Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Mexique

Un roman mexicain


Bibliographie littérature

 

Le matin du 9 décembre 2005, le journal télévisé le plus populaire du Mexique diffuse les images de l’arrestation de deux dangereux ravisseurs et de la libération de leurs trois victimes. Quelques semaines plus tard, le directeur de la police reconnaît que l’émission était le produit d’un montage réalisé à la demande des médias.

Cette révélation déclenche ce qu’on appellera l’affaire Cassez-Vallarta, un des procès les plus controversés de ces dernières années, qui a valu à Florence Cassez sept années de prison et a conduit à l’invention de toutes pièces de la bande du Zodiaco ainsi qu’à une grave crise politique entre la France et le Mexique.

Entremêlant la rigueur journalistique et le clair-obscur de la fiction, Jorge Volpi raconte ici une histoire vraie qui semble surgir du plus ahurissant des romans policiers dans lequel le chantage, les mises en scène, les faux témoignages, la corruption et la torture sont autant de méthodes utilisées par la police mexicaine pour bâtir le plus grand montage politique, médiatique et judiciaire de l’histoire de ce pays. Il retrace aussi la vie et la personnalité de Florence Cassez et de son compagnon Israel Vallarta, l’intervention de la France et le combat mené par la famille et les avocats de la jeune Française pour dénoncer les innombrables irrégularités de sa détention et de son procès.

Jorge VOLPI, Un roman mexicain, Seuil, 2019 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Mexique, Monde en Question.
Index Littérature, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.

La situation au Mexique


 

Claudio Albertani, chercheur et écrivain italien, vit au Mexique depuis 26 ans. De nombreux textes de lui sur le Mexique se retrouvent sur les sites Internet de l’OCL, Divergences, la voix du jaguar, Infokiosques…. Certains de ses textes ont été sélectionnés dans un livre, Chroniques de barbarie et de résistance, Editions du Monde libertaires, 2013.

Partie 1

Partie 2

Lire aussi :
Claudio ALBERTANI, DivergencesInfokiosquesla voie du jaguarOCLRebeliónRISAL.
Elecciones 2006, Mundo en Cuestión.
Dossier documentaire Mexique, Monde en Question.

Monde des Mayas


Jean-Michel HOPPAN, CNRS :

  • Le calendrier maya
    Du XVIe au XIXe siècle, la domination exercée par les Espagnols entraîna chez les Mayas l’abandon presque total de leur système calendaire traditionnel. Chez certaines populations du Guatemala, n’en subsiste actuellement que le calendrier à cycles de 260 jours connu parmi les mayanistes sous le nom de tzolkin, dans le cadre d’un usage à caractère divinatoire. Cet article en explique le fonctionnement, ainsi que celui des autres rouages de l’ancien calendrier maya : le ha’ab aux cycles de 365 jours, la commémoration des katun, les « séries lunaires » et les cycles de 9 et 819 jours. Il présente également le système de notation des durées du « compte long » et des « nombres de distance », qui permettait de positionner les noms de jours donnés par rapport au jour initial de la chronologie. L’exposé de ces principes fondamentaux du système de comput maya a pour but de fournir au lecteur les éléments nécessaires au décryptage d’un exemple classique de date maya.
  • Les écritures mayas du nombre
    « Les écritures mayas du nombre » sont une synthèse des récents résultats d’analyses épistémologiques et épigraphiques d’une multitude d’écritures numérales ou numériques réalisées par les scribes mayas depuis l’époque préclassique jusqu’à celle de la conquête espagnole. Interprétées dans le cadre des numérations parlées (de type protractif et additif) et dans celui des mesures de temps, la grande diversité des données analysées conduit à une typologie de l’ensemble des formes (notamment des zéros) et des systèmes mayas d’écriture du nombre, tant dans la représentation des dates et des petites durées, que dans celle des translations temporelles et des grandes durées. Des remarques discutent ou signalent : certains usages (âge de la Lune, durée des lunaisons, pas des translations dans les almanachs, etc.), diverses interprétations (par exemple du zéro comme signe d’achèvement, d’intronisation, etc.), plusieurs distinctions mayas (ordinal/cardinal, prospectif/rétrospectif), ou encore des thèses anciennes ou des conjectures récentes (hypothèse courte, unité principale du système des mesures de temps, propriété du « zéro opérateur », éventualité d’un tun de 400 jours, passage d’un comptage en kin à un comptage en tun).
  • L’écriture figurative des Mayas
    Utilisée durant deux millénaires jusqu’au XVIIe siècle pour transcrire des discours énoncés dans des langues de la famille maya, l’écriture logo-syllabique des Mayas est une écriture dite figurative, en ce sens que la plupart des signes de son répertoire sont marqués par une iconicité signifiante : le signe n’y représente en effet pas seulement un son mais est également un pictogramme investi d’une charge sémantique, étroitement liée à son origine iconique. Ce chapitre des actes du colloque « Image et conception du monde dans les écritures figuratives » (Collège de France et Académie des Inscriptions & Belles-lettres, janvier 2008) se propose de passer en revue les principaux signes actuellement déchiffrés de l’écriture maya dans quelques classes particulièrement chargées de sens graphique : les signes de l’être humain, têtes et parties du corps, les signes d’animaux les plus emblématiques (félins, oiseaux et serpents), et signes de l’espace et du temps. L’échantillon analysé est mis en parallèle, dans les autres chapitres de l’ouvrage, avec ce que l’on observe dans d’autres écritures figuratives à travers le monde, mettant en évidence différences et points communs au sein de ces classes de signes.
  • Notice sur l’inscription d’un vase polychrome maya
    Cet article propose une transcription, avec interprétation, du texte glyphique peint sur un vase maya, que l’auteur appelle « vase à l’effigie du dieu K ». Ce vase en terre cuite polychrome, de 28,5 cm de hauteur et 11,5 cm de diamètre, a été mis en vente dans une galerie parisienne en septembre 2012. Cet objet est de provenance inconnue, les circonstances de sa découverte demeurent indéterminées mais l’analyse de son inscription et la comparaison avec d’autres céramiques mayas de l’époque classique permettent d’établir qu’il s’agit d’une production de la cité de Motul de San José (El Petén, Guatemala), pour la vaisselle d’apparat du roi K’inich Lamaw Eek’ (milieu du VIIIe siècle).
  • A propos de deux inscriptions parallèles à Edzná (Campeche, Mexique)
    Dans cet article, l’auteur propose une nouvelle transcription des textes gravés sur deux stèles mayas de l’époque classique : la Stèle 21 et la Stèle 22 d’Edzná, dans l’Etat mexicain du Campeche. Cette transcription permet notamment d’interpréter différemment la datation de ces monuments monolithiques, faisant de la Stèle 22 le plus ancien monument daté dans ce site. Elle met d’autre part en évidence un toponyme qui apparaît comme ayant probablement été le nom ancien de cette cité, distinct de l’emblème connu par ailleurs pour être celui de l’entité politique à la tête de laquelle se trouvait Edzná à l’époque classique.
  • L’art de faire des tableaux dans les écritures aztèque et maya
    Le caractère figuratif des écritures mésoaméricaines implique que les peintres-écrivains aztèques et mayas devaient posséder une bonne connaissance des langues transcrites et des thèmes abordés dans les écrits, ainsi que d’avoir la capacité de savoir allier une fine conscience de la nature à un sens artistique développé, pour faire ressortir de façon suffisamment significative les traits distinctifs des images créées. De nombreux aspects du message étant sous-entendus dans ces écritures et fournis par le contexte, les peintres-écrivains ont fréquemment eu recours à la mise en tableaux, afin de mettre en place les structures formelles les plus claires possibles. Les auteurs se proposent dans cet article d’explorer comparativement les procédés mis en oeuvre dans cette stratégie, chez les Aztèques et chez les Mayas.

Lire aussi : Dossier documentaire Mexique, Monde en Question.

Revue de presse Culture 14/08/2011


14/08/2011, Hélène , Je l’entends comme je l’aime

Écrivain, dramaturge, philosophe, femme avant tout [sans commentaire], Hélène Cixous est à part. Elle écrit sans relâche – une cinquantaine de livres depuis les années 60 -, et l’on ne saurait la situer dans un paysage littéraire. Hélène Cixous est unique, l’auteur d’une œuvre incomparable, lue, admirée et commentée par des lecteurs et lectrices du monde entier. Dans les colloques internationaux qui lui sont consacrés, la musique n’est pas toujours au centre des discussions, et pourtant elle tient une large place dans sa vie, dans sa généalogie. Elle est déjà au cœur des langues d’Hélène Cixous, l’allemand, l’arabe, l’anglais, et les langages de ses familles héritées et de ses familles choisies. La musique est aussi la compagne des scènes de théâtre où elle compose des pièces spectaculaires avec Ariane Mnouchkine et le compositeur Jean-Jacques Lemêtre. Le timbre d’Hélène Cixous recèle une multiplicité de voix.

14/08/2011, La guerre d’Algérie, vingt cinq ans après : le 13 mai à Alger, Fabrique de sens

14/08/2011, 1932 – Los excluidos combaten por la libertad Libro de José Daniel HIDALGO GAMARRA, Red Voltaire

Daniel Hidalgo como estudioso de temas sociales, ha comprendido que la marcha histórica tiene una honda relacion entre individuo anónimo con los grandes motivadores. En este proceso dialéctico, después de la heroica revolución de julio de 1932, viene tejiéndose en el Perú una nueva realidad social.

14/08/2011, Como hace 2.400 años, El País

A propósito del artículo de opinión de Mario Vargas Llosa -publicado en El País el 31 de julio- sobre los efectos de Internet en nuestro cerebro, me dejó un poco perpleja el hecho de que hace más de 2.400 años los pensadores griegos clásicos, y concretamente Platón, hubieran advertido de peligros semejantes, en este caso referidos a la invención de la escritura.

13/08/2011, Les nouvelles fractures du peuple, Les Rencontres de Pétrarque

Le génie du peuple, tel que l’imaginait Victor Hugo, impliquait une fusion des volontés toutes tendues vers un but commun. Mais ce qui était possible lors des révolutions, s’est souvent fracassé dans le quotidien du politique. Les classes sociales sont venues perturber cette belle unité. Aujourd’hui de nombreuses voix critiques se font entendre pour diviser autrement la société. Ce qui briserait l’unité du peuple ne serait plus la classe mais la race, fruit d’un long siècle de colonisation et d’immigration.
Le peuple et la race sont des constructions imaginaires, mais utiles pour nous détourner de la lutte des classes.

12/08/2011, Iran, le compte à rebours, Revue Outre-Terre n° 28

12/08/2011, Une autre approche de la globalisation : socio-histoire des organisations internationales (1900-1940), Critique internationale n°52

Riche d’enseignements, ce dossier montre in fine comment certaines organisations internationales clés d’aujourd’hui se sont constituées sur le temps long, et permet de mieux comprendre des modes de fonctionnement et des habitus que Franck Petiteville et Olivier Nay analyseront, dans le prochain numéro, avec leurs regards d’internationaliste et de politiste.

12/08/2011, L’imaginaire des nombres chez les anciens Mexicains, Intelligence Arithmétique Maya

Ce livre est une somme d’informations pour qui cherche à saisir L’imaginaire des nombres chez les anciens Mexicains. La préface de Philippe Portier vante l’ouvrage qui dépasse les débats récents sur l’avenir de l’anthropologie présentée comme tiraillée entre la tentation de l’universalisme axiologique et la thèse que « les savants du Nord sont incapables d’entrer dans les arcanes des sociétés dont ils ne sont pas originaires ».

11/08/2011, L’objet de Cuba – La pierre taina par Zoé Valdès, Les Objets

11/08/2011, Revue des revues, Monde en Question

Lire aussi :
Revue de presse Culture 2011, Monde en Question.
Dossier documentaire Algérie, Monde en Question.

Révolution et contre-révolution au Mexique


Mexique, janvier 1994. Le claquement des fusils de l’armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos rappelait au monde que le sud du Rio Grande avait été le théâtre d’une des premières révolutions du 20e siècle.

Depuis, Pancho Villa et Emiliano Zapata sont devenus pour nous des personnages familiers. Au Mexique même, ils chevauchent encore aux côtés de ceux et celles qui luttent pour leurs droits et leur émancipation.

Ce livre nous invite à un voyage dans le Mexique contemporain tout en nous faisant découvrir la richesse idéologique et politique du Mexique révolutionnaire de 1910-1917 et de ses acteurs, en particulier de Ricardo Flores Magon et de ses frères. C’est un tableau effrayant du Mexique d’aujourd’hui qui nous est ici proposé, un pays où les recettes néolibérales les plus brutales sont imposées par un état mafieux, avec l’appui inconditionnel des États-Unis, au prix d’une militarisation croissante de la société. Cependant, on y trouvera également une évocation de la puissance des mobilisations en cours, notamment parmi les peuples indigènes, les salariés des mines et de l’électricité, les immigrés aux États-Unis, dont la détermination n’a d’égal que le courage. Ces luttes puisent dans l’expérience et la mémoire d’un siècle de combats contre l’oppression, tout en ne cessant d’inventer de nouvelles modalités de combat contre les oligarchies économiques et politiques et le terrorisme d’État.

James D. COCKCROFT, Révolution et contre-révolution au Mexique (1910-2010), Syllepse, 2011 [Entre les lignes entre les mots].

Lire aussi :
• Il y a 100 ans : la révolution au Mexique, Marxisme.
• La Révolution Mexicaine de 1910-1920, La Riposte.
• Adolfo GILLY, La révolution mexicaine (1910-1920), Syllepse, 1995.
Le Mexique de l’épopée révolutionnaire des compagnons d’Emiliano et de Pancho, le Mexique authentique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d’histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution interrompue.
Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d’aujourd’hui et les aspirations de son peuple à travers l’épopée et la réalité d’une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays.
Dossier documentaire & Bibliographie Mexique, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL

Préoccupation face à la violence contre le mouvement social au Chiapas


Le Service International pour la Paix (SIPAZ) exprime sa forte préoccupation face à la nouvelle escalade de violence et de répression à l’encontre du mouvement social et des défenseurs des droits humains au Chiapas. Un communiqué du Réseau pour la Paix daté du 28 février dernier fait référence à ce contexte de détérioration et souligne l’absence de volonté politique et/ou de capacité de la part du gouvernement étatique quand il s’agit d’intervenir dans les conflits existants, ainsi que sa tendance à éviter de les aborder ou à chercher des « solutions » à court terme, et lorsque cela s’avère impossible, à recourir à la répression contre les groupes opposés à sa politique. Les événements récents à San Sebastian Bachajón, Tonalá et Mitzitón semblent illustrer ces tendances qui ont renforcé la polarisation et qui pourraient engendrer des conséquences encore plus graves.

Lire la suite… SIPAZ

Revue des revues n°2


La faim au Mexique : un phénomène croissant et peu d’espoirs d’amélioration sans des changements de fond, SIPAZ Bulletin Vol. XV Nº 4, Novembre 2010.

Selon les chiffres du CONEVAL, les populations les plus atteintes par des situations d’insécurité alimentaire modérée ou sévère se trouvent principalement concentrées au centre et au sud-est du Mexique. Ils reflètent par exemple qu’au moment de l’enquête, ces caractéristiques touchaient 26,3% de la population au Chiapas, 28,8% au Oaxaca et 33,8% au Guerrero. Le problème de la faim au Mexique est particulièrement sévère parmi les peuples indiens : en 2008, 33,2% des enfants indigènes de moins de 5 ans souffraient d’atrophie du fait de la malnutrition.

LAMLOUM Olfa (sous la direction de), Médias et islamisme, Ifpo

Médias et islamisme est un chantier de recherche peu exploré. Lui consacrer une livraison des Cahiers de l’Ifpo se justifie à un double titre. D’une part, parce que depuis le 11 septembre 2001 et dans le sillage de la chute du régime baasiste irakien, l’irruption des médias numériques, proches ou affiliés à l’une des composantes de l’islam politique, a marqué le champ médiatique panarabe et transnational. Désormais l’islamisme dispose de supports additionnels pour publiciser ses croyances et contester les récits belliqueux à son encontre. D’autre part, parce que l’espace médiatique arabe a connu depuis le milieu des années 1990 des changements majeurs, au point qu’il incarne aujourd’hui une arène politique qui se substitue souvent au champ politique régi par l’ordre autoritaire, et qu’il met en compétition des logiques de pouvoir et de mobilisation inédites.

Lire aussi :
• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

Controverse de Valladolid


La conquête coloniale des Amériques par les monarchies catholiques d’Espagne et du Portugal fut l’acte fondateur de la barbarie européenne et, par extension, de la barbarie occidentale qui s’autoproclame LA civilisation et se prétend LE modèle indépassable pour les peuples colonisés des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie.

Bartolomé de Las Casas fut un colonialiste version humanitaire – un Bernard Kouchner du XVIe siècle [1]. Son œuvre, intéressante rétrospectivement alors qu’elle fut interdite de publication jusqu’au XIXe siècle, n’eut aucun impact sur la colonisation qui se poursuivit imperturbablement. Elle est instrumentalisée aujourd’hui pour minimiser le crime contre l’humanité perpétré par la monarchie catholique.

On n’a pas attendu le XX° siècle et la fin des empires coloniaux pour que dès le début de la conquête de l’Amérique, un évêque qui y avait participé, Bartolomé de Las Casas, dénonce les crimes des conquistadors dans ce qu’on appelait encore les Indes. C’était en 1550, dans la vieille cité castillane de Valladolid où Charles Quint avait réuni les plus grands philosophes et théologiens de l’époque pour discuter de la légitimité de l’immense empire construit par les Espagnols en Amérique, 58 ans après sa découverte par Christophe Colomb en 1492.
2000 ans d’Histoire

Au Mexique, la hiérarchie catholique vénère Bartolomé de Las Casas comme un saint ; la gauche et l’extrême gauche, aussi débiles qu’en France, l’honorent en passant sous silence que, s’il critiqua les « excès » des colons, son objectif était concilier évangélisation et colonisation (maintenir en vie les colonisés pour les évangéliser) et que ses propriétés de terres indigènes lui rapportaient 100.000 castellanos par an – une petite fortune à l’époque.

12/11/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Controverse de Valladolid, Académie d’ Aix-Marseille .

• Bartolomé de LAS CASAS, La controverse entre Las Casas et Sepúlveda [introduit, traduit et annoté par Nestor Capdevila et précédé de Impérialisme, empire et destruction], Vrin, 2007 [BooksGoogleAcadémie de ParisErytheis].
La controverse entre Las Casas et Sepúlveda (1550-1551), connue sous le nom de controverse de Valladolid, est une interrogation des fondements de l’impérialisme européen qui le fait apparaître à ses propres yeux comme une entreprise civilisatrice ou génocidaire. Ce débat rigoureusement fondé sur les principes universalistes de la révélation et du droit naturel est un conflit politique pour une nouvelle détermination de l’empire rendue nécessaire par la « découverte » du Nouveau Monde et sa conquête. Sepúlveda légitime cette guerre en revendiquant pour l’Espagne, en tant que peuple chrétien et rationnel, un droit a priori sur l’Amérique et ses habitants idolâtres et barbares. Las Casas condamne toute la conquête en niant la barbarie des peuples indiens et en leur reconnaissant la souveraineté. Ce qui aux yeux de Sepúlveda est un usage légitime de la force au service de la foi et de la civilisation est pour Las Casas un sacrifice humain inavouable et occulté par la victoire du « faux » christianisme sur le « vrai ».

• CAPDEVILA Nestor, Las Casas et la tolérance, Fondation Ostad ElahiColloque L’invention de la tolérance, 08/09/2007.
Las Casas est un catholique orthodoxe qui combat l’infidélité en Amérique comme en Espagne. Son objectif a toujours été de supprimer l’idolâtrie des Indiens, de les convertir et de les soumettre à l’autorité impériale de Charles Quint. La condamnation de la conquête de l’Amérique (« la destruction des Indes ») l’amène ainsi à défendre les droits des peuples indiens (la souveraineté et la propriété). Il reconnaît également aux païens le droit et même le devoir de défendre leur religion. L’autre face de ses projets de colonisation et de conversion pacifiques est une rationalisation hétérodoxe de l’idolâtrie, et en particulier du sacrifice humain, dans le langage de l’orthodoxie catholique. La tolérance est chez lui cette contradiction rigoureusement argumentée par laquelle il défend ce qu’il combat et qui lui impose de fonder la soumission et la conversion des Indiens sur leur accord parfaitement libre.

• CARRIÈRE Jean-Claude, La controverse de Valladolid, Belfond, 1992 et Pocket, 1999 [Fiches de lectureIterevaWebLettres].
• VERHAEGHE Jean-Daniel, La controverse de Valladolid, 1992 [TV5].

Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Mexique, Monde en Question.


[1] Le colonialisme humanitaire, Monde en Question.

 

Célébrations contre l’Histoire


Le Mexique célèbre le même jour le bicentenaire de l’Indépendance et le centenaire de la Révolution. Les célébrations hollywoodiennes de ces deux événements et le pont exceptionnel de quatre jours, dont bénéficie les fonctionnaires, masquent les enjeux historiques [1].

La Jornada (centre gauche) fait sa Une sur les mesures de sécurité dans la capitale. Signe des temps où les questions sociales, au Mexique comme en France, sont occultées au profit de l’instrumentalisation des questions sécuritaires.

L’éditorial de La Jornada [2] revendique une souveraineté nationale que « le modèle néolibéral dicté par Washington » aurait balayé. Or ce n’est pas Felipe Calderón (PAN) qui a introduit le néolibéralisme au Mexique, mais Miguel de la Madrid (PRI) entre 1982 et 1988 – politique consolidée par Carlos Salinas entre 1988 et 1994 notamment par les accords de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain).
De même en France, c’est le gouvernement Pierre Maurois, soutenu par le Parti socialiste et le Parti communiste, qui introduisit le néolibéralisme par le biais du « tournant de la rigueur« .

Un article de La Jornada [3] rappelle opportunément que, 200 ans après l’Indépendance (contres les Espagnols) et 100 ans après la Révolution (sociale), les peuples autochtones restent « marginalisés, exclus, exploités et victimes du racisme ». Or, Felipe Calderón n’est pas l’initiateur mais l’héritier d’une politique menée par « les pères fondateurs », semblable à celle menée aux États-Unis contre les Amérindiens, et l’hériter de 72 ans de gouvernement du parti unique (PRI) qui avait acheté la paix sociale par la corruption des élites syndicales et politiques.
De même en France, Nicolas Sarkozy poursuit ouvertement une politique contre les émigrés – Arabes hier et Roms aujourd’hui, qui fut celle de tous les gouvernements depuis 1830 (date de la conquête de l’Algérie). Il est symptomatique que Éric Besson, ancien directeur de campagne de Marie-Ségolène Royal, et Bernard Kouchner, ancien ministre socialiste (colonialisme humanitaire), soient les promoteurs – actif pour l’un et à l’insu de son plein gré pour l’autre – d’une politique initiée par l’Empire français.

Au Mexique, Felipe Calderón est fustigé par une gauche qui partage les mêmes valeurs, mais qui est en pleine déroute (perte de 7 789 277 voix entre 2006 et 2009).
De même en France, Nicolas Sarkozy est devenu le symbole de tous les maux alors qu’il ne fait qu’appliquer une politique partagée par une gauche qui n’offre pas d’alternative.

16/09/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] La celebración, show de Disney e infomercial del gobierno: especialistas, La Jornada.
[2] Bicentenario: festejo fallido, La Jornada.
[3] ¿Qué tenemos que celebrar?, La Jornada.

L'im-Monde et le Mexique


Un éditorial publié dans Le Monde et qui présente le Mexique comme un pays « miné par les barons de la drogue » n’a pas beaucoup plu à la présidence mexicaine… Felipe Calderón s’est même fendu d’un article pour répondre aux accusations lancées par le journal français et tenter de redorer l’image du Mexique en France.
Le Grand Journal du Mexique

Quand l’éditorialiste écrit

Un résultat flatteur qui pourrait préluder le retour du PRI à la présidence en 2012. Les Mexicains devront, alors, choisir entre la liberté offerte par le régime issu il y a dix ans de l’alternance et la sécurité garantie par l’ancien parti hégémonique. Dilemme peu réjouissant.
Le Monde

il n’explique pas pourquoi la gauche, qui avait enregistré les meilleures scores de son histoire lors des élections présidentielle et législative de 2006, a perdu 7 789 277 voix en 2009. Il est plus vendeur de présenter le Mexique comme un pays « miné par les barons de la drogue » et de soutenir l’odieux Enrique Krauze [1].

18/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• LEFORT Serge, Retour du PRI, Monde en Question.
• LEFORT Serge, Le triomphe de la démagogie, Monde en Question.
• Especial México 2006, Monde en Question.


[1] Lire :
• LEFORT Serge, El odio de clase de Enrique Krauze, Monde en Question.
• NIETO LÓPEZ Jesús, Carta a « Le Monde », Monde en Question.