Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Europe Ouest

Dictionnaire amoureux de la Belgique


Bibliographie histoire

 

Au risque de décevoir beaucoup de mes lecteurs, j’avoue que je ne suis pas Français de souche, mais je suis triplement criminel car d’origine belge, émigré au Mexique et anti-Charlie.

Voici donc aujourd’hui quelques livres sur la Belgique qui traînent dans ma bibliothèque :

Jean Baptiste BARONIAN, Dictionnaire amoureux de la Belgique, Plon, 2015 [Texte en ligne].

Thomas BEAUFILS, Belgique l’utopie d’une nation – Idées reçues sur les Belges d’hier et d’aujourd’hui, Le Cavalier Bleu, 2012 [Texte en ligne].

Fred STEVENS, Axel TIXHON, L’histoire de la Belgique pour les nuls, First, 2010 [Texte en ligne].

Astrid VON BUSEKIST (sous la direction de), Singulière Belgique, Fayard, 2012 [DébatTexte en ligne].

Patrick WEBER, La grande histoire de la Belgique, Perrin, 2013 [Texte en ligne].

12/10/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Écouter aussi :
Histoire de la Belgique, France Culture 1/42/43/44/4, 12-15/11/2007.

Lire aussi :
Dossier Cinéma Belgique , Monde en Question.
Dossier documentaire Géographie, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Des universitaires et des généraux allemands font la promotion du réarmement et de la guerre


 

L’ensemble de la discussion a montré que sept décennies après les terribles crimes et la terreur des nazis, l’élite dirigeante allemande est une fois de plus prête à jeter par-dessus bord toute inhibition morale et politique.

Vers la fin de la soirée, un colonel assis dans la salle a remarqué que dans certaines parties de l’Afrique on utilisait des enfants soldats. Il a ensuite adressé la question suivante au major-général sur le podium: « Est-il justifiable que des soldats réguliers abattent des enfants et, si non, est-il légitime que la politique envoie nos soldats dans ces régions ? »

La réponse de Weigt n’a guère laissé de doute quant au fait que l’armée allemande est une fois de plus prête à commettre de terribles crimes pour défendre les intérêts économiques et géostratégiques de l’impérialisme allemand.

Lire la suite… WSWS

Lire aussi :
• D’un IVème Reich, Dedefensa.
• Le gouvernement japonais fait adopter des lois militaristes malgré une opposition de masse.html, WSWS.
Dossier documentaire Géoéconomie & Géopolitique, Monde en Question.

Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro


 

Les gouvernements et les médias dominants européens voudraient nous faire croire que le gouvernement grec serait une bande de gauchistes prêts à détruire l’Europe.

La lecture de ce petit livre, co-écrit par le Ministre des Finances grec (démissionnaire après la victoire du non au référendum), montre qu’il est plutôt un réformiste souhaitant tout au plus améliorer le système et non le remettre en cause.

Confrontée à une crise économique et sociale majeure qui nourrit la montée des nationalismes, la zone euro n’a plus droit à l’erreur. Il faut agir et vite ! Comment ? D’abord en partant du bon diagnostic. Non, le problème majeur n’est pas la dette. Celle-ci n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’architecture défaillante de la zone euro. Face à l’urgence, il faut se montrer réaliste et pragmatique : on ne va pas changer les traités et rouvrir des débats source de division. Tout l’intérêt de ce petit ouvrage est de formuler une proposition immédiatement applicable pour sortir de la crise, s’inscrivant dans le cadre institutionnel actuel et propre à remettre la zone euro sur la voie de la prospérité.

James K. GALBRAITH, VAROUFAKIS Yanis, Stuart HOLLAND, Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, Les petits matins, 2014 [Texte en ligne].

Le plus tragique est que les groupes se réclamant de l’extrême gauche ont accrédité l’opinion que le gouvernement de Alexis Tsipras serait « de gauche ».
Le plus comique est que la douche froide de leurs désillusions d’aujourd’hui entretient la flamme de leurs illusions d’hier. Ainsi, au lieu de réviser leur axiome, ils accusent le gouvernement grec d’avoir trahi… leurs illusions.

10/07/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• La presse de l’illusion : ContretempsLe Grand SoirModialisationWSWS.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Veille informationnelle Europe – Russie, Monde en Question.

Catastroïka


Les créateurs de Debtocracy reviennent avec une nouvelle production. Catastroïka cherche les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.

Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, Catastroïka essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s’applique à un pays sous surveillance économique.

Partage proposé par : Zone Telechargement HD 720 VF

Lire aussi :
• Catastroika : le film militant sur les ravages des privatisations, L’Express.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie sociale, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Debtocracy


Debtocracy dévoile les causes réelles de la crise de la dette grecque et propose des solutions, sur lesquelles le gouvernement et les médias dominants gardent le silence.

Partage proposé par :
Tlaxcala Streaming VOSTFR
Zone Telechargement HD 1080 VF

Lire aussi :
• Interview du journaliste Aris Hatzistefanou, Tlaxcala.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Crise du capitalisme


Je suis convaincu que la crise actuelle du capitalisme n’est pas simplement conjoncturelle et structurelle. Il s’agit de la phase terminale. Le génie du capitalisme à s’adapter à toute circonstance est sur sa fin. Je réalise que peu de gens soutiennent cette thèse. Deux raisons, cependant, me conduisent à cette interprétation.
Lire : Leonardo BOFF, Crise du capitalisme : la dernière ?, Tlaxcala.

Les médias, les consultants, les économistes, les banques d’investissement, les présidents des banques centrales, les ministres du Trésor et les gouvernants ne font que parler de « la crise grecque ». Face à tant de chambard il convient de paraphraser ce propos de campagne de Bill Clinton en disant que c’est d’une crise du capitalisme qu’il s’agit, pas de la Grèce. Que ce pays est un des maillons les plus faibles de la chaîne impérialiste et que c’est pour cela que c’est là que les contradictions qui le rongent irrémédiablement se font le plus évidentes.
Lire : Atilio A. BORON, Ce n’est pas la Grèce qui est en crise, c’est le capitalisme !, Tlaxcala.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Cantonales 2011


Les contradictions électoralistes de Lutte Ouvrière :

Le spectacle que nous offrent aujourd’hui la droite, mais surtout la gauche, met en évidence le piège de ces jeux d’alliances électoraux qui font qu’on a vite fait d’abandonner ses idées pour cautionner celles du camp qu’on combattait une semaine plus tôt. Cette formule cache un piège dont les électeurs de gauche sont à coup sûr les dupes.
Lutte Ouvrière

Les grands partis de la gauche réformiste, Parti Socialiste en tête mais allié au Parti Communiste et aux écologistes, ont joué un rôle majeur dans la montée électorale du Front National. Ils ont déçu, démoralisé le monde du travail lors de leur passage au gouvernement. Et, même dans l’opposition, ils sont incapables de proposer une perspective aux masses laborieuses, face à la dégradation de leurs conditions d’existence due aux attaques violentes du grand patronat.

De ce fait et contrairement à ce qu’ils affirment, ces partis ne peuvent pas constituer un barrage à la montée de l’extrême droite.

Par solidarité cependant avec les militants et les électeurs du Parti Communiste, victimes eux-mêmes de la politique de la direction de leur parti, le groupe Lutte Ouvrière de la ville appelle à voter, au deuxième tour des élections cantonales, pour le (la) candidat(e) du Parti Communiste, confronté à un candidat du Front National.
Lutte Ouvrière

Il ne faudrait pas oublier l’essentiel. Les élections, et celles-là en particulier, ne sont que le reflet très déformé de la réalité. Et celle que vivent les classes populaires, c’est l’exploitation durement renforcée par une crise dont les travailleurs et les classes populaires ne voient pas la fin, et qui peut connaître des aggravations brutales. Les échéances importantes ne seront sans doute pas celles que nous proposent les calendriers électoraux, mais ce sont elles que le monde du travail doit préparer.
Lutte Ouvrière

Étrange remaniement


Étrange remaniement réalisé le dimanche 27 février 2011 et annoncé par le Président de la République lui-même au cours d’une allocution radiotélévisée à 20h00.
Étrange remaniement rapporté, mais peu commenté par les médias dominants alors que les remaniements en Tunisie et en Egypte le sont abondamment [1].
Étrange remaniement dont le texte n’est même pas analysé alors qu’il n’est pas habituel de réaliser un remaniement ministériel sous la pression d’événements internationaux.

L’allocution radiotélévisée du Président de la République [2] se décompose ainsi :
1) Un préambule sur la situation au Maghreb et au Moyen Orient (504 mots soit 62%).
2) Les détails du remaniement (137 mots soit 17%).
3) Une conclusion (170 mots soit 21%)

1) Préambule

Nicolas Sarkozy fait un lien entre la crise économique de 2008 et les révoltes populaires en Tunisie, en Egypte et en Libye. L’explication de ce lien se trouve un peu plus loin dans le texte sous la forme d’une injonction négative « Nous ne devons pas en avoir peur ».

Nicolas Sarkozy justifie a posteriori le soutien aux dictatures du Maghreb et du Moyen Orient parce ces régimes « apparaissaient aux yeux de tous comme des remparts contre l’extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme ». Il répète la version bushienne de l’histoire : on construit un ennemi imaginaire (le « monde arabo-musulman« ) contre lequel on mène une croisade en s’alliant avec les gouvernements les plus réactionnaires.

Mais les peuples remettent en cause cette stratégie. En chassant du pouvoir Zine Ben Ali et Hosni Moubarak, les peuples tunisien et égyptien ont forcé les gouvernements occidentaux à abandonner leurs alliés de la veille. Alors Nicolas Sarkozy propose d’accompagner (formule récurrente de la novlangue) les peuples c’est-à-dire faire beaucoup de bruit autour du dogme de la démocratie et masquer la réalité : le maintien au pouvoir de l’armée.

Ce qui préoccupe Nicolas Sarkozy n’est pas le sort des peuples, mais la politique intérieure et particulièrement les élections de 2012 c’est pourquoi il agite le spectre « des flux migratoires » dont nous devrions avoir peur en faisant explicitement le lien entre les « flux migratoires » et le « terrorisme ».

2) Remaniement

L’enjeu de ce remaniement n’est pas de remplacer la ministre des Affaires étrangères, devenue trop encombrante, mais le ministre de l’Intérieur et de l’Immigration. L’argument de « protéger le présent des Français » et d’assurer « notre sécurité » ne colle pas avec le contexte de « printemps arabe » tant vanté par les médias dominants.

La nomination de Claude Guéant prend tout son sens au vu de son passé de flic qui a fait ses classes sous la direction de Charles Pasqua [3]. Par comparaison Brice Hortefeux était un pied-tendre. Claude Guéant s’occupera non seulement de la sécurité et de l’immigration (en France les deux questions sont liées) mais aussi de l’organisation des élections, cantonales d’abord, présidentielle ensuite.

3) Conclusion

Nicolas Sarkozy veut rassembler « tous les Français autour de nos valeurs républicaines » c’est-à-dire autour de son obsession lepéniste de l’immigration, qui viendrait aujourd’hui de Tunisie, d’Egypte ou de Libye.

28/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

Revue de presse :
• 27/02/2011, La lettre de démission de Michèle Alliot-Marie, NouvelObs.
Voici la lettre de démission de Michèle Alliot-Marie de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, remise dimanche en début d’après-midi « en mains propres » au président Nicolas Sarkozy, selon l’entourage de l’ex-chef de la diplomatie française :

Monsieur le président de la République, cher Nicolas (ajouté à la main),
Depuis neuf ans, je sers notre pays avec fierté et bonheur, à la tête des ministères régaliens que le président Jacques Chirac puis vous-même avez bien voulu me confier.
C’est un honneur. C’est une responsabilité.
Je me suis efforcée d’y répondre en veillant, dans mes fonctions comme dans mon comportement personnel, à toujours respecter les exigences, non seulement de la légalité, mais aussi de la dignité, de la moralité et de la loyauté.
Depuis quelques semaines, je suis la cible d’attaques politiques puis médiatiques véhiculant, pour créer la suspicion, contre-vérités et amalgames. J’y ai répondu point par point afin de rétablir la vérité.
Depuis quinze jours, c’est ma famille qui subit de la part de certains médias un véritable harcèlement dans sa vie privée, pour tenter d’y chercher de quoi m’affaiblir à défaut de l’avoir trouvé chez moi.
Cette campagne n’entrave en rien mes relations avec mes partenaires internationaux ni ma capacité à remplir la mission que vous m’avez confiée, comme chacun a pu le constater récemment au Brésil ou hier encore dans le Golfe. Je ne puis néanmoins accepter que certains utilisent cette cabale pour essayer de faire croire à un affaiblissement de la politique internationale de la France.
J’ai trop de considération pour les hommes et les femmes du ministère des Affaires étrangères et européennes qui servent notre pays avec dévouement et compétence, pour accepter que leur action puisse être affectée par cette manipulation.
J’ai une trop haute idée de la politique au service de la France pour accepter d’être utilisée comme prétexte à une telle opération.
J’ai une trop grande loyauté et amitié à votre égard pour accepter que votre action internationale puisse, en quoi que ce soit, en souffrir.
Bien qu’ayant le sentiment de n’avoir commis aucun manquement, j’ai donc décidé de quitter mes fonctions de ministre des Affaires étrangères et européennes.
En conséquence, je vous demande donc de bien vouloir accepter ma démission.
Je vous prie de croire, Monsieur le président de la République, à l’assurance de ma haute considération. Avec ma fidèle amitié (ajouté à la main).
Michèle Alliot-Marie 

• 27/02/2011, Juppé au Quai d’Orsay, Longuet à la Défense, Guéant à l’Intérieur, NouvelObs.

Dans une intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a annoncé le remaniement du gouvernement afin de pallier à la démission de Michèle Alliot-Marie pour laquelle le chef de l’Etat n’a pas eu un mot. Brice Hortefeux quitte le gouvernement. Le président a également évoqué les révolutions arabes.
Nicolas Sarkozy a au contraire lié le remaniement aux « révolutions arabes » qui ouvraient « une ère nouvelle ».

• 27/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche soir, sous prétexte de réagir aux crises arabes, le remplacement de ses ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, 106 jours après le dernier remaniement ministériel.
Le remaniement du 14 novembre, après le vote de la réforme des retraites, était censé renforcer le professionnalisme du gouvernement, afin que celui-ci tienne jusqu’à l’élection présidentielle de 2012, à quelques ajustements près.
Nicolas Sarkozy a habillé ce remaniement de crise par une discours sur la nécessité d’adapter la politique française à la nouvelle donne créée par les crises de Tunisie, d’Egypte et de Libye et leur onde de choc dans le reste du monde arabe.
Pour François Miquet-Marty, président de l’institut Viavoice, « la mise en avant des enjeux internationaux camoufle ce remaniement qui répond à la situation difficile de Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux ».
« Il y a une double poupée russe qui vise à masquer aussi les difficultés de Nicolas Sarkozy – tombé à 30% d’opinions favorables dans la dernière enquête Viavoice – face à l’opinion, quoi qu’il fasse », a-t-il déclaré à Reuters.

• 28/02/2011, Nouvelle géopolitique ou fiasco diplomatique : pourquoi ce remaniement ?, Les Matins.

Ce matin, nous avons un nouveau gouvernement. Mais au fait, pourquoi ? Hier, dans son discours télévisé, Nicolas Sarkozy expliquait le remaniement politique par une forme d’insécurité nouvelle : une insécurité liée à un « immense bouleversement » dans les pays « de l’autre côté de la méditerranée ». Il ne faut pas avoir peur, a-t-il annoncé, en même temps qu’il ne manquait pas de souligner le risque migratoire. Et à l’opposé, pour l’opposition, si l’on en croit Benoit Hamon qui a immédiatement réagi, ce remaniement politique est la suite d’un véritable fiasco : celui de la diplomatie française (MAM, Ollier, Marly).

• 28/02/2011, Le départ d’Alliot-Marie est une décision politique, dit Fillon, Reuters-Yahoo! Actualités.

Michèle Alliot-Marie n’a pas commis de faute mais il fallait l’écarter du ministère des Affaires étrangères parce que sa position affaiblissait la voix de la France, a déclaré lundi François Fillon.

• 28/02/2011, France : remaniement ministériel dans un contexte de bouleversement du monde arabe, Xinhua.

Nombre d’observateurs relèvent que c’est la première fois que la France procède à un remaniement ministériel sous pression d’événements internationaux.
D’aucuns voient là la volonté de Nicolas Sarkozy de reprendre en main la politique étrangère dont les soubresauts commençaient à peser sur sa popularité, à l’approche des présidentielles de 2012.

• 28/02/2011, Liste de la nouvelle composition du gouvernement français, Xinhua.

C’est le seul site, à ma connaissance, qui fournit la liste mise à jour du gouvernement français.

• 28/02/2011, Nicolas Sarkozy contraint à un remaniement dans l’urgence, 20 minutes.

Une forme inédite. Dimanche, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a annoncé à 20 h à la télévision le remaniement ministériel. Il a fait précéder l’annonce elle-même par une allocution dans laquelle il justifie le jeu de chaises musicales par l’«immense bouleversement» que représentent les révolutions dans le monde arabe.


[1] Il est significatif que l’im-Monde s’inquiète pour l’avenir de Michèle Alliot-Marie.
[2] Allocution radiotélévisée du Président sur la situation internationale, Présidence de la République :

Mes chers compatriotes,

À peine la plus grave crise économique et financière depuis la deuxième guerre mondiale semble-t-elle s’estomper, à peine l’Europe a-t-elle dominé la crise de l’euro que, de l’autre côté de la Méditerranée, se produit un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main, renversant des régimes qui, après avoir été, au temps de la décolonisation, les instruments de leur émancipation avaient fini par devenir ceux de leur servitude. Ces régimes, tous les États occidentaux et tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis la fin des colonies ont entretenu avec eux des relations économiques, diplomatiques et politiques, malgré leur caractère autoritaire parce qu’ils apparaissaient aux yeux de tous comme des remparts contre l’extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme.

Mais voici qu’à l’initiative des peuples s’esquisse une autre voie. En opposant la démocratie et la liberté à toutes les formes de dictature, ces révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l’histoire et par la géographie. Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance car il s’est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l’homme et de la démocratie. Pour la première fois dans l’histoire, elles peuvent triompher sur toutes les rives de la Méditerranée. Nous ne devons avoir qu’un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d’être libres. Entre l’ingérence qui ne serait pas acceptée et l’indifférence qui serait une faute morale et stratégique, il nous faut tout faire pour que l’espérance qui vient de naître ne meure pas car le sort de ces mouvements est encore incertain. Si toutes les bonnes volontés ne s’unissent pas pour les faire réussir, ils peuvent aussi bien sombrer dans la violence et déboucher sur des dictatures pires encore que les précédentes.

Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C’est toute l’Europe alors qui serait en première ligne. Nous avons donc le devoir d’agir avec une ambition qui soit à la dimension des événements historiques que nous vivons. C’est pourquoi la France a demandé que le Conseil européen se réunisse pour que l’Europe adopte une stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région. De même l’Europe doit se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse de ces pays du Sud de la Méditerranée, imaginer une politique économique et commerciale pour favoriser la croissance de ces jeunes démocraties qui veulent naître.

L’Union pour la Méditerranée, fondée à l’initiative de la France le 13 juillet 2008, doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir enfin une destinée commune. Le moment est venu de refonder cette Union à la lumière des événements considérables que nous vivons. La France fera des propositions en ce sens à ses partenaires.

Mon devoir de Président de la République est d’expliquer les enjeux de l’avenir mais tout autant de protéger le présent des Français. C’est pourquoi, avec le Premier Ministre François Fillon, nous avons décidé de réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité.

Alain Juppé, ancien Premier ministre, homme d’expérience qui a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue sera Ministre des Affaires étrangères. Pour le remplacer au ministère de la Défense, j’ai choisi Gérard Longuet, lui aussi homme d’expérience. J’ai souhaité dans le même temps confier la responsabilité de ministre de l’Intérieur et de l’Immigration à Claude Guéant qui m’a accompagné depuis neuf ans dans toutes les responsabilités que j’ai exercées, en particulier au ministère de l’Intérieur dont il connaît tous les rouages et dont il a occupé tous les postes de responsabilité.

Ainsi les fonctions régaliennes de l’État se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement.

Mes chers compatriotes, c’est mon devoir de prendre les décisions qui s’imposent quand les circonstances l’exigent. Je connais vos attentes qui sont grandes à juste titre. Je me suis engagé à moderniser la France pour que notre modèle survive à tous les changements si brutaux de ce début du XXIème Siècle. Pour obtenir les résultats que vous attendez et que nous obtiendrons, je me dois de ne faire prévaloir aucune autre considération que le souci de l’efficacité et de l’intérêt général dans le choix de ceux auxquels sont confiées les plus hautes responsabilités de l’État.

Dans ces circonstances si troublées la nécessité du rassemblement de tous les Français autour de nos valeurs républicaines est plus nécessaire que jamais. La peur, l’affrontement, l’exclusion n’ont jamais permis de préparer l’avenir, au plan international comme au plan national. A l’inverse le refus de voir les réalités en face exacerbe les tensions.

Mes chers Compatriotes, vous pouvez compter sur ma détermination et sur mon engagement.

Vive la République !
Vive la France !

[3] Portraits de Claude Guéant :
• Claude Guéant, portrait du bras droit de Sarkozy devenu ministre de l’Intérieur, Politique.net, 02/03/2011.
• En six minutes cinquante, Sarkozy s’est chiraquisé, Les Inrocks, 02/03/2011.
• Claude Guéant prend la tête du ministère de l’Intérieur, France Info, 27/02/2011.
• Claude Guéant, vice-président de la République, Nonfiction, 22/10/2008.

Vacances aux frais des dictateurs


Le Président de la République, la ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre (pour ne citer qu’eux) prétendent donner des leçons de « démocratie » au monde entier – nouvel évangile des puissances occidentales -, mais trouvent tout à fait naturel d’être invités à titre privé par Mohammed VI, Zine Ben Ali ou Hosni Moubarak… Le cynisme des actes révèle celui des discours.

09/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Revue de presse du 09/02/2011 :

• Après MAM… François Fillon !

On apprend donc, grâce au Canard Enchaîné que le Premier ministre s’est fait payer ses vacances, avion intérieur, balade sur le Nil et hébergement en Egypte, par Hosni Moubarak, ou plutôt par le contribuable égyptien. Voilà qui vient sauver in extremis Michèle Alliot-Marie. Imaginez la ministre des affaires étrangères renvoyée du gouvernement (avec son mari, également ministre), il faudrait que François Fillon soit logé à la même enseigne! Le gouvernement serait alors décapité. Donc il ne se passera rien. C’est vrai, rien d’illégal n’ayant été commis, on peut en rester là et ce sera le cas parce que c’est comme ça en France. Pourtant en juin, après l’affaire Joyandet, le président avait été obligé de réaffirmer ce qui paraissait la moindre des choses pour tout le monde : les ministres doivent payer leur vacances. Il y a – c’est vrai – dans les relations internationales, une part de relations personnelles nécessaires entre les chefs d’États et aussi entre les ministres des affaires étrangères ; on s’invite un week-end dans sa maison de campagne en marge d’un voyage officiel, pourquoi pas. On peut même comprendre une certaine proximité avec des chefs d’État de pays qui, disons, n’ont pas les mêmes standards démocratiques que nous mais c’est aux dirigeants de trouver la limite entre ce qui relève des relations professionnelles plus ou moins amicales et ce qui pourrait relever du conflit d’intérêts ou tout simplement du mauvais goût. Les vacances privées offertes par des chefs d’État peu démocratiques et de pays pauvres sont largement au-delà de la limite !
L’édito politique

• Les vacances de la diplomatie française

François Fillon, dit-on, n’aurait pas pu refuser de laisser payer ses vacances par Hosni Moubarak sans blesser le président d’un pays ami auquel la France est nécessairement iée. C’est vrai. C’est absolument vrai mais c’est bien la raison pour laquelle le Premier ministre n’aurait pas dû aller passer ses vacances en Egypte alors qu’il était évident que ce problème se poserait. François Fillon, ajoute-t-on, n’est pas le premier dirigeant français à aller bronzer en famille aux frais d’un dictateur et c’est encore vrai.
Hassan II, l’ancien souverain marocain, c’était ainsi fait une spécialité d’offrir des vacances de rêve à tout ce qui comptait dans la politique française mais ce n’est pas parce que d’autres se sont compromis dans ces facilités qu’il faut les perpétuer car ce n’est parce que tant de gens traversent hors des clous que le Premier ministre devrait en faire autant.
Géopolitique

• Sous le regard du Sphinx…

L’été dernier, raconte Libération, Angela Merkel a pris ses vacances dans le Tyrol, son mari sous un bras et une biographie de Staline sous l’autre. Voilà ce qu’on peut appeler un voyage irréprochable.
Et dans le gouvernement, « Est-ce que ça décolle à plein tube ? » comme le titre Le Canard Enchaîné cette semaine… Le Canard qui révèle donc que François Fillon a passé ses vacances de Noël en Egypte, aux frais de Moubarak.
Mais que diable allait-il faire dans cette felouque ? se demande Bruno Dive dans Sud-Ouest… « il est choquant que le premier ministre ait passé ses vacances aux frais d’un chef d’Etat étranger »… Choquante « cette connivence persistante de nos dirigeants avec les autocrates arabes ».
Connivence… le mot est également utilisé par Laurent Joffrin. Nos gouvernants deviennent « une confrérie suprême qui finit par mépriser les critères éthiques du commun des mortels ».
Le Figaro rappelle les arguments de Matignon : à l’étranger, le Premier Ministre doit bénéficier de mesures de sécurité d’où l’utilisation d’un avion du gouvernement égyptien. Et refuser l’invitation de Moubarak aurait été une forme d’affront à une époque où le Raïs était considéré comme un élément de stabilité au Proche-Orient.
Et puis, il y a l’argument de l’hypocrisie de la gauche que ces pratiques n’ont pas toujours choqué. Libération mentionne les voyages de François Mitterrand en Egypte. Et dans Le Point, Robert Badinter lui-même rappelle que toute la galaxie politique française a été reçue par l’ancien roi du Maroc, Hassan 2.
Seulement, il y a la promesse de République irréprochable qu’avait faite Nicolas Sarkozy.
La revue de presse

Revue de presse internationale

Le spectre d’une révolution sociale


Les médias dominants semblent découvrir ce que tout le monde sait à savoir que non seulement la Côte d’Ivoire, la Tunisie et l’Egypte, mais tous les gouvernements d’Afrique, du Maghreb et du Moyen-Orient sont des dictatures plus ou moins féroces. Cela n’empêche pas les puissances occidentales (États-Unis et Europe) d’entretenir d’excellentes relations diplomatiques, commerciales et militaires avec « ses » dictateurs. Chaque pays a ses protégés car, comme l’a dit Roosevelt à propos de Somoza, C’est un fils de pute, mais c’est notre fils de pute [1].

Un jour ou l’autre, l’allié devient encombrant, trop encombrant. Ce fut le cas de Saddam Hussein en Irak. Devenu persona non grata du fait de ses ambitions pétrolières qui remettaient en cause les intérêts des compagnies occidentales, une coalition menée par les États-Unis chassa le dictateur, s’empara du pays puis l’abandonna au chaos des rivalités sociales instrumentalisées par des divisions ethniques et religieuses.

Zine Ben Ali en Tunisie et bientôt Hosni Moubarak en Egypte sont lâchés par les puissances occidentales après avoir été chassé du pouvoir par leur peuple. Ils sont lâchés à regret car ce scénario ne convient pas du tout aux puissances occidentales, même si elles font semblants de s’y rallier en agitant le drapeau de la « démocratie » pour mieux étouffer la contestation sociale beaucoup plus dangereuse : « donnons-leur le hochet de la démocratie pour éviter une révolution sociale ! »

Israël s’accroche encore à « son fils de pute » :

• « Les Américains et les Européens s’efforcent de complaire à l’opinion publique et oublient leurs véritables intérêts. Même s’ils ont vraiment quelque chose à reprocher à Moubarak, ils doivent néanmoins montrer à leurs amis dans la région que ces derniers ne seront pas abandonnés », indique le Ha’aretz, citant un haut fonctionnaire israélien qui a requis l’anonymat.
RIA Novosti du 31/01/2011

• Fouad Ben Eliezer (Parti travailliste) ne comprend pas ce qui est arrivé, et sur toutes les stations de radio il étale son embarras. Qu’est-il arrivé à son ami Hosni Moubarak ? Pourquoi n’a-t-il pas donné l’ordre aux militaires de tirer sur les masses et ainsi de mettre fin aux « émeutes » ?, tels sont ses propres mots.
Alternative Information CenterCCIPPP, 30/01/2011

Les puissances occidentales craignent un embrasement du Moyen-Orient :

• Pour résumer, le « Vendredi de la colère » au Caire a été une révolte, mais ne s’est pas transformé en une révolution. Ce qui est une bonne chose pour l’Egypte, le plus grand pays et le leader de facto du monde arabe. Et pas seulement pour ce dernier.
Car si l’Egypte s’effondrait d’un jour à l’autre (et il n’y pas de successeur fiable de Moubarak), « l’onde de choc » serait semblable à celle qui s’est propagée en Europe à partir de 1989, après l’effondrement du « camp socialiste. » Avec pour seule différence la quantité bien plus importante de « poudre » au Proche-Orient. Les « dominos » n’y tomberaient pas avec le bruit habituel, mais avec des explosions et des coups de feu.
RIA Novosti du 31/01/2011

• Chaque jour, Barack Obama a des entretiens avec les militaires, les experts du renseignement, les hommes d’affaires, des conversations téléphoniques avec les généraux de l’armée égyptienne et des négociations avec l’opposition égyptienne. A terme, on n’exclut pas des discussions politiques avec les Frères musulmans, le plus grand groupe islamiste radical d’Egypte. L’administration américaine a déjà suggéré dans la presse que les Frères musulmans égyptiens n’avaient rien à voir avec Al-Qaïda, et qu’on pouvait traiter avec eux.
RIA Novosti du 03/02/2011

Quant au peuple égyptien, malgré tout son courage pour défier les forces de répression, il sera certainement dépossédé des fruits de sa révolte et de ses aspirations à une révolution sociale par une mafia qui parlera au nom du peuple, mais qui est prête à composer avec l’armée et les intérêts de tous ceux qui ont profité des trente ans de la dictature de Hosni Moubarak. Dans le meilleur des cas, le pire étant l’écrasement de la révolte dans le sang, l’Egypte va vers une solution négociée « à la mexicaine » entre l’armée, les principaux partis ou groupes d’opposition et les organisations syndicales bureaucratisées en accord avec les intérêts des États-Unis au Moyen-Orient [2].

05/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] Cité par Mitchell A. SELIGSON, The Journal of Politics , vol. 64, nº 2, mai 2002, pp. 408-433.
• José FORT, Anastasio Somoza : la fin du fils d’un « fils de pute », Le Grand Soir, 19/08/2009.
• Bernard LANGLOIS, Tunisie, Egypte : Washington lâche … ses « fils de pute » !, Politis, 29/01/2011.
[2] Références :
• Sarah BEN NÉFISSA, Égypte : nouvelles dimensions des protestations sociales, Centre Tricontinental, 15/12/2010.
• Johannes STERN, L’opposition égyptienne met en garde contre une « explosion des masses », WSWS, 24/01/2011.