Monde en Question

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Archives de Catégorie: Racisme

Reel Bad Arabs: How Hollywood Vilifies a People – Hollywood et les Arabes


 

Réalisateur : Jeremy Earp, Sut Jhally
Durée : 0h50
Année : 2007
Pays : Canada
Genre : Documentaire
Résumé : Ce documentaire totalement inédit passe à la loupe un des aspects les plus calomnieux de l’histoire du cinéma et que personne n’avait jamais osé contesté, depuis l’époque du muet jusqu’aux grandes productions hollywoodiennes d’aujourd’hui.
Présenté par Jack Shaheen, auteur réputé, le film relève la longue succession d’images dégradantes qui ont été utilisées pour représenter les Arabes au cinéma. Des bandits bédouins aux jeunes filles soumises, en passant par les cheiks sinistres et les terroristes armés, ce documentaire jette un éclairage dévastateur sur l’origine de ces portraits stéréotypés et sur leur apparition à des moments clés de l’histoire des États-Unis, démontrant du même coup les lourdes conséquences de cette représentation aujourd’hui.
Jack Shaheen montre comment, au fil des ans, la persistance de ces images a fait en sorte de banaliser les préjugés entretenus à l’égard des Arabes et de la culture arabe, ce qui aurait eu pour effet de renforcer une vision étroite des individus d’origine arabe et d’accroître les répercussions des politiques intérieures et internationales des Etats-Unis sur leur vie. En incitant le spectateur à réfléchir sur les conséquences sociales, politiques et simplement humaines de ces caricatures hollywoodiennes, ce film souhaite faire reconnaître l’urgence d’offrir un point de vue opposé qui rendrait justice à la diversité et au caractère humain du peuple arabe, tout en faisant ressortir le vrai visage et la richesse de l’histoire et de la culture arabes.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : Anonyme DVD FR (Film rare)

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Canada, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Charlottesville – Race and Terror


Le samedi 12 août 2017, des centaines de suprémacistes blancs, néonazis et racistes – ce que l’on appelle « l’alt-right » – ont convergé à Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, pour prendre part à un rassemblement nommé « Unite the Right ». Une contre-manifestante de 32 ans, Heather Heyer, présente pour afficher son opposition au rassemblement haineux, a été fauchée par une voiture conduite par James Field, un militant d’extrême droite.

La journaliste de l’émission VICE News Tonight, Elle Reeve, a suivi pendant tout ce rassemblement les allées et venues de différents leaders suprémacistes blancs, parmi lesquels Christopher Cantwell, Robert Ray, David Duke et Matthew Heimbach, ainsi que les contre-manifestants après la mort de Heather Heyer.

Lire aussi :
Nathan J. ROBINSON, L’esclavage n’a jamais été aboli aux USA, Entelekheia.

Ceci est le troisième article que nous consacrons au maintien de l’esclavage aux USA via le vide juridique laissé par le treizième amendement de la Constitution (censé l’abolir, mais qui se contente d’en changer la forme). C’est que, outre son aspect évident de scandale, le sujet nous semble particulièrement symptomatique de la neutralité axiologique du libéralisme/capitalisme dénoncée à plusieurs reprises par le philosophe Jean-Claude Michéa, en termes plus crus de son amoralité – amoralité dans le fonctionnement, ainsi que dans la manipulation de l’opinion qui lui sert à masquer ses méthodes et buts réels. Par exemple, dans le cas de l’esclavage américain, plus de 99% de l’opinion mondiale croit dur comme fer qu’il a été aboli aux États-Unis en 1865, date de l’entrée en vigueur du treizième amendement. Ce simple fait donne la mesure de l’incroyable succès de la manipulation de l’information par les leaders historiques et actuels des USA, puisqu’une simple lecture de l’amendement en question suffit à comprendre qu’il n’abolit en rien l’esclavage. Qui perdure, au nez et à la barbe de l’opinion, au point qu’aujourd’hui, les USA comptent encore plus de travailleurs forcés qu’avant la Guerre de Sécession.

Actuellement, les USA ont le plus fort taux d’incarcération au monde ; l’industrie privée de l’armement (le fameux « complexe militaro-industriel »), qui défend ses ventes d’armes pléthoriques au Pentagone en arguant de la « préservation des emplois américains » garantie par l’activité incessante de ses chaînes de montage, affecte en réalité nombre d’équipes de prisonniers non payés à l’assemblage de ses bombes et missiles (c’est d’un rapport encore meilleur que les délocalisations !) ; comme nous le verrons dans l’article ci-dessous, certains États abaissent leurs coûts de fonctionnement par l’emploi de travailleurs forcés ; l’État fédéral, premier complice historique du secteur privé américain, incite les entreprises à embaucher des équipes de travailleurs incarcérés soit non payés, soit seulement rémunérés de quelques cents de l’heure ; un vivier de « criminels » noirs et pauvres est artificiellement maintenu par une éducation au rabais pour les enfants noirs, et une culture criminogène véhiculée par le rap et autres apologies manufacturées de la violence (la « gang culture ») à destination des plus grands ; les personnes sans qualifications non emprisonnées ne sont pas, et n’ont aucune chance d’être compétitives face à des travailleurs non payés, d’où une aggravation du chômage ; pour finir (même si la présente liste des maux engendrés par la perpétuation de l’esclavage aux USA n’a rien exhaustif), le racisme reste une institution qui imprègne toute la société américaine, qu’elle en soit consciente ou non, à droite comme à gauche de la vie politique.

Pour notre part, nous pensons que rien ne viendra à bout de ce racisme tant que le treizième amendement de la Constitution restera en vigueur, c’est-à-dire, tant que le racisme restera utile au maintien de bénéfices importants – et donc, qu’il restera alimenté de mille et une manières par la propagande grand public (dont quelques-unes subtiles, par exemple la défense du rap le plus misogyne et agressif par la pop culture de gauche – et sous couvert d’anti-racisme, encore !)

Après les événements de Charlottesville, au moment où l’Amérique de la bonne conscience abat des statues de confédérés au prétexte de leur racisme, est-ce que le débat sur la nécessaire révision de sa Constitution aura enfin lieu ?

Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

L’envers du cirque des élections américaines


Les médias dominants américains et français soutiennent Hillary Clinton contre Donald Trump comme si les deux ne soutenaient pas les mêmes intérêts.

Les documentaires télévisuels, qui participent à ce cirque, sont aussi pléthoriques qu’inutiles.

Michael KIRK, Quel Président pour l’Amérique – Clinton contre Trump (USA, 2016), fait une biographie scolaire des deux candidats qui ne dit rien d’essentiel et cache les liens qui les unissent.
Partage proposé par : Zone Telechargement HD 720 VF.

William KAREL, Hillary Clinton, la femme à abattre (France, 2016), fait quelques rappels intéressants : en 2000, Hillary Clinton a contacté Donald Trump pour qu’il l’aide financièrement et elle a assisté à son mariage [19’08] ; en 2008, elle souhaitait restreindre l’avortement, elle était contre le mariage gay et l’émigration « clandestine », mais pour la peine de mort ; elle soutient toutes les guerres américaines (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) [22’00]. Aujourd’hui, elle est prête à faire la guerre contre la Russie et la Chine.
La suite dénonce Trump qui révèle la réalité de la politique américaine à laquelle participe Hillary Clinton. Car, comme le rappelle David Ignatius (éditorialiste au Washington Post) elle a vendu son statut d’ancienne fonctionnaire en faisant des conférences pour Goldman Sachs contre 200, 300 et même 500 000 dollars [53’01]. Le mot de la fin revient à Carl Bernstein : « Les deux candidats à la Présidence des États-Unis n’inspirent que de la méfiance » [1h05’40].
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Cependant, deux documentaires tranchent avec le discours dominant qui masque la réalité économique et sociale des États-Unis.

Hélène ECKMANN, Le prix du rêve américain (France, 2016), montre que si l’Amérique connaît un taux de chômage historiquement bas, les Américains, dans le même temps, sont historiquement pauvres. 15% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
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Romain ICARD, États-Unis, le nouvel apartheid (France, 2016), montre que la ségrégation, pourtant interdite par la loi, fait son retour partout en Amérique. Notamment dans les écoles publiques.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post, 26/07/2016.
Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS, 05/11/2016.
Friedrich ENGELS, Le rôle de la violence dans l’histoire [Texte en ligne] – Chapitres II, III et IV de la deuxième partie de L’anti-Dühring, 1878-80 [Texte en ligne].
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le FN progresse grâce à la gauche


La progression du FN s’explique par l’économie. Depuis 1997, le taux de chômage officiel ne cesse d’augmenter :

La hausse du taux de chômage est confirmée. L’Insee publie ses chiffres ce jeudi, qui viennent confirmer ceux de Pôle Emploi. Ainsi le taux de chômage a bondi au troisième trimestre 2015, atteignant 10,2 % de la population active en France métropolitaine (+ 0,2 point). Ce sont plus de 2,9 millions de personnes touchées, soit le plus haut niveau depuis 1997.
Source : Atlantico

Or, l’implantation du FN est très forte auprès des ouvriers (51%), des chômeurs (42%) et des employés (38%), soit parmi les classes les plus touchées par la crise :


Source : Atlantico

 

La progression du FN s’explique aussi par la politique. Depuis le 1982, la gauche a mené une politique anti-sociale qu’elle dissimule par une croisade contre les musulmans, désignés comme les boucs émissaires de tous les maux de la société.

Cette croisade se paie non seulement avec le sang des victimes des attentats, mais aussi par la lepénisation de la société que la gauche favorise car perdurent les réflexes coloniaux d’un Jules Ferry, Guy Mollet, François Mitterrand et Hollande-Valls.

13/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Mauvaises nouvelles sur le front des créations d’emploi : les 9 graphiques pour savoir si vous habitez dans l’une des régions ayant le plus souffert de la crise depuis 2008, Atlantico.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

L’industrie carcérale aux États-Unis n’est que le prolongement de l’esclavage


 

Conférence d’Angela Davis (en anglais) à Nantes, 11 mai 2015.

Le 13ème amendement a permis à un nouveau système de punition de naître. L’emprisonnement est comme l’esclavage, dans le sens où un grand nombre de personnes de couleurs vivent dans les mêmes conditions que des esclaves, dans les prisons. Pourquoi les États-Unis ont-ils le plus grand nombre de personnes incarcérées au monde ? Parce que le capitalisme, notamment à travers les entreprises américaines, a tout simplement besoin de main d’œuvre bon marché ! Les prisonniers sont devenus très rentables.

Lire la suite… The Dissident

Lire aussi :
• Angela DAVIS, Masked Racism: Reflections on the Prison Industrial Complex , History Is A Weapon.
• The Prison-Industrial Complex, The Atlantic.
• School-to-prison pipeline and the Industrial Prison Complex, Examiner.
• Prison–industrial complex, Wikipedia.

Un bon Français ne doit pas défendre la Palestine


À l’heure où triomphe le racisme politiquement correct de Charlie le pire devient possible.

Après avoir vécu 45 ans en France, Chérif Boudelal s’est vu refuser la nationalité française, pour avoir participé à des manifestations pro palestiniennes. Soit un crime de lèse intégration.

Moralité : tout individu qui ne soutient pas l’injustice et la mort – ce que propose gentiment Israël aux Palestiniens – n’est pas un bon français.

Lire la suite… Le Grand Soir

Lire aussi :
• Nakba Day 2015, Palestine Square | ميدان فلسطين.
• Un autre regard sur la nakba, AFPS.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine, Monde en Question.
Veille informationnelle Palestine, Monde en Question.

Charlie Netanyahou


 

Lire la suite… Palestine Square

Lire aussi :
• Les Israéliens d’origine éthiopienne manifestent contre les violences policières, AFPS.
• Les dérives de l’armée israélienne à Gaza, AFPS.
• La gendarmerie et les trafiquants d’extrême droite impliqués dans l’attentat contre l’Hyper Casher, WSWS.
Dossier documentaire Palestine/Israël, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Les fondements historiques et idéologiques du racisme « respectable »


 

La libération de la parole et des passages à l’acte islamophobe depuis les attentats de janvier 2015 révèlent l’ampleur du « racisme respectable » au sein de la gauche française. Cela nous conduit à republier un de nos textes, publié pour la première fois en avril 2012 dans la revue Que faireTélécharger pdf.

Lire aussi :
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

L’école saisie par le management antiterroriste


 

Mediapart a révélé il y a quelques jours la mise en circulation, dans l’académie de Poitiers d’un document adressé aux chefs d’établissements et destiné à sensibiliser les cadres à d’éventuelles radicalisations religieuses chez les élèves. Le document ne laisse planer aucun doute, dans le contexte de surexposition médiatique des jeunes Français dits « Djihadistes », sur la cible exclusive de ce document : les élèves déjà/supposés/potentiellement musulmans.

Depuis, ce document, auquel on peut conférer une dimension officielle puisqu’on y trouve l’en-tête du ministère et qu’on le sait destiné à l’ensemble de l’académie de Poitiers, a provoqué quelques remous et des condamnations pour le moins timides et de la part de l’institution, et de celle des principaux syndicats qui se sont exprimés. Tous conviennent ensemble d’une maladresse dans la forme mais ne condamnent pas clairement le fond.

Il révèle pourtant des dysfonctionnements d’une très grande gravité à plusieurs échelles.

Sur le plan politique, cette succession de mises en garde ridicules témoigne de la banalisation d’un discours sécuritaire standardisé, dicté par des normes policières soucieuses de rendement et d’efficacité dans la lutte antiterroriste. Ce processus qui alimente quotidiennement la stigmatisation des quartiers populaires et des familles musulmanes (ou supposées l’être) procède par amalgames grossiers et, à l’image de certains médias (Valeurs actuelles, Le Point), contribue à fabriquer un « problème musulman » comme a été fabriqué un « problème de l’immigration » à la fin des années 1970. Des « experts » autoproclamés ou convertis à l’appât des deniers se plient de plus en plus au jeu des « conseils » auprès des autorités et se chargent de développer des « outils » directement accessibles et utilitaires pour soi-disant « prévenir » alors qu’ils ne font qu’alimenter la seule logique répressive et accessoirement remplir les caisses de leurs sociétés de vidéosurveillance ou de conseils en sécurité. Ces « marchands de peur », sous-couvert d’offrir gracieusement leurs services et leurs compétences à la paix sociale, n’existent que parce qu’ils s’attachent inlassablement à en cibler les fossoyeurs, quitte à les inventer.

Dans une société où les clivages entre la droite et la gauche sont brouillés au point que la laïcité puisse devenir un outil brandi par l’extrême-droite (Le Front National, Riposte Laïque), Les réactions molles et l’absence de vigilance et de discours critique sur ces amalgames est une complicité gravissime dans le processus de banalisation de l’islamophobie et, plus généralement, du racisme. Que le ministère de l’intérieur et de l’éducation nationale n’aient pas conjointement « condamné fermement » (comme on dit) l’auteur de ce document, pour la forme ET le fond ne fait que confirmer la capitulation de nos élites face aux combats républicains les plus élémentaires.

Sur le plan institutionnel, on n’oubliera pas non plus que l’académie de Poitiers est le siège de l’école de formation des cadres de l’éducation nationale. Cette école fonctionne de plus en plus sur des seuls critères manageriaux. On encourage les fonctions extérieures au système éducatif à passer le concours de recrutement, on les forme à la gestion des ressources humaines, on remplace les formations syndicales par des sessions de cabinets d’audits, on fait appel à la « culture d’Entreprise » pour organiser congrès, sessions, qui sont autant de lieux de sensibilisation aux normes patronales. Le Powerpoint en est devenu, fort logiquement, l’instrument-clé. Il est dynamique, simple d’accès, percutant, et efficace. Lorsque l’académie de Poitiers prétend – pâle stratégie de défense – qu’il manquait le « discours qui accompagne », elle ment. Le Powerpoint managerial est précisément fait pour se passer des discours (longs, laborieux, perte de temps). Il n’est d’ailleurs pas innocent que seul le Powerpoint ait été envoyé. Qu’attendait-on comme discours d’enrobage ? Un simple « Attention c’est plus compliqué que ça ? ». Mais le mal était déjà fait par la seule exposition, sous forme d’inventaire des items (grotesques au demeurant) d’évaluation de la radicalisation. Seule manque la musique pour accompagner la mise en scène de la genèse criminelle d’un terroriste djihadiste. Peut-être nos chargés en communication ministérielle ont-ils songé à un appel de Muezzin, ou, mieux encore, à un morceau de Raï ?

Toujours est-il que nous ne sommes pas du tout uniquement face à une question de maladresse formelle. Cette affaire est le symptôme beaucoup plus lourd de la rencontre entre la banalisation des idées et pratiques racistes, et la néolibéralisation d’une Ecole qui a troqué la quête d’efficacité contre celle de la performance. Au milieu de cela se fabriquent alors des outils gestionnaires qui ne sont en réalité que des instruments de domestication des catégories populaires et d’engraissage de comptes en banque d’experts peu scrupuleux.

Source : Aggiornamento hist-geo

Lire aussi :
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

La peur de l’Islam


 

Cet article trace un portrait du contexte économique et socio-politique de l’émergence de préjugés islamophobes, principalement en Europe. Partant de la réaffirmation de l’idéologie libérale après 1945, qui se voulait garante des droits des minorités nationales, ethniques et raciales, l’auteure identifie certains des facteurs qui ont mené à une réaction des majorités à leur endroit et à un renforcement de l’ethnocentrisme. Ces facteurs incluent la résistance au pluralisme culturel (qui transforme irrémédiablement la société majoritaire) et la perte de statut social de la classe moyenne résultant de la globalisation économique.

L’auteure identifie également certaines raisons pour lesquelles les musulmans constituent une cible de choix du sentiment d’animosité des majorités: l’importance démographique de cette minorité ; leur faible capacité d’organisation et de mobilisation ; la peur de l’Islamisme politique depuis la révolution Iranienne en 1979 ; la fin du contrôle répressif des tensions internes dans les régions dépendantes de l’Union soviétique depuis sa chute en 1989 ; enfin, l’intérêt pour l’occident des ressources énergétiques du Moyen-Orient.

L’auteure identifie ensuite certaines des croyances modernes que la présence de l’Islam met en cause, alimentant de ce fait l’islamophobie : le schème de la rationalité, voulant que la religion en tant qu’archaïsme intellectuel ne peut subsister dans une société moderne ; le schème de la sécularisation inévitable, mis en cause par la persistance des croyances religieuses ; l’idée d’une opposition nécessaire de l’État à la religion ; la conception d’une menace sur la souveraineté populaire par le pouvoir judiciaire (qui protège les minorités culturelles) ; enfin, la perception de l’Islam et des religions en général comme foncièrement oppressifs envers les femmes.

Lire la suite… Denise HELLY, La peur de l’Islam, SociologieSUniversité du Québec, 2015.

Lire aussi :
• Denise HELLY, L’Islam, épouvantail électoraliste péquiste, Université du Québec, 2013.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.