Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Japon

Des universitaires et des généraux allemands font la promotion du réarmement et de la guerre


 

L’ensemble de la discussion a montré que sept décennies après les terribles crimes et la terreur des nazis, l’élite dirigeante allemande est une fois de plus prête à jeter par-dessus bord toute inhibition morale et politique.

Vers la fin de la soirée, un colonel assis dans la salle a remarqué que dans certaines parties de l’Afrique on utilisait des enfants soldats. Il a ensuite adressé la question suivante au major-général sur le podium: « Est-il justifiable que des soldats réguliers abattent des enfants et, si non, est-il légitime que la politique envoie nos soldats dans ces régions ? »

La réponse de Weigt n’a guère laissé de doute quant au fait que l’armée allemande est une fois de plus prête à commettre de terribles crimes pour défendre les intérêts économiques et géostratégiques de l’impérialisme allemand.

Lire la suite… WSWS

Lire aussi :
• D’un IVème Reich, Dedefensa.
• Le gouvernement japonais fait adopter des lois militaristes malgré une opposition de masse.html, WSWS.
Dossier documentaire Géoéconomie & Géopolitique, Monde en Question.

Démagogie du catastrophisme


Le Japon est un archipel volcanique situé au carrefour de quatre plaques tectoniques (nord-américaine, pacifique, philippine et eurasienne) dont les trois îles principales sont traversées longitudinalement par une ligne de faille tectonique.
Depuis longtemps le Japon a appris à vivre avec le risque sismique car des milliers de secousses telluriques d’intensité variable (de 4 à 9 sur l’échelle de Richter) sont ressenties chaque année et sont accompagnées de raz-de-marée (tsunami) d’intensité également variable.

Le denier séisme survenu au Japon a provoqué un tsunami médiatique qui a occulté celui survenu en Chine. Presque tous les commentaires des médias dramatisent l’événement comme dans l’affaire de la grippe AH1N1. Rares sont les commentaires factuels qui ne versent pas dans l’hystérie et mettent l’événement en perspective. Signalons celui de Tristan Vey Un séisme historique dans une zone sismique complexe, 11/03/2011), du géographe Philippe Pelletier (Le Tôhoku : une région rurale exposée au risque sismique, 13/03/2011) et de la presse chinoise (Que penser de l’accident nucléaire au Japon ?, 14/03/2011).

Ce séisme a provoqué des fuites dans la centrale nucléaire de Fukushima sur la côte nord-est du Japon. Cet accident s’apparente plus à celui de Three Mile Island en 1979 qu’à celui de Tchernobyl en 1986. À ce jour, il est difficile d’apprécier l’ampleur des dégâts tant l’information est biaisée par l’émotion – cette dictature douce.

Le gouvernement japonais minimise naturellement la crise comme l’ont fait et le feront tous les gouvernements du monde. Rappelons que, selon le gouvernement français, le nuage de Tchernobyl s’arrêta miraculeusement à nos frontières [3]. Dans le cas de la grippe AH1N1, il avait au contraire dramatisé à l’excès afin de justifier l’achat du vaccin sous la pression des experts de l’industrie pharmaceutique. Andreï Fediachine dit à juste titre que « l’avenir de Fukushima relève de la divination » :

Tous les pronostics concernant l’avenir de l’économie mondiale et de l’énergie nucléaire relèvent aujourd’hui de la divination. De la cartomancie avec un jeu de cartes incomplet. Il n’existe pour l’instant aucune certitude. Pas plus que de modèle ou de machine de pronostication, où il serait possible d’introduire la catastrophe japonaise et d’en sortir un produit fini.
RIA Novosti

Les médias dominants, les professionnels du catastrophisme et les charognards de l’humanitaire profitent de l’événement pour faire des affaires, en vendant la peur ou en appelant à des dons en passant sous silence que l’argent récolté en 2004 avait servi à déclencher « une opération militaire d’aide humanitaire sans précédent ».
L’im-Monde évoque « un stress collectif mondial » qu’il créé et entretient lui-même. Le Commissaire à l’énergie de la Commission européenne a estimé que le mot « apocalypse » était approprié pour décrire la situation. La référence biblique, reprise par certains blogs [1], traduit une vision non scientifique des faits.

Faut-il rappeler qu’il est impossible de prévoir à quelle date et à quelle heure exactement va se produire un séisme. Et comme l’on ne peut pas empêcher le séisme de se déclencher, la seule chose que la société peut faire est de se prémunir. Or les Japonais sont les mieux préparés du monde, du point de vue des méthodes de construction et de l’éducation.

En fait, tout le monde se moque du Japon et des Japonais. Cet événement est le prétexte à faire de la politique franco-française. Ceux qui font semblant de s’émouvoir du risque des centrales nucléaires au sein de l’hexagone oublient de dire qu’ils ont voté pour le nucléaire au Parlement européen le 25 novembre 2009 à la Conférence de Copenhague sur le changement climatique [2].

Les écologistes, Daniel Cohn-Bendit en tête, réclament un référendum sur le nucléaire en France après l’accident à la centrale japonaise de Fukushima, espérant en faire un thème de la campagne de 2012 face à l’UMP et au PS, traditionnellement pro-atome.
AFP

Les mêmes ont voté ce texte :
« [Le Parlement européen] souligne que le passage, à l’échelle internationale, à une économie à faible intensité de carbone conférera à l’énergie nucléaire un rôle important dans le bouquet énergétique à moyen terme ; souligne toutefois que les questions relatives à la sûreté et à la sécurité du cycle du combustible nucléaire doivent être abordées de façon adéquate à l’échelle internationale afin de garantir un niveau de sûreté aussi élevé que possible »
Monde en Question

18/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Séisme, risque naturel pris en considération…, Eurocode 8, 23/02/2011.

• Le risque sismique, Les risques majeurs.
• Zonage sismique de la France, Base GasparLe Plan Séisme.
• Jean-Michel CAROZZA, Franck VIDAL, Le risque sismique en France, Canal-U, 18/12/2006.

Dossier documentaire & Bibliographie Crise & Gestion de crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.


[1] C’est le discours récurrent de ce site adepte d’une vision eschatologique et donc biblique de l’histoire :
• La transversale Tohoku-Kadhafi, Dedefensa.
• Du catastrophisme à l’intuition haute, Dedefensa.
• La gravité de la crise nucléaire : le monde versus le Japon, Dedefensa.
[2] Lire aussi : Cohn-Bendit danse sur la peur du nucléaire, Marianne.
[3] Nuage de Tchernobyl en France : vers un non-lieu ?, NouvelObs.
Le parquet général va requérir un non-lieu dans l’enquête sur le passage du nuage radioactif et les communiqués rassurants diffusés à l’époque.

Les charognards de l’humanitaire


Profitant du tremblement de terre et du tsunami au Japon, les charognards de l’humanitaire envahissent nos boîtes à lettres avec ce type de publicité :

15/03/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Serge LEFORT, Tsunami médiatique, Chine en Question.
• Serge LEFORT, Que penser de l’accident nucléaire au Japon ?, Chine en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Crise & Gestion de crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Risque & Gestion du risque, Monde en Question.

L’im-Monde propagande anti-chinoise



PSA Peugeot Citroën séduit la Chine

Quand une entreprise chinoise investit à l’étranger les médias dominants ont recours au champ lexical de la guerre. Ainsi l’im-Monde assimile l’investissement de deux compagnies pétrolières publiques chinoises dans une société brésilienne à la colonisation de l’Amérique latine par les « conquistadors chinois » [1]. L’Amérique latine fut en effet conquise et colonisée, mais, petit détail, par l’Europe catholique à partir de la fin du XVe siècle.

Quand une entreprise française investit en Chine les médias dominants ont recours à un autre champ lexical, celui du darwinisme social c’est-à-dire de la saine compétition entre prédateurs. Ainsi au Mondial de l’automobile, tous les constructeurs rêvent de croissance par la conquête du marché chinois.

En Chine, où [Volkswagen] est leader, il compte investir plus de 6 milliards d’ici à 2012 pour porter ses capacités à 3 millions contre 2 millions actuellement. Mais il a invité ses salariés à ne pas commettre l’erreur d’être « arrogants ». [Ne pas réclamer des augmentations se salaire, de meilleures conditions de travail, etc.] « Chaque jour, nous devons être les meilleurs et ne pas nous reposer sur nos lauriers. » [Travailler plus pour gagner moins !]
Le Monde

L’éditorial de l’im-Monde du jour précédent a fait encore plus fort dans le racisme anti-chinois.

La mer de Chine vient de connaître un avis de tempête politico-stratégique. Un de ces moments qui resteront dans l’histoire de la région ; un épisode qui a marqué tous les riverains et mis en lumière le profil inquiétant de la Chine – celui d’une puissance brutale, au nationalisme à vif, prête à intimider ses voisins.
Le Monde

Cette affaire est un vieux conflit territoriale d’îlots en mer de Chine entre le Japon et la Chine. L’éditorialiste, qui prend parti pour le nationalisme japonais contre le nationalisme chinois, oublie de dire que ces huit îles et rochers sont aussi revendiquées par la République de Chine de Taïwan et il passe un peu vite sur la prétention des États-Unis à maintenir ses « intérêts en mer de Chine » comme si cela allait de soi.

L’im-Monde se contente de publier par copier-coller une dépêche AFP sur un fait beaucoup plus important que ce conflit frontalier à savoir le fait que la Chine apporte un soutien financier à la Grèce abandonnée par l’Europe comme elle l’avait fait en faveur de l’Islande minée par sa dette après la crise financière mondiale de septembre 2008 [2].

Derrière l’anonymat de l’éditorialiste du Monde se cache peut-être Jean-Luc Domenach, membre de la Société Hubert Beuve-Méry (Le Monde) et chroniqueur régulier à La Croix (quotidien catholique dirigé par Bruno Frappat, ancien directeur de la rédaction du Monde), qui est complaisamment reçu partout pour baver contre la Chine [3].

02/09/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Chine, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.


[1] La Chine part à la conquête du Nouveau Monde, Le Monde du 27/09/2010.
[2] Dans la tourmente financière, la Grèce soutenue par la Chine, Le Monde du 02/10/2010.
Lire aussi :
• Signature de 13 accords entre la Chine et la Grèce, Agence de Presse Xinhua.
• Le PM chinois fait une proposition en cinq points sur les relations entre la Chine et la Grèce, Agence de Presse Xinhua.
• Le PM chinois appelle au renforcement des relations Chine-UE, Agence de Presse Xinhua.
• La Chine va renforcer ses liens avec l’Islande , Agence de Presse Xinhua.
• La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée, ContreInfo.
[3] Écouter ses diatribes haineuses sur la radio de l’Empire colonial français : RFI.

Petites culottes en trompe-l'oeil


 

Les images d’une collection de vêtements circule actuellement sur Internet, notamment par mail. Elles présentent des jupes arborant des fessiers de femmes en trompe-l’oeil, qui selon les commentaires accompagnent les clichés « font fureur au Japon ».
Lire la suite… Zigonet

 

Deux artistes finlandais Nutty Tarts proposent trois modèles de sous vêtements poilus.
Lire la suite… Oser être soi

Lire aussi :
Serge LEFORT, Le poil s’affiche en Chine, Chine en Question.
Dossier documentaire Mode & Vêtement, Monde en Question.

Brèves du 19/04/2010 Nucléaire


Les hypocrisies du sommet sur la sécurité nucléaire

• 19/04/2010, Barak: Iran poses no immediate existential threat to Israel, Ha’aretz Palestine News Network.

Le Ministre de la Défense Ehud Barak a dit lundi à la Radio d’Israël que la seule issue à l’impasse actuelle avec l’Iran est un mouvement Israélien audacieux, ajoutant qu’il sentait que l’Iran ne posait pas une menace existentielle immédiate à Israël.

• 19/04/2010, États-Unis/nucléaire : poudre aux yeux et chiffons de papier, Boulevard Exterieur.

De la récente conférence de Washington sur le thème du terrorisme nucléaire à l’accord START que viennent de signer à Prague les présidents russe et américain en passant par la nouvelle doctrine nucléaire américaine, les initiatives américaines en matière d’armement nucléaire laissent sur sa faim François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran.

• 19/04/2010, Mahmoud Ahmadinejad vante le désarmement nucléaire, Le Grand Journal du Mexique.

• 18/04/2010, BAR’EL Zvi, Will sanctions against Iran really serve the West’s interests?, Ha’aretz.

Les partisans de sanctions contre l’Iran doit avoir à l’esprit une statistique intéressante : selon une enquête menée par une organisation de consommateurs iraniens, l’Iran occupe le septième rang dans le monde pour l’achat de produits cosmétiques. Chaque année, les Iraniens dépensent environ 2,1 milliards de dollars en crèmes, rouges à lèvres, shampoing, maquillage, et la plupart de ces articles sont importés de l’étranger.

• 17/04/2010, L’Iran tient sa propre conférence sur le désarmement, Reuters-Yahoo! ActualitésAFP-Le Parisien.

Moins d’une semaine après le sommet de Washington sur la non-prolifération organisé par Barack Obama et auquel l’Iran n’avait pas été invité, le président Mahmoud Ahmadinejad a accusé les États-Unis de pratiquer une politique de deux poids, deux mesures en la matière.

D’après les autorités iraniennes, pas moins de 60 pays ont accepté leur invitation, dont sept ou huit représentés par leurs ministres des Affaires étrangères. La Russie et la Chine – deux pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui traînent les pieds pour sanctionner l’Iran malgré de vives pressions occidentales en ce sens – auraient ainsi dépêché leurs vice-ministres des Affaires étrangères.

Sur fond de menaces de nouvelles sanctions internationales, le chef de l’État iranien a profité de cette tribune pour attaquer les pays « qui se livrent à l’intimidation » pour empêcher la République islamique à se doter de la technologie nucléaire.

« Malheureusement, le gouvernement américain a utilisé des armes nucléaires et aussi menacé officiellement de les utiliser », a déclaré Ahmadinejad aux participants à « la Conférence internationale sur le désarmement et la non-prolifération ».

« Quand ceux qui possèdent des armes nucléaires et qui utilisent ces armes possèdent un droit de veto inégal dans la plus haute instance internationale chargée de la sécurité internationale, est-ce que cela n’encourage les autres pays à la prolifération d’armes nucléaires pour assurer leur sécurité nationale ? », a-t-il demandé.

Alors que l’Occident tente de faire adopter un nouveau train de sanctions à son encontre en raison de son programme nucléaire, Téhéran a indiqué que son programme était « irréversible ».

Plusieurs pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, mais Téhéran assure que son programme est uniquement pacifique et civil.

Ahmadinejad a appelé à la création d’une nouvelle structure de l’ONU pour contrôler le désarmement nucléaire dans le monde et a estimé que les pays qui possédaient ou qui menaçaient d’utiliser des armes nucléaires devraient être suspendus de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le nouveau train de sanctions, que les États-Unis espèrent voir adopté dans les semaines à venir, n’empêchera pas la poursuite du programme nucléaire et n’aura pas d’impact sur l’économie, a assuré Ahmadinejad.

Téhéran s’est néanmoins dit toujours ouvert à un accord avec l’Occident.

• 17/04/2010, L’Iran menacé de sanctions s’en prend aux grandes puissances nucléaires, AFP-Google Actualités.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a attaqué d’emblée les États-Unis, « seul criminel atomique du monde », dans un message à la conférence qui réunit une dizaine de ministres et vice-ministres des Affaires étrangères, dont des représentants russe et chinois, en l’absence des Occidentaux.

« Seul le gouvernement américain a commis un crime nucléaire. Le seul criminel atomique du monde ment en se présentant lui-même comme opposé à la prolifération, alors qu’il n’a pris aucune mesure sérieuse dans ce domaine », a-t-il affirmé.

M. Ahmadinejad a plaidé dans la foulée pour une réorganisation des instances internationales traitant des questions nucléaires, dont devraient selon lui être écartées les puissances atomiques.

« Un organe international indépendant, disposant de pleins pouvoirs donnés par l’Assemblée générale de l’ONU, devrait être créé pour planifier et superviser le désarmement nucléaire et empêcher la prolifération », a-t-il plaidé.

Le président iranien a également affirmé que « les États ayant l’arme nucléaire, ceux l’ayant utilisée ou ceux ayant menacé de l’utiliser, et plus particulièrement les États-Unis, devraient être suspendus de l’AIEA ».

Il a aussi estimé que le TNP devrait être révisé « par les pays indépendants ne possédant pas d’armes nucléaires », la présence des puissances atomiques « empêchant l’élaboration d’un traité équitable ».

• 17/04/2010, L’Iran tient lui aussi sa conférence sur le nucléaire, Continental News.

«L’Iran est habitué à tenir des séminaires sur le désarmement mais cette conférence est très importante de par le niveau des participants et la conjoncture dans laquelle elle se tient», nous ont affirmé hier des organisateurs. En effet, l’on dénombre près d’une soixantaine de pays dont les représentants sont venus en nombre, qu’ils soient ministres, hauts responsables d’institutions, experts et même journalistes de divers médias internationaux. L’Algérie y est aussi présente aux côtés des pays qui aspirent à un nouvel ordre mondial sans trop de heurts entre les puissants et ceux qu’ils ont décidé de considérer comme faibles. Ainsi, dénombre-t-on beaucoup de pays arabes, d’Amérique Latine et d’Asie.

Aujourd’hui, en organisant la conférence internationale sur le désarmement, Téhéran tient bien à rappeler aux Américains quelques-unes de leurs obligations contenues dans le TNP dont ils sont signataires. L’Iran veut démontrer qu’il repose la politique qu’il prône pour défendre «son dossier» du nucléaire, sur le respect de certains grands principes que les Occidentaux feignent d’ignorer mais qu’ils mettent paradoxalement en avant pour l’empêcher d’enrichir son uranium. La conférence de Téhéran qui dure deux jours, rappelle qu’il existe des milliers d’armes nucléaires qui menacent la paix et la sécurité dans le monde. Elle prend, pour cela, la communauté internationale à témoin toute en signalant que celle-ci a exprimé de nombreuses demandes en faveur du désarmement mais aucune n’a abouti à ce jour.

Ainsi, est-il signalé encore par les Iraniens que «le TNP a déjà 40 de vie sans qu’il ait pu apporter des changements significatifs en matière de désarmement». Le principal objectif de la conférence de Téhéran est «de réfléchir, est-il affirmé, sur les défis qui s’imposent aujourd’hui au monde et qui sont liés au désarmement nucléaire et à la suppression de toutes autres armes de destruction massive». L’autre objectif de la conférence – exigé d’ailleurs pour la concrétisation du premier – est «de sortir avec des propositions concrètes à même de débarrasser le monde de ses arsenaux nucléaires». La conférence n’omet pas ainsi de consigner dans ses cahiers la gravité de la déclaration d’Obama relative au recours de son pays à l’arme nucléaire «en cas de besoin». Se sentant directement visé par de tels propos, l’Iran estime «qu’il est inadmissible de voir des pays détenteurs de l’arme nucléaire menacer d’autres qui ne l’ont pas».

Les conférenciers soulignent que non seulement ces pays «nucléaires» n’ont pas voulu détruire leur arsenal «mais cherchent plutôt à le moderniser, ce qui provoque de sérieuses inquiétudes au sein de la communauté internationale». C’est ainsi que les responsables iraniens proposent «de réfléchir sur les procédures juridiques qui devraient être enclenchées conséquemment à de tels agissements». Ils estiment, par ailleurs, «qu’il est du devoir des pays signataires du TNP de faire pression sur ceux qui ne le sont pas, pour que ces derniers le deviennent incessamment». Ils recommandent même à ce que «tous les pays soumettent leurs activités dans le domaine du nucléaire aux contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)». L’Iran estime que les premiers à être concernés, «l’entité sioniste et aussi les pays non signataires du TNP».

À cet effet, il ne manque pas non plus de dénoncer et de condamner «la politique de deux poids, deux mesures» dont il en est la première victime depuis longtemps. D’ailleurs, il souligne bien dans sa conférence que «cette politique chère aux puissants de ce monde prive certains pays de leur droit de l’utilisation pacifique du nucléaire et permet à ceux qui détiennent l’arme nucléaire de ne pas se conformer aux dispositions du TNP». Téhéran appelle encore une fois «à une plus grande implication de l’AIEA dans les processus du désarmement, une fois clairement élaborés». Elle préconise en même temps, notamment pour ce qui est du désarmement de la région du Moyen-Orient, «l’exécution par les pays détenteurs du nucléaire militaire, des décisions prises lors de la conférence de 1995».

• 16/04/2010, Sommet sur la sécurité nucléaire : les pyromanes crient au feu, Lutte Ouvrière.

Ce que Barak Obama annonce comme un avenir possible est en fait une description du passé. Car les bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki furent, au sens propre du terme, des actes «terroristes», des actes destinés à terroriser la population japonaise et, au-delà, le monde entier. Ces attentats furent planifiés et exécutés par l’État américain. Alors de quel droit le président des États Unis parle-t-il aujourd’hui de terrorisme ? Les populations des deux villes japonaises étaient tout aussi innocentes que, par exemple, les employés de bureau du World Trade Center.

De même si l’arme atomique s’est «disséminée» en Israël, au Pakistan, en Inde, c’est bien parce que les États-Unis ont, à tout le moins, laissé faire ces États qui sont leurs fidèles alliés. La Russie, la France, la Grande-Bretagne et la Chine, autres «puissances», possèdent elles aussi un armement nucléaire et n’ont pas l’intention de s’en débarrasser. Sarkozy, présent à la conférence, a même insisté sur le fait qu’il «n’abandonnerait pas cette arme, garante de la sécurité du pays, dans un monde aussi dangereux qu’il l’est aujourd’hui.»

Mais qui a fait de ce monde un endroit dangereux où des bombes, dont la quasi-totalité viennent des soutes des avions des puissances capitalistes, peuvent exploser à tous les coins de rue ? Qui fabrique, vend et utilise tous les jours et partout des monceaux d’armements et dans quel but ? Qui consacre le meilleur de la technique et de la science à tuer des êtres humains ? Qui donc a accumulé dans ses arsenaux suffisamment de têtes nucléaires pour faire sauter la planète entière ? Et surtout qui, après avoir exploité et affamé la majeure partie de l’humanité, après avoir semé la misère et le ressentiment, ne propose d’autre ordre que celui basé sur la menace des armes ? Qui, si ce ne sont les puissances capitalistes, les États-Unis, la France et les autres ?

• 16/04/2010, « La politique des USA et Israël est sans issue, l’époque du colonialisme est finie », ISM.

La Chine a déjà annoncé qu’elle participera à la conférence sur le nucléaire de Téhéran, et elle continue à affirmer qu’elle est contraire à de nouvelles sanctions contre l’Iran. Mais les États-Unis et Israël sont en train de tout faire pour que la Chine revienne sur sa décision de soutenir la cause du nucléaire iranien. Seule l’importance stratégique que l’Iran a pour la Chine, surtout du point de vue de ses approvisionnements en ressources énergétiques, a jusqu’ici fait barrage à ces requêtes. Mais quelle est a solidité des liens entre la Chine et l’Iran en ce moment ? Les atlantistes réussiront-ils à entraîner la Chine de leur côté ou bien devront-ils renoncer à cette stratégie ?

Outre la Chine, d’autres pays aussi ont exprimé leur proximité et leur amitié à l’Iran, parmi lesquels la Russie, la Turquie, le Brésil et le Venezuela. Croyez-vous qu’il soit possible pour l’Iran, ensemble avec ces autres pays, de créer un front compact d’opposition et de réaction à l’influence états-unienne dans le continent eurasiatique et dans l’Amérique latine ?

• 13/04/2010, La nouvelle doctrine nucléaire américaine cible l’Iran et la Corée du nord, WSWS.

La définition de la nouvelle doctrine nucléaire des États Unis, dite Nuclear Posture Review (NPR) publiée par le Pentagone mardi est saluée par les apologistes du gouvernement Obama comme un pas en avant vers un désarmement nucléaire à l’échelle mondiale. Mais il n’en est rien.

Le document expose un raisonnement qui justifierait l’utilisation d’armes nucléaires contre un État ne disposant pas de l’arme nucléaire, et ce pour la première fois depuis le bombardement atomique américain d’Hiroshima et Nagasaki. L’Iran et la Corée du nord sont désignés du doigt comme cibles potentielles.

• 12/04/2010, Pourquoi des «sanctions avisées» contre l’Iran provoqueraient des dommages collatéraux, Tlaxcala.

Le chef de l’opposition, Mir-Hossein Moussavi a dans une déclaration de l’automne dernier attiré l’attention sur les risques que présentent les sanctions pour la société civile : «Les sanctions n’auraient pas d’effet sur le gouvernement, elles causeraient bien plutôt un mal sérieux à la population qui a déjà suffisamment eu à souffrir de la part de ses propres hommes d’État. Nous refusons toute sanction envers notre nation,» a-t-il déclaré très clairement. Son compagnon de luttes Mehdi Karroubi s’est exprimé dans le même sens dans une interview au Corriere della Sera.

Et un problème de fond demeure, qui n’attire guère l’attention de tous ceux qui ont succombé à la dangereuse illusion qu’ils pourraient avoir leur mot à dire dans la définition et la mise en œuvre des sanctions contre l’Iran : celles-ci sont élaborées essentiellement par l’American Israeli Public Affairs Committee (AIPAC) et la plupart du temps soumises au Congrès pour la forme pour être ensuite mises en œuvre par le sous-secrétaire au Renseignement financier et anti-terroriste (Under Secretary for Terrorism and Financial Intelligence) Stuart Levey – un homme de confiance de l’AIPAC. Dans tout ce processus les retombées négatives potentielles sur le peuple iranien ne jouent pratiquement aucun rôle.

Les sanctions, qu’elles soient «paralysantes» ou «avisées» nuisent en définitive à la population. Des «sanctions avisées» c’est un oxymore comparable aux «bombes intelligentes» qui prétendument savent cibler, au moyen de «frappes chirurgicales», uniquement les objectifs à détruire. Et comme pour leurs consœurs militaires ce sont en définitive les «dommages collatéraux» des «sanctions avisées» qui l’emportent. Les trouver «avisées» n’est donc que pur cynisme.

• 12/04/2010, VERNET Daniel, Carnet de Pékin (18) : Pékin entre Téhéran et Washington, Boulevard Exterieur.

Le président Hu Jintao représentera la Chine au sommet sur la sécurité nucléaire organisé par Barack Obama, les 12 et 13 avril à Washington, manifestant ainsi l’intérêt qu’il porte à maintenir des relations suivies avec les États-Unis. Cette annonce est intervenue au moment où les Chinois se déclaraient prêts à discuter avec les autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l’Allemagne de nouvelles sanctions contre l’Iran. Pékin continue de donner la priorité à la négociation pour résoudre le problème nucléaire iranien mais manifeste sa bonne volonté en ne refusant pas la discussion.

Lire aussi :
• Nuclear Arsenals, Carnegie Endowment for International Peace.
• Israel-Palestine CrisisCarnegie Endowment for International Peace.
Articles Nucléaire, Monde en Question.

Brèves du 16/04/2010


Palestine/Israël

• 15/04/2010, Le double langage de Ben Gourion, l’Humanité.

[Ben Gourion] s’emploie dès 1919 à unifier les sionistes-socialistes et à évincer les communistes et les partisans d’un État binational arabo-juif. Il s’impose vite à la tête de la centrale syndicale, la Histadrout, qu’il organise en modèle de société sioniste, avec ses écoles et ses hôpitaux, ses entreprises et ses centres de loisirs, ses clubs sportifs et ses milices d’auto-défense. Rejetant la lutte des classes au nom de l’action de classe, il prône la défense du « travail juif » et l’intérêt commun des travailleurs et des patrons juifs.
Commentaires : C’est le même programme d’un Le Pen qui proclame « la France aux Français ».

NON à la « Promenade David Ben Gourion » à Paris !, Monde en Question.

• 15/04/2010, L’ancien Premier ministre israélien Ehoud Olmert suspecté d’avoir accepté des pots-de-vin, selon la police, AP-Yahoo! Actualités.

L’ancien Premier ministre israélien Ehoud Olmert est suspecté d’avoir accepté des pots-de-vin dans une affaire de corruption immobilière à Jérusalem, a indiqué jeudi la police israélienne.
Mercredi, l’ancien maire de Jérusalem Uri Lupolianski et successeur d’Ehoud Olmert à la tête de la ville avait été arrêté dans le cadre de cette enquête portant sur des transferts d’argent visant à promouvoir des projets immobiliers à Jérusalem, dont la construction d’un grand complexe immobilier.
Ehoud Olmert était le maire de la ville au moment où les faits de corruption présumés se sont produits, tandis qu’Uri Lupolianski la dirigeait au moment de la construction des immeubles.
Commentaires : Le gouvernement construit illégalement à Jérusalem, non seulement selon le droit international mais aussi par le biais de la corruption à tous les niveaux de l’État d’Israël. Par ailleurs Moshe Katsav, l’ancien président de l’État d’Israël, a été suspendu de ses fonctions suite à son inculpation de viol et harcèlement sexuel.
Lire aussi :
• 15/04/2010, Olmert: Holyland probe is « unprecedented character assassination », Ha’aretz.
• 16/04/2010, Police: Suspicions against Olmert grave and well-founded, Ha’aretz.

• 15/04/2010, Rapport sur les violations israéliennes des droits humains du 08/04/2010 au 14/04/2010, Info-Palestine.

• Journal vidéo, Sleepless in Gaza…and Jerusalem [26 minutes par jour], YouTube.

Chronique de la Colonisation de la Palestine 2010 Monde en Question.

Économie Monde

• 15/04/2010, ROY Ivan du, Les retraites dorées des seigneurs du capitalisme, Basta !.

Une centaine de grands patrons d’entreprises cotées en Bourse bénéficient d’un précieux régime de retraite complémentaire, les fameuses « retraites chapeaux ». Grâce à elles et pour parer à une baisse de leur rémunération, ils seront à l’abri du moindre besoin pour leurs vieux jours. Car c’est en millions d’euros que les prestations faiblement soumises à l’impôt leur sont versées. Une injustice qui rime avec folie des grandeurs, à l’heure où le droit à la retraite du plus grand nombre est remis en cause.

• 15/04/2010, Retraites : la France est-elle incapable de mobiliser 2% du revenu national ?, ContreInfo.

Quel est l’effort requis pour le financement des retraites ? Selon les scénarios retenus par le Conseil d’Orientation des Retraites, entre 1,8 et 2,8% du revenu national à l’horizon 2030, puis de 1 à 2,3% en 2050. La part de la richesse nationale consacrée aux retraites passe de 13,4% en 2008 à une fourchette de 14,4-15,4% en 2030, avant de revenir à 13,6-15% en 2050. — On peut discuter de telle ou telle hypothèse retenue par le COR, ou s’interroger sur la solidité de prévisions à 40 ans, au vu de l’expertise récemment déployée. Mais l’important n’est à notre sens pas là. Au vu de ces chiffres, faut-il conclure, comme certains s’empressent de le faire, à la catastrophe, au gouffre financier ? Il faut raison garder. L’effort demandé n’est à l’évidence que marginal. La société française peut et doit faire preuve de solidarité sans remettre en cause les conquêtes sociales.

• 15/04/2010, BULARD Martine, Toyota est toujours « l’usine du désespoir », Les blogs du Diplo.

Kamata Satoshi, auteur de Toyota, L’usine du désespoir- Journal d’un ouvrier saisonnier, enquête au vitriol sur le toyotisme, qui a connu un énorme succès en 1973 au Japon (mais aussi aux Etats-Unis et en France) et a été réédité en français l’an dernier (Demopolis, 2009). L’écrivain journaliste est archiconnu dans tout le pays pour ses enquêtes sociales détonantes et sa lutte contre les discriminations.
Kamata cite le cas de travailleurs poussés au suicide ou mourant d’épuisement (haroshi). Il est évidemment impossible d’établir des statistiques, le groupe refusant de reconnaître les faits ou les familles préférant cacher le drame.

• 14/04/2010, C’est de l’enfer des pauvres que nait le paradis des riches, Là-bas si j’y suis.

Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

L’impérialisme, le spectre du XXe siècle


Shûsui KÔTOKU, L’impérialisme, le spectre du XXe siècle, [1901], CNRS Editions, 2008 [L’OURSRéseau Asie].

Voici, enfin traduit en français, le texte fondateur de la gauche radicale japonaise.
Dès sa parution en 1901, cette charge au vitriol contre les nationalistes de l’ère Meiji suscite une intense polémique et s’attire les foudres de la censure nipponne, qui interdira l’ouvrage jusqu’en 1952 !
Hymne à la fraternité entre les peuples, profession de foi révolutionnaire autant que manifeste pacifiste et internationaliste, ce livre anticipe les dérives du militarisme japonais, la guerre contre la Russie, l’annexion de Taiwan et de la Corée.

La plus grande originalité de ce texte, quinze ans avant le célèbre L’Impérialisme, le stade suprême du capitalisme de Lénine est la dénonciation de l’impérialisme japonais au même titre que celle des puissances occidentales : c’est une rupture fondamentale avec le nationalisme devenu le courant idéologique et politique dominant dans ses différentes variantes au cours de la décennie précédente.

Lire aussi :
• Shūsui Kōtoku, Dictionnaire historique du Japon
• Les anarchistes – En Extrême-Orient aussi…, Le Monde diplomatique
• LAURENS Henry, L’empire et ses ennemis – La question impériale dans l’histoire, Seuil, 2009 [NonfictionNouvelObs].
Une brève histoire croisée de l’impérialisme et des anti-impérialismes.
Peut-on parler d’un « empire américain » ? La France et la Grande-Bretagne doivent-elles se repentir de leur passé colonial ? Les Palestiniens des territoires occupés vivent-ils sous le joug d’un « néo-colonialisme » ? La question impériale ne cesse de travailler la conscience politique occidentale. Mais elle reste l’une des moins bien comprises de l’historiographie moderne. Ses formulations théoriques les plus abouties sont venues des adversaires de l’impérialisme. Or leurs critiques ont souvent manqué leur cible. Une étrange histoire parallèle des puissances impériales et de leurs dénonciations depuis le XIXe siècle montre une constante inadéquation entre les faits et les idées. Explorant ce long héritage de conquêtes et de dominations, de contestations et d’indépendances, Henry Laurens entreprend d’élucider cette histoire double – celle de l’empire et celle de ses ennemis – qui a largement façonné le monde dans lequel nous vivons.
• NKRUMAH Kwame, Le néo-colonialisme – Dernier stade de l’impérialisme, [1965], Présence africaine, 2009 [Archive Internet des Marxistes].
«L’essence du néo-colonialisme, c’est que l’État qui y est assujetti est théoriquement indépendant, possède tous les insignes de la souveraineté sur le plan international. Mais en réalité, son économie, et par conséquent sa politique, sont manipulées de l’extérieur.»
Dans cet ouvrage important, Kwame Nkrumah analyse les rouages du capitalisme monopolistique international en Afrique et démontre que le néo-colonialisme, insidieux et complexe, est encore plus dangereux que le vieux système colonial.
• MAUREL Chloé, Géopolitique des impérialismes – Constats et enjeux, Studyrama, 2009 [IRICE].
Qu’est-ce que l’impérialisme ? Comment a-t-il évolué au cours du temps ? Qui sont les grands penseurs du concept d’impérialisme et quelles sont leurs analyses ? Comment se manifestent les impérialismes dans le monde aujourd’hui ? Quels en sont les acteurs essentiels et comment agissent-ils ?
Clair et documenté, cet ouvrage apporte une mise au point rigoureuse sur ce phénomène essentiel qui suscite souvent des controverses enflammées. Par sa perspective historique et les nombreux exemples concrets et actuels qu’il analyse, il permet de mieux comprendre les grands enjeux politiques, géopolitiques, économiques, sociaux et culturels du monde actuel.
• MAZOMER Mark, No Enchanted Palace – The End of Empire and the Ideological Origins of the United Nations, Princeton University Press, 2009 [La vie des idées].
Et si l’ONU n’avait jamais été conçue pour défendre le droit des peuples et les minorités ? C’est la thèse, délibérément provocatrice, que soutient l’historien Mark Mazower dans son dernier livre, No Enchanted Palace. Une relecture stimulante et désenchantée des origines intellectuelles et politiques des Nations Unies.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie politique, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.

Lettres d’Iwo Jima


Le 19 février 1945, les États-Unis lancèrent une offensive militaire d’envergure pour occuper l’île japonaise Iōtō (硫黄島 littéralement l’île du soufre), plus connue en Occident sous le nom de Iwo Jima.

En 2006, Clint Eastwood a produit et réalisé Lettres d’Iwo Jima. Alors que beaucoup de gens, qui se prétendent de gauche, l’ont traîné dans la boue [1], Clint Eastwood a osé raconter la guerre du point de vue japonais. Quel cinéaste français a raconté la guerre d’Algérie du point de vue algérien ?

La réception de la critique ne fut pas bonne comme en témoignent ces deux extraits :

Mais ce qui fait les qualités de Lettres d’Iwo Jima, cette recherche constante de simplicité narrative à travers des situations clairement exposées (on reste sur l’île durant la majeure partie du film), des personnages variés (une petite dizaine, du simple soldat au général stratège), et à l’aide de cette réalité historique qui plus encore que de ligne directrice, sert de véritable tuteur, constitue également sa limite. Car de narratif, le film devient peu à peu par trop démonstratif, s’empêchant par là même de creuser les psychologies, de travailler plus qu’une esquisse d’analyse.
Critikat

Cette galerie de portraits un peu désuète est mise en scène avec tant d’affection que, lorsque l’inévitable survient après les séquences situées pendant l’approche de l’armada américaine, on est malgré tout saisi. Une fois le combat engagé, l’enjeu n’est pas tant de savoir qui va survivre (les combattants japonais d’Iwo Jima qui avaient survécu aux combats se sont presque tous donné la mort, sur ordre de leurs officiers) que d’assister à la mort de chacun.
Le Monde

Les arguments cinéphiles masquent le refus d’entendre le récit d’une guerre raconté par l’ennemi… même vaincu. C’est ce point de vue de l’autre que le critique de Télérama reproche crûment :

De fait, s’il faut jusqu’au bout déboulonner la statue, avouons qu’on ne voit pas bien où est la signature de Clint Eastwood dans ce film dont la version originale est japonaise – pourquoi donc n’en a-t-il pas confié la mise en scène à un cinéaste nippon ? – et qui relève plus d’une logique commémorative que cinématographique.

La seule critique intelligente du film est le dossier pédagogique publié par Zéro de conduite.

19/02/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Débarquement US à Iwo Jima, Vidéo INA
• Lettres d’Iwo Jima : Site du film


[1] Lire : Les notes de These Vagabond Shoes, Monde en Question.

Corée du Sud


Voyage en Corée du Sud, Sur les docks – France Culture, 1/2, 2/2.

On parle habituellement de «la Corée», ce qui est vrai et faux. En fait, on se réfère alors à la Corée du Sud, l’un des quatre «dragons» asiatiques des années 60 (avec Taïwan, Hong-Kong et Singapour). Cette Corée est même devenue une puissance économique émergente. Or, la Corée du Sud n’est que la moitié d’un peuple.
La guerre de 1950-1953, permise par les Nations Unies, fut à la fois une guerre civile (plus d’un million de morts, certains experts affirment un million et demi) et une guerre internationale due à l’antagonisme Est-Ouest naissant. Depuis, «les Corée» paient un lourd tribut.
S’il y a eu un pays otage des rapports Est-Ouest – bien plus que les deux Allemagne -, c’est bien la Corée. Raison de plus pour s’y intéresser et essayer d’en comprendre l’identité : il faut toujours apprendre d’un grand peuple dévasté par l’histoire qui est parvenu à se redresser. D’autant plus que les voisins majeurs ont souvent cherché à le dominer : la matrice est chinoise, mais la botte a bien été japonaise. De 1910 à 1945, la Corée a vécu sous le joug insupportable de Tokyo.
Ces remarques apparemment négatives renvoient à une autre réalité : la Corée est «une», malgré le naufrage du Nord, enfermé dans la nuit d’une idéologie à laquelle personne ne croit, encore moins sans doute le régime kleptocrate de Pyongyang.
Huit jours en Corée du Sud ne peuvent permettre d’appréhender la destinée d’un peuple. Néanmoins, deux aspects ont été dégagés.

Lire aussi :
• Bibliographie, Les Enjeux internationaux – France Culture.
• Liens, Les Enjeux internationaux – France Culture.
• Dossier, France Culture.