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La coopération d’Israël avec les régimes racistes et réactionnaires


Introduction

La coopération d’Israël avec les régimes racistes et dictatoriaux d’Afrique et d’Amérique latine ne date pas d’hier. Il existe des documents dévoilant le rôle de ce pays comme agent des États-Unis, grâce auquel, en contournant les décisions de l’Organisation des Nations Unies et bien souvent sa propre législation, Washington approvisionne en armes les régimes antipopulaires, les aidant ainsi à réprimer leurs peuples.

La question de l’alliance entre la République d’Afrique du Sud et Israël a été examinée lors de la Conférence internationale de Vienne en juillet 1983, en conformité avec une résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’O.N.U. Cette conférence, organisée par le Comité spécial des Nations Unies contre l’apartheid en collaboration avec l’Organisation de la solidarité des peuples afro-asiatiques l’Organisation de l’unité syndicale africaine et le Conseil Mondial de la Paix, a écouté de nombreux rapports contenant tous des faits irréfutables, prouvant cette alliance criminelle. Tous les orateurs ont souligné que si les grands pays occidentaux sont les principaux coupables du main- tien de l’apartheid en Afrique du Sud, il ne faut pas oublier la « responsabilité particulière » d’Israël qui, au mépris des nombreuses résolutions de l’O.N.U., développe sa coopération avec le régime raciste de R.A.S., particulièrement dans les domaines militaire et nucléaire, et entretient avec lui une alliance objective. Les participants à la conférence ont également vivement critiqué la coopération d’Israël avec les régimes dictatoriaux d’Amérique latine.

Comme on peut le constater, la politique expansionniste d’Israël au Proche-Orient est complétée par une vaste activité militariste au-delà des limites de cette région. Lors d’une allocution au Centre des études stratégiques à Tel-Aviv, Ariel Sharon, ministre israélien de la Défense à l’époque, a déclaré sans détours que « les intérêts d’Israël ne se limitent pas aux pays arabes du Proche- et du Moyen-Orient, des régions de la Méditerranée et de la mer Rouge ». « Pour assurer la sécurité dans les années 80, a-t-il dit, ils doivent s’étendre à la Turquie, à l’Iran et à l’Afrique, notamment aux pays d’Afrique du Nord et d’Afrique centrale. »

Quelle foi accorder, à la lumière de telles déclarations, à la propagande israélienne officielle qui veut faire croire qu’Israël est une « petite puissance » et que son rôle dans les affaires internationales est « injustement exagéré » ? Il est vrai que Tel-Aviv a longtemps masqué son activité impérialiste sur la scène internationale, en s’affublant l’étiquette de « petit Etat ». Mais l’agression perpétrée contre les Arabes en juin 1967, suivie de l’occupation des terres arabes, a montré que les sionistes israéliens sont les ennemis de la paix et du progrès. Le monde entier a frémis devant le sourire rapace de cet Etat effectivement « petit », mais d’une agressivité extrême et bénéficiant de l’aide illimitée et de la protection des États-Unis.

L’accord de coopération « stratégique » entre Israël et les États-Unis a montré que les propos d’Ariel Sharon ne reflètent qu’imparfaitement les appétits des sionistes israéliens. En réalité, les tâches que leur ont confiées les États-Unis sont bien plus vastes. Israël exécute les ordres de ses maîtres partout où ceux-ci orientent son activité, il agit en qualité de force de choc dans la lutte contre les mouvements de libération nationale, les forces de la paix, du progrès et du socialisme.

Depuis longtemps déjà, les sionistes au pouvoir en Israël cherchent aussi à se faire passer pour des champions de « la démocratie et de la paix ».

De ce point de vue également, l’agression d’Israël contre les Arabes a contraint le sionisme à jeter le masque. Les peuples du monde entier ont vu à l’évidence qu’une plate-forme idéologique commune unissait les sionistes coopérant étroitement avec les racistes sud-africains. L’Assemblée générale de l’O.N.U. a en effet défini le sionisme comme une forme de racisme et de discrimination raciale.

Le rôle d’Israël en Amérique latine en qualité d’allié des régimes dictatoriaux et de promoteur de la politique des États-Unis, qui cherchent à maintenir leurs positions dans cette partie du continent américain au détriment des intérêts de ses peuples devient lui aussi de plus en plus clair. Israël est l’exécutant de la politique américaine au Chili, au Nicaragua, au Salvador, partout en somme où les États-Unis soutiennent les forces qui tentent de noyer dans le sang les mouvements populaires anti- impérialistes.

Le rôle d’Israël comme agent des États-Unis s’est tellement accru ces dernières années, particulièrement sous l’administration Reagan, que ce pays, pourtant situé à une distance considérable du continent américain, est entré à l’Organisation des États Américains en qualité… d’observateur, alors que Cuba, pays latino-américain, en a été exclu depuis longtemps sur instruction de Washington. En aidant Washington à faire couler le sang des Latino-Américains au Salvador et sur les frontières du Nicaragua, Israël rembourse en quelque sorte le sang (les soldats américains tombés au Liban. En demandant à Tel-Aviv de fournir les régimes dictatoriaux latino-américains en armes payées avec les milliards de dollars attribués à ces fins, l’administration Reagan peut ainsi étendre son intervention en Amérique centrale sans se soucier de l’opinion et du Congrès américains, et pas seulement d’eux.

La position d’Israël qui prétend au rôle de pays « en voie de développement » proposant son expérience à d’autres peuples ne résiste pas, elle non plus, à la critique. L’existence même d’Israël n’est possible que par le soutien et l’aide illimités des États-Unis. Les pays africains ne peuvent que rêver aux moyens financiers octroyés par les États-Unis à Israi1. Le développement de l’industrie de guerre, la production des armes destinées à satisfaire les besoins militaristes des États-Unis dans les pays du Proche-Orient, d’Afrique et d’Amérique latine sont un poste primordial de l’économie israélienne.

La vente des armes et des services afférents rapporte à Tel-Aviv plus d’un milliard de dollars par an. Mais ce n’est pas seulement une affaire juteuse, c’est aussi une politique bien définie, concertée avec les États-Unis, ce dont on se convainc facilement en consultant la liste des clients. On trouve, en effet, parmi eux le Salvador, le Chili, le Paraguay, le Guatemala, le Honduras et la R.A.S. Soucieux de l’opinion publique, les protecteurs américains s’efforcent de dissimuler leur coopération militaire avec ces pays. C’est donc Israël qui est chargé de ce « sale travail ».

Cela étant, le volume et la destination des fournitures militaires dans les régions que vise tout particulièrement Washington sont également concertés. Les États-Unis condamnent verbalement te terrorisme d’Etat, mais cela ne les empêche nullement de le pratiquer dans les relations internationales, en s’immisçant dans les affaires d’États souverains ou en soutenant les dictatures les plus odieuses. Les exportations israéliennes d’équipements militaires jouent alors un rôle tout particulier.

Créée avec l’aide de l’Occident, la machine militariste de l’Etat sioniste est principalement destinée à servir l’application d’une politique agressive vis-à-vis des peuples arabes. Mais les armes portant le label « Made in Israël » ne sèment pas seulement la mort et la destruction au Proche-Orient. Les patriotes chiliens sont abattus avec des mitraillettes israéliennes Uzi, les insurgés salvadoriens sont bombardés par des avions israéliens,
le soi de la Namibie est labouré par les chars israéliens des tueurs sud-africains. Partout où une lutte est menée coutre les forces du progrès et de la liberté, Tel-Aviv arme la réaction comme un serviteur zélé de l’impérialisme.

A l’occasion de pourparlers menés à Washington par David Kimche, directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères, la question de la création d’un fonds commun pour le financement de « l’assistance technique » israélienne à l’Amérique centrale a été abordée. Mais la discussion a porté en réalité sur l’accroissement du rôle d’Israël dans les « guerres secrètes » menées par les États-Unis dans la région.

La discrète « carte israélienne » est commode pour les Américains. Washington l’a déjà utilisée dans le passé lorsque les États-Unis ont été contraints de suspendre leurs livraisons d’armes aux régimes fantoches. Ainsi, au Nicaragua, l’armée de Somoza avait reçu d’Israël, au cours des derniers mois de la dictature, 100% de ses approvisionnements en armes et en munitions. Tel-Aviv a aussi fourni des armes d’infanterie à l’armée guatémaltèque et il livre du matériel militaire au Salvador. Au Honduras, ainsi que l’a écrit le journal israélien Haaretz, il constitue, avec les États-Unis, des stocks d’armes pour les « contras » nicaraguayens. Israël arme aussi l’organisation antisandiniste de Pastora qui opère à partir du Costa Rica.

Washington et Tel-Aviv sont satisfaits l’un de l’autre. Le premier se débarrasse du « sale travail » et la seconde tire un profit substantiel du commerce des armes. Et ce sont les peuples d’Amérique centrale qui font les frais de cette « division du travail ».

Dénonçant le caractère fallacieux des propagandes israélienne et sud-africaine, la Conférence internationale de Vienne a souligné la nécessité de diffuser une information véridique sur la véritable attitude de ces États et sur leur coopération. Elle a invité à « préparer, réaliser et publier » des ouvrages relatifs aux problèmes abordés clans cette brochure.

Conclusion

Le premier président des États-Unis, George Washington, avait prévenu que le plus grand danger qui puisse menacer l’Amérique est non pas extérieur mais intérieur. Ce danger est la « haine permanente » envers les autres peuples. Il est tout à fait justifié d’étendre ces propos du président américain aux plus proches amis des États-Unis de nos jours, Israël et la R.A.S., pays dans lesquels la haine des autres peuples est érigée en politique d’Etat. La coopération des U.S.A., d’Israël et de la R.A.S. constitue aujourd’hui un danger pour la paix et la sécurité et pas seulement au Proche-Orient et en Afrique. Etant donné que, partout dans le monde, les États-Unis mènent une politique de militarisme effréné, de terrorisme et d’exacerbation de la tension internationale, cette alliance dangereuse menace gravement la paix universelle. Et il est très important de souligner ici le danger que présentent aussi les tentatives d’Israël et de la R.A.S., qui appliquent une politique agressive à l’égard de leurs voisins, d’accession à l’armement nucléaire. C’est dans cette optique qu’il faut considérer la violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’O.N.U. sur l’octroi de l’indépendance à la Namibie, pays dans les entrailles duquel le régime raciste de R.A.S. puise l’uranium qui lui permet de réaliser son ambitieux programme. C’est dans ce sens qu’il faut aussi considérer la coopération de Pretoria et de Tel-Aviv qui est le promoteur et l’exécutant des plans militaristes secrets des États-Unis et des monopoles impérialistes. Ce rôle d’Israël apparaît clairement dans la politique qu’il poursuit au Proche-Orient, en Afrique et en Amérique latine, une politique visant la consolidation des positions de l’impérialisme américain et l’affermissement de sa présence militaire.

Aujourd’hui, c’est l’aspect militaro-stratégique qui est primordial dans la consolidation de l’alliance d’Israël avec les régimes racistes et dictatoriaux. La conclusion de l’accord de coopération « stratégique » entre Israël et les États-Unis en atteste. En atteste également l’activité déployée par Pretoria en vue de constituer l’Organisation du Traité de l’Atlantique Sud (SATO) et aussi l’octroi aux forces navales américaines du droit d’utiliser une importante base navale à Simonstown. La politique de « partnership étroit » des États-Unis avec le régime raciste de R.A.S. en Afrique, les plans et l’assistance accordée secrètement par les U.S.A. à Israël pour que celui-ci aide les régimes dictatoriaux du Chili, du Salvador, du Honduras, du Guatemala ainsi que les contre-révolutionnaires nicaraguayens, montrent que l’impérialisme cherche partout la confrontation avec les forces de libération nationale, de la paix et du progrès. Personne aujourd’hui ne peut rester à l’écart parce que la lutte pour l’indépendance nationale, la liberté et le progrès, ainsi que la lutte contre ces phénomènes monstrueux de l’impérialisme que sont le racisme et l’apartheid, se rejoignent pour former sur tous les continents un mouvement en faveur de la paix et du désarmement nucléaire, pour l’élimination du danger de guerre.

De nos jours, les peuples du monde ne peuvent plus se fier uniquement aux paroles de paix de ceux qui éprouvent une « haine constante » pour autrui, des « élus de Dieu » qui prônent la discrimination raciale, l’apartheid et le génocide, de ceux qui minent les ports nicaraguayens, agressent comme des pirates la Grenade et mènent une guerre non déclarée contre les peuples du Salvador et de l’Angola. On ne peut défendre aujourd’hui l’indépendance et la paix, garantir le développement ultérieur qu’en opposant aux impérialistes la cohésion, la volonté de lutte et la vigilance, qu’en solidarité avec les forces de la paix, du progrès et du socialisme.

L’élimination des régimes racistes, la garantie de conditions pour un développement libre et indépendant du Nicaragua, la cessation de l’aide accordée à la junte antipopulaire du Salvador et de la coopération d’Israël avec les régimes racistes et dictatoriaux sont la condition sine qua non d’une paix solide et durable, de la sécurité de tous les peuples et États.

Anatoli Agarychev
1985
Publié par Le Grand Soir.

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Boycott Apartheid Israël


Boycott d’Israël : Appel à une campagne commune

Jamais, depuis 1948, La Palestine n’a été aussi disloquée, martyrisée, isolée. Nous posons solennellement la question : qui viendra au secours du peuple palestinien ?

Ce secours ne viendra pas d’Obama, qui a réussi l’exploit de ne pas dire un mot en trois semaines contre le massacre, et dont l’administration soutient Israël économiquement et militairement. Il ne viendra pas de Sarkozy, qui a reçu Shimon Peres et Tzipi Livni en grande pompe à Paris, avant d’accuser le Hamas d’être responsable des tueries perpétrées par l’armée israélienne contre toute une population. Il ne viendra pas de l’Union européenne, qui apporte son soutien au blocus de Gaza, et voudrait procéder au renforcement de ses relations avec Israël. Il ne viendra pas des Etats arabes, à commencer par la dictature égyptienne de Moubarak, qui collabore activement au blocus de Gaza. Il ne viendra pas, enfin, de l’ONU, où les grandes puissances disposent d’un droit de veto.

Alors, que faire ? La réponse, nous l’avons eue tout au long du mois de janvier, au cours duquel des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les villes de France pour exprimer leur soutien au peuple palestinien. Nous l’avons eue en Grèce, où des milliers de manifestants ont interdit l’acheminement de 3000 tonnes de munitions destinées aux criminels de guerre israéliens. Nous l’avons eue en Norvège, en Australie et en Afrique du Sud, où des organisations syndicales des transports et de la distribution ont amorcé un boycott effectif d’Israël. Ceux qui peuvent aider le peuple palestinien, ce sont les travailleurs, les étudiants, les jeunes, entraînant pour cela leurs associations, leurs syndicats, leurs partis et leurs organisations.

[…]

C’est pourquoi nous lançons un appel aux organisations syndicales, aux partis et organisations du mouvement ouvrier, aux associations, aux élus locaux, pour qu’ils s’associent à une grande campagne visant à organiser le boycott effectif d’Israël – dans les transports, la distribution et le commerce, les universités, les laboratoires… et contre toute initiative de soutien et de propagande en faveur d’Israël. Nous proposons à tous les militants, sections syndicales, courants de pensée d’organiser avec nous des meetings et des actions communes. Nous invitons tous et toutes à se joindre à nous, à s’organiser pour qu’un tel boycott se réalise.

Publié par EuroPalestine

Achetez Palestinien

Achetez Palestinien : Présentation à Ramallah du plan de l’Autorité Palestinienne destiné à soutenir les produits palestiniens locaux.

Cette action, a t-il dit, « est un moyen pacifique de lutter contre les projets d’implantation de colonies israéliennes, c’est aussi quelque chose à laquelle les gens ordinaires peuvent facilement participer. »

L’initiative a pour but d’aider à améliorer la qualité des produits palestiniens, à en réduire leurs prix et à augmenter la capacité des producteurs palestiniens à faire concurrence aux produits mondiaux, tant dans le pays qu’à l’étranger.

«Notre vision est d’avoir des produits nationaux capables de rivaliser sur les marchés locaux et étrangers », a déclaré Al-Huseini. « Nous avons également pour objectif de renforcer la fidélité de la clientèle des marques palestiniennes », a t-il dit à des hommes politiques et à hommes d’affaires réunis samedi dans le bâtiment du gouvernement à Ramallah.

Publié par ISM selon Maan News.

Lire aussi :
• Articles Boycott, EuroPalestine
• Articles Boycott, ISM
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question
• Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question

Boycott Apartheid Israël


• Articles Boycott, EuroPalestine
• Articles Boycott, ISM
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question
• Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question

Boycott Apartheid Israël (4)


Le boycott des produits israéliens s’étend en Europe, Basta !.

« Enough. It’s time for a boycott ». L’appel est de l’essayiste canadienne Naomi Klein, dans le quotidien britannique The Guardian. Suite à l’offensive contre Gaza et aux bombardements de sa population, les appels au boycott des produits israéliens se multiplient, de la Scandinavie à l’Irlande. Les multinationales européennes qui comptent des filiales dans les colonies de Cisjordanie sont également visées. Souhaitant ne pas être associées aux violations des droits humains, certaines grandes marques ont déjà plié bagages. En France, ces appels au boycott sont encore embryonnaires.

Lire aussi :
• Articles « Boycott » – ISM
• Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine
• Bibliographie Palestine/Israël

Boycott Apartheid Israël (3)


Carrefour et Israël : qui se ressemble, s’assemble ?, EuroPalestine.

Non contents de mettre des produits des criminels de guerre israéliens dans leur rayons, les dirigeants des magasins Carrefour ont choisi une firme israélienne pour s’occuper de leur informatique. Comme on voit, les principes d’ »éthique » et de « liberté » affichées dans « les valeurs » de Carrefour ne valent pas cher ! 

Foire aux questions au sujet du boycott, Info-Palestine.

1. En quoi consiste le boycott ?
Le boycott de produits israéliens et de sociétés qui soutiennent l’entité sioniste concernent des citoyens ordinaires dans le monde utilisant leur droit de choisir ce qu’ils achètent pour aider à mettre fin à l’oppression en Palestine. C’est un moyen pacifique d’exercer une pression internationale sur l’État raciste d’Israël et il s’inscrit dans la foulée de la réussite du boycott organisé contre l’Afrique du Sud raciste de l’apartheid. 

3. Qui appuie le boycott ?
Dans le monde entier, des personnes ayant une conscience appuyent le boycott. Dans le monde entier, des syndicats, y compris le plus grand syndicat du Royaume-Uni UNISON qui compte 1,4 millions de membres, ont appelé au boycott de tous les produits israéliens. Des groupes chrétiens comme Christian Aid se sont joints au boycott et exigent la fin des accords commerciaux entre l’Union européenne et Israël. Et des groupes israéliens tels que B’ Tselem et Gush Shalom ont lancé leur propre campagne de boycott des produits israéliens.

7. Est-ce que le boycott marche ?
Et comment ! Une des sociétés les plus durement touchées par le boycott est McDonald’s. Cette société est un des partenaires commerciaux majeurs du Jewish United Fund. Pour reprendre ses propres termes le Jewish United Fund « s’emploie à maintenir l’appui militaire, économique et diplomatique américain pour Israël ; il surveille et, le cas échéant, réagit à la couverture médiatique d’Israël. En outre, le président et chef de la direction (CEO) de McDonald’s, Jack Greenberg, est directeur honoraire de la chambre de commerce et d’industrie américano-israélienne.

Tous les articles « Boycott », ISM.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.

Boycott Apartheid Israël (2)


Participez à la Journée d’Action Globale BDS, le 30 mars 2009

En décembre 2008, Israël a décidé de marquer le 60ème anniversaire de son existence de la même manière qu’il s’est créé – en perpétrant des massacres contre le peuple palestinien. En 23 jours, Israël a tué plus de 1300 Palestiniens et blessé plus de 5.000 à Gaza. L’ironie de l’histoire est qu’Israël a pris pour cible ces mêmes Palestiniens – et leurs descendants – qu’il avait expulsés de leur maison et dont il a fait des réfugiés à Gaza en 1948, dont il a volé la terre, qu’il a opprimé depuis 1967 par une occupation militaire brutale, et qu’il a essayé de soumettre par la famine au moyen d’un blocus criminel de nourriture, de fuel et l’électricité au cours des 18 mois qui ont précédé l’agression militaire. Nous ne pouvons pas attendre qu’Israël se concentre sur son prochain objectif. La Palestine est devenue aujourd’hui le test de notre moralité indispensable et de notre humanité commune.

Lire la suite : ISM.

Tous les articles « Boycott », ISM.
Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.

Boycott Apartheid Israël (1)


Israël impose un régime d’Apartheid aux palestiniens. Le monde a refusé l’Apartheid en Afrique du Sud, il le refuse aussi en Palestine. La société civile palestinienne a lancé un appel à une campagne non-violente de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en 2005 tant qu’Israël ne respectera pas le droit international.

Publié par Campagne BDS France.


Source : Coin BD – Vidéo : INA

Pour aller plus loin :
• Omar Barghouti, Le Boycott et les groupes pro-palestiniens, ISM.
Global BDS Movement.
Boycott Israeli Apartheid Campaign.
Boycott Israel.
Boycott Israel International Apartheid.
Boycott pour la fin de l’apartheid en Israël.

Le sionisme est-il un obstacle à une paix juste ?


La guerre entre Israéliens et Palestiniens a commencé il y a un siècle avec le début de la colonisation sioniste et avec la dépossession des Palestiniens de leur terre. Cette guerre a connu des périodes très différentes : le colonialisme britannique, l’arrivée massive de nouveaux immigrants juifs après 1945, la Nakba avec l’expulsion de 800000 Palestiniens de leur propre pays, la deuxième conquête sioniste en 1967, l’Intifada, les accords d’Oslo, l’échec total de ce processus, la division de la Palestine en « bantoustans » …

La question centrale

Cette guerre dure inexorablement. D’autres diront bien mieux qu’un membre de l’Ujfp l’insupportable situation du peuple palestinien : des gens et leurs descendants qui sont des réfugiés depuis plusieurs générations. Des millions de personnes qui vivent quotidiennement l’occupation, l’enfermement, la pénurie organisée, les assassinats dits « ciblés », les arrestations arbitraires (plus de 600000 prisonniers en 40 ans), les check points, les humiliations, les souffrances, une annexion qui n’est même plus rampante, une confiscation incessante, un pillage de l’eau et de la terre, l’impossibilité de vivre normalement… Sans oublier ceux qu’on appelle improprement les Arabes Israéliens ou les Bédouins du Néguev réduits à l’état de sous-citoyens dans un « Etat Juif » qui ignore ouvertement toute idée de citoyenneté.

Je limiterai mon propos à donner le point de vue d’un Juif Français ayant une histoire personnelle « classique » (celle de l’antisémitisme et du génocide nazi que les sionistes instrumentalisent pour justifier leur fuite en avant).

Pourquoi n’y a-t-il pas de paix juste à brève échéance ?

Qu’on le veuille ou non, d’un point de vue juif, la question centrale, c’est le sionisme. Les Israéliens forment aujourd’hui un peuple. La Nakba a été un crime et il faudra que ce soit reconnu. Mais on ne reviendra pas en arrière. Il n’y a pas d’autre solution qu’une paix entre Palestiniens et Israéliens. Il ne peut pas y avoir de paix sans une égalité totale des droits et avec le sionisme, c’est impossible. D’un côté, le sionisme a engendré (et on doit considérer que c’était inéluctable) un courant (laïque ou religieux) prônant la « purification ethnique » et le « transfert » des Palestiniens au-delà du Jourdain. Mais ceux qui feignent de croire qu’il existe un « sionisme à visage humain » sont incapables d’expliquer pourquoi Oslo a échoué et pourquoi il y a aujourd’hui 4 fois plus de colons qu’au moment de la signature de ces accords.

Le sionisme a engendré un monstre : une société « autiste » qui s’est convaincue qu’elle a tous les droits et que c’est elle la victime. Il n’y aura pas de paix sans une rupture de la société israélienne avec le projet sioniste ou sans un dépassement du sionisme, un passage au « post-sionisme », une « sécularisation » de la société israélienne. Sans un tel processus, les aventures militaristes ou colonialistes et les crimes contre les Palestiniens se poursuivront.

Un programme ininterrompu de destruction de la Palestine

Il est symptomatique de voir que les prochaines élections israéliennes se sont d’abord jouées à l’intérieur d’un parti (Kadima) que l’on ose qualifier de « centriste ». C’est une ancienne du Mossad (Tzipi Livni qui a probablement du sang sur les mains) qui l’a emporté sur un dirigeant de l’armée (Shaul Mofaz poursuivi pour crimes de guerre). Toute la classe politique est corrompue ou poursuivie pour délits sexuels. L’élection se jouera donc désormais entre Livni et Nétanyahou, dont les programmes d’annexion et de démembrement de la Palestine ne diffèrent que sur des détails : la quantité de territoires annexés.

Au moment de la signature des accords d’Oslo, la direction palestinienne a fait un compromis incroyable : entériner la décision prise dès 1988 à Alger en limitant le futur Etat Palestinien à 22% de la Palestine historique. Dans l’esprit des signataires palestiniens, les dirigeants israéliens allaient accepter l’idée de « la paix contre les territoires » et se retirer. Ce processus est aujourd’hui totalement enterré. Pourquoi ? À cause du sionisme. Rabin, lui-même avant son assassinat a installé 60000 nouveaux colons. Aujourd’hui, il y a 500000 Israéliens qui vivent dans les territoires conquis en 1967. La moitié sont dans le « grand Jérusalem » qui couvre 4% de la Cisjordanie entre Ramallah et Bethléem et rend totalement non viable toute idée d’Etat palestinien. La première chose qui frappe quand on visite la région, c’est « où est la frontière » ? Elle a disparu : les routes de contournement, les nouvelles banlieues installées sur des terres palestiniennes, les colonies dites « légales » ou illégales sont omniprésentes. Aucune carte n’indique la « ligne verte », c’est-à-dire la frontière d’avant 1967.

Manque de chance ? Occasion loupée ? Non. Dans le projet sioniste, les Palestiniens sont des étrangers dans leur propre pays. Autrefois, ils n’existaient même pas, on disait « les Arabes ». Les délires sur « Jérusalem capitale unifiée » ou sur le Grand Israël sont partagés par la majorité de la société israélienne. La propagande israélienne présente de façon permanente le Palestinien comme un terroriste qui rêve d’achever le génocide hitlérien, ce qui permet aux dirigeants de prétendre « nous n’avons pas de partenaire pour la paix » .

Tous les courants du sionisme, de droite ou dits « de gauche » ont perpétré des crimes contre les Palestiniens. La droite, héritière de Jabotinsky et Begin, n’a jamais rompu avec les méthodes expéditives. Elle prône ouvertement le « transfert » (au-delà du Jourdain) au nom de théories ouvertement racistes. Mais la « gauche », celle des héritiers de Ben Gourion ou de Golda Meïr a toujours utilisé les mêmes méthodes avec un discours présentant les Israéliens comme des victimes. Cette gauche a programmé l’expulsion du peuple Palestinien au moment de la Nakba. Elle a prémédité et réalisé les conquêtes et les annexions de 1967. Elle est à l’origine de la décision politique de coloniser en 1967, même si elle a dû faire appel au courant National-Religieux pour réaliser cette colonisation. Elle était au pouvoir quand Barak et Clinton ont sommé Arafat de capituler. Et c’est encore un ministre travailliste qui est à l’origine de la construction du Mur de l’Apartheid. Le sionisme a gommé les différences idéologiques et il n’y a que des nuances entre ses courants. Même la gauche sioniste qui a signé les accords d’Oslo et l’initiative de Genève n’a jamais considéré les Palestiniens comme des égaux. Pour elle, il y a une priorité absolue : sauver le projet sioniste et elle exige des Palestiniens qu’ils se soumettent à cette exigence.

Un projet multiforme

Il est difficile de réduire le sionisme en le comparant à d’autres idéologies. Aujourd’hui Israël est incontestablement un pion avancé de l’Occident et de l’impérialisme américain au Moyen-Orient. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Plus de 60 ans après, les Palestiniens continuent de payer pour un crime qu’ils n’ont pas commis : l’antisémitisme européen et le génocide nazi. Mais en 1948, il y avait un consensus incluant l’URSS et ses satellites pour la création de l’Etat d’Israël et sa victoire militaire. Aujourd’hui, la direction israélienne, même si elle est très dépendante de l’énorme aide militaire et financière américaine, a une autonomie certaine. Aucun dirigeant américain, Obama compris, n’est en situation de s’opposer à une décision qui ferait consensus en Israël. Le pays est devenu un exportateur d’armes sophistiquées, de « villes sécurisées » et de divers produits utilisés par les armées, les polices et les milices. Il y a des conseillers militaires israéliens un peu partout et le gouvernement israélien joue un rôle actif (attesté par la guerre contre le Liban) pour le maintien des troupes occidentales en Irak et en Afghanistan ou pour déclencher une agression contre l’Iran. Il est fortement aidé par un courant millénariste et antisémite (les « Chrétiens Sionistes ») dont les fidèles ont déversé des milliards de dollars pour la colonisation. Bref, Israël est en mesure d’empêcher toute rupture avec l’idéologie du « choc des civilisations » et de la « guerre du bien contre le mal » si chère à l’ancien président Bush.

Le sionisme est bien sûr une forme de colonialisme. L’acquisition des terres dès la fin du XIXe siècle, l’expulsion progressive des Palestiniens, la confiscation du pays et de ses richesses, l’enfermement de la population indigène dans des camps, la séparation (Apartheid) rigoureuse entre les nouveaux arrivants et la population autochtone, tout ceci rappelle fort des phénomènes semblables à ce qu’a connu l’Algérie avec la colonisation française ou plus généralement l’Afrique. Mais le colonialisme sioniste a une grande spécificité. Sauf peut-être pendant une courte parenthèse entre 1970 et 1990, il ne vise pas à asservir le peuple autochtone en le transformant en peuple de travailleurs bon marché ayant pour seul avenir le statut d’auxiliaire du projet colonial. Le sionisme vise à expulser le peuple autochtone et à le remplacer. Les sionistes ont rêvé du crime parfait, celui réussi aux Etats-Unis ou en Australie où la population autochtone n’est plus en mesure d’exiger ses droits. Sur ce plan, les sionistes ont échoué.

Le sionisme a triomphé à cause du génocide nazi (en exploitant la mauvaise conscience occidentale) et il a toujours prétendu être LA réponse à la persécution séculaire des Juifs. Il y a là une propagande insidieuse et hélas efficace qu’il faut contrer. D’abord, pour les Juifs Orientaux venus du monde arabo-musulman, c’est exactement l’inverse. Il n’y a pas eu de persécution des Juifs avant l’avènement du sionisme. C’est essentiellement l’apparition de cette idéologie (née en Europe), l’appel de la direction sioniste à l’émigration des Juifs et l’expulsion des Palestiniens qui a rompu une cohabitation millénaire, certes loin d’être parfaite, mais en tout cas exempte des drames que les Juifs ont connus en Europe. Pour les Juifs européens, on est en plein paradoxe : le sionisme, minoritaire jusqu’à 1945, a partagé assez largement les mêmes thèmes que les antisémites. Il a affirmé que les Juifs ne peuvent ni s’émanciper, ni se mélanger, ni s’assimiler, qu’ils ne peuvent vivre qu’entre eux, que l’antisémitisme est inéluctable et qu’il est vain de vouloir le combattre, bref que la seule solution est la disparition des Juifs disséminés et leur regroupement en Israël.

L’Europe a été ravie de se débarrasser de la « question juive » (sur le dos du peuple palestinien). Il est symptomatique de constater l’absence des sionistes dans l’engagement massif des Juifs dans tous les combats émancipateurs du XXe siècle (résistances diverses, citoyenneté, mouvements révolutionnaires ou anticolonialistes …). Il est symptomatique de voir leur connivence avec des antisémites avérés pour favoriser le départ des Juifs vers le Proche-Orient et la création de leur Etat Juif.

Israël n’est pas un « havre de paix » pour les Juifs, il faut le dire avec force : la politique israélienne n’est pas seulement criminelle pour les Palestiniens, elle est aussi suicidaire pour les Juifs. Comment imaginer que les crimes incessants perpétués depuis des décennies seront sans conséquence ? Alors que les Juifs américains ou européens ne subissent aucune forme de discrimination, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que durera la tentative d’écraser la Palestine. La politique israélienne provoque dans le monde entier un « antiisraélisme » (pour reprendre une formule d’Edgar Morin) parfaitement justifié. Quand la propagande sioniste mélange sciemment et délibérément juif, sioniste et israélien, elle met en péril le « judaïsme » dans sa totalité, laïque ou religieux.

Comment le sionisme a inventé une nouvelle « identité » juive ?

Il n’y a pas de différence fondamentale entre le colon fanatique qui affirme que Dieu a donné cette terre au peuple juif et l’Israélien moyen, élevé avec le complexe de Massada, que l’on a dressé dans « la peur de ne plus avoir peur ». Tous sont le fruit d’une réécriture de l’histoire et d’une identité falsifiée.

Le sionisme n’est pas un nationalisme comme les autres. Il puise ses sources dans le terreau de l’explosion de tous les nationalismes européens, ceux qui propagent l’idée simple et incroyablement dangereuse : 1 peuple= 1 Etat. Il reprend les théories raciales en vigueur à l’époque (les Aryens, les Sémites …) aussi fausses que dangereuses en imaginant qu’il y a une race juive descendante des Hébreux.

Tous les nationalismes ont fabriqué des « histoires politiquement correctes ». L’enseignement en France a inventé des actes fondateurs (le sacre de Clovis, Roland de Roncevaux, le chêne de Saint-Louis, Jeanne d’Arc…) dans le but évident de donner une raison d’être à une certaine conception de la nation. Il n’y a pas si longtemps, on ne pouvait pas avoir son certificat d’études sans connaître toutes les dates des guerres contre l’ennemi héréditaire allemand.

Les sionistes ont été confrontés à la nature même des communautés juives dispersées. Une communauté de destin liée à la situation de minorité religieuse, mais des langues, des cultures et des situations sociales très différentes. Les sionistes ont fait une construction intellectuelle. Pour l’historien Shlomo Sand, ils ont inventé la notion de peuple juif. Cette idée fait débat dans l’Ujfp. Personnellement, elle me paraît pertinente.

Alors que dans l’Europe des années 1900, la croyance religieuse est en très forte diminution, les sionistes (même les non-croyants) reprennent comme vérité historique le récit biblique. S’il y a encore aujourd’hui des discussions de détail dans la communauté des archéologues et des historiens, il est avéré que l’épisode d’Abraham (l’arrivée des Hébreux depuis la Mésopotamie), celui de Moïse (une entrée puis une sortie d’Egypte), celui de Josué (la conquête sanglante de Canaan) et celui du royaume unifié de David et Salomon sont des légendes. À l’époque présumée de Salomon, Jérusalem était un village et les royaumes d’Israël et de Juda ont probablement toujours été des entités distinctes. On se trouve dans une situation ahurissante. Prenons l’exemple du créationnisme. Certes, cette croyance a un pouvoir de nuisance énorme. Ses adeptes parviennent à s’infiltrer un peu partout. Mais scientifiques ou dirigeants conviennent qu’il est impossible ou dangereux de mettre sur le même pied créationnisme et Darwinisme. Prenons l’exemple de l’Iliade et l’Odyssée. Ce texte est magnifique et fondateur, mais tout le monde sait que ce qu’il raconte est très largement légendaire. Dans le cas de la Bible, le texte est pris pour argent comptant. Il est enseigné comme une vérité dans les manuels scolaires. Il sert à justifier le nouveau royaume unifié (l’Etat d’Israël), l’expulsion des Palestiniens sur le mode de la conquête de Josué et la colonisation. Il est à la base du projet sioniste dans toutes ses versions, laïque ou religieuse. Pourtant il est avéré que ce texte est très largement légendaire.

Shlomo Sand va plus loin. Il explique qu’il n’y a pas eu d’exil et qu’il n’y a donc pas de retour. Bref, il met par terre tout ce qui est au centre du projet sioniste. Qu’on accepte ou non la notion de peuple juif, il rappelle une vérité largement connue des historiens : il n’y a pas eu d’exil. L’existence de communautés juives à Babylone, Alexandrie ou Rome est antérieure à la guerre menée par Titus. Ce n’est pas le peuple juif qui est parti avec la conquête romaine, ce sont les élites religieuses. Les Romains n’ont pas chassé les peuples qu’ils occupaient et ils n’avaient pas les moyens de déporter toute une population. C’est la religion qui s’est dispersée.

Pendant des siècles, le judaïsme a été prosélyte et en concurrence avec d’autres religions. Les descendants des Hébreux de l’Antiquité sont donc en grande partie les Palestiniens et les Juifs d’aujourd’hui sont assez largement les descendants de populations converties de l’Empire Romain. Si on peut parler de peuples séfarade, judéo-berbère, yiddish ou falasha (peuples qui étaient souvent en relation entre eux), selon Sand il n’y a pas de peuple juif. Cette construction intellectuelle a été le résultat de la persécution des Juifs d’Europe.

Les sionistes se sont acharnés à présenter la diaspora comme une parenthèse, alors qu’elle est l’essence du judaïsme. Ils se sont acharnés à détruire tout ce qui évoquait la diaspora. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu tuer le Juif, le cosmopolite, l’universel, le minoritaire luttant pour l’égalité des droits. Il a fallu détruire les langues, les cultures, les mémoires, les histoires et les identités juives. À la place, on a créé un peuple artificiel sans passé, militariste et colonialiste.

Tous les Israéliens, de gauche comme de droite, s’imaginent être les descendants d’une histoire illustre, unique, extraordinaire. Tous s’imaginent avoir survécu à une suite ininterrompue de persécutions, achevée avec le retour du peuple élu en terre promise. Belle histoire, mais c’est tout faux. On a appris aux Israéliens que personne n’aimait les Juifs, que tout le monde voulait les détruire, qu’ils ne pouvaient vivre qu’entre eux et qu’ils devaient tous venir en Israël. On les a élevés dans la peur de l’anéantissement et dans l’ignorance totale de « l’autre », le Palestinien assimilé aux pogromistes. Dans cette histoire-là, il n’y a pas de place pour deux peuples dans la région et la fuite en avant criminelle ne peut que continuer.

Il ne faut pas confondre sionisme et religion. Dans la conception juive religieuse, l’exil est symbolique, il ne suppose à aucun moment un quelconque « retour ». D’ailleurs au cours des siècles, les Juifs ont eu de nombreuses occasions d’émigrer en Palestine et ils ont en général fait d’autres choix. Il y a eu chez les religieux comme chez les laïques une réécriture rendue nécessaire pour justifier le projet sioniste et la colonisation.

Une rupture du « front intérieur » ?

Soutenir le peuple palestinien, c’est bien sûr lutter contre son étouffement (en particulier à Gaza) et son isolement. C’est aller là-bas pour témoigner et apporter une solidarité concrète. C’est populariser la cause palestinienne. C’est aider à renverser le rapport de force politique et militaire. C’est exiger de nos gouvernants et de l’Europe la fin de l’impunité de l’occupant. C’est exiger des sanctions politiques, économiques et culturelles contre Israël (et donc le boycott) tant que durera l’occupation. C’est exiger le désinvestissement, par exemple celui d’Alstom Véolia qui viole le droit international en construisant le tramway entre Jérusalem et la colonie de Pisgat Zeev. C’est affirmer la primauté du droit international et de l’égalité contre toutes les arguties qui visent à justifier l’injustifiable.

Pour l’instant, rien ne bouge. En Israël, la petite minorité anticolonialiste qui avait réussi à enclencher un mouvement de masse contre la première guerre du Liban (1982) n’arrive pas à remuer l’opinion. La société israélienne ne souffre pas des crimes commis en son nom. Certes, le libéralisme a entraîné une explosion de la pauvreté, mais la majorité des citoyens vit avec le train de vie des classes moyennes occidentales. Les Israéliens peuvent savoir sans problème ce que leur armée ou les colons font et ils s’en moquent. C’est le résultat de « l’homme juif nouveau » que les sionistes ont réussi à fabriquer. Les Israéliens se vivent en victimes, pas en bourreaux.

Le terrain de la lutte idéologique contre le sionisme a été en partie déserté et les Palestiniens en subissent les conséquences. On a trop facilement laissé les sionistes parler au nom du judaïsme et utiliser l’antisémitisme et le génocide comme bouclier. La société israélienne vit une forme de névrose ou de psychose collective. Rares sont celles et ceux qui s’attaquent à cette mise en condition de masse.

Parmi ceux qui participent (souvent consciemment) à la propagande israélienne, certains croient faire œuvre de philosémitisme en voulant interdire toute critique d’Israël ou en assimilant antisémitisme et antisionisme (voir Philippe Val, Alain Finkielkraut, BHL …). C’est tout aussi stupide que de croire (pour prendre l’exemple français) que pour soutenir les Pieds Noirs, il fallait soutenir l’OAS. En soutenant une politique criminelle et en laissant ses instigateurs parler au nom du judaïsme, on met en danger tous les Juifs et on fait acte d’antisémitisme.

Pour une paix juste fondée sur l’égalité des droits, il faudra une « rupture du front intérieur » en Israël et dans les « communautés juives organisées » à l’image de la rupture qui a accompagné la chute de l’Apartheid sud-africain quand la direction politique des Blancs a compris que cette rupture était obligatoire pour assurer le maintien sur place de la population blanche comme composante du peuple sud-africain. Pour l’instant on est loin d’un dépassement du sionisme ou d’une rupture, mais rien n’interdit une modification brutale du contexte.

Pierre Stambul
9 novembre 2008
Pourquoi la paix au Proche-orient est-elle si difficile ?
Le sionisme est-il un obstacle à une paix juste ?
Intervention de Pierre Stambul, membre du Bureau National de l’UJFP à Rochefort Samson (Drôme) le 9 novembre 2008.
Publié par UJPF.

Ilan Pappé : Le sionisme et l’occupation coloniale


Au mois d’octobre dernier, lorsque le Professeur Ilan Pappé était en visite à San Fransisco, il a été interviewé par Steve Zeltzer pour le compte de son programme de télévision Labor Video Project cable TV program. Ceci correspond à l’enregistrement audio de 57 minutes dans lequel Pappé parle de l’histoire du sionisme, de la Nakba palestinienne, des relations sociales israélo-palestiniennes, de la nécessité d’une solution à un seul Etat, du désinvestissement, et du soutien manifesté par le public israélien à la guerre contre l’Irak.

Question : Comment avez-vous décidé de devenir un expert, ou d’étudier la question des Palestiniens et de la formation d’Israël ?

J’ai compris très tôt que la recherche historique dans le cas de personnes comme moi, ou de quiconque en Israël ou en Palestine, n’est pas une simple activité intellectuelle ; la réalité, les réalités du conflit sont inscrites dans ce qui est survenu dans le passé. Et par conséquent je pensais que non seulement les historiens, les historiens professionnels, mais la société dans son ensemble devrait regarder ce passé en profondeur si l’on souhaitait mieux comprendre le passé. Et j’ai aussi compris que la façon dont l’Histoire est enseignée et étudiée dans les universités israéliennes est tout à fait subordonnée à l’idéologie sioniste, et il est devenu très clair pour moi, depuis le tout début de ma carrière professionnelle, qu’écrire des ouvrages historiques, donner des cours d’histoire sur le passé palestinien est aussi un acte politique, un acte idéologique, et non pas juste un acte intellectuel.

Depuis lors, je suis toujours convaincu que mon type de militantisme, qui fait la liaison avec mon activité d’écrivain historique et mon activité politique actuelle sont étroitement liés, et c’est pourquoi je persiste à vouloir étudier le passé en poursuivant mes recherches et en étant actif dans le présent.

Q : Lorsque vous avez commencé à étudier ce sujet, à quelles conclusions êtes-vous arrivé concernant l’Etat d’Israël et la situation faite aux Palestiniens ?

Je pense que ce qui est sorti de tout cela, beaucoup, beaucoup de Palestiniens l’avaient réalisé avant moi, mais pour moi cela nécessitait ce voyage individuel dans le passé. Comme universitaire israélien, j’avais pensé que cette histoire était très complexe, et en fait ce que j’ai trouvé c’est une histoire très simple, une histoire de dépossession, de colonisation, d’occupation et d’expulsion. Et plus je m’investissais dans cela, plus évidente devenait cette histoire, tout en devenant plus simple, et cela m’a aussi amené à considérer l’Etat d’Israël, et de sa majorité juive, dans les mêmes termes que ceux que j’utilisais pour caractériser l’Afrique du Sud et le régime de suprématie blanche. Je pense donc que c’est cela la conclusion naturelle et principale.

Q : La théorie du sionisme consiste à affirmer que le fait que les Juifs aient leur propre Etat serait une solution à l’anti-sémitisme, et qu’ils ont besoin d’un Etat pour défendre réellement les Juifs. Quelle est la réalité aujourd’hui ?

La première réalité est que si vous créez un Etat Juif, même si, et j’y reviendrai dans un instant, un Etat juif serait la seule solution à l’anti-sémitisme, cela ne peu définitivement pas être une solution si cet Etat est construit aux dépends de la population native. Je veux dire que le fait que les Palestiniens aient été ethniquement nettoyés de leur terre natale, dépossédés, n’a pas permis qu’Israël devienne un endroit sûr, ou le fait que les pères fondateurs du sionisme aient décidé de créer un Etat juif au milieu du monde arabe n’était pas la bonne formule pour assurer la sécurité. Donc l’époque et le lieu choisis pour construire un Etat juif sont eux-mêmes aux racines de l’insécurité. Cela ne peut pas réellement résoudre le problème de l’anti-sémitisme, et comme nous le constatons, cela a contribué à développer l’anti-sémitisme après la seconde guerre mondiale.

Mais plus grave encore, je pense qu’une des principales conclusions auxquelles sont arrivées les Juifs qui n’étaient pas sionistes, après la seconde guerre mondiale, était que les Juifs devaient prendre une part active dans la construction d’un monde où non seulement l’anti-sémitisme, mais fondamentalement le racisme et les idéologies du même ordre, n’auraient plus de place dans les esprits et les cœurs des gens. Et je pense que c’est pourquoi vous voyez, après la seconde guerre mondiale, beaucoup de Juifs actifs dans des mouvements tels que le mouvement pour les droits civiques, le mouvement socialiste et d’autres ; tout à fait motivés par l’idée que la bonne réponse à l’anti-sémitisme n’était pas le sionisme mais plutôt un mouvement moral international.

Bien sûr, il y a différentes versions. L’une vient du camp libéral, l’autre du camp socialiste, mais je pense que fondamentalement il s’agit de la même idée. Je pense cependant que ces deux alternatives ont été pénalisées par la domination que le sionisme a exercée sur l’histoire juive, si vous voulez. Ou sur la représentation juive dans la période qui a suivi la seconde guerre mondiale.

Q : Comment Israël a-t-il été affecté par le sionisme, ou par l’idéologie du sionisme, et comment la classe ouvrière en Israël se voit-elle elle-même ?

Il y a un parallèle. Ce n’est pas le bon terme, je cherche… L’origine ethnique de la classe ouvrière en Israël est très distincte. La plus grande partie des travailleurs en Israël, depuis la création de l’Etat, sont/étaient soit Juifs venant des pays arabes, soit Palestiniens. Ces Palestiniens n’avaient pas été expulsés en 1948 et sont devenus la minorité arabe en Israël. Cette correspondance entre l’origine ethnique des gens et leur classe [sociale], leur position socio-économique dans la société, illustre leur rôle dans l’Etat au contraire de leur conscience de classe, pour ainsi dire.

Donc, d’un côté, il était facile, relativement facile, de se saisir de la classe ouvrière palestinienne et de l’enrôler dans par exemple le Parti communiste, lequel était le parti le plus populaire parmi les Palestiniens en Israël dans les années 60 et 70. D’un autre côté, l’échec a été très grand avec les Juifs venant des pays arabes, car il leur a été signifié que leur seule voie pour être intégrés dans la société juive était d’être anti-arabe. Et ils ont fait le choix du nationalisme, du nationalisme plutôt que du socialisme, comme meilleur moyen d’amélioration de leurs conditions de vie. Cela signifie que la gauche socialiste, pour ainsi dire, en Israël, avait été très affaiblie par le fait qu’elle était constituée uniquement de citoyens arabes et d’un nombre non significatif de Juifs.

Q : Dans quelle lutte avez-vous été récemment engagé à l’université – pourquoi ne parleriez-vous pas de la façon dont cela a commencé et de ce qui s’est produit ?

J’avais commencé par dire que j’estimais que le plus important, la condition préalable pour une véritable réconciliation en Israël et en Palestine est la disposition israélo-juive à reconnaître le nettoyage ethnique de 1948. Je pense que les Israéliens disposent d’un mécanisme de négation qui fait partie de l’éducation de toute la société de façon à enlever de sa mémoire les crimes terribles que les Juifs ont commis contre les Palestiniens en 1948, et encore après. Je suis totalement convaincu qu’une telle reconnaissance, qui s’apparenterait pour beaucoup à la commission pour la Réconciliation et la Vérité en Afrique du Sud, est une précondition pour une réelle réconciliation, et partant de cela, mon principal combat dans les universités israéliennes est de faire en sorte que les universités deviennent un end
roit où l’on puisse apprendre sur ce passé occulté.

J’ai encouragé les étudiants à aller de l’avant et à pousser leur recherche sur 1948, et un de ces étudiants dans ses travaux de recherche a exposé un massacre que nous ne connaissions pas et qui a été perpétré en 1948 ; il s’agissait d’une nouvelle brique importante dans l’histoire que nous tentions de reconstruire. C’était un étudiant très courageux ; la plupart de mes étudiants et ceux d’autres enseignants n’osent pas écrire sur 1948, et il a été disqualifié pour cela. Donc, je me suis battu contre l’université, et à cause de cette lutte, et à cause de mes autres activités politiques, qui concernent aussi l’appel pour le boycott et le désinvestissement contre Israël, l’université à tenté de me chasser en mai 2002. Et s’il n’y avait pas eu un soutien international, ils auraient probablement réussi.

Je pense que c’est un mauvais signe, mais c’est en même temps un bon signe. C’est un bon signe dans la mesure où cela signifie qu’il y a un sentiment dans l’université israélienne que si quelqu’un dit la vérité sur ce qui s’est produit dans le passé, les gens ne sont pas stupides et ils ne sont pas moralement corrompus, et ils feront alors quelque chose. Et je pense qu’un des premiers problèmes en Israël est d’empêcher les gens comme moi d’arriver jusqu’au public, et le principal combat de gens comme moi est de trouver des chemins de traverse pour arriver à ce public. Et pour plusieurs raisons, qui ne sont pas toujours positives, ceci est la réalité. Les Juifs israéliens, comme les Juifs américains, préféreraient l’entendre venant d’un Juif israélien plutôt que d’un Palestinien. Car ce que je dis, les Palestiniens le disent depuis de nombreuses années, mais pour des raisons compréhensibles il est plus facile pour le public israélien de m’écouter moi.

Q : Quel était le massacre que votre étudiant a décrit ? Et quelle a été l’excuse ou la justification pour disqualifier son travail ?

Bien. Le massacre a eut lieu dans le village de Tantura, qui est au sud d’Haïfa, et a été le plus grand massacre de cette guerre. L’armée israélienne avait l’habitude d’occuper les villages arabes de façon à laisser un flanc ouvert de façon à ce que les gens puissent être expulsés par cette voie. Dans plusieurs cas, comme dans le cas de Tantura, ceci ne s’est pas produit. Ils ont commis une erreur, ce n’était pas leur intention première, et ils fermèrent le village sur tous les côtés. Une des raisons était qu’à l’ouest du village il y avait la mer, et les bateaux israéliens bloquaient le village. Donc, dans une situation de ce genre, les soldats israéliens massacraient les gens plutôt que de vider le village. Et environ 230 personnes, surtout des jeunes gens et des hommes mûrs ont été massacrés et les femmes et les enfants ont été expulsés vers la Jordanie. C’est cela qu’il a exposé.

Pourquoi a-t-il été éliminé ? L’étudiant n’avait pas trouvé suffisamment d’archives car l’armée israélienne voulait cacher ces évènements. Donc il a procédé en faisant quelque chose que nous appelons une historiographie professionnelle, une histoire orale. Il a interviewé deux soldats juifs qui avaient participé au massacre et des survivants palestiniens. Et tous ont confirmé que le massacre avait eu lieu. Maintenant, ils avaient trouvé 6 endroits dans son document où, après qu’ils aient vérifié, ce qui était dit dans les enregistrements ne correspondait pas exactement à ce qu’il avait transcrit. Mais aucun de ces éléments des interviews ne remettait en cause les conclusions. Et comme nous le savons tous, même des professeurs expérimentés, si vous fouillez vraiment leurs sources dans le détail, font quelques écarts entre leurs sources et les évènements. Et sur cette base, il a été éliminé alors que des étudiants et d’anciens professeurs qui sont connus pour des erreurs beaucoup plus importantes dans leurs travaux, n’ont été jamais été évalués de cette manière.

Q : De telle sorte que c’était un prétexte ?

Oh oui, bien sûr que c’était un prétexte. Les autorités universitaires ont voulu envoyer un message, et elles ont réussi malheureusement. Elles ont interpellé les étudiants diplômés en leur disant : ne touchez pas à cette question car vous risquez de gâcher vos chances de carrière.

Q : Ainsi c’est un sujet interdit ?

Oui, c’est un sujet interdit en Israël. Beaucoup de mes étudiants, qui étaient en pleins travaux sur 1948, ont décidé, après cet incident, de changer leur sujet.

Q : Et sur quelle base les autorités ont-elles essayé de vous chasser de votre fonction ?

Et bien, elles avaient toute une liste d’accusations, mais pour récapituler, elle se ramène à trois points principaux :

Premièrement : mon accusation contre l’université sur cette affaire. J’avais accusé l’université de corruption morale, et on m’a dit que c’était une façon d’agir déloyale à l’égard de l’institut ; ils ont trouvé avec ça une raison pour m’expulser.

Deuxièmement : j’ai fait, contre leur avis, un cours sur la Nakba de 1948, la Catastrophe, la catastrophe palestinienne. Ce fut une autre raison.

Et troisièmement : mon soutien à l’idée de boycott, de sanction et de désinvestissement, contre Israël.

Ils ont voulu, dans le contexte que vous imaginez, saisir les tribunaux pour non loyauté envers l’Etat, pas seulement envers l’institution. Et je pense que mon procès – ou plutôt la tentative de procès, car il n’a pas eu lieu – a montré comment se comporte l’Israël non démocratique quand son caractère sioniste est mis en cause. C’est une démocratie dans le sens où, une fois que vous avez l’état d’esprit sioniste, vous pouvez vraiment dire ce que vous voulez, et on protègera même votre droit à le dire. Mais une fois que défiez le sionisme lui-même, alors la démocratie cesse d’exister et vous êtes considéré comme un traître.

Q : Vous vous êtes positionné déjà contre l’idée d’un Etat juif ; quand vous dites que vous êtes hors de la structure sioniste, est-ce de cela que vous parlez ?

Oui, oui, sans aucun doute. C’est une chose bizarre parce que, comme je le pense, au lieu d’Israël nous devrions avoir un Etat démocratique laïc, et dire ceci équivaut à une trahison en Israël. C’est considéré comme une trahison. Mais d’un autre côté, il est très difficile pour eux de mener quelqu’un devant les tribunaux, comme cela et de soutenir : « Ce type est dangereux parce qu’il est pour la démocratie et le laïcisme. » Je pense qu’ils ont cru pendant des années que l’endoctrinement était à ce point efficace que les Juifs n’en arriveraient jamais à cette conclusion, mais nous en arrivons là et ils s’en arrangent difficilement.

Vous savez, si un Palestinien dit qu’il est pour un Etat démocratique laïc, ils disent « Oui, mais ce n’est pas ce qu’ils veulent, nous savons ce qu’ils veulent ». Mais si c’est quelqu’un qui est un produit du système israélo-juif qui le dit, alors ils se mettent à vérifier tout son cheminement ! Comment en est-il arrivé là ? C’est vraiment une aberration et je pense qu’ils sont alors complètement déconcertés.

Q : Et quelle était la position des médias en Israël à propos de votre procès, quelles furent leurs tentatives pour vous faire chasser de votre fonction à l’université ?

Bien. Malheureusement, les médias, et surtout dans les cinq dernières années, ne soutiennent pas vraiment les démarches critiques, et ce fut vraiment tragique que les médias et l’université, qui sont supposés êtres les éléments les plus critiques dans une société laïque, comme les institutions religieuses, ont justement cessé de remplir ce rôle. Je me souviens qu’ils ne l’ont jamais vraiment rempli, mais manifestement, dans les cinq ou dix dernières an
nées, ils se sont alignés totalement et ils soutiennent le gouvernement, il y a eu très peu de voix dissidentes avec la mienne qui ont été mises en cause dans les médias.

Q : Vous êtes passé à la télévision nationale ?

Oui, mais j’ai compris très vite que la seule chose qu’ils voulaient quand ils m’invitaient – j’ai donc arrêté – c’était me faire un procès public. Personne ne m’a donné l’occasion de parler, ils me faisaient venir sur le plateau pour me faire un procès public. J’ai compris que c’était une embuscade et j’ai arrêté d’aller dans les studios de télévision, cela ne servait à rien, ils ne me permettaient pas de parler.

Le côté encourageant de l’histoire est dans la société elle-même : j’ai reçu beaucoup de messages e-mails, de lettres, d’appels téléphoniques de gens qui me soutenaient, beaucoup, beaucoup de Juifs israéliens que je n’avais jamais vus, et même dans la ville où j’habite, des gens m’ont arrêté pour me serrer la main. Et j’ai ressenti – beaucoup de gens n’en sont pas conscients – que pèsent une sorte de terreur, une pression sur les Juifs en Israël. Ils ont peur de dire à haute voix ce qu’ils ressentent, c’est une société si fermée que vous êtes presque ostracisé. Ce n’est pas comme en Amérique où vous pouvez partir ailleurs, c’est vraiment une société fermée, et votre famille, votre carrière s’en trouvent affectées si vous faites quelque chose jugée facilement comme une trahison.

Mais je pense que les gens ont compris vraiment que je disais, et d’autres avec moi, nous disions ce qu’eux-mêmes ressentaient. Cela depuis de nombreux mois maintenant ; mais ils n’osent toujours pas parler car le prix serait trop élevé.

Q : Quel a été le rôle d’Histadrut, le syndicat israélien, et celui de votre propre union à l’université ?

Votre question nous ramène à l’histoire du socialisme et du sionisme en Palestine, dont nous devons être conscients. Le socialisme, dans le cadre du sionisme précisons-le ; Histadrut, qui est la principale organisation, réunit ces deux idéologies ensemble, socialisme et sionisme. Il y a eu une interprétation très limitée du socialisme, un socialisme en réalité au service du mouvement colonialiste. Le socialisme a permis au mieux, au mieux, de soutenir les salariés arabes, mais le plus souvent, il les a sortis du marché du travail. Ce fut vrai pendant la période mandataire, entre 1918 et 1948, et je ne pense pas que cela ait changé.

Histadrut, comme syndicat, ne soutient pas les salariés, ni les unions d’entreprises, mais l’idéologie sioniste. Sans Histadrut, il aurait été impossible de coloniser les territoires occupés comme marché du travail. Sans Histadrut, il aurait été impossible de monter un marché du travail en Israël pendant les années d’occupation qui ont transformé les Palestiniens en esclaves, des salariés esclaves plutôt que des salariés sur pieds d’égalité avec les autres. Quant aux unions de professeurs, ou aux unions universitaires, à ce niveau c’est encore pire. Je veux dire, Histadrut n’ose pas prendre n’importe quelle position contre l’occupation, contre la politique gouvernementale. Il se déclare pour l’égalité sociale et tout ça. Mais il ne fait en réalité rien contre. C’est une triste histoire.

Q : Comment les salariés palestiniens, les salariés arabes en général, sont-ils traités en Israël ?

Très injustement, très injustement. Je veux dire qu’ils souffrent de deux sortes de discrimination. Jusque dans les années 1980, ils ont constitué une partie très importante des salariés non qualifiés disponibles sur le marché du travail, et des salariés qualifiés aussi mais dans des secteurs comme la construction et les services, pour faire simple, on peut dire dans les emplois que les Juifs ne voulaient pas exécuter. Mais ils étaient mal payés comparés aux salariés juifs, il y avait une sorte de système institué qui les discriminait dans tous les domaines du droit du travail, depuis les salaires très bas, jusqu’au système d’assurances et d’assistance sociale, et tout le reste. Cela va même empirer vers la fin des années 80, car à cette époque, il y a eu une grande immigration russe vers Israël, plus d’un million de Russes. Certains d’entre eux ont remplacé les salariés palestiniens sur le marché du travail dans les emplois qui leur étaient permis. Ainsi, à un moment, vous avez eu un plafond transparent qui a empêché les salariés palestiniens d’obtenir les emplois les plus intéressants pour ainsi dire, et depuis les années 80, même ces emplois limités ne leur ont plus été accessibles et il ont été donnés par les employeurs privés et publics aux immigrants russes.

Q : Ainsi, l’avenir pour les Palestiniens, dans l’Etat d’Israël, n’est pas brillant ?

Absolument. En fait, il est même risqué. Israël contrôle la vie des deux groupes de Palestiniens : les citoyens palestiniens d’Israël et les Palestiniens sous occupation. Il s’agit de deux groupes très différents. Je pense que les Palestiniens sous occupation sont soumis à une grave menace, il y a toujours une possibilité sérieuse pour que ces gens subissent un nettoyage ethnique, une fois encore, et qu’un massacre n’ait lieu contre eux.

Ici, nous parlons presque d’un génocide pour l’avenir. Bien que je ne pense pas qu’il se produise réellement, et j’espère que le monde ne resterait pas à l’écart. Mais pour les Palestiniens en Israël, où ce danger n’est pas imminent, l’avenir signifie moins de droits, de droits sociaux, de droits civiques, de droits humains qu’ils en ont actuellement. Ils en ont encore, quoique limités, mais cela va réduire. L’Etat juif deviendra plus ethnique, plus raciste, plus exclusif, et quiconque n’est pas Juif, ou n’est pas considéré comme Juif, souffrira dans l’avenir plus qu’il ne souffre aujourd’hui.

Q : Quand vous avez engagé ce débat sur le boycott et le désinvestissement en Israël, pour la première fois, quelle sorte de soutien avez-vous obtenue ? Peut-être pouvez-vous parler de l’Angleterre et de la réaction du gouvernement, et de l’Etat d’Israël ?

Je ne veux pas m’attribuer le mérite de cela. Ce n’est pas moi qui ai commencé. Je pense qu’il est très important que l’on sache que des parties conséquentes de la société civile, aux USA et en Europe, depuis beaucoup d’années maintenant, pensent que trop c’est trop en ce qui concerne la politique israélienne en Palestine. Je crois que beaucoup de gens bien attendent une action de leur gouvernement, car tout le temps, il est question de discussions pour un « processus de paix », d’efforts diplomatiques, et ils ne veulent pas les interrompre. Mais je pense que maintenant on réalise que l’effort diplomatique ne fait qu’aider l’occupation et ne nous conduit pas au terme. Avec cette prise de conscience, il existe une force, surtout en Europe, surtout en Grande-Bretagne, des gens qui veulent faire quelque chose. Et eux font partie de ceux qui ont lancé cette idée de boycott, et d’autres de la même manière ont lancé l’idée de désinvestissements en Amérique ; je crois que ce sont des vétérans de la campagne anti-apartheid de l’Afrique du Sud. Je pense que c’est de là que l’idée est partie. Mais quand nous en avons entendu parler en Israël, la gauche la plus progressiste a décidé de la soutenir. Ce soutien a donné beaucoup d’impulsion, beaucoup d’encouragement à l’étranger pour continuer, et quand la société palestinienne sous l’occupation a appelé la solidarité internationale à soutenir cette idée comme étant la meilleure stratégie, alors elle fut vraiment lancée dans les autres pays.

En Angleterre, un groupe très important appartenant à l’Association des enseignants d’universités (AUT), un très grand syndicat, a ressenti – à juste titre – que dans les campus des universités, parce que vous savez, l’Angleterre était proche d’Israël. La plupart d
es Israéliens sont anglophones, ils aiment vraiment l’Angleterre, nos universitaires aiment aller en Angleterre et nous avons une très bonne organisation qui leur permet de s’y rendre. Les instituts universitaires encouragent les gens à partir à l’étranger pour développer leurs connaissances. Et l’AUT apprécie que tous ces Israéliens viennent sur les campus britanniques, pour des courts ou des longs séjours. Ils sont pour eux des spécialistes du monde arabe, ceux des droits humains et des droits civiques. Je veux dire que la divergence entre les idéologies qu’ils représentent et dont ils débattent, était telle qu’on aurait pu croire que l’ambassade israélienne avait pris le pouvoir dans les universités de Grande-Bretagne. Et le groupe à l’AUT a décidé, – en voulant commencer en Angleterre – d’un boycott officiel auprès de quelqu’un qui représente officiellement l’université israélienne. Je ne pense pas qu’ils voulaient empêcher les citoyens israéliens de venir et de dialoguer, d’échanger. Je pense qu’ils avaient raison de cibler les universités israéliennes, comme étant les premiers porte-parole pour diffuser cette cause. Ils ont proposé une motion pour le boycott qui a été acceptée. Mais le lobby sioniste s’est réveillé et a fait de très fortes pressions…

Q : Qu’ont-ils fait ?

Ils ont engagé un cabinet juridique très important en Angleterre qui a menacé le comité exécutif de l’AUT de poursuites pour anti-sémitisme s’il continuait. Naturellement, je ne pense pas que le cabinet aurait gagner ce procès, mais vous devinez les discussions au comité exécutif de l’AUT, que cela n’avait pas de valeur, que nous ne céderons pas, que c’est une pitié, qu’ils devraient montrer plus de solidarité. Mais ils avaient été quand même impressionnés. Il y avait ce qu’il fallait pour un bon procès en diffamation ; si vous connaissez la loi anglaise, il est encore plus difficile de faire condamner quelqu’un en Angleterre qu’ici en Israël. Mais néanmoins, ils étaient intimidés d’autant qu’étaient mobilisés tous les historiens juifs de l’Holocauste et tout ça. La décision de l’AUT était comparée à une négation de l’Holocauste. Ceci bien sûr est très stupide, et bien d’autres choses encore, mais les gens ont été remués.

Mais je dois vous dire que ceux de l’AUT n’ont pas renoncé, ils préparent une autre motion, ils essaient une autre stratégie, ils travaillent sur une autre approche pour convaincre les gens, et ce qui est le plus intéressant est que le boycott est en cours, de fait. Je veux dire, la décision de l’AUT de se rétracter a mis les gens tellement en colère que la plupart des membres britanniques de l’AUT ont pensé en fait qu’ils ne seraient pas inquiétés, qu’une décision officielle soit prise ou non, ils pensent que c’est la bonne manière d’avancer.

Q : Maintenant, les sionistes dans l’Etat israélien, ont-ils un passé pour accuser les gens qui critiquent le sionisme d’être des antisémites ou des juifs qui se haïssent ?

Oh oui ! Je pense qu’il y a beaucoup, beaucoup, de moments dès le début du sionisme, de sources différentes, où des juifs ont critiqué l’idée, d’un point de vue de colon ou d’un point de vue orthodoxe. Je pense que l’un des points les plus explicites à ce sujet est celui sur le combat, dans une certaine mesure malchanceux malheureusement, du sionisme contre le Bund dans le mouvement socialiste international juif de l’Europe de l’après Seconde Guerre mondiale. Comme vous le savez, les juifs qui ont survécu à l’Holocauste étaient dans des camps, qu’on appelait des camps de déportés. En fait, beaucoup des juifs survivants ont apprécié l’idée de deux approches internationalistes, comme nous l’avons dit précédemment, ou même d’une approche socialiste.

Et les sionistes ne se sont pas seulement disputés avec ces gens, ils ont usé de beaucoup de violence. Il y a un livre écrit pas un historien, Yossi Gussinsky, sur ces luttes ; en fait, ce que les sionistes ont fait, ils ont recruté des jeunes juifs qui étaient dans la clandestinité, à la Haganah, de sorte qu’ils ne soient pas détournés de l’action, ni gagnés par des idéologies internationales ou qui relieraient le judaïsme à un projet international. C’est juste un exemple historique, mais vous savez que nous avons de nombreux exemples de groupes non sionistes en Israël qui ont été isolés – comme le Maspen – et espionnés par les services secrets, plus tard il y a eu un autre groupe qui a été emprisonné. Certainement, c’est quelque chose contre laquelle les sionistes sont disposés à combattre de toutes leurs forces.

Q : Avez-vous entendu parler du rôle de l’AFT (Fédération des professeurs américains) dans l’opposition à ce boycott ?

Oui, et il y a aussi le rôle joué par toutes sortes d’associations de professionnels dans les universités américaines, comme l’association des Sciences politiques. Et je n’ai pas été surpris. Je n’ai pas vraiment pensé qu’il y aurait quelqu’un dans les syndicats étasuniens ou dans les mouvements de salariés, qui suivrait les collègues britanniques. Je pense que nous avons besoin d’un plus, de beaucoup de travail de terrain, ici, avant que cela se produise. Mais les questions sont vraiment posées, ce que j’espère ; c’estunautreaspectdela campagne que les genstendentà ignorer. La question n’est pas seulement que l’argent arrête d’affluer en Israël pour soutenir l’occupation. Je pense qu’il y a une question d’éducation ; elle faut en discuter avec les contribuables américains, avec les salariés américains, avec les activistes des droits civils et des droits de l’homme : pourquoi, le seul cas au monde sur lequel ils n’ont pas de position claire – alors que sur tous les autres ils sont nets – est-ce le cas d’Israël ? Qu’est-ce qui justifie cette différence ? Et je pense que nous entendrons davantage les Juifs poser ces questions. J’espère que ceci les convaincra qu’ils ont eu tort toutes ces années, de ne pas affecter à Israël les mêmes critères de jugement que pour les autres situations dans le monde.

Q : Quel a été le rôle d’Israël et du sionisme par rapport à l’impérialisme ?

Bien, je pense qu’il commence avec le colonialisme, avant l’impérialisme. Il est très clair que sans l’adoption du sionisme comme projet colonialiste par l’Empire britannique, il n’y aurait pas d’implantation juive en Palestine. C’est très clair. Ils ont eu besoin de la puissance militaire des Britanniques, de leur poids politique afin de faire démarrer leur projet, c’est vraiment clair. Sans eux, ça ne serait pas produit. Et puis, je pense qu’il est juste de dire que sans l’impérialisme américain comme élément de pointe, je doute qu’Israël aurait existé ou survécu. Aussi, je pense que c’est l’une des leçons importantes que les Israéliens ont toujours à apprendre : s’ils restent si étroitement liés à un empire comme celui des Etats-Unis, et qu’ils ne réfléchissent pas à d’autres façons d’exister dans telle ou telle type de société, telle ou telle région, alors lorsque l’empire chutera, ils chuteront probablement avec. C’est quelque chose que la plupart des Israéliens ne soupçonnent pas, malheureusement.

Q : Le rôle des Etats-Unis est-il aussi décisif pour Israël ?

Oh oui ! Absolument, il est décisif. De quelque façon que vous l’observiez, du côté de l’aide financière – pas seulement les subventions mais aussi les prêts -, du côté de l’aide militaire, de l’immunité diplomatique que l’Amérique accorde à Israël par son veto à l’ONU. Nous l’avons vu dans des périodes comme lors de la guerre de 1973, où vraiment les Américains étaient prêts à lancer une guerre nucléaire pour sauver Israël.

Q : Des partisans d’Israël aux Etats-Unis diraient que ce n’est pas juste de comparer Israël à l’Etat d’apartheid d’Afrique du Sud, et qu’Israël est un Etat démocratique ; quel est le rapport de
l’apartheid d’Afrique du Sud avec Israël ?

Je pense, comme dans beaucoup de situations dans l’histoire, qu’il y a des similitudes et des différences. Je crois que, globalement, il y a plus de similitudes que de différences. La ségrégation en Afrique du Sud était de petit niveau ; elle a eu un côté abusif en ce qu’elle séparait les gens dans les autobus, dans les services ; naturellement il y a eu des dépossessions, des tortures et ainsi de suite. Ce côté d’apartheid mesquin n’existe pas en Israël, il n’y a pas de ségrégation à ce niveau. Mais si vous comprenez l’occupation dans la notion d’apartheid en Israël, alors il est pire que celui de l’Afrique du Sud.

Donc il y a plusieurs aspects à l’apartheid israélien ; disons que l’aspect extérieur peut se juger moins menaçant et plus « démocrate, mais l’essence du régime est aussi mauvaise, sinon plus, en bien des manières. Et je pense que le plus important, c’est la question de la terre. Le dispositif de fond sur lequel se base l’apartheid en Israël, c’est la question de la terre, de refuser aux Palestiniens toute idée de possessions de la terre, de transactions, et ainsi de suite. Beaucoup de gens ne savent pas que la terre en Israël appartient aux juifs, et à ce titre, elle ne peut être cédée ou faire l’objet de transaction avec des non juifs.

Q : Est-ce légal ?

C’est légal, cela fait partie de la loi constitutionnelle israélienne : 93 % de la terre d’Israël appartiennent aux juifs. De ce fait, les Palestiniens, qui représentent 20 % de la population, n’ont accès qu’à 7 % de la terre simplement, sur lesquels, naturellement, ils doivent se défendre contre la pression et l’argent du secteur privé juif. Pour ce qui est de la terre, propriété de l’Etat, celui-ci s’est approprié la plus grande partie du territoire. Pour cette raison, depuis 1948 des centaines de nouvelles colonies et de quartiers juifs se construisent mais aucun village ou quartier arabe. Nous parlons là d’une population arabe qui a une croissance normale trois fois supérieure à celle des juifs, et encore, elle est confinée dans un espace où il ne lui est pas permis de se développer. C’est, je pense, le pire aspect de l’apartheid dans cette partie d’Israël. Naturellement, l’occupation – et le régime de l’occupation – en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, sont certainement pires qu’un système de ségrégation.

Q : Quel est le rôle du Fonds national juif ?

Très important. Le Fonds national juif a un double rôle. Un rôle historique en 1948, où il a servi à transformer en biens juifs les villages et les terres dont les Palestiniens étaient été dépossédés. Ce fut la plus grand fonction, historique, de cette organisation : faire que chaque terre, chaque maison, que tous les biens aux Palestiniens, n’aillent pas à l’Etat mais au peuple juif si je puis dire, afin qu’ils ne soient jamais ré-arabisés, si vous voulez. Aujourd’hui, le FNJ remplit une autre fonction. D’une certaine manière, il continue à jouer ce rôle en Cisjordanie, en tant qu’organisme gouvernemental actif qui essaie de spolier les Palestiniens, qui se saisit de leur terre et la transfert aux juifs. L’intérieur d’Israël est une immense propriété foncière ; chaque terre qui devient propriété du FNJ est une terre que seuls des juifs peuvent acquérir. Par exemple, en Galilée, où il possède des terres, il y a beaucoup de colonies, et le FNJ peut obliger la colonie – et oblige – la colonie à ne pas y accepter d’Arabe en application de cette loi. Celle-ci est un outil très important pour la colonisation, dans le passé comme dans le présent. Et dans le présent, elle est une sorte de gardien qui préserve le caractère juif de la terre, avec beaucoup de conséquences pour les Palestiniens.

Q : Renforce-t-il le régime ségrégationniste ?

Je dirais qu’il est le principal organisme de l’apartheid en Israël.

Q : Les Américains sont intéressés pour développer leurs politiques économiques, de privatisations, de zones de libre-échange au Moyen-Orient, et aussi en Iraq. Quel est le rôle d’Israël dans la mise en œuvre de ces orientations et de leur développement au Moyen-Orient ?

Je pense que son rôle est double. D’abord, les responsables de l’économie israélienne, il y a environ une dizaine d’années, ont décidé d’appliquer en Israël le modèle très extrémiste de l’économie reaganienne. Ce choix a par lui-même beaucoup servi les intérêts américains. Mais le plus important, je crois, c’est qu’Israël a rempli, à travers l’intervention américaine en Iraq mais aussi dans des pays comme l’Egypte et les Etats du Golfe et d’autres, un rôle très important pour consolider le système capitaliste pour le futur Moyen-Orient. La raison qui permet à Israël de remplir cette mission si importante et pour un tel avenir, est qu’il est parvenu à passer aux yeux des Américains comme un pays « orientaliste ». C’est-à-dire, un pays qui connaît bien les Arabes. Ainsi, si vous voulez faire des affaires dans le monde arabe, vous feriez mieux d’avoir quelques conseillers israéliens, ou d’avoir les sièges de vos entreprises en Israël, parce que nous vous comprenons, et nous comprenons le monde arabe. C’est à sens unique.

Le second rôle est rempli par les instituts financiers israéliens, ceux de l’industrie de pointe et d’autres, qui sont si avancés dans cette voie qu’ils profiteront – et sont en train déjà de profiter – de cette forme d’économie capitaliste, tandis que les formes traditionnelles de l’économie du monde arabe vont souffrir. C’est comme si on prenait deux sociétés ayant des potentialités économiques très différentes et qu’on leur impose l’idéologie de la liberté du marché, une liberté qui ne donne pas de chances égales mais plutôt : ‘nous partons tous de la même ligne, mais évidemment, nous ne sommes pas à égalité de ressources et de capacités’. Et dans cette optique, le système économique israélien possède un tel avantage que je crains, étant donné ses chances, qu’il puisse vraiment exploiter la situation d’une telle manière qu’Israël serait repoussé encore plus loin du monde arabe.

Q : Etes-vous au courant du rôle d’Intel qui construit une usine sur la terre palestinienne ?

Oui, je pense que c’est l’une des raisons pour laquelle le mouvement de désinvestissement aux USA cible plusieurs projets, afin de lancer un message à l’opinion américaine, à savoir que ce n’est pas seulement une politique américaine seulement pour soutenir l’occupation israélienne, mais que des gens font beaucoup d’argent hors de l’occupation israélienne. Caterpillar en est un exemple avec ses engins énormes qui sont utilisés depuis 48 ans pour détruire les maisons, supprimer des villages et construire un mur d’apartheid.

Et Intel en est un autre cas. Il faut comprendre que l’espace est très limité dans les Territoires occupés. Et quand cet espace est confisqué pour une implantation industrielle, ces usines industrielles servent deux objectifs. L’un est d’employer des salariés palestiniens à des conditions bien plus favorables pour leurs employeurs qu’en Israël, car Histadrut ne peut leur apporter aucune aide à ces ouvriers. Et l’autre objectif, c’est d’utiliser une terre très bon marché, et quand vous avez une terre comme Intel dans les Territoires occupés, cela veut dire qu’on ne paie aucun impôt. Aussi, les profits sont très, très élevés si vous investissez dans les Territoires occupés. Ceci constitue un précédent, mais il y en aura d’autres à l’avenir. Ceci représente, je crois, un part très importante du soutien direct américain à l’occupation.

Q : Y a-t-il chez les salariés juifs une opposition au sionisme ?

Pas vraiment malheureusement. Ils devraient. Quand le Parti communiste était actif et influent, dans les années 50 et 60, il avait réussi à convaincre les salariés qu
‘il y avait un lien direct entre le sionisme et leurs intérêts. Cependant, comme je l’explique, le monde du travail s’est trouvé composé de juifs et de non juifs qui pensent toujours que leur intégration passe par le nationalisme, et non pas par leur conscience de classes. je pense qu’il nous faut admettre qu’ainsi, il n’y a rien de bon à dire.

Q : Les partisans d’Israël, les partisans de gauche d’Israël, fondamentalement, disent que la solution à deux Etats est la seule solution possible réellement pour Israël, et que c’est la raison pour laquelle ils soutiennent les USA. Que répondez-vous à cela ?

J’ai vu un soutien se faire jour à la solution à deux Etats aussitôt après la guerre des Six Jours, quand Israël n’avait pas encore annexé Jérusalem-Est, qu’il n’y avait pas encore construit de colonies juives. Il y avait beaucoup de logique à dire – bien que 20 % seulement de la Palestine formeraient l’Etat palestinien, proche d’Israël – que ces deux Etats, dans l’avenir, pourraient se développer de manière à devenir un seul Etat, et même à trouver le moyen de régler le problème des réfugiés. Mais depuis l’eau a coulé sous le pont.

En 2005, avec le nombre de colonies juives, avec le Grand Jérusalem qui va représenter le tiers de la Cisjordanie, et l’équilibre des forces, local, régional et global, je pense qu’une solution à deux Etats ne peut qu’être le moyen indirect de poursuivre l’occupation. Et je l’ai dit précédemment, nous pensons que l’effort diplomatique a intensifié l’occupation, il n’a rien apporté pour la faire cesser, et cela, dans une recherche pour une solution à deux Etats, nous devons nous débarrasser de ce paradigme. Il ne peut qu’aider l’occupation et la colonisation sionistes, il n’y a qu’en partant pour une solution à un Etat qu’on peut créer un avenir différent ici.

Q : Le gouvernement US a un grand nombre de néo-cons, les sionistes, Wolfowitz … Tout d’abord, que pensez vous du rôle de ces gens au sein du gouvernement US et de l’ensemble de la situation jusqu’à l’expansion de la guerre US au Moyen-Orient ?

Je pense que le néo-conservatisme est principalement un produit de la Guerre froide, et je pense, comme cela s’est produit en Israël, ainsi aux Etats-Unis, que beaucoup de gens profitent économiquement, sociologiquement, politiquement, d’une situation de conflit, profit qui commence avec la production d’armement, et qui finit avec les gens qui ont prise sur les décisions de l’appareil au nom de la sécurité nationale. Et naturellement, ils perdaient tout d’une certaine façon quand l’Union soviétique s’est effondrée et que la Guerre froide s’est terminée. Et je pense que ce groupe de personnes attendait un nouvel épouvantail, une nouvelle menace pour la sécurité nationale des USA, et qu’ils les ont trouvés grâce à l’influence très forte d’Israël ; je pense, entre autres choses, dans le monde arabe et dans le monde islamique. Naturellement, les mouvements comme la al-Qaïda islamique n’ont pas aidé. Ils ont recherché le prétexte, et le contexte pour faire avancer leurs idées. Et ce que nous avons maintenant, ce sont les mêmes personnes – dans une nouvelle génération – qui feront tout ce qu’elles peuvent pour perpétuer le conflit, car elles profitent du conflit. Elles profitent des situations de guerre, de conflits, etc. Et je pense que c’est comme cela qu’elles renforcent leur main mise sur la politique américaine mis en oeuvre dans le monde en général et au Moyen-Orient en particulier.

Bien sûr, au Moyen-Orient, ces personnes sont aidées par d’autres groupes, les sionistes chrétiens qu’il ne faut pas sous-estimer, et qui portent une idéologie religieuse fondamentale plus profonde ; quand ces forces fusionnent ensemble, vous obtenez une politique américaine très agressive au Moyen-Orient, qui a tous les aspects de la politique colonialiste du 19è siècle, et qui finira de la même manière, je pense. Les gens apprendront que vous ne pouvez pas occuper et coloniser indéfiniment. Mais cela est très perturbant car toute action américaine au Moyen-Orient complique les relations entre les USA et le monde musulman dans son ensemble, et je pense, déstabilise le monde. Et quand nous parlons de déstabilisation, cela veut dire que les sociétés humaines ne peuvent plus régler leurs problèmes majeurs, mais doivent plutôt s’occuper des problèmes avec les néo-cons. Des difficultés qui n’existeraient pas normalement ; je veux dire, il n’y a pas vraiment de clash culturel entre les musulmans et les Américains, mais cela sert très bien les néo-cons, avec l’aide de spécialistes politiciens comme Samuel Huntington, de dire qu’il un clash fondamental. Mais nous ne parlons plus ici de sociétés humaines, plutôt d’« extraterrestres et d’humains ». Vous savez, vous allez à Hollywood, à la télévision américaine, et vous pouvez voir comment la production culturelle s’est créée, comment la production culturelle renforce ces images qui servent les intérêts capitalistes des néo-cons et de leurs alliés.

Q : Etes-vous surpris par les médias US, de la façon dont ils présentent la situation palestinienne et la situation israélienne ?

Oui, je suis surpris parce que je me souviens de différents sujets couverts par les médias américains sur le Moyen-Orient dans les années 50 et 60 et, je pense que c’était mieux. Mais ce qui réellement me surprend n’est pas tant les partis pris, je m’y m’attendais, mais je ne m’attendais pas à leur stupidité. Vous savez, c’est presque comme une insulte à l’intelligence la façon dont ils présentent les choses ici. Ils ne prennent même pas position. Je comprendrais une prise de position, par exemple disant : nous la décrivons la situation comme elle est, mais nous nous plaçons du côté israélien. J’aurais été contre cela – je ne pense pas que ce soit une information honnête par les médias – mais au moins, c’était une position. Mais ce que nous avons ici fut simpliste, enfantin, on décrit les choses comme si c’était une sorte de guerre entre les forces du diable et les forces du bien. Je dirais même, il n’y a eu aucune différence entre la Guerre des Etoiles d’Hollywood et la manière dont les principales chaînes de télévision ici montrent la situation de là-bas sur le terrain. C’est, je l’ai dit, une insulte à l’intelligence.

Q : La majorité des Américains ont été, au début, pour soutenir la guerre en Irak. Quelle était la situation en Israël : y a-t-il une opposition qui grandit contre cette invasion ?

Je pense que le soutien en Israël était même plus fort que celui aux USA. J’ai été complètement stupéfait de lire la presse israélienne, et de voir l’enthousiasme des Israéliens avant l’invasion de l’Iraq, et après l’invasion. Si vous voulez, on peut définir le sentiment israélien comme « Maintenant, les Américains comprendront. » Aussi, n’attendez ici aucune opposition contre la guerre en Iraq. Il n’y a pas la moindre opposition, il y a seulement un soutien, beaucoup plus fort qu’aux USA. Naturellement, je ne parle pas des Palestiniens d’Israël qui étaient à fond contre la guerre ainsi que de quelques juifs. Il y un groupe intéressant de juifs iraquiens qui ont signé une pétition contre la guerre, montrant leur solidarité avec les Iraquiens, étant Iraquiens eux-mêmes ils savent qu’une guerre allait causer beaucoup de morts en Iraq, mais, malheureusement, la pétition n’a pas suivi. J’étais parmi les quelques dizaines de signataires, nous avons manifesté contre la guerre, mais c’était tellement un nombre pathétique, ce n’était pas imposant.

Q : Est-ce que la crise économique, la privatisation, les impôts sur le monde du travail, ont une quelconque résonance politiquement ?

Il est surprenant de voir comme nous sommes tous en attente de ce qu’il va arriver. Les Israéliens connaissent, en matières d’inégalités économiques et sociales, l’écart entre le
s extrêmes le plus grand du monde occidental, si je puis dire, il est le n° 1. Vous vous attendez donc à ce que cela produise quelque protestation sociale qui pourrait évoluer, comme c’est arrivé de temps en temps à l’époque des Panthères israéliennes, le mouvement des Panthères noires, et encore avant cela. Mais à chaque fois que cela se produit, le gouvernement israélien a une ou deux solutions. Il crée une situation de guerre de telle sorte que les protestations sociales ne mûrissent pas ; et c’est l’une des raisons pour laquelle l’armée israélienne a réagi si durement au soulèvement de la seconde Intifada, en 2000, dans les Territoires. A cause d’un calme relatif, les protestations sociales étaient autorisées, surtout dans les villes industrielles où vivent et travaillent la plupart des juifs africains – ou ne travaillent pas parce que le chômage y est très élevé. Et c’est ce que font les Israéliens.

Ou alors, la seconde solution, ils reprennent cette technique électoraliste, avec des mesures économiques qui donnent beaucoup d’avantages aux gens pendant une courte période, juste avant les élections, pour obtenir leur silence. Mais je pense que ça ne les aidera pas à la longue. 25 % des Israéliens ont un très acceptable, et même un haut niveau de vie, ce qui est beaucoup comparé à beaucoup de sociétés du Tiers-monde. Cela donne au système politique israélien une sorte de stabilité. Mais 75 % vivent très près, si ce n’est pas en dessous, de ce qu’on appelle en Israël, le seuil de pauvreté. Et cet écart entre les extrêmes, à l’avenir, va être pulvérisé. A l’heure actuelle, l’une des raisons pour laquelle cela n’a pas encore explosé, je l’ai dit, c’est qu’Israël est capable de créer une situation continuelle de conflit, de sorte que vous n’êtes pas amenés à traiter vos problèmes économiques et sociaux. Mais je ne pense pas que ça tienne le coup encore très longtemps.

Q : Quel est le rôle du Parti travailliste dans la coalition gouvernementale ?

Il y a un bon article aujourd’hui dans Ha’aretz de Gidéon Lévy qui dit – et je suis d’accord – que ceux qui sont électeurs du Parti travailliste, le sont pour voter pour les plus mauvaises personnes qu’ils peuvent. Il y a maintenant une compétition réelle pour le pouvoir. Et Gidéon dit : « Ne votez pas pour quelqu’un qui pourrait garder ce parti en vie » ; il donne les noms. « Votez pour ceux-là, ils vont sûrement détruire le parti, une bonne fois et à jamais ; c’est la seule chance de construire, sur les ruines, un Parti travailliste authentique. » C’est une caractéristique de Lévy de savoir toujours comment articuler les choses, bien mieux que nous tous, de savoir résumer vraiment les situations du Parti travailliste. Ce parti, c’est l’ombre du Likoud, c’est un parti qui défend le capitalisme, la liberté de marché de la plus mauvaise manière, il soutient l’occupation, il n’a rien à proposer. Chaque jour que vit ce parti est un obstacle à l’émergence d’une véritable force politique socialiste en Israël, comme alternative.

Q : Cela ressemble à un parti Démocrate.

Oui. Je ne suis pas un grand expert de l’Amérique, mais oui, c’est mon sentiment. J’observe les démocrates et les républicains, qui restent dans un prisme très limité, comme en Israël, mais finalement c’est la vérité aussi, malheureusement, pour certains partis sociaux-démocrates en Europe.

Ilan Pappé / Steve Zeltzer
04/03/2006
Publié par CCIPPP.

Israël, État terroriste


Lundi, deux militants du Djihad islamique et trois passants palestiniens ont été tués dans une attaque ciblée israélienne à Gaza. Deux des victimes étaient des enfants.
Ce matin, Shaul Mofaz, ministre israélien de la Défense, a déclaré que l’État d’Israël pourrait prendre pour cibles les dirigeants du Hamas, y compris Ismaïl Haniyeh, le Premier ministre palestinien.

Depuis le 20 février, les médias cherchent à nous convaincre, sans apporter la moindre preuve, que Youssouf Fofana aurait assassiné Ilan Halimi parce qu’il serait antisémite. Des centaines d’articles ont été publiés dans ce sens sans s’embarrasser de la présomption d’innocence et du moindre doute.

Les mêmes passent sous silence les crimes des troupes d’occupation en Irak ou ceux de l’État qui, au nom du sionisme, occupe illégalement les territoires palestiniens, détruit les maisons, occupe les terres, parque la population derrière le mur de l’apartheid, enferme, torture et assassine les militants et les dirigeants palestiniens en toute impunité.

Après la victoire démocratique du Hamas aux élections législatives, les médias se sont rangés dans le camp de la haine et du mensonge pour faire payer aux Palestiniens ce choix. Aujourd’hui, aucun ne dénonce les menaces de plusieurs dirigeants israéliens d’éliminer Ismaïl Haniyeh.

Ce silence sur le terrorisme de l’État d’Israël légitime la dramatique dérive vers un affrontement sanglant, qui ne sert que les intérêts des extrémistes et dont les deux peuples sont victimes. Et, dans ce cas, la population israélienne est prise en otage par des dirigeants qui se vantent d’êtres des tueurs !

Serge LEFORT
7 mars 2006