Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Bibliographie société

Petit manuel de politesse à l’usage des écoles catholiques


Bibliographie société

 

Extrait :

En quoi consiste la politesse ?

La politesse consiste :

– à tenir sa place avec amabilité dans sa famille et dans sa société ;
– à honorer par nos manières, ceux qui, par leur âge, leur fonction, leur titre, sont au-dessus de nous ;
– à aider et à ménager ceux qui, comme les vieillards, les enfants, les infirmes, sont plus faibles que nous.

Mlle P. et Mme D. de S., Petit manuel de politesse à l’usage des écoles catholiques, L’École, 1937 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Index Société, Monde en Question.
Dossier documentaire Sociologie, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.
Veille informationnelle Culture, Monde en Question.

Métiers oubliés de Paris


Bibliographie société

 

Durant des siècles, les rues de Paris ont retenti des appels du rémouleur, des cris de la marchande des quatre-saisons, du tondeur de chien ou du porteur d’eau. Ouvrir ce « dictionnaire littéraire et anecdotique », qui rassemble quelque 150 métiers disparus au cours de la première moitié du XXe siècle, c’est s’étonner encore aujourd’hui devant l’ingéniosité de ceux qui devaient lutter pour survivre.

Aboyeur de théâtre, ange gardien, arracheur d’ailes, arracheur de dents, bagotier, batelier, bouquetière, cardeur de matelas, chasse-marée, clocheteur des trépassés, crieur de peaux de lapin, cueilleur d’orphelins, dominotier, étuviste, fileur de lumignons, flotteur de bois, gagne-petit, gazetier, harangère, layetier, loueuse de chaise, marchand d’orviétan, nattier, panacher, passeur de ruisseau, portefaix, professeur de cris, raccommodeur de porcelaine, réveilleuse, sauveur d’âmes, suisse, témoin de rencontre, tondeur de chiens, vinaigrier…

Ce dictionnaire littéraire et anecdotique des petits métiers disparus ressuscite les cris et les chansons de Paris.

Laurence BERROUET, Gilles LAURENDON, Métiers oubliés de Paris, Parigramme, 1994 réédition 2005 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Métiers insolites, disparus ou raréfiés d’autrefois, Vieux métiers.
Index Société, Monde en Question.
Dossier documentaire Sociologie, Monde en Question.

L’islam et la cité


Bibliographie société

 

L’islam constitue aujourd’hui un objet conflictuel dans le champ politique français. Il serait vecteur de repli sur soi ou l’objet d’instrumentalisations politiques. Pourtant, à distance des discours globalisants présents dans l’espace public et médiatique, ce livre entend démontrer que cette religion peut constituer une ressource dans la mobilisation d’acteurs que tout prédisposait à l’apathie, dans un contexte où la laïcité contraint les formes d’engagement s’appuyant sur l’expérience religieuse. Il vise tout particulièrement à défaire les analyses qui feraient agir la « communauté musulmane » comme un seul et même groupe social homogène. En suivant les acteurs au plus près dans différents quartiers populaires, ce livre restitue les contraintes très fortes qui pèsent sur l’action collective des groupes minoritaires. À rebours d’une lecture qui n’y verrait que des revendications « communautaristes », cet ouvrage démontre que les engagements inspirés de l’islam recherchent avant toute chose l’égalité.

Julien TALPIN, Julien O’MIEL et Frank FRÉGOSI (sous la direction de), L’islam et la cité – Engagements musulmans dans les quartiers populaires, Presses universitaires du Septentrion, 2017 [Texte en ligne].

Lire aussi : Index Société, Monde en Question.

Genre, postcolonialisme et diversité de mouvements de femmes


Bibliographie société

 

Le présent ouvrage s’attache à souligner la diversité et la richesse des mouvements de femmes de par le monde, qui se sont organisés autour d’enjeux variés, que ce soit autour du droit de vote des femmes, du droit des filles à l’éducation, des luttes anticoloniales, des discriminations racistes envers des femmes ou de divers autres droits. Il explore aussi les débats sur l’articulation des différentes appartenances de classe, race, caste, genre et comment ces catégories se croisent, se renforcent. Ce débat est déjà ancien, puisqu’il a été abordé dès le xixe siècle, par exemple avec les textes de Flora Tristan, en Chine dans les années 1920, ou dans les années 1960 aux États-Unis avec les femmes du mouvement Black Feminism. À partir des années 1980, se développe une démarche critique de l’hégémonie d’une certaine pensée féministe, blanche, occidentale, qui n’avait pas suffisamment reconnu les tensions dans les débats et luttes féministes, pourtant âpres, autour des questions de classe, de race ou de nation. Cette démarche de décolonisation du féminisme est inspirée par des militantes et théoriciennes issues de la migration, des minorités, et surtout par des militantes et théoriciennes dans les pays du Sud. La réflexion sur l’intersectionnalité des catégories de genre, classe, race, caste, a permis de construire de nouveaux champs théoriques qui ont souvent précédé l’institutionnalisation du champ d’études postcoloniales.

Cet ouvrage permet aussi que s’expriment et soient rapportés les expériences concrètes des femmes et des mouvements de femmes, dans toute leur diversité, et les savoirs qui sont élaborés par et avec elles. Ce travail correspond à une reconnaissance, non seulement des capacités d’agir mais aussi des capacités de penser, de manière critique, des femmes de différentes appartenances et de divers horizons culturels, et dont les théories féministes sont redevables.

Christine VERSCHUUR (sous la direction de), Genre, postcolonialisme et diversité de mouvements de femmes, Graduate Institute Publications, 2010 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Index Société, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.

Réflexion comico-dramatique d’une périménopausée velue et moite


Bibliographie société

 

Dans ce récit personnel où se côtoient de savoureuses histoires et une chronologie hormonale du parcours féminin, Guylaine Guay aborde un sujet plutôt tabou ou, encore, tourné en dérision : la ménopause !

Quand on naît femme, les étapes de la vie  hormonale sont nombreuses : la puberté, la période reproductive, la préménopause et celle dans laquelle l’auteure baigne présentement, la périménopause ou, dans ses mots, « l’apocalypse hormonale » !

Dame mature est une réflexion tantôt drôle, tantôt profonde, mais toujours tendre, sur ce moment charnière qui apporte son lot de changements physiques, émotifs et climatiques.

Guylaine GUAY, Dame mature – Réflexion comico-dramatique d’une périménopausée velue et moite, Libre Expression, 2018 [Texte en ligne].

Guylaine Guay est animatrice, conférencière, comédienne et diplômée de l’École nationale de l’humour. Elle est une chroniqueuse chouchou de l’émission Marina à Radio-Canada.

Lire aussi :
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Index Société, Monde en Question.

L’interruption volontaire de grossesse


Bibliographie société

 

De l’insouciance de l’adolescence à l’âge adulte, l’auteure nous dévoile son choix de l’IVG, le contexte ainsi que son ressenti. Son vécu met en évidence les difficultés et les obstacles à la mise en pratique de ce droit, ainsi que les facteurs favorables à son exercice. Elle nous livre le chemin qui, au fil des rencontres, lui a permis d’assumer ce droit de choisir qui s’inscrit dans l’histoire des revendications pour la maîtrise de la fécondité. Son témoignage offre une expérience personnelle des conditions de l’avortement – intervention qui concerne, aujourd’hui en France, une femme sur trois.

Nathalie CARRON-LANZL, Une femme sur trois – Des mots sur l’IVG, Passionnés de Bouquins, 2015 [Site de l’auteure].

Ceux et celles qui ont une mémoire historique, plus fiable en général que la mémoire individuelle des événements personnels, se rappellent que les féministes de l’époque pensaient que la dépénalisation de l’avortement était l’étape vers sa disparition progressive grâce à la généralisation de la contraception.

Quarante trois ans plus tard le miracle ne s’est pas produit : « Après avoir diminué de 1975 à 1995, le recours à l’IVG a augmenté avant de se stabiliser à la fin des années 2000 » et « Dans les années 1970, les IVG répétées représentaient moins d’une IVG sur dix, contre près de deux sur dix au début des années 2000 » selon une étude de l’INED (2015).

Les féministes d’aujourd’hui n’analysent pas ce phénomène et se contentent des sacro-saint témoignages. C’est le cas du livre de Nathalie Carron-Lanzl et de l’émission Lilith, Martine et les autres.

09/04/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Le nombre de femmes ayant recours plusieurs fois à IVG ne cesse de s’accroître depuis 1975, 20 minutes, 15/01/2015.
Avant la loi Veil, le coup d’éclat des 343 « salopes », France Culture, 05/04/2017.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Index Société, Monde en Question.

Les batailles du dimanche


Bibliographie économie Bibliographie société

 

« Jour du Seigneur », le dimanche a longtemps été dédié à l’assistance aux offices religieux. Le XIXe siècle industriel en a fait un jour travaillé comme les autres, et ce sont finalement les luttes pour l’amélioration des conditions de travail qui ont poussé l’ensemble des pays industrialisés à renouer avec la tradition du dimanche chômé. Si aujourd’hui le dimanche demeure « un jour pas comme les autres », force est de constater que depuis trois décennies un processus de dérégulation du repos dominical est à l’œuvre tant en France qu’en Europe.

Cet ouvrage décrypte les enjeux de ces batailles du dimanche. Il vise surtout à analyser l’impact de la banalisation croissante du travail dominical sur les conditions de vie des personnes qui travaillent ce jour-là, de même que sur leurs usages du temps. Les effets négatifs sur leur vie sociale et familiale amènent les auteurs à appréhender la question du travail dominical au prisme de son utilité sociale, notamment à l’aune des attentes de la population

Jean-Yves BOULIN, Laurent LESNARD, Les batailles du dimanche, PUF, 2017 [Presse OcéanScience Po].

Lire aussi :
Index Économie, Monde en Question.
Index Société, Monde en Question.

Je ne suis pas féministe, mais…


 

Les féministes prétendent parler au nom de toutes les femmes alors qu’elles ne représentent au mieux qu’un groupe et au pire elle-même. C’est le cas de Christine Delphy qui a longtemps parlé au nom des Gouines rouges, un groupe parmi d’autres de femmes homosexuelles.

Dans le documentaire hagiographique qui lui est consacré, Christine Delphy avoue son incompréhension des femmes hétérosexuelles et surtout de celles qui ont des enfants.

Néanmoins depuis 2001, Christine Delphy dénonce l’instrumentalisation du féminisme à des fins racistes et refuse la discrimination à l’encontre des musulmanes. En 2004, elle manifeste contre la loi excluant de l’école publique les filles portant un foulard.

À rebours de la doxa féministe, Camille Lacoste-Dujardin a montré que les mères pouvaient être l’ennemi principal des femmes (Des mères contre les femmes – Maternité et patriarcat au Maghreb) et que les femmes n’étaient pas des objets passifs, mais des sujets actifs (La vaillance des femmes – Les relations entre femmes et hommes berbères de Kabylie).

Florence Tissot et Sylvie Tissot, Je ne suis pas féministe, mais…, 2015.

Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
• Christine DELPHY, Blog – Articles, LMSI.
• Camille LACOSTE-DUJARDIN, Des mères contre les femmes – Maternité et patriarcat au Maghreb,, La Découverte, 1996.
• Camille LACOSTE-DUJARDIN, La vaillance des femmes – Les relations entre femmes et hommes berbères de Kabylie, La Découverte, 2008.
Dossier documentaire Féminismes, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Jagten vs Présumé coupable


Ces deux films traitent de la descente en enfer d’un homme accusé à tort de pédophilie, tabou absolu du monde contemporain, et posent la question de la sacralisation de la parole de l’enfant qui peut conduire aux pires excès.

Jagten – La chasse

Lucas, abattu par son divorce, tente de se reconstruire auprès de sa bande de copains chasseurs et bons buveurs. Éducateur dans la crèche de la ville, il tisse une relation très forte avec Klara, la fille dun de ses amis, perturbée par les nombreuses disputes de ses parents. Mais Klara idéalise Lucas et lorsqu’il la repousse, sentant qu’elle transfère sur lui l’amour parental qui lui manque, la fillette évoque des attouchements fantaisistes auprès des adultes qui l’entourent. Se répandant comme une traînée de poudre, laccusation met Lucas au ban de la communauté, lisolement qu’il subit se transformant vite en véritable chasse à l’homme.

Malgré la présence de Mads Mikkelsen, excellent acteur, le film s’enlise. La descente aux enfers est crédible, mais pas le retournement après le miracle de la messe de Noël. Cela souligne l’emprise de l’église sur la société danoise :

Dans la Constitution il est écrit que « l’Eglise évangélique luthérienne est l’Eglise du peuple danois » et qu’elle est soutenue par l’État.
Lorsque l’on est baptisé à l’Eglise Danoise, on en devient automatiquement membre, mais chacun est libre de s’en retirer par la suite. Néanmoins, 90% des Danois sont membres de l’Eglise Danoise. Un enfant baptisé reçoit un certificat de naissance et de baptême où sont inscrits son lieu de naissance, sa date de naissance son numéro personnel (plus ou moins comme celui de la sécurité sociale) ainsi que l’identité de ses parents. Si l’on ne souhaite pas faire baptiser son enfant à l’Eglise Danoise, on doit tout de même s’adresser à un de ses bureaux pour recevoir l’attestation de naissance et d’identité. L’enfant n’est alors pas membre de l’Eglise Danoise, mais tous les enfants doivent avoir leur numéro personnel, un numéro que seule l’Eglise Danoise est habilitée à délivrer. L’attestation de naissance et d’identité contient le nom de l’enfant, son numéro personnel, ses lieu et date de naissance ainsi que l’identité de ses parents, et éventuellement si l’enfant est baptisé dans une autre Eglise.
Serge LEFORT, La guerre des images, Monde en Question

Quant à l’incident de chasse, réel ou imaginaire, il est une pirouette trop facile : « L’épilogue énigmatique est un écran de fumée qui masque mal tout ce à quoi le cinéaste est prêt pour mettre les spectateurs dans sa poche » (Télérama).

Thomas VINTERGERG, Jagten – La chasse, 2012.

Présumé coupable

L’histoire de l’affaire d’Outreau, a priori connue de tous, est racontée ici du point de vue de Alain Marécaux, l’un des accusés. Il évoque surtout l’engrenage policier et judiciaire, mais ne parle pas du rôle pourtant important des médias.

La performance de Philippe Torreton est impressionnante car sa descente aux enfers est aussi terrible que l’aveuglement de la machine judiciaire conduite par le juge Fabrice Burgaud. Le spectateur, qui sait que l’accusation est fausse, est saisi d’effroi par la perquisition musclée qui brisera cette famille car la femme divorcera et les enfants resteront éloignés de leur père, puis par la longue incarcération dans l’attente du procès en Cour d’assises.

On sait que les accusés David Brunet, Lydia Cazin-Mourmand, Jeanine Couvelard, Thierry Dausque, Karine Duchochois, Christian Godard, Roselyne Godard, Franck Lavier, Sandrine Lavier, Daniel Legrand (père), Daniel Legrand (fils), Alain Marécaux, Odile Marécaux, Pierre Martel et Dominique Wiel furent acquittés. Ils ont eu l’occasion de s’exprimer lors de l’enquête parlementaire, en 2006, et furent indemnisées pour cette erreur judiciaire, mais leur vie resta brisée alors que Fabrice Burgaud ne souffrit que d’une « réprimande avec inscription au dossier » en 2009.

Vincent GARENQ, Présumé coupable, 2011.

26/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Jagten – La chasse :
Critikat
Ecran large Interview de Thomas Vinterberg
Le Monde
RFI

Présumé coupable :
Critikat
Le Monde
Rue89

Affaire d’Outreau :
• 2004, Les durs enseignements d’outreau, Le Carnet PSY nº92.
• 14/12/2005, « Affaire d’Outreau » : Après le « délire » médiatique, l’amnésie collective, Acrimed.
18/01/2006-09/02/2006, Auditions ouvertes à la presse, Assemblée Nationale.
• 02/02/2006, Serge LEFORT, La voie royale de l’apolitisme, Monde en Question.
Ardente avocate des valeurs familiales et du néo-puritanisme de la droite, Marie-Ségolène Royal devra justifier ses déclarations dans l’affaire d’Outreau.
Plaçant toujours la parole de l’enfant au-dessus de la présomption d’innocence, Ségolène Royal a, à maintes reprises, soupçonné les défenseurs de la présomption d’innocence de vouloir « couvrir les pédophiles ».
• mars-avril 2006, Outreau, faillite judiciaire et peur des réseaux, Esprit nº3-4, p.6-7.
• avril 2006, Julie Joly-Hurard, La responsabilité civile, pénale et disciplinaire des magistrats, Revue internationale de droit comparé Vol. 58 n°2, p.439-475.
mai 2006, Rapport de l’Inspection Générale des Services Judiciaires, Ministère de la justice, 151 pages.
06/06/2006, Rapport de la commission d’enquête chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice dans l’affaire dite d’Outreau et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement Assemblée Nationale, 628 pages.
• octobre 2006, Guy Canivet, Julie Joly-Hurard, La responsabilité des juges, ici et ailleurs, Revue internationale de droit comparé Vol. 58 n°4, p.1049-1093.
• 08/12/2006, La presse et Outreau (2001-2006), Le Tigre.
• janvier 2007, Outreau : anatomie d’une aberration judiciaire, Le Débat nº143.
• janvier 2007, Michelle Lecolle, Polysignifiance du toponyme, historicité du sens et interprétation en corpus. Le cas de Outreau, Corpus nº6, p.101-125.
• mars 2007, Justice – L’après-Outreau, Études tome 406, p.333-345.
• juillet 2007, Claudio Parisi, L’extension du système de juge unique en Europe, Revue internationale de droit comparé Vol. 59 n°3, p.647-671.
janvier 2008, Parole(s) : l’affaire d’Outreau, Droit et cultures nº55.
• janvier 2008, Roselyne Koren, Éthique de conviction et/ou éthique de responsabilité, Questions de communication nº13, p.25-45.
• janvier 2008, Gilles Bastin, Une exception d’irresponsabilité ? – Médias et journalistes dans l’affaire d’Outreau, Questions de communication nº13, p.89-107.
• janvier 2009, Jean-Louis Halperin, La preuve judiciaire et la liberté du juge, Communications nº84, p.21-32.
• janvier 2009, Bernard Paillard, La rumeur, ou la preuve ordinaire, Communications nº84, p.119-135.
• mai 2009, Le juge, la parole et l’enfant, Le Journal des psychologues nº268.
• Printemps 2010, Fadila Chourfi , La construction de la loi du 5 mars 2007. Pour une analyse sociopolitique des mutations de la Protection de l’enfance, Sociétés et jeunesses en difficulté n°9.
• 2011, Brice GRAVELLE, Le traitement médiatique de l’affaire Outreau : un exemple du fonctionnement du champ médiatique dans l’engrenage d’un fait-divers, Mémoire IEP de Toulouse, 105 pages.
• janvier 2012, Enfant, enfance et discernement, Recherches familiales nº9.

Lire aussi :
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.

Augustine, une fiction féministe


Dès la première image, ce film nous plonge dans la sombre vision d’une fiction féministe et donc réductrice d’une page importante de l’histoire de la neurologie moderne. L’intrigue du film se résume à la propagande habituelle : « nous savons toutes et on nous le rappelle sans cesse, qu’il nous suffit de ne pas être des saintes pour que tout mâle normalement constitué ait une irrépressible envie de nous fourrer son pénis dans notre vagin sans nous demander notre avis » (Coupable, forcément coupable).

Le film est construit comme un acte d’accusation. Faute de preuves, la réalisatrice se contente d’affirmer que Charcot est coupable parce qu’il est un homme et riche. Le même procédé servit pour condamner a priori Dominique Strauss-Kahn. Ce film ne mérite pas une ligne de plus, mais il m’a incité à étudier l’histoire de la Pitié-Salpêtrière, de Jean-Martin Charcot et de l’hystérie.

La Pitié-Salpêtrière

La Salpêtrière fut créée par édit royal, en avril 1656, « pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et Fauxbourgs de Paris ». En France comme en Europe, la société voulait éloigner du centre ville et enfermer les classes dangereuses.

En 1684, Louis XIV ajouta à l’hospice, une prison, la « maison de force », pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande de leurs maris ou de leurs parents.
Au XIXème siècle, l’hôpital se spécialise en ne conservant que les folles et les vieillardes.
Entre 1807 et 1818, la situation des folles s’améliore. Elles sont, enfin, détachées de leurs chaînes, les moins atteintes sont séparées des incurables. Mais la distraction favorite, le dimanche en famille, de la population de l’époque reste la visite des folles derrière leurs grilles. Le spectacle est payant !
Histoire de la Pitié-Salpêtrière

Sélection bibliographique :

• Pitié-Salpêtrière – 400 ans d’Histoire , YouTube, 17 mn.
• La Pitié-Salpêtrière – quatre siècles d’histoire, Gallica.
• Histoire de la Pitié-Salpêtrière, CHU Pitié-Salpêtrière.
• Paul-André BELLIER, Du village des salpêtriers au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière [1991], Revue d’histoire de la pharmacie nº295, 1992.
• Jean-Pierre CARREZ, La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes, Criminocorpus, 2008.
• Louis BOUCHER, La Salpêtrière – Son histoire de 1656 à 1790, ses origines et son fonctionnement au XVIIIe siècle, Progrès Médical, 1883, 137 pages.

Jean-Martin Charcot

Jean-Martin Charcot, dont l’œuvre importante est oubliée, participa à la médicalisation et donc à la dépénalisation des troubles catalogués comme hystériques. La lecture des Leçons du mardi à la Salpêtrière montre qu’il a étudié non seulement l’hystérie féminine, mais aussi l’hystérie masculine ou chez l’enfant.

Les photographies montrent un homme élégant au regard droit et non cet homme crasseux au regard concupiscent caricaturé par la réalisatrice pour les besoins de sa fiction. Et Vincent Lindon, tenu de faire la promotion du film, répète bêtement sur les plateaux de radio ou de télévision le catéchisme d’une réplique du film : « Le Pr Charcot traitait les femmes qu’il étudiait comme du bétail ».

Charcot est passé à côté du traitement des troubles qu’il a si bien observés et décrits. Un de ses élèves, Sigmund Freud, se consacrera à cette tâche en créant la psychanalyse, une méthode en rupture avec la psychiatrie.

Sélection bibliographique :

• Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), Medarus.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1887-1888 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 652 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, Leçons du mardi à la Salpêtrière 1888-1889 (notes de cours de MM. Blin, Charcot et Colin), Progrès Médical, 1889, 580 pages.
• Jean-Martin CHARCOT, L’hystérie, L’Harmattan, 1998, 214 pages.
Textes choisis du neurologue de La Salpêtrière (1825-1893), sur le thème de l’hystérie féminine, l’hystérie masculine, et l’hystérie chez l’enfant.
Le plus illustre neurologue de son temps accorde à l’homme le droit au traumatisme, au rêve, au désir, à l’expression corporelle et aux excès représentatifs et passionnels d' »Eros et de Polemos ». Il démontrait que la grande névrose n’était pas l’apanage du beau sexe, mais un nouveau continent ouvert à l’exploration dans la traversée de ses apparences.
• Jean-Martin CHARCOT, Œuvres complètes, Progrès Médical, 1892 [Internet Archive].
• Rae Beth GORDON, De Charcot à Charlot – La mise en scène du corps pathologique, Presses Universitaires Rennes, 2013.
• Georges GUILLAIN,
J. M. Charcot (1825-1893) – Sa vie, son œuvre, Masson, 1955, 188 pages [Revue d’histoire des sciences et de leurs applications].

L’hystérie

Les troubles que les médecins ont longtemps catalogués comme hystériques sont, selon la nosologie psychiatrique moderne, renommés troubles dissociatifs, fonctionnels ou de conversion. Les psychanalystes eux, piégés par le respect de la parole de leur maître, s’interdisent de remettre en cause la vulgate. Ils participent ainsi à la croyance que seules les femmes seraient hystériques et que ces troubles seraient d’ordre exclusivement sexuel.

Pierre-Henri Castel a écrit l’histoire d’un débat qui, s’il a agité le monde médical entre 1870 et 1914, reste d’actualité. La lecture des documents qu’il présente favorise la compréhension de la complexité du débat d’idées que les petits maîtres à penser contemporains enferment dans des slogans réducteurs et dogmatiques.

Sélection bibliographique :

• Selma AYBEK et al., L’hystérie : une entité historique, un trouble psychiatrique ou une maladie neurologique ?, Revue médicale suisse nº18, 2008.
• Pierre-Henri CASTEL, La querelle de l’hystérie – La formation du discours psychopathologique en France (1881-1913), PUF, 1998, 349 pages [Chronologie et bibliographie 1870-1892Chronologie et bibliographie 1893-1914].
Lorsqu’on évoque aujourd’hui Charcot à la Salpêtrière, ou ses belles hystériques en crise, l’ombre de Freud se profile aussitôt, et la psychanalyse paraît balayer ce qui n’aurait été qu’une formidable méprise. De ce que fut la querelle de l’hystérie et des débats féroces que suscitèrent, indépendamment de Freud, les essais pour en comprendre les symptômes, nous ne savons plus rien. Babinski, Bernheim ou Delboeuf font sourire, comme des trouvailles érudites pour historiens de la médecine, et leur incroyable ingéniosité n’arrête plus personne. Mais que se passe-t-il, si l’on prend au sérieux leurs observations et leurs arguments ? On s’aperçoit que l’idée banale selon laquelle Freud aurait été le seul à avoir aperçu l’énigme sur laquelle Charcot avait buté tombe d’elle-même. En lieu et place de cette Vulgate, surgit, comme le montre Pierre-Henri Castel, une multiplicité d’options épistémologiques, dont la psychanalyse a bifurqué, et qui ont chacune leur histoire : la séméiologie neurologique, la médecine psychosomatique, la théorie du psychisme morbide. Mais on s’aperçoit aussi que cette dispute médico-philosophique « fin de siècle », apparemment obscure, a été un véritable séisme, dont les ondes concentriques se font encore sentir et ont bouleversé les représentations les mieux établies du positivisme, du romantisme et de l’individualisme libéral.
• Georges DIDI-HUBERMANN, Invention de l’hystérie, Macula, 1982 réédition 2012, 456 pages.
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l’hystérie. À travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l’hypnose et les « présentations » de malades en crise (les célèbres « leçons du mardi »), on découvre l’espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique. On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd’hui rarissimes, de l’Iconographie photographique de la Salpêtrière.
• Liliane FAINSILBER, Éloge de l’hystérie masculine – Sa fonction secrète dans les renaissances de la psychanalyse, L’Harmattan, 1996 réédition 2005, 200 pages [Amazon].
• Sigmund FREUD, Joseph BREUER, Études sur l’hystérie (1895), PUF, 1956 réédition 2002, 254 pages [Critiques libres].
• Gisèle HARRUS-RÉVIDI, Qu’est-ce que l’hystérie ?, Payot, 2010, 192 pages.
• André MICHELS (sous la direction de), Actualité de l’hystérie, ERES, 2001, 416 pages.
Les textes qui composent ce volume présentent, chacun à leur manière, les rapports variés et multiples entre hystérie et modernité mettant à l’épreuve les opérateurs cliniques et théoriques dont nous disposons. C’est le fondement même du discours freudien et sa transmission qui se trouvent ainsi interrogés.
• Stéphane RICHARD-DEVANTOY, Lecture contemporaine de l’hystérie, Mémoire D.E.S. Psychiatrie, 2005, 57 pages.

19/03/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Alice WINOCOUR, Augustine, 2012, Dossier de presse.

Critiques :
Café pédagogique
Critikat
Le Figaro
Le Monde
Les Inrocks
Libération
Rue89
Télérama
Zéro de conduite

Lire aussi :
Revue de presse Cinéma 2013, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Dossier documentaire Féminismes-Masculismes, Monde en Question.