Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: Arabophobie

Charlie traque les terroristes au berceau


 

Il s’appelle Ahmed et il est donc par avance suspect car les Français, qui ne sont pas de souche-catho-laïque, sont des musulmans-terroristes. Ahmed n’a que huit ans, mais qu’importe. Les Charlie, comme au temps de la Reconquista, traquent les musulmans au berceau pour imposer les valeurs de la civilisation occidentale, fondée sur le pillage colonial des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie.

02/02/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Un garçon de 8 ans entendu par la police pour ses propos sur le terrorisme, AFP-Le Monde, 29/01/2015.
• Ahmed, 8 ans, entendu par la police après des propos sur Charlie Hebdo : comment en est-on arrivé là ?, Le Huffington Post, 29/01/2015.
• De l’hystérie collective des adultes au mot d’un enfant de 8 ans traité comme un… terroriste, Mondialisation, 30/01/2015.
• « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit » ?, LMSI, 02/02/2015.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

Nouvelles figures du racisme


 

L’irruption de la « question de l’islam »» au cœur des angoisses collectives indique que, 70 ans après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’est toujours pas quitte de ses vieux démons.
Manifestement, dans ses diverses déclinaisons, le racisme connaît une nouvelle jeunesse.

Le racisme « biologique » n’ayant plus la cote, l’extrême droite a fait évoluer sa rhétorique, en passant de la « race » à la « culture », de la « culture » à la religion. Ce sont pourtant largement les mêmes personnes qui sont visées. Il faut juste décoder.
Ce racisme est partagée, en France, de l’extrême droite à l’extrême gauche.

Politique nº88, janvier-février 2015

Lire aussi :
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Charlie « Dupont Lajoie »


 

Réalisateur : Yves Boisset
Acteurs : Jean Carmet, Pierre Tornade, Ginette Garcin
Durée : 1h41
Année : 1974
Pays : France
Genre : Drame
Résumé : Un cafetier parisien passe ses vacances dans un camping du Midi, à proximité d’un chantier ou travaillent des immigrés.
Dossiers :
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Sens Critique

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Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

De quoi le Djihad est-il le nom ?


 

L’ennemi nouveau a un nom, le Djihad, fourre-tout médiatique subsumant les conflits les plus divers, guerres civiles, résistances nationales, attentats ou coups de folie individuels. Le Djihad est une nébuleuse dont la circonférence est partout et le centre nulle part. Alors que chacun de ces conflits se nourrit d’antagonismes locaux entre des forces économiques et sociales spécifiques, le bombardement médiatique qui accompagne immanquablement chaque nouveau déploiement de l’impérialisme les objective en un projet global.

C’est que le Djihad est d’abord un concept fonctionnel, qui permet à la croisade occidentale de porter la guerre partout, en Libye, au Mali, en Centrafrique, en Somalie, en Syrie, en Irak. Quelques décapitations soigneusement mises en scène, et voilà les opinions occidentales soutenant des bombardements qui font des milliers de victimes innocentes. À Dieu de reconnaître les siens dans cette masse suspecte, coupable de prétendre vivre sur des territoires d’où l’Occident tire le nutriment de sa puissance sous forme de pétrole, d’uranium et autres irremplaçables aliments. Pour un pays africain, posséder des ressources, avérées ou potentielles, est le plus sûr moyen de se retrouver en proie au Djihad.

Le Djihad est le nom d’une recolonisation directe de ces pays par le biais de l’implosion des États post-coloniaux. Désormais l’impérialisme ne se contente plus de contrôler des États-sujets nés de la décolonisation, le peu de souveraineté qu’ils conservent semblant encore un obstacle excessif à son insatiable besoin de domination. A la faveur de troubles ethniques ou religieux nourris en sous-main voire suscités – le cas de l’Irak est éclatant à cet égard –, il s’agit de reprendre pied militairement dans ces territoires et de redessiner au bénéfice des puissances occidentales des frontières pourtant intangibles selon le droit international. La Libye, détruite par des bombardements libérateurs, n’est plus qu’un conglomérat de chefferies, qu’on bombardera à leur tour au nom du Djihad.

Au prétexte du Djihad, des conseillers militaires anglais et américains ont pris en main la défense du Nigeria. Au prétexte du Djihad, la France pérennise sa présence militaire en Françafrique via le dispositif Barkhane, qui couvre cinq pays du Sahel : Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad ; au prétexte du Djihad elle nourrit le chaos centrafricain et guette les défaillances de l’État au nord du Cameroun. Ces pays sont d’autant plus vulnérables que leurs classes dirigeantes compradores n’ont songé, en fait de construction nationale, qu’à se remplir les poches. Le Djihad leur rappelle utilement à qui elles doivent leur existence et qui est seul en mesure d’endiguer le raz de marée des miséreux qui menace de les submerger. Les voilà guéries de leur prétention à la souveraineté, implorant humblement le retour du sabre colonial.

Le Djihad infuse le vieux cadre françafricain, que d’aucuns disaient périmé voire défunt, du sang neuf, au propre comme au figuré, d’un ennemi polymorphe. Selon la vision prophétique d’Orwell : Il ne s’agit pas de savoir si la guerre est réelle ou non. La victoire n’est pas possible. Il ne s’agit pas de gagner la guerre mais de la prolonger indéfiniment. Son objectif n’est pas de vaincre, mais de garder la structure sociale intacte. Tel est le vrai Djihad, la véritable guerre globale, menée au nom du Veau d’or, le dieu le plus sanguinaire que l’homme ait jamais inventé.

12/10/2014
Odile Tobner
Survie

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Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Les années 30 sont de retour


Comment tout cela va-t-il finir ? Les haines et les peurs de notre temps ont un parfum de redite, celui des années 30, cette décennie tragique qui mena le monde à l’abîme. Economique, sociale, identitaire ou politique, les crises s’additionnent depuis le krach de 2008, comme au temps de la Grande Dépression de 1929.

Mais qu’en est-il au fond ? Le reniement « social-libéral » de François Hollande vaut-il vraiment la « pause » de Léon Blum ? Poutine phagocytant l’Ukraine rejoue-t-il Hitler avalant les sudètes ? L’antisémitisme de la génération Soral-Dieudonné illustre-t-il la résurgence des haines d’un Céline ? Le danger Le Pen fait-il écho au péril nationaliste d’hier ? Telles sont quelques-unes des questions de cet ouvrage, fruit de la rencontre entre deux historiens et deux journalistes, qui se livrent à un incessant aller-retour entre passé et présent. L’Histoire n’est pas un éternel recommencement, mais ces années 30, si proches et si lointaines, si terribles et pourtant fondatrices, éclairent bien étrangement les crises du temps présent…

Renaud DÉLY, Pascal BLANCHARD, Claude ASKOLOVITCH, Yvan GASTAUT, Les années 30 sont de retour – Petite leçon d’histoire pour comprendre les crises du présent, Flammarion, 2014 [extraits].

Hegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce.

Karl MARX, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte [1853], La Table Ronde, 2001 p. 172.

Écouter aussi :
• Des années 30 à aujourd’hui, l’histoire bégaie-t-elle ?, France Inter.
• Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Télé Sud-Est.

Lire aussi :
• Philippe CORCUFF, Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Textuel, 2014 [extraitsRevue du Mauss].
• La crise dans les années 30 et aujourd’hui, Que Faire ?, 2009.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Pour les musulmans


Même si on n’a pas de sympathie particulière pour Edwy Plenel, sa campagne en faveur des musulmans de France mérite d’être soutenue.

Aussi y a-t-il fort à parier que les tenants d’une politique de la peur, celle-là même qui a accompagné les désastres de l’après-2001, vont s’empresser de revenir à leurs obsessions […]. Ce faisant, c’est notre avenir qu’ils risquent de compromettre. D’abord parce que ce dernier se construit dans la relation avec les autres nations méditerranéennes pour d’évidentes raisons géopolitiques où se mêlent histoire, géographie, économie, démographie et culture. Ensuite parce qu’en France, de longue date sous le poids d’un passé colonial jamais vraiment soldé et, plus récemment, sous l’effet d’une banalisation de l’islamophobie depuis les attentats new-yorkais de 2001, la question musulmane détient la clé de notre rapport au monde et aux autres, selon qu’on la dénoue ou qu’on l’exacerbe, qu’on l’apaise par la raison ou qu’on l’agite par la passion.

Selon, en somme, que l’on considère (et qu’on accepte et qu’on respecte) nos compatriotes musulmans – d’origine, de culture ou de religion, ces trois modalités disant une pluralité de cheminements ou d’appartenances – dans leur diversité justement, ou qu’on les essentialise en bloc, figeant tout ce qui ressort, peu ou prou, de l’islam dans une menace indistincte qui légitimerait leur exclusion ou leur effacement, un double impératif à se faire discrets et à se faire oublier… Paradoxalement, cette réduction des musulmans de France à un islam lui-même réduit au terrorisme et à l’intégrisme est un cadeau offert aux radicalisations religieuses, dans un jeu de miroirs où l’essentialisation xénophobe justifie l’essentialisation identitaire.

10/10/2014
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Écouter aussi :
• L’islam comme nouveau bouc émissaire I, Société Louise Michel, 16/09/2014.
• L’islam comme nouveau bouc émissaire II, Société Louise Michel, 16/09/2014.
• Y a-t-il un problème de l’islam en France ? – Face à face Plenel – Finkielkraut, 28 Minutes – Arte, 30/09/2014.

Lire aussi :
• Edwy PLENEL, Pour les musulmans, Mediapart, 09/06/2014.
• Edwy PLENEL, Pour les musulmans , La Découverte, 2014 [Texte en ligne].
« Il y a un problème de l’islam en France », n’hésite pas à proclamer un académicien, regrettant même « que l’on abandonne ce souci de civilisation au Front national ». À cette banalisation intellectuelle d’un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l’existence d’un « problème juif » en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes. L’enjeu n’est pas seulement de solidarité mais de fidélité. Pour les musulmans donc, comme l’on écrirait pour les juifs, pour les Noirs et pour les Roms, ou, tout simplement, pour la France
• Thomas DELTOMBE, L’Islam imaginaire – La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, 2005.
«Péril islamiste» ou «menace terroriste», «dérives communautaristes» ou «menaces sur la République» : le «problème de l’islam» est aujourd’hui au cœur des débats publics en France. Mais quel est donc le «problème» ? Pourquoi les «musulmans» sont-ils constamment sur la sellette ? Et, surtout, comment les médias ont-ils progressivement construit une véritable islamophobie ?
Pour comprendre cette évolution, Thomas Deltombe s’est plongé dans les archives de la télévision française : il a passé au crible les journaux télévisés du 20 heures et les principales émissions consacrées à l’islam sur les grandes chaînes nationales depuis… trente ans. De la révolution iranienne de 1979 aux suites du 11 septembre 2001 et aux derniers débats sur le «foulard», le récit qu’il rapporte ici de ce voyage au cœur de la machine à façonner l’imaginaire est aussi sidérant que passionnant.
Décortiquant dérapages et manipulations, Thomas Deltombe montre comment le petit écran a progressivement fabriqué un «islam imaginaire», sous l’effet conjoint de la course à l’audience et d’une idéologie pernicieuse de stigmatisation de l’«Autre» musulman.
Articles Islamophobie, Monde en Question.
Dossier documentaire Foulard, Hijab, Jilbab, Niqab, Tchador, Voile & Burqa, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Hitler, utile à la propagande anti-arabe


De nouveaux documents historiques justifieraient la publication d’un livre ou la publication d’un film sur Hitler. Mais un journaliste, proche de l’extrême droite israélienne, ne s’embarrasse pas de cette précaution pour ressasser les clichés les plus éculés au service de la propagande anti-arabe.

Mein Kampf, c’était écrit

Le titre annonce une fatalité : ça devait se réaliser parce que c’était écrit. Cette expression, en référence à la Bible, signifie c’est la volonté de Dieu.

Dès les premières minutes, le ton de la voix off du narrateur signe un documentaire de propagande qui, comme beaucoup d’autres, attribue au seul Adolf Hitler la responsabilité de la Deuxième Guerre mondiale : « Cette barbarie avait une origine : la volonté et l’imagination d’un seul homme ».

L’intervention militaire des États-Unis est présenté en termes grandiloquents : « La nuit nazie prendra fin. La lumière viendra d’Outre- Atlantique quand l’Amérique entrera en guerre ». Il ne dit rien sur les intérêts économique et stratégique en jeu dans cette guerre.

En Allemagne, reproduire intégralement Mein Kampf, même dans un cadre scientifique, est illégal. Si Raphaël Seligmann, Israélien vivant en Allemagne, milite pour une publication intégrale et sans commentaires : « Nous sommes suffisamment mûrs pour ne pas avoir une édition commentée ». Antoine Vitkine lance, en conclusion, son offensive :

« En principe l’État de Bavière, détenteur du copyright, interdit la publication du livre à l’étranger. Cela n’empêche pas Mein Kampf de se vendre à travers la planète partout où ce symbole du Mal fascine. »

« Dans ces conditions, faut-il s’étonner qu’en Egypte, au Liban, en Syrie ou en Palestine Mein Kampf se vendent depuis longtemps ? Loin de la vieille Europe, aujourd’hui démocratique, le poison agit encore. »

Ainsi, la publication de Mein Kampf dans les pays arabes est forcément un acte antisémite contre Israël. CQFD. Antoine Vitkine ne dit pas que Mein Kampf est publié à Jérusalem depuis 1992 (New York TimesSeattle Times Newspaper).

En Israël, la figure d’Hitler est instrumentalisé par l’extrême droite pour tuer dans l’œuf toute tentative de reconnaissance des droits des Palestiniens. Ainsi, Yitzhak Rabin fut l’objet d’une violente campagne l’assimilant à Hitler avant d’être assassiné « au nom de Dieu » par un sioniste religieux parce qu’il avait serré la main de Yasser Arafat.

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En 2009, un graffiti inscrivant  »Itzhak Rabin = Hitler » fut découvert sur un mur près du mémorial de l’ancien Premier ministre assassiné à Tel-Aviv (Ynetnews).

Autres documentaires

En France, le commissariat à l’Information demande au réalisateur Alexandre Ryder de tourner un film à charge contre Hitler. Après Mein Kampf, mes crimes, un film de propagande plutôt risible, sorti quelques mois avant la défaite française de juin 1940.
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En Bavière, fut réalisé par un anglais Das leben von Adolf Hitler (1961). Les trente cinq premières minutes ne sont pas inintéressantes car on rappelle que Hitler n’était pas seul, mais entouré d’une cohorte de partisans : Ernst Röhm, Hermann Göring, Rudolf Hess, Alfred Rosenberg, Julius Streicher, Heinrich Himmler, Joseph Goebbels, Gregor Strasser, etc. ; le fait que la social-démocratie n’apporta pas de réponse aux crises économiques de 1923 et 1929 ; et qui ceux qui donnèrent le pouvoir à Hitler pensaient pouvoir le contrôler. La suite est un portrait d’Hitler qui n’explique rien, mais verse dans la propagande : « Le peuple allemand, dont la plupart est politiquement immature et endormi hypnotisé par les informations de propagande et les mouvements de foule répétitif, s’en remet à son chef adoré comme des moutons à leur berger ».
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En Bavière, Hitler, eine Karriere (1977) attribue classiquement à Hitler toute la responsabilité de la guerre : « À cause de lui, l’Allemagne d’abord puis l’Europe toute entière en sont arrivés à une fin catastrophique ». Un seul détail est intéressant. En 1933, quelques jours après sa nomination au poste de Chancelier, Hitler prononce un discours au Palais des Sports de Berlin. Un panoramique balaie la salle dont une banderole sur laquelle est écrit Macht Deutschland vom Marxismus frei ! (Puissante Allemagne libéré du marxisme !).
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Apocalypse – Hitler

Ce téléfilm est le moins mauvais de la longue série des documentaires consacrés à Adolf Hitler car il montre que :

  • Le dictat de Versailles, imposé par Clemenceau en 1918, est dénoncé par tous les opposants à la République de Weimar comme un coup de poignard dans le dos.
  • L’anticommunisme et l’antisémite (judéo-bolchévisme) n’était pas l’apanage de l’Allemagne, mais un ressentiment partagé dans toutes les démocraties européennes par la gauche, la droite et l’extrême droite qui craignaient la contagion de la Révolution russe.
  • L’occupation de la Ruhr par l’armée française en 1923 provoque une crise économique (inflation et chômage) qui fut le terreau de l’extrême droite, notamment le NDSAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands).
  • La crise économique de 1929 frappe encore plus durement l’Allemagne (6 millions de chômeurs) et provoque une compétition acharnée entre communistes et nazis. Hitler, en dénonçant la peste rouge, se rallie les commerçants et les paysans.
  • En 1932, Hindenburg, bien que réactionnaire et monarchiste, est soutenu par la gauche. Hitler, qui veut abattre le Parti communiste avec les SA (100 morts et 1000 blessés) est récompensé par l’élection de 230 députés nazis.
  • Contrairement à une légende bien tenace, Hitler n’a pas pris le pouvoir le 30 janvier 1933, mais Hindenburg, incapable de gouverner, l’a nommé Chancelier avec le soutien du Zentrum, de la droite et de l’extrême droite.
  • L’incendie du Reichstag fut le prétexte pour arrêter 4000 communistes et les envoyer dans les premiers camps de concentration.
  • Le 23 mars 1933, la République de Weimar, combattue par les nazis, se suicide en accordant les pleins pouvoirs à Hitler.
  • Entre le 30 juin et le 2 juillet 1934, Hitler élimine les SA pour obtenir le soutien de la Wehrmacht.

La fin est plus contestable. Les auteurs présente Hitler comme un homme seul. Certes il a l’essentiel du pouvoir, mais ne l’assume pas seul loin de là.
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À trop se focaliser sur la figure d’Hitler, beaucoup d’auteurs perdent de vue la perspective historique qui seule permet de comprendre l’histoire de l’Allemagne entre 1918 et 1945.

12/12/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Sélection bibliographique :
• William ALLEN, Une petite ville nazie [1965], Laffont 10/18, 1967.
• Karl Dietrich BRACHER, La dictature allemande – Naissance, structure et conséquences du National-Socialisme [1969], Complexe, 1995.
• Martin BROSZAT, L’État hitlérien – L’origine et l’évolution des structures du Troisième Reich [1970], Fayard, 1985.
• Louis DUPEUX (sous la direction de), La « révolution conservatrice » dans l’Allemagne de Weimar, Kimé, 1992.
• Joseph GOEBBELS, Journal 1923-1933, Tallandier, 2006 [L’Allemagne selon Goebbels].
• Sebastian HAFFNER, Allemagne 1918 – Une révolution trahie [1979], Complexe, 2001.
• Sebastian HAFFNER, , Histoire d’un Allemand – Souvenirs 1914-1933 [2000], Actes Sud, 2002.
• Adolf HITLER, Mein Kampf [1924-1926], Nouvelles Éditions latines, 1934 Texte en ligne.
Contrairement à la légende, créée par ses partisans et entretenue par ses adversaires, Hitler n’a pas écrit Mein Kampf, mais il l’a dicté notamment à Rudolf Hess entre 1924 et 1925. Ces notes dactylographiées furent remaniées à plus reprises pour la première édition et les suivantes. Il n’existe pas à ce jour d’édition critique qui mentionnerait les différentes étapes du texte et des variante ni les multiples publications d’extraits, commentés ou non. Ce livre est davantage l’œuvre collective du NSDAP que celle d’un seul homme. Sa diffusion, confidentielle jusqu’en 1933, devint l’ouvrage de référence du régime nazi. Les millions d’exemplaires, donnés (aux jeunes mariés, aux ouvriers ou militants « méritants ») ou vendus, ne furent pas pour autant lus car le contenu est indigeste.
• Hans MOMMSEN, Le national-socialisme et la société allemande [1991], Maison des Sciences de l’Homme, 1997.
• George MOSSE, Les racines intellectuelles du Troisième Reich [1964], Calmann-Lévy, 2006.
• Detlev PEUKERT, La république de Weimar – Années de crise de la modernité [1987], Aubier, 1995.
• Lionel RICHARD, D’où vient Hitler ? – Tentative de démystification, Autrement, 2000.
• Henry Ashby TURNER, Hitler janvier 1933 – Les trente jours qui ébranlèrent le monde, , Calmann-Lévy, 1996.
• Edmond VERMEIL, Doctrinaires de la révolution allemande 1918-1938, Nouvelles Editions Latines, 1948.

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Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Chasse aux immigrés retraités


Un bon arabe est un arabe mort ou un arabe qui lèche la main qui le pille…

Le collectif « Justice pour les chibani-i-as » et les associations signataires dénoncent l’acharnement croissant de certaines caisses de retraite, caisses d’allocations familiales et administrations fiscales vis-à-vis des vieux migrants démunis. Sous prétexte de lutte contre la fraude, la chasse aux vieux immigrés pauvres habitant les foyers semble avoir commencé.
GISTI

Revue de presse :
• Le collectif Justice et dignité pour les chibanis et TV-Bruits devant le juge, Les Indigènes de la république, 05/06/2011.
• Les migrants à la retraite présumés coupables de fraudes, Basta !, 01/07/2011.
• Les chibanis ne sont pas des fraudeurs !, LDH-Toulon, 09/07/2011.
• De trop gentils Chibanis, CQFD, 24/08/2011.
• « Chibanis en sursis », ces vieux immigrés que l’Etat ne veut plus voir, Le Magazine de la rédaction, 16/09/2011.

16/09/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

La chasse aux musulmans


Trois personnages emblématiques caractérisent la guerre contre le terrorisme : le « dangereux » Musulman, la Musulmane « en péril » et l’Européen « civilisé ». Le présent ouvrage étudie la manière dont ces trois figures sont utilisées pour créer une véritable fable, celle d’une grande famille de nations occidentales qui s’estiment contraintes d’employer la force, tant militaire que politique et juridique, pour se protéger contre la « menace » des populations du tiers-monde. Sherene Razack montre qu’on entretient délibérément cette fable pour justifier l’expulsion des Musulmans de l’espace politique, en les stigmatisant d’abord, puis en les plaçant sous surveillance, en les emprisonnant, en les torturant, ou en larguant des bombes sur leurs pays.

Dans cet essai d’une grande actualité, Sherene Razack explique de quelle façon la « pensée raciale » – logique qui divise le monde entre ceux qui méritent d’être protégés par les lois et ceux qui ne le méritent pas – nous habitue à l’idée qu’il est nécessaire et légitime, pour des raisons de sécurité nationale, de suspendre les droits de certains groupes racialisés. L’auteure montre aussi que le refus de reconnaître une même nature humaine chez les peuples d’ascendance européenne et ceux qui ne le sont pas a favorisé l’implantation et la prolifération de « camps », au sens propre et figuré, c’est-à-dire de lieux où les libertés fondamentales sont bafouées et les lois ignorées.

Sherene RAZACK, La chasse aux musulmans – Évincer les Musulmans de l’espace politique, Lux, 2011.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
• Ce que Burqa voile, Là-bas si j’y suis, 11/04/2011.
Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL

Racisme colonial en France


Madjid Ben Chikh offre un angle de lecture de l’islamophobie hexagonale à partir de l’histoire de la colonisation de l’Algérie. Cet essai est historique, plonge dans les sources de l’influence française sur l’identité des Algériens et présente un point de vue intime aussi, face à un passé colonialiste toujours mis sous silence dans la France d’aujourd’hui. C’est une fresque passionante et triste.

L’actualité est dominée depuis des années par un retour récurent du refoulé colonial prenant la forme d’une simplification dite laïque et républicaine qui, désormais, peine à cacher son caractère anti-musulman. De l’autre côté, nous voyons se développer un discours d’acceptation inconditionnel de tout ce qui est Arabe, en France et ailleurs. Pour être franc, je sors l’artillerie lourde à chaque fois que je lis ou écoute ce genre de prises de positions qui sont finalement, l’une comme l’autre, les deux face d’une même reconstruction d’un groupe, niant l’une et l’autre, l’histoire, les spécificités des parcours, et surtout la très grande variété des opinions au sein de ce groupe.
[…]
La guerre d’indépendance du peuple Algérien, présentée de nos jours comme une décolonisation douloureuse, fut en réalité une guerre meurtrière et, neuf ans après Điện Biên Phủ, elle fut une nouvelle humiliation pour l’armée française. Elle fournit la base du discours de l’extrême-droite française depuis les années 60, privée qu’elle est depuis la Libération de son traditionnel discours anti-Juifs. Le mythe de « l’Arabe » est ainsi né avec la guerre en Algérie et les actualités contrôlées par l’Etat : égorgeur, lâche, qui vous « coupe les couilles et vous les fait bouffer », sales et ignorant la civilisation. Auparavant, les « indigènes Musulmans », comme les appelait la République Française, étaient tout simplement inexistants publiquement et politiquement. Celle dont on vante à n’en plus finir aujourd’hui les principes laïcs et universels les avaient privés de la citoyenneté, et n’avait généralement pas daigné les scolariser.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (1), Minorités

Les Algériens, à qui on niait le droit d’être Algériens, alternativement terroristes, musulmans, arabes, étaient opposés à des populations locales dépeintes alternativement folkoriquement traditionnelles (femmes voilées, you you à l’arrivée de l’armée), ou intégrées, menacées par de dangereux criminels musulmans manipulés par Moscou et Nasser. La France, mère Patrie civilisatrice, République Laïque et Universelle, terre des droits de l’homme et du citoyen, répandait ses bienfaits et ses vertus émancipatrices, la liberté, les lumières en ces terres arriérées d’où toute Culture était absente, avec le grand C si cher à Alain Finkelkraut.
Et peu importait s’il n’y avait pas d’écoles. Et peu importait si la population ne pouvait pas voter et se voyait refuser l’accès à l’Universel, à la laïcité, aux droits de l’homme et à la citoyenneté. Et peu importait si lors de l’épidémie de typhus en Kabylie, en 1941, les médecins ne prirent pas la peine de se déplacer dans les villages. Et peu importait si les populations des colonies avaient pris part à l’effort de guerre… La République Française, Laïque et Universelle, était généreuse avec ses enfants à qui elle apportait la civilisation qui leur faisait tant défaut, il fallait juste laisser le temps aux populations indigènes de s’adapter, et donc les rebelles devaient être arrêtés et punis.
[…]
En 1961, alors qu’en cachette De Gaulle négociait, son premier ministre Michel Debré avait les mains libres pour imposer le couvre-feu aux Français Musulmans : encore un bel exemple de laïcité. La Fédération de France du FLN décida d’une marche pacifiste, le 17 octobre, afin de dénoncer les mesures discriminatoires qui frappaient les Algériens, ainsi que les disparitions qui se multipliaient depuis l’été. Le nouveau préfet de Police, Maurice Papon, qui était responsable de la mort de 200.000 à 400.000 Algériens au cours de la campagne de « pacification » (les chiffres sont incertains, et on découvre encore de nos jours des charniers), fit preuve du même zèle Républicain qu’en Algérie. Sous les caméras de la télévision Belge, de la télévision Américaine et de la BBC, mais en absence de la RTF, 400 Algériens furent assassinés à coup d’armes à feu ou lynchés jusqu’à ce que mort s’ensuive, des milliers furent frappés et blessés, souvent au visage, et emmenés au Vel d’Hiv.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (2), Minorités

On avait presque oublié le coup de force d’un maire communiste qui avait envoyé un bulldozer contre un foyer Sonacotra en arguant que sa ville en avait suffisamment comme ça. L’agression d’un groupe de jeunes à Bondy, dont un se fit lacérer le dos à coups de lames de rasoirs (une inscription SS), par le Parti des Forces Nouvelles, passa inaperçue bien qu’elle laissa une trace profonde dans toute la Seine-Saint-Denis. L’attentat de la rue Copernic, enfin, avait focalisé l’attention sur le danger néo-nazi.
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En Algérie, dans la deuxième moitié des années 80, la jeunesse n’en pouvait plus. À Oran, de plus en plus de jeunes écoutaient du rai, cette ancienne musique des cafés qui raconte l’alcool et l’ennui ou le désir sexuel, et qui connaissait une deuxième jeunesse depuis que des jeunes chanteurs et chanteuses l’avaient électrisé et l’avaient fait sortir de ses cafés. À Alger, le chômage était à son paroxysme et les jeunes passaient leur temps à s’ennuyer dans la rue, adossés aux murs. Le président désirait faire une évolution à l’arabe, un pouvoir ultra-conservateur arabo-islamique (une loi votée en 1985, dite du code de la famille, faisait de la femme une mineure politique privée de droits) et pro-américain.
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En France, à la même époque, c’était un nouveau climat et de nouvelles idées qui s’installaient. Après avoir été tentée un temps par l’approche multi-culturelle (« la France, ça marche au mélange », slogan de la Marche des Beurs, une manifestation partie de Villeurbanne réclamant l’égalité réelle, la visibilité des enfants de la deuxième génération) et parlé de droits à la différence, la gauche fut prise d’assaut par un tir groupé mené par l’extrême-droite ainsi que par la droite qui voyait dans SOS Racisme un germe de « division nationale », et par certains intellectuels. C’est que depuis 1982, la droite avait décidé d’attaquer la gauche sur l’immigration et l’insécurité, concluant des alliances électorales avec le FN, claires (Dreux), tacites (Aulnay-sous-Bois), ou plus souterraines comme dans Magazine-Hebdo, dirigé par Jean-Jacques Aillagon, le MIL, l’UNI, le CNI et Radio-Courtoisie. Le point d’orgue de leur union fut la grande marche pour l’école privée qui rassembla deux millions de personnes.
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L’affaire du foulard, la première, ce fut vers 1989. Cette première affaire fut d’abord l’occasion d’imposer un autre vocabulaire et une autre perception de l’étranger. Jusqu’en 1986, on disait que la France devait assimiler ses étrangers. L’assimilation transforme généralement celui qui assimile, en fait, l’assimilation est une relation à deux sens. On choisit donc désormais le terme plus ambigu d’intégration, suggérant une obligation pour les étrangers de s’intégrer. Désormais, tout le poids de l’effort devait porter sur l’étranger: ces jeunes filles DEVAIENT retirer leur foulard. Ne pas le retirer était considéré comme un retrait, de fait, de la communauté nationale. Au nom du même universalisme et des mêmes valeurs qui avaient fait de la France un apartheid en Algérie.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (3), Minorités

On lie pourtant désormais couramment délinquance des quartiers pauvres, la violence aux origines de leurs habitants et à l’islam. On reproduit de nouveau en toute liberté, sans être contredit, le discours colonial de jeunes musulmans, manipulés par les groupes étrangers, et étrangers à la civilisation. Ces jeunes ne sont pas vraiment des Français, ils sont les agents avancés de la cinquième colonne islamiste qui a décidé d’abattre la République Française en voilant ses filles. Et qu’importe si 99% des musulmanes de France ne se voilent pas. Ce qui compte, c’est l’idée que l’on se fait des Musulmans. Des Arabes. Tout le monde parle du « problème de l’intégration » des jeunes Musulmans, du « voile » et de « la burqa », de ces quartiers « où règne l’Omerta », du « problème difficile de l’islam en France ».
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SOS Racisme était une association d’apparence multiculturelle mais, pilotée par le politique, elle imposait sa vision du multiculturalisme, essentiellement du marketing. Un multiculturalisme propret, une France brune et parfumée à l’huile d’olive, avec des filles calibrées pour les magazines de mode (Kookai). Pire, elle a durablement déstructuré un tissu associatif naissant, celui de l’organisation de la parole des enfants de l’immigration par les enfants de l’immigration eux-mêmes.
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Avec la récupération SOS Racisme, cela fut ressenti comme une marque de mépris. Tout discours sur la déshérence de quartiers entiers a quasiment disparu au profit d’une sorte de conformisme de classe moyenne où les pauvres, donc les étrangers, n’ont pas leur place. Pire, le verrouillage du discours par le conservatisme républicain a transformé toute revendication de promotion des jeunes qui ont réussi en communautarisme contraire aux principes républicains.
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Mais comment la gauche manque-t-elle incroyablement du courage de reposer les fondamentaux de ce que pourrait être sa politique en se positionnant sur le terrain de l’adversaire ? Pourquoi fabrique-t-elle finalement elle aussi une « France éternelle » dont les principes seraient posés une fois pour toutes, quand le contrat républicain, au sens où la révolution française le définit, fait de la France un pays en devenir et non un territoire, figé par une race, une ethnie, une religion, le lien du sang, et encore moins une histoire monolithique qui ne tiendrait pas compte des apports de populations nouvelles, venues avec leur histoire, leurs pratiques. En s’arc-boutant sur une laïcité, un universalisme et des principes républicains dont l’histoire coloniale et le calendrier de nos fêtes nationales nous démontrent chaque jour à quel point ils ne sont que des leurres et des mensonges, la gauche est aujourd’hui le principal agent de propagande anti-musulmane, car ses discours sont les leurres destinés à cacher une incapacité fondamentale à apporter des réponses à la détresse d’un pays frappé par un chômage réel de plus de 4 millions de personnes, une baisse du niveau de vie réel et une très nette dégradation des conditions de travail.
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Je suis pessimiste enfin, et certainement surtout, car contrairement aux mouvements des femmes et aux mouvements homosexuels, les jeunes de la deuxième génération n’ont pas pu, pour les raisons que j’ai expliquer plus haut, créer le tissus associatif qui aurait permis de peser et faire avancer l’égalité réelle. SOS racisme a fait prendre dix précieuses années à ce milieu associatif, juste le temps nécessaire pour que l’extrème-droite, c’est à dire la vieille droite, revienne du coup de massue que les défaites de Pétain, de Dien Bien Fu, d’Algérie et de mai 68 leur avaient infligées. 10 ans, juste le temps d’utiliser la machine médiatique pour que chaque fait divers ou soubresaut en Algérie devienne l’occasion de mettre le projecteur sur l’échec de l’intégration et l’insécurité, puis la menace des sans papiers et enfin, le péril vert.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (4), Minorités

Nous sommes comme les Français car nous sommes Français. L’histoire de nos parents est différente, mais ceux qui ont un réel problème d’identité sont les Français, qui ignorent ou feignent d’ignorer que notre histoire est aussi la leur, comme j’ai tenté de vous le montrer. Notre région est au-delà des mers, on n’y parle des langues qui ne sont pas des langues latines, mais il n’empêche que ce sont nos ancêtres qui vous ont appris Aristote, l’Algèbre, la Chimie, Platon, la médecine moderne, le compas et l’irrigation que Rome ne vous avait pas transmis. Nous avons même été Chrétiens avant vous, et nous n’avons jamais mis de Juifs dans des fours : nous les invitions à venir chanter dans nos fêtes.
Nous sommes Français, mais notre histoire nous dicte des comportements différents. Nous sommes clivés mais nous sommes consensuels. Pour beaucoup, nous n’aimons pas ces filles voilées dont l’actualité se repaît. Mais si nous avions la charge de ces questions, si nous avions le tissu associatif puissant, reconnu en tant qu’interlocuteur, nous saurions gérer cette question car les familles nous feraient bien plus confiance qu’à ces hordes de journalistes et de politiques.
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Nous sommes Français et nous nous sentons limités dans la parole dans l’espace public, qui nous renvoit à nos origines. Quoi qu’on dise, c’est comme si c’était décidé d’avance. Alors, pour la plupart, les enfants de la seconde génération évitent la politique, et même l’associatif. Juste histoire d’éviter que ça leur retombe dessus.

Ni barbus, ni violeurs : Français, musulmans d’origine algérienne (5), Minorités

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