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Israël mène une politique d'apartheid


Hier soir se tenait à l’Alternative Information Center une conférence de Hazem Jamjoum, l’un des étudiants de Toronto à l’origine de la « semaine de l’apartheid israélien ». Crée en 2005, cet évènement est l’un des plus importants rendez-vous à l’échelle internationale des militants solidaires de la cause Palestinienne.

Tout au long de la soirée, Hazem Jamjoum a tenté de démontrer que l’occupation israélienne doit être qualifiée d’apartheid.

Qualifier l’action menée par Israël d’apartheid n’est pas nouveau. Le débat était déjà présent dans les années 80 mais avait été un peu mis de coté avec les accords d’Oslo, lequel devaient garantir l’autodétermination (au moins partielle) des Palestiniens des territoires occupés.

Cependant, dans un contexte actuel de poursuite intensive de la colonisation et des, la question revient à l’ordre du jour. politiques discriminatoires envers les réfugiés et les citoyens palestiniens d’Israël

Comme le souligne Hazem Jamjoum, l’’apartheid est un terme afrikaner qui signifie « séparer », « mettre à part, » « tenir à l’écart ». Le terme a été universalisé par la Convention sur l’Elimination et la Répression du crime d’apartheid. Cette dernière définit l’apartheid comme « une politique et un système de ségrégation et de discrimination raciale, telle qu’elle était pratiquée en Afrique du Sud » ayant pour but «d’établir et de maintenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur un autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci. » Si la convention se base sur l’expérience sud-africaine, elle ne s’y limite pas. L’apartheid se caractérise par un transfère de force des populations, un contrôle de la terre, des humiliations et meurtres.

Hazem Jamjoum, qui travaille aujourd’hui pour le « Badil Ressource Center for Palestinian Residency » a multiplié les exemples qui prouvent à ses yeux qu’Israël est un régime d’apartheid. Il insiste notamment sur les destructions de maisons palestiniennes depuis 1948. Au cours des 60 dernières années, la politique d’expulsion d’Israël a forcé 70% des Palestiniens à vivre en tant que réfugiés et/ou personnes déplacées, ce qui en fait le plus long et important problème de réfugiés et de personnes déplacées dans le monde d’aujourd’hui. L’expulsion des Palestiniens de leurs foyers et de leurs terres est loin d’être chevée, le dernier exemple en date étant celui du quartier Al-Boustan à Jérusalem.

De même, l’existence de systèmes juridiques différents dans les territoires palestiniens occupés est révélatrice. Les juifs sont en effet soumis à la loi israélienne, tandis que les Palestiniens sont soumis à un complexe mélange de lois datant de l’Empire ottoman, britannique, jordanien et des ordres militaires israéliennes. La loi israélienne va donc au delà des frontières du territoire. Comme le déclarait Golda Meir, premier ministre de 1969 à 1974, «La frontière [d’Israël] est l’endroit où vivent les Juifs et non celui où il y a une ligne sur la carte. »

Faire reconnaitre à la communauté internationale qu’Israël est coupable de crimes d’apartheid est fondamental selon Hazem Jamjou. En effet, cela reviendrait à reconnaitre qu’Israël viole le droit international et obligerait la communauté internationale à des sanctions économiques. En attendant, il appelle la société civile palestinienne à un boycott économique des produits israéliens.

Younes Salameh
04/03/2009
Publié par PNN.

"Moi, juif anti-sioniste…"


Tandis qu’à Gaza un fragile cessez-le-feu se maintient depuis le 18 janvier, les négociations se poursuivent pour la mise en place d’une trêve durable entre le Hamas et Israël, de nombreuses voix s’élèvent et demandent des comptes à Israël. Celle de Pierre Stambul, membre du bureau national de l’Union Juive Française pour la Paix, en est l’une d’elles.

Dans cet entretien, il explique comment l’impunité dont a joui Israël jusqu’à présent a permis le crime.

Le Matin : L’UJFP fait partie de ces voix juives qui s’élèvent en France et en Europe pour critiquer la politique d’occupation israélienne et condamner fermement l’agression criminelle contre la population de Gaza qui a fait plus de 1300 morts, notamment des centaines d’enfants. Comment votre action est-elle perçue en France ?

Dans les manifestations de soutien au peuple de Gaza, les militant-e-s de l’UJFP ont défilé sous leurs banderoles, avec des mots d’ordre : « juifs et arabes ensemble contre l’occupation ». À Paris, il y a (à toutes les manifestations) une grande banderole commune à l’UJFP et l’ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France). Il y avait aussi une pancarte : « Israéliens contre l’Apartheid » portée par des Israéliens de Paris.

Pour les manifestants qui ne nous connaissaient pas, ça a été à la fois une grande surprise et une grande satisfaction. Nos interventions au micro ont été très chaudement applaudies avec émotion et nous avons reçu beaucoup plus d’invitations que d’habitude pour venir parler ou expliquer. Aussi bien devant des publics issus de l’immigration que devant des associations engagées pour la Palestine et même devant des publics de Français d’origine juive qui partagent notre condamnation totale du crime qui vient de se dérouler. Pour l’UJFP, la découverte réciproque avec les Musulmans et les Français d’origine arabe est très importante.

Du côté des médias français, globalement, ils continuent de nous ignorer, mais nous avons quand même été interviewés ou filmés à quelques occasions pendant les manifestations.

Du côté du CRIF et des institutions communautaires juives, nous sommes plus que jamais des traîtres « ayant la haine de soi ». Notre existence les irrite.

Ce qui vient de se passer contre le peuple de Gaza confirme notre raison d’être et nos analyses : le sionisme est un obstacle à la paix. La politique de destruction consciente et obstinée menée par tous les gouvernements israéliens contre la Palestine est un crime. Elle est aussi suicidaire à terme pour les Israéliens. Le totalitarisme de ceux qui prétendent que tous les Juifs doivent soutenir les crimes de Tsahal est inacceptable.

Le Matin : Le crime à Gaza a été rendu possible grâce au soutien renforcé de l’Union Européenne notamment de la France. Comment analysez-vous ce « permis de tuer » qui a été accordé à Israël ?

Tzipi Livni est allée chercher chez Moubarak mais surtout chez Sarkozy le permis de tuer dont elle avait besoin et elle l’a eu sans problème. C’est au forceps que Sarkozy et Kouchner ont obtenu le « rehaussement » des relations entre l’Europe et Israël contre l’avis du Parlement européen. La responsabilité occidentale est totale. C’est l’Europe qui a financé le port ou l’aéroport de Gaza et l’Europe s’est tue quand l’armée israélienne les a pulvérisés. L’Europe a participé au blocus de Gaza, déclaré « entité hostile » par l’occupant. L’Europe a décidé de punir les Palestiniens « d’avoir mal voté » en boycottant le Hamas vainqueur des élections palestiniennes. L’Europe permet que les produits des colonies de Cisjordanie arrivent sans taxe chez le consommateur européen.

C’est l’impunité d’Israël qui permet la poursuite du crime. L’Union Européenne et Sarkozy vont bien au-delà de l’impunité. Ils sont complices. La présidence tchèque est allée jusqu’à affirmer que le carnage à Gaza était une action purement « défensive » d’Israël. Pourquoi ? Sans doute, les chefs d’Etats européens adhèrent aux idées de « choc des civilisations » et de « guerre du bien contre le mal » chères à l’ancien président Bush. Israël est devenu une tête de pont de l’Occident au Proche-Orient. Il est significatif de voir qu’en Europe, même ceux qui sont les héritiers politiques des pires antisémites (je pense à certains gouvernements de Pologne ou des Pays Baltes) rivalisent dans le soutien à Israël. Plus de 60 ans après le génocide nazi, il y a consensus chez les dirigeants européens pour faire payer un crime européen (l’antisémitisme, le génocide) aux Palestiniens qui n’ont aucune responsabilité dans ce crime.

Le Matin : Durant les trois semaines de bombardements, de nombreuses manifestations ont eu lieu un peu partout dans les villes françaises, des manifestations d’une ampleur sans précédent. Qu’est-ce qui explique une telle mobilisation selon vous ?

L’UJFP est la « composante juive » du mouvement de soutien au peuple palestinien en France. Depuis quelque temps, on désespérait à l’intérieur de ce mouvement de se retrouver toujours entre nous, d’être ignorés des médias. Et puis le massacre de Gaza a provoqué une gigantesque indignation. On a compté le 17 janvier plus de 350000 manifestants dans 100 villes de France. C’est énorme. Pour la population arabe vivant en France que nous avions beaucoup de mal à toucher et à mobiliser, il ne fait pas de doute que le lien s’est fait entre les discriminations subies quotidiennement (travail, salaires, logement, conditions sociales, ghettoïsation, racisme …) et le sort du peuple palestinien.

De façon générale, en France, l’opinion s’est retournée. Il y a 40 ans, elle était massivement pro israélienne. Plus personne ne considère les Israéliens comme des victimes. Là-dessus les dirigeants politiques qui, honteusement, accourent aux repas ou aux manifestations du CRIF ou qui affichent l’effigie du soldat Shalit sur leurs mairies ne tiennent pas compte de ce retournement de l’opinion en faveur de la Palestine. À nous de savoir transformer ce qui est surtout pour l’instant de la compassion en solidarité active.

Le Matin : Ces manifestations, souvent impulsées par des mouvements ou associations, ont drainé de nombreux Arabes, notamment des jeunes de quartiers, peu coutumiers de ce genre d’expression citoyenne. Quelle analyse faites-vous de ce phénomène ? Peut-on parler à ce sujet d’une intrusion nouvelle de cette catégorie de la population dans le champ du politique et de la solidarité internationale ?

La population arabe vivant en France est très diverse. Il y a les laïques, les religieux, les associations de quartiers, les associations de jeunes … Cette population ne s’est jamais bien sentie représentée par des associations françaises, y compris celles qui se battent pour la Palestine. Il y a donc eu en l’espace de quelques jours une véritable appropriation de ce conflit. La première manifestation pour Gaza à Marseille le jour de l’attaque israélienne était appelée par l’UJFP. Nous attendions 200 personnes, il y en a eu 20 fois plus. Les jeunes qui manifestaient pour la première fois sur la question palestinienne étaient nombreux. Bien sûr, il n’est pas sûr qu’ils restent mobilisés durablement alors que cette guerre séculaire est très loin d’une solution équitable. Et puis, la découverte de la solidarité internationale est parfois compliquée. Il y avait dans les manifestations des pancartes « étoile de David = croix gammée ». Tous les membres de l’UJFP sont allés discuter, expliquer que l’étoile de David nous avait été volée par l’Etat sioniste, mais que c’était aussi l’insigne avec lequel nos grands-parents étaient partis à la chambre à gaz. Dans la plupart des cas, les pancartes ont été
retirées, leurs auteurs s’excusant et ne voulant pas nous choquer.

Depuis les manifestations, les liens qui se sont établis ont des suites. L’UJFP participe régulièrement à des rencontres, débats ou soirées culturelles avec des associations arabes ou des associations de quartier.

Le Matin : l’UJFP fait partie de ces centaines de mouvements et ONG qui ont déposé une plainte contre Israël auprès du TPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pensez-vous que cette démarche a des chances d’aboutir ?

Je ne suis pas juriste et je suis donc incapable de savoir quelles suites auront ces actions juridiques. Déjà l’UJFP (avec l’AIC, organisation à la fois israélienne et palestinienne qu’animent Michel Warschawski et Nasser Ibrahim) avait déposé plainte auprès du procureur de la Cour internationale de La Haye (M. Ocampo) contre l’Etat d’Israël pour les crimes commis il y a 3 ans au Liban. Notre plainte n’avait pas été acceptée pour des raisons de forme.

Je vais donc répondre sur la question des principes. Pour nous, il est invraisemblable que la même communauté internationale qui trouve normale de juger ceux qui ont commis des crimes en Yougoslavie, au Rwanda ou au Darfour, reste silencieuse après le carnage de Gaza. Nous exigeons donc l’inculpation de Livni, Olmert, Barak ou des généraux israéliens. Pour l’instant nous privilégions une plainte collective auprès de la Cour Pénale Internationale.

Au-delà d’un recours à une justice internationale, il y a la création d’un « tribunal Russel » à l’image de celui qui avait contribué à retourner l’opinion publique mondiale contre les crimes de l’impérialisme américain au Viêt-Nam.

Et puis, un certain nombre de pays acceptent d’instruire des crimes qui n’ont pas été commis sur leur territoire. Les plaintes se multiplient et un plusieurs dignitaires israéliens ont désormais peur de voyager. Ils savent qu’ils risquent l’arrestation (comme Pinochet autrefois). Toutes ces initiatives juridiques doivent s’ajouter. Elles vont dans une direction simple : c’est l’impunité d’Israël qui permet la poursuite du crime. C’est pourquoi l’UJFP soutient aussi le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël tant que durera l’occupation.

Le Matin : En Israël il existe des mouvements pour la paix qui se sont exprimés courageusement durant l’agression contre Gaza. Quelle est la réalité de ces mouvements de contestation et leur impact sur la société ?

La frontière en Israël passe clairement entre les sionistes et les anticolonialistes. Tous les partis politiques sionistes (y compris le Meretz, le parti de la « gauche » sioniste — comme si on pouvait être de gauche et sioniste –), le mouvement « la paix maintenant », les écrivains censés être une « conscience morale » (Oz, Yehoshua, Grossman), tous ont approuvé l’attaque contre Gaza comme ils avaient approuvé celle contre le Liban.

L’attaque contre Gaza a provoqué une très grande émotion chez les Palestiniens d’Israël. Il y a eu plus de 100000 manifestants à Sakhnine, ville palestinienne de Galilée. Les Palestiniens forment 20% de la population israélienne. Les discriminations et les humiliations qu’ils subissent dans un « Etat Juif » qui les considère comme des citoyens de seconde zone ou qui voudrait les expulser (voir le programme de Lieberman) les radicalisent. Aux élections, deux de leurs trois partis ont failli être interdits puisqu’ils sont antisionistes.

Chez les Juifs Israéliens, au plus fort de la guerre, il y a eu 12000 manifestants solidaires avec Gaza. Ce camp anticolonialiste rassemble des personnalités étonnantes (Michel Warschawski, Nurit Peled, Uri Avnery, Amira Hass, Gideon Lévy …), des historiens, des cinéastes, des associations (anarchistes contre le mur, femmes en noir, refuzniks, Taayush, Betselem, Rabbins contre l’occupation…). Bien sûr, ils sont minoritaires. Ils ont radicalement rompu avec l’idéologie totalitaire qui prétend parler au nom de tous les Juifs. Ils doivent tout réinventer. Ils ont choisi la rencontre et l’action permanente avec les Palestiniens. Ils ne représentent que 10 ou 15 % de l’opinion publique juive et ils ne sont pas (sauf le Hadash = parti communiste) au Parlement. Je les compare volontiers aux porteurs de valises français pendant la guerre d’Algérie. Certes très minoritaires mais ils ont permis le retournement de l’opinion. Ces anticolonialistes sont les seuls à rendre possible à terme une paix fondée sur l’égalité des droits et la justice.

Sur l’impact. Il faut savoir qu’un livre comme celui de Shlomo Sand (« Comment le peuple juif fut inventé ») qui met par terre l’idéologie sioniste (en expliquant qu’il n’y a eu ni exil ni retour) est un best-seller en Israël. Il faut savoir aussi que 3 mois avant l’attaque contre Gaza, une liste dirigée un jeune communiste refuznik antisioniste et comportant des Palestiniens avait obtenu 36% des voix aux élections municipales de Tel-Aviv.

Le Matin : Comment expliquez-vous le malaise d’une partie de la gauche française et son aveuglement à l’égard d’Israël, ses hésitations à prendre position dans le sens du droit international, de la justice et de la morale humaine ?

L’histoire bégaie. En 1956, une bonne partie de la gauche française votait les pleins pouvoirs aux militaires en pleine guerre d’Algérie et couvrait la gégène sous la surveillance tranquille des « socialistes » Lejeune ou Lacoste. Et c’est un gouvernement « de gauche » (Guy Mollet) qui attaquait Nasser aux côtés de l’armée israélienne. Une partie de cette gauche a toujours été colonialiste et manifeste vis-à-vis des Arabes un racisme certain teinté de condescendance paternaliste.

Vis-à-vis d’Israël, les socialistes français ont toujours considéré les travaillistes comme un parti frère. Leur admiration pour les kibboutz, pour ce pays « démocratique », pour ces « Israéliens qui ont transformé le désert en jardin » reprennent tous les stéréotypes de la propagande sioniste. Cette gauche et les dirigeants israéliens appartiennent au même monde, qui n’est pas celui de l’égalité, du partage ou du refus des discriminations.

L’attaque contre Gaza a été rendue possible en Israël par une propagande efficace visant à faire passer le Hamas (après le Hezbollah 3 ans avant) comme des sauvages terroristes qu’on a le droit de tuer. Cette propagande a parfaitement fonctionné aussi en France. On a l’impression que cette gauche n’accepte que des Arabes européanisés, mais qu’elle n’a toujours pas fait son deuil de ses années d’errements colonialistes.

Le Matin : Quels commentaires faites-vous sur le résultat des élections législatives et la percée de l’extrême droite ? Qu’est-ce que cela augure pour l’avenir dans cette région du monde ?

Ce qui vient de se passer en Israël, c’est un peu comme si l’OAS avait gagné la guerre d’Algérie et que les élections se jouent entre Le Pen, Mégret et De Villiers. Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Il y a 80 ans, l’idéologue de la « droite » sioniste, Vladimir Jabotinsky, prônait déjà le « transfert », c’est-à-dire le nettoyage ethnique et l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain. La « gauche » sioniste, alors majoritaire ne le disait pas mais dans les faits, elle a participé à tous les crimes contre les Palestiniens : la Naqba, la colonisation, la répression de l’Intifada, le mur, les guerres …

Ce sont trois factions héritières de Jabotinsky qui ont gagné les élections israéliennes et il faut vraiment que les médias soient « à la botte » pour qualifier Kadima, le parti fondé par le criminel de guerre Sharon de « centriste ». Kadima est pour un Etat Palestinien, mais sans Jérusalem, sans la vallée du Jourdain
, sans Ariel, sans Maale Adoumim, sans les blocs de colonies. Bref des bantoustans éclatés. Nétanyahou est contre tout Etat Palestinien, mais comme ceux-ci forment 47% de la population entre Méditerranée et Jourdain, il s’apprête à officialiser l’Apartheid. Et Lieberman confond allègrement Israël et la boite de nuit où il était videur. Il veut que les Palestiniens « prêtent allégeance » au dieu sionisme. Sinon, il réalisera les buts de Jabotinsky.

Comme Israël est totalement incapable, sur ces bases, de négocier ou même de faire semblant, ce gouvernement ne durera probablement pas très longtemps.

Il faut ajouter que l’un des dommages collatéraux de l’attaque contre Gaza a été l’affaiblissement politique, peut-être définitif de Mahmoud Abbas, très critiqué pour avoir maintenu un cadre de « négociations » sans issue. Il est significatif que, incapable de proposer quoi que ce soit sur la Palestine, Nétanyahou avance comme point n°1 de son programme … une attaque contre l’Iran.

Le Matin : L’arrivée d’Obama à la Maison-Blanche peut-elle modifier la donne ?

Je répondrai en mon nom personnel, car il y a eu des manifestations d’enthousiasme, à mon sens tout à fait excessives, dans l’UJFP lors de l’élection d’Obama.

D’abord il y a les faits. Si Obama avait voulu empêcher le crime commis à Gaza, un mot suffisait et il n’a rien dit. L’argument « il n’y a qu’un seul président » ne tient pas. Avant d’être élu, Obama a visité l’AIPAC, le lobby sioniste américain (sinon, il n’aurait pas été élu, disent certains). Son principal conseiller, Rahm Emanuel, est un sioniste convaincu dont le père est un militant du Likoud. La nomination d’Hillary Clinton aux affaires étrangères n’est pas de bon augure. Le journaliste Charles Enderlin qui a raconté heure par heure l’échec des négociations de Camp David montre Clinton agressant Arafat au moment de la rupture en lui annonçant qu’il est « fini » et qu’on lui fera porter la responsabilité de l’échec. Et c’est ce qui s’est passé. L’alliance américano-israélienne n’est pas fortuite et dans cette alliance, le rapport de force est en faveur des Israéliens. Israël est devenu une tête de pont de l’Occident au Proche-Orient. Perdre Israël, c’est perdre l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la route du pétrole. Les Israéliens en étaient tellement persuadés que, le premier jour de la guerre de 1967, ils ont coulé un navire de guerre américain, le Liberty. Le message était clair : « nous allons faire la guerre, la gagner, coloniser et non seulement vous n’allez pas nous empêcher de le faire mais vous allez nous réarmer ». C’est bien ce qui s’est passé. Enfin, aux Etats-Unis, il y a 50 millions de « chrétiens sionistes ». Pour ces millénaristes, les Arabes, c’est Armageddon, c’est le mal. Les Juifs doivent les expulser de terre sainte puis se convertir sous peine de disparition. Ces sectes antisémites ont joué un rôle majeur dans le financement de la colonisation. Obama, pas plus qu’un autre, n’est prêt à les affronter.

S’il y a un changement avec Obama, il viendra d’ailleurs. Il ne doit pas être d’accord avec la marginalisation de l’Autorité Palestinienne ou avec l’idée d’une attaque contre l’Iran.

Interview de Pierre Stambul
Propos recueillis par Keltoum Staali
Publié par UJFP.

Boycott Apartheid Israël


Boycott d’Israël : Appel à une campagne commune

Jamais, depuis 1948, La Palestine n’a été aussi disloquée, martyrisée, isolée. Nous posons solennellement la question : qui viendra au secours du peuple palestinien ?

Ce secours ne viendra pas d’Obama, qui a réussi l’exploit de ne pas dire un mot en trois semaines contre le massacre, et dont l’administration soutient Israël économiquement et militairement. Il ne viendra pas de Sarkozy, qui a reçu Shimon Peres et Tzipi Livni en grande pompe à Paris, avant d’accuser le Hamas d’être responsable des tueries perpétrées par l’armée israélienne contre toute une population. Il ne viendra pas de l’Union européenne, qui apporte son soutien au blocus de Gaza, et voudrait procéder au renforcement de ses relations avec Israël. Il ne viendra pas des Etats arabes, à commencer par la dictature égyptienne de Moubarak, qui collabore activement au blocus de Gaza. Il ne viendra pas, enfin, de l’ONU, où les grandes puissances disposent d’un droit de veto.

Alors, que faire ? La réponse, nous l’avons eue tout au long du mois de janvier, au cours duquel des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les villes de France pour exprimer leur soutien au peuple palestinien. Nous l’avons eue en Grèce, où des milliers de manifestants ont interdit l’acheminement de 3000 tonnes de munitions destinées aux criminels de guerre israéliens. Nous l’avons eue en Norvège, en Australie et en Afrique du Sud, où des organisations syndicales des transports et de la distribution ont amorcé un boycott effectif d’Israël. Ceux qui peuvent aider le peuple palestinien, ce sont les travailleurs, les étudiants, les jeunes, entraînant pour cela leurs associations, leurs syndicats, leurs partis et leurs organisations.

[…]

C’est pourquoi nous lançons un appel aux organisations syndicales, aux partis et organisations du mouvement ouvrier, aux associations, aux élus locaux, pour qu’ils s’associent à une grande campagne visant à organiser le boycott effectif d’Israël – dans les transports, la distribution et le commerce, les universités, les laboratoires… et contre toute initiative de soutien et de propagande en faveur d’Israël. Nous proposons à tous les militants, sections syndicales, courants de pensée d’organiser avec nous des meetings et des actions communes. Nous invitons tous et toutes à se joindre à nous, à s’organiser pour qu’un tel boycott se réalise.

Publié par EuroPalestine

Achetez Palestinien

Achetez Palestinien : Présentation à Ramallah du plan de l’Autorité Palestinienne destiné à soutenir les produits palestiniens locaux.

Cette action, a t-il dit, « est un moyen pacifique de lutter contre les projets d’implantation de colonies israéliennes, c’est aussi quelque chose à laquelle les gens ordinaires peuvent facilement participer. »

L’initiative a pour but d’aider à améliorer la qualité des produits palestiniens, à en réduire leurs prix et à augmenter la capacité des producteurs palestiniens à faire concurrence aux produits mondiaux, tant dans le pays qu’à l’étranger.

«Notre vision est d’avoir des produits nationaux capables de rivaliser sur les marchés locaux et étrangers », a déclaré Al-Huseini. « Nous avons également pour objectif de renforcer la fidélité de la clientèle des marques palestiniennes », a t-il dit à des hommes politiques et à hommes d’affaires réunis samedi dans le bâtiment du gouvernement à Ramallah.

Publié par ISM selon Maan News.

Lire aussi :
• Articles Boycott, EuroPalestine
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• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question
• Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question

Boycott Apartheid Israël


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Boycott Apartheid Israël (4)


Le boycott des produits israéliens s’étend en Europe, Basta !.

« Enough. It’s time for a boycott ». L’appel est de l’essayiste canadienne Naomi Klein, dans le quotidien britannique The Guardian. Suite à l’offensive contre Gaza et aux bombardements de sa population, les appels au boycott des produits israéliens se multiplient, de la Scandinavie à l’Irlande. Les multinationales européennes qui comptent des filiales dans les colonies de Cisjordanie sont également visées. Souhaitant ne pas être associées aux violations des droits humains, certaines grandes marques ont déjà plié bagages. En France, ces appels au boycott sont encore embryonnaires.

Lire aussi :
• Articles « Boycott » – ISM
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Résistance à la colonisation de la Palestine


L’association Oxfam-France vient de lancer une campagne en ligne pour le respect du droit international et pour la levée du blocus israélien à Gaza.

Gaza, un pavé dans la mer, le premier livre sur la guerre de Gaza vient de sortir et il n’est sans doute pas étonnant qu’il soit composé à moitié par des auteurs de bande dessinée qui se sont mobilisés et qui ont dessiné leur vision de cette guerre.

Belgique : action de boycott de la compagnie israélienne AGREXCO, EuroPalestine.

Samedi à 10h du matin, une trentaine de personnes de la Coordination Boycott Israël et de plusieurs comités citoyens ont manifesté devant le siège de la Société Israélienne CAL (Cargo Air Lines) et le centre de logistique LACHS dans la zone aéroportuaire de Liège-Bierset. A l’occasion de la Saint-Valentin , des tonnes de fleurs coupées sont en effet exportées par la société israélienne AGREXCO vers l’aéroport de Liège où elles arrivent par avions et partent ensuite vers toute l’Europe en camions et notamment vers la Hollande. Ils ont appelé au boycott de AGREXCO en tant que compagnie tirant profit de la colonisation et de l’apartheid imposé aux Palestiniens en rappelant que les produits d’AGREXCO, et notamment ceux de sa marque-phare CARMEL (des dattes, des fleurs, du maïs …) proviennent en partie des colonies illégalement installées sur les terres palestiniennes mais se retrouvent ensuite dans de nombreux points de vente avec un étiquetage qui cache aux consommateurs leur véritable origine, le vol des terres et de l’eau de Palestine. 

Hampshire College devient la première université aux Etats-Unis à retirer ses investissements de l’occupation israélienne en Palestine !, Students for Justice in Palestine – ISM.

Les six sociétés, qui fournissent toutes des équipements et des services à l’armée israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sont : Caterpillar, United Technologies, General Electric, ITT Corporation, Motorola et Terex . 

Ces entreprises françaises qui profitent de la colonisation israélienne, Basta !.

Trois multinationales et une PME hexagonales sont impliquées économiquement de la colonisation de la Cisjordanie par Israël. La banque franco-belge Dexia finance plusieurs colonies. Alstom et Véolia comptent transporter leurs habitants à travers Jérusalem. La PME Manitou participe à la construction du mur de séparation. Toutes font du business en totale violation du droit international. 

Territoires palestiniens occupés : Une odeur d’argent, AFPS.

Cela rappelle étrangement des situations vécues déjà sous d’autres cieux, c’est-à-dire là où l’argent est roi et qu’il n’y a pas de place pour les états d’âme. Au nom d’une logique aussi inhumaine que froide, des pays ferment les yeux dans des cas de flagrante injustice, en contradiction avec un discours supposé défendre les droits de l’homme. 

Viva Palestina : En direction de Gaza, CCIPPP 

Viva Palestina, encore à l’état de projet en apparence illusoire cinq semaines en arrière, est aujourd’hui une réalité incarnée par plus de 100 véhicules et 300 bénévoles qui viennent de traverser la France pour rejoindre Gaza.

Viva palestina – étape Bègles, EuroPalestine    

Boycott : les actions en cours, EuroPalestine – Info-Palestine.

Ne perdons pas de vue que non seulement l’occupation israélienne perdure, toujours aussi brutale, avec une répression terrible en Cisjordanie, et des morts palestiniens quotidiens, mais que la colonisation ne cesse de s’amplifier. De nouvelles colonies ont été construites en Cisjordanie pendant les massacres à Gaza, et pas plus tard qu’hier, l’armée israélienne a annoncé la confiscation de 170 hectares de terrain au sud-est de Jérusalem pour agrandir la colonie d’Efrat et construire 2500 logements supplémentaires ! 

Quant au blocus de Gaza, il reste aussi hermétique, pendant que la population, sous des milliers de tonnes de gravats, essaie de survivre, et qu’aucun de nos dirigeants ne présente à Israël la facture de la reconstruction. Celle-ci sera assumée notamment par les contribuables européens, qui avaient financé des infrastructures et qui doivent financer leur reconstruction, après leur destruction par Israël !

Lire aussi :

• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine

• Bibliographie Palestine/Israël

Les israéliens ont perdu politiquement et idéologiquement cette guerre


Algérie News : Au 19e jour de l’intervention militaire israélienne qui se soldeprovisoirement – par un millier de morts et des milliers de blessés, essentiellement civils –, quelle est l’analyse que vous faites, personnellement, ainsi que votre organisation, l’UJPF ?

Pierre Stambul : D’abord, ce qui se déroule est un crime de guerre et même un crime contre l’humanité. Pendant des années, une propagande insidieuse a persuadé les Israéliens que le Hamas était une organisation terroriste indéfendable et que les habitants de Ghaza étaient des barbares.

La même propagande s’est déchaînée à propos des «pauvres» habitants de Sderot vivant dans la terreur. En réa-lité, Sderot est une ville très pauvre avec 40% de chômeurs et une population d’origine sépharade.

Contrairement à ce que déverse la propagande, 500 habitants de Sderot (sur une ville de 20 000 habitants) ont signé avec des Ghazaouis un texte pour vivre ensemble en paix. Au lieu de résoudre les problèmes sociaux, le gouvernement Olmert-Livni-Barak a instrumentalisé leur situation. Ces gens sont des criminels qu’il faut juger pour leurs crimes.

Tous les partis politiques sionistes (y compris le Meretz qui se dit de gauche et pacifiste) ont été prévenus 48 h à l’avance de l’attaque contre Ghaza et l’ont approuvée.

95% des Israéliens juifs (les Palestiniens n’ont pas été consultés) ont approuvé le principe d’une attaque et 42% ont approuvé l’invasion terrestre. C’est vraiment une preuve de la dégénérescence morale et de la névrose collective que dénoncent les anticolonialistes israéliens.

Tzipi Livni est allée demander le «permis de tuer» chez Sarkozy et chez Moubarak et elle l’a obtenu.

La propagande israélienne («nous sauvons le peuple palestinien du Hamas») est obscène. Ils ont expulsé le représentant de l’ONU (Richard Falk) et les journalistes pour que la tuerie se déroule sans témoin.

L’expédition militaire tourne au génocide et c’était prémédité. L’Etat d’Israël se comporte à la fois en Etat voyou et en Etat criminel. Ses anciens dirigeants (Begin ou Shamir) étaient des terroristes. Les nouveaux n’en valent pas mieux.

Algérie News : Cette agression est intervenue soudainement même si les dirigeants ont prétexté que Hamas avait refusé le renouvellement de la trêve conclue indirectement entre les deux parties. La trêve dans les faits n’était-elle pas déjà violée par Israël qui ne tenait pas aussi les engagements qu’elle impliquait ? Pourquoi donc a-ton chargé Hamas ?

Pierre Stambul : Dans cette guerre, Israël a toujours refusé de parler du droit. Le blocus de la bande de Ghaza est défini par le droit international comme un crime de guerre. Pendant des mois, quelques camions seulement parvenaient à Ghaza quand il en faut 500 par jour. On manque de tout à Ghaza : de nourriture, de carburant, d’eau, d’électricité, de médicaments. 4 camarades de Marseille (dont 2 de l’UJPF) ont pu aller à Ghaza en février 2008 et leur témoignage était accablant. Aucun statu quo n’était possible avec le blocus. Et le droit à résister à l’oppression figure dans la déclaration des droits de l’homme. Malgré cela, le Hamas a respecté une trêve qu’Israël a violée en permanence (1 250 morts entre 2005 et 2008 et 20 morts, victimes d’assassinats «ciblés» en novembre). L’argument concernant la rupture de la trêve par le Hamas ne tient pas. Les raisons israéliennes sont ailleurs.

Il y a bien sûr pour chaque parti de la coalition au pouvoir à Jérusalem l’idée que chaque mort à Ghaza va lui apporter des voix aux élections. Ainsi Ehud Barak qui était en perdition dans les sondages est remonté. Plus fondamentalement, les Israéliens ne veulent pas la paix, ils veulent la destruction de la Palestine. Ils ont dans la tête de séparer définitivement la bande de Ghaza de la Cisjordanie (en la donnant à l’Egypte). Sinon, les Palestiniens seront majoritaires entre Méditerranée et Jourdain dans quelques années. Enfin, Israël a toujours prétendu que les Palestiniens étaient les successeurs d’Hitler et qu’ils n’avaient pas de partenaire pour la paix. Cela leur permet de poursuivre l’occupation. Le premier résultat du crime commis à Ghaza, c’est la mise sur la touche (peut-être définitive) de l’Autorité palestinienne.

Les Palestiniens reprochent (à juste titre) à Mahmoud Abbas de faire des concessions qui ne mènent nulle part. A présent, Israël se retrouve face au Hamas et continue de dire qu’il n’y a pas de partenaire pour la paix. Ismaël Haniyeh a pourtant affirmé qu’il était prêt à reconnaître «l’entité israélienne» dans ses frontières d’avant 1967.

Algérie News : Il fut un temps où le mouvement pour la paix en Israël se manifestait avec force. Aujourd’hui, les médias répètent à l’envi que 95% de la population appuient cette offensive. Comment l’expliquez-vous à l’UJPF ?

Pierre Stambul : Michel Warschawski a cette image : les anticolonialistes israéliens sont une petite roue qui a pu, à un moment donné, entraîner la grande. Ainsi, en 1982, des centaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue pour protester contre l’invasion du Liban. Aujourd’hui, le complexe de Massada fonctionne à fond. Les sionistes «ont peur de ne plus avoir peur». Ils ont besoin d’entretenir la peur de l’anéantissement et ils réussissent à faire croire à la grande majorité de la population que la violence absolue contre les Palestiniens est la seule solution. Il y a pourtant des signes de fracture et de doute dans la société israélienne.

La littérature et le cinéma présentent une société malade, violente, corrompue, pourrie intérieurement. Cette société ne garde sa cohésion que par la fuite en avant meurtrière du projet sioniste. Aux dernières élections municipales à Tel-Aviv, un candidat antisioniste, refuznik (= objecteur face à l’armée), membre du Hadash (le parti communiste, seul grand parti à la fois palestinien et juif) et ayant de nombreux Palestiniens de Jaffa sur sa liste a obtenu … 35% des voix. Il a eu les voix des jeunes qui ont consciemment voté pour un refuznik et celles des «bobos» qui aspirent à une vie normale dans une société normale, loin des délires sur la colonisation et le «Grand Israël». Ce consensus guerrier est peut-être plus fragile qu’on ne croit.

Algérie News : En même temps qu’on assiste à ce reflux, on voit apparaître de nouvelles voix juives et israéliennes, cette fois sur des positions antisionistes. Pourriez-vous retracer pour nos lecteurs cette émergence progressive des militants pour une paix vraiment juste, comme c’est le cas de l’UJPF.

Pierre Stambul : Les anticolonialistes israéliens sont des gens merveilleux. Je les compare volontiers aux «porteurs de valise» français pendant la guerre d’Algérie. On y trouve des journalistes (Amira Hass, Gideon Lévy…), des historiens (Ilan Pappé, Shlomo Sand …), des cinéastes (Avi Mograbi, Eyal Sivan, Simone Bitton…). Il y a des mouvements : le bloc de la paix (Gush Shalom) d’Uri Avnéry, le centre d’information alternative (Michel Warschawski et Nasser Ibrahim), les femmes en noir, les Anarchistes contre le Mur qui représentent la nouvelle génération, Taayush, les Rabbins pour la paix, les mouvements de refuzniks … et j’en oublie. Tous ces groupes ont constitué une coalition pour la paix et contre l’occupation. Ils réussissent à manifester à 10 000 en pleine guerre à Tel-Aviv.

L’UJPF se veut, entre autres, être un peu le porte-parole et le correspondant en France de ces anticolonialistes. Nous contestons totalement la prétention du Crif à parler au nom de tous les juifs. Nous contestons l’idée que le crime commis par l’Etat isr
aélien soit commis en notre nom. Nous sommes fiers d’être une composante juive dans le mouvement de soutien au peuple palestinien. Notre présence atteste que cette guerre n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire : elle porte sur des questions essentielles, le refus du colonialisme, l’égalité des droits et la justice. L’UJPF dénonce aussi l’instrumentalisation de l’antisémitisme et du génocide pour justifier la destruction de la Palestine. Des mouvements semblables à l’UJPF existent dans de nombreux pays d’Europe et nous avons formé un réseau. Une internationale de juifs antisionistes (l’IJAN) vient de se créer.

Algérie News : Vous êtes vous-même d’origine juive, peut-on vous demander comment vous avez franchi le pas en adoptant des positions radicalement critiques de l’Etat israélien ?

Pierre Stambul : Mes parents sont arrivés d’Europe orientale en 1938. Ils étaient communistes. Ils ont été résistants. Mon père a été déporté et ma mère est la seule survivante de sa famille. Et puis, comme beaucoup, ils sont devenus très sionistes. Je suis né après la guerre. Adolescent, j’ai cru au sionisme. J’ai passé deux étés en kibboutz. La rupture a été progressive. Il y avait un décalage trop grand entre mes idées post-soixante-huitardes et la réalité israélienne. J’ai appris par ma famille israélienne (de droite) que la colonisation en 1967 était préméditée et se voulait irréversible. La rupture totale, c’est Sabra et Chatila. On ne peut pas avoir été éduqué avec la conscience de ce qu’est le proscrit enfermé et massacré dans son ghetto et ne pas voir qu’Israël était passé de l’autre côté du miroir. Il m’a fallu encore du temps pour découvrir “l’autre”, le Palestinien. Deux voyages récents en Cisjordanie m’ont marqué. Je vis le sionisme comme une perversion totale de l’idée (laïque) que j’ai du judaïsme. Le sionisme est un crime pour les Palestiniens, mais c’est aussi un suicide et une catastrophe pour les juifs.

Algérie News : Vous êtes citoyen français, quelle lecture faites-vous de la « couverture » de l’agression israélienne par les médias de l’Hexagone et la situation tragique qui en résulte dans la bande de Ghaza ?

Pierre Stambul : Les médias appartiennent à ceux qui les possèdent et évidemment ils donnent les informations que leurs maîtres veulent bien laisser filtrer. Je suppose que c’est pareil en Algérie. En plus, les Israéliens, juste avant leur attaque, ont expulsé Richard Falk, le représentant de l’ONU chargé des droits de l’homme et tous les journalistes. Ils voulaient tuer sans témoin.

Cela dit, les médias français n’ont pas pu cacher que samedi dernier, il y a eu plus de 300 000 manifestants dont 100 manifestations pour les victimes de Ghaza. Ce jour-là, les médias ont «découvert» l’UJPF qui a été plusieurs fois interviewée. Malgré tout, notre présence dérange et nous sommes assez systématiquement boycottés par les médias. Quelque part, cela les arrange de présenter cette guerre sous la forme «Les juifs contre les Arabes». Ça, c’est très dangereux.

En ce qui concerne les atrocités commises par l’armée israélienne, les médias n’arrivent plus à les masquer et on sent un basculement de l’opinion du côté des victimes.

Algérie News : Un important mouvement de solidarité avec le peuple palestinien s’est enclenché en France et dans le monde, est-ce le résultat simplement d’une légitime indignation mais aussi une prise de conscience de la nature véritable de l’establishment israélien qui s’est toujours présenté comme épris de paix face à un péril d’anéantissement fomenté par les Arabes ?

Pierre Stambul : Le sionisme a toujours prétendu que les juifs ont été, sont et seront des victimes. Les sionistes célèbrent la mémoire des 4 morts israéliens et se moquent des 1 000 morts et plus palestiniens. Mais on sent bien que l’opinion a basculé. Les Israéliens ont déjà perdu politiquement et idéologiquement cette guerre. Souhaitons qu’ils ne la gagnent pas militairement. Pendant des années, le mouvement de soutien à la Palestine n’arrivait pas à mobiliser au-delà d’un petit cercle de convaincus. La grande nouveauté en France, c’est que la population d’origine arabe, aussi bien les laïques que les religieux, est descendue massivement dans la rue pour exprimer sa colère et sa solidarité. Elle fait le lien entre la Palestine et les discriminations subies en France. Pour l’UJPF qui prône le «vivre ensemble» ici et là-bas et se bat (notamment avec les sans papiers) contre toutes les discriminations, c’est très important.

Algérie News : Dans ces conditions en ce 19e jour de la nouvelle page noire dans la tragédie du peuple palestinien, que faire maintenant et demain pour que l’espoir de la paix entre les deux peuples soit restauré ?

Pierre Stambul : On dit souvent que cette guerre est compliquée. Non ! Mais il faut en revenir au droit, rien qu’au droit. Il y a là-bas un occupant et un occupé, il faut mettre fin à l’occupation. Il y a un crime (la Naqba) qui a été commis il y a 60 ans. Il faut reconnaître le crime et le réparer. Toute paix doit passer par une égalité totale entre les deux peuples, égalité politique et économique. Le colonialisme est un crime, les colonies doivent être démantelées. Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés. Le droit au retour de ces réfugiés a même été reconnu par Israël en 1949. Il doit être appliqué. Un Etat ou deux Etats ? Les négociateurs décideront. Dans l’immédiat, le blocus criminel de Ghaza doit cesser avec l’arrêt des combats. Les frontières doivent être ouvertes.

Algérie News : Un dernier mot ?

Pierre Stambul : La société israélienne est profondément malade. Elle n’est plus en état d’arrêter sa fuite en avant meurtrière. Il faut répondre à l’appel des ONG palestiniennes et des anticolonialistes israéliens. Ils réclament le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), c’est-à-dire l’isolement politique, économique, moral, culturel, sportif, scientifique d’Israël tant que durera l’occupation. Il faut s’inspirer de ce qui a été fait (avec succès) contre l’apartheid en Afrique du Sud. Et il faut inculper et juger les dirigeants israéliens pour crimes de guerre.

Entretien de Pierre Stambul réalisé par Abdelmadjid Kaouah
17 janvier 2009
Publié par UJPF.

Boycott Apartheid Israël (3)


Carrefour et Israël : qui se ressemble, s’assemble ?, EuroPalestine.

Non contents de mettre des produits des criminels de guerre israéliens dans leur rayons, les dirigeants des magasins Carrefour ont choisi une firme israélienne pour s’occuper de leur informatique. Comme on voit, les principes d’ »éthique » et de « liberté » affichées dans « les valeurs » de Carrefour ne valent pas cher ! 

Foire aux questions au sujet du boycott, Info-Palestine.

1. En quoi consiste le boycott ?
Le boycott de produits israéliens et de sociétés qui soutiennent l’entité sioniste concernent des citoyens ordinaires dans le monde utilisant leur droit de choisir ce qu’ils achètent pour aider à mettre fin à l’oppression en Palestine. C’est un moyen pacifique d’exercer une pression internationale sur l’État raciste d’Israël et il s’inscrit dans la foulée de la réussite du boycott organisé contre l’Afrique du Sud raciste de l’apartheid. 

3. Qui appuie le boycott ?
Dans le monde entier, des personnes ayant une conscience appuyent le boycott. Dans le monde entier, des syndicats, y compris le plus grand syndicat du Royaume-Uni UNISON qui compte 1,4 millions de membres, ont appelé au boycott de tous les produits israéliens. Des groupes chrétiens comme Christian Aid se sont joints au boycott et exigent la fin des accords commerciaux entre l’Union européenne et Israël. Et des groupes israéliens tels que B’ Tselem et Gush Shalom ont lancé leur propre campagne de boycott des produits israéliens.

7. Est-ce que le boycott marche ?
Et comment ! Une des sociétés les plus durement touchées par le boycott est McDonald’s. Cette société est un des partenaires commerciaux majeurs du Jewish United Fund. Pour reprendre ses propres termes le Jewish United Fund « s’emploie à maintenir l’appui militaire, économique et diplomatique américain pour Israël ; il surveille et, le cas échéant, réagit à la couverture médiatique d’Israël. En outre, le président et chef de la direction (CEO) de McDonald’s, Jack Greenberg, est directeur honoraire de la chambre de commerce et d’industrie américano-israélienne.

Tous les articles « Boycott », ISM.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Israéliens contre la guerre coloniale en Palestine (16)


Boycott : Une base de données israélienne sur les entreprises qui profitent de l’occupation

La Coalition Israélienne des Femmes pour la Paix a mis sur pied un projet intitulé « Qui profite de l’occupation israélienne ? » et vient de lancer une banque de données en ligne qui liste les entreprises collaborant directement à l’occupation de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza et des Hauteurs syriennes du Golan.

Interview de Dalit Baum par Adri Nieauwhof [1] de Electronic Intifada

Electronic Intifada : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?

Dalit Baum : D’abord laissez-moi souligner que cette base de données est le fait d’une large coalition. La Coalition des Femmes pour la Paix s’est fondée dans les premiers jours de la seconde Intifada, et représente des milliers de femmes dispatchées dans neuf organisations, comprenant Machsom Watch, Women in Black, Bat Shalom et New Profile. Je suis l’une des co-fondatrices de la Coalition. Vous en trouverez plus sur nous sur notre site Internet. Le projet « Whoprofits » (Qui en profite) est porté par un groupe de militants de notre coalition. Ce sont principalement des bénévoles qui le font tourner.

Je travaille comme spécialiste des « Etudes sur les Femmes », à l’université de Haifa et à la Faculté de Beit Berl. Pendant des années, je me suis engagée dans l’action directe pour m’opposer à l’occupation avec « Anarchists against the Wall » (Anarchistes contre le Mur), Women in Black et Black Laundry.

Electronic Intifada : Qu’est-ce qui a motivé la coalition a se lancer dans un projet aussi ambitieux ?

Dalit Baum : Nous analysons continuellement le rôle que nous pouvons jouer en tant qu’organisation israélienne dans le mouvement global contre l’occupation. Dans le passé le débat en Israël se focalisait sur les coûts de l’occupation et ce à quoi cet argent pourrait servir de manières plus constructive. Le mouvement a utilisé des slogans comme « L’argent pour les quartiers pauvres, pas pour les colonies ! ». Puis, nous avons fini par comprendre que cet argument ne portait pas dans le public. Les gens savaient que l’occupation coûte cher, mais qu’il y a aussi des motivations économiques. C’est difficile pour nous en Israël de nous dissocier personnellement de l’économie de l’occupation. L’occupation fait bénéficier Israël d’une terre palestinienne bon marché, de travail et du contrôle de la totalité de l’économie palestinienne, ce qui assure à certains que cette économie ne peut pas entrer en compétition avec l’économie israélienne.

Nous avons décidé de changer de perspectives et d’articuler le débat en ces termes : qui profite de l’occupation ? Les deux dernières années nous avons travaillé à faire le relevé des grandes sociétés israéliennes et internationales directement engagées dans la construction des colonies israéliennes des infrastructures des territoires occupés, dans l’économie des colonies, dans la construction des murs et des checkpoints, dans la fourniture des équipements spécifiques qui servent au contrôle et à la répression des populations civiles sous occupation. Nous avons compris que notre banque de données contribue à combler le fossé de l’information internationale. Notre travail complète celui des campagnes que font les militants mondiaux contre l’intervention des grandes sociétés dans l’occupation, telles que Motorola, Assa Abloy, Unilever, Veolia et Africa-Israël, parce que nous sommes sur le terrain, que nous pouvons aller dans les colonies et que nous avons accès à l’information en hébreu.

Electronic Intifada : Comment vous assurez-vous que votre banque de données est une source fiable ?

Dalit Baum : Toutes les informations sur les entreprise publiées sur notre site Web reposent sur des preuves concrètes. Nous collectons les documents provenant des entreprises elles-mêmes et des organismes gouvernementaux israéliens. Nous rassemblons aussi des preuves en visitant des sites et en prenant des photos de la présence de ces entreprises dans les territoires occupés. Pour chaque entreprise nous avons un dossier avec des comptes rendus de première main sur ses participations. Nous avons beaucoup plus d’informations qu’il n’en est publié sur le site Web. Nous avons découvert que bon nombre des entreprises qui opèrent dans les zones industrielles israéliennes de Cisjordanie ne sont pas enregistrées comme telles. Cela requiert beaucoup plus de travail pour faire la preuve de leur participation à l’occupation. Nous sommes minutieux dans notre recherche, mais évidemment nous sommes contents quand nous recevons des réactions en retour sur la manière dont nous pouvons améliorer la qualité de notre banque de données ; mais les corrections et ajouts reçus seront toujours vérifiés.

Electronic Intifada : Comment voyez-vous le boycott des produits des colonies ?

Dalit Baum : Dans de nombreux pays les militants organisent des campagnes de boycott contre les produits d’une colonie donnée. Mais notre banque de données n’est pas qu’une liste de boycott. Nous essayons d’offrir un spectre plus large comprenant les entreprises qui profitent de l’industrie des colonies, de l’exploitation économique des ressources palestiniennes, des marchés, du travail, et du contrôle de la population palestinienne. Pour nous, en tant que militants israéliens, il est vraiment impossible d’occulter toutes ces entreprises. Nous listons donc les principales banques israéliennes, les entreprises internationales de haute technologie, et les géants du transport, selon leurs différents niveaux de participation.

Nous pensons que la société civile peut et doit essayer de changer la politique de ces grandes entreprises, mais il faut des approches différentes adaptées à des entreprises différentes.

Par exemple, en ce qui concerne Veolia, entreprise engagée dans un projet de tramway reliant Jérusalem à des colonies en cisjordanie, nous avons réussi à démontrer qu’ils pratiquent des enfouissements de déchets dans la Vallée Jordanienne occupée.

Un autre exemple est celui de HeidelbergCement, propriétaire de Hanson-Israël, une entreprise qui possède quatre usines en Cisjordanie, dont une carrière de pierres, qui exploitent des ressources palestiniennes naturelles, non renouvelables, pour l’industrie du bâtiment israélienne.

Nous voudrions encourager les militants à être créatifs. Une lettre à Hewlett Packard à propos de la participation de sa filiale EDS-Israël au système automatisé de contrôle d’accès biométrique installé aux principaux checkpoints, est pour nous aussi importante que la campagne suédoise qui a provoqué la décision d’Assa Abloy de se désinvestir de la zone industrielle de Barkan.

Electronic Intifada : Quelle a été la réponse d’Israël à cette banque de données ?

Dalit Baum : Pendant deux ans nous avons travaillé presque constamment au radar. Nous nous étions arrangés pour nous faire aider par pas mal de groupes en Israël et à l’étranger. Maintenant le temps est venu de donner plus de publicité à la banque de données. Cela sert notre objectif d’éducation du public israélien sur les profits que tirent les entreprises de l’occupation de la Palestine. Cela offre aussi au public de nouveaux catalogages des différents types de participation à l’occupation, et montre comment cette participation a imprégné une grande partie de l’économie israélienne, y compris les grosses banques, les principales entreprises de télécommunication, de construction et de transport.

Electronic Intifada : Quels sont vos critères pour évaluer le succès de la banque de donnée « Whoprofits » ?

Dalit Baum : Je considèrerai que notre banque de données est un succès quand elle servira notre objectif d’éducation. Je veux que nous arrivions à atteindre encore plus de monde, en Israël et à l’étranger, pour que le monde sache comment les entreprises et les intérêts économiques soutiennent l’occupation israélienne. Alors, moi personnellement, je voudrais voir les gens essayer de peser sur les intérêts de ces compagnies, afin d’aider à mettre un terme à l’occupation. Dans quelques années d’ici j’espère que les entreprises seront plus soucieuses d’être vues comme collaborant à l’occupation et même qu’elles nous appelleront pour faire retirer leurs logos de notre site web. Le véritable succès serait que l’opinion publique change et qu’il soit mis vraiment fin à l’occupation.

Traduit de l’anglais par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine.
Publié par EuroPalestine selon Electronic Intifada.

[1] Adi Nieuwhof est consultante et avocate des droits de l’homme

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Résistance Palestine : Grande-Bretagne


Boycott d’israël à l’université de Manchester

Le Syndicat des Etudiants de l’Université de Manchester a fait adopter une motion de soutien à la population de Gaza, dont une résolution de boycott d’Israël, au cours d’une assemblée générale d’urgence, cette semaine.

Le 11 février, plus de mille étudiants ont assité à cette AG, qui faisait suite à une longue semaine d’occupation estudiantine des bâtiments de l’Université de Manchester.

Le Syndicats des Etudiants de l’Université de Manchester est le plus important d’Europe, numériquement.

La ligne de conduite adoptée reposait sur la comparaison entre Israël et l’Afrique du Sud de l’Apartheid et le soutien au mouvement global en faveur du Désinvestissement d’Israël et pour les Sanctions.

Les étudiants ont appelé à désinvestir d’Israël, à boycotter toutes les entreprises qui soutiennent ou bénéficient de l’occupation israélienne, et à faire pression sur l’Université pour qu’elle adopte une politique similaire de boycott à l’encontre d’Israël. Cette motion a aussi condamné l’Université pour sa réticence à retirer ses fonds de l’industrie d’armement israélienne.

Le syndicat a également envoyé une lettre à la BBC pour condamner son refus de diffuser l’appel « Comités Désastre et Urgence (DEC) pour Gaza ».

Les étudiants de Manchester ont une longue histoire de solidarité avec les Palestiniens, sur le thème notamment de « Palestine : Droit à l’Education », motion adoptée en 2007, qui a donné lieu à un jumelage avec l’université Al—Najah de Naplouse.

Ce même syndicat avait joué un rôle actif dans la campagne de solidarité internationale contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, en retirant les fonds de l’université d’Afrique du Sud.

Matt Scholey, étudiant de première année en politique et histoire moderne, a déclaré : « Tout cela est en train de créer un précédent, de plus en plus d’unions d’étudiants vont à coup sûr faire la même chose. L’année dernière LES SU a appelé a désinvestir, maintenant le UMSU appelle au boycott complet et demain le reste du mouvement étudiant suivra ».

Publié par EuroPalestine.

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.