Monde en Question

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Let’s Get Rid of growth! – Larguons la croissance !


Bibliographie économie

 

Ce livre pourrait s’appeler : Larguons la croissance ! Débarrassons-nous de la mondialisation mue par le capital

Nous sommes dans une impasse: la croissance est devenue insoutenable, elle ne crée plus d’emplois comme par le passé, elle concentre la richesse entre les mains d’une infime oligarchie et elle détruit notre planète. La mondialisation telle que mue par le capital est bien sûr derrière ce désastre total qui mettra fin à notre monde si nous ne réagissons pas à temps.

Mais pour ce faire il nous faut un projet : une alternative au cours mortel emprunté par notre monde. Nous devons inverser nos priorités et ne plus attendre de la croissance la solution à tous nos problèmes. Nous devons plutôt donner la priorité à nos besoins essentiels, à la restauration de notre environnement, à la convivialité de nos sociétés et à l’autonomie de nos économies.

Pour ce faire il nous faut donner naissance à un nouveau monde, ce qui exige que nous combattions l’idéologie dominante, que nous réinventions la démocratie, que nous gouvernions sagement et que nous bâtissions des sociétés justes.

Les intellectuels et les activistes ont une responsabilité toute particulière à cet égard et ce livre leur est particulièrement dédié. Tel est le projet d’ensemble proposé par Ariel Français, un plan d’action pour changer notre monde, pour le rendre plus plus équitable, plus convivial et plus durable.

Ariel FRANÇAIS, Let’s Get Rid of growth!: Moving Away from Capital-Led Globalization, Amazon, 2017.

Je n’ai pas lu ce livre, mais le résumé de l’auteur me rappelle les propositions du Club de Rome créé en 1968 !

On ne parlait pas de mondialisation à l’époque, mais qu’importe. Les mots changent plus rapidement que la réalité. Lénine a écrit en 1916 L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, diagnostic qui reste d’actualité même si le terme impérialisme n’est plus guère usité aujourd’hui.

De mon point de vue, le changement le plus important fut le triomphe du néo-libéralisme dans tous les pays quel soit le régime politique en place : Angleterre sous Margaret Tatcher, États-Unis sous Ronald Reagan, France sous François Mitterrand ou Chine sous DENG Xiaoping. Or, ce changement a produit, ruse de l’histoire, un déplacement du leadership des États-Unis en faveur de la Chine. L’élection de Donald Trump, après les déplorables années Obama, reflète le lent mais inexorable déclin de la puissance américaine.

31/01/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Ariel FRANÇAIS, Biographie L’Harmattan – Bibliographie, AmazonBlogSite NOUVEAU.
Dossier documentaire Tournant de la rigueur (Néo-libéralisme en France), Monde en Question.
Veille informationnelle Économie, Monde en Question.
L’envers du cirque des élections américaines, Monde en Question.
Élections américaines – Revue de presse, Monde en Question.

Les États-Unis vacillent


Le 6 novembre 2012, les Etats-Unis voteront. Déjà, les candidats ont sorti les couteaux et se sont lancés dans la chasse aux fonds qui alimenteront leur campagne. Barack Obama, candidat à sa succession, gagnera-t-il son pari ? Les sondages le donnent gagnant contre tous ses adversaires potentiels républicain. Mais… Tellement de choses peuvent se passer d’ici là, aux Etats-Unis et dans le monde.

Ne voilà-t-il pas que la fragilité du colosse d’Outre-Atlantique, si longtemps sous-estimée, fait monter la température sur les cinq continents ? Une situation qui donne des cauchemars aux marchés et menace les fondements mêmes de l’économie globalisée. Pensez. Voilà les States montrés du doigt par les agences de notation comme un quelconque pays du sud européen. Qui l’aurait cru voici quelques années encore ? En cause, la profondeur abyssale de la dette américaine. Alors qu’elle représentait 60% du produit intérieur brut voici quatre ans, elle dépasse cette année les 101%. En cause et en vrac, l’injection par l’Etat de centaines de milliards de dollars pour soutenir les banques, l’injustice des cadeaux fiscaux accordé sous l’ère Bush Jr aux revenus les plus élevés et sur lesquels l’administration actuelle n’est pas revenue. Et, histoire de tenir une promesse de campagne, même revue à la baisse, la mise en œuvre par l’administration Obama d’un système de couverture des soins de santé.

Lire : Maurice MAGIS, Crise budgétaire aux États-Unis : le colosse vacille, Association culturelle Joseph Jacquemotte, Août 2011.

Lire aussi :
Revue de presse Élections 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Le catastrophisme se vend bien


La prévision de catastrophes se vend et se vend bien (200€ l’abonnement). Le dernier numéro du GEAB nous promet une « année impitoyable ». Cette « lettre confidentielle » du LEAP ne s’adresse naturellement pas aux victimes de la crise systémique globale c’est-à-dire la masse des salariés et des retraités, mais vend des « recommandations pour faire face aux chocs à venir » à ceux qui ont beaucoup à perdre mais aussi à gagner de la crise.

Franck Biancheri, Directeur des Études pour le groupe LEAP/E2020, écrivait le 15 février 2006 :

Le Laboratoire européen d’Anticipation Politique Europe 2020 – LEAP/E2020 – estime désormais à plus de 80% la probabilité que la semaine du 20 au 26 Mars 2006 voit se déclencher la principale crise politique mondiale depuis la Chute du Rideau de Fer en 1989, accompagnée d’une crise économique et financière d’une ampleur comparable à celle de 1929.

Parmi ses nombreuses prédictions démenties par les faits :

Les évaluations les plus conservatrices placent l’Euro à 1,30 Dollar à la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’Euro à 1,70 Dollars en 2007 ne paraissent plus irréalistes.

Le LEAP, militant pour une Europe supranationale qui se substituerait à l’Empire américain en déclin, sous-estime totalement la Chine qui est devenue le partenaire économique incontournable non seulement avec l’Afrique et avec l’Amérique latine mais aussi avec l’Europe (rachat de la dette de l’Irlande, du Portugal, de la Grèce, etc.).

La revue de presse – sélection hedomadaire des articles parus dans la presse internationale en ligne (en moyenne: 80% en anglais, 20% en français) au sujet du déploiement de la crise globale – est néanmoins un outil intéressant.

31/01/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• La guerre psychologique du LEAP/E2020, Mecanopolis, 27/02/2009.
• LEAP/Europe 2020, NewropeansLEAP/Europe 2020GEAB.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.

Le général McChrystal crache dans la soupe


Alors que les troupes d’une coalition de plus en plus flageolante peinent à remporter en Afghanistan la victoire finale promise par Barack Obama, le général Stanley McChrystal, commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (un titre qui ne s’invente pas), a critiqué la stratégie américaine à la manière d’un Bigeard ou d’un Massu.

L’ambassadeur américain en Afghanistan, Karl Eikenberry ? Quelqu’un qui «veut couvrir ses arrières pour les livres d’histoire».
L’envoyé spécial de l’administration Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke ? «Un homme dont les courriels ne valent même pas la peine d’être lus».
Le vice-président Joe Biden ? «Vous avez dit Bite Me ?» (va te faire voir en anglais).
Rolling Stone Politics

L’article reflète le fossé entre l’armée américaine et les conseillers d’Obama au moment où le Pentagone doit faire face à la critique de sa stratégie dans cette guerre qui s’enlise un peu plus chaque jour.

C’est une guerre vouée à n’être pas gagnée. Il s’agit de se créer une sortie honorable, une non victoire décente. C’est tout ce qu’il reste.
Metro

Whatever the nature of the new plan, the delay underscores the fundamental flaws of counterinsurgency. After nine years of war, the Taliban simply remains too strongly entrenched for the U.S. military to openly attack. The very people that COIN seeks to win over – the Afghan people – do not want us there. Our supposed ally, President Karzai, used his influence to delay the offensive, and the massive influx of aid championed by McChrystal is likely only to make things worse. « Throwing money at the problem exacerbates the problem, » says Andrew Wilder, an expert at Tufts University who has studied the effect of aid in southern Afghanistan. « A tsunami of cash fuels corruption, delegitimizes the government and creates an environment where we’re picking winners and losers » – a process that fuels resentment and hostility among the civilian population. So far, counterinsurgency has succeeded only in creating a never-ending demand for the primary product supplied by the military: perpetual war. There is a reason that President Obama studiously avoids using the word « victory » when he talks about Afghanistan. Winning, it would seem, is not really possible. Not even with Stanley McChrystal in charge
Rolling Stone Politics

Quand un militaire crache dans la soupe les carottes sont cuites !

23/06/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

La première puissance mondiale ébranlée


Le 3 février, Lianhe Zaobao a publié un article intitulé « Pourquoi Obama se soucie que les États-Unis perdent son titre de premier mondial ? ». Selon cet article, il s’agit de la première fois depuis le début du XXe siècle qu’un président américain s’avoue publiquement soucieux de la position mondiale de son pays. En effet, depuis qu’ils sont devenus la première économie mondiale, les États-Unis se maintiennent en tête de peloton, place qu’ils garderont pour encore longtemps. Alors, comment pourraient-ils passer du sommet à l’abîme ? Qu’est-ce qui a poussé Obama à jurer que son pays n’accepterait pas la deuxième place mondiale ? La situation mondiale et son évolution, qui leur devient défavorable.

Le 27 janvier, le président Obama a prononcé son discours sur l’État de l’Union dans lequel on a remarqué trois « premiers » :

1. C’est la première fois que le président américain place un discours sous le signe de la sauvegarde de l’économie, tout en éludant les questions diplomatiques internationales. Cela n’est pas sans rappeler le discours sur la crise économique de Roosevelt en 1933. Plus de 70 ans après, Obama emprunte le vocabulaire de son prédécesseur, en parlant des « fournisseurs de monnaies cupides » et des « banquiers de Wall Street, acteurs principaux de la crise financière »… Du début à la fin, Obama prie les Américains noyés dans les difficultés de garder confiance, et de soutenir leur président, afin de surmonter ensemble la crise.

2. C’est la première fois depuis l’établissement des relations diplomatiques avec la Chine en 1978 que le président américain parle de la Chine en termes admiratifs. Dans son discours, Obama a cité le développement du chemin de fer à haute vitesse et l’exploitation pionnière des énergies nouvelles en Chine, afin de motiver le peuple américain.

3. C’est la première fois depuis le début du XXe siècle que le président américain s’avoue publiquement soucieux de la chute des États-Unis.

Ces trois « premiers » sont interdépendants. Le déclin économique retarde le développement militaire et affaiblit l’hégémonie américaine. Et le seul pays capable de défier les États-Unis, c’est la Chine, pays au fort potentiel et à la croissance vertigineuse.

La première puissance mondiale ébranlée

En 1894, un pays composé de treize États indépendants, rafle au Royaume Uni la place de première économie mondiale. Ce pays ? Les États-Unis. En 1914, le revenu national américain atteint 37 milliards de dollars, soit 337 dollars par habitant, 50 % de plus qu’au Royaume Uni, et deux fois plus qu’en Allemagne et en France. Au début du XXe siècle, les États-Unis gagnent en puissance grâce au développement des chemins de fers, de l’électricité, des sciences et des technologies.

Certes, ils ne se sont pas hâtés dans leur hégémonie. Quand les puissances européennes se plongeaient dans la guerre, ils se contentaient d’observer, de l’autre côté de l’Atlantique. Mais alors l’Europe entière risquait d’être anéantie par les deux guerres mondiales, ils ont choisi d’intervenir. Le débarquement de Normandie a finalement conduit à la victoire des armées alliées sur l’Allemagne et l’Italie, et permis aux États-Unis de s’ériger en leader de l’Occident, par le biais de la fondation de l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord (OTAN), bloc militaire contre l’Union soviétique.

Après la seconde guerre mondiale, les États-Unis sont devenus la première puissance militaire du monde, et contrôlaient la moitié du volume économique et de la réserve d’or du globe. Reliant l’Atlantique et le Pacifique, le territoire américain profite bien de ses avantages géographiques dans le commerce libre. De là, une grande variété de produits, gros comme les véhicules, les avions et les navires, petits comme les copies de films, les disques de Jazz et le chewing-gum, inondent les marchés mondiaux. Un hamburger et une canette de coca-cola peuvent apporter des centaines de milliards de profits.

Entrés dans l’ère de la mondialisation, les États-Unis ont inventé une nouvelle méthode pour faire de gros bénéfices avec un petit capital. En délocalisant les usines, les produits haut de gamme de marque américaine se vendent dans le monde entier pour un coût de revient très bas, et créent ainsi une fortune inépuisable. L’Oncle Sam demeure le plus riche du monde et distance de loin ses rivaux.

Selon le grand historien anglais Arnold Toynbee, l’Orient se cachait dans l’ombre de l’Occident. De l’Égypte à la Chine, le monde de l’Est avait été plus brillant que l’Ouest. Hélas, cette situation fut renversée plus tard. Face aux avantages absolus des États-Unis dans les domaines économique, militaire, culturel et social, Henry Luce, patron du Times et de Life, s’est exclamé que le XXe siècle était le siècle américain !

Aucun empire n’est éternel

Il n’y a jamais eu d’empire éternel dans l’Histoire. D’une petite ville à un empire qui s’étend en Europe, en Asie et en Afrique, Rome a fini par décliner après quatre siècles. Quand Napoléon a battu toute l’Europe pour devenir le roi des rois, il ne savait pas que sa gloire ne durerait qu’une génération. L’Empire britannique que l’on appelait au XIXe siècle l’« empire sur lequel le soleil ne se couche jamais » n’arrivait même plus à payer ses factures après la seconde guerre mondiale. Pour l’écrivain soviétique Ehrenbourg, la révolution d’Octobre 1917 en Russie a ouvert l’ère du socialisme mondial. Cependant, l’«empire rouge » s’est effondré avant même la fin du XXe siècle.

Un pays, une époque ou un système, s’il ne peut faire valoir les avantages ni remédier à ses faiblesses, finit par décliner. Quand la crise économique structurelle balayait le monde capitaliste dans les années 70 et 80, les États-Unis ont réajusté les politiques afin de se rétablir. Une révolution informatique a été lancée, allant de pair avec l’essor du marché boursier et de l’immobilier. Avec l’excès du nombre de cartes bancaires, la consommation gonflait dangereusement. Les produits bon marché provenant de la Chine satisfaisaient l’appétence de milliers de familles américaines. Il semblait que l’argent était inépuisable.

Pourtant, une crise financière surprenante a mis l’empire du dollar au tapis. Il était trop tard quand on a réalisé que le système était en panne et que la voracité des financiers de Wall Street était la source du mal. L’économie s’était déjà noyée. Endossant de lourds déficits budgétaires, les États-Unis d’aujourd’hui ne peuvent qu’émettre des emprunts nationaux auprès des pays étrangers et faire fonctionner la planche à billets. Le pouvoir d’achat en berne, la qualité des marchandises dans les centres commerciaux de Washington se dégrade.

Le 1er février, le président Obama a proposé un plan budgétaire de 3 830 milliards de dollars pour l’année 2011, qui prévoit que le déficit représentera 8,3 % du PNB. Selon l’Institution Brookings, « dans un avenir prévisible, l’administration Obama ne nous apportera que des déficits insupportables ». Bien que les États-Unis soient encore la première puissance économique mondiale, ils seront parallèlement le champion mondial du chômage, du déficit et de l’endettement.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’économie, les forces militaires et les concepts constituent les trois piliers de la légende américaine. Aujourd’hui, le Trésor public américain souffre d’anémie et n’arrive pas à joindre les deux bouts. La NASA a déjà abandonné ses missions lunaires. Les deux guerres anti-terroristes coûteuses en Irak et en Afghanistan les maintiennent en grande difficulté. Quant au modèle américain caractérisé par la liberté et la démocratie, il ne s’est implanté avec succès qu’au Japon et en Allemagne, deux vaincus de la seconde guerre mondiale. Au regard de l’effritement de ses fondations, sur quoi s’appuiera l’Oncle Sam pour maintenir son hégémonie et propager ses valeurs et son modèle ?

Quand le président Obama jure qu’il n’acceptera pas une seconde place, on le comprend bien. Seulement, la tâche sera ardue. Les mesures économiques, comme la réduction du déficit, l’augmentation des revenus, le renforcement de la compétitivité ainsi que l’assistance aux pauvres, ne sont pas suffisantes. D’une part, il lui faut mettre fin à la situation affreuse causée par le néoprotectionnisme de l’administration Bush, d’autre part, il doit recourir à une nouvelle diplomatie emprunte de respect mutuel, d’égalité réelle et de coopération harmonieuse.

Quoiqu’il en soit, se plaindre et scruter le voisin ne permet pas de garder la première place mondiale. C’est en suivant le pas de l’époque que l’on remédie aux faiblesses et que l’on se perfectionne.

01/03/2010
CHEN Youwei
Beijing Information

Le déclin précipité de l’hégémonie américaine


Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant. Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. » Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael Klare en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël. Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Lire la suite… ContreInfo d’après TomDispatch repris par The Nation

Philippe Grasset, en reprenant cet article, va plus loin mais sans argumenter sa thèse :
La question centrale devient alors, aujourd’hui de savoir si, et si oui dans combien de temps, la situation présente (« la puissance des USA s’effondre ») risque-t-elle de se transformer en cette situation hypothétique mais selon nous inéluctable (« les USA s’effondrent »). Notre première réponse est que, désormais, le « quand » a complètement supplanté le « si », désormais passé du stade de la question au stade de l’affirmation; notre seconde réponse est que le « quand » risque de concerner un délai très rapide, en fonction de la rapidité des événements et des pressions d’une communication qui continue à farder la réalité au profit du virtualisme en accentuant ainsi tension et pression. Notre constat est que les conséquences sur les relations internationales et, surtout, sur la perception psychologique du poids et de la légitimité du système de l’américanisme dans ces relations, avec sa mise en cause radicale, seront considérables, très rapides et bouleversantes. C’est notre thèse sur les effets de la disparition dans notre psychologie collective du mythe de l’American Dream.
Dedefensa

Lire aussi :
• Michael T. KLARE, Wikipedia.
• Michael T. KLARE, The Nation.
• Michael T. KLARE, TomDispatch.
• Michael T. KLARE, ContreInfo.
• Michael T. KLARE , Géopolitique de l’effervescence, Le Monde diplomatique.
• Après la chute de l’URSS, celle des USA ?, Monde en Question.
• Les empires ont une courte durée de vie, Monde en Question.
• La fin de l’Empire américain (1), Monde en Question.
• La fin de l’Empire américain (2), Monde en Question.

La fin de l'Empire américain (2)


Les médias ont peu parlé du rapport « Global Trends 2025 – a Transformed World » publié par le National Intelligence Council (PDF).


Source : National Intelligence Council

La revue de presse de Google Actualités est pauvre. La presse chinoise est muette. L’agence russe RIA Novosti a, par contre, publié une analyse d’Andreï Fediachine :

Tout ce qui est le plus alarmant dans ce rapport est consacré à l’Amérique.
[…]
Pour la Russie, les experts ont trouvé non pas une bonne prévision, mais carrément plusieurs. Si l’on met de côté la « diminution » de notre population, annoncée par le Conseil pour 2025, qui passera des 141 millions d’habitants actuels à 130 millions (ce que nous savons déjà, sans lui), les Russes continueront d’être aidés par leur gaz et leur pétrole, et même par le réchauffement global attendu. Selon les experts, l’Union européenne ne sera pas parvenue, en 2025, à diversifier ses fournisseurs de ressources énergétiques et conservera sa dépendance vis-à-vis des importations, et donc vis-à-vis des livraisons de gaz naturel russe. L’augmentation de la consommation européenne est prévue à hauteur de 60%. En 2025, 57% de l’ensemble des réserves mondiales de gaz seront concentrées en Russie, en Irak et au Qatar. De nombreux producteurs actuels de pétrole auront perdu leurs positions, et près de 40% du pétrole produit sera concentré entre les mains de 6 Etats. Ceux-ci sont cités dans l’ordre suivant : Russie, Arabie saoudite, Iran, Koweït, Emirats arabes unis, Irak. Si l’on prend en compte la totalité des réserves de gaz et de pétrole, il y aura en 2025 deux grandes Puissances énergétiques mondiales : la Russie et l’Iran.

[…]

Si l’on en croit le rapport, les Etats-Unis vont continuer de perdre leur poids et leur influence jusqu’à la fin du premier quart du XXIe siècle, tout en demeurant une grande puissance ; mais ils perdront leur influence dominante et ne seront qu’un « égal parmi leurs pairs ». Il en sera de même du dollar. La niche d’influence libérée par l’Amérique sera comblée par le Brésil, l’Inde, la Chine et, comme le dit le rapport, la « Péninsule coréenne » (les deux Corées étant, visiblement, alors réunies). Une certaine « forme d’union » est même pronostiquée pour ces trois dernières. Le monde sera multipolaire, les modèles occidentaux du libéralisme économique, de la démocratie perdront leur force d’attraction (c’est ce qui se produit déjà). L’Union européenne aura cédé elle aussi de son influence et sera devenue un « géant creux ».

[…]

Ces rapports ne sont pas des prévisions ou des pronostics précis, mais plutôt un rappel aux administrations américaines de ce qui pourrait arriver si elles ne pratiquent pas telle ou telle politique. C’est à la fois une base de réflexion et un instrument pour faire avancer cette réflexion dans une direction donnée.

Pour savoir si un avenir aussi effroyable nous attend véritablement, et dans quelle mesure le NIC est objectif dans ses évaluations, il n’est pas mauvais de rappeler ce qu’il est véritablement. Le Conseil national du renseignement est le principal « brain trust » auprès du directeur de la CIA, Michael McConnell, lequel a en charge l’analyse stratégique à moyen et long termes. C’est de lui que dépend directement le patron actuel de cette « agence Nostradamus », Thomas Fingar. Le Conseil « ravitaille » toute la direction américaine, et sa principale marchandise, ce sont les Evaluations du renseignement national (National Intelligence Estimates), dont une grande partie, naturellement, est tenue secrète, mais dont des « extraits » sont toujours distillés à la presse. Le Conseil, comme aiment à le dire ses collaborateurs, a pour vocation d' »analyser l’horizon ». Cela le conduit parfois à s’aventurer bien au-delà de la ligne d’horizon fictive, pour des raisons purement politiques. Le NIC, comme cela se produit fréquemment avec n’importe quelle organisation de renseignement créée auprès des administrations, et pour elles, « se démarque d’avec la ligne politique » de manière modérée. Ce n’est absolument pas une particularité endémique propre à l’Amérique : c’est la caractéristique génétique de quasiment toutes les formations de ce type. De celles-là même qui, « ayant mûri » (or, le NIC a été créé en 1979), ont bien compris avec le temps que ce que l’on attend d’elles, ce ne sont pas des prophéties à la Nostradamus, mais « ce qu’on a besoin d’entendre ».

Le NIC doit effectuer de ce point de vue une tâche peu enviable. Il doit, en principe, coordonner et « unifier » l’analyse de tous les centres de renseignement américains – la CIA, la Direction du renseignement du département de la Défense (le GRU russe), le renseignement politique du Département d’Etat, les renseignements de l’Armée, de l’Aviation, de la Marine, du Service des frontières, du ministère des Finances, du ministère de l’Energie et, pour finir, le FBI (qui s’occupe du contre-espionnage). Et c’est en cela que réside le principal « hic ». Toutes les administrations tirent, naturellement, la couverture à elles, s’efforçant de pousser le président, les ministères, le Congrès vers les mesures ou les lois dont elles ont besoin. C’est la raison pour laquelle des discussions très chaudes surgissent toujours autour de l’élaboration du principal « produit » du NIC, ce que l’on appelle les Evaluations du renseignement national, et autour également des analyses de renseignement thématiques. Il s’agit de documents analytiques ciblés sur n’importe quels thèmes, allant par exemple de l’arme nucléaire, la Russie, ou Israël, à l’évaluation des conséquences possibles d’une mauvaise récolte de riz en Asie. Il peut y avoir plusieurs de ces évaluations par an. Les patrons de ces administrations sont plongés dans la plus grande effervescence s’ils viennent à apprendre que leurs évaluations, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas été retenues dans la variante finale des « Evaluations ». Il en va à peu près de même pour ces fameuses « Tendances globales ».

Etats-Unis ; le renseignement d’accord pour enterrer l’avenir, RIA Novosti.

Commentaires : Encore une fois, RIA Novosti se révèle plus pertinent que les médias dominants français, qui se contentent de copier-coller un communiqué de presse ou une dépêche d’agence.

La fin de l'Empire américain (1)


Le Washington Times a publié un article révélant les principaux points d’un nouveau rapport général du National Intelligence Council (NIC) sur les prévisions à long terme de la situation politique générale du monde d’ici à 2025.

[…]

D’une façon générale et par rapport à NIC 2004, le rapport NIC 2008 prévoit le changement fondamental du passage du monde “unipolaire” (puissance US dominante) à un monde “multipolaire”.

Le rapport prévoit également un deuxième changement fondamental au niveau de l’énergie, sans s’attarder fondamentalement, semble-t-il, à l’évolution parallèle de la crise climatique, sinon pour ses possibles/probables conséquences catastrophiques. […] ce qui est remarquable c’est le changement d’appréciation qui est en parallèle avec le premier changement signalé : la perte de l’hégémonie US est accompagnée par la fin des réserves disponibles de pétrole, ou bien est-ce le contraire, – comme si, effectivement, les deux étaient liées, comme si l’hégémonie US avait tenu essentiellement à l’hégémonie du pétrole dans notre civilisation machiniste.

Au niveau de l’économie générale, le rapport envisage des changements importants, largement influencés, ou confirmés c’est selon, par les événements des derniers mois. Principalement, il envisage le déclin du dollar et, par conséquent, la fin de son rôle hégémonique. Il envisage la montée d’une structure économique concurrente au capitalisme du laissez-faire, voire son remplacement par le “capitalisme d’Etat”.

[…]

Le rapport fait diverses “projections” sur des situations nationales, donnant un grand rôle de puissance à la Chine, mais aussi à la Russie; prévoyant une réunification des deux Corées et une “course à l’armement nucléaire” au Moyen-Orient, etc. Ces “projections” sont en général très conventionnelles et n’apportent aucune idée très nouvelle.

Effectivement, ce qui apparaît avec NIC 2008, c’est, pourrait-on dire, “la fin de la confiance” des USA en eux-mêmes, et c’est bien entendu le point psychologique principal de ce document.


Source : FNAC

Ce rapport n’envisage pas, parce que la chose est inenvisageable à un circuit de pensée bureaucratique et américaniste, l’importance de la dynamique des relations, et la dynamique de l’influence qui en découle. Il conçoit la supplantation d’une puissance brute par une autre (disons les USA par la Chine) mais n’envisage pas l’hypothèse que le déclin de la puissance US est peut-être, aussi, et surtout si la tendance se confirme, le déclin de la conception américaniste de la puissance, voire le déclin de l’idée de “puissance” telle que l’envisage Guglielmo Ferrero en 1917 lorsqu’il oppose “idéal de perfection” et “idéal de puissance” pour caractériser la grande Guerre.

[…]

Le caractère le plus frappant de cette “projection” qui se refuse même à l’être tout à fait est bien l’incertitude, et la latitude laissée aux lecteurs de NIC 2008 d’imaginer “autre chose”, et de voir survenir effectivement “autre chose”. Ce refus de la certitude du lendemain est la marque de la crise psychologique de l’américanisme, cette conception du monde effectivement marquée par la certitude de ses lendemains. S’il est suggéré, seule touche d’encouragement pour ne pas désespérer Washington, que de bons dirigeants pourraient modifier cette prévision apparemment pessimisme, nous suggérerions que cela pourrait être aussi bien la porte laissée ouverte à un développement beaucoup plus pessimiste, à une dégradation beaucoup plus rapide. Le rapport NIC 2008 aura comme effet de préparer les psychologies à cette possibilité, qui devrait être appréciée désormais comme une probabilité. NIC 2008 nous dit implicitement que la résolution éventuelle de la crise en cours, ou la fin de la crise en cours, ne débouche pas sur une restauration de l’“ordre ancien” mais ne fait que préparer à l’enchaînement des crises à suivre, – une étape dans le processus de la chute du système, pour faire bref.

Publié par Dedefensa.

Lire aussi :
• La chute de l’empire américain, c’est maintenant !, Allociné.
• Le déclin de l’empire américain ?, AgoraVox.
• BELLO Walden, La fin de l’empire. La désagrégation du système américain, PayotAlternatives EconomiquesAlternatives.

Un “New Deal” à la chinoise


BULARD Martine, Un « New Deal » à la chinoise, Les blogs du Diplo

Cette volonté des autorités chinoises de marquer un grand coup tient à plusieurs raisons. 

La première est la réduction sensible des exportations, l’un des moteurs-clés de la croissance. Cette chute est liée bien sûr à la récession dans les pays industrialisés (Etats-Unis, Europe, Japon, Corée…), mais aussi à la perte de fiabilité d’une partie des produits « made in China », suite aux scandales à répétition (jouets dangereux, denrées alimentaires frelatées…) qui arrivent au plus mauvais moment. Nombre d’entreprises, notamment dans les zones exportatrices du sud, ont dû fermer leurs portes. Au total, la croissance est passée à un rythme annuel de 9 % ( contre 11,4 % l’an dernier) et certains économistes tablent sur une chute à 7 ou 8 %.

Or, à la différence de nations jusqu’à maintenant donneuses de leçons (Etats-Unis et France en tête), la Chine a les moyens d’une relance. Son excédent budgétaire atteint 1 181 milliards de yuans (134 milliards d’euros). Elle possède d’importantes réserves (2 000 milliards de dollars) dont une partie est conservée dans des fonds souverains et utilisée pour assainir le système interne (industriel et bancaire) tout en impulsant un renouveau. L’ensemble des décisions prises suffira-t-il à donner un nouveau souffle à l’économie du pays ? Il est évidemment trop tôt pour le dire.

La deuxième raison de ce « New Deal à la chinoise » est plus directement politique. Le parti communiste et ses dirigeants savent qu’ils conservent le pouvoir principalement parce qu’ils ont pu enrôler les couches moyennes naissantes – qui pourraient rompre le consensus en cas de chute de leur niveau de vie – et parce qu’ils ont réussi à maintenir l’espoir d’une vie meilleure pour les enfants des couches les plus défavorisées. Que la croissance chute en deçà des 6 % et 7 %, bouchant toute perspective d’avenir, et c’est tout l’édifice qui s’effondrerait. Les autorités sont particulièrement attentives aux populations des campagnes, qui ont vu leur pouvoir d’achat régresser et qui sont de plus en plus actives dans les mouvements sociaux.

La troisième raison est à rechercher du côté des ambitions géopolitiques de Pékin. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement a fait connaître son plan avant le sommet du G20 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie (le G8), représentants de l’Union européenne, Afrique du sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique et Turquie). La Chine veut ainsi faire la démonstration qu’elle a les moyens de peser sur les affaires, de contribuer à la stabilité de l’économie mondiale, et qu’il faut donc compter avec elle. Elle entend également montrer qu’elle peut agir seule, en toute indépendance, sans l’injonction ni même l’imprimatur d’un groupe de pays à géométrie variable dont la composition dépend de l’administration américaine et qui n’est pas habilitée à décider quoi que ce soit.

Russie-Chine : deux sommets d’ici fin 2008, RIA Novosti

Deux sommets russo-chinois sont programmés d’ici la fin 2008, a déclaré jeudi à Moscou le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev. 

« Nos rencontres deviennent régulières, parce que nous sommes des partenaires stratégiques. Cette année, il y a eu trois rencontres au plus haut niveau, et il y en aura au moins deux encore d’ici la fin de l’année », a-t-il déclaré à l’ouverture de la 3e série de consultations russo-chinoises sur la sécurité stratégique.

Selon M. Patrouchev, les consultations russo-chinoises interviennent après un événement important dans la vie politique en Russie, le message annuel du président à l’Assemblée fédérale (parlement). « Ce message fait actuellement l’objet d’un débat actif dans le pays. Nous allons évoquer certains thèmes du message, notamment relatifs à la politique extérieure, à la sécurité et aux événements dans le Caucase », a-t-il indiqué.

Russie-Iran-Qatar : la « troïka » du gaz vise à stabiliser les prix, RIA Novosti

« Les ententes intervenues entre la Russie, l’Iran et le Qatar en vue de mettre en place une « troïka » du gaz sont le résultat des efforts conjoints des pays producteurs et exportateurs de gaz », a-t-il argumenté. 

Selon M. Lavrov, tous les pays liés à la production d’hydrocarbures ont intérêt à ce que le marché du gaz et du pétrole soit stable.

« Je pense que cela est également dans l’intérêt des consommateurs. Nous voulons bâtir notre partenariat avec les pays producteurs d’hydrocarbures dans la plus grande transparence. Il n’y aura pas d’ordres du jour secrets. Nous voulons stabiliser le marché et déboucher sur un niveau des prix acceptable aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs et les pays de transit », a-t-il ajouté.

Moscou aura du mal à s’implanter en Amérique latine, RIA Novosti

La tournée s’est soldée par la signature de trois grands contrats, qui pourraient cependant ne pas être mis en oeuvre en raison de la situation politique dans certains de ces Etats. La concurrence de la Chine et l’élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis pourraient également mettre à mal les plans de Moscou. 

[…]

Ces trois pays présentent cependant des risques politiques. Cela concerne en premier lieu le Venezuela, qui organisera le 23 novembre des élections régionales. Les autorités régionales vénézuéliennes, surtout au niveau des Etats, dispose d’une grande autonomie par rapport au gouvernement central, c’est pourquoi aucun grand projet ne peut être réalisé sans soutien politique de la part des autorités locales. Les prochaines élections pourraient renforcer considérablement l’opposition, car les Vénézuéliens perdent confiance en la politique de leur président, tandis que la baisse des prix du pétrole supprime pour le pouvoir la possibilité d’amadouer les électeurs par des projets sociaux de milliards de dollars.

[…]

La concurrence de la Chine, qui s’implante avec succès en Amérique latine depuis dix ans, affaiblit également les positions de la Russie. Par exemple, Pékin et Caracas ont signé en 2006 un accord sur l’achat par le Venezuela de 18 pétroliers chinois pour 1,3 milliard de dollars. Les négociations entre les deux pays sur la construction de nouveaux pétroliers sur les chantiers navals chinois sont déjà en cours. Dans ces conditions, les déclarations d’Hugo Chavez sur la construction de pétroliers en Russie pourraient très bien n’être qu’un argument dans la discussion des prix avec les Chinois.

En outre, le résultat des élections présidentielles aux Etats-Unis menace lui aussi les plans de Moscou sur une implantation de grande échelle sur les marchés sud-américains. L’élection de Barack Obama a été saluée par tous les leaders d’Amérique latine, notamment Hugo Chavez et Daniel Ortega, ainsi que les frères Fidel et Raul Castro. On sait très bien que les tensions, qui ont régné pendant les huit dernières années dans les relations entre ces pays et les Etats-Unis, s’expliquent pour la plupart par la politique du président George W.Bush. Si Obama tient sa promesse préélectorale d’entamer des négociations avec Raul Castro et d’autres leaders de gauche de la région sans préalables, ce sont les relations d’affaires qui seront restaurées en premier lieu. Les compagnies russes pourraient alors faire face aux concurrents américains, qui possèdent de bonnes ressources financières et technologiques et connaissent parfaitement le marché.

Là-bas si j’y suis : novembre 2008, Le Monde diplomatiqueLà-bas si j’y suis

Rendez-vous mensuel avec l’équipe du Monde Diplomatique autour du numéro de Novembre.
Avec, au sommaire, les réactions de l’équipe du Diplo à la suite de l’élection de Barak Obama, mais aussi la crise financière avec :
– Serge Halimi
– Martine Bulard sur le thème de « Finance, puissances… le monde bascule »
– Akram Belkaïd sur l’ »Affaissement de deux grandes places boursières »
– et, Maurice Lemoine qui nous parlera du Mexique, de Cuba et du Honduras. 

BULARD Martine, Finance, puissances… le monde bascule, Le Monde diplomatique

Les uns après les autres, les chiffres de l’emploi tombent : 6 000 suppressions chez Renault, 1 600 chez Nissan, 3 500 chez Daimler-Benz. Dans la construction, les licenciements s’accélèrent. Alors qu’aux Etats-Unis 159 000 postes sont passés à la trappe en septembre, en Chine le ralentissement est patent. Selon le Bureau international du travail (BIT), le chômage devrait toucher 210 millions de personnes dans le monde d’ici à la fin 2009 ; 20 millions de plus qu’actuellement. La « crise », on le voit, a des implications concrètes, quasiment ignorées des plans de sauvetage gouvernementaux, lesquels se contentent de renflouer les banques. Si le sommet entre les pays industrialisés et les pays émergents (G20), prévu le 15 novembre, est exceptionnel par sa composition, il vise surtout à « nettoyer » le système des excès — et non à le remettre en cause. Pourtant, tout y invite : l’articulation de la finance et des services à la production matérielle, aujourd’hui complètement déconnectés ; l’ardente obligation de préserver la planète qui pousse à modifier modes de fabrication et styles de vie ; la prise en considération d’une nouvelle géopolitique des capitaux — la Chine est devenue le banquier des Etats-Unis — et de rapports de forces internationaux en ébullition. 

LORDON Frédéric, Les disqualifiés [Elie Cohen, Nicolas Baverez, Jacques Attali], Le Monde diplomatique

Après le krach boursier, la faillite intellectuelle : au nombre des victimes collatérales du naufrage financier figurent la poignée d’économistes qui dispensent la bonne parole dans les médias. Libéralisation, déréglementation, privatisation : leur credo tenait en trois mots. Quand bien même une pendule arrêtée donne l’heure juste deux fois par jour, ces « spécialistes » ont étalé leur constance dans l’erreur. En détailler le menu évite que leur ardoise se trouve subitement effacée, à l’instar de celle des banquiers. 

Une nouvelle configuration de l’ordre international


Et l’Amérique latine dans la crise ?, Géopolitique

Dans le tourbillon des mauvaises nouvelles qui ont retenu l’attention des médias en France et en Europe, peu d’échos nous sont parvenus d’Amérique latine. Or, l’évolution du continent reflète des changements géopolitiques majeurs liés naturellement aux glissements de terrain que l’on observe sur le plan économique. 

La Chine a publié son premier document sur sa politique vis-à-vis de l’Amérique latine et des Caraïbes, Xinhua – Le Quotidien du Peuple

Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a indiqué mercredi qu’il s’agissait d’une importante affirmation diplomatique montrant que la Chine attache une grande importance à ses relations avec ces régions. 

La Chine en Amérique latine, Perspectives chinoises

Pendant un demi-siècle la République populaire de Chine n’a porté qu’un intérêt limité à l’Amérique latine, une région où les Etats-Unis exerçaient une véritable hégémonie politique et économique. Cette époque d’indifférence est révolue. Depuis cinq ans, la Chine multiplie les investissements du Rio Grande à la Terre de feu et figure désormais parmi les premiers partenaires commerciaux du Brésil, de l’Argentine et du Chili. Cette présence suscite toutefois inquiétudes et interrogations tant en Amérique latine qu’aux Etats-Unis peu enthousiastes à l’idée de voir Pékin s’immiscer dans cette région. La Chine se heurte aussi aux ambitions de l’Inde, également préoccupée par son approvisionnement en matières premières. 

La crise économique : causes et effets, RIA Novosti

A l’heure actuelle, les experts économiques cherchent fiévreusement une réponse à la question de savoir quel pays sera le moins touché par cette tempête économique, mais aussi quelle économie constituera un « havre de paix » pour les investisseurs. L’Extrême-Orient avec la Chine en tant que leader régional ont été les premiers candidats à ce rôle. 

En effet, pourquoi pas ? Il y a un an, on prédisait que la Chine pourrait jouer le rôle de nouveau centre mondial, et le yuan chinois devrait devenir, dans les 30 années à venir, au moins la troisième monnaie mondiale après le dollar et l’euro. Au cours de ces vingt dernières années, l’économie de « l’Empire Céleste » croissait à raison de 10% par an; cette région recèle 80% du potentiel mondial de production. A la fin de l’année dernière, cinq « blue chips » chinois et seulement trois entreprises américaines faisaient partie du Top-10 des compagnies ayant le niveau de capitalisation le plus élevé. Enfin, Jim Rogers et Warren Buffet, des hommes parmi les plus riches du monde, ont converti en yuans et en actions de compagnies chinoises les actifs en dollars qu’ils détiennent.

[…]

L’Asie s’est révélée mal préparée à devenir un débouché de réserve, qui s’avère tellement important lorsqu’une crise financière risque de dégrader la capacité d’achat des habitants du Vieux et du Nouveau monde. La population pauvre de la Chine et de l’Inde n’est tout simplement pas prête à consommer. Au début du XXIe siècle, les dirigeants chinois ont déployé de grands efforts en vue d’accroître les échanges commerciaux de détail à l’intérieur du pays. Il leur a fallu augmenter les salaires ainsi que la masse monétaire. Mais la population a consacré la plupart de ces sommes supplémentaires à faire des économies et non à consommer. Selon certaines estimations, la croissance des dépôts bancaires dans le pays dépasse non seulement celle des échanges commerciaux, mais également celle de la masse monétaire. La majorité des Chinois économisent pour s’assurer une vieillesse sécurisée, pour payer l’éducation de leurs enfants et les soins médicaux, et 70% du PIB chinois sont réalisés en dehors du pays.

Opep : une nouvelle baisse de la production envisagée si le baril reste sous les 70 dollars, AFP – Google

« Nous avons toujours dit que notre objectif c’est un baril entre 70 et 90 dollars. Si le baril n’atteint pas ce niveau il y aura probablement une autre réduction. Mais il faut un consensus entre douze membres (de l’Opep). Et chacun à des intérêts », a dit M. Khelil au cours d’une conférence-débat à Alger au forum du quotidien gouvernemental El Moudjahid.
[…]
Pour M. Khelil, les pays industrialisés sont entrés « en phase de récession en raison de la crise financière qui les affaiblit et qui devrait se poursuivre en 2009 », entraînant « une forte contraction de la demande pétrolière » et obligeant l’Opep à « ajuster sa production ».
[…]
Mais « ne comptez pas sur nous pour vous renflouer parce que nous sommes pour la plupart des pays pauvres. Nous ne pouvons pas sortir (les autres pays) de la crise », avait prévenu le 28 octobre Abdallah el-Badri, secrétaire général de l’Opep au cours d’une conférence à Londres. 

Golfe arabo-persique : Les pétromonarchies arabes face à un triple péril, René Naba

Première partie :
Le G20, une nouvelle configuration de l’ordre international.
L’anglosphère Wasp (white anglo saxon protestant) ne constitue plus le centre de l’Amérique, pas plus que les Etats-Unis ne constituent plus désormais le centre de l’Occident, ni l’Occident, le centre du monde.
Deuxième partie :
I – les pétromonarchies : Une préfiguration futuriste des cités marchandes de l’avenir, rivaux contemporains de Hong-Kong et de Monte Carlo.
II- Le péril démographique: Abou Dhabi et Doubaï, les deux plus jolies villes indiennes du Monde.
Troisième partie :
III- Le péril militaire : la présence militaire américaine, un paratonnerre ou un détonateur ?
IV – Le péril domestique : les frasques monarchiques, une gangrène qui sape les assises du pouvoir pétromonarchique. 

Brésil, Russie, Inde et Chine

Source : Wikimedia

Les pays du G20 réclament une « nouvelle architecture mondiale », Le Monde – Yahoo! Actualités

« Nous avons besoin d’une nouvelle gouvernance, plus ouverte et participative », a déclaré le président brésilien qui a réclamé une « plus grande participation » des pays émergents dans la gouvernance économique. Il a souligné que « l’heure était venue de conclure un pacte entre les gouvernements pour une nouvelle architecture mondiale, capable de promouvoir la sécurité et le développement de tous sur un pied d’égalité ». 

Lula veut réformer finance mondiale lors du sommet du G20, Reuters – Yahoo! ActualitésAFP – Yahoo! Actualités

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva réclame une refonte du système financier international qui « s’est effondré comme un château de cartes » lors de la crise du crédit, et il affirme que les pays émergents devaient avoir davantage la parole dans la prise des décisions importantes. 

L’ancien dirigeant syndical a souligné que des millions de personnes risquaient de perdre leur emploi et que la pauvreté risquait de s’accroître dans de nombreuses économies émergentes.

« Cette crise a débuté dans les économies développées », a souligné Lula. « Elle est la conséquence d’une foi aveugle dans la capacité des marchés à s’autoréguler et, dans une large mesure, au manque de contrôle sur les acteurs financiers. »

Réuni la veille à Sao Paulo, le groupe dit des « BRIC » – Brésil, Russie, Inde et Chine – avait adopté pour la première fois une position commune en réclamant une réforme des institutions comme le Fonds monétaire international afin de prendre en compte leur place grandissante dans l’économie mondiale.

Des géants de l’exportation tels que la Chine et les Etats pétroliers du Golfe ont amassé des centaines de milliards de dollars de réserves qui pourraient aider le FMI à soutenir des pays plus petits à surmonter la crise qui a ébranlé les marchés financiers et leurs monnaies.

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