Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Mali

Yeelen – La lumière


 

Réalisateur : Souleymane Cissé
Acteurs : Issiaka Kane, Aoua Sangare, Moussa Keita
Durée : 1h45
Année : 1987
Pays : France, Mali
Genre : Drame
Résumé : Suivant la tradition bambara, un jeune homme s’apprête à recevoir le savoir destiné à lui assurer la maitrise des forces qui l’entourent. Cependant le père du jeune Nianankoro voit d’un mauvais oeil son fils devenir son égal aussi sa mère éloigne le jeune homme. Au cour de ce voyage initiatique, Nianankoro va apprendre à tester ses forces et ses pouvoirs qu’il devra inévitablement confronter à ceux de son père.
Dossiers :
Ciné-fiches
DVD Toile
IMDb
Sens Critique

Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR Film rare

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Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Baara – Le travail


 

Réalisateur : Souleymane Cissé
Acteurs : Balla Moussa Keita, Baba Niare, Bubukar Keita
Durée : 1h30
Année : 1978
Pays : France, Mali
Genre : Drame
Résumé : Un ingénieur propose a son ami une place de manœuvre dans une usine de Bamako. Les dures conditions de travail et la corruption des patrons provoquent la révolte des ouvriers.
Dossiers :
Ciné-fiches
DVD Toile
IMDb
Sens Critique
Partage proposé par : Anonyme DVD VOSTFR-EN-ES

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Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Souleymane Cissé


 

Titre : Cinéastes de notre temps : Souleymane Cissé
Réalisateur : Rithy Panh
Année : 1990
Pays : France

Partage proposé par : Anonyme DVD FR

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• Cinéastes de notre temps 2/2, Monde en Question.
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Charlie au Mali


 

Titre : Timbuktu
Réalisateur : Abderrahmane Sissako
Acteurs : Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri
Durée : 1h37
Année : 2014
Pays : France, Mauritanie
Genre : Drame
Résumé : Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…
Dossiers :
Ciné-club de Caen
Ciné-fiches
Critikat
DVD Toile
IMDb
Avis de Ciné Monde
: Film sponsorisé par l’armée française dont la présence est occultée dans ce film de propagande en faveur de la France coloniale au Mali.

 

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Dossier documentaire Afrique, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
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Les forces spéciales françaises envoyées au Niger pour protéger des sites d’Areva


Les autorités françaises ont dépêché des forces spéciales dans le nord du Niger afin d’assurer la sécurité des sites miniers du groupe nucléaire Areva, rapportent lundi les médias occidentaux citant le président nigérien Mahamadou Issoufou.

Selon ce dernier, il s’agit des mines d’uranium situées dans les localités d’Imouraren et d’Arlit (centre). Areva, deuxième producteur mondial d’uranium en 2011, exploite ce minerai depuis plus de 40 ans au Niger et poursuit ses activités à l’heure actuelle en dépit de l’intervention militaire française au Mali voisin.

RIA Novosti

Lire aussi :
Revue de presse Mali 2013, sélection d’articles (Français – English – Español), Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.

Mali – Revue de presse


Extraits de la Revue de presse :

C’est finalement le 10 janvier 2013 que la France est entrée en guerre au Mali. La communication du gouvernement français, reprise sans questionnement par les principaux médias, tend aujourd’hui à légitimer par tous les moyens et tous les arguments cette nouvelle intervention militaire française sur le sol africain et son rôle de « gendarme de l’Afrique ». Pour Survie, association qui dénonce depuis longtemps l’ingérence et la domination de la France envers ses anciennes colonies africaines, il est important de rappeler quelques éléments de contexte et d’analyse critique sur cette intervention française, sans minimiser l’ampleur de la crise que connait le Mali.
[…]
En conclusion, la crise malienne et cette nouvelle intervention militaire française en Afrique révèlent l’échec de 50 années de « coopération » avec l’Afrique : armées incapables de protéger leurs populations, chefs d’État médiateurs de crises eux-mêmes putschistes, accords de défense et bases militaires qui ont perpétué le rôle de gendarme de l’Afrique que la France s’est historiquement octroyé. On ne peut que constater l’incapacité des institutions africaines et multilatérales à organiser la moindre opération de sécurisation dans la région sans avoir recours au poids lourd français, qui a tout fait pour se rendre incontournable. Ces événements appellent une fois de plus à une remise en cause de l’ensemble du cadre des relations franco-africaines.
Survie

The « war on terror » is a self-perpetuating war precisely because it endlessly engenders its own enemies and provides the fuel to ensure that the fire rages without end. But the sloganeering propaganda used to justify this is so cheap and easy – we must kill the Terrorists! – that it’s hard to see what will finally cause this to end. The blinding fear – not just of violence, but of Otherness – that has been successfully implanted in the minds of many western citizens is such that this single, empty word (Terrorists), standing alone, is sufficient to generate unquestioning support for whatever their governments do in its name, no matter how secret or unaccompanied by evidence it may be.

La « guerre contre le terrorisme » est une guerre qui se perpétue indéfiniment, précisément parce qu’elle engendre sans cesse ses propres ennemis et fournit le carburant pour que les incendies fassent rage sans fin. Malgré les slogans de la propagande utilisés pour justifier que ce n’est pas cher et facile – il faut tuer les terroristes ! – il est difficile de savoir ce qui va finalement provoquer la fin. La crainte aveugle – et pas seulement de la violence, mais de l’altérité – qui a été implanté avec succès dans les esprits de nombreux citoyens occidentaux est telle que ce seul mot vide (terroristes), à lui seul, suffit à générer un soutien inconditionnel à ce que font les gouvernements en leur nom, que ce soit en secret ou sans preuves.
Glenn GREENWALD, The Bombing of Mali Highlights all the Lessons of Western Intervention, The Guardian

Aujourd’hui, la France qui prétendait tout d’abord n’intervenir que pour bloquer les groupes armés au Nord, a revu ses buts de guerre et continue une phase offensive de sa guerre au Mali. Divers motifs militaires et politiques à l’opération Serval rendent cette opération critiquable.
Conformément aux objectifs de l’association Survie, ce document se concentre sur le rôle de la France au Mali et aborde de façon moins approfondie le rôle des autres acteurs clé de la crise. Il ne s’agit pas de les dédouaner ou de faire porter à la France l’entière responsabilité de la crise au Mali. Il s’agit de décrypter le rôle qu’a joué la France dans la genèse de cette crise et le jeu diplomatique qu’elle a mené pour une intervention militaire dont elle est aujourd’hui la principale force, à la lumière des enjeux français dans la zone. Notre analyse nous conduit à de très vives inquiétudes concernant l’évolution de l’intervention militaire française au Nord du Mali et ses conséquences. Nous avons rassemblé ces points de contexte et inquiétudes à travers le développement d’arguments détaillés ci-dessous.
Depuis le mois de juillet 2012, la France a promu une intervention militaire au Nord du Mali contre les groupes armés se revendiquant d’un islam radical qui l’occupent actuellement, afin de recouvrer l’intégrité du territoire malien, de lutter contre le terrorisme et du fait de la situation humanitaire catastrophique pour les personnes sur place et pour celles qui ont fui la zone. Les autorités françaises ont assuré pendant des mois qu’elles n’assumeraient qu’un « soutien logistique » à l’intervention africaine qui serait mise en œuvre. Pour ce faire, la France a participé à la marginalisation du rôle des acteurs maliens et a joué de son influence auprès des instances régionales (comme la CEDEAO, utilisée comme un faire-valoir) et internationales, alors qu’un certain nombre d’États de la zone et d’autres puissances internationales étaient très mitigés sur une intervention.
Survie considère que l’intervention de la France est contestable et inquiétante, du fait de son histoire et de sa posture de domination vis-à-vis de ses anciennes colonies dont le Mali, de ses accointances avec les pires régimes de la région, des désastres liés à ses interventions militaires en Afrique qui ont toujours visé à soutenir des dictateurs ou ses propres intérêts contre la volonté des peuples, et de son incapacité manifeste à prendre en compte les risques d’une intervention pour les Maliens et la région.
En réalité, pour Survie, la guerre que conduit actuellement la France au Mali s’inscrit dans la droite ligne de la politique qu’elle mène en Afrique depuis cinquante ans – une ingérence diplomatique, économique et financière et un interventionnisme militaire au service d’intérêts français, pour laquelle les décisions sont prises, comme à son habitude, sans réel débat entre l’exécutif et le Parlement et encore moins avec la population de la France.
Dossier Survie

Lire :
Revue de presse Mali 2013, sélection d’articles (Français – English – Español), Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.

Leçons de l’intervention occidentale au Mali


Au moment où des avions français bombardent le Mali, une statistique toute simple explique le contexte : cette nation de l’Afrique de l’Ouest de 15 millions d’habitants est le huitième pays où les puissances occidentales ont, ces dernières années, bombardé et tué des musulmans, après l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Libye, la Somalie et les Philippines (sans parler des nombreuses tyrannies mortifères soutenues par l’Occident dans cette région du globe). Pour des raisons évidentes, la rhétorique selon laquelle l’Occident n’est pas en guerre avec le monde musulman sonne de plus en plus faux chaque fois que le militarisme progresse. Mais cette nouvelle campagne massive de bombardements nous révèle des enseignements essentiels concernant l’interventionnisme occidental, des leçons qui, comme toujours, sont résolument ignorées.

Premièrement, comme l’a souligné le New York Times, l’instabilité que connaît le Mali est, pour une large part, la conséquence directe de l’intervention de l’Otan en Libye. En particulier, « des combattants islamistes lourdement armés, très aguerris par les combats en Libye », « les importants stocks d’armes sortis de Libye, ainsi que des combattants différents, plus islamisés de retour de ce pays » ont joué un rôle de catalyseur dans l’effondrement d’un gouvernement soutenu par les États-Unis. Pour reprendre l’excellente analyse d’Owen Jones dans le quotidien britannique The Independent :

Cette intervention est la conséquence d’une autre intervention. On a fréquemment vendu la guerre en Libye comme un modèle de réussite pour un interventionnisme à visées progressistes. Pourtant, le renversement de la dictature de Kadhafi a eu des conséquences que les services de renseignement occidentaux ne se sont probablement pas donné la peine d’envisager. Les Touaregs – qui traditionnellement venaient du nord du Mali – constituaient une proportion importante de son armée. Lorsque Kadhafi fut éjecté du pouvoir, ils retournèrent chez eux : parfois sous la contrainte lorsque des Africains noirs subirent des agressions dans la Libye post-Kadhafi, une donnée gênante largement ignorée des médias occidentaux. La guerre en Libye fut considérée comme un plein succès, seulement nous en vivons actuellement le contrecoup.

À chaque fois, les interventions occidentales s’achèvent par incompétence ou par manque d’objectifs, et elles sèment les graines d’interventions futures. Étant donné la très grave instabilité qui affecte la Libye actuellement, couplée à la colère durable consécutive à l’attaque contre Benghazi, dans combien de temps nous annoncera-t-on que des bombardements et des envois de troupes dans ce pays sont – une fois encore – nécessaires pour combattre les forces « islamistes » au pouvoir : des forces mises en place grâce au renversement par l’Otan du gouvernement de ce pays ?

Deuxièmement, le renversement du gouvernement du Mali fut facilité par la désertion de soldats entraînés et armés par les États-Unis. Selon le New York Times, des cadres d’unités d’élite de cette armée, « entraînés minutieusement par les États-Unis, firent défection quand on eut vraiment besoin d’eux, en emportant chez l’ennemi, au plus fort de la bataille, des troupes, des armes, des camions et leurs compétences récentes, selon des responsables de l’armée malienne. » Puis, « un officier entraîné par les États-Unis a renversé le gouvernement élu du Mali, préparant le terrain pour la prise de la moitié du pays par des forces extrémistes islamistes. »

Autrement dit, l’Occident est de nouveau en guerre avec les forces mêmes qu’il a entraînées, financées et armées. Personne n’est plus compétent que les États-Unis et ses alliés pour créer ses propres ennemis, perpétuant ainsi un état de guerre sans fin. Lorsque les États-Unis ne trouvent pas d’ennemis à combattre, il les créent. Tout simplement.

Troisièmement, les bombardements de musulmans dans un nouveau pays provoqueront à l’évidence toujours plus de sentiments anti-occidentaux, ce qui alimentera le terrorisme. Déjà, comme l’a observé le Guardian, les avions de chasse français « ont tué au moins 11 civils, dont trois enfants ». Le long passé colonial de la France au Mali ne peut inévitablement exacerber que de la colère. En décembre dernier, après que le Conseil de sécurité des Nations Unies eut autorisé une intervention au Mali, Salvatore Saguès, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest pour Amnesty International, prévenait : « Une intervention armée internationale risque d’amplifier la violation des droits humains dont nous sommes déjà témoins dans ce conflit. »

Comme toujours, les gouvernements occidentaux sont parfaitement conscients de ce risque, et pourtant ils agissent comme ils l’ont planifié. Le New York Times observe que les bombardements français ont commencé « en dépit d’avertissements proférés depuis longtemps par les États-Unis selon lesquels une offensive de l’Occident contre un bastion islamiste pourrait battre le rappel de djihadistes dans le monde entier et susciter des attentats terroristes jusqu’en Europe. » De fait, au moment même où les Français tuent des civils au Mali, un raid conjoint franco-étatsunien en Somalie à causé la mort « d’au moins huit civils, dont deux femmes et deux enfants ».

Croire que les États-Unis et leurs alliés peuvent continuer de la sorte dans le monde entier, un pays après l’autre, peuvent bombarder et tuer des innocents – musulmans – et ne pas être la cible d’attentats « terroristes » est, pour des raisons évidente, pure folie. Comme Paul Rogers, professeur à l’université de Bradford, le disait récemment, le bombardement du Mali sera décrit comme « un nouvel exemple d’agression contre l’islam ». Les espoirs que l’on pouvait nourrir concernant la fin de la « guerre contre le terrorisme » sont totalement anéantis par l’agression en cours.

Quatrièmement, en dépit de la rhétorique d’autosatisfaction dont les démocraties occidentales adorent se délecter, il est sidérant de constater à quel point ces guerres sont menées sans aucune référence à un quelconque processus démocratique. À propos de la participation du gouvernement britannique dans l’attaque contre le Mali, l’Independent estime « troublant, pour ne pas dire plus, que Cameron ait engagé la Grande-Bretagne dans ce conflit sans même avoir fait semblant de consulter le Parlement. » De même, le Washington Post révèle que le président Obama n’a reconnu qu’après coup que des chasseurs étatsuniens ont pénétré dans l’espace aérien somalien dans le cadre de l’opération menée par la France dans ce pays. Il s’agit, selon le Post, « d’un aveu rare des menées militaires des États-Unis dans la Corne de l’Afrique », donc du secret anti-démocratique qui entoure systématiquement les actes de guerre des États-Unis dans la région :

L’armée des États-Unis avait basé un nombre croissant de drones Prédateurs, de F-15 au Camp Lemonnier, qui est devenu une base clé pour les opérations secrètes de contre-terrorisme en Somalie et au Yémen. Le ministère de la défense a refusé de donner l’identité des avions utilisés dans cette mission de récupération des otages, déclarant simplement qu’il s’agissait de chasseurs et non de drones… Cependant, on ne sait pas clairement pourquoi Obama s’est cru obligé de révéler l’existence de cette opération particulière alors qu’il n’avait pas évoqué d’autres missions bien précises menées en Somalie. Les porte-parole de la Maison Blanche et du Pentagone refusent de fournir des réponses à ces questions.

Naturellement, le gouvernement Obama a drapé toute sa campagne d’assassinats par drones dans le manteau impénétrable du secret, s’assurant que cette campagne resterait hors de portée d’une quelconque investigation par les médias, les tribunaux et les citoyens. Les États-Unis et leurs alliés occidentaux ne se contentent pas de mener une guerre sans fin, systématiquement, contre les musulmans. Ils le font dans un secret quasi complet, sans aucune transparence ni responsabilité. Bonjour les « démocraties » occidentales !

Finalement, la propagande utilisée pour justifier tout ceci est d’une banalité déprimante, même si elle est extrêmement efficace. Un gouvernement occidental qui souhaite bombarder des musulmans se contente de leur accoler méchamment l’étiquette de « terroristes », et le moindre débat, le moindre jugement critique sont instantanément étouffés dans l’œuf. Comme l’a proclamé le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, « le président Hollande est totalement déterminé à éradiquer ces terroristes qui menacent la sécurité du Mali, notre propre pays et l’Europe. »

Comme toujours, cette vision simpliste déforme la réalité plutôt qu’elle ne la décrit. À l’évidence, les rebelles maliens ont commis toutes sortes d’atrocités odieuses (amputations, flagellation, lapidation jusqu’à la mort pour ceux qui s’opposent à leur interprétation de l’Islam), mais les forces gouvernementales maliennes ont, selon Amnesty, « arrêté, torturé et tué des Touaregs sur des bases ethniques. » L’Independent nous prévient à juste titre : « ne vous laissez pas mener en bateau par la version offerte par les médias occidentaux : il s’agit d’une simplification perverse, comme celle qui nous a été imposée dans la cruelle guerre civile syrienne. »

Les bombardements français au Mali, avec peut-être la participation des États-Unis, sont une illustration du mode d’intervention occidental. La « guerre contre le terrorisme » est une guerre qui assure sa propre pérennité, précisément parce quelle crée sans fin ses propres ennemis et qu’elle fournit l’huile garantissant que le feu brûlera jusqu’à la fin des temps. Mais la propagande à base de slogans qui sert à justifier tout ceci est à ce point facile et de pacotille (« il faut tuer les terroristes ! ») qu’il est difficile de percevoir quand tout cela s’arrêtera. La peur aveugle – pas seulement de la violence, mais de l’Autre – qui a été greffée avec succès dans le cerveau de nombreux citoyens occidentaux est telle que ce simple vocable vide de sens (terroristes) est capable, à lui seul, d’engendrer un soutien inconditionnel à toute initiative prise en leur nom, quel que soit le secret ou le manque de preuves qui l’entoure.

14/01/2013
Glenn GREENWALD
The Guardian
Traduction Bernard Gensane pour Le Grand Soir

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