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Élections américaines – Revue de presse


 

26/07/2016, Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post.

Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États « bleus » de la région des Grands Lacs, c’est-à-dire le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin.
L’arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce paysage déprimant d’usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l’ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.
[…]
Pouvons-nous parler en toute franchise? En premier lieu, je dois avouer que j’aime bien Hillary Clinton. Je crois qu’elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j’ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd’hui pour éviter qu’un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu’Hillary Clinton va nous entraîner dans d’autres aventures militaires, car elle est un « faucon » perché à droite d’Obama.
[…] des millions d’Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu’ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu’ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.

20/10/2016, Le discours de Donald Trump au dîner d’Al Smith


Source : Les crises

 

05/11/2016, Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS.

La campagne électorale est un signe de plus du dysfonctionnement profond du système politique américain, dans lequel deux partis contrôlés par le grand patronat, chacun défendant les intérêts des super-riches, jouissent d’un monopole politique.
[…]
Clinton est la candidate du statu quo, représentant l’alliance entre Wall Street, l’appareil militaire et des services de renseignement, et la classe moyenne supérieure complaisante et auto-satisfaite dans laquelle règne la politique fondée sur l’identité. Son programme, si elle devait l’affirmer honnêtement, est de diriger vers l’extérieur la crise sociale sous la forme d’une intensification de la violence militaire américaine, d’abord au Moyen-Orient, mais finalement contre la Russie et la Chine, qui possèdent toutes deux des arsenaux nucléaires.
Trump représente une tentative de diriger les tensions sociales dans des voies extrêmement nationalistes, séduisant les forces racistes et fascistes. Alors qu’il prétend, faussement, s’être opposé aux interventions militaires des États-Unis au Moyen-Orient, il glorifie l’armée américaine et promet de déchaîner une violence illimitée contre n’importe quel pays qui résisterait aux exigences américaines. En fin de compte, son slogan « Make America Great Again » (retrouvez la grandeur de l’Amérique) n’est pas autre chose que la traduction anglaise du slogan hitlérien, « Deutschland Über Alles ».

08/11/2016, Joseph KISHORE et David NORTH, La campagne électorale cauchemardesque titube jusqu’à la ligne d’arrivée, WSWS.

Le fait que les deux principaux candidats, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump soient les plus méprisés dans l’histoire de la politique présidentielle a été étayé dans d’innombrables sondages. Mais le mépris ressenti envers les deux candidats exprime une aliénation plus profonde de toute la structure de la politique capitaliste officielle.
Les candidats et les médias ont ignoré les questions sociales, économiques et politiques qui concernent la majorité écrasante du peuple. Les « débats » électoraux officiels – dans lesquels chaque candidat dénonçait la criminalité de l’autre – embarrassaient et dégoûtaient l’électorat. Clinton et Trump personnifient, chacun à sa manière, le caractère corrompu et réactionnaire du système politique.
[…]
Indépendamment du résultat, le vote d’aujourd’hui ne résoudra rien. Rien de ce qui se passera le jour des élections n’entraînera une hausse des niveaux de vie. En plus, cela ne résoudra aucun des grands problèmes sociaux auxquels la classe ouvrière fera face ou ne mettra pas fin au danger de la guerre mondiale. Il ne servira qu’à établir le cadre de la prochaine étape de la crise politique aux États-Unis.
Cette crise politique aura des conséquences d’envergure mondiale. Les commentateurs des médias internationaux ont suivi ce qui se passe aux États-Unis avec un mélange de choc et d’horreur. Edward Luce, écrivant dans le Financial Times britannique, résume l’inquiétude qui prévaut dans un commentaire publié dimanche sous le titre : « Le procès le plus grave de la démocratie américaine ». Le système politique américain, écrit-il, est « en train de tituber, quel que soit le résultat des élections américaines ».

09/11/2016, Résultats, The Huffington Post.

09/11/2016, Le discours en intégralité de Donald Trump, élu président, BFM TV.

09/11/2016, Joseph KISHORE, La victoire de Trump et la débâcle de la démocratie américaine, WSWS.

Les commentateurs médiatiques, dont aucun n’avait prévu ce résultat, reviennent à leurs routines, expliquant le vote par le comportement de divers groupements raciaux ou identitaires. Ils ont tous ignoré le fait que l’élection devenait un référendum sur la crise sociale dévastatrice aux États-Unis, que Trump a pu diriger vers la droite.
Qui est responsable de la victoire de Trump ? D’abord, la campagne Clinton et le Parti démocrate, qui ne pouvaient pas et ne voulaient pas présenter un programme qui pourrait attirer un quelconque soutien populaire.
Ensuite, Barack Obama, élu il y a huit ans en promettant « l’espoir » et le « changement ». Il a obtenu le soutien de larges sections des travailleurs, y compris des travailleurs blancs, hostiles à l’inégalité et aux politiques de guerre et de réaction sociale menées par l’Administration Bush.
Troisièmement, les syndicats, qui au cours quatre décennies où l’inégalité sociale montait, ont travaillé systématiquement afin d’étouffer la lutte des classes et maintenir l’influence du Parti démocrate. Ils ont également soutenu un nationalisme économique réactionnaire qui allait dans la même direction que la campagne de Trump.

09/11/2016, Bruno GUIGUE, Trump : les raisons de la victoire, Arrêt sur Info.

Premièrement, de larges couches de la population ont vu dans le candidat républicain un recours contre des politiques libre-échangistes qui les ont appauvries. Les mêmes analystes qui fulminent contre Donald Trump oublient généralement de rappeler qu’aux USA il y a 20 à 25% de pauvres. Les classes moyennes ont encaissé le choc en retour de la crise de 2008 et les travailleurs ont fait les frais de la mondialisation libérale encensée par les démocrates. Après huit années de présidence Obama, ce délabrement de la société américaine peut difficilement être porté au crédit du président sortant. Première leçon de cette élection : quand ceux qui se disent progressistes ne le sont qu’en paroles, le peuple essaie autre chose.
Deuxièmement, Donald Trump a gagné parce qu’il est apparu à tort ou à raison comme un électron libre, sans allégeance particulière, voire étranger au système politique traditionnel. Le milliardaire qui pavoise les gratte-ciel de son nom en lettres géantes, bien sûr, est un pur produit du système capitaliste. Il aime se présenter comme un self-made man qui s’est taillé un empire immobilier dans la jungle new-yorkaise. Evidemment ce n’est qu’une belle histoire enjolivée pour les besoins de la cause, mais peu importe puisque les Américains qui votent pour lui ont follement envie d’y croire.
Troisièmement, Donald Trump doit aussi son succès massif, bien sûr, au climat pestilentiel qui régnait autour de la candidate démocrate. Experte en double langage, Hillary Clinton s’est pris les pieds dans le tapis à force de multiplier les mensonges. Elle s’est mouillée jusqu’au cou avec Wall Street, allant jusqu’à confesser qu’elle se sentait « plus proche des financiers que de la classe moyenne depuis qu’elle et Bill avaient gagné des dizaines de millions de dollars ». Le trucage éhonté des primaires démocrates et l’affaire rocambolesque des emails ont fait le reste. Les ploucs qui se lèvent tôt le matin pour aller nourrir leur famille ou payer les études de leurs enfants viennent de renvoyer l’ascenseur à celle dont ils ne supportaient plus la duplicité. Direction le sous-sol.

09/11/2016, Glenn GREENWALD, Les Démocrates, Trump et le refus actuel dangereux de tirer les leçons du Brexit, Les crises.

Il est indéniable que les institutions occidentales dominantes ont, durant des décennies, sans relâche et dans une totale indifférence, piétiné le bien-être économique et la sécurité sociale de centaines de millions de personnes. Tandis que les cercles des élites se sont gavés de mondialisation, de libre-échange, de jeu au casino de Wall Street et de guerres sans fin (des guerres qui ont enrichi leurs auteurs et fait porter le fardeau aux plus pauvres et aux plus marginalisés), ils ont complètement ignoré les victimes de leur gloutonnerie, sauf lorsque ces victimes prenaient la parole un peu trop fort – quand il y avait du grabuge – et qu’elle étaient traitées avec dédain d’hommes des cavernes et d’avoir mérité leur défaite dans le jeu glorieux et mondial de la méritocratie.
[…]
« Au lieu de reconnaître et de corriger leurs failles profondes, [les élites] consacrent leurs énergies à diaboliser les victimes de leur corruption dans le but de délégitimer ces revendications et ainsi se dédouaner de la responsabilité d’y répondre de manière significative. Cette réaction ne fait que conforter, sinon justifier, la perception dynamique que ces élites institutionnelles sont désespérément centrées sur leurs propres intérêts, sont nocives et destructrices et ne peuvent donc pas être reformées mais doivent plutôt être détruites. Cela garantit en retour qu’il se produira beaucoup plus de Brexits et de Trump dans notre avenir commun. »

09/11/2016, Paul CRAIG ROBERTS, La classe ouvrière a gagné l’élection, Arrêt sur Info.

Il reste encore à voir la réaction de l’oligarchie devant la victoire de Trump. Wall Street et la Réserve fédérale ont la capacité de créer une crise économique afin de mettre Trump sur la défensive, et ils peuvent utiliser la crise pour forcer Trump à nommer l’un des leurs au poste de Secrétaire au Trésor. Des agents sans scrupules de la CIA et du Pentagone peuvent fomenter un attentat sous fausse bannière pouvant perturber les relations amicales avec la Russie. Trump peut faire la faute de conserver les néocons dans son administration.
[…]
Nous ne savons pas qui choisira Trump pour servir dans son gouvernement. Il est probable qu’il ne connaît pas les diverses possibilités et les rapports dans les affaires étatiques. Cela dépend en réalité de qui conseille Trump et des conseils qui lui sont donnés. Au moment où nous connaîtrons son gouvernement, nous saurons si nous pouvons espérer que les changements ont des chances de se réaliser.
Dans le cas où l’oligarchie ne serait pas en mesure de retenir Trump, s’il réussit réellement à modérer le pouvoir et le budget du complexe militaro-sécuritaire et à tenir politiquement responsable le secteur financier, il se pourrait qu’il soit assassiné.
[…]
Hillary est battue, mais pas les oligarques. S’il est conseillé à Trump d’être conciliant, de tendre la main et de faire entrer l’establishment dans son gouvernement, le peuple étasunien sera de nouveau déçu. Dans un pays dont les institutions ont été si parfaitement corrompues par l’oligarchie, il est difficile de réussir à amener de véritables changements sans effusion de sang.

11/11/2016, Lucas MAUBERT, Avec Trump président, la Cour Suprême va basculer, Les Yeux du Monde.

[…] il est également à retenir que les élections du 9 novembre 2016 auront fait basculer les institutions fondamentales de la première puissance du monde dans le camp du conservatisme. Au-delà de la victoire de Trump, les Républicains sont parvenus à conserver une courte majorité au Sénat – 51 sièges sur 100 – ainsi qu’à la Chambre des Représentants.
[…]
Le changement le plus durable aura lieu à la Cour Suprême. Créée par l’article III de la Constitution, cette institution est compétente sur chaque sujet relevant du droit constitutionnel, des lois votées par le Congrès et des traités signés par le pays. Elle est d’autant plus importante qu’il s’agit de la plus haute institution judiciaire aux États-Unis ce qui rend ses décisions irrévocables.
[…]
Actuellement, il y a un équilibre des forces au sein de l’institution, quatre membres étant jugées plutôt comme étant du camp progressiste, quatre du camp conservateur. Trump aura le pouvoir de faire basculer la Cour dans ce dernier camp. Lors de la campagne électorale, il avait annoncé que les juges qu’il nommerait seraient pro-vie et défendraient le deuxième amendement sur le port d’armes. Surtout, il aura l’occasion d’élargir cette nouvelle majorité conservatrice.
[…]
Les juges étant nommés à vie, la Cour Suprême pourrait demeurer conservatrice pour les vingt prochaines années. C’est donc l’ensemble d’une génération qui pourrait se voir affectée par les décisions de la Cour Suprême, que ce soit sur l’avortement, l’immigration, le port d’arme ou l’assurance-maladie. Ce sera peut-être cela, le véritable héritage de la présidence Trump…

Lire aussi : Dossier documentaire USA, Monde en Question.

L’envers du cirque des élections américaines


Les médias dominants américains et français soutiennent Hillary Clinton contre Donald Trump comme si les deux ne soutenaient pas les mêmes intérêts.

Les documentaires télévisuels, qui participent à ce cirque, sont aussi pléthoriques qu’inutiles.

Michael KIRK, Quel Président pour l’Amérique – Clinton contre Trump (USA, 2016), fait une biographie scolaire des deux candidats qui ne dit rien d’essentiel et cache les liens qui les unissent.
Partage proposé par : Zone Telechargement HD 720 VF.

William KAREL, Hillary Clinton, la femme à abattre (France, 2016), fait quelques rappels intéressants : en 2000, Hillary Clinton a contacté Donald Trump pour qu’il l’aide financièrement et elle a assisté à son mariage [19’08] ; en 2008, elle souhaitait restreindre l’avortement, elle était contre le mariage gay et l’émigration « clandestine », mais pour la peine de mort ; elle soutient toutes les guerres américaines (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) [22’00]. Aujourd’hui, elle est prête à faire la guerre contre la Russie et la Chine.
La suite dénonce Trump qui révèle la réalité de la politique américaine à laquelle participe Hillary Clinton. Car, comme le rappelle David Ignatius (éditorialiste au Washington Post) elle a vendu son statut d’ancienne fonctionnaire en faisant des conférences pour Goldman Sachs contre 200, 300 et même 500 000 dollars [53’01]. Le mot de la fin revient à Carl Bernstein : « Les deux candidats à la Présidence des États-Unis n’inspirent que de la méfiance » [1h05’40].
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR.

Cependant, deux documentaires tranchent avec le discours dominant qui masque la réalité économique et sociale des États-Unis.

Hélène ECKMANN, Le prix du rêve américain (France, 2016), montre que si l’Amérique connaît un taux de chômage historiquement bas, les Américains, dans le même temps, sont historiquement pauvres. 15% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Romain ICARD, États-Unis, le nouvel apartheid (France, 2016), montre que la ségrégation, pourtant interdite par la loi, fait son retour partout en Amérique. Notamment dans les écoles publiques.
Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR

Lire aussi :
Michael MOORE, Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner, The Huffington Post, 26/07/2016.
Patrick MARTIN, La campagne électorale américaine révèle l’écart entre les masses et le système bipartite, WSWS, 05/11/2016.
Friedrich ENGELS, Le rôle de la violence dans l’histoire [Texte en ligne] – Chapitres II, III et IV de la deuxième partie de L’anti-Dühring, 1878-80 [Texte en ligne].
Dossier documentaire USA, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma, Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le FN progresse grâce à la gauche


La progression du FN s’explique par l’économie. Depuis 1997, le taux de chômage officiel ne cesse d’augmenter :

La hausse du taux de chômage est confirmée. L’Insee publie ses chiffres ce jeudi, qui viennent confirmer ceux de Pôle Emploi. Ainsi le taux de chômage a bondi au troisième trimestre 2015, atteignant 10,2 % de la population active en France métropolitaine (+ 0,2 point). Ce sont plus de 2,9 millions de personnes touchées, soit le plus haut niveau depuis 1997.
Source : Atlantico

Or, l’implantation du FN est très forte auprès des ouvriers (51%), des chômeurs (42%) et des employés (38%), soit parmi les classes les plus touchées par la crise :


Source : Atlantico

 

La progression du FN s’explique aussi par la politique. Depuis le 1982, la gauche a mené une politique anti-sociale qu’elle dissimule par une croisade contre les musulmans, désignés comme les boucs émissaires de tous les maux de la société.

Cette croisade se paie non seulement avec le sang des victimes des attentats, mais aussi par la lepénisation de la société que la gauche favorise car perdurent les réflexes coloniaux d’un Jules Ferry, Guy Mollet, François Mitterrand et Hollande-Valls.

13/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Mauvaises nouvelles sur le front des créations d’emploi : les 9 graphiques pour savoir si vous habitez dans l’une des régions ayant le plus souffert de la crise depuis 2008, Atlantico.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Le FN gagne la croisade de Hollande



Merci Hollande !

 

Pendant que François Hollande poursuit sa croisade en bombardant la Syrie, y compris la population civile, le FN engrange tranquillement les gains et obtiendrait au niveau national plus de 30% des voix (30,8%), soit 3,5 points de plus que Les Républicains de Nicolas Sarkozy (27,2%) et 8 points de plus que les listes PS-PRG (22,7%).

Symbole de ce nouveau rapport de force, la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, où Marine Le Pen est tête de liste régionale, semble pour la première fois en passe de basculer dans l’escarcelle de l’extrême droite. Toujours selon une estimation Ifop, la présidente du FN écraserait la concurrence avec 43% des voix.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, sa nièce Marion Maréchal semble en passe de réaliser le même exploit. Celle-ci arriverait très largement en tête avec près de 42% des voix.
Florian Philippot est donné en tête avec 35% des voix pour sa liste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes.
Le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, arrive lui aussi en tête avec 30,9% des voix en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
En Bourgogne-Franche-Comté, Sophie Montel voit sa liste arriver en tête avec 32,1% des voix.
Source : Le HuffPost

06/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Des élections grotesques


En l’absence du Hamas et au milieu de conditions tout à fait antidémocratiques, le Fatah tient des élections locales et municipales dans des dizaines de villes et villages de Cisjordanie. Le Hamas a refusé d’y participer, invoquant une atmosphère d’État policier et l’absence de libertés civiques sous la gouvernance du Fatah. La décision des dirigeants de Ramallah de tenir des élections malgré le désaccord permanent avec le Hamas a apparemment pour but de renforcer l’emprise du Fatah sur le pouvoir dans le territoire occupé, et peut-être également de détourner l’attention de la population de la crise économique dévastatrice qui broie la plupart des Palestiniens. Elle se manifeste dans des coûts de la vie d’un niveau indécent, une pauvreté endémique et des revenus désespérément faibles qui obligent beaucoup de familles palestiniennes à adopter des mesures d’austérité sévères, dont des coupes sur les produits de consommation de base.

Selon des observateurs et quelques sondages d’opinion sporadiques, le succès des élections, du point de vue du Fatah, dépendra de l’ampleur du boycott. Certains militants du Fatah ont exprimé leur pessimisme à cet égard. « Je crains que le taux de participation ne dépasse pas 50%. Dans le pire des scenarii, il pourrait même être inférieur à 35%. Le Hamas gagnera sans avoir un seul vote, » dit Ahmed Qawasmeh, porte-parole du Fatah à Hébron.

Qawasmeh impute également son pessimisme à « l’absence d’unité » parmi les candidats Fatah. « On voit des gens du Fatah en compétition les uns contre les autres. C’est à cent lieues des affirmations selon lesquelles le Fatah est uni. Le Fatah n’a rien appris de la défaite que le Hamas lui a infligée en 2006. »

Hussein Amr, autre dirigeant du Fatah, exprime un optimisme prudent. Il fait valoir que le Fatah est toujours le groupe le mieux organisé et que ses chances de l’emporter sont assez bonnes. « Je crois que le Fatah gagnera dans quelques villes et dans la plupart des villages. Il se prépare à ces élections depuis des mois. D’ailleurs, il devrait bénéficier du boycott du Hamas, à moins bien sûr que les partisans du Hamas choisissent de donner leurs voix aux rivaux du Fatah, » dit Suleiman al-Ja’abari, militant d’Hébron et homme politique local.

L’apathie de la population

Néanmoins, les diverses forces politiques et sociales s’accordent à dire que l’apathie de la population sera un facteur décisif dans ces élections. La décision du Hamas de boycotter les élections n’est pas la seule explication à cette indifférence générale. La combinaison de frustrations, de désillusions vis-à-vis du régime de l’Autorité palestinienne et de problèmes économiques aigus fait que les gens dédaignent les élections. Non pas que les gens ordinaires soient moins politisés qu’avant, ou soient devenus apolitiques.

« C’est juste que beaucoup pensent que ces élections ne changeront rien. Au final, la capacité d’un conseil local à apporter des changements positifs est très limitée, » dit Muhammad Natshe, militant islamiste à Hébron. « Que peuvent-ils faire ? L’eau est entre les mains d’Israël. L’électricité est entre les mains d’Israël. Les routes et les passages frontaliers sont contrôlés par Israël, » dit-il. « Même si les meilleurs étaient élus, ils ne pourraient quand même pas faire grand chose. »

Le facteur israélien

Malgré le chambard sur la démocratie palestinienne, Israël a de fait toujours le dernier mot dans les affaires palestiniennes. Des responsables israéliens ont dit en maintes occasions qu’ils arrêteraient les candidats du Hamas qui feraient campagne ou qui participeraient aux élections. Ni l’Autorité palestinienne ni la communauté internationale n’a donné de garanties sérieuses contre l’ingérence israélienne dans le processus électoral.

« Certains peuvent reprocher au Hamas d’avoir boycotté les élections. Mais je veux leur dire : pouvez-vous garantir que les candidats islamistes ne seront pas raflés par l’armée israélienne et jetés dans les camps de concentration du désert ? Alors, à quoi sert de participer à des élections si, ce faisant, vous risquez de passer des mois ou des années en captivité ? », interroge Walid Suleiman, un militant islamiste de Dura, au sud de la Cisjordanie . Suleiman n’est pas opposé aux élections en soi. Il dit que c’est le droit légitime de la population d’élire ses conseils locaux. « Mais le processus du choix de nos représentants doit être équitable, juste, sans entraves et transparent. Et par dessus tout, tous les groupes et partis qui participent doivent avoir des chances égales. » Suleiman dit que pratiquement tous les Palestiniens ont été traqués et ciblés par Israël et ses services du renseignement. « Mais personne ne peut nier le fait qu’Israël fait une fixation sur le Hamas, alors que le Fatah et les autres factions de l’OLP peuvent agir relativement librement en Cisjordanie . »

En outre, il est peu probable qu’Israël permettrait que des élections aient lieu en Cisjordanie si les Islamistes avaient la moindre chance de les remporter. C’est une des principales raisons expliquant pourquoi le Hamas n’a pas voulu participer aux élections de ce samedi. Israël et l’Autorité palestinienne ont coordonné les mesures de sécurité contre le Hamas. Il est donc pratiquement impossible que l’AP restaure l’unité avec le Hamas tout en continuant à mener une coordination sécurité avec Israël contre le mouvement. « Les deux tâches sont inconciliables, » dit Walid Suleiman.

Une impasse politique

Les élections locales palestiniennes arrivent à un moment où le processus politique entre Israël et les Palestiniens est dans l’impasse. Le chef de l’AP, Mahmoud Abbas, a averti Israël cette semaine d’un « tsunami islamiste » si un État palestinien viable et territorialement contigu n’était pas établi.

Cependant, un Israël manifestement arrogant et insolent, enhardi par la domination politique juive sur la politique états-unienne, a répondu cette semaine à une direction palestinienne faible et démoralisée par deux provocations. D’abord, le Premier ministre Netanyahu a adopté le soi-disant « Rapport Levy »[1], qui considère la Cisjordanie comme un « territoire non occupé ». La manœuvre ouvre la voie à la légalisation de la plupart, voire tous les avant-postes illégaux construits sur des terres privées volées aux Palestiniens. Ensuite, le gouvernement israélien a décidé de construire des centaines de logements pour de nouveaux immigrants juifs près de la ville arabe de Beit Jala, près de Bethléem.

L’expansion acharnée de l’entreprise de colonisation de peuplement juive signifie, du moins d’un point de vue palestinien, qu’Israël est farouchement déterminé à détruire ce qui pouvait rester de chance pour la solution de deux États.

20/10/2012
Khaled AMAYREH
Palestinian Information Center Traduit par MR pour International Solidarity Movement

Lire aussi :
• Khaled AMAYREH, Site de l’auteur
Revue de presse Palestine colonisée 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Résistance à la colonisation de la Palestine – Palestine , Monde en Question.


[1] « Israël : Netanyahu veut adopter un rapport légalisant la colonisation », AFP – Romandie, 17/10/2012.

Les États-Unis vacillent


Le 6 novembre 2012, les Etats-Unis voteront. Déjà, les candidats ont sorti les couteaux et se sont lancés dans la chasse aux fonds qui alimenteront leur campagne. Barack Obama, candidat à sa succession, gagnera-t-il son pari ? Les sondages le donnent gagnant contre tous ses adversaires potentiels républicain. Mais… Tellement de choses peuvent se passer d’ici là, aux Etats-Unis et dans le monde.

Ne voilà-t-il pas que la fragilité du colosse d’Outre-Atlantique, si longtemps sous-estimée, fait monter la température sur les cinq continents ? Une situation qui donne des cauchemars aux marchés et menace les fondements mêmes de l’économie globalisée. Pensez. Voilà les States montrés du doigt par les agences de notation comme un quelconque pays du sud européen. Qui l’aurait cru voici quelques années encore ? En cause, la profondeur abyssale de la dette américaine. Alors qu’elle représentait 60% du produit intérieur brut voici quatre ans, elle dépasse cette année les 101%. En cause et en vrac, l’injection par l’Etat de centaines de milliards de dollars pour soutenir les banques, l’injustice des cadeaux fiscaux accordé sous l’ère Bush Jr aux revenus les plus élevés et sur lesquels l’administration actuelle n’est pas revenue. Et, histoire de tenir une promesse de campagne, même revue à la baisse, la mise en œuvre par l’administration Obama d’un système de couverture des soins de santé.

Lire : Maurice MAGIS, Crise budgétaire aux États-Unis : le colosse vacille, Association culturelle Joseph Jacquemotte, Août 2011.

Lire aussi :
Revue de presse Élections 2012, Monde en Question.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Cantonales 2011


Les contradictions électoralistes de Lutte Ouvrière :

Le spectacle que nous offrent aujourd’hui la droite, mais surtout la gauche, met en évidence le piège de ces jeux d’alliances électoraux qui font qu’on a vite fait d’abandonner ses idées pour cautionner celles du camp qu’on combattait une semaine plus tôt. Cette formule cache un piège dont les électeurs de gauche sont à coup sûr les dupes.
Lutte Ouvrière

Les grands partis de la gauche réformiste, Parti Socialiste en tête mais allié au Parti Communiste et aux écologistes, ont joué un rôle majeur dans la montée électorale du Front National. Ils ont déçu, démoralisé le monde du travail lors de leur passage au gouvernement. Et, même dans l’opposition, ils sont incapables de proposer une perspective aux masses laborieuses, face à la dégradation de leurs conditions d’existence due aux attaques violentes du grand patronat.

De ce fait et contrairement à ce qu’ils affirment, ces partis ne peuvent pas constituer un barrage à la montée de l’extrême droite.

Par solidarité cependant avec les militants et les électeurs du Parti Communiste, victimes eux-mêmes de la politique de la direction de leur parti, le groupe Lutte Ouvrière de la ville appelle à voter, au deuxième tour des élections cantonales, pour le (la) candidat(e) du Parti Communiste, confronté à un candidat du Front National.
Lutte Ouvrière

Il ne faudrait pas oublier l’essentiel. Les élections, et celles-là en particulier, ne sont que le reflet très déformé de la réalité. Et celle que vivent les classes populaires, c’est l’exploitation durement renforcée par une crise dont les travailleurs et les classes populaires ne voient pas la fin, et qui peut connaître des aggravations brutales. Les échéances importantes ne seront sans doute pas celles que nous proposent les calendriers électoraux, mais ce sont elles que le monde du travail doit préparer.
Lutte Ouvrière

Étrange remaniement


Étrange remaniement réalisé le dimanche 27 février 2011 et annoncé par le Président de la République lui-même au cours d’une allocution radiotélévisée à 20h00.
Étrange remaniement rapporté, mais peu commenté par les médias dominants alors que les remaniements en Tunisie et en Egypte le sont abondamment [1].
Étrange remaniement dont le texte n’est même pas analysé alors qu’il n’est pas habituel de réaliser un remaniement ministériel sous la pression d’événements internationaux.

L’allocution radiotélévisée du Président de la République [2] se décompose ainsi :
1) Un préambule sur la situation au Maghreb et au Moyen Orient (504 mots soit 62%).
2) Les détails du remaniement (137 mots soit 17%).
3) Une conclusion (170 mots soit 21%)

1) Préambule

Nicolas Sarkozy fait un lien entre la crise économique de 2008 et les révoltes populaires en Tunisie, en Egypte et en Libye. L’explication de ce lien se trouve un peu plus loin dans le texte sous la forme d’une injonction négative « Nous ne devons pas en avoir peur ».

Nicolas Sarkozy justifie a posteriori le soutien aux dictatures du Maghreb et du Moyen Orient parce ces régimes « apparaissaient aux yeux de tous comme des remparts contre l’extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme ». Il répète la version bushienne de l’histoire : on construit un ennemi imaginaire (le « monde arabo-musulman« ) contre lequel on mène une croisade en s’alliant avec les gouvernements les plus réactionnaires.

Mais les peuples remettent en cause cette stratégie. En chassant du pouvoir Zine Ben Ali et Hosni Moubarak, les peuples tunisien et égyptien ont forcé les gouvernements occidentaux à abandonner leurs alliés de la veille. Alors Nicolas Sarkozy propose d’accompagner (formule récurrente de la novlangue) les peuples c’est-à-dire faire beaucoup de bruit autour du dogme de la démocratie et masquer la réalité : le maintien au pouvoir de l’armée.

Ce qui préoccupe Nicolas Sarkozy n’est pas le sort des peuples, mais la politique intérieure et particulièrement les élections de 2012 c’est pourquoi il agite le spectre « des flux migratoires » dont nous devrions avoir peur en faisant explicitement le lien entre les « flux migratoires » et le « terrorisme ».

2) Remaniement

L’enjeu de ce remaniement n’est pas de remplacer la ministre des Affaires étrangères, devenue trop encombrante, mais le ministre de l’Intérieur et de l’Immigration. L’argument de « protéger le présent des Français » et d’assurer « notre sécurité » ne colle pas avec le contexte de « printemps arabe » tant vanté par les médias dominants.

La nomination de Claude Guéant prend tout son sens au vu de son passé de flic qui a fait ses classes sous la direction de Charles Pasqua [3]. Par comparaison Brice Hortefeux était un pied-tendre. Claude Guéant s’occupera non seulement de la sécurité et de l’immigration (en France les deux questions sont liées) mais aussi de l’organisation des élections, cantonales d’abord, présidentielle ensuite.

3) Conclusion

Nicolas Sarkozy veut rassembler « tous les Français autour de nos valeurs républicaines » c’est-à-dire autour de son obsession lepéniste de l’immigration, qui viendrait aujourd’hui de Tunisie, d’Egypte ou de Libye.

28/02/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.

Revue de presse :
• 27/02/2011, La lettre de démission de Michèle Alliot-Marie, NouvelObs.
Voici la lettre de démission de Michèle Alliot-Marie de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, remise dimanche en début d’après-midi « en mains propres » au président Nicolas Sarkozy, selon l’entourage de l’ex-chef de la diplomatie française :

Monsieur le président de la République, cher Nicolas (ajouté à la main),
Depuis neuf ans, je sers notre pays avec fierté et bonheur, à la tête des ministères régaliens que le président Jacques Chirac puis vous-même avez bien voulu me confier.
C’est un honneur. C’est une responsabilité.
Je me suis efforcée d’y répondre en veillant, dans mes fonctions comme dans mon comportement personnel, à toujours respecter les exigences, non seulement de la légalité, mais aussi de la dignité, de la moralité et de la loyauté.
Depuis quelques semaines, je suis la cible d’attaques politiques puis médiatiques véhiculant, pour créer la suspicion, contre-vérités et amalgames. J’y ai répondu point par point afin de rétablir la vérité.
Depuis quinze jours, c’est ma famille qui subit de la part de certains médias un véritable harcèlement dans sa vie privée, pour tenter d’y chercher de quoi m’affaiblir à défaut de l’avoir trouvé chez moi.
Cette campagne n’entrave en rien mes relations avec mes partenaires internationaux ni ma capacité à remplir la mission que vous m’avez confiée, comme chacun a pu le constater récemment au Brésil ou hier encore dans le Golfe. Je ne puis néanmoins accepter que certains utilisent cette cabale pour essayer de faire croire à un affaiblissement de la politique internationale de la France.
J’ai trop de considération pour les hommes et les femmes du ministère des Affaires étrangères et européennes qui servent notre pays avec dévouement et compétence, pour accepter que leur action puisse être affectée par cette manipulation.
J’ai une trop haute idée de la politique au service de la France pour accepter d’être utilisée comme prétexte à une telle opération.
J’ai une trop grande loyauté et amitié à votre égard pour accepter que votre action internationale puisse, en quoi que ce soit, en souffrir.
Bien qu’ayant le sentiment de n’avoir commis aucun manquement, j’ai donc décidé de quitter mes fonctions de ministre des Affaires étrangères et européennes.
En conséquence, je vous demande donc de bien vouloir accepter ma démission.
Je vous prie de croire, Monsieur le président de la République, à l’assurance de ma haute considération. Avec ma fidèle amitié (ajouté à la main).
Michèle Alliot-Marie 

• 27/02/2011, Juppé au Quai d’Orsay, Longuet à la Défense, Guéant à l’Intérieur, NouvelObs.

Dans une intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a annoncé le remaniement du gouvernement afin de pallier à la démission de Michèle Alliot-Marie pour laquelle le chef de l’Etat n’a pas eu un mot. Brice Hortefeux quitte le gouvernement. Le président a également évoqué les révolutions arabes.
Nicolas Sarkozy a au contraire lié le remaniement aux « révolutions arabes » qui ouvraient « une ère nouvelle ».

• 27/02/2011, Reuters-Yahoo! Actualités.

Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche soir, sous prétexte de réagir aux crises arabes, le remplacement de ses ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, 106 jours après le dernier remaniement ministériel.
Le remaniement du 14 novembre, après le vote de la réforme des retraites, était censé renforcer le professionnalisme du gouvernement, afin que celui-ci tienne jusqu’à l’élection présidentielle de 2012, à quelques ajustements près.
Nicolas Sarkozy a habillé ce remaniement de crise par une discours sur la nécessité d’adapter la politique française à la nouvelle donne créée par les crises de Tunisie, d’Egypte et de Libye et leur onde de choc dans le reste du monde arabe.
Pour François Miquet-Marty, président de l’institut Viavoice, « la mise en avant des enjeux internationaux camoufle ce remaniement qui répond à la situation difficile de Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux ».
« Il y a une double poupée russe qui vise à masquer aussi les difficultés de Nicolas Sarkozy – tombé à 30% d’opinions favorables dans la dernière enquête Viavoice – face à l’opinion, quoi qu’il fasse », a-t-il déclaré à Reuters.

• 28/02/2011, Nouvelle géopolitique ou fiasco diplomatique : pourquoi ce remaniement ?, Les Matins.

Ce matin, nous avons un nouveau gouvernement. Mais au fait, pourquoi ? Hier, dans son discours télévisé, Nicolas Sarkozy expliquait le remaniement politique par une forme d’insécurité nouvelle : une insécurité liée à un « immense bouleversement » dans les pays « de l’autre côté de la méditerranée ». Il ne faut pas avoir peur, a-t-il annoncé, en même temps qu’il ne manquait pas de souligner le risque migratoire. Et à l’opposé, pour l’opposition, si l’on en croit Benoit Hamon qui a immédiatement réagi, ce remaniement politique est la suite d’un véritable fiasco : celui de la diplomatie française (MAM, Ollier, Marly).

• 28/02/2011, Le départ d’Alliot-Marie est une décision politique, dit Fillon, Reuters-Yahoo! Actualités.

Michèle Alliot-Marie n’a pas commis de faute mais il fallait l’écarter du ministère des Affaires étrangères parce que sa position affaiblissait la voix de la France, a déclaré lundi François Fillon.

• 28/02/2011, France : remaniement ministériel dans un contexte de bouleversement du monde arabe, Xinhua.

Nombre d’observateurs relèvent que c’est la première fois que la France procède à un remaniement ministériel sous pression d’événements internationaux.
D’aucuns voient là la volonté de Nicolas Sarkozy de reprendre en main la politique étrangère dont les soubresauts commençaient à peser sur sa popularité, à l’approche des présidentielles de 2012.

• 28/02/2011, Liste de la nouvelle composition du gouvernement français, Xinhua.

C’est le seul site, à ma connaissance, qui fournit la liste mise à jour du gouvernement français.

• 28/02/2011, Nicolas Sarkozy contraint à un remaniement dans l’urgence, 20 minutes.

Une forme inédite. Dimanche, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a annoncé à 20 h à la télévision le remaniement ministériel. Il a fait précéder l’annonce elle-même par une allocution dans laquelle il justifie le jeu de chaises musicales par l’«immense bouleversement» que représentent les révolutions dans le monde arabe.


[1] Il est significatif que l’im-Monde s’inquiète pour l’avenir de Michèle Alliot-Marie.
[2] Allocution radiotélévisée du Président sur la situation internationale, Présidence de la République :

Mes chers compatriotes,

À peine la plus grave crise économique et financière depuis la deuxième guerre mondiale semble-t-elle s’estomper, à peine l’Europe a-t-elle dominé la crise de l’euro que, de l’autre côté de la Méditerranée, se produit un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main, renversant des régimes qui, après avoir été, au temps de la décolonisation, les instruments de leur émancipation avaient fini par devenir ceux de leur servitude. Ces régimes, tous les États occidentaux et tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis la fin des colonies ont entretenu avec eux des relations économiques, diplomatiques et politiques, malgré leur caractère autoritaire parce qu’ils apparaissaient aux yeux de tous comme des remparts contre l’extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme.

Mais voici qu’à l’initiative des peuples s’esquisse une autre voie. En opposant la démocratie et la liberté à toutes les formes de dictature, ces révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l’histoire et par la géographie. Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance car il s’est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l’homme et de la démocratie. Pour la première fois dans l’histoire, elles peuvent triompher sur toutes les rives de la Méditerranée. Nous ne devons avoir qu’un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d’être libres. Entre l’ingérence qui ne serait pas acceptée et l’indifférence qui serait une faute morale et stratégique, il nous faut tout faire pour que l’espérance qui vient de naître ne meure pas car le sort de ces mouvements est encore incertain. Si toutes les bonnes volontés ne s’unissent pas pour les faire réussir, ils peuvent aussi bien sombrer dans la violence et déboucher sur des dictatures pires encore que les précédentes.

Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C’est toute l’Europe alors qui serait en première ligne. Nous avons donc le devoir d’agir avec une ambition qui soit à la dimension des événements historiques que nous vivons. C’est pourquoi la France a demandé que le Conseil européen se réunisse pour que l’Europe adopte une stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région. De même l’Europe doit se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse de ces pays du Sud de la Méditerranée, imaginer une politique économique et commerciale pour favoriser la croissance de ces jeunes démocraties qui veulent naître.

L’Union pour la Méditerranée, fondée à l’initiative de la France le 13 juillet 2008, doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir enfin une destinée commune. Le moment est venu de refonder cette Union à la lumière des événements considérables que nous vivons. La France fera des propositions en ce sens à ses partenaires.

Mon devoir de Président de la République est d’expliquer les enjeux de l’avenir mais tout autant de protéger le présent des Français. C’est pourquoi, avec le Premier Ministre François Fillon, nous avons décidé de réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité.

Alain Juppé, ancien Premier ministre, homme d’expérience qui a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue sera Ministre des Affaires étrangères. Pour le remplacer au ministère de la Défense, j’ai choisi Gérard Longuet, lui aussi homme d’expérience. J’ai souhaité dans le même temps confier la responsabilité de ministre de l’Intérieur et de l’Immigration à Claude Guéant qui m’a accompagné depuis neuf ans dans toutes les responsabilités que j’ai exercées, en particulier au ministère de l’Intérieur dont il connaît tous les rouages et dont il a occupé tous les postes de responsabilité.

Ainsi les fonctions régaliennes de l’État se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement.

Mes chers compatriotes, c’est mon devoir de prendre les décisions qui s’imposent quand les circonstances l’exigent. Je connais vos attentes qui sont grandes à juste titre. Je me suis engagé à moderniser la France pour que notre modèle survive à tous les changements si brutaux de ce début du XXIème Siècle. Pour obtenir les résultats que vous attendez et que nous obtiendrons, je me dois de ne faire prévaloir aucune autre considération que le souci de l’efficacité et de l’intérêt général dans le choix de ceux auxquels sont confiées les plus hautes responsabilités de l’État.

Dans ces circonstances si troublées la nécessité du rassemblement de tous les Français autour de nos valeurs républicaines est plus nécessaire que jamais. La peur, l’affrontement, l’exclusion n’ont jamais permis de préparer l’avenir, au plan international comme au plan national. A l’inverse le refus de voir les réalités en face exacerbe les tensions.

Mes chers Compatriotes, vous pouvez compter sur ma détermination et sur mon engagement.

Vive la République !
Vive la France !

[3] Portraits de Claude Guéant :
• Claude Guéant, portrait du bras droit de Sarkozy devenu ministre de l’Intérieur, Politique.net, 02/03/2011.
• En six minutes cinquante, Sarkozy s’est chiraquisé, Les Inrocks, 02/03/2011.
• Claude Guéant prend la tête du ministère de l’Intérieur, France Info, 27/02/2011.
• Claude Guéant, vice-président de la République, Nonfiction, 22/10/2008.

Facebook et les élections présidentielles


A travers l’analyse des interactions entre hommes politiques et internautes sur Facebook après les élections présidentielles de 2007 en France, cet article vise à montrer comment les réseaux sociaux sont exploités par les deux parties. Au départ un réseau décentralisé qui lie les gens sans intervention politico-hiérarchique, Facebook est mobilisé par les hommes politiques au service de leur besoins. Quelles en sont les conséquences pour la sphère publique : s’agit-il d’un outil qui permet à l’internaute de déjouer les usages de marketing politique qu’en fait l’homme politique ?

Les réseaux sociaux et l’échange entre l’homme politique et les internautes : le cas de Facebook après les élections présidentielles en France, Argumentation et Analyse du Discours n°5, Octobre 2010.

Les pestiférés de l’Europe


Pendant que le Président de la République Française poursuit la déportation d’hommes, de femmes et d’enfants étiquetés Roms, à la satisfaction du plus grand nombre, la gauche s’affaire fiévreusement dans la cuisine électorale pour préparer sa soupe de 2012…
Au-delà des discours de circonstance, la gauche partage la même culture des actes forgée par la conquête de l’Algérie sous l’Empire et la colonisation de l’Algérie sous la IIIe République, légitimée par le droit de civilisation qui deviendra le droit d’ingérence humanitaire sous la République mitterrandienne.

Nous admettons le droit, et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas arrivées à un même degré de culture et de les appeler au progrès.
Léon Blum à la chambre des députés le 9 juillet 1925
2000 ans d’HistoireFrance Inter

S’il est utile de rappeler que la construction de l’étranger comme ennemi de l’intérieur est la construction du bouc émissaire, victime expiatoire de toutes nos peurs.

Les passions populaires sont promptes à s’échauffer, en particulier dans les périodes de crise économique, comme celle que nous traversons. La passion conduit à l’abolition de la réflexion, au passage à l’acte, à la décharge immédiate des désirs les plus primitifs. Quoi de plus passionnel, de plus irréfléchi et de plus primitif que la haine ou la peur de l’étranger. Surtout, s’il vit parmi nous, s’il s’infiltre à travers des frontières, érigées pour nous protéger, s’il viole ainsi continuellement le sentiment du chez-soi, l’étranger, quoi qu’il fasse ou ne fasse pas, est, en lui-même, une source potentielle d’insécurité. Il engendre inévitablement, dans les sociétés humaines archaïques comme dans les sociétés animales, la violence.
Lettre ouverte au président de la République

Il convient aussi de rappeler que les migrations des Roms en Europe s’inscrivent dans un long contexte historique.

Partis de l’Inde du Nord-Ouest aux alentours de l’an 1000, les groupes de nomades appelés Tsiganes (ou Gipsies, Gitans, Romani, Bohémiens, selon les pays) se sont répandus lentement dans une grande partie de l’Europe et, de là, sur tous les continents. Lorsqu’ils sont arrivés en Occident au début du XVe siècle, les Tsiganes semblent, dans un premier temps, avoir bénéficié de l’hospitalité que les chrétiens réservent aux pèlerins. Mais, vivement préoccupés par le vagabondage, les États ont très vite classé les Tsiganes parmi leurs indésirables, expliquent Jean-Yves Blum Le Coat, Christine Catarino et Catherine Quiminal, qui analysent la façon dont s’est construite la stigmatisation légale des « gens du voyage ». Ainsi, trois quarts de siècle après leur arrivée en Europe de l’Ouest, les premières mesures générales d’interdiction ou d’expulsion sont prises à leur encontre : en Suisse (1471), puis en Allemagne, en Espagne et en France (en 1498, 1499 et 1539). De plus en plus intense, la répression des Tsiganes aura pour effet, en France, la dispersion des grandes compagnies en petites bandes à la fin du XVIIe siècle et, après la Révolution française, l’installation de la plupart d’entre eux aux frontières du pays : en Alsace-Lorraine, au Pays basque et dans le Roussillon. Désignés en 1864, dans une circulaire du ministère de l’Intérieur, comme des « vagabonds étrangers connus sous la dénomination de Bohémiens », les Tsiganes nomades sont désormais assimilés à une « race dangereuse », suspectée de criminalité et devant être placée sous étroite surveillance. Cependant, la République française ne connaît que des citoyens. Aussi faut-il inventer une catégorie juridique spécifique pour distinguer un groupe ethnique qui ne peut être nommé en tant que tel. Ce sera celle de « nomade », instituée en 1912, qui regroupe des personnes définies par leur mobilité, et dont il convient de contrôler étroitement les déplacements et l’identité. « Partant, la définition discriminatoire légale de certains individus est produite », soulignent les auteurs. Elle se verra confirmée par une loi du 3 janvier 1969 qui reprend cette stigmatisation du nomadisme, cependant qu’entre temps, les Tsiganes sont devenus les « gens du voyage » – que l’itinérance caractérise, ou pas, leur mode de vie. Ce dernier reste, toujours aujourd’hui, inscrit sous le sceau de la précarité, les personnes légalement classées parmi les « gens du voyage » étant tenues en lisières et « reléguées aux marges de la société (urbaine, notamment), assignées à des espaces que ne fréquentent que les agents de l’État chargés de leur contrôle ».
Informations sociales n°2

Ce n’est donc pas Nicolas Sarkozy qui a inventé les classifications destinées à exclure.

Le rôle des migrations tsiganes transfrontalières dans l’évolution des réglementations anti-tsiganes en Europe, entre 1880 et 1939, demeure encore largement méconnu. L’étude du cas français montre comment cette population minoritaire focalisa progressivement l’attention des autorités entre la fin du Second Empire et le milieu de l’entre-deux-guerres. Durant cette période, marquée par l’adoption de mesures restrictives en matière de circulation des populations tsiganes et par la constitution d’une catégorie policière et administrative des « nomades », le contrôle des étrangers s’impose toujours davantage comme une priorité.
Cultures & Conflits n°76

La IIIe République a non seulement légitimé moralement la colonisation de l’Algérie mais a aussi proclamé des lois discriminatoires : le monstre juridique du Code de l’Indigénat et la loi de 1912.

À partir de la fin du XIXe siècle, un ensemble de facteurs d’ordre socio-économique, politique, idéologique concourent à assimiler les Tsiganes à des étrangers et des « asociaux indésirables ». L’attitude des pouvoirs publics à l’égard des « nomades » français et étrangers s’est déployée en effet autour d’un dispositif législatif et policier que l’on peut résumer ainsi : surveillance, identification, contrôle. Après le recensement général de 1895 de tous les « nomades, bohémiens et vagabonds », suivi du fichage des « nomades » par les Brigades régionales de police mobile créées en 1907 à l’initiative de Clemenceau, un projet de loi du gouvernement daté du 25 novembre 1908 voit le jour, « relatif à la réglementation de la circulation des nomades ». Le projet, conjugué avec les mesures émises plus tard à la Chambre et au Sénat par les commissions du vagabondage et de la mendicité, donnera lieu à la loi du 16 juillet 1912 sur le port du carnet anthropométrique d’identité. Cette loi discriminatoire et disciplinaire, qui allait durer près de soixante ans, sans susciter aucune critique au sein du discours juridique dominant, constitue l’étape majeure dans le processus de contrôle et d’identification utilisé par la République envers les Tsiganes.
Revue européenne des migrations internationales vol.23

Il faut encore rappeler l’amnésie collective du sort des Tsiganes internés dans les camps français entre 1940 et 1946.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’internement des Tsiganes en France se déroula dans l’indifférence générale. On aurait pu penser, grâce à la recherche entreprise depuis les années 1975 sur le régime de Vichy, que le sort réservé aux Tsiganes français ne demeure plus un drame ignoré. Il n’en est rien. À l’inverse des communautés tsiganes, qui gardent en mémoire cette période tragique, où l’âme d’un peuple s’est fracturée, la mémoire collective, telle qu’elle émane des pouvoirs publics, de l’opinion courante ou du discours historique dominant, témoigne aujourd’hui encore, à quelques exceptions près, d’un refus de savoir.
Guerres mondiales et conflits contemporains n°226

Après l’effondrement de l’URSS, la question rom a resurgit en Europe.

Le principal impact négatif pour les Roms de la chute du bloc soviétique a été la perte de la relative sécurité sociale que leur garantissaient les États socialistes – au prix d’un manque de liberté et d’un contrôle étatique exercé sur leurs vies. Les Roms, qui sont généralement moins qualifiés que le reste de la population et qui ont un mode de vie différent, sont plus touchés par le chômage que les membres des groupes ethniques majoritaires. La nouvelle situation a bien offert de nouvelles opportunités à certains Roms, relativement peu nombreux. Les nouvelles conditions économiques ont permis à certains groupes, en particulier les Roms Olassi, de développer leurs activités traditionnelles de commerce avec un nouveau type de produits : les chevaux ont été remplacés par les voitures Mercedes et le revenu de ces groupes dépasse de plusieurs fois la moyenne nationale. Cependant, pour la majorité des Roms d’Europe centrale et de l’Est, la transition vers une économie de marché a conduit à une insécurité et une pauvreté plus grandes. À ces difficultés s’ajoutent les pièges de la libéralisation politique – les jeux, la drogue et la prostitution. Enfin, les Roms ont commencé à être confrontés à des comportements racistes bien plus ouverts de la part des membres des groupes majoritaires des pays dans lesquels ils vivent.
Mouvements n°18

L’interprétation des événements du 18 juillet 2010 à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, comme ceux de Perpignan en mai 2005, s’inscrivent dans une longue tradition de culture coloniale [1].

Les Roms sont ainsi au cœur d’une Europe marquée par le développement de la mobilité, par l’émergence ou la plus grande visibilité des minorités, par la multiculturalité que les Etats s’efforcent d’administrer. Leur situation est caractéristique de ce que l’Europe a de plus négatif, en termes de discrimination, de rejet, de racisme, d’impuissance à accepter et à gérer la diversité.
Le Courrier des pays de l’Est n°1052

En pleurnichant sur les manœuvres électoralistes de Nicolas Sarkozy sans rien faire pour sauver les Roms, la gauche avoue sa complicité avec un racisme d’État pratiqué en notre nom.

21/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Ressources :
• Centres d’information et associations dédiés aux gens du voyage, SCÉRÉN.
• Roms et gens du voyage, FNASAT.
• Centre de ressources, URBA-ROM.
La fin des années 2000 constitue un moment charnière dans la construction des politiques en direction des Roms/Tsiganes. D’une part, les institutions sont en train de définir une politique générale à l’échelle européenne : la « stratégie-cadre d’inclusion des Roms ». Celle-ci concerne les minorités roms des nouveaux pays-membres de l’Union européenne, ainsi que les Sintis, les Gitans et autres groupes d’Europe occidentale, assimilés aux Roms/Tsiganes. D’autre part, les politiques nationales et locales sont de plus en plus nombreuses. Le plus souvent fondées sur des représentations stéréotypées, ces politiques cherchent à résoudre des problèmes publics suscités par la présence de groupes en situation précaire ou caractérisés par l’habitat mobile. Pour cela, elles apportent des réponses spécifiques, qui oscillent entre rejet et inclusion. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de faire le point sur les politiques en direction des Roms/Tsiganes, d’analyser les processus de catégorisation des groupes en question et, par ce biais, de participer aux réflexions sur les actions publiques en cours et à venir.
• La voix des Rroms, Ancien blogNoveau blog.
• Collectif National Droits de l’Homme, Romeurope.
• European Roma Rights Centre, ERRC.
• Observatoire nomade, Stalker.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
Livres :
• Paroles Tsiganes, Edtions Wallâda.
• Bibliographie, SCÉRÉN.
• Bibliographie, CASNAV Amiens.
• Bibliographie, Libertaire.
• Bibliographie, Bibliothèque Grenoble.
• Bibliographie, FNASAT.
• ASSÉO Henriette, Les Tsiganes – Une destinée européenne, Découvertes Gallimard, 1991 [CRH-EHESS].
• AUZIAS Claire, Les Tsiganes ou le destin sauvage des Roms de l’Est, Michalon, 1995.
• Centre de recherche tsiganes, Textes des institutions internationales concernant les Tsiganes, L’Harmattan, 2001.
• FILHOL Emmanuel, JAYAT Sandra, La mémoire et l’oubli – L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2004.
• FILHOL Emmanuel, HUBERT Marie-Christine, Les Tsiganes en France – Un sort à part 1939-1946, Perrin, 2009.
• FORMOSO Bernard, Tsiganes et sédentaires – La reproduction culturelle d’une société, L’Harmattan, 2000 [Amazon].
• HUMEAU Jean-Baptiste, Tsiganes en France – De l’assignation au droit d’habiter, L’Harmattan, 1995 [Amazon].
• LIÉGEOIS Jean-Pierre, Roms et Tsiganes, La Découverte, 2009.
• MARCHAND Anna, La protection des droits des tsiganes dans l’Europe d’aujourd’hui, L’Harmattan, 2003.
• ROBERT Christophe, Eternels étrangers de l’intérieur, Desclée de Brouwer, 2007.
Revues :
• Revue, Études Tsiganes.
• Gitans de Barcelone à Perpignan : crise et frontières, Revue européenne de migrations internationales vol.13, 1997.
• Quand les yeux servent de langue – Regards gitans, actions payas en semaine sainte (Andalousie), Terrain n°30, 1998.
• « Terrain désigné », observation sous contrôle : quelques enjeux d’une ethnographie des Tsiganes, Ethnologie française vol.31, 2001.
• Les Roms à la croisée des chemins, Mouvements n°18, 2001.
• La langue rromani au cœur du processus d’affirmation de la nation rrom, Hérodote n°105, 2002.
• Familles tsiganes et protection de l’intimité, Ethnologie française vol.32, 2002.
• Politiques d’immigration : criminalisation ou tolérance ?, La pensée de midi n°10, 2003.
• Approche discrète d’un anthropologue au seuil de l’altérité – Conjugalité et parentalité, famille et communauté, le dedans et le dehors du monde gitan, Spirale n°26, 2003.
• Identité et ethnicité, Population vol.59, 2004.
• L’usage du savoir dans la formulation des politiques publiques : le cas des recherches sur la population rom en Slovaquie, Revue internationale des sciences sociales n°179, 2004.
• Les Gypsy Studies et le droit européen des minorités, Revue d’histoire moderne et contemporaine n°51, 2004.
• Des quartiers de mauvaise réputation – L’image de la criminalité dans deux quartiers en Belgique, Déviance et Société vol.28, 2004.
• La formation d’un sous-prolétariat rom – Enquête historique sur la condition des Gitans dans un village d’Europe centrale, Actes de la recherche en sciences sociales n°160 2005.
• Tsiganes, stéréotypes et idéal type – Une approche wébérienne de l’altérité, Ateliers du LESC n°28, 2004.
• Les Rroms et les organisations évangéliques : entre culte religieux et stratégie « politique » ?, Hérodote n°119, 2005.
• L’avènement politique des Roms (Tsiganes) et le génocide – La construction mémorielle en Allemagne et en France, Le Temps des médias n°5, 2005.
• Les Roms au cœur de l’Europe, Le Courrier des pays de l’Est n°1052, 2005.
• Les événements de Perpignan ou la fin d’un système géopolitique local, Hérodote n°120, 2006.
• Nous ne sommes pas des envahisseurs, Projet n°295, 2006.
• Sans territoire fixe, Projet n°295, 2006.
• La loi de 1912 sur la circulation des « nomades » (Tsiganes) en France, Revue européenne des migrations internationales vol.23, 2007 [Cairn].
• La justice des Tsiganes contre la loi des Gadjé, Ethnologie française vol.37, 2007.
• L’indifférence collective au sort des Tsiganes internés dans les camps français, 1940-1946, Guerres mondiales et conflits contemporains n°226, 2007 [APHGAron NatansonMémoire-Net].
• L’internement des nomades en Loire-Inférieure, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest n°115, 2008.
• Les migrations des Roms balkaniques en Europe occidentale : mobilités passées et présentes, Balkanologie vol.XI n° 1-2, 2008.
• Roms en Bulgarie, Roms en Roumanie – quelle intégration ?, Méditerranée n°110, 2008.
• De la libre circulation au contrôle permanent – Les autorités françaises face aux mobilités tsiganes transfrontalières, 1860-1930, Cultures & Conflits n°76, 2009 [Cairn].
• Quand le voyage s’arrête pour de bon, Informations sociales n°155, 2009.
• Les détenus étrangers en Europe : quelques considérations critiques sur les données disponibles de 1989 à 2006, Déviance et Société vol.33, 2009.
• Une catastrophe invisible – La Shoah des Tziganes, Terrain n°54, 2010.
• Figures bohémiennes et fiction, l’âge des possibles 1770-1920, Le Temps des médias n°14, 2010.
• Roms, une question européenne, Etudes tome 412, 2010.
Articles :
• Roms, tsiganes et gens du voyage, Différences – MRAP.
• Roms et gens du voyage, LDH-Toulon.
• Roms et gens du voyage, Le Monde.
• Dénoncer l’anti-tsiganisme sans s’attaquer à ses racines ?, Le Monde.


[1] Sélection bibliographique :
• Les événements de Perpignan ou la fin d’un système géopolitique local, Hérodote n°120, 2006.
Les violences urbaines de mai 2005 à Perpignan ont cruellement mis en lumière la concentration des problèmes socio-économiques et « communautaires » dans le centre de la cité catalane. Pivot historique de la carte électorale de la droite municipale, le quartier est depuis plusieurs années au coeur de vastes mouvements de restructuration. Ceux-ci s’expriment simultanément dans le champ ethnique (progression de la population maghrébine), social (déliquescence des structures claniques gitanes traditionnelles), urbanistique (programme de renouvellement urbain d’un quartier insalubre) et aussi politique. En effet, symbole d’une forme de pouvoir politique local, le quartier aiguise, depuis les élections municipales de 1993, les appétits de la gauche départementale qui entend investir ce bastion aux mains de la droite depuis plus de cinquante ans.
• BLANCHARD Pascal et LEMAIRE Sandrine (dirigé par), Culture coloniale – La France conquise par son Empire 1871-1931, Autrement, 2003.
• BLANCHARD Pascal et LEMAIRE Sandrine (dirigé par), Culture impériale – Les colonies au cœur de la République 1931-1961, Autrement, 2004.
• BLANCHARD Pascal et BANCEL Nicolas (dirigé par), Culture post-coloniale – Traces et mémoires coloniales en France 1961-2006, Autrement, 2006.