un individu a été caractérisé comme anormal, l’ensemble de ses comportements et des autres aspects de sa personnalité est marqué par cette étiquette ; cette classification est en effet si puissante que beaucoup de comportements normaux des faux patients n’étaient pas perçus du tout ou étaient complètement déformés de façon à les faire entrer dans le cadre de la réalité présupposée.

Un diagnostic psychiatrique produit sa propre réalité et, avec celle-ci, ses propres effets. À partir du moment où le patient a été classé schizophrène, on prévoit qu’il le restera. Et, quand, pendant suffisamment longtemps, il n’a rien fait de bizarre, on considère que sa maladie est en rémission et il peut quitter l’hôpital. Mais le diagnostic reste valable après que le patient est sorti, puisqu’on prévoit, sans l’ombre d’une confirmation, qu’il se comportera de nouveau comme schizophrène. La classification qu’établissent les spécialistes des maladies mentales a autant d’influence sur le patient lui-même que sur sa famille et ses amis, et, comme, on peut s’y attendre, le diagnostic a sur eux l’effet d’une prédiction qui se vérifie elle-même. Finalement, le patient accepte le diagnostic avec tout ce qu’il signifie et toutes les prévisions qui s’y rattachent, et se comporte en fonction de celui-ci. Il s’adapte à la construction d’une «réalité» interpersonnelle.

Il est pour le moins curieux que la critique de la catégorisation ne soient pas appliquée en France aux stéréotypes homme-femme, stéréotypes construits par les hommes et par les femmes sur son genre (stéréotypes construits par les hommes sur les hommes et par les femmes sur les femmes) et sur l’autre genre (stéréotypes construits par les hommes sur les femmes et par les femmes sur les hommes). Cela fera prochainement l’objet d’une série d’articles.

15/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Constructivisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Psychologie sociale, Monde en Question.


[1] ROSENHAN David, «Être sain dans un environnement malade» in WATZLAWICK Paul (sous la direction de), L’invention de la réalité – Contributions au constructivisme [1981], Seuil, 1988 p.131 à 160 [Points Seuil, 1996].

La pluralité interprétative


Les études de la réception des œuvres littéraires montrent de chaque lecteur construit un roman sur le roman [1]. L’interprétation d’un texte, d’une image ou d’une action suit la même logique constructiviste. Mais l’ouverture de l’interprétation ne signifie pas que l’on puisse dire n’importe quoi. Il a des limites à l’interprétation. Si l’acte de lecture est un acte créateur, il peut être falsificateur quand le lecteur prétend commenter non ce qui est écrit, mais son interprétation sauvage des intentions supposées de l’auteur ; ou, pire encore, quand il prête à l’auteur des mots ou des phrases que celui-ci n’a pas écrit, mais qui sont les projections du lecteur. Beaucoup des commentaires, publiés suite à l’article Osez le crime féministe !, rentrent dans cette catégorie.

Plutôt que de perdre son temps à répondre au cas par cas à des lecteurs qui ne veulent de toute façon rien entendre de l’Autre, ouvrons le débat avec le colloque sur les fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue :

L’étroitesse d’esprit, le dogmatisme, l’intolérance, le fanatisme sont, à des degrés divers, des formes d’enfermement dans un schéma mental. Pour y échapper, il faut accéder à la « pluralité interprétative » : devenir capable de « manipuler » ses propres représentations et ses idées pour adopter, au moins temporairement et en imagination, d’autres points de vue que le sien.
Mais quelles sont les bases cérébrales et mentales d’une telle capacité chez l’enfant et chez l’adulte ? À travers quelles formes historiques – culturelles, religieuses, artistiques – s’est-elle incarnée et développée ? Peut-on l’enseigner aux enfants, et comment ?
Organisé les 12 et 13 juin 2008 au Collège de France, le colloque La pluralité interprétative – Fondements historiques et cognitifs de la notion de point de vue a tenté de faire le point sur ces questions.
Textes : Collège de France – Vidéos : Collège de FranceCanal-U

Sélection de conférences :
• ANDRONIKOF Anne, Interpréter le discours de l’autre : projections et déviances, [texte] Collège de France.
• BERTHOZ Alain, La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance, [texte] Collège de FranceCollège de France.
• SEVERI Carlo, Nous et Eux – Réflexions sur la différence culturelle, [texte] Collège de France – Pluralité de points de vue et culture : réflexions sur le conflit culturel, [vidéo] Canal-U – [vidéo] Collège de France.
• SPERBER Dan, Pragmatique de l’interprétation, [vidéo] Canal-U – [vidéo] Collège de France.

09/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] Articles :
• FETVEIT Arild, N’existe-t-il rien de tel qu’un texte ? – L’anti-essentialisme et la domination du lecteur, Quaderni n°33, 1997.
• MAUGER Gérard, POLIAK Claude, Les usages sociaux de la lecture, Actes de la recherche en sciences sociales n°123, 1998.
• CLAUSTRE Daniel, La lecture interprétative d’une même nouvelle par 213 lecteurs, UNIL, 2006.
• PETITAT André, Fiction, pluralité des mondes et interprétation, UNIL, 2006.
Revues :
• Lecture et lecteur, Semen n°1, 1983.
• Texte, lecture, interprétation, Semen n°9, 1994.
• Les théories de la réception, Réseaux n°68, 1994.
• Sémiotique(s) de la lecture, Semen n°10, 1995.
• La réception des textes littéraires, Lidil n°33, 2006.
Livres :
JAUSS Hans Robert, Pour une esthétique de la réception [1972], Gallimard, 1978 et Tel Gallimard, 1990 [Études françaisesMil neuf cent].
• CALVINO Italo, Si par une nuit d’hiver un voyageur [1979], Seuil, 1981 [Nouvel ObsTangence].
• ECO Umberto, Les limites de l’interprétation [1990], Livre de Poche, 1994.
Dans L’œuvre ouverte (1962), Umberto Eco invitait tout lecteur à une interprétation pratiquement infinie des textes. Dans ce volume composé d’articles, il met le holà : interpréter ne signifie pas perdre de vue l’intention de l’auteur, le sens littéral d’un texte, l’état du lexique et les règles de l’écriture à l’époque où le texte a été produit. Bref, il n’est pas forcément heureux de pousser l’art de lire entre les lignes plus loin que nécessaire.
Définitions :
• Théories de la réception et de la lecture selon l’école de Constance, Wikipédia.
• Interprétation, PhiloNetWikipédia.
• Herméneutique, Wikipédia.
Bibliographie :
• Bibliographie sur la théorie de la réception, Luc Gauthier-Boucher.

La justice sociale face au marché


Le désastre social et humain, provoqué par le tournant de la rigueur de la gauche socialiste et communiste en 1982-1983, est comparable à celui provoqué par l’Union sacrée en août 1914 quand l’ensemble des organisations syndicales et politiques de gauches se rallièrent à la politique national-militariste du gouvernement Poincaré. Aujourd’hui, la gauche pleurniche sur la politique anti-sociale de Nicolas Sarkozy alors qu’il poursuit celle que le Parti socialiste et le Parti communiste ont inaugurée.

La lecture du dernier ouvrage d’Alain SUPIOT s’impose pour comprendre l’histoire longue de la lutte entre le Capital et le Travail pour partager les bénéfices de la croissance. S’impose aussi la relecture de la Déclaration de Philadelphie de mai 1944 que la gauche a bafouée [1].

Face au marché total, face à la concurrence éfreinée des firmes et des modèles juridiques, il est parfois difficile de faire sa part à la justice sociale. Le juriste et directeur de l’Institut des Etudes Avancées de Nantes, Alain Supiot, s’y essaye avec succès dans L’esprit de Philadelphie, son dernier livre. Quiconque cherche des remèdes au néo-libéralisme doit le lire.

Spécialiste du droit du travail, il dénigre la course au moins-disant social, avec une réelle profondeur historique. Il n’a pas oublié les séquelles laissées par la gestion industrielle des hommes. Les analogies qu’il établit entre la machine de guerre totalitaire et l’univers managérial ne sont pas de l’habillage. Sous Ernst Jünger, gît le capital humain, comme sous les pavés, la plage.

L’auteur ne cède pas cependant au fatalisme. Armé de la certitude selon laquelle on ne régule pas les marchés comme on régule son chauffage central, le problème est de les «réglementer», il se refuse à réduire l’homme à l’état de pure ressource économique. C’est donc à retrouver l’esprit de 1944, celui de la première Déclaration internationale des droits à vocation universelle qu’il s’emploie. Et nous donne ainsi les moyens d’endiguer la renaissance féodale en cours et la culture politique du «deal». Contre le Droit communautaire, et pas seulement lui, qui s’en retourne au beau temps de la suzeraineté, et augmente les liens de dépendance, il parvient à convertir les rapports de force en rapports de droit.

La Fabrique de l’humain – France CultureTélécharger
Transcriptions d’émissions de France Culture, Fabrique de sens

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
SUPIOT Alain, L’esprit de Philadelphie – La justice sociale face au marché total, Seuil, 2010 [Texte en ligne].

Après des décennies de globalisation financière, il est urgent de redécouvrir les principes de dignité et de justice sociale proclamés au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Les propagandes visant à faire passer le cours pris par la globalisation économique pour un fait de nature, s’imposant sans discussion possible à l’humanité entière, semblent avoir recouvert jusqu’au souvenir des leçons sociales qui avaient été tirées de l’expérience des deux guerres mondiales. La foi dans l’infaillibilité des marchés a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l’échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la migration, l’exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial. La faillite actuelle de ce système incite à remettre à jour l’œuvre normative de la fin de la guerre, que la dogmatique ultralibérale s’est employée à faire disparaître. Ce livre invite à renouer avec l’esprit de la Déclaration de Philadelphie de 1944, pour dissiper le mirage du Marché total et tracer les voies nouvelles de la Justice sociale.

Lire aussi :
22/02/2000, SUPIOT Alain, La contractualisation de la société, Canal-U
2003, BRONZINI Giuseppe, L’Europe des droits après la Convention, Multitudes n°14
30/01/2008, SUPIOT Alain, L’Europe gagnée par « l’économie communiste de marché », Revue du Mauss
02/02/2008, Alain Supiot : « Voilà l' »économie communiste de marché » » – Une critique accablante de l’Union européenne par un Européen spécialiste du Droit du travail, Blog luckyLe Grand Soir
28/11/2008, Anéantir le droit du travail, Monde en Question
Janvier 2009, Entretien avec Alain Supiot, Place publique n°13
Janvier 2010, FŒSSEL Michaël et MONGIN Olivier, Nos aveuglements face au réel, Esprit
Alain SUPIOT : Institut des Etudes Avancées de Nantes – PUFUniversité de Nantes
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.


[1] LEE Eddy, Déclaration de Philadelphie : rétrospective et prospective [BooksGoogle] in THWAITES James Douglas (sous la direction de), La mondialisation – Origines, développements et effets, Presses Université Laval, 2004 [BooksGoogle].
THWAITES James Douglas :
Presses de l’Université Laval
Université Laval

Maladie, médecine et philosophie


En lisant ce commentaire de l’article La grippe saisonnière tue !, on se rend compte combien les sociétés modernes des pays occidentaux ne savent plus penser la maladie et la mort. Le Mexique, malgré la colonisation non seulement économique et politique mais aussi culturelle [1], a conservé une tradition vivante de la mort. On peut s’en rendre compte à San Andrés Míxquic par exemple, un village au sud de México, où se déroule chaque année de grandes fêtes bien arrosées dans le cimetière le jour des morts [2].

Il existe des différences marquées entre la philosophie autochtone et la philosophie ouest-européenne de la médecine. Avant l’arrivée des étrangers sur notre continent, la médecine faisait partie de la vie de tous les jours. Elle était préventive plus que curative, ce qui amenait les gens à croire que lorsque la maladie éclatait, c’est qu’on avait manqué à la règle du respect de son corps en ne faisant pas ce qui devait être fait pour la prévenir. C’était donc une malédiction. Comme l’approche était holistique, on soignait le malade et non la maladie. On croyait que toute dérogation à la règle du respect du corps produisait un déséquilibre de l’organisme et que, par conséquent, on devait en subir la punition.

Le respect des animaux, des plantes, du sol nourricier auxquels on attribuait un esprit (Manito) faisait aussi partie de la vie quotidienne et ne pouvait être dissocié de l’équilibre de la santé physique dans son ensemble. La santé de l’esprit de son être, la santé par le respect de cet esprit qui guide l’esprit de son corps (Kijé Manito, ou l’Esprit de l’Esprit) devait en toute occasion être entretenue. Lorsque la maladie frappait, le remède administré était considéré comme une thérapeutique temporaire et non comme devant éliminer le problème de la maladie; celui-ci venait de l’entité de l’être malade, par une forme de non respect de l’une des lois non écrites de la vie quotidienne. L’élimination des symptômes de la maladie n’octroyait pas au malade la certitude de l’élimination de la maladie qui en était la cause. De là l’explication de l’approche globale de la médecine. Si les herbes éliminaient les symptômes de la maladie, elles n’éliminaient pas la cause de cette maladie et voilà pourquoi l’aspect psychologique devait aussi être considéré.

Intervenait alors, si le savoir du médecin se limitait au soin du corps, le médecin de l’esprit que beaucoup appellent encore «sorcier». Le médecin sorcier n’avait rien de maléfique, au contraire, et il recourait aux connaissances qu’il avait de l’esprit des humains pour soigner le psychisme du malade, comme on avait recouru avant lui aux plantes pour éliminer les symptômes de la maladie.

ASSINIWI Bernard, La médecine des Indiens d’Amérique, Guérin littérature, 1988

Il n’en a pas toujours été ainsi. C’est à partir de la Renaissance que le discours médical, devenant scientifique puis politique, se coupe petit à petit de l’homme pour devenir un discours performatif, normatif et directif (les campagnes antitabac par exemple) [3]. Alors que la médecine travaille sur des moyennes statistiques qui ne disent rien sur un individu, le discours médico-politique transforme les moyennes statistiques en normes et en prescriptions de comportements (la vaccination obligatoire par exemple).

Contre la déshumanisation de la médecine moderne occidentale, Georges Canguilhem entreprit de réhabiliter l’importance de l’individu, du malade. Prendre le parti de la vie, c’est penser l’individu et sa douleur, non le normal statistique ni la moyenne qui sont des constructions spéculatives. Notre existence, de la naissance à la mort, est aujourd’hui médicalisée au point que nous ne posons plus la question des normes morales et politiques qui l’accompagnent, la fondent et l’orientent.

Le psychose politico-médiatique à propos de la grippe A(H1N1), que je dénonce depuis le 27/04/2009, a pris chez certains la tonalité du vieux cauchemar de l’humanité de la fin du monde. L’ironie de l’histoire est que les dérives politiques du discours médical alimentent le discours irrationnel des religions.

Serge LEFORT
Citoyen du Monde exilé au Mexique

Lire aussi :
BARROUX Gilles, Philosophie, maladie et médecine au XVIIIe siècle, Honoré Champion, 2008 [Continent Sciences – France Culture].

L’étude du corpus médical du XVIIIe siècle offre de multiples centres d’intérêt : philosophique, historique et épistémologique.

Ce corpus présente d’abord une philosophie médicale à l’oeuvre. En cherchant à dresser une anthropologie de l’homme malade, il ne cesse de convoquer les philosophes : Aristote, Descartes, Locke, Condillac, Wolff…

Il renferme également une histoire conséquente de la médecine, en remontant aux origines de son art pour élaborer les différentes théories qui le composent. Mais son intérêt historique réside aussi dans la manière dont la médecine s’insère dans un contexte politique, juridique et économique en mouvement.

Enfin, il exprime une véritable pertinence épistémologique, en révélant un imposant réseau d’articulations fécondes entre sciences et méthodes d’investigation. Imprégnée par les modèles de la botanique, de la chimie, de la physique et des mathématiques, la médecine du XVIIIe siècle oscille entre sa filiation avec les figures tutélaires d’Hippocrate et de Galien, et le désir de se constituer comme science à part entière, plus tournée vers une approche expérimentale des phénomènes.

Toutes ces disciplines se rejoignent sur ce constat : c’est à une anthropologie aux multiples facettes que l’étude de la médecine de toute cette période nous invite.

Georges Canguilhem :
– CANGUILHEM Georges, Le normal et le pathologique, Quadrige PUF, [1943] 2009 [Amazon]
– 07/09/2006, Science et conscience – Georges Canguilhem, France Culture
– Collectif, Georges Canguilhem, philosophe, historien des sciences, Albin Michel, 1993
– Collectif, Actualité de Georges Canguilhem – Le normal et le pathologique, Empêcheurs Penser en Rond, 1998
– FAGOT-LARGEAULT Anne, DEBRU Claude, MORANGE Michel (sous la direction de), Philosophie et médecine – En hommage à Georges Canguilhem, Vrin, 2008 [BooksGoogle]
– LE BLANC Guillaume, Lectures de Canguilhem – Le normal et le pathologique, ENS Editions, 2000 [BooksGoogle]
– LE BLANC Guillaume, Canguilhem et les normes, PUF, 2008
– LECOURT Dominique, Georges Canguilhem, QSJ PUF, 2008 [Amazonl’Humanité]
Philosophie et médecine :
CNRS
CERPHI
CERSES
Formation à la lecture critique d’articles médicaux, Canal-U 1/32/32/3.
Articles Grippe A(H1N1), Monde en Question.
Revue de presse Grippe A(H1N1), 2009 Monde en Question 2010 Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Corps, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.


[1] GRUZINSKI Serge, La colonisation de l’imaginaire – Sociétés indigènes et occidentalisation dans le Mexique espagnol XVIe-XVIIIe siècle, Gallimard, 1988 [Monde en Question].
MAJFUD Jorge, La Vierge et le Quetzal : Mémoire profonde d’Amérindie, Tlaxcala.
[2] Fête des morts, Portail Mexique.
[3] Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire – L’économie des échanges linguistiques, Fayard, 1982.

La simplexité


Comment la nature surmonte la complexité ?, Science publique [mp3 sur demande]

Les espèces vivantes sont toutes confrontées à cette complexité de notre univers sur laquelle les scientifiques butent souvent aujourd’hui. Ainsi, l’évolution révèle les solutions que la nature a retenu sous l’effet de la sélection naturelle. Ces solutions recèlent des stratégies subtiles qui permettent souvent de contourner les obstacles de la complexité sans, pour autant, l’ignorer. Dans son dernier ouvrage, Alain Berthoz définit un nouveau concept pour désigner ces réponses de la nature : la simplexité. Il s’agit là d’une capacité de simplification dont l’efficacité réside dans une réelle prise en compte de la complexité. Les méthodes ainsi sélectionnées par l’évolution ouvrent des pistes d’investigation passionnantes pour découvrir de nouveaux modes de résolution des problèmes posés par la complexité. Les scientifiques pourraient ainsi dépasser les limites du formalisme pour explorer des voies plus empiriques. Comment s’inspirer du vivant pour résoudre des problèmes de prise de décision, de réparation du corps humain ou de comportement dans la société ?

Alain BERTHOZ, La simplexité, Odile Jacob, 2009 [RFIScience.gouv.fr].

«La simplexité, telle que je l’entends, est l’ensemble des solutions trouvées par les organismes vivants pour que, malgré la complexité des processus naturels, le cerveau puisse préparer l’acte et en projeter les conséquences. Ces solutions sont des principes simplificateurs qui permettent de traiter des informations ou des situations, en tenant compte de l’expérience passée et en anticipant l’avenir. Ce ne sont ni des caricatures, ni des raccourcis ou des résumés. Ce sont de nouvelles façons de poser les problèmes, parfois au prix de quelques détours, pour arriver à des actions plus rapides, plus élégantes, plus efficaces.»

Comme le démontre Alain Berthoz dans ce livre profondément original, faire simple n’est jamais facile ; cela demande d’inhiber, de sélectionner, de lier, d’imaginer pour pouvoir ensuite agir au mieux.

Écouter aussi :
• Alain BERTHOZ, La manipulation mentale des points de vue : un des fondements de la tolérance, Canal-U.
• Conférences Alain BERTHOZ, ENS.
• Conférences Alain BERTHOZ, Canal-U.

Lire aussi :
Alain BERTHOZ, La décision, Odile Jacob, 2003 [Decisio.infoSciences Humaines].

Fidèle à sa conception du cerveau, non pas calculateur ni compilateur mais simulateur d’action, Alain Berthoz renouvelle dans ce livre toute la théorie psychologique de la décision. Au lieu de considérer la décision comme un processus rationnel, fondé sur des outils logiques, il en fait la propriété fondamentale du système nerveux, dont la fonction est de préparer, de commander et de réguler l’action. C’est dans ce cadre qu’il décrit les pathologies de la décision (agnosie, aphasie, simultanagnosie, obsessions, etc.)
La première décision – capturer ou fuir – est vitale : elle définit tout être vivant, à la fois prédateur et proie. Cette décision met en jeu le corps, comme d’autres, ainsi l’équilibre et la marche. Et dans un chapitre qui bouleverse bien des idées reçues, il démontre l’existence d’un double en chacun de nous (héautoscopie) qui apparaît souvent dans les rêves mais que nous ne cessons de prendre à témoin, notamment pour nous encourager ou nous stimuler.
Il montre comment la perception est essentiellement une décision. Percevoir, ce n’est pas seulement combiner, pondérer, c’est sélectionner, c’est décider. C’est, dans la masse des informations disponibles, choisir celles qui sont pertinentes par rapport à l’action envisagée. C’est, en outre, lever des ambiguïtés, c’est choisir entre des formes rivales, c’est trancher dans des conflits sensoriels. Il propose enfin une « physiologie de la préférence ». Non seulement la perception est décision, mais la mémoire l’est tout autant. Mémoriser c’est toujours faire un choix, l’oubli est toujours sélectif.
Avec ce livre, Alain Berthoz poursuit son enquête sur le cerveau parieur, ou comment décider, c’est prédire.

• Alain BERTHOZ et NAUD Didier (sous la direction de), Décider, collaborer et apprendre, Démos, 2009.
• Alain BERTHOZ, Laboratoire de Physiologie de la Perception et de l’Action.
• Alain BERTHOZ, Odile Jacob.
• BOURGINE Paul, CHAVALARIA David et COHEN-BOULAKIA (sous la direction de), Déterminismes et complexités : du physique à l’éthique – Autour d’Henri Atlan, La Découverte, 2008.

Saison de la Turquie en France


Du 1er juillet 2009 au 31 mars 2010, la Turquie sera l’invitée de la France avec la Saison de la Turquie en France. Plus de 400 événements culturels, économiques et intellectuels permettront de découvrir l’effervescence, la jeunesse et la modernité de ce pays, trop méconnu en France.
Saison de la Turquie
Programme
Dossier de presse

Conférences de l’Université de tous les savoirs :

Histoire franco-algérienne


Colloque international organisé par l’ENS Lettres et sciences humaines en partenariat avec le Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHRA), l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, l’Institut Charles-André Julien, l’Institut de Documentation et d’Etudes sur l’Histoire du Maghreb (IDEHM), l’Institut National de Recherche Pédagogique, l’IUFM de Lyon, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation et le Groupe de Recherche et d’Etudes sur le Maghreb et le Moyen-Orient (GREMMO).

Dans un contexte où s’affrontent, sur le sujet sensible de l’histoire franco-algérienne, les porte-parole de groupes de mémoire adverses, et des pressions ou injonctions d’histoires des deux côtés de la Méditerranée, le colloque se propose de rendre la parole à l’histoire. Sont donc invités surtout des historiens, français, autres européens, et algériens. En effet, seule une histoire élaborée en partenariat, et fondée sur l’échange et le dialogue international, est susceptible de fortifier sainement les relations internationales, en particulier entre l’Algérie et la France. Le colloque est conçu pour aborder la moyenne et la courte durée. Il ne se limite pas aux aspects politiques, mais embrasse aussi bien l’économie que les migrations, le poids des structures sociales et des mentalités, voire de l’inconscient. Il traite aussi d’histoire politique, d’histoire militaire, de la colonisation, des résistances à la colonisation, et du nationalisme ; sans compter encore de culture, de littérature et d’art.

Colloque pour une histoire critique et citoyenne – Le cas de l’histoire franco-algérienne, 81 conférences, Canal-U

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.