Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Tag: AIEA

Brèves du 14/04/2010


Palestine/Israël

NON à la « Promenade David Ben Gourion » à Paris !, Monde en Question.

• 12/04/2010, NABA René, L’inauguration de l’Esplanade David Ben Gourion à Paris, Blog René Naba.

Sur le plan international, la cérémonie coïncide avec le refus d’Israël de participer au sommet nucléaire de Washington destiné à jeter les nouvelles bases d’un contrôle de la dissémination atomique, alors que les pays occidentaux aiguillonnés par Israël, s’emploient à imposer des sanctions à l’Iran précisément à propos de sa politique nucléaire.
Israël, unique pays au monde avec le Kosovo à avoir été crée par une décision de l’ONU, se refuse de se soumettre au contrôle de la légalité internationale, au point que le prestigieuse revue «Foreign Policy » n’a pas hésité à consacrer une étude minutieuse, en janvier 2010, à ce que l’auteur de l’article Jeremy R. Hammond qualifie d’«Etat-Voyou» énumérant soixante dix neuf (79) résolutions internationales qu’Israël viole ou se refuse à appliquer.
L’étude couvre la période allant de 1948, (résolution 57 du 18 septembre 1948 adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU dans la foulée de l’assassinat par les Israéliens du Comte Bernadotte, médiateur du conflit entre juifs et arabes), à 2009 avec la résolution 1860 du 8 janvier 2009 concernant la destruction de Gaza.

• 14/04/2010, HASS Amira, The right to deport, Ha’aretz.

L’ordre militaire n°1650 élargit la définition juridique de l’infiltré en criminel, de sorte qu’il peut immédiatement être appliqué aux groupes de population suivants : les Palestiniens (et leurs descendants) qui ont perdu leur statut de résidence en raison de des actions d’Israël depuis 1967 [l’occupation] ; les Palestiniens qui sont habitants de Gaza selon leur carte d’identité, et les ressortissants étrangers.
L’objectif est de limiter la croissance démographique des Palestiniens en Cisjordanie, d’achever le processus de séparation de la population palestinienne de Gaza et de Cisjordanie (en violation des Accords d’Oslo), et de dissuader les ressortissants étrangers à se joindre à la lutte populaire contre l’occupation.
Le mot clé dans le nouvel ordre modifié est « permis », sans lequel une personne sera considérée comme infiltrée. Au cours des 20 dernières années, Israël a mis en place un système compliqué de permis de résidence pour les Palestiniens de la Cisjordanie et de Gaza. «Permis» est l’euphémisme d’interdiction.

• 13/04/2010, Le Hamas favorable au maintien du cessez-le-feu avec Israël, AP-Yahoo! Actualités.

Moussa Abou Marzouk, vice-président du bureau politique du Hamas, a déclaré, lors d’un entretien accordé à l’Associated Press, que le Mouvement de la résistance palestinienne était favorable au maintien du cessez-le-feu, afin de pas fournir à l’Etat hébreu de prétexte pour initier une nouvelle guerre contre Gaza.
Le Hamas, sur qui Israël fait peser la responsabilité du maintien du calme à la frontière entre la Bande de Gaza et Israël, rencontre des difficultés pour empêcher les petites factions rivales à mener des attaques contre des cibles israéliennes. Le Mouvement de la résistance islamique tente de préserver la trêve décrétée depuis plus d’un an, alors que ses rivaux poussent à de nouvelles attaques.

• Journal vidéo, Sleepless in Gaza…and Jerusalem [26 minutes par jour], YouTube.

Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.

Iran

• 17/03/2010, GOULON Jean-François, Le programme nucléaire iranien a-t-il réellement une dimension militaire ?, Questions Critiques.

• 18/02/2010, Rapport de l’AIEA [en français et annoté], Questions Critiques.

Dossier documentaire & Bibliographie Iran, Monde en Question.

Turquie

Revue de presse turque, Turquie News.

Dossier documentaire & Bibliographie Turquie, Monde en Question.

Culture

• 13/04/2010, Bac philo 2/5 : Toutes les cultures se valent-elles ?, Les nouveaux chemins de la connaissance.

En attendant d’avoir le temps d’écrire une critique de cette émission, je renvoie le lecteur aux ouvrages suivants ignorés par les « philosophes » bien-pensants et un présentateur manipulateur :
JULLIEN François, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, 2008.
SAÏD Edward, L’orientalisme – L’Orient créé par l’Occident, Seuil, 1980.
WALLERSTEIN Immanuel, L’universalisme européen : de la colonisation au droit d’ingérence, Démopolis, 2008.

• 13/04/2010, Comment faire revenir aux urnes les classes populaires ?, Du grain à moudre.

On a pu croire un moment que les Français reprenaient du goût pour la politique, qu’ils attendaient à nouveau d’une élection des changements pour leur propre vie. C’était en 2007, et la présidentielle a vu les électeurs se ruer sur les urnes. Oubliés, les «accidents» de la présidentielle de 2002, ou du référendum de 2005 ? Pas si sûr, à constater les taux de participation aux récentes élections régionales : plus d’un électeur sur deux (53,6 % des inscrits) est resté chez lui. C’est surtout parmi les classes populaires que prévaut la désillusion envers la politique et les politiciens. Une partie croissante de la population constate une dégradation de ses conditions d’existence que rien ne semble plus pouvoir enrayer.
Dans certaines banlieues sensibles [pour parler des quartiers pauvres], on observe des taux de participation qui tournent autour des 25 %, comme à Vaulx-en-Velin, Sarcelles, ou Clichy-sous-Bois. «Une partie de la population vit en autarcie par rapport au reste de la société. Ils considèrent que les institutions ne méritent pas qu’on s’y intéresse. Ils ont leur vie à eux, réglée par d’autres codes», expliquait au lendemain du 2° tour des régionales le maire de Monfermeil, l’UMP Xavier Lemoine.
Que vaut une démocratie quasi-censitaire à laquelle plus de la moitié de la population a cessé de s’intéresser ? Peut-on se résigner à voir les classes populaires décrocher définitivement de la politique et ne plus rien attendre de ses élus ? Quelle est la légitimité d’élus qui ne représentent qu’une fraction déclinante de la population ? Le décrochage entre les catégories populaires et des élites qui leur paraissent incapables de prendre en charge leurs problèmes est-il définitif ?

Brèves du 12/04/2010


Algérie

Cent mille réfugiés : 1952 – 1962 – Un exode algérien à la frontière ouest, Pôle Images-Sons et Recherches en Sciences Humaines.

Palestine/Israël

NON à la « Promenade David Ben Gourion » à Paris !, Monde en Question.

• 12/04/2010, Editorial : IDF bid to expel West Bank Palestinians is a step too far, Ha’aretz.

L’application de ce nouvel ordre militaire est non seulement susceptible de déclencher une nouvelle conflagration dans les territoires, il est aussi susceptible de donner au monde la preuve claire que l’objectif d’Israël est une déportation massive de Palestiniens de la Cisjordanie. Bien que tous les Juifs peuvent s’installer où ils le souhaitent, en Israël ou dans les territoires, Israël tente de priver les Palestiniens du même droit minimal de choisir où vivre, en Cisjordanie ou à Gaza.

• Journal vidéo, Sleepless in Gaza…and Jerusalem [26 minutes par jour], YouTube.

Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.

Géopolitique

• 12/04/2010, Plaidoyer pour un désarmement total, L’Expression.

Curieusement, ce sont les États-Unis qui s’emparent du dossier nucléaire mondial en réunissant 47 États, aux lieu et place des Nations unies dont c’est la mission naturelle.
Cette rencontre, qui fait suite à l’annonce par M.Obama de la redéfinition de la politique nucléaire des États-Unis, intervient au moment où, auréolé de récents succès, il cherche à obtenir un consensus sur de nouvelles sanctions visant le programme nucléaire iranien. (…) Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a renoncé à participer au sommet sur la sécurité nucléaire organisé à Washington par Barack Obama. L’État hébreu redoute d’avoir à rendre des comptes sur son propre arsenal. Pas question pour Israël de lever le secret qui entoure son arsenal nucléaire. Les analystes étrangers estiment que l’État hébreu dispose, depuis une quarantaine d’années, de l’arme atomique et serait à la tête d’un arsenal conséquent. S’appuyant sur les capacités de production de plutonium de son réacteur de Dimona, dans le désert du Néguev, les experts pensent que le pays détient 100 à 200 têtes nucléaires sophistiquées.
Cette rencontre, qui fait suite à l’annonce par M.Obama de la redéfinition de la politique nucléaire des États-Unis, intervient au moment où, auréolé de récents succès, il cherche à obtenir un consensus sur de nouvelles sanctions visant le programme nucléaire iranien. (…) Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a renoncé à participer au sommet sur la sécurité nucléaire organisé à Washington par Barack Obama. L’État hébreu redoute d’avoir à rendre des comptes sur son propre arsenal. Pas question pour Israël de lever le secret qui entoure son arsenal nucléaire. Les analystes étrangers estiment que l’État hébreu dispose, depuis une quarantaine d’années, de l’arme atomique et serait à la tête d’un arsenal conséquent. S’appuyant sur les capacités de production de plutonium de son réacteur de Dimona, dans le désert du Néguev, les experts pensent que le pays détient 100 à 200 têtes nucléaires sophistiquées.
On se souvient de l’acharnement occidental contre le prétendu programme irakien. […] Même scénario avec l’Iran…

• 12/04/2010, Recep Tayyip Erdoğan à Paris, les yeux déjà fixés sur… Washington, Turquie Européenne.

Sur ce sujet-là [la sécurité nucléaire], en tout cas, le premier ministre turc s’est montré beaucoup plus offensif pour exposer sa propre conception de la sécurité au Moyen-Orient. Sur l’Iran, sur le conflit du Proche-Orient et sur les risques de prolifération nucléaire, il a suivi la ligne qui lui vaut à l’heure actuelle le soutien, pour ne pas dire l’admiration du monde arabo-musulman. À Paris, lors d’une rencontre particulièrement significative avec la presse, puisque tenue le 7 avril, quelques heures avant un déjeuner de travail avec le président français, le leader de l’AKP a qualifié Israël de « principale menace pour la paix régionale », en invoquant le rapport Goldstone sur l’offensive israélienne à Gaza. Quant à l’Iran, le chef du gouvernement turc a répété « que son programme nucléaire est uniquement civil » et qu’on ne pouvait pas mettre en accusation un pays pour un risque d’extension militaire que l’AIEA elle-même ne qualifie que de « probabilité ». L’argument final, développé par Recep Tayyip Erdogan, a été une nouvelle fois que l’Etat hébreu possède officieusement l’arme nucléaire et qu’il n’adhère pas au Traité de non prolifération (TNP). Cette tirade, qui a peut-être incité Benyamin Nétanyahou à ne pas se rendre à Washington, en dit long sur l’état d’esprit qui est celui du premier ministre turc avant son arrivée à Washington pour un sommet nucléaire où il y a fort à parier qu’il sera avant tout le représentant d’une puissance régionale qui ne cesse de s’affirmer.

• 02/04/2010, When friends are mad at you, Ha’aretzContreInfo.

Efraim Sneh, ancien ministre adjoint de la Défense, analyse les tensions israélo-américaines en relation avec le dossier iranien. Inquiet de la dégradation de l’image internationale d’Israël, il conclut que la meilleure option est celle d’un gel de la colonisation en échange de sanctions unilatérales des USA contre Téhéran. Faute de quoi, Israël devrait attaquer l’Iran avant l’hiver prochain, juge-t-il.

Culture

• 09/04/2010, Libertés et égalités : le citoyen français est-il en retard ?, Macadam philo.

• 08/04/2010, Les mirages de la transparence, La Fabrique de l’humain.

La dénonciation de la transparence, la phobie de la vidéosurveillance, la hantise de la traçabilité, frisent parfois la paranoïa ; elles confortent le sentiment nostalgique que le monde d’hier, en tout cas celui d’avant la révolution informatique et numérique, était un monde protégé. Un monde où l’intimité n’avait pas encore été entamée par le quadrillage systématique de nos vies. Les maîtres de l’informatique n’avaient pas encore pris la main sur nos écrans et les concepteurs de logiciels anonymiseurs ne formaient pas encore une nouvelle société secrète. Les webcams, les radars, le Pass Navigo, le croisement des fichiers, les mouchards informatiques, les satellites de Google Earth, l’imagerie médicale, n’étaient que rêveries fantasmées dans quelques livres de science fiction ou films expressionnistes. Le contrôle total et la veille électronique permanente relevaient de la fiction. Nous n’en sommes plus là. Et sans sombrer dans la dénonciation spontanée des dérives de la politique sécuritaire des États, sans ânonner l’antienne d’un big brother omnipotent et omniscient, il y a réellement de quoi s’inquiéter devant les innombrables dispositifs qui s’acharnent à nous rendre intégralement visibles. Le regard global n’est pas une vue de l’esprit. Il imprègne nos vies en même temps qu’il formate nos existences. Il dicte nos conduites en même temps qu’il dresse nos corps. L’extension du domaine du regard, la recherche éperdue de la visibilité, de la prévision, de la jouissance immédiate, il se pourrait bien qu’elles fassent taire la part obscure de nous-mêmes…

Guerre d'Israël contre le peuple Palestinien (14)


Enquête : Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri, Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire.

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a poursuivi son enquête sur les 1000 bombes guidées GBU-39 livrées à Israël par les États-Unis quelques semaines avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza. Cette enquête confirme l’essentiel des allégations initiales de l’association.
[…]
A ce jour (12 février 2009), l’AIEA n’a pas encore remis de rapport. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien a assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier, en se repliant sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées ». Oui, tout juste tolérées, mais pas sur des civils.

Sans attendre les résultats d’expertise de l’AIEA, ACDN a poursuivi son enquête sur les GBU-39, et abouti à rassembler les précisions suivantes.
[…]
Ces nouveaux matériaux composites, les autres caractéristiques des GBU déjà décrites dans nos articles précédents, et l’ensemble du dispositif de mise en œuvre, assurent aux GBU un « service multiple » de destruction et de morbidité : – pénétration en profondeur des cibles les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ; explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ; explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu a échoué ; destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ; projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ; crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ; chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ; réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ; contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ; atteintes au génome de la population cible. L’innovation meurtrière des marchands d’armes défie l’imagination. Tout comme leur capacité à faire disparaître l’uranium appauvri de leurs nomenclatures, à esquiver les questions embarrassantes, voire à se trouver des alliés inattendus.
[…]
Phosphore blanc, DIME, tungstène, uranium appauvri… Les médecins pensent différemment des militaires et de leurs donneurs d’ordres. Seulement soucieux d’humanité, les chirurgiens présents à Gaza ont décrit les effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » employés : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »

Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Un crime contre l’humanité, donc ? Israël, en tout cas, est allé trop loin.

Commentaires : En baptisant la guerre contre Gaza « Plomb durci », les responsables israéliens avouaient implicitement l’emploi de bombes GBU-39 contenant de l’uranium appauvri – métal utilisé pour durcir les munitions.

Les brûlures des blessés de Gaza correspondent aux descriptions des atteintes au phosphore blanc [données par les documents de l’armée israélienne], AFPS.

Des médecins palestiniens de plusieurs hôpitaux de la Bande de Gaza ont parlé à des médecins étrangers dont la venue a été rendue possible ces deux dernières semaines, d’une détérioration inattendue de l’état de nombreux blessés atteints de brûlures.

Les descriptions se ressemblaient : des brûlures relativement peu étendues ne présentant pas de signes d’amélioration après deux semaines mais au contraire, s’aggravant et s’approfondissant au point de nécessiter une greffe de peau à l’étranger. Dans d’autres cas, des tissus internes ont été atteints. Plusieurs blessés qui souffraient de brûlures non étendues sont même décédés après une semaine ou dix jours : il était apparu que leur foie puis leurs reins étaient rongés, dégénéraient. On ne connaît pas encore le nombre total de brûlés ni combien sont décédés des suites de leurs brûlures.

Prudemment, les médecins disent que tant que les examens de laboratoires nécessaires n’auront pas été réalisés, ils ne sont pas en mesure d’établir avec certitude qu’il s’agit de brûlures occasionnées par les nombreuses bombes au phosphore dont les soldats de l’armée israélienne ont fait usage au cours des deux semaines de l’offensive terrestre. En outre, ils ne peuvent établir si la dégradation et la propagation de l’infection chez les brûlés découlent directement de l’atteinte par le phosphore. Néanmoins, deux organisations de droits de l’homme, Amnesty International et Human Rights Watch, ont établi que des bombes au phosphore ont touché des quartiers résidentiels. Des débris d’enveloppes verdâtres d’obus au phosphore et même des enveloppes entières ont été retrouvés et collectés dans des zones d’habitation de la Bande de Gaza.

Le traitement habituel des blessures – apportés dans les premiers jours de l’offensive, alors que les médecins de Gaza ne soupçonnaient pas encore qu’il s’agissait de phosphore blanc – était ineffic
ace. « De notre vie nous n’avions vu de telles brûlures », a déclaré à « Haaretz » un chirurgien expérimenté venu de l’étranger. « La littérature parle de brûlures causées expérimentalement dans des conditions de laboratoire ou dans des bases militaires, peut-être à l’occasion d’accidents ».

Mais dans les trois documents israéliens qui sont parvenus à la rédaction de « Haaretz » et qui ont été rédigés au moment de l’opération « Plomb durci », les descriptions de brûlures occasionnées par une atteinte au phosphore correspondent aux descriptions des médecins de Gaza. Il s’agit de documents du premier médecin officier, du Q.G. médical de campagne et de Magen David Adom.

Dans le premier document, signé par le Dr Zvi Feigenberg, directeur du département médical du Magen David Adom, et Rami Miller, auxiliaire médical en chef au Magen David Adom, on peut lire que « le phosphore blanc contenu dans la bombe ou le missile prend feu quand il entre en contact avec de l’oxygène… Le phosphore qui entre en contact avec la peau occasionne des brûlures graves et profondes ». Le document indique encore qu’un des moyens d’identification d’une atteinte au phosphore, ce sont les vives douleurs ressenties dans la région atteinte, sans commune mesure avec son étendue.

Dans un autre document, qui porte la signature du Dr lieutenant colonel Gil Hirschorn, directeur du département de traumatologie du quartier général médical en chef, on peut lire : « Dans le cours de l’opération « Plomb durci », une mise en garde a été reçue à propos de l’utilisation par le Hamas de matériel de guerre comprenant du phosphore. Le phosphore est une matière toxique, d’un blanc jaunâtre, ressemblant à de la cire et qui est employé dans des obus de mortier et des grenades à main. Quand le phosphore entre en contact avec les tissus cellulaires, il occasionne des dommages par combustion des tissus. Les caractéristiques d’une atteinte au phosphore sont : des brûlures chimiques accompagnées d’une douleur vive, une destruction tissulaire… Le phosphore est susceptible de pénétrer dans le corps et de causer des lésions à des organes internes. A long terme, une insuffisance rénale et des infections sont caractéristiques… En résumé : les munitions contenant du phosphore explosif impliquent forcément un risque potentiel d’une importante destruction de tissus. »

Dans le document intitulé « Exposition au phosphore blanc » du Q.G. de la santé, qui a été envoyé par le Ministère de la Santé, on souligne que « l’essentiel de l’information sur les atteintes du phosphore prend sa source dans la recherche animale et dans des descriptions de cas d’accidents… L’exposition au phosphore blanc est significative par la gravité de la toxicité… D’après de nombreuses recherches faites en laboratoire, des brûlures sur une surface du corps relativement petite – 12 à 15% chez l’animal de laboratoire et moins de 10% chez l’homme – sont susceptibles d’être mortelles du fait des incidences essentiellement sur le foie, le coeur et les reins ».

Amira Hass
05/02/2009
Ha’aretz

Dossier Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Bibliographie Palestine/Israël, Monde en Question.