Monde en Question

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Pourquoi la stratégie de Kim Jong-Un fait sens


 

En ce qui concerne les récents essais nord-coréens de deux missiles intercontinentaux, il semble que Pyongyang souhaite augmenter les tensions dans la région. Mais une analyse plus minutieuse, montre comment la RPDC met en œuvre une stratégie qui réussira probablement à éviter une guerre désastreuse dans la péninsule.

Au cours des quatre dernières semaines, la Corée du Nord semble avoir mis en œuvre la deuxième phase de sa stratégie contre la Corée du Sud, la Chine et les États-Unis. Le programme nucléaire nord-coréen aurait atteint un stade important, avec deux tests réalisés début et fin juillet. Les deux missiles semblent capables de frapper le continent américain, bien que des doutes subsistent encore sur la capacité de Pyongyang à miniaturiser une ogive nucléaire pour la monter sur un missile balistique intercontinental (ICBM). Cependant, la direction dans laquelle le programme nucléaire de la Corée du Nord est dirigée assure une dissuasion régionale importante contre le Japon et la Corée du Sud, et jusqu’à un certain point contre les États-Unis, ce qui est la principale raison du développement des ICBM par la Corée du Nord. L’histoire récente a démontré à plusieurs reprises la folie de faire confiance à l’Occident – le sort de Kadhafi reste frais dans nos esprits – et incite plutôt à la construction d’un arsenal qui représente une dissuasion sérieuse au bellicisme américain.

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Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

La prochaine guerre américaine


 

Les États-Unis, qui se croient investis dune mission divine, sont en guerre permanent depuis 1776.
Ils firent d’abord la guerre contre les peuples autochtones pour conquérir leurs terres puis contre le Mexique pour accroître encore leur rapine (Texas, Nouveau Mexique, Arizona, Californie) au nom bien sûr de la liberté, la démocratie et autres fadaises.
Depuis 1945, ils ont conquis l’Europe via le plan Marchall, le FMI et l’OTAN et ont fait la guerre à de nombreux pays d’Asie, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique (plus récemment).

Aujourd’hui, les États-Unis sont prêts à entrainer le monde dans une guerre nucléaire pour maintenir leur économie en déclin. Au-delà du prétexte de la Corée du Nord, c’est la Chine qui est dans le collimateur.
Comme Barack Obama, Donald Trump fut élu parce qu’il avait promis de mettre fin aux guerres américaines pour se consacrer aux affaires intérieures. Il a encore beaucoup de chemin à parcourir pour égaler Obama dans le reniement de ses promesses électorales.

Les provocations verbales des États-Unis, majoritairement derrière leur chef, paraissent plus de la forfanterie qu’une menace réelle à moins d’un dérapage incontrôlé. Le résultat immédiat est plutôt contre-productif pour les États-Unis car la Russie et la Chine renforcent leur alliance stratégique, l’Allemagne soutient l’initiative russo-chinoise et la Corée du Sud se tourne vers la Chine pour assurer sa protection.

18/08/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
01/08/2017, Patrick J. BUCHANAN, Combien de guerres les USA peuvent-ils mener simultanément ?, Entelekheia.

Avec plus de 800 bases militaires dans le monde, des dépenses militaires à hauteur de la moitié de leur budget fédéral, un état de guerre permanent soutenu par une propagande belliciste omniprésente, des membres du Congrès dits « neocons » qui réclament, jour après jour, toujours plus d’interventions militaires, de bombardements, de changements de régimes, de sanctions (récemment contre la Corée du Nord, le Vénézuela, l’Iran, la Russie et incidemment l’Allemagne et la France), de livraisons d’armes à des forces par procuration (ces derniers jours, à l’Ukraine de l’ouest) et de projets de guerres futures (l’Iran, la Corée du Nord), les USA, dont l’économie se centre sur les guerres depuis la Deuxième Guerre mondiale, cherchent à perpétuer coûte que coûte leur système, quittes à provoquer des puissances nucléaires et à mettre la planète entière en danger. De plus, comme tout système capitaliste, l’appareil guerrier des USA implique une croissance. Traduction : toujours plus de guerres. Jusqu’où, et jusqu’à quand ?

10/08/2017, John PILGER, Le dernier rivage 2017, Entelekheia.

J’ai lu Le dernier rivage pour la première fois l’autre jour, et je l’ai fini juste au moment où le Congrès votait une guerre économique contre la Russie, la deuxième puissance nucléaire mondiale. Il n’y avait aucune justification à ce vote délirant, sauf la promesse d’un pillage.
Les « sanctions » sont ciblées sur l’Europe, également, en particulier l’Allemagne, qui dépend du gaz naturel russe, et sur les compagnies européennes qui font du business légitime avec la Russie. Dans ce qui a tenu lieu de débat sur la colline du Capitole, les sénateurs les plus volubiles n’ont laissé aucun doute sur le but réel de l’embargo : forcer l’Europe à importer du gaz américain plus cher.
[…]
La menace est multiple. La Russie d’abord, puis la Chine. Les USA viennent de terminer un énorme exercice militaire avec l’Australie, « Talisman Sabre ». Ils ont répété un blocus du Détroit de Malacca et de la Mer de Chine méridionale, à travers laquelle passent les lignes de vie économiques chinoises.
L’amiral qui commande la flotte du Pacifique des USA a dit que, « S’il en reçoit l’ordre », il est prêt à lancer des missiles nucléaires contre la Chine. Qu’il dise publiquement une chose pareille, dans l’atmosphère délétère actuelle, commence à faire entrer la fiction de Nevil Shute dans le domaine du possible.

11/08/2017, Pepe ESCOBAR, Corée du Nord : le feu, la fureur et la peur, Entelekheia.

Les spéculations sur les têtes nucléaires miniaturisées « possibles » de Pyongyang déclenchent des signaux d’alarme.
Attention aux chiens de guerre. Les mêmes « officiels » des renseignements qui vous avaient vendu les bébés arrachés aux incubateurs par des « mauvais » irakiens, ainsi que les armes de destruction de masse inexistantes, colportent aujourd’hui une théorie selon laquelle la Corée du Nord a produit une tête nucléaire miniaturisée adaptée à ses missiles intercontinentaux récemment testés.
[…]
Les médias grand public occidentaux, chaînes de télé du câble et presse, ne se sont pas retenus de transformer ces spéculations pures en frénésie de gros titres affirmant que « La Corée du Nord a miniaturisé des armes nucléaires ». Avec, à la clé, une anesthésie du public due à la peur.

11/08/2017, Les propos virulents de Donald Trump contre la Corée du Nord ne font que compliquer la situation, RT (média russe).

En promettant « le feu et la colère » à Pyongyang, le président américain a commis, selon le géopolitologue Olivier Guillard, « une énorme maladresse malvenue » dans ce climat de tensions, qui décrédibilise sa gestion de l’épineux dossier coréen.

11/08/2017, USA vs Corée du Nord : « Quand on est dépassé par les événements, on menace de faire tout sauter », RT (média russe).

Les fanfaronnades des dirigeants étasuniens expriment surtout l’incapacité du régime américain à faire de la diplomatie et la frustration qui en résulte, estime l’écrivain politique Diana Johnstone.

12/08/2017, L’impérialisme américain et la menace d’une guerre nucléaire contre la Corée du Nord, WSWS.

La doctrine de la « guerre préventive » invoquée par Trump et ses conseillers pour justifier une attaque, et même une frappe nucléaire, contre la Corée du Nord a d’abord été énoncée par le président George W. Bush comme prétexte à l’invasion et à l’occupation de l’Irak. Le président Barack Obama a développé la doctrine de Bush pour déclarer que toute menace sur les « valeurs et intérêts » américains, serait une cause suffisante pour que les États-Unis attaquent militairement un autre pays. Cette nouvelle doctrine est une violation flagrante du droit international. Mener une guerre d’agression a été le crime principal pour lequel les dirigeants nazis ont été accusés et condamnés lors des procès de Nuremberg après la Seconde Guerre mondiale.
S’inspirant de la position du gouvernement de Trump, il y a maintenant un bombardement médiatique dans les pays occidentaux pour diaboliser le leader nord-coréen Kim Jong-un, le présenter comme un fou et gonfler grossièrement la menace que constituent les « armes de destruction massive » de son régime. Cela suit un mode opératoire bien rodé qui a été utilisé pour mettre l’opinion publique au pas derrière les guerres dirigées par les États-Unis contre la Serbie, l’Irak, la Libye et la Syrie.

13/08/2017, Pepe ESCOBAR, La Corée du Nord montre-t-elle que l’empereur est nu ?, Entelekheia.

En ce qui concerne la guerre de mots elle-même, une source des renseignements américains habituée à cogiter hors de la pensée unique de Washington désigne une variable fondamentale, la Corée du Sud ; « La Corée du Sud ne maintiendra pas son alliance avec les USA, si elle pense que les USA attaqueraient la Corée du Nord pour se protéger aux dépens de la mort de trente millions de Coréens du Sud. La Corée du Sud est en palabres secrètes avec la Chine pour un accord de sécurité majeur, à cause de la position officielle des USA selon laquelle ils bombarderont la Corée du Nord pour leur propre défense, sans considération pour la destruction de la Corée du Sud, que les USA considérait comme des plus malheureuses. »
N’espérez pas trouver ces discussions secrètes Pékin-Séoul dans les médias grand public occidentaux. Et elles ne sont qu’une partie de l’équation. La source ajoute, « Il y a des discussions secrètes entre l’Allemagne et la Russie sur les sanctions américaines contre les deux pays, et un réalignement de l’Allemagne sur une ostpolitik bismarckienne qui pourrait déboucher sur une nouveau Traité de réassurance avec la Russie. »
Si ces négociations sont fructueuses, les conséquences en seront cataclysmiques : « Les systèmes de sécurité européens et asiatiques des USA peuvent être au bord de l’effondrement à cause des remous, à Washington, qui sont en train de miner toutes les alliances des USA. Alors que le Congrès tente de saboter le mandat de Trump, les États-Unis mettent en péril leurs principales relations stratégiques. »
[…]
L’effet cumulatif démontre au monde que l’obsession du changement de régime de Washington (Iran, Venezuela, etc) et des sanctions illégales (Russie, Iran, Corée du Nord, etc) n’a plus de limites, alors que le duo Russie-Chine continue subtilement à miner la chaîne logistique de Washington – la dette en dollars – et les menaces d’interventions militaires (bombarde la Corée du Nord si tu l’oses). Rien d’étonnant si le partenariat Russie-Chine, en ce qui concerne la Corée du Nord, favorise la démocratie, alors que l’État profond des USA a une envie folle de guerre.

16/08/2017, Berlin soutient l’initiative russo-chinoise pour la désescalade sur la péninsule coréenne, Sputnik (média russe).

Dans un entretien téléphonique avec son homologue chinois Wang Yi, le chef de la diplomatie allemande a indiqué que Berlin voyait d’un bon œil l’appel lancé par Moscou et Pékin à cesser simultanément les tirs nord-coréens et les exercices militaires conjoints menés par Washington et Séoul.

16/08/2017, Négociations secrètes entre les USA et la Corée du Nord, Sputnik (média russe).

Mais les Américains reconnaissent que l’impasse dans les négociations n’est pas due uniquement à Pyongyang. Même si l’administration Trump débouchait sur un accord temporaire avec la Corée du Nord, il serait tout de même difficile de s’assurer le soutien des congressistes.

17/08/2017, L’échec de la politique étrangère US correspond paradoxalement aux promesses de Trump, Sputnik (média russe).

En un peu plus de six mois de présidence, Donald Trump a significativement détérioré les relations des USA avec le monde, notamment certains alliés fiables et de longue date.
Premièrement, une nouvelle ligne de conflit s’est dessinée entre les USA et la Chine.
Deuxièmement, le président iranien Hassan Rohani a annoncé que Téhéran pourrait quitter l’accord sur son programme nucléaire en quelques heures si Washington continuait de renforcer les sanctions.
Troisièmement, le vice-président américain Mike Pence a dit que « l’État déchu » du Venezuela menaçait la sécurité et la prospérité de tout l’hémisphère, ainsi que celle du peuple des USA. Sa déclaration a suivi les récents propos de Trump, qui disait n’écarter aucune mesure envers ce pays, y compris une opération militaire.
Quatrièmement – même si ce thème devrait être en première place – la crise sur la péninsule coréenne continue de s’aggraver. La tension entre la Corée du Nord et les USA (et leurs alliés) est à son comble.
Sur cette toile de fond, on pourrait se passer de mentionner les « broutilles » de la situation internationale des USA comme la confrontation avec la Russie et la détérioration significative des relations avec l’Europe (notamment à cause de la sortie des USA de l’accord de Paris sur le climat).

America Has Been At War 93% of the Time – 222 Out of 239 Years – Since 1776, Infowars.
William BLUM, Les guerres scélérates, Les interventions de l’armée américaine et de la CIA depuis 1945, Editions Parangon, 2004].
Pourquoi les États-Unis ont-ils soutenu les mouvements contre-révolutionnaires en Colombie, au Guatemala, au Salvador dans de nombreux autres pays ? Pourquoi avoir joué les dictateurs contre des hommes politiques démocratiquement élus, Pinochet contre Allende, le chah d’Iran contre Mossadegh, Mobutu contre Lumunba… Pourquoi avoir envahi la petite île de la Grenade et Panam ? Pourquoi avoir soutenu des guerres contre des gouvernements progressistes au Nicaragua, en Angola, en Indonésie ou au Timor oriental ?… Pourquoi avoir provoqué la mort de millions de personnes ? Pourquoi avoir empêché le développement de nombreux pays ? Toujours au nom de la démocratie et de la liberté !
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Politique nucléaire de deux poids deux mesures


La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a accusé les États-Unis d’adopter une politique de deux poids deux mesures sur les questions nucléaires et la prolifération.

L’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a rapporté un article du journal de Singapour Straits Times qui a confirmé que les États-Unis ont aidé Israël à développer des armes nucléaires ces dernières années.

« Le fait que les États-Unis aient aidé avec zèle Israël dans le domaine nucléaire techniquement et matériellement et qu’ils aient protégé et contribué délibérément à cela prouve que les États-Unis sont les complices et assistants d’Israël dans son processus d’ armement nucléaire », a rapporté la KCNA.

La contribution des États-Unis à l’accession d’Israël aux armes nucléaires est « une preuve évidente » de l’injustice de la politique double que mènent les Américains en ce qui concerne les questions nucléaires, a ajouté le média.

Cependant, les États-Unis ont catégorisé les autres pays, notamment l’Iran et la RPDC, dont les activités nucléaires ont des fins pacifiques de « criminels nucléaires ».

Une telle politique de deux poids deux mesures est une rupture grave du principe d’impartialité dans le domaine nucléaire, a souligné la KCNA, ajoutant que le plan américain de construire « un monde sans armes nucléaires » n’est donc « rien d’autre qu’une diversion pour couvrir ses ambitions de dominer le monde avec le nucléaire et de tromper la population mondiale ».

L’agence de presse officielle de la RPDC a conclu que les États- Unis sont à blâmer pour la menace nucléaire et le danger de la prolifération nucléaire dans le monde.

01/12/2010
Chine informations

Corée du Sud


Voyage en Corée du Sud, Sur les docks – France Culture, 1/2, 2/2.

On parle habituellement de «la Corée», ce qui est vrai et faux. En fait, on se réfère alors à la Corée du Sud, l’un des quatre «dragons» asiatiques des années 60 (avec Taïwan, Hong-Kong et Singapour). Cette Corée est même devenue une puissance économique émergente. Or, la Corée du Sud n’est que la moitié d’un peuple.
La guerre de 1950-1953, permise par les Nations Unies, fut à la fois une guerre civile (plus d’un million de morts, certains experts affirment un million et demi) et une guerre internationale due à l’antagonisme Est-Ouest naissant. Depuis, «les Corée» paient un lourd tribut.
S’il y a eu un pays otage des rapports Est-Ouest – bien plus que les deux Allemagne -, c’est bien la Corée. Raison de plus pour s’y intéresser et essayer d’en comprendre l’identité : il faut toujours apprendre d’un grand peuple dévasté par l’histoire qui est parvenu à se redresser. D’autant plus que les voisins majeurs ont souvent cherché à le dominer : la matrice est chinoise, mais la botte a bien été japonaise. De 1910 à 1945, la Corée a vécu sous le joug insupportable de Tokyo.
Ces remarques apparemment négatives renvoient à une autre réalité : la Corée est «une», malgré le naufrage du Nord, enfermé dans la nuit d’une idéologie à laquelle personne ne croit, encore moins sans doute le régime kleptocrate de Pyongyang.
Huit jours en Corée du Sud ne peuvent permettre d’appréhender la destinée d’un peuple. Néanmoins, deux aspects ont été dégagés.

Lire aussi :
• Bibliographie, Les Enjeux internationaux – France Culture.
• Liens, Les Enjeux internationaux – France Culture.
• Dossier, France Culture.

La "belle-sœur" dévoilée interdite


Rue69 nous raconte, en partenariat avec Aujourd’hui l’Inde, les mésaventures de la bande dessinée en ligne Savita Bhabhi interdite en Inde.

Savita Bhabhi est un savant mélange de traditions et de valeurs transgressées. Le personnage principal est une femme mariée. Elle porte le sari (habit traditionnel), le sindur (petit trait vermillon à la racine des cheveux qui est le signe des femmes mariées), le bindi (point rouge entre les yeux) et le mangalsutra (pendentif en or qui est l’équivalent de l’alliance). Son mari est souvent absent alors, pour tromper l’ennui, elle couche avec des hommes de passage. Et pour cette Bhabhi (qui signifie « belle-sœur »), rien n’est tabou, même pas l’inceste.

Une page de ce feuilleton explosif est publiée chaque jour et traduite dans les neuf langues nationales. C’est un énorme succès sur le Net : 30 000 personnes se sont déjà abonnées aux aventures de la belle-sœur indienne, qui attire particulièrement les jeunes de la classe moyenne, moins puritains semble-t-il, que leurs aînés.

Un succès qui n’est pas du goût des puritains car le ministère des Technologies et de l’information a interdit le site le 30 juin dernier et en a bloqué l’accès à partir de l’Inde. Sans procès ni explication.

Commentaires de Renuka Renuka Singh, sociologue de l’université de Jawaharlal Nehru de New Delhi :

Utiliser une Bhabhi comme personnage principal est très provocant. En même temps, ce choix force les gens à se poser des questions sur les apparences. Plus de 70 % des Indiens sont encore aujourd’hui très attachés aux traditions. Mais l’image qu’ils donnent n’est pas toujours représentative de leur façon de vivre… Vous pouvez porter le sari et avoir une image classique, tout en ayant une vie sexuelle très active, voire libertine. Et c’est ce que Savita Bhabhi illustre d’une certaine façon. Ce qui se passe derrière les portes closes est très différent des apparences sociales. Les gens le savent bien, et ils l’ont toujours su, mais n’en parlent pas. Et je ne pense pas que notre société soit prête pour cela. Même si la jeune génération est un peu plus directe, parler de sexe ouvertement reste tabou.

Savita Bhabhi est une bande dessinée. C’est une histoire inventée, racontée au travers de dessins. En cela, elle ne viole pas notre réalité culturelle. Mettre en scène des personnages en chair et en os serait bien plus agressif pour nos traditions. Mais d’un autre côté, bien qu’il ne s’agisse « que » d’une bande dessinée, elle peut quand même avoir des conséquences négatives sur les valeurs traditionnelles indiennes. La confiance est très importante dans notre société. Les couples sont fondés sur cette confiance. En faisant le portrait d’une femme mariée qui couche avec tout le monde, Savita Bhabhi pourrait briser cette confiance. En outre, elle enseigne aux hommes une fausse idée en leur faisant croire que ce n’est pas grave de réduire la femme à un objet sexuel.

Commentaires de Arnab Das, producteur pour une chaîne d’information indienne :

C’est la première fois que nous voyons des bandes dessinées pornographiques en Inde. Le sexe n’est plus un sujet tabou ici. Le câble, les DVD et Internet ont rendu le porno facile d’accès à tous. « Savita Bhabhi » désigne la femme du frère aîné. Le choix du personnage est judicieux car beaucoup de pornos indiens exploitent le sujet de l’inceste et de plus en plus de sites web X utilisent ce personnage de bhabhi comme icône. Difficile d’expliquer pourquoi. Les psychologues s’insurgent contre la prolifération de ce genre de sites. Ils expliquent qu’un tel portrait de la bhabhi pourrait avoir un impact négatif sur la façon dont les hommes indiens conçoivent les valeurs familiales. C’est peut-être vrai, mais seulement jusqu’à un certain point.

Je ne pense pas que ce genre de littérature porno engendre un changement majeur de nos mentalités. L’inceste est un sujet aussi commun en Inde qu’il peut l’être dans le reste du monde. Il suffit de se souvenir de Kay Parker, grande star porno des années 80 réputée pour ses rôles incestueux, ou encore d’aller surfer sur les sites pornos du reste du monde pour se rendre compte que l’inceste fait parti du deal. Je n’essaie pas de justifier l’inceste, mais ce sont des faits. En ce qui me concerne, je ne suis pas choqué par cette bande dessinée. Chacun a le droit d’être excité par ce qu’il veut. La morale est une notion personnelle. Cependant, d’un point de vue juridique, les auteurs risquent d’être inculpés pour distribution de pornographie. Les lois indiennes sur Internet sont de plus en plus strictes.

Lire aussi :
• Sexe en Chine, Aujourd’hui la Chine
• Sexe en Corée, Aujourd’hui la Corée
• Sexe en Inde, Aujourd’hui l’Inde
• Sexe en Japon, Aujourd’hui le Japon