Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

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Des Noirs en couleur


Quinze ans après la victoire en Coupe du monde d’une équipe de France Black-Blanc-Beur (1998), les déclarations de certains hommes politiques et intellectuels ont depuis choqué des millions de Français et ont fait de la présence d’Afro-Antillais en équipe de France un débat national. Au même moment, le racisme est de retour dans l’univers du football français et les enjeux « d’intégration » autour des joueurs de l’équipe de France ont engagé de nombreux débats en 2010 et 2012. C’est dans ce contexte que ce film-événement souhaite donner la parole à l’histoire.

Ce film documentaire de 70 minutes, réalisé par Morad Aït-Habbouche et Pascal Blanchard, sur une idée originale de Christophe Maumus et Pascal Blanchard raconte cette fabuleuse saga. Images d’archives inédites, interviews exclusives de joueurs internationaux de toutes les générations (Marius Trésor, Basile Boli, Lilian Thuram, Thierry Henry, Patrick Vieira) et des sélectionneurs (Michel Hidalgo et Raymond Domenech), matchs références, moments essentiels de l’histoire coloniale ou de l’immigration, instants de victoires ou de défaites, émotions et débats constituent un récit exceptionnel qui traverse le siècle raconté par les joueurs eux-mêmes.

Pascal BLANCHARD et Morad AÏT-HABBOUCHE, Des Noirs en couleur – L’histoire des joueurs afro-antillais, réunionnais et néo-calédoniens en équipe de France de football, 2008, Achac.

Voir aussi :
Ces Bleus venus des quatre coins du monde… Un siècle de présence ultramarine et des immigrations en équipe de France (1908-2010), Exposition Achac.
Cette exposition inédite s’attache à présenter l’apport des différentes vagues migratoires qui s’entrecroisent et se succèdent au sein de l’équipe de France de football, véritable reflet de la diversité et de l’histoire de l’immigration en France durant tout le XXe siècle. Tout au long de cette exposition s’entremêlent six récits, correspondant aux immigrations et aux présences en provenance d’Afrique noire et des Outre-mer, d’Europe, d’Amérique du Sud, mais aussi du Maghreb, sans oublier l’apport des Pieds-Noirs. C’est le récit que portent les 35 totems thématiques et les 300 documents d’archives qui composent cette exposition, une véritable saga sur plus d’un siècle, afin de raconter cette histoire hors du commun et de rendre hommage à ces héros du football français.
• Ces Bleus venus d’Europe, Achac
• Des Noirs dans les Bleus , Achac
• Les joueurs maghrébins en équipe de France, Achac

Lire aussi :
• Dominic THOMAS, Noirs d’encre – Colonialisme, immigration et identité au cœur de la littérature afro-française, La Découverte, 2013.
Dans cet ouvrage original à plus d’un titre, Dominic Thomas explore les bouleversements qui ont résulté de la domination coloniale et postcoloniale, et les impacts sur les sociétés et populations africaines de la dissolution partielle des structures d’États-nations modernes en faveur de mécanismes supranationaux. L’auteur s’appuie sur une étude comparatiste d’oeuvres littéraires et donne à voir les circonscriptions transnationales issues du colonialisme et de l’immigration. Ainsi que l’émergence d’une littérature « afro-française », qui rafle les prix littéraires internationaux et fait connaître la la+ngue, plus profondément sans doute que ne le peuvent les institutions de la francophonie.
En mobilisant les apports de différentes disciplines (anthropologie, sociologie, études francophones, Gender Studies, études sur les diasporas, études postcoloniales), Noirs d’encre souligne l’importance pour la société française de valoriser une nouvelle histoire de France qui ferait clairement comprendre que les diasporas noires se trouvent au coeur de l’ouverture de la France au monde, au coeur même de sa modernité.
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Immigration, Monde en Question.

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« Les Mille et Une Nuits » rêvées de l’Occident


Tous les arts, tous les genres ont sacrifié la passion des Mille et Une Nuits, du théâtre à la mode, de la musique au cinéma, de la peinture à l’opéra, de la photographie à la littérature… générant plus d’images qu’aucune autre œuvre de l’esprit serait-on tenté de penser, n’a jamais généré. Haroun al-Rachid, Shahriyâr et Shéhérazade, Sindbâd et Aladin : on retrouve là tous les personnages des Nuits et les villes qui leur ont servi de décor, dans des évocations qui empruntent à toutes les disciplines artistiques.

Exposition du 27 novembre au 28 avril 2013
Institut du monde arabeFrance Inter

Lire aussi :
• François POUILLON et Jean-Claude VATIN (sous la direction de), Après l’orientalisme – L’Orient créé par l’Orient, Karthala, 2011.
Venant à la suite de Dictionnaire des orientalistes de langue française (Karthala, 2008), ce recueil de textes, issus d’un colloque réuni à l’EHESS et à l’IMA en juin 2011, en constitue tout à la fois la conclusion synthétique, l’épilogue et le complément. Après avoir tenté, à travers un millier de notices biographiques, de cartographier le vaste territoire de l’orientalisme par une approche dispersée de ses acteurs, de ses institutions et de ses réseaux, il nous fallait élaborer un bilan historique des débats qu’il a suscités, mais aussi inventorier les traces qu’il a laissées dans les sociétés actuelles.
Pour statuer sur les mises en cause et les déconstructions dont il a fait l’objet, de la décolonisation aux postcolonial studies, nous sommes allés chercher des pièces à conviction aussi bien dans l’orientalisme classique que dans ses métamorphoses les plus récentes. Il convenait également de procéder à un décentrement de la question ; à ce titre, l’examen des diverses formes qu’a prises l’orientalisme intérieur propre aux divers empires orientaux – ottoman, sociétique ou chinois par exemple – offre d’un renouvellement suggestif des approches. Il en va de même de l’analyse des réappropriations de l’orientalisme opérées par les « Orientaux », dont il nous importait de montrer qu’ils ont été, et sont encore, des acteurs dont les contributions ne sont pas seulement de l’ordre de la récusation mais procèdent aussi de logiques d’acclimatation ou de patrimonialisation.
• Edward SAÏD, L’orientalisme – L’Orient créé par l’Occident, Seuil, 1980.
D’Eschyle à Kissinger, de Marx à Barrès, l’Occident a tenu un discours sur l’Orient. Mais, puisque «l’Orient» n’existe pas, d’où vient ce discours et comment expliquer son étonnante stabilité à travers les âges et les idéologies? «L’Orient» est une création de l’Occident, son double, son contraire, l’incarnation de ses craintes et de son sentiment de supériorité tout à la fois, la chair d’un corps dont il ne voudrait être que l’esprit.
À étudier l’orientalisme, présent en politique et en littérature, dans les récits de voyage et dans la science, on apprend donc peu de choses sur l’Orient, et beaucoup sur l’Occident. Le portrait que nous prétendons faire de l’Autre est, en réalité, tantôt une caricature, tantôt un complément de notre propre image.

Exposition « Les enfants du Paradis »


 

Les enfants du Paradis, le chef-d’œuvre de Marcel Carné, d’après un scénario de Jacques Prévert, est l’un des films français les plus connus dans le monde, admiré depuis sa sortie en 1945. Jalonné d’extraits du film, le parcours de l’exposition présente de nombreux documents rares : affiches, dessins, photographies, costumes, appareils, scénarios, correspondances…

Exposition 24 octobre 2012 – 27 janvier 2013, Cinémathèque française

 

Lire aussi :
Entretien avec Marcel Carné par Edward Turk, DVD ClassikPhilippe MORISSON.
Entretien avec Marcel Carné par Brian Stonehill, Philippe MORISSON.
Hommage à Marcel Carné, Philippe MORISSON.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

L’âge d’or des cartes marines


Parmi les trésors de la Bibliothèque nationale de France, figurent des documents scientifiques d’exception dont la contemplation renvoie spontanément aux légendaires Grandes découvertes [L’histoire des « Grandes découvertes » est aussi celle de la colonisation européenne du monde].
Il s’agit des cartes marines enluminées sur parchemin, souvent rehaussées d’or, appelées couramment « cartes portulans », de l’italien portolano (livre d’instructions nautiques). Ces cartes donnent la succession des ports le long des côtes, tandis que l’espace maritime est sillonné par des lignes qui correspondent aux directions de la boussole. Ce système graphique permettait aux marins de s’orienter et de faire le point, en reportant sur la carte la distance qu’ils estimaient avoir parcourue.

L’âge d’or des cartes marines – Quand l’Europe découvrait le monde
Exposition 23 octobre 2012 – 27 janvier 2013
BNFExposition virtuelleCatalogue

Lire aussi :
• En des mers inconnues – Autour de l’exposition « L’âge d’or des cartes marines », Tout un mondemp3. Beaucoup de liens en bas de page.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Géo-Histoire globale, Monde en Question.

La France en 1500



du 6 octobre 2010 au 10 janvier 2011

L’exposition « France 1500, entre Moyen Âge et Renaissance » explore un moment de rencontres artistiques et d’effervescence créatrice sans précédent en France, et pourtant encore souvent méconnu. Il s’agit de la première manifestation d’envergure consacrée à la période charnière constituée par les règnes de Charles VIII (1483-1498) et de Louis XII (1498-1515), dominée par la personnalité d’Anne de Bretagne, épouse successivement de ces deux rois.

Époque de reprise économique, de croissance démographique, d’ambitions territoriales avec les fameuses guerres d’Italie, et d’un développement culturel placé sous le signe de l’humanisme, ce fut surtout un temps d’épanouissement comme de contrastes sur le plan artistique. Néanmoins ces mouvements restent souvent ignorés, à tel point que la plupart des ouvrages consacrés à l’art européen de la période ne mentionnent pas ou peu la France.

Exposition Paris
Galeries nationales du Grand Palais

Le « Moyen Âge », période de l’histoire occidentale qui commencerait en 395 (naissance des Empires d’Orient et d’Occident) et finirait en 1492 (fin de la Reconquista contre les musulmans et début de la Conquista des « Indes » en fait l’Amérique), fut nommé ainsi par les intellectuels de la Renaissance.

L’usage du terme « Moyen Âge » était alors polémique car il s’agissait d’annuler la chute de l’Empire romain en renouant les liens soi-disant perdus avec LA civilisation gréco-latine du fait de la « barbarie musulmane ». Ce retour aux sources a un côté réactionnaire car, en tentant d’effacer les apports de la civilisation musulmane, il s’agissait de d’imposer au monde la civilisation européenne – son modèle économique, politique, social et idéologique – comme universelle [1].

La « Renaissance » est un terme polysémique qui fut appliqué rétroactivement (autour de 1840) à cette période de l’histoire occidentale. Il ne s’appliquait à l’époque qu’au mouvement artistique italien. Les intellectuels de l’époque se nommaient humanistes c’est-à-dire érudits en rhétorique latine et grecque.

Le paradoxe est que cet ancrage idéologique dans le passé s’accompagna d’un changement de représentation du monde lié au développement des techniques (imprimerie, horloge mécanique, cartographie, boussole et sextant), des échanges commerciaux et des grandes découvertes, qui permirent la colonisation économique, politique et religieuse de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Asie.

07/12/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• La France en 1500, 2000 ans d’HistoireFrance Inter.
• Exposition France 1500, France Inter.
• LE FUR Didier, Le royaume de France en 1500, Réunion Musées Nationaux, 2010.
C’est un temps mal connu parce que longtemps délaissé par les historiens. Pourtant, c’est dans ces années 1500, sous le règne de Charles VIII puis de Louis XII, que la France, redevenue prospère et ambitieuse, put oublier la guerre et les épidémies qui l’avaient ravagée pendant plus de cent ans. Tout en affichant la volonté de structurer un sentiment national puissant, ces monarques rêvèrent d’empire, et imaginèrent conquérir l’Italie. Ce rêve n’aboutit jamais, mais leur ambition sut donner un nouveau visage à la France : elle entrait dans ce qui allait s’appeler la Renaissance.
• BOUCHERON Patrick (sous la direction de), Histoire du monde au XVe siècle, Fayard, 2009 Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Géo-Histoire globale, Monde en Question.


[1] Lire sur l’universalisme européen :
• JULLIEN François, De l’universel, de l’uniforme, du commun et du dialogue entre les cultures, Fayard, 2008 Monde en Question.
• WALLERSTEIN Immanuel, L’universalisme européen : de la colonisation au droit d’ingérence, Démopolis, 2008 Monde en Question.

Hommage à Eugenio MERINO


Les artistes, du moins ceux qui ne se conforment pas au pouvoir, n’ont pas la cote dans les démocraties occidentales. Après l’artiste chinoise Ko Siu Lan censurée à Paris, le sculpteur catalan Eugenio Merino subit la colère d’Israël à cause de deux de ses dernières œuvres [1].

La première représente un pistolet mitrailleur de type Uzi, fabriqué en Israël, qui se transforme en chandelier à sept branches, un des symboles du judaïsme et de l’État sioniste.

La seconde, la plus critiquée, représente trois hommes en prière : un musulman courbé sur un tapis, à genoux sur son dos un prêtre catholique, sur ses épaules un juif debout.

Madrid (Agences) – L’ambassade d’Israël à Madrid a publié un communiqué soulignant son rejet des oeuvres que l’artiste catalan Eugenio Merino présente sur le stand de la galerie AND à la manifestation culturelle ARCOmadrid. Concrètement, elle expose son dégoût pour l’oeuvre intitulée Escalier vers le ciel, qui montre trois croyants (un musulman, un curé et un juif) priant empilés l’un sur l’autre.

L’ambassade israélienne considère que l’oeuvre de Merino comporte « des éléments insultants pour les Juifs, les Israéliens et certainement pour d’autres. » « Des valeurs comme la liberté d’expression ou la liberté artistique servent parfois de simples déguisements pour les préjugés, les stéréotypes ou de la provocation pour le plaisir de provoquer, » affirme-t-elle. Elle signale également qu’un message « offensant n’est pas moins douloureux quand ils se prétend être une oeuvre artistique. » « Nous considérons que nous sommes devant un de ces cas et nous sommes conscients que ce type de provocation a du succès, c’est précisément pourquoi le bon sens ne peut les laisser sans réponse, » dit-elle.

Il y a toujours le problème de où on met l’un [des personnages] et où on met l’autre, et il faut trancher, » explique Merino.
Après avoir pris connaissance de la réaction d’Israël, Merino a affirmé que son oeuvre représentait une « image positive » et que « celui qui veut la voir comme négative, c’est son problème. » L’artiste dit ne pas être « antisémite » et se consacrer uniquement à l’art. « Je me consacre à l’art et j’accepte qu’on pense ce qu’on veut. J’ai réalisé en tout cas une pièce qui est censée parler de l’unité des religions et de l’alliance des civilisations.

Dans le même ordre d’idée, il explique qu’avec la religion il y a toujours « problème » et il précise avoir essayé d’être « respectueux au maximum. » « J’accepte leur critique mais ils doivent accepeter mon travail, » déclare l’artiste qui considère que son oeuvre n’est pas « agressive » parce qu’elle a un « air certain de religiosité. » « Il y a toujours une opinion ou une interprétation que je ne peux pas contrôler. Ce que les autres pensent dépend de nombreux éléments que je ne peux contrôler, comme le lieu où ils ont vécu. La lecture de l’oeuvre est très claire: c’est une tour où les trois grandes religions collaborent pour arriver à une même finalité. La même finalité est Dieu, » explique Merino qui admet que « toute cette polémique » ne l’intéresse pas.

« Elles ont en commun un ensemble de livres et de prophètes qu’elles partagent, et j’ai simplement proposé une alliance et l’acceptation de toutes les valeurs des uns et des autres, » déclare l’artiste pour qui la provocation « est en toute oeuvre d’art. »

En ce qui concerne une autre oeuvre, installée aussi dans la galerie ADN et dans laquelle apparaissent un candélabre et une mitraillette, il reconnait qu’elle est peut-être un peu « plus agressive. » Mais dans le fod, elle parle aussi de paix, » insiste-t-il. « La mitraillette est un Uzi, une mitraillette israélienne. Je propose une vision où les éléments sont recyclés pour être transormés en quelque chose d’autre qui ne tue pas, » explique-t-il. « Je peux accepter qu’on me dise que mon travail n’est pas exactement ce qu’il parait être, mais en fin de compte ce que j’ai dit, c’est ce que j’ai fait, et c’est ce qu’elle est, » conclut-il.

Una escultura del catalán Eugenio Merino ofende a Israel, La Vanguardia

D’autres œuvres d’Eugenio Merino n’ont pas suscité les mêmes réactions.


Ben Laden

Che Guevara

Fidel Castro

Jésus de Nazareth dit le Christ

Dalaï Lama

Les médias dominants de l’hexagone franchouillard, qui avaient mené une campagne hystérique à propos des caricatures de Mahomet, se taisent… comme toujours quand l’État d’Israël est en cause. La Croix est le seul quotidien qui a publié la dépêche AFP, mais sans commentaires.

Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Site d’Eugenio Merino


[1] 17/02/2010, Eugenio Merino y la ira de Israel, hoyesarte. Merci à Maria Teresa de México de m’avoir signalé cet article.

Ko Siu Lan


L’Ecole des Beaux-arts a décroché mercredi de sa façade l’œuvre d’une artiste chinoise détournant le slogan du candidat Nicolas Sarkozy « travailler plus pour gagner plus », estimant que cela pouvait porter « atteinte à la neutralité du service public ».

« Je viens de Chine. Je ne peux pas croire que cela m’est arrivé en France. C’est une censure très brutale, sans discussion », a déclaré Ko Siu Lan.

Le directeur Henry-Claude Cousseau « m’a dit que ton travail était trop explosif pour rester in situ et que certains membres de l’école et des personnes du ministère de l’Education s’en offusquaient déjà », écrit Clare Carolin à l’artiste. La direction « m’a dit aussi que le moment était délicat car l’école est en train de renouveler sa convention de financement avec le ministère », a-t-elle ajouté.

AFP-Google Actualités

En France, il est interdit d’accrocher les mots « travailler », « gagner » « plus » et « moins », sur une façade. Comme a pu le constater, effarée, une jeune artiste chinoise, Siu Lan Ko, censurée alors qu’elle exposait ses slogans sur l’immeuble de l’école des Beaux-Arts, à Paris. C’est une blague ? Non.

C’est ironique, quand on est un artiste chinois, d’être censuré en France pour subversion politique. Critiquer Hu Jintao à Pékin, c’est possible. Mais Nicolas Sarkozy à Paris, ça non, c’est interdit.

Télérama

La censure sévirait à Paris ? Impossible ! Paris est la capitale des « droits de l’homme » et Pékin celle de la « dictature communiste ». Tous les médias dominants vous le disent et le redisent. Rue89, après Libération, publie une rubrique entièrement consacrée à ce schéma idéologique.

Ainsi, comme le titrent L’Express et Le Point, les médias « débattent sur la censure d’une œuvre sur un slogan de Sarkozy » sans pour autant hurler à la dictature. La nuance, qui est de taille, échappe aux propagandistes pavloviens.

Le plus comique de l’histoire est la prétention de Rue89 et Le Monde d’avoir « réveillé Mitterrand » comme le prétendent Arrêt sur images et Rue89 :

Elle remercie tous ceux qui l’ont soutenue, « sans qui ce n’aurait pas été possible ». Parmi eux, Agnès Tricoire, son avocate, qui dès que la censure a été révélée par Rue89, s’est mobilisée et a envoyé une mise en demeure aux Beaux-Arts […].

Rapportant les propos d’un manifestant en faveur de Ko Siu Lan «Une Chinoise qui nous donne des leçons de démocratie, c’est le comble», Rue89 note « ignorant sans doute que l’artiste était originaire de Hong-Kong ». Ce qui laisse entendre que Hong-Kong n’est pas une ville chinoise, mais serait toujours la colonie anglaise qu’elle fut de 1842 à 1997, car une Chinoise n’est pas qualifiée pour donner « des leçons de démocratie » !

13/02/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• De Paris à Dresde : Le poids des mots, le choc des images, Basta !
• Ko Siu Lan, Google ActualitésSite
Dossier documentaire & Bibliographie Chine Tibet Xinjiang, Monde en Question.

Histoire culturelle des Maghrébins en France


Du 17 novembre 2009 au 18 avril 2010, la Cité présente Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France, une exposition proposée par l’association GénériquesCité nationale de l’histoire de l’immigration.

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.

Les dieux de Teotihuacán


À l’occasion de l’exposition consacrée à « Teotihuacán, Cité des Dieux » au musée du quai Branly du 6 octobre 2010 au 24 janvier 2011 avec Hélène Fulgence
Cultures de soi, cultures des autres – France Culture
Musée du quai Branly
Wikipédia

Berlin-Bil'in


La commémoration de la chute du mur de Berlin fut l’occasion, pour les médias dominants, de déverser leur haine anticommuniste en reconstruisant rétrospectivement l’événement et en passant sous silence le mur de l’Apartheid en Palestine.

Serge LEFORT
28/11/2009

Revues de presse
• 09/11/2009, Revue de presse internationale, France 24
• 09/11/2009, Revue de presse française, France 24
• 09/11/2009, Revue de presse française, Nouvel Obs
• 09/11/2009, Revue de presse européenne, euro|topics
• 09/11/2009, Revue de presse russe, RIA Novosti
• 09/11/2009, Le Mur de Berlin, 20 ans après – Diaporamas, RIA Novosti
• 11/11/2009, Russie : Les blogueurs et le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, Global Voices

Documents
• Le mur de Berlin a été démoli il y a 20 ans, mais reste sa poussière, RIA Novosti

• Le monde entier commémore la chute du mur de Berlin, Global Voices

• Quand Kohl, Mitterrand, Delors et Giscard débattaient de la chute du mur au Parlement européen, EurActiv

• Berlin, capitale sans mémoire ?, La vie des idées

Il y a vingt ans tombait le mur de Berlin. Au-delà du souvenir et de la commémoration, que reste-t-il de la RDA dans le paysage berlinois ? Une exposition présentée à Paris s’interroge sur « l’effacement des traces » du passé communiste, qu’il s’agisse de la débaptisation des rues ou de la destruction du Palais de la République. Rencontre avec l’une des commissaires de cette exposition.

• Berlin 1989-2009 L’effacement des traces Exposition ouverte du 21 octobre au 31 décembre 2009
Musée d’Histoire Contemporaine – BDIC
Dossier de presse

• 29/10/2009, 1989-2009 – Berlin, il y a 20 ans I, Là-bas si j’y suis
• 30/10/2009, 1989-2009 – Berlin, il y a 20 ans II, Là-bas si j’y suis

• 06/11/2009, Ni’lin fête le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, YouTube

• 09/11/2009, A Berlin, Là-bas si j’y suis

• 09/11/2009, Allemagne, 20 ans après : le prix du rêve, Interception – France Inter

Autrefois la division était physique, sous la forme d’un mur. Aujourd’hui elle est sociale, entre des riches toujours plus riches, et des pauvres toujours plus pauvres ».
Ainsi s’exprime un ancien ouvrier de la République Démocratique Allemande, rencontré lors d’une manifestation dans les rues de Leipzig. 20 ans après la réunification des deux Allemagne.

Analyses
• 19/02/2008, John PILGER, Faire tomber les nouveaux murs de Berlin, Le Grand Soir

John Pilger décrit comment l’évasion des Palestiniens de Gaza peut inspirer tous ceux qui luttent pour faire tomber les nouveaux murs de Berlin qui s’érigent partout dans le monde.

• 06/11/2009, William BLUM, Le Mur de Berlin – Encore un mythe de la Guerre Froide, Le Grand Soir

D’ici quelques semaines, on peut s’attendre à ce que les médias mettent en route leurs moulins à propagande pour commémorer le 20e anniversaire de la démolition du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Tous les clichés de la Guerre Froide sur le « Monde Libre » opposé à la tyrannie communistes vont revenir parader, et la fable simpliste racontant le pourquoi de l’existence du mur sera répétée à l’infini.

• 09/11/2009, Peter Schwarz, La chute du Mur de Berlin, WSWS

La contradiction entre l’enthousiasme officiel et le mécontentement populaire en dit long sur la signification réelle des événements de novembre 1989. Les efforts entrepris par les médias pour glorifier ces événements comme étant le commencement d’une nouvelle ère de la démocratie, de la liberté et de la paix sont d’autant plus grands qu’il s’avère que ce n’était absolument pas le cas. Il existe peu d’événements de l’histoire contemporaine qui furent autant mystifiés que la fin de la RDA.

• 09/11/2009, Chems Eddine Chitour, Mythe du mur de Berlin et vrai mur de la Honte en Palestine, Mondialisation

Marquant le 20e anniversaire depuis la chute du mur de Berlin, les Palestiniens ont démoli ce vendredi dans le village cisjordanien de Ni’lin, un pan de mur [d’Apartheid] construit par Israël. Lors de la manifestation hebdomadaire contre le mur, qui traverse le centre du village situé dans la région de Ramallah et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300 manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant que les forces israéliennes n’ouvrent le feu. Ils ont brûlé des pneus et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un vérin mécanique pour voiture.

• 10/11/2009, Benjamin Moriamé, Berlin 89 – Jérusalem 09 : d’un Mur à l’autre, Investig’action

Bien des murs ont été érigés depuis vingt ans. Tandis que la commémoration de la chute du Mur de Berlin bat son plein, les barrières du « monde moderne » restent invisibles au plus grand nombre. La plupart de ces nouveaux murs, au Mexique, au Botswana ou dans le sud de l’Europe, font obstacle à l’immigration. Le Mur du Proche-Orient, lui, n’est pas bâti sur une frontière. Il serpente à l’intérieur du territoire palestinien sur plus de 450 kilomètres – bientôt 700. Ce Mur traîne derrière lui des conséquences, à la fois humanitaires et politiques, inégalées.

• 10/11/2009, Slavoj ZIZEK, Derrière le Mur, les peuples ne rêvaient pas de capitalisme, Le Grand Soir

C’est un lieu commun que d’insister sur ce que ces événements ont eu de « miraculeux ». Un rêve est devenu réalité, il s’est passé quelque chose qu’on n’aurait même pas envisagé quelques mois auparavant : des élections libres, la fin des régimes communistes qui se sont effondrés comme un château de cartes.

• 12/11/2009, Benjamin Moriamé, 1989 – 2009, Vingt ans de remparts, ContreInfo

L’unanimité médiatique des célébrations de la chute du mur de Berlin s’est largement dispensée d’interroger la réalité actuelle. Pourtant, nous rappelle le journaliste indépendant Benjamin Moriamé, durant les vingt ans qui ont suivi le démantèlement du rideau de fer, ce dispositif archaïque de violence silencieuse faite aux hommes qu’est la muraille a largement proliféré sur la surface du globe. Et aux cicatrices déjà anciennes qui séparent les deux Corée ou isolent le Sahara Occidental, sont venues s’ajouter de nouvelles barrières infranchissables matérialisant les lignes rouges des conflits, des zones de tensions et des inégalités.

• 13/11/2009, Viktor DEDAJ, L’insoutenable bruit du claquement des tongs de la pensée anticommuniste, Le Grand Soir

Alors capitalistes, vous pouvez agiter vos principes (violés hors caméras), vos lois économiques (risibles de naïveté), tous ces trucs que vous invoquez pour vous donner un petit vernis moralisateur et camoufler votre véritable nature, vous pouvez même réécrire l’histoire et noircir tous les tableaux, moi en tous cas, je suis sûr et certain d’au moins d’une chose : je n’ai jamais entendu crier « vive le capitalisme » devant un peloton d’exécution nazi.

• 16/11/2009, Mathias Reymond, BHL, Bernard Guetta et Nicolas Demorand sous le mur de Berlin, Acrimed

Les vingt ans de la chute du mur de Berlin. Impossible d’y échapper. Le temps d’une journée, les stations France Inter, France Culture, France Info, Le Mouv’, France Bleu, France Musique et Fip… ne sont devenues qu’une : Radio France. Un seul sujet, un seul point de vue, un seul média.

• 18/11/2009, Palestine emmurée : une réserve indienne ?, Seriatim

• non daté, L’histoire est aussi faite de zones grises, Contretemps

Lire aussi :
• GROSSER Pierre, 1989 – L’année où le monde a basculé, Perrin, 2009 [L’Humanité].

1989 ou la fin de l’histoire ! L’a-t-on assez répétée, cette bêtise, en se laissant prendre à l’euphorie d’une saison.
La guerre froide balayée, les incendies du tiers-monde éteints, la Chine qui rêve un mois du mot liberté, le mur de Berlin tombé et les anciens dictateurs forcés de rendre des comptes… L’automne des peuples a recouvert la réalité d’un mouvement tectonique autrement capital. En s’appuyant sur les meilleures sources françaises et étrangères, Pierre Grosser fait comprendre l’épaisseur, les enjeux et la portée d’une année sans autres pareilles que 1945 ou 1929.
Car 1989, c’est aussi la mondialisation libérale en marche et les premiers débats sur l’ingérence humanitaire et le réchauffement climatique. Mais encore, les premiers pas de la démocratie en Afrique du Sud. C’est la mort de l’ayatollah Khomeiny, après sa fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie. C’est déjà la violence des nationalismes dans des Etats fédéraux en décomposition (en Yougoslavie, en Géorgie…), l’arrivée au pouvoir d’Omar al-Bachir au Soudan, l’accélération de la décomposition de la Somalie et le début de la guerre au Libéria, tandis que les militants du djihad, dont un certain Ben Laden, se déchiraient pour savoir quelle devait être leur nouvelle stratégie…

• HEURTAUX Jérôme et PELLEN Cédric (sous la direction de), 1989 à l’Est de l’Europe – Une mémoire controversée, Éditions de l’Aube, 2009 [La vie des idées].

Que signifie « l’année historique de 1989 » pour les populations qui l’ont vécue ? L’ouvrage 1989 à l’Est de l’Europe y répond en multipliant les points d’entrée et les échelles d’analyse, tenant délibérément à distance les grands récits commémoratifs qui foisonnent en ce moment.

• Dossier Mur de Berlin, Bibliothèque publique d’information.
• Livres autour de la chute du Mur de Berlin, Nonfiction.
• Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël – Mur de l’Aparteid, Monde en Question.