Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Economie crise

Pékin, Washington, Pyongyang – Du tambour de guerre aux conflits commerciaux


 

Après les diatribes menaçantes échangées entre Donald Trump et Kim Jong-un, sous l’œil inquiet de Pékin qui craint un dérapage, voilà que la véhémence du discours s’est insinuée dans la relation sino-américaine sur les thèmes de la disparité des relations commerciales, de l’absence de réciprocité et du viol de la propriété intellectuelle.

Suite à la signature, le 14 août, par la Maison Blanche d’une directive enjoignant au représentant au commerce extérieur Lighthizer d’enquêter sur les discriminations infligées aux intérêts américains en Chine, Pékin a réagi avec d’autant plus de véhémence que les discours accompagnant la feuille de route reprenaient les thèmes antichinois de la campagne électorale de D. Trump.

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Le FN progresse grâce à la gauche


La progression du FN s’explique par l’économie. Depuis 1997, le taux de chômage officiel ne cesse d’augmenter :

La hausse du taux de chômage est confirmée. L’Insee publie ses chiffres ce jeudi, qui viennent confirmer ceux de Pôle Emploi. Ainsi le taux de chômage a bondi au troisième trimestre 2015, atteignant 10,2 % de la population active en France métropolitaine (+ 0,2 point). Ce sont plus de 2,9 millions de personnes touchées, soit le plus haut niveau depuis 1997.
Source : Atlantico

Or, l’implantation du FN est très forte auprès des ouvriers (51%), des chômeurs (42%) et des employés (38%), soit parmi les classes les plus touchées par la crise :


Source : Atlantico

 

La progression du FN s’explique aussi par la politique. Depuis le 1982, la gauche a mené une politique anti-sociale qu’elle dissimule par une croisade contre les musulmans, désignés comme les boucs émissaires de tous les maux de la société.

Cette croisade se paie non seulement avec le sang des victimes des attentats, mais aussi par la lepénisation de la société que la gauche favorise car perdurent les réflexes coloniaux d’un Jules Ferry, Guy Mollet, François Mitterrand et Hollande-Valls.

13/12/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Karl Marx, le retour


 

Moins de cinq cents personnes contrôlent deux mille milliards de dollars en actifs commerciaux. Ces gens sont-ils plus nobles ? Travaillent-ils plus durement ? N’ai-je pas dit, voilà cent cinquante ans, que le capitalisme allait augmenter la richesse dans des proportions énormes mais que cette richesse serait concentrée dans des mains de moins en moins nombreuses ? « Gigantesque fusion de la Chemical Bank et de la Chase Manhattan Bank. Douze mille travailleurs vont perdre leur emploi… Actions en hausse. » Et ils disent que mes idées sont mortes !…

« Je voulais montrer un Marx furieux, truculent et bien vivant ; le sauver non seulement des pseudo-communistes mais aussi des essayistes et des politiciens qui s’extasient devant le triomphe du capitalisme. »

Howard ZINN, Karl Marx, le retour – Pièce historique en un acte, Agone, 2015.

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La crise vue par MARX et ENGELS


 

Pour Marx, la crise a deux faces. L’hégémonique Angleterre ne connaît chez elle que les crises économiques, et elle exporte leurs prolongements politiques, militaires ou révolutionnaires dans les autres pays.

Après 1870, devant la concurrence redoutable de nouveaux capitalistes, les docteurs ès économie interviennent pour débloquer la vieille machine productive, en lui injectant les drogues du crédit, de l’inflation, de l’impérialisme colonialiste et de la course à l’armement que centralise l’État-providence. C’est le cycle prolongé de prospérité du capitalisme « idyllique », mais c’est aussi la folle surproduction et 1914, avec ses guerres et ses révolutions.

Karl MARX et Friedrich ENGELS, La crise, Traduction et notes de Roger Dangeville hélas [Texte en ligne].

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Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro


 

Les gouvernements et les médias dominants européens voudraient nous faire croire que le gouvernement grec serait une bande de gauchistes prêts à détruire l’Europe.

La lecture de ce petit livre, co-écrit par le Ministre des Finances grec (démissionnaire après la victoire du non au référendum), montre qu’il est plutôt un réformiste souhaitant tout au plus améliorer le système et non le remettre en cause.

Confrontée à une crise économique et sociale majeure qui nourrit la montée des nationalismes, la zone euro n’a plus droit à l’erreur. Il faut agir et vite ! Comment ? D’abord en partant du bon diagnostic. Non, le problème majeur n’est pas la dette. Celle-ci n’est que le symptôme d’un mal plus profond : l’architecture défaillante de la zone euro. Face à l’urgence, il faut se montrer réaliste et pragmatique : on ne va pas changer les traités et rouvrir des débats source de division. Tout l’intérêt de ce petit ouvrage est de formuler une proposition immédiatement applicable pour sortir de la crise, s’inscrivant dans le cadre institutionnel actuel et propre à remettre la zone euro sur la voie de la prospérité.

James K. GALBRAITH, VAROUFAKIS Yanis, Stuart HOLLAND, Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro, Les petits matins, 2014 [Texte en ligne].

Le plus tragique est que les groupes se réclamant de l’extrême gauche ont accrédité l’opinion que le gouvernement de Alexis Tsipras serait « de gauche ».
Le plus comique est que la douche froide de leurs désillusions d’aujourd’hui entretient la flamme de leurs illusions d’hier. Ainsi, au lieu de réviser leur axiome, ils accusent le gouvernement grec d’avoir trahi… leurs illusions.

10/07/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Fracture sociale


 

Les catégories populaires et moyennes vont se rappeler au bon souvenir du pouvoir lors des élections départementales des 22 et 29 mars. Le Front national va conquérir un grand nombre de cantons. Sans doute plusieurs départements. Les portes du pouvoir sont proches. Le Parti socialiste est progressivement balayé de la scène politique. L’une des explications est à chercher dans la violence de la crise subie par une partie de la population. Les catégories aisées, gourmandes, continuent à s’enrichir quand les couches populaires voient leur niveau de vie baisser. Entre les deux, les classes moyennes constatent avec amertume le décalage entre leurs aspirations et la réalité sociale. Une fracture sociale s’ouvre et le ressentiment augmente.

Tant qu’elle ne se traduit pas en actes, l’indignation des lendemains de soirée électorale n’est qu’une vaste hypocrisie. Comment peut-on, par exemple, livrer 47 milliards d’euros par an de baisse d’impôts aux entreprises et aux ménages dans le contexte d’une telle crise sociale ? C’est directement faire la courte échelle à l’extrême droite. On peut continuer à faire semblant de ne pas voir ce qui se joue, mais alors il faudra en accepter les conséquences le jour où notre modèle social volera en éclat. L’addition sera alors bien plus grande qu’ils ne le pensent, pour tous ceux qui aujourd’hui se voilent la face. Les étrangers ne seront pas les seuls à en payer le prix.

Lire la suite… Observatoire des inégalités.

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Fortune de Charlie vs Chômage des immigrés


 

En novembre, Charlie Hebdo, qui ne vendait que 28.000 exemplaires par semaine, avait lancé un appel aux dons pour survivre. Le « numéro des survivants », vendu trois euros pièce dès le 14 janvier, devrait rapporter plus de 10 millions d’euros nets […].
Mardi, Eric Portheault, co-gérant de Charlie, annonçait que le nombre d’abonnements avait « dépassé les 200.000 abonnés ». A raison de 70 euros en moyenne l’abonnement, le journal devrait recueillir environ 14 millions d’euros, et cela sans compter les ventes en kiosque.
Pour finir, Charlie Hebdo a recueilli près de 2,4 millions d’euros de dons de plus de 30.000 personnes, sans compter les aides du ministère de la Culture ou de Google. En tout, le journal pourrait recueillir entre 24 et 30 millions d’euros.

BFMTV

En France, le chômage frappe beaucoup plus les immigrés que les Français : 17,2 % sont sans emploi, contre 9 % des Français. Le taux atteint 21,2 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne.

[…] comme le montre le ministère de l’Immigration, à niveau de diplôme équivalent, le taux de chômage des immigrés demeure supérieur. 6,1 % des Français nés de parents français titulaires d’un bac sont au chômage, contre 18 % des immigrés hors de l’Espace économique européen. Pour les titulaires d’une licence et plus, les chiffres sont respectivement de 4,7 % et 14,8 % (données 2011).

[…] on l’oublie souvent, les immigrés qui sont étrangers sont exclus d’environ 5,3 millions d’emplois, soit un poste de travail sur cinq.

Observatoire des inégalités

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La fin d’une époque


 

Alors que la crise des années 1930 allait provoquer une croissance des courants du mouvement ouvrier dans toute leur variété (réformistes, staliniens, révolutionnaires, anarchistes), l’inverse se produit aujourd’hui : la crise ouverte en 2008 entraîne dans une spirale dépressive tous les courants de la gauche et du mouvement ouvrier.

[…]

L’étonnante durée et la profondeur de la contre-réforme néolibérale [des années 1980] s’expliquent, d’une part par l’ampleur des restructurations de l’économie mondiale, et d’autre part par les défaites subies par le mouvement ouvrier, la conversion des secteurs dominants de la gauche traditionnelle au néolibéralisme, et la restauration capitaliste à l’est de l’Europe et en Chine. La conjonction de ces événements provoque des processus inédits et sans précédent, de rupture entre la gauche – celle issue des organisations réformistes social-démocrates et staliniennes qui ont principalement structuré l’organisation du prolétariat au XXe siècle – et les classes populaires.

[…]

Les compromis sociaux des Trente Glorieuses sont progressivement liquidés. Les destructions opérées au cours du siècle ont obscurci l’organisation et la conscience du mouvement ouvrier. Pour des millions d’êtres humains, stalinisme et communisme se confondent. La préservation de certaines positions politiques et institutionnelles par les appareils syndicaux ou ceux de la gauche a conduit à l’adaptation et à l’intégration néolibérale. En Europe, ces changements sociopolitiques sont accentués par les orientations de l’Union européenne qui exigent l’application d’une austérité brutale.

La crise ouverte en 2008 a accéléré ce processus. Le basculement des centres de gravité de l’économie mondiale vers la Chine et les nouvelles puissances asiatiques, la pression toujours forte de l’impérialisme nord-américain, même si celui-ci connaît une crise de son hégémonie, conduisent les classes dominantes en Europe à redoubler d’efforts pour liquider le »modèle social européen » – ou de ce qu’il en reste – en confiant à la gauche traditionnelle une responsabilité directe dans ce remodelage.

Lire la suite… Contretemps

Si l’analyse de l’effondrement mondial d’une opposition de gauche au néo-libéralisme est intéressante, les « pistes pour l’alternative » révèlent l’absence de perspective. Le titre de l’article renvoie aussi bien au recueil de nouvelles d’Evelyn Waugh (Work Suspended and other stories (La fin d’une époque), 1939), au livre de Franz-Olivier Giesbert (La fin d’une époque, 1994) qu’aux pseudo-analyses d’Eric Zemmour (La fin d’une époque selon Zemmour, 2015).

04/02/2015
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

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Charlie sauve Hollande


 

Alors que la côte de popularité de François Hollande et de Manuel Valls connaît une embellie grâce à Charlie Hebdo, la hausse du chômage illustre le retour du refoulé – la réalité sociale.

175.000 personnes supplémentaires s’étaient inscrites à Pôle Emploi en 2013, elles furent 189.000 en 2014, soit 5,7% d’augmentation.

Sur le seul mois de décembre, 8100 nouveaux demandeurs d’emploi sont venus grossir les rangs de Pôle Emploi, soit 0,2% de plus qu’en novembre.

Selon les données communiquées mardi 27 janvier par le ministère du Travail, la France comptait, au 31 décembre, 3,5 millions chômeurs de catégorie A (3.496.400) – un nouveau record – et 5,879 millions de personnes inscrites à Pôle Emploi.

Le Huffington Post

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Les années 30 sont de retour


Comment tout cela va-t-il finir ? Les haines et les peurs de notre temps ont un parfum de redite, celui des années 30, cette décennie tragique qui mena le monde à l’abîme. Economique, sociale, identitaire ou politique, les crises s’additionnent depuis le krach de 2008, comme au temps de la Grande Dépression de 1929.

Mais qu’en est-il au fond ? Le reniement « social-libéral » de François Hollande vaut-il vraiment la « pause » de Léon Blum ? Poutine phagocytant l’Ukraine rejoue-t-il Hitler avalant les sudètes ? L’antisémitisme de la génération Soral-Dieudonné illustre-t-il la résurgence des haines d’un Céline ? Le danger Le Pen fait-il écho au péril nationaliste d’hier ? Telles sont quelques-unes des questions de cet ouvrage, fruit de la rencontre entre deux historiens et deux journalistes, qui se livrent à un incessant aller-retour entre passé et présent. L’Histoire n’est pas un éternel recommencement, mais ces années 30, si proches et si lointaines, si terribles et pourtant fondatrices, éclairent bien étrangement les crises du temps présent…

Renaud DÉLY, Pascal BLANCHARD, Claude ASKOLOVITCH, Yvan GASTAUT, Les années 30 sont de retour – Petite leçon d’histoire pour comprendre les crises du présent, Flammarion, 2014 [extraits].

Hegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce.

Karl MARX, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte [1853], La Table Ronde, 2001 p. 172.

Écouter aussi :
• Des années 30 à aujourd’hui, l’histoire bégaie-t-elle ?, France Inter.
• Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Télé Sud-Est.

Lire aussi :
• Philippe CORCUFF, Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Textuel, 2014 [extraitsRevue du Mauss].
• La crise dans les années 30 et aujourd’hui, Que Faire ?, 2009.
Dossier documentaire Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.