Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Féminismes

Genre, postcolonialisme et diversité de mouvements de femmes


Bibliographie société

 

Le présent ouvrage s’attache à souligner la diversité et la richesse des mouvements de femmes de par le monde, qui se sont organisés autour d’enjeux variés, que ce soit autour du droit de vote des femmes, du droit des filles à l’éducation, des luttes anticoloniales, des discriminations racistes envers des femmes ou de divers autres droits. Il explore aussi les débats sur l’articulation des différentes appartenances de classe, race, caste, genre et comment ces catégories se croisent, se renforcent. Ce débat est déjà ancien, puisqu’il a été abordé dès le xixe siècle, par exemple avec les textes de Flora Tristan, en Chine dans les années 1920, ou dans les années 1960 aux États-Unis avec les femmes du mouvement Black Feminism. À partir des années 1980, se développe une démarche critique de l’hégémonie d’une certaine pensée féministe, blanche, occidentale, qui n’avait pas suffisamment reconnu les tensions dans les débats et luttes féministes, pourtant âpres, autour des questions de classe, de race ou de nation. Cette démarche de décolonisation du féminisme est inspirée par des militantes et théoriciennes issues de la migration, des minorités, et surtout par des militantes et théoriciennes dans les pays du Sud. La réflexion sur l’intersectionnalité des catégories de genre, classe, race, caste, a permis de construire de nouveaux champs théoriques qui ont souvent précédé l’institutionnalisation du champ d’études postcoloniales.

Cet ouvrage permet aussi que s’expriment et soient rapportés les expériences concrètes des femmes et des mouvements de femmes, dans toute leur diversité, et les savoirs qui sont élaborés par et avec elles. Ce travail correspond à une reconnaissance, non seulement des capacités d’agir mais aussi des capacités de penser, de manière critique, des femmes de différentes appartenances et de divers horizons culturels, et dont les théories féministes sont redevables.

Christine VERSCHUUR (sous la direction de), Genre, postcolonialisme et diversité de mouvements de femmes, Graduate Institute Publications, 2010 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Index Société, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.

Réflexion comico-dramatique d’une périménopausée velue et moite


Bibliographie société

 

Dans ce récit personnel où se côtoient de savoureuses histoires et une chronologie hormonale du parcours féminin, Guylaine Guay aborde un sujet plutôt tabou ou, encore, tourné en dérision : la ménopause !

Quand on naît femme, les étapes de la vie  hormonale sont nombreuses : la puberté, la période reproductive, la préménopause et celle dans laquelle l’auteure baigne présentement, la périménopause ou, dans ses mots, « l’apocalypse hormonale » !

Dame mature est une réflexion tantôt drôle, tantôt profonde, mais toujours tendre, sur ce moment charnière qui apporte son lot de changements physiques, émotifs et climatiques.

Guylaine GUAY, Dame mature – Réflexion comico-dramatique d’une périménopausée velue et moite, Libre Expression, 2018 [Texte en ligne].

Guylaine Guay est animatrice, conférencière, comédienne et diplômée de l’École nationale de l’humour. Elle est une chroniqueuse chouchou de l’émission Marina à Radio-Canada.

Lire aussi :
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Index Société, Monde en Question.

L’interruption volontaire de grossesse


Bibliographie société

 

De l’insouciance de l’adolescence à l’âge adulte, l’auteure nous dévoile son choix de l’IVG, le contexte ainsi que son ressenti. Son vécu met en évidence les difficultés et les obstacles à la mise en pratique de ce droit, ainsi que les facteurs favorables à son exercice. Elle nous livre le chemin qui, au fil des rencontres, lui a permis d’assumer ce droit de choisir qui s’inscrit dans l’histoire des revendications pour la maîtrise de la fécondité. Son témoignage offre une expérience personnelle des conditions de l’avortement – intervention qui concerne, aujourd’hui en France, une femme sur trois.

Nathalie CARRON-LANZL, Une femme sur trois – Des mots sur l’IVG, Passionnés de Bouquins, 2015 [Site de l’auteure].

Ceux et celles qui ont une mémoire historique, plus fiable en général que la mémoire individuelle des événements personnels, se rappellent que les féministes de l’époque pensaient que la dépénalisation de l’avortement était l’étape vers sa disparition progressive grâce à la généralisation de la contraception.

Quarante trois ans plus tard le miracle ne s’est pas produit : « Après avoir diminué de 1975 à 1995, le recours à l’IVG a augmenté avant de se stabiliser à la fin des années 2000 » et « Dans les années 1970, les IVG répétées représentaient moins d’une IVG sur dix, contre près de deux sur dix au début des années 2000 » selon une étude de l’INED (2015).

Les féministes d’aujourd’hui n’analysent pas ce phénomène et se contentent des sacro-saint témoignages. C’est le cas du livre de Nathalie Carron-Lanzl et de l’émission Lilith, Martine et les autres.

09/04/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Le nombre de femmes ayant recours plusieurs fois à IVG ne cesse de s’accroître depuis 1975, 20 minutes, 15/01/2015.
Avant la loi Veil, le coup d’éclat des 343 « salopes », France Culture, 05/04/2017.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Index Société, Monde en Question.

Féminismes


Bibliographie Sciences sociales

 

Claudette FILLARD (sous la direction de), Elizabeth Cady Stanton – Naissance du féminisme américain à Seneca Falls, ENS Éditions, 2009 [Texte en ligne].

Cet ouvrage met en scène une double naissance : celle du féminisme américain avec le moment inaugural de la Convention de Seneca Falls en 1848, et l’émergence d’Elizabeth Cady Stanton comme force vive et tête pensante des tout premiers combats pour l’affirmation et la conquête des droits de la femme aux États-Unis.

À travers des textes jamais traduits en français, on perçoit l’éveil d’une conscience, du cadre privé de l’enfance jusqu’à l’intervention publique auprès du Congrès de New York en 1854. Mère de famille épanouie, Elizabeth Cady Stanton savait déjà que « ce qui est personnel est politique ». Bien née, elle n’en fut pas moins sensible aux injustices subies par les femmes. L’audace de ses propositions lui vaudra toutefois la méfiance des suffragettes à la fin du XIXe siècle, et c’est le nom de Susan B. Anthony qui sera associé à l’amendement de 1920 accordant le droit de vote aux femmes. C’était pourtant Elizabeth Cady Stanton qui, courageusement, en avait imposé l’inscription dans la Déclaration de sentiments de 1848, rappel ironique des principes fondateurs de la nation américaine.

Les textes ici présentés participent d’un devoir de mémoire grâce auquel on découvre que ni le discours d’Elizabeth Cady Stanton en ses premières indignations, ni le message de Seneca Falls n’ont perdu de leur actualité.

Neil DAVIE (textes réunis par), L’évolution de la condition féminine en Grande-Bretagne à travers les textes juridiques fondamentaux de 1830 à 1975, ENS Éditions, 2011 [Texte en ligne].

Entre 1830 et 1975, le statut social, économique et politique des femmes, en Grande-Bretagne comme ailleurs, s’est profondément transformé. Des avancées, certes réelles, furent gagnées par les femmes britanniques, mais au prix d’innombrables revers, déceptions et faux départs.

Présentées et traduites ici pour la première fois en français, les quatorze lois fondamentales qui ont été choisies retracent les grandes tendances de l’évolution de la condition féminine outre-Manche. Loin de s’en tenir au texte seul, l’auteur s’attache à rappeler les circonstances historiques qui entourent le vote de chaque loi, de leur conception intellectuelle à leur mise en pratique par l’État, sans oublier d’inclure et c’est là l’une des originalités de l’approche de Neil Davie, les réactions souvent conflictuelles qu’elles ont suscitées de la part des intéressées. Cette étude permet aux lecteurs et aux lectrices d’explorer ce que le législateur a voulu permettre et interdire aux femmes. Le texte juridique apparaît ainsi comme un outil précieux d’analyse pour cerner les mentalités et interroger le rôle et le statut des femmes durant cette période.

L’ouvrage s’adresse aux juristes, aux spécialistes de l’histoire et de la civilisation britannique comme de l’histoire des femmes et de l’étude du genre, mais également à tous ceux et à toutes celles qui s’intéressent aux droits des femmes en général.

Lire aussi : Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.

Histoire ludique et détaillée du clitoris


 

L’histoire ludique et détaillée du clitoris est une conférence gesticulée qui met en scène une histoire du clitoris à travers les âges, délivrée sous la forme d’une épopée érotique et loufoque. Elle est mise en récit sur un mode décalé, truculent, et émaillée d’images, de saynètes, de croquis d’anatomie, de poèmes et de chansons qui lui sont dévolus. Le projet s’appuie sur un dispositif imagier et sonore qui met en scène les tribulations de son héros anatomique, dont le récit est parfois entrecoupé de témoignages ou d’un jeu de questions réponses avec le public. Deux femmes s’y transforment en enquêtrices lancées sur les traces de ce mystérieux organe, elles-mêmes bouleversées par l’épopée qu’elles relatent. Une ode au plaisir, à son histoire, à sa connaissance.
Radio Panik

À défaut d’apprendre quelque chose sur le clitoris, cette conférence confirme les mensonges des féministes sur l’éternel occultation du sexe féminin. Ce qui fut vrai au XIXe siècle ne l’est pas à d’autres époques.

Lire aussi :
Dossier documentaire Érotisme & Pornographie, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.

Je ne suis pas féministe, mais…


 

Les féministes prétendent parler au nom de toutes les femmes alors qu’elles ne représentent au mieux qu’un groupe et au pire elle-même. C’est le cas de Christine Delphy qui a longtemps parlé au nom des Gouines rouges, un groupe parmi d’autres de femmes homosexuelles.

Dans le documentaire hagiographique qui lui est consacré, Christine Delphy avoue son incompréhension des femmes hétérosexuelles et surtout de celles qui ont des enfants.

Néanmoins depuis 2001, Christine Delphy dénonce l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et refuse la discrimination à l’encontre des musulmanes. En 2004, elle manifeste contre la loi excluant de l’école publique les filles portant un foulard.

À rebours de la doxa féministe, Camille Lacoste-Dujardin a montré que les mères pouvaient être l’ennemi principal des femmes (Des mères contre les femmes – Maternité et patriarcat au Maghreb) et que les femmes n’étaient pas des objets passifs, mais des sujets actifs (La vaillance des femmes – Les relations entre femmes et hommes berbères de Kabylie).

Florence Tissot et Sylvie Tissot, Je ne suis pas féministe, mais…, 2015.

Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
• Christine DELPHY, Blog – Articles, LMSI.
• Camille LACOSTE-DUJARDIN, Des mères contre les femmes – Maternité et patriarcat au Maghreb,, La Découverte, 1996.
• Camille LACOSTE-DUJARDIN, La vaillance des femmes – Les relations entre femmes et hommes berbères de Kabylie, La Découverte, 2008.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Elles posent pour dénoncer les normes de beauté imposées aux femmes


 

En tant que femme, la pression pour avoir un corps parfait est constamment présente. Se regarder dans le miroir et trouver que son corps devrait être plus comme-ci ou plus comme ça est devenu pratique courante. Mais Sarah Coffman, 24 ans, a décidé de changer le cours des choses.

Accompagnée de trois de ses amies et du photographe Terrance Smalls, elle a créé le projet « Line Series », qui remet en question les critères de beauté très stricts imposés aux femmes. La série montre trois modèles assis dans un salon de beauté, en sous-vêtements. Mais plutôt que de poser comme des mannequins, les femmes sont couvertes de lignes et de flèches, comme on verrait sur le corps d’une femme avant qu’elle subisse une chirurgie plastique.

« Nous vivons dans une société où les femmes sont constamment mises à nu et évaluées», explique Terrance Smalls sur son site. Dans une interview à Buzzfeed, Coffman estime que devenir une femme parfaite est une balance difficile. « En tant que femmes, on tente toujours de se conformer; on est jamais assez jeunes, assez belles, assez gentilles, ni assez endurantes, ni assez capables. Si tu veux que la société t’accepte, tu dois te tenir entre les lignes. »

Huffington Post

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Dossier documentaire Corps, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Dossier documentaire Mode & Vêtement, Monde en Question.

Gett – Le procès de Viviane Amsalem


 

Réalisateur : Ronit Elkabetz, Shlomi Elkabetz
Acteurs : Ronit Elkabetz, Menashe Noy, Simon Abkarian
Durée : 1h56
Année : 2014
Pays : Israël
Genre : Drame
Résumé : Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse.
Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n’est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari.
Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l’absurde, où l’on juge de tout, sauf de la requête initiale.
Dossiers :
Critikat
DVD Toile
IMDb
Sens Critique

Partage proposé par : AvaxHome DVD VOSTFR-EN

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Filmographie Anat ZURIA sur le même thème, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
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Les femmes ignorées des féministes


Alors que les féministes françaises proclament que le happening des Femen serait le nec plus ultra de la libération des femmes, elles ignorent totalement les luttes sociales. Elles ignorent ou méprisent par exemple le combat des Palestiniennes.

Trois femmes pales­ti­niennes du petit village de Nabi Saleh, situé à 25 km de Ramallah vien­dront nous parler de leur quotidien. A Nabi Saleh, ce n’est pas la construction du « mur » qui a été le déclen­cheur conduisant à la consti­tution d’un Comité de résis­tance, mais l’expansion de la colonie israé­lienne voisine de Hal­lamish qui se déve­loppe depuis 1977 en dépos­sédant les paysans de leurs terres. La par­ti­cu­larité de Nabi Saleh est la pré­sence des femmes, qui jouent un rôle très important dans la prise de déci­sions et la conduite des actions.
AFPS

Obsédées par la mise en scène spectaculaire de leur cul, elles ignorent ou méprisent aussi les Afghanes comme Malalaï JOYA. Lire l’hommage et le dossier qui lui sont consacrés.

D’un point de vue plus général, il conviendrait, ce qui n’est pas politiquement correct en France, de dire féminismes pour rendre compte de « leur pluralité historique, idéologique et politique et dans leurs expressions pratiques et théoriques » (Delphine GARDEY (sous la direction de), Le féminisme change-t-il nos vies ?, Textuel, 2011).

En France au contraire de la Grande-Bretagne par exemple, les féministes ont été quasi absentes de la lutte pour le droit de vote des femmes pour des raisons sociologique et politique : « femmes issues de la bourgeoisie parisienne » pour l’essentiel. Ainsi, ce droit leur fut octroyé le 21 avril 1944 par le Comité français de la Libération nationale dirigé par le général de Gaulle.

04/04/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Articles Femmes Afghanes, Monde en Question.
Articles Femmes Palestiniennes, Monde en Question.
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Augustine, une fiction féministe


Dès la première image, ce film nous plonge dans la sombre vision d’une fiction féministe et donc réductrice d’une page importante de l’histoire de la neurologie moderne. L’intrigue du film se résume à la propagande habituelle : « nous savons toutes et on nous le rappelle sans cesse, qu’il nous suffit de ne pas être des saintes pour que tout mâle normalement constitué ait une irrépressible envie de nous fourrer son pénis dans notre vagin sans nous demander notre avis » (Coupable, forcément coupable).

Le film est construit comme un acte d’accusation. Faute de preuves, la réalisatrice se contente d’affirmer que Charcot est coupable parce qu’il est un homme et riche. Le même procédé servit pour condamner a priori Dominique Strauss-Kahn. Ce film ne mérite pas une ligne de plus, mais il m’a incité à étudier l’histoire de la Pitié-Salpêtrière, de Jean-Martin Charcot et de l’hystérie.

La Pitié-Salpêtrière

La Salpêtrière fut créée par édit royal, en avril 1656, « pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et Fauxbourgs de Paris ». En France comme en Europe, la société voulait éloigner du centre ville et enfermer les classes dangereuses.

En 1684, Louis XIV ajouta à l’hospice, une prison, la « maison de force », pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande de leurs maris ou de leurs parents.
Au XIXème siècle, l’hôpital se spécialise en ne conservant que les folles et les vieillardes.
Entre 1807 et 1818, la situation des folles s’améliore. Elles sont, enfin, détachées de leurs chaînes, les moins atteintes sont séparées des incurables. Mais la distraction favorite, le dimanche en famille, de la population de l’époque reste la visite des folles derrière leurs grilles. Le spectacle est payant !
Histoire de la Pitié-Salpêtrière

Sélection bibliographique :

• Pitié-Salpêtrière – 400 ans d’Histoire , YouTube, 17 mn.
• La Pitié-Salpêtrière – quatre siècles d’histoire, Gallica.
• Histoire de la Pitié-Salpêtrière, CHU Pitié-Salpêtrière.
• Paul-André BELLIER, Du village des salpêtriers au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière [1991], Revue d’histoire de la pharmacie nº295, 1992.
• Jean-Pierre CARREZ, La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes, Criminocorpus, 2008.
• Louis BOUCHER, La Salpêtrière – Son histoire de 1656 à 1790, ses origines et son fonctionnement au XVIIIe siècle, Progrès Médical, 1883, 137 pages.

Jean-Martin Charcot

Jean-Martin Charcot, dont l’œuvre importante est oubliée, participa à la médicalisation et donc à la dépénalisation des troubles catalogués comme hystériques. La lecture des Leçons du mardi à la Salpêtrière montre qu’il a étudié non seulement l’hystérie féminine, mais aussi l’hystérie masculine ou chez l’enfant.

Les photographies montrent un homme élégant au regard droit et non cet homme crasseux au regard concupiscent caricaturé par la réalisatrice pour les besoins de sa fiction. Et Vincent Lindon, tenu de faire la promotion du film, répète bêtement sur les plateaux de radio ou de télévision le catéchisme d’une réplique du film : « Le Pr Charcot traitait les femmes qu’il étudiait comme du bétail ».

Charcot est passé à côté du traitement des troubles qu’il a si bien observés et décrits. Un de ses élèves, Sigmund Freud, se consacrera à cette tâche en créant la psychanalyse, une méthode en rupture avec la psychiatrie.

Sélection bibliographique :

• Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), Medarus.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1887-1888 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 652 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1888-1889 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 580 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, L’hystérie, L’Harmattan, 1998, 214 pages.
Textes choisis du neurologue de La Salpêtrière (1825-1893), sur le thème de l’hystérie féminine, l’hystérie masculine, et l’hystérie chez l’enfant.
Le plus illustre neurologue de son temps accorde à l’homme le droit au traumatisme, au rêve, au désir, à l’expression corporelle et aux excès représentatifs et passionnels d' »Eros et de Polemos ». Il démontrait que la grande névrose n’était pas l’apanage du beau sexe, mais un nouveau continent ouvert à l’exploration dans la traversée de ses apparences.
• Jean-Martin CHARCOT, Œuvres complètes, Progrès Médical, 1892 [Internet Archive].
• Rae Beth GORDON, De Charcot à Charlot – La mise en scène du corps pathologique, Presses Universitaires Rennes, 2013.
• Georges GUILLAIN,
J. M. Charcot (1825-1893) – Sa vie, son œuvre, Masson, 1955, 188 pages [Revue d’histoire des sciences et de leurs applications].

L’hystérie

Les troubles que les médecins ont longtemps catalogués comme hystériques sont, selon la nosologie psychiatrique moderne, renommés troubles dissociatifs, fonctionnels ou de conversion. Les psychanalystes eux, piégés par le respect de la parole de leur maître, s’interdisent de remettre en cause la vulgate. Ils participent ainsi à la croyance que seules les femmes seraient hystériques et que ces troubles seraient d’ordre exclusivement sexuel.

Pierre-Henri Castel a écrit l’histoire d’un débat qui, s’il a agité le monde médical entre 1870 et 1914, reste d’actualité. La lecture des documents qu’il présente favorise la compréhension de la complexité du débat d’idées que les petits maîtres à penser contemporains enferment dans des slogans réducteurs et dogmatiques.

Sélection bibliographique :

• Selma AYBEK et al., L’hystérie : une entité historique, un trouble psychiatrique ou une maladie neurologique ?, Revue médicale suisse nº18, 2008.
• Pierre-Henri CASTEL, La querelle de l’hystérie – La formation du discours psychopathologique en France (1881-1913), PUF, 1998, 349 pages [Chronologie et bibliographie 1870-1892Chronologie et bibliographie 1893-1914].
Lorsqu’on évoque aujourd’hui Charcot à la Salpêtrière, ou ses belles hystériques en crise, l’ombre de Freud se profile aussitôt, et la psychanalyse paraît balayer ce qui n’aurait été qu’une formidable méprise. De ce que fut la querelle de l’hystérie et des débats féroces que suscitèrent, indépendamment de Freud, les essais pour en comprendre les symptômes, nous ne savons plus rien. Babinski, Bernheim ou Delboeuf font sourire, comme des trouvailles érudites pour historiens de la médecine, et leur incroyable ingéniosité n’arrête plus personne. Mais que se passe-t-il, si l’on prend au sérieux leurs observations et leurs arguments ? On s’aperçoit que l’idée banale selon laquelle Freud aurait été le seul à avoir aperçu l’énigme sur laquelle Charcot avait buté tombe d’elle-même. En lieu et place de cette Vulgate, surgit, comme le montre Pierre-Henri Castel, une multiplicité d’options épistémologiques, dont la psychanalyse a bifurqué, et qui ont chacune leur histoire : la séméiologie neurologique, la médecine psychosomatique, la théorie du psychisme morbide. Mais on s’aperçoit aussi que cette dispute médico-philosophique « fin de siècle », apparemment obscure, a été un véritable séisme, dont les ondes concentriques se font encore sentir et ont bouleversé les représentations les mieux établies du positivisme, du romantisme et de l’individualisme libéral.
• Georges DIDI-HUBERMANN, Invention de l’hystérie, Macula, 1982 réédition 2012, 456 pages.
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l’hystérie. À travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l’hypnose et les « présentations » de malades en crise (les célèbres « leçons du mardi »), on découvre l’espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique. On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd’hui rarissimes, de l’Iconographie photographique de la Salpêtrière.
• Liliane FAINSILBER, Éloge de l’hystérie masculine – Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse, L’Harmattan, 1996 réédition 2005, 200 pages [Amazon].
• Sigmund FREUD, Joseph BREUER, Études sur l’hystérie (1895), PUF, 1956 réédition 2002, 254 pages [Critiques libres].
• Gisèle HARRUS-RÉVIDI, Qu’est-ce que l’hystérie ?, Payot, 2010, 192 pages.
• André MICHELS (sous la direction de), Actualité de l’hystérie, ERES, 2001, 416 pages.
Les textes qui composent ce volume présentent, chacun à leur manière, les rapports variés et multiples entre hystérie et modernité mettant à l’épreuve les opérateurs cliniques et théoriques dont nous disposons. C’est le fondement même du discours freudien et sa transmission qui se trouvent ainsi interrogés.
• Stéphane RICHARD-DEVANTOY, Lecture contemporaine de l’hystérie, Mémoire D.E.S. Psychiatrie, 2005, 57 pages.

19/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Alice WINOCOUR, Augustine, 2012, Dossier de presse.

Critiques :
Café pédagogique
Critikat
Le Figaro
Le Monde
Les Inrocks
Libération
Rue89
Télérama
Zéro de conduite

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