Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Propagande médiatique

Propaganda – La fabrique du consentement


 

Réalisateur : Jimmy Leipold
Durée : 0h53
Année : 2017
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de « Propaganda », un passionnant décryptage des méthodes de la « fabrique du consentement ». Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de « fabrique du consentement » des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur.
Fiche : Arte
Partage proposé par : 9docu HD 720 VOSTFR
Avis de Ciné Monde : Contrairement à ce que répètent en boucle les médias dominants, la propagande n’est née ni en URSS en 1917 ni en Allemagne entre 1923 et 1933, mais bien aux États-Unis et fut théorisée et appliquée par Edward Bernays. Sa carrière résumée en trois dates :
• En 1917, Edward Bernays fit ses premières armes de propagandiste au sein de la Commission Creel. Charlie Chaplin participa activement à la campagne de propagande en faveur de la guerre [03’38].
• En 1929, Edward Bernays lança avec succès une campagne sur la libération des femmes… par la cigarette [18’50]. L’instrumentalisation du féminisme n’est pas nouveau.
• En 1954, Edward Bernays mena campagne pour renverser le gouvernement du Guatemala afin de préserver les intérêts d’United Fruit Company [45’00].

Lire aussi :
Edward BERNAYS, Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, 1928, La Découverte, 2007 [Texte en lignepdf].
Sandrine AUMERCIER, Edward L. Bernays et la propagande, Revue du MAUSS, Juillet 2007.
Normand BAILLARGEON, La commission Creel et le viol des foules, Voir, 07/11/2012.
Patrick MICHEL, Il y a 100 ans : premier exercice de propagande de masse avec la commission Creel, Acrimed, 14/09/2017.
Corinne AUTEY-ROUSSEL, Une brève histoire de la propagande, Entelekheia, 19/11/2017.
Dossier documentaire Edward BERNAYS, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

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La propagande de l’invention européenne de l’imprimerie


 

Le documentaire de Marc Jampolsky, entretient d’emblée la légende selon laquelle Gutembert aurait inventé l’imprimerie en 1455 [0’25] alors qu’on sait qu’elle existait en Chine depuis le VIIe siècle (750 ans avant Gutembert) !
L’auteur, reconnaissant tardivement ce fait [23’43], lui oppose jésuitiquement le livre imprimé en Corée en 1377 avec des caractères mobiles en métal (78 ans avant Gutembert) [24’46] et voudrait nous faire croire que Gutembert ne savait rien de tout cela alors qu’il souhaitait conserver jalousement le secret de son invention et que les données sur le personnage restent rares.

Il y a trois ans, j’ai démontré que la fabrication de la porcelaine, apparue en Chine entre -206 et 220, fut copiée au XVIIIe siècle par François-Xavier d’Entrecolles. Ce jésuite profita de sa mission, agréée grâce à Matteo Ricci, pour espionner les ateliers chinois. En 1712 et 1722, il rapporta à son supérieur la composition et les secrets de fabrication de la porcelaine chinoise. Mais l’idée demeure que la porcelaine de Limoges serait le produit du raffinement de la civilisation française [1].

Il en fut certainement de même concernant l’imprimerie chinoise selon la technique de la xylographie (VIIe siècle) puis selon celle des caractères mobiles en argile cuite (XIe siècle) et en bois (XIIIe siècle), mais par une autre voie que celle des jésuites qui ont espionné aussi les imprimeries chinoises [2].

La technique xylographique est d’une grande simplicité dans ses matériaux et dans ses principes. Le missionnaire jésuite Matteo Ricci, qui vécut en Chine de 1583 à 1610, a noté dans ses mémoires rapportées par le Père Nicolas Trigault la première description en langue occidentale : « ils gravent leurs caractères en une table légère et unie, faite de poirier, pommier, ou de l’arbre qu’ils appellent zizizho. »
Ricci poursuit : « Sur cette table, ils transcrivent la feuille, ou plutôt la collent tout entière légèrement, puis après ils rasent très subtilement le papier déjà desséché, de telle façon qu’on ne voit rien rester en la tendre surface que les caractères apparents ; puis ils engravent avec des touches de fer tellement cette table que les seuls linéaments des caractères ou de la peinture paraissent élevés. En après, ils impriment comme il leur plaît leurs feuilles avec une facilité et promptitude incroyable. Et quelquefois un seul imprimeur en dépêchera mil et cinq cents en un jour. Ils sont aussi si prompts à graver leurs tables qu’ils me semblent ne mettre pas plus de temps à en graver une que les nôtres seraient à la composer et corriger… Au reste il y a en ceci une chose merveilleusement commode, car, vu que les tables une fois gravées se gardent en la maison, on peut toutes les fois qu’on veut ôter quelque chose, ou ajouter, non seulement un mot mais aussi des périodes entières, pendant que les tables se raccommodent un peu. Et l’imprimeur, ou l’auteur, n’est pas contraint dès la première impression d’imprimer ensemble à une seule fois un grand nombre de livres : ains toutes et quantes fois qu’il lui plaira ou qu’il sera nécessaire, il s’en imprime, selon qu’il lui plaît, plus ou moins. Ce qui nous est souvent arrivé, car nous imprimons avec l’aide de nos domestiques des livres de notre religion ou des sciences de l’Europe, que les nôtres ont mis en lumière en langue chinoise dans notre propre maison. Cette façon donc d’imprimer est si facile que qui l’aura vue une fois soudain pourra entreprendre d’en faire autant. De cette commodité provient si grande multitude de livres chinois et à si bon marché qu’il n’est pas aisé de l’expliquer à qui ne l’a vu. »
Source : La xylographie, BNF [3].

Comme par hasard, le plus vieux document imprimé occidental est un « appel adressé aux chrétiens pour aller combattre les Turcs » [32’05] ! Il s’agit du livre Eine Mahnung der Christenheit wider die Tiirken – Une admonition de la chrétienté contre les Turcs (1455) dont l’unique exemplaire est conservé dans la bibliothèque de Munich [4].
Gutenberg vivra de cette littérature de propagande et non de l’édition de la Bible comme on le répète trop souvent. Ainsi, toute la propagande savamment construite sur le mythe de l’humanisme de l’imprimerie s’écroule.

Marc Jampolsky ne dit pas naturellement que le livre imprimé en Corée en 1377, cité plus haut, fut acquis (euphémisme) par Victor Collin de Plancy, le premier diplomate français nommé en Corée il y a 130 ans, et que la BNF refuse de le restituer :

Le retour de ce premier livre imprimé au monde a été contesté avec virulence, notamment par les conservateurs de la BNF qui insistent sur leurs « capacités supérieures en matière de conservation des documents ».
L’arrogance de la supériorité coloniale n’est pas morte !
Le rapatriement de la totalité des 297 volumes dérobés par le contre-amiral Pierre-Gustave Roze en 1866 sous forme d’un prêt renouvelable tous les cinq ans a été décidé à Séoul lors d’un sommet entre Nicolas Sarkozy et Lee Myung-bak en 2010.
Sur la question du rapatriement de Jikji, il demeure encore des différends entre les deux pays comme le dit le professeur Barjot : « Pour la France, Jikji appartient à l’héritage mondial de l’humanité et donc à ce titre, il n’est la propriété d’aucun pays. »
Mais la France s’arroge unilatéralement le droit de propriété !
Source : Le retour en Corée du 1er livre imprimé au monde de la BNF « paraît inévitable », Agence de presse Yonhap, 13/10/2015.

Le documentaire de Marc Jampolsky se situe dans le droit fil du discours coloniale d’un Jules Ferry, héritier de l’Empire français :

Voyez ce qu’est l’imprimerie chez une nation qui ne marche pas à la liberté, à l’affranchissement de l’intelligence ; chez une peuple stagnant dans l’esclavage, en Chine par exemple. Elle y naît, dix siècles avant de paraître chez nous, mais elle n’y vit pas, elle y végète ; jamais elle ne peut parvenir à se dégager de son germe, ni à atteindre des procédés supérieurs à ceux de notre xylographie, cet embryon grossier dont notre art typographique a si vite secoué les liens.
En Chine, c’est vainement que Pi-Ching, le forgeron, tente ce que Gutenberg tenta si utilement en Europe ; vainement il s’ingénie à former avec une terre fine et glutineuse, et de solidifier par une double cuisson, des caractères mobiles qu’il joint et qu’il maintient unis ensemble à l’aide de cadres en fer ; son invention sœur de celle de Gutenberg, avorte, et Pi-Ching, puni d’avoir mal compris son siècle et surtout sa patrie, meurt en léguant à ses héritiers ses types inutiles.
Les Chinois, routiniers comme tout peuple esclave, s’en tiennent obstinément à ces planches gravées, si promptement dédaignées chez nous. Enfin, en 1662, des missionnaires européens, faisant violence à cette opiniâtreté routinière, décident l’empereur Kang-Hi à faire graver deux cents cinquante mille types en cuivre, et, grâce à cet élan que lui imprime une pensée venue d’Europe, la véritable imprimerie est créée en Chine et s’y naturalise après vingt siècles d’enfantement.
Source : Paul LACROIX, Edouard FOURNIER, Ferdinand SERÉ, Histoire de l’imprimerie et des arts et professions qui se rattachent à la typographie, Librairie historique, archéologique et scientifique de Seré, 1852 [BNF – Gallica].

11/11/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Marc Jampolsky, Gutenberg, l’aventure de l’imprimerie, Arte France, 2016 Partage proposé par : Zone Telechargement DVD FR


Notes et références

[1] La porcelaine de Limoges :
Lire : Serge LEFORT, Pillage de la technologie chinoise, Chine en Question, 15/12/2014.

[2] La question d’une origine extrême-orientale de l’imprimerie occidentale a été posée dès le XVIe siècle :
Voici les éléments du dossier.
1. De la vie de Gutenberg et de ses expérimentations avant l’impression de la Bible, on ne sait pas grand chose (Wagner 2000).
2. On sait par contre que des contacts multiples avaient lieu entre l’Extrême-Orient et l’Occident, directement ou indirectement par l’intermédiaire d’autres peuples (ouïgours, mongols, arabes) : contacts militaires (les armées mongoles parviennent en Europe dans la seconde moitié du XIIIe siècle), échanges commerciaux, ambassadeurs (ambassade du pape à la cour mongole en 1245), voyageurs (Marco Polo), missionnaires catholiques (à partir du XIVe siècle).
Il est possible que les techniques chinoises d’impression se soient ainsi répandues, comme le papier précédemment, de proche en proche. Il semble avéré que la xylographie pratiquée en Europe à partir de la seconde moitié du XIVe siècle est bien d’origine chinoise.
Source : Johannes Gutenberg, Jacques POITOU.

[3] L’imprimerie chinoise selon la technique des caractères mobiles :
Sous la dynastie Song (960-1279), Bi Sheng, un inventeur d’origine modeste, rénova la technique d’impression et inventa les caractères mobiles, ce qui augmenta l’efficacité de l’imprimerie. Le caractère mobile a de grands avantages sur le bloc d’imprimerie. Il réduit grandement le temps de fabrication du bloc. De plus, le caractère mobile peut être utilisé de façon répétée. Par conséquent, les matériaux sont gardés. De plus, le caractère mobile est plus petit que le bloc gravé, facile à ranger et à garder. Les caractères mobiles en bois furent utilisés dans l’impression du Siku Quanshu (Bibliothèque complète des quatre trésors) en 1774, durant le règne de l’Empereur Qianlong, sous la dynastie Qing (1644-1911). Il est appelé Edition des merveilles rassemblées.
Après son invention, l’imprimerie a été progressivement apportée aux autres pays, stimulant grandement la civilisation humaine et le progrès social.
En 1450, influencé par les caractères mobiles Chinois, l’allemand Gutenberg fabriqua des lettres mobiles avec un alliage de métaux pour imprimer des livres, provoquant ainsi un impact considérable sur le développement de la société Européenne.
Source : Imprimerie, Chine Informations.
Lire aussi : Paul PELLIOT, Les débuts de l’imprimerie en Chine, Librairie d’Amérique et d’Orient Adrien-Maisonneuve, 1953 [Texte en ligne].

[4] Une admonition de la chrétienté contre les Turcs :
Jean-Yves MOLLIER, Les mutations du livre et de l’édition dans le monde du XVIIIe siècle à l’an 2000, Presses Université Laval, 2001 [Google Livres].
Paula SUTTER FICHTNER, Terror and Toleration: The Habsburg Empire Confronts Islam, 1526-1850, Reaktion Books, 2008 [Google Livres].

Lire aussi :
Dossier documentaire Chine-Occident, Monde en Question.
Dossier documentaire Sciences Chine, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le côté obscur de Wikipédia


Bibliographie médias

 

Wikipédia a supplanté toutes les encyclopédies, papier ou en ligne. Vous pensez que c’est un site de référence, sûr, fiable, interactif ? Regardez cette enquête fouillée, sur le mode détective, mais documentée comme un travail d’universitaire, et détrompez-vous. […]

Il existe au sein de Wikipédia des structures totalitaires voire mafieuses, qui rendent impossible une discussion factuelle et la modification des articles dans certaines parties de l’Encyclopédie en ligne. Certains modérateurs et administrateurs problématiques sévissent en particulier dans les domaines des sciences politiques et sociales. […]

Le film dévoile le fonctionnement souterrain de l’encyclopédie, au travers de l’analyse de la page consacrée au chercheur suisse en histoire contemporaine Daniele Ganser.

Markus FIEDLER, Frank Michael SPEER, Die dunkle Seite der Wikipedia – Le côté obscur de Wikipédia, 2015 YouTube, 2015 [Script complet du filmCommentaires].

Lire aussi :
Dossier documentaire Wikipédia, Monde en Question.
Index Médias, Monde en Question.

L’influence de Washington sur Hollywood


Bibliographie cinéma

 

Les dossiers que nous avons obtenus, pour la plupart via des requêtes FOIA [Freedom of Information Act] démontrent qu’entre 1911 et 2017, plus de 800 films ont reçu un soutien du Département de la Défense, un chiffre bien plus élevé que dans les estimations publiées jusque là. Ces films comprennent des franchises à grand succès comme Transformers, Iron Man et Terminator.

A la télévision, nous avons découvert que 1 100 titres ont reçu une aide du Pentagone – 900 depuis 2005 -, de Flight 93 à Convoi de l’extrême et Army Wives.

Si nous comptons aussi des épisodes de séries comme 24, Homeland et NCIS, et l’influence d’autres organisations majeures comme le FBI et la Maison-Blanche, nous pouvons établir avec assurance pour la première fois que les différents organismes de l’appareil washingtonien ont influencé des milliers d’heures de divertissement.

Lire la suite… Entelekheia.

Lire aussi :
Erwan BENEZET, Barthélémy COURMONT, Washington et Hollywood : l’arme fatale ?, Revue internationale et stratégique, 2004.
Nolwenn MINGANT, Hollywood et le département d’Etat : une liaison dangereuse ?, Géoéconomie, 2011.

Jean-Michel VALANTIN, Hollywood, le Pentagone et Washington – Les trois acteurs de la stratégie mondiale, Autrement, 2003 réédition Hollywood, le Pentagone et le monde – Les trois acteurs de la stratégie mondiale, Autrement, 2010 [CliothèquePolitique étrangère Questions de communication].
Erwan BENEZET, Barthélémy COURMONT, Hollywood-Washington – Comment l’Amérique fait son cinéma, Armand Colin, 2007.
Matthew ALFORD, Tom SECKER , National Security Cinema – The Shocking New Evidence of Government Control in Hollywood, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2017 [Spy Culture – Intelligence Agencies and Popular CultureYouTube].

Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma – Livres, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

La guerre d’Hollywood 1939-1945


 

Réalisateur : Michel Viotte
Durée : 1h15 par épisode
Année : 2013
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Répondant à l’appel du président Roosevelt, les huit grands studios d’Hollywood mettent leurs ressources et leurs talents au service de l’effort de guerre. Films de fiction, documentaires, dessins animés : des milliers de films sont produits, destinés au grand public ou aux différentes unités de l’armée.
Tous servent un objectif bien précis : motiver l’engagement de nouvelles recrues, aider à la formation des troupes ou à l’organisation du front intérieur, informer l’opinion de la progression du conflit, dénoncer l’idéologie nazie, identifier les alliés de l’Amérique, exacerber le sentiment patriotique…
Fiche : IMDb 1Télérama 1IMDb 2Télérama 2Michel Viotte

Partage proposé par :
• Dailymotion Streaming FR 1Streaming FR 2
• Zone Telechargement DVD FR (Film rare)

Lire aussi :
Michel VIOTTE, La guerre d’Hollywood 1939-1945 – Propagande, patriotisme et cinéma, La Martinière, 2013 [La Cliothèque].
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma PAYS, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Une brève histoire de la propagande


 

La propagande moderne est un effort persistant de création ou de présentation d’événements dans le but d’influencer la relation du public à une entreprise, une idée ou un groupe
Edward BERNAYS, Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, 1928, La Découverte, 2007 – Lux, 2008 [Là-bas si j’y suisZonesTexte en ligne]

La Première Guerre mondiale a été le creuset de tout l’appareil de communication/propagande moderne. En France, en Grande-Bretagne, les axes de la propagande se rejoignent sur une utilisation parallèle d’affiches encourageant au travail patriotique et au soutien de l’effort de guerre, ainsi que de diabolisations similaires de l’ennemi. Mais aux USA, des paramètres différents amèneront le gouvernement à coordonner une opération de propagande d’envergure inédite. Son grand ordonnateur en sera encore un journaliste, George Creel.

Jusqu’en 1917, la population des USA ne manifeste aucun enthousiasme envers cette guerre qu’elle ne considère pas comme la sienne. De plus, la neutralité rapporte bien assez : l’économie des USA a décollé grâce à la vente de produits alimentaires, de coton et de matériel de guerre aux alliés. Mais les événements finiront par forcer la main du président Woodrow Wilson et le 4 avril 1917, les USA déclarent la guerre à l’Allemagne. Reste à convaincre l’opinion publique, qui reste très majoritairement réticente à envoyer ses hommes sur des fronts étrangers.

Le journaliste d’investigation et politicien George Creel sera chargé de créer et de piloter un appareil de propagande de masse, le Committee on Public Information (CPI, également nommé Comité Creel). Creel utilisera tous les recours possibles de l’époque : dessinateurs, photographes, journalistes, publicitaires, chansonniers, stars du muet, conférenciers et une armada de 75 000 hommes et femmes propagandistes de terrain, les dénommés « Four-minute men », qui sillonneront le pays pour haranguer les foules dans les églises, les cinémas entre deux séances, les réunions de loges maçonniques, les salles syndicales, les synagogues, les cours de catéchisme, jusqu’aux camps de bûcherons et aux réserves indiennes [Charlie Chaplin participa activement à cette campagne]. Creel fera en outre composer des chansons patriotiques et organisera des tournées de conférences de héros de guerre français et britanniques.
L’opération, un immense succès, fait basculer la population américaine de l’indifférence à la fièvre militariste en quelques mois.

Les techniques de propagande inventées par le Comité Creel, reprises, développées et perfectionnées au cours des décennies suivantes dans l’ensemble du monde occidental, fonderont le business de la fabrication du consentement qui s’installera dans la vie quotidienne des sociétés occidentales après la guerre.

Lire la suite… Entelekheia.

Lire aussi : Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.

La censure programmée par Google – Facebook – Twitter


 

06/12/2016, Twitter bloque, Facebook censure, Google contrôle : les géants du Net montrent un autre visage, Atlantico.

Après l’élection de Trump, récemment, Mark Zuckerberg a évoqué la possibilité de censurer les sites de « Fake News ». Cette annonce amène une toute autre vision des nouveaux médias et dévoile les objectifs des géants du Web. Avec le verrouillage des comptes (généralement ceux qui s’opposent au « politiquement correct » de la gauche libérale), les questions se multiplient : Comment ça ? Est-ce possible ? Eh bien, oui, c’est possible et voici pourquoi.

28/07/2017, Un nouvel algorithme de Google limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche, WSWS.

Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

16/08/2017, Facebook installe un nouveau centre de censure en Allemagne, WSWS.

Mercredi 9 août, Facebook a annoncé vouloir ouvrir un nouveau centre de contrôle à Essen qui emploiera 500 collaborateurs. En conséquence, le nombre de travailleurs chargés de censurer et de filtrer les contenus en Allemagne va quasiment doubler. La société ne dispose jusqu’à présent que d’un seul centre de ce genre à Berlin.

22/08/2017, Quand Twitter devient une machine à censurer, Play RTS.

Plusieurs cas de censure abusive ont été recensés ces derniers temps sur Twitter. Les algorithmes du réseau social pourraient être responsables. Interview de Nicolas Hénin, expert sur le terrorisme, victime d’un cas de censure abusive.

Lire aussi :
Les GAFAM contre l’internet, Monde en Question.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.

Les GAFAM contre l’internet


Bibliographie medias

 

Dans notre univers économique globalisé et dérégulé, quelques startups autrefois sympathiques ont donné naissance à des multinationales oligopolistiques qui régissent le coeur informationnel de nos sociétés : les GAFAM. Sous le prisme de l’économie politique, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ne sont pas examinés comme des réussites exceptionnelles mais comme les produits emblématiques d’un ordre néolibéral qu’ils contribuent eux-mêmes à forger, et qui s’inscrit résolument contre le projet originel de l’internet.

Le livre décrit précisément le déroulement du processus de marchandisation qui a permis aux logiques financières de pénétrer le champ de l’informatique connectée, conçue initialement comme un bien public au service de l’émancipation collective. Il propose une synthèse claire et accessible des stratégies sophistiquées des GAFAM pour éviter l’impôt, capter la valeur produite en ligne par les utilisateurs et exploiter les données récoltées Ainsi, pour penser l’avenir de l’internet, il invite à s’interroger sur la place que nous voulons donner, dans la société future, au travail, aux inégalités sociales et économiques et, en dernier ressort, à la démocratie.

Nikos SMYRNAIOS, Les GAFAM contre l’internet – Une économie politique du numérique, INA, 2017 [Ina Global].

Lire aussi :
Nikos SMYRNAIOS, Site persoCRICISUniversity of Toulouse – Academia.edu.
Nikos SMYRNAIOS, Publications Cairn Publications Ina Global.
Nikos SMYRNAIOS, L’effet GAFAM : stratégies et logiques de l’oligopole de l’internet, Communication & langages nº188 [Academia.eduTexte en ligne].
Basées aux États-Unis mais mondialisées de par leurs activités, fortement financiarisées et porteuses de l' »idéologie californienne », ces multinationales que sont Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft constituent un oligopole qui domine l’internet mondial. L’article explique comment les GAFAM s’appuient sur l’hégémonie néolibérale et l’évolution globale de l’économie (convergence technologique, financiarisation, dérégulation mondialisée) pour étendre leur emprise sur l’internet et dégager une rentabilité exceptionnelle, au détriment de l’intérêt général. Par la suite il analyse les stratégies d’intégration de ces sociétés qui opèrent à la fois une concentration verticale et horizontale afin de contrôler la totalité de l’infrastructure matérielle et logicielle nécessaire à l’acheminement de contenus et de services vers les internautes.
Les GAFAM et les NATU, nouveaux maîtres du monde de l’économie numérique ?, Econum.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.

Les mots qui transforment le réel



camps de concentration vs camps d’internement

 

La presse comme les cartes postales de l’époque parlent clairement de camps de concentration ouverts pour tous les indésirables, dont les réfugiés espagnols que le gouvernement français du socialiste Léon Blum n’avait pas aidés dans leur lutte contre Franco.

Aujourd’hui, les camps de concentration français sont renommés camps d’internement – expression politiquement correcte. Ce procédé langagier, hérité de Joseph Goebbels, permet de transformer rétrospectivement la réalité et de reconstruire l’histoire pour minimiser la responsabilité des autorités françaises.

Naturellement, Wikipédia participe à cette falsification en prétendant que « il convient de distinguer camp de concentration, camp d’internement et camp d’extermination ». Sous l’influence du lobby sioniste, l’usage de l’expression camp de concentration est désormais réservée aux camps nazis.

Mais les faits sont têtus. Les articles et cartes postales de l’époque comme les témoignages, publiés après la guerre, permettent de les rétablir.

10/04/2017
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Lisa FITTKO, Léa MARCOU, Le chemin des Pyrénées – Souvenirs 1940-41, Maren Sell & Cie, 1987 [France Culture].
R. GRANDO, J. QUERALT, X. FEBRÉS, Vous avez la mémoire courte… – 1939, 500000 républicains venus du Sud, indésirables en Roussillon, Chiendent, 1981 [Camps de la honte].
Henri-François IMBERT, No pasarán, album souvenir – Cartes postales [Ce texte est une retranscription littérale de la narration du film No pasarán, album souvenir du même auteur], Multitudes.
Émile VALLÈS, Itinéraires d’internés du camp de Gurs – 1939-1945, Cairn, 2016.
Camp de Gurs « camp de concentration pour miliciens espagnols », Histoire pénitentiaire et Justice militaire – [camp de réfugiés], Wikipédia.
Musique dans les Camps d’Internement en France, Claude Torres [bibliographie intéressante même si l’auteur a choisi l’expression négationniste « Camps d’internement »].
Dossier documentaire Révolution Espagne 1936-1939, Monde en Question.

Théorie du complot


 

Henry LAURENS, Les provinces arabes de l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle : L’expansion française et l’obsession des complots, Collège de France.

La théorie du complot, c’est d’abord une théorie inhérente au système coloniale européen [21’15].

Dans les premières décennies de la Troisième République, ce sont les Républicains [avec Jules Ferry héros de la gauche] qui font l’expansion coloniale et la droite monarchiste conservatrice est hostile à cette expansion coloniale [32’37].

Lire aussi :
Dossier documentaire 11 septembre 2001, Monde en Question.
Dossier documentaire Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.