Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives de Catégorie: Medias dominants

La censure programmée par Google – Facebook – Twitter


 

06/12/2016, Twitter bloque, Facebook censure, Google contrôle : les géants du Net montrent un autre visage, Atlantico.

Après l’élection de Trump, récemment, Mark Zuckerberg a évoqué la possibilité de censurer les sites de « Fake News ». Cette annonce amène une toute autre vision des nouveaux médias et dévoile les objectifs des géants du Web. Avec le verrouillage des comptes (généralement ceux qui s’opposent au « politiquement correct » de la gauche libérale), les questions se multiplient : Comment ça ? Est-ce possible ? Eh bien, oui, c’est possible et voici pourquoi.

28/07/2017, Un nouvel algorithme de Google limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche, WSWS.

Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

16/08/2017, Facebook installe un nouveau centre de censure en Allemagne, WSWS.

Mercredi 9 août, Facebook a annoncé vouloir ouvrir un nouveau centre de contrôle à Essen qui emploiera 500 collaborateurs. En conséquence, le nombre de travailleurs chargés de censurer et de filtrer les contenus en Allemagne va quasiment doubler. La société ne dispose jusqu’à présent que d’un seul centre de ce genre à Berlin.

22/08/2017, Quand Twitter devient une machine à censurer, Play RTS.

Plusieurs cas de censure abusive ont été recensés ces derniers temps sur Twitter. Les algorithmes du réseau social pourraient être responsables. Interview de Nicolas Hénin, expert sur le terrorisme, victime d’un cas de censure abusive.

Lire aussi :
Les GAFAM contre l’internet, Monde en Question.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.

Publicités

Les GAFAM contre l’internet


Bibliographie medias

 

Dans notre univers économique globalisé et dérégulé, quelques startups autrefois sympathiques ont donné naissance à des multinationales oligopolistiques qui régissent le coeur informationnel de nos sociétés : les GAFAM. Sous le prisme de l’économie politique, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ne sont pas examinés comme des réussites exceptionnelles mais comme les produits emblématiques d’un ordre néolibéral qu’ils contribuent eux-mêmes à forger, et qui s’inscrit résolument contre le projet originel de l’internet.

Le livre décrit précisément le déroulement du processus de marchandisation qui a permis aux logiques financières de pénétrer le champ de l’informatique connectée, conçue initialement comme un bien public au service de l’émancipation collective. Il propose une synthèse claire et accessible des stratégies sophistiquées des GAFAM pour éviter l’impôt, capter la valeur produite en ligne par les utilisateurs et exploiter les données récoltées Ainsi, pour penser l’avenir de l’internet, il invite à s’interroger sur la place que nous voulons donner, dans la société future, au travail, aux inégalités sociales et économiques et, en dernier ressort, à la démocratie.

Nikos SMYRNAIOS, Les GAFAM contre l’internet – Une économie politique du numérique, INA, 2017 [Ina Global].

Lire aussi :
Nikos SMYRNAIOS, Site persoCRICISUniversity of Toulouse – Academia.edu.
Nikos SMYRNAIOS, Publications Cairn Publications Ina Global.
Nikos SMYRNAIOS, L’effet GAFAM : stratégies et logiques de l’oligopole de l’internet, Communication & langages nº188 [Academia.eduTexte en ligne].
Basées aux États-Unis mais mondialisées de par leurs activités, fortement financiarisées et porteuses de l' »idéologie californienne », ces multinationales que sont Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft constituent un oligopole qui domine l’internet mondial. L’article explique comment les GAFAM s’appuient sur l’hégémonie néolibérale et l’évolution globale de l’économie (convergence technologique, financiarisation, dérégulation mondialisée) pour étendre leur emprise sur l’internet et dégager une rentabilité exceptionnelle, au détriment de l’intérêt général. Par la suite il analyse les stratégies d’intégration de ces sociétés qui opèrent à la fois une concentration verticale et horizontale afin de contrôler la totalité de l’infrastructure matérielle et logicielle nécessaire à l’acheminement de contenus et de services vers les internautes.
Les GAFAM et les NATU, nouveaux maîtres du monde de l’économie numérique ?, Econum.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.

Le peuple silencieux et absent !


 

Cette image et le titre qui l’accompagne en dit long sur le peuple chéri par les médias dominants : un peuple silencieux et absent !

16/01/2016
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

« Il faut repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie »


 

Lundi 12 janvier 2015. France 2, journal de 13h. Nathalie Saint-Cricq, responsable, depuis juin 2012, du service politique de la chaîne, est interrogée par Elise Lucet sur la marche républicaine qui a eu lieu la veille un peu partout en France et sur ses conséquences.

Elise Lucet : On parle beaucoup depuis quelques jours, Nathalie, d’unité nationale mais attention toute la France n’était pas dans la rue hier.

Nathalie Saint-Cricq : Ah non Elise faut pas faire preuve d’angélisme. C’est justement ceux qui ne sont pas « Charlie » qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui « balancent » sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale.

Source : Mediapart


La Charlie-gestapo va avoir du boulot !

 

À une question rappelant que « certains musulmans se sentent blessés ou agressés par la publication de caricatures du prophète Mahomet », 57% répondent qu’il faut « ne pas tenir compte de ces réactions et continuer de publier ce type de caricatures » contre 42% qui pensent qu’il « faut tenir compte de ces réactions et éviter de publier ce type de caricatures » (1% sans opinion).

En revanche, 57% ne sont pas favorables à « d’autres interventions militaires françaises en Syrie, au Yémen ou en Libye », et 63% ne sont pas non plus pour « une intensification des opérations militaires françaises en Irak ».

Source : Le Parisien

Lire aussi :
A la recherche des «  je ne suis pas Charlie »  ?, Bondy Blog.
J’entends la chef du service politique de France 2 dire, devant des millions de Français : « Ceux qui ne sont pas Charlie, il faut les repérer et les traiter. » J’entends les plus grands journaux français envoyer des reporters partout en banlieue, pour aller voir ces jeunes qui ont dit ne pas être Charlie, qui ont dit, à leur manière, qu’ils ne se retrouvaient pas dans l’indignation collective. J’entends Eric Ciotti, un député UMP, appeler à « supprimer les allocations familiales » pour les parents des enfants qui n’ont pas respecté la minute de silence.
J’entends tout cela, et je repense, inlassablement, au discours de George W. Bush après les évènements du 11 septembre 2001. Le président américain y appelait à une « guerre contre le terrorisme », en assénant au peuple américain : « Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. » Aujourd’hui, le message est limpide, sensiblement identique. Aujourd’hui, ce que l’on nous dit, c’est : « Soit vous êtes Charlie, soit vous êtes contre nous. »

Elise Lucet et les bagagistes de Roissy :

Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.

Charlie – Charlo, la confusion


 

Plusieurs médias français et étrangers se sont plantés en attribuant à Charlie Hebdo la « une » d’un numéro de Charlo Hebdo.

Cette couverture de Charlo Hebdo, sous-titrée « Shoah Hebdo », était une parodie du numéro de Charlie Hebdo sous-titré « Charia Hebdo ».

Le Berliner Zeitung, voulant démontrer que Charlie Hebdo s’attaque à toutes les religions, a mis côte à côte trois « une » dont celle de Charlo Hebdo.

Source : Le Huffington Post.

Charlie, chien de garde


 

La liberté d’expression en temps de crise – Lignes directrices, Conseil de l’Europe, 2008.

p.20
L’article 10 indique que l’exercice, par quiconque, du droit à la liberté d’expression comporte « des devoirs et des responsabilités ». […] Plus la portée médiatique est importante, plus l’exigence de responsabilité au regard du propos concerné est grande.

La nécessité d’exercer le droit à la liberté d’expression de manière responsable est d’autant plus importante en temps de crise. Dans les situations de crise, les journalistes doivent être particulièrement attentifs à ne pas s’exprimer d’une manière susceptible d’être interprétée comme une incitation à la violence, à la haine raciale ou religieuse, ou encore à troubler l’ordre public.

p.21
Même si chacun bénéficie du droit énoncé à l’article 10, la Cour a souligné à maintes reprises que les médias jouaient un rôle spécial dans la démocratie. Ils ont le devoir de communiquer, dans le respect de leurs devoirs et de leurs responsabilités, des informations et des idées sur toutes les questions d’intérêt public. En d’autres mots, ils jouent le rôle de « chien de garde » pour le public.

p.27
[…] en vertu de l’article 10 s’applique dès lors que des journalistes courent un danger dans le cadre de leur activité professionnelle. L’Etat doit alors essayer de les protéger afin qu’ils puissent remplir leur rôle de « chien de garde » et tenir le public informé de toutes les questions d’intérêt général.

p.31
Le paragraphe 23 vise à faire ressortir l’importance, en temps de crise, du rôle de « chien de garde » des médias et de leur devoir d’agir de manière responsable.

Wikipédia, une guerre d’édition


 

Pour que lecteur comprenne la nature de la guerre picrocholine d’édition du synopsis du film Compliance sur Wikipédia, plus chronophage qu’efficace, j’en fais un résumé à partir des discussions dispersées sur plusieurs pages.

Historique

Le 21 septembre 2012 à 08:43, Patrick Rogel a créé la page avec ce synopsis‎ :

Sandra (Ann Dowd), la directrice d’un fast-food, reçoit le coup de fil d’un soi-disant policier l’informant qu’une de ses employées a commis un vol. Le pseudo-policier la convainc d’interroger l’innocente…

Le 7 octobre 2012 à 10:35, Jean-Louis Lascoux a modifié substantiellement le synopsis :

Sandra (Ann Dowd), la directrice d’un fast-food, reçoit le coup de fil d’un soi-disant policier l’informant qu’une de ses employées a commis un vol. Le pseudo-policier la convainc de conduire l’interrogatoire en attendant l’intervention de ses collègues. Tout se passe par téléphone. Passant d’un interlocuteurs à l’autre, le combiné est l’instrument qui permet au faux policier de s’imiscer dans l’intimité de chaque protagoniste, jusqu’à conduire au viol de la jeune femme accusée à tort.
Personne, en premier Patrick Rogel, ne lui a demandé de prouver que le film montrait une scène de viol.

Le 8 février 2013 à 14:40, j’ai modifié un détail :

Sandra, la directrice d’un fast-food, reçoit le coup de fil d’un soi-disant policier l’informant qu’une de ses employées a commis un vol. Le pseudo-policier la convainc de conduire l’interrogatoire en attendant l’intervention de ses collègues. Tout se passe par téléphone. Passant d’un interlocuteur à l’autre, le combiné est l’instrument qui permet au faux policier de s’immiscer dans l’intimité de chaque protagoniste, jusqu’à conduire à une fellation imposée à la jeune femme accusée à tort.
Discussion :

  1. Pour la majorité des gens, le terme viol désigne la pénétration sexuelle d’une femme par un homme contre la volonté de cette dernière. Or, le film montre une fellation et non une pénétration.
    La définition du viol dans les dictionnaires a évolué en même temps que la législation :

    – Acte de violence par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre sa volonté.
    Petit Robert, 1978
    – Acte de violence par lequel une personne a des relations sexuelles avec une autre contre sa volonté.
    Petit Robert, 2002

  2. Le film ne montre pas une fellation imposée par son bénéficiaire, mais par un tiers qui manipule les deux protagonistes par téléphone. Tout le film repose sur le dispositif d’une manipulation à distance.

Le 8 février 2013 à 14:41, soit moins d’une minute plus tard,‎ Lepsyleon a révoqué la modification sans donner d’explication et sans respecter ses propres règles :

Depuis peu, j’utilise davantage LiveRC pour lutter contre les vandalismes sur tous les sujets, préférant, dans le doute, m’abstenir de « tirer à vue ».

Le 8 février 2013 à 15:08‎, j’ai rétabli la modification en donnant comme source la version anglaise de Wikipédia.
Le 8 février 2013 à 16:58‎, Patrick Rogel a annulé non seulement cette modification, sous le prétexte qu’elle serait anecdotique, mais il est revenu à la version du 5 octobre 2012 à 12:13 en la modifiant sans donner d’explication.

Plusieurs fronts

La discussion a eu lieu sur différentes pages :
Discussion Serge Lefort
Discussion Lepsyleon
Discussion Theoliane
Candidature Lepsyleon
Discussion Patrick Rogel

Pour résumer l’essentiel de ces bavardages qui partent dans tous les sens sans argumenter sur le fond, il ressort que la preuve que j’avais donnée n’est pas recevable parce que Wikipédia n’est pas une source ! Dont acte.
Comment prouver alors que le film ne montre pas une scène de viol, mais une fellation non imposée par son bénéficiaire ? Personne ne répond à cette question.

Analyse

J’ai décidé de laisser mes détracteurs campés seuls dans leurs tranchés car cette guerre d’édition n’a pas de sens. Elle révèle néanmoins le mode de fonctionnement de Wikipédia.

Tous les contributeurs obéissent aveuglément à des règles décidées par quelques-uns et votées par une poignée d’utilisateurs. Ainsi, certains ont invoqué au cours du débat un sondage qui fut adopté par 33 sur un total de 1 501 342 membres de la communauté soit 0,002% ! Le plus drôle est que l’interprétation de ce sondage est très variable ici et au point d’y perdre son latin.

Le recours aux règles est très largement utilisé pour verrouiller le débat et ne pas répondre sur le fond. Car il est difficile de justifier qu’un contributeur puisse introduire une information sans preuve mais qu’un autre doive prouver qu’elle est fausse. Une règle assez savoureuse est celle qui avoue que Wikipédia n’est pas une source. Ainsi, alors que l’édition française parlait d’un « viol », l’édition américaine évoquait « oral sex ». Mais on n’aurait pas le droit d’évoquer cette incohérence dans la discussion.

Il existe une règle, implicite celle-là, qui consiste à accepter une affirmation émise sans aucune preuve, mais d’exiger des preuves à celui qui ose la contester. C’est, avec le recours aux médias dominants comme preuve (« Le Monde constitue une référence solide »), une manière de procéder qui favorise l’expression servile du politiquement correct.

Vu la taille du travail, et vu le nombre très important d’actes de vandalisme, il est compréhensible que ce soit aux contributeurs de justifier de manière béton leurs contributions, et non les membres de la poignée de patrouilleurs.
Discussion Serge Lefort

S’ajoutent les réseaux informels pour évincer celui qui est perçu comme un intrus dans la course à la reconnaissance d’une pseudo-compétence encyclopédiste. Ceci est plus difficile à mettre en évidence car il faut aller fouiller dans la liste des contributions de chaque utilisateur pour mettre à jour les liens existant entre quelques-uns. Je publierai ultérieurement les résultats de l’étude en cours.

Le recours aux attaques personnelles est aussi largement utilisé pour polluer le débat. Ainsi Juanes852 écrit : « Vous vous prétendez universitaires » (sic). L’individu est retors car il ne s’excuse pas de la même manière dans l’espace discussion d’une page officielle et dans celui de la mienne :

Vous priant de m’excuser pour ce que vous considérez comme une attaque personnelle, je redoublerai d’attention pour que cela ne se reproduise plus. En effet, je dois améliorer mon orthographe.
Candidature Lepsyleon
Vous priant de m’excuser pour ce que vous considérez comme une attaque personnelle. En effet, je dois améliorer mon orthographe.
puis ajoute : P.S J’ai beau me relire, je ne trouve pas mes fautes d’orthographe.
Il a ensuite censuré son texte, mais je l’ai barré afin que son incise reste visible par tous. Et enfin, il a prétendu que j’avais détruit ses commentaires, mais sans naturellement le prouver.
Discussion Serge Lefort

Dans sa thèse Wikipedia, terrain de lutte ?, David Prothais décrit exactement le même fonctionnement pervers de Wikipédia, même s’il considère comme valide le discours officiel d’une « production de savoirs au sein d’un collectif autogéré ». En fait, le modèle de publication de Wikipédia encourage le conservatisme servile d’une pensée formatée par les médias dominants. Je publierai ultérieurement une analyse critique des articles ou mémoires qui traitent des conflits agitant la communauté Wikipédia comme celle des forums où le jeu n’est pas la révocation d’une contribution, mais le bannissement d’un membre.

26/02/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde
Mise au point publiée dans Wikipédia

Lire aussi : Dossier documentaire Wikipédia, Monde en Question.

Wikipédia, une bibliographie


 

Cette bibliographie, qui a pour ambition de donner une vision la plus complète possible de Wikipédia, fut construite principalement à partir d’une recherche sur les trois principaux portails de revues en sciences humaines et sociales (CairnPerséeRevues.org). Elle est déjà beaucoup plus conséquente que celle présente sur le site de Wikipédia, mais elle sera encore améliorée au fil de mes lectures.
J’ai délibérément ignoré les articles des médias dominants parce qu’ils ne constituent pas une référence solide.

Articles blogs

• 11/03/2004, Boris BEAUDE, L’encyclopédie collective, EspacesTemps.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• 13/12/2006, Qui écrit Wikipédia ?, Éduveille.
• 13/09/2008, Biographie manipulée, Books.
• 12/03/2009, Sous-entendus insidieux, Books.
• 24/04/2009, Pourquoi je quitte mon poste d’administrateur sur Wikipédia, Le dernier blog.
• 20/02/2010, « Wikipédia, où est ta démocratie ? », Books.
• 05/04/2010, Les étudiants et Wikipedia : à propos de l’étude de Head et Eisenberg, URFIST.
• 07/04/2010, Les étudiants et Wikipedia : à propos de l’étude de Head et Eisenberg (suite), URFIST.
• 09/04/2010, Les étudiants et Wikipedia : à propos de l’étude de Head et Eisenberg (suite et fin), URFIST.
• 09/08/2011, Wikipedia et son impact dans les publications scientifiques, Les carnets du SID.
• 14/09/2011, Wikipedia dans les articles de revues SHS françaises, Les carnets du SID.
• 22/01/2013, Participer à Wikipédia en tant que chercheur – enjeux et mode d’emploi, Ressources pour la thèse et au-delà.

Articles revues

2006
• 01/01/2006, Laure ENDRIZZI, Wikipédia : de la co-rédaction au co-développement de la communauté, Veille scientifique et technologique INRP – CNRS.
L’article Wikipédia : de la co-rédaction au co-développement de la communauté s’attache à mettre en perspective les résultats de quelques travaux susceptibles d’éclairer la dynamique de projet et le modèle de construction de l’espace social dans Wikipédia. Après l’examen de l’architecture complexe du wiki, nous nous interrogeons sur les modes opératoires de la coopération décentralisée et sur les indices temporels de la démarche qualitative. Enfin, nous nous intéressons aux profils des Wikipédiens et à l’articulation des mécanismes de publicisation et des pratiques réflexives dans le processus d’acculturation.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• mars 2006, Laure ENDRIZZI, L’édition de référence libre et collaborative : le cas de Wikipedia, Veille scientifique et technologique INRP – CNRS, 39 pages.
L’année 2005 a été particulièrement riche en débats et controverses sur l’encyclopédie libre Wikipedia. Alors que l’attention des médias grands publics et les réactions des traditionnels médiateurs du savoir restent le plus souvent mobilisées par des affaires de vandalisme et plus généralement par des problèmes de fiabilité et de qualité, les usages ne cessent de se développer. Le nombre total d’articles sur l’ensemble des versions est passé de 1 million 400.000 à 3 millions 400.000 en l’espace d’un an. Cette croissance exponentielle des contenus s’accompagne d’une augmentation forte de la fréquentation, plaçant l’encyclopédie parmi les 25 sites les plus visités au monde selon le baromètre Alexa avec un trafic très largement supérieur à celui d’autres sites de référence tels que Britannica par exemple.
Parallèlement, si les recherches sur les blogs et les logiciels sociaux bénéficient d’un certain attrait, la communauté scientifique ne s’intéresse encore guère aux wikis et très marginalement à Wikipedia. Les premières éditions des conférences Wikimania (août 2005) et Wikisym (octobre 2005) laissent à penser que les jalons sont posés pour analyser les enjeux et le fonctionnement de ce phénomène éditorial sans précédent. Par ailleurs, la mutualisation s’opère aussi au sein même du Wikimedia Research Network, association qui regroupe les chercheurs travaillant sur Wikipedia ou bien d’autres projets de la fondation Wikimedia (cf. bibliographie du WRN).
Nous nous attacherons dans cette synthèse à mettre en perspective les premières recherches sur Wikipedia avec les principales prises de position relayées par les médias traditionnels et l’internet.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• printemps 2006, Jean TILLINAC, Le web 2.0 ou l’avènement du client ouvrier, Quaderni nº60, 5 pages.
C’est par rapport à ce type de relations hiérarchisées et uniformisées que le web 2. 0 amène la rupture la plus importante, en s’orientant vers une utilisation de l’Internet centrée sur la mise en relation des individus, vers la création de réseaux sociaux et, surtout, vers la recherche des effets de réseaux qui sont au cœur des nouveaux modèles économiques.
• 06/06/2006, Vincent MABILLOT, Dispositifs wikis dans les systèmes de publication collective : contours d’une malléabilité éditoriale, Equipe de recherche de Lyon en sciences de l’information et de la communication – CNRS.
Cet article présente l’emergence des wikis comme dispositifs de publication collectifs. Il rappelle comment ils s’inscrivent dans une évolution des modèles de publications sur le web à partir des expériences éditoriales du web statique et du web dynamique. De ces deux grandes familles éditoriales, les caractéristiques des wikis sont précisées pour rendre compte de la singularité de ce système, notamment quant à la validation a posteriori des contributions contrairement au système de gestion de contenus (CMS) régulés a priori. La multiplication des wikis est rapprochée du succès de wikipédia dont on propose une analyse de la réussite. Leur utilisation des wikis par plusieurs webmasters, que nous avons interrogé, montre que ces systèmes sont utilisés pour assouplir les procédures de publications collectives à la fois sur l’adoption d’une posture éditoriale consensuelle inspirée marquée par une culture « du libre » et la persistance de formes d’utopie d’Internet basées sur la transparence. Sans présumé de la stabilisation des usages wikis, cet article interroge les procédures de publications et la recherche empirique des acteurs du web pour trouver des modèles alliant qualité formelle et légitimité des contenus en assouplissant au maximum les techniques éditoriales et en ajustant les schémas de validation.
• 01/09/2006, Lionel BARBE, Wikipedia et Agoravox : des nouveaux modèles éditoriaux ?, Communication et politique et Centre de recherche sur l’information spécialisée – CNRS.
Agoravox et Wikipedia se basent tous deux sur des modèles éditoriaux participatifs. Ne disposant pas de journalistes ou de rédacteurs professionnels, ces sites comptent uniquement sur l’investissement bénévole de citoyens pour les alimenter en contenu et créer une dynamique communautaire. Ils proposent des modes de publication et d’édition alternatifs, basés sur l’auto-production et l’auto-régulation. L’article propose d’étudier l’organisation de ces deux modèles éditoriaux émergents issus d’Internet. L’objectif est d’apporter des éléments d’analyse concernant leurs aspects novateurs et leurs évolutions possibles dans les prochaines années Le journalisme citoyen sur Internet peut-il se transformer en une tendance de fond ou n’est-il qu’un mouvement épidermique lié à l’apparition de nouveaux outils techniques ? Peut-on vraiment envisager la création de médias de masse autorégulés, ou producteurs et consommateurs d’information ne font qu’un ? Au delà des apparences, ces «nouveaux » médias sont-ils vraiment plus collaboratifs et moins hiérarchisés que les autres ? L’ouverture à tous de ces modèles éditoriaux leur a permis de connaître un développement rapide. Cependant, pour assurer la stabilité et la pertinence des informations publiées, il est nécessaire qu’une minorité active soit fortement impliquée dans la gestion des contenus et bénéficie de privilèges particuliers. C’est notamment dans la recherche d’un compromis difficile entre liberté de publication et pouvoirs de régulation que se joue la pérennisation de ces modèles éditoriaux participatifs.
• octobre 2006, Julien LEVREL, Wikipedia, un dispositif médiatique de publics participants, Réseaux nº138, 23 pages.
Wikipedia est devenu en l’espace de cinq années une ressource de plus en plus visible et mobilisée pour rechercher une information sur internet. Les mesures de son audience en font un des principaux médias basés sur des publics participants. Cet article retrace son émergence et son contexte historique, en situant ce dispositif médiatique dans l’écologie de l’internet participatif. Il aborde ensuite son caractère médiatique en exposant quelques données statistiques, ainsi que les principaux mécanismes de régulation (l’attribution de fonctionnalités techniques aux participants, la mise en œuvre de dispositifs de contrôle, et les règles et procédures appliquées à la coordination). Enfin, la mise à l’épreuve de ces mécanismes dans la construction d’articles est abordée, montrant le caractère incertain de leur inscription dans ce dispositif médiatique.

2007
• 31/01/2007, Laure ENDRIZZI, La communauté comme auteur et éditeur : l’exemple de Wikipédia, Veille scientifique et technologique INRP – CNRS.
L’ensemble des technologies dites 2.0 place l’usager au cœur de la création des contenus numériques tout en l’inscrivant dans une dynamique collective. Ces transformations remettent en cause le modèle éditorial traditionnel, sans offrir de représentations claires et stabilisées des modes de production et de validation qui sont à l’œuvre.
Avec l’exemple de Wikipédia, nous tenterons de comprendre les mécanismes de la régulation éditoriale, pour ensuite nous interroger sur les formes d’expertise sollicitées et les figures de l’auteur.
Nous verrons que les outils et dispositifs qui sous-tendent l’activité s’inscrivent dans un mouvement de maturité croissante et que l’environnement collaboratif favorise l’émulation des énergies créatrices personnelles en misant sur une action critique participante et sur une réflexivité explicite.
Les fonctions qui apparaissent sont significatives d’une tension croissante vers la « professionnalisation », associant diversification et spécialisation des contributions et laissant émerger des rôles somme toute relativement traditionnels.
Ces différents aspects ébauchent les contours d’un véritable modèle éditorial, faisant de Wikipédia, certes un projet collaboratif mais également une encyclopédie à part entière. Des résultats encore fragiles que de futures recherches permettront de confirmer ou d’infirmer.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• 13/03/2007, Benjamin GRASSINEAU, Wikipédia et le relativisme démocratique, Centre d’étude et de recherche en sociologie des organisations – CNRS.
Dans cet article, nous présentons la doctrine du relativisme démocratique, et montrons qu’elle est déjà implicitement en partie à l’œuvre dans des communautés virtuelles telles que Wikipédia.
• avril 2007, Céline POUDAT, Sylvain LOISEAU, Représentation et caractérisation lexicale des sciences dans Wikipédia, Revue française de linguistique appliquée Vol. XII, 15 pages.
Largement médiatisée, l’encyclopédie collaborative Wikipédia introduit de nouvelles pratiques d’écriture et de diffusion des connaissances scientifiques. Si son fonctionnement a été décrit du point de vue des connexions entre contributeurs et de sa dynamique temporelle, les propriétés de ses textes ont été beaucoup moins caractérisées. Dans cet article, nous proposons de décrire Wikipédia sur le plan linguistique de son contenu, en nous focalisant sur les sciences et leur représentation. L’étude est fondée sur un ensemble de corpus extraits à partir de l’arborescence des catégories de l’encyclopédie, et observés et contrastés sur les plans lexicaux général et épistémique.
• décembre 2007, Dominique COTTE , Marie DESPRÉS-LONNET, Communication et langages n°154, 10 pages.
Le passage de la plupart de nos écrits du papier au numérique a parfois été envisagé, de manière très restrictive, comme un simple changement de support, alors que c’est l’ensemble de la chaîne éditoriale qui est touchée par cette évolution. Nous voudrions, dans cet article, revenir sur les étapes antérieures et postérieures à la fabrication proprement dite d’un imprimé pour montrer en quoi celles-ci concourent à la naissance et à la reconnaissance de formes éditoriales spécifiques. Un retour sur l’évolution formelle du journal en ligne permet de montrer que, de la même manière, après une période de grande instabilité formelle, de nouvelles normes et marques éditoriales émergent aujourd’hui sur le web. Ces marques doivent tout à la fois aider le lecteur à reconnaître le type de texte auquel il est confronté et concourir à asseoir la légitimité éditoriale de ceux qui mettent ces textes en ligne.

2008
• janvier 2008, Pierre ASSOULINE, Y a-t-il un bon usage de Wikipédia ? Entretien, Le Débat nº148, 7 pages.
Le Débat. – Vous êtes un grand adepte de l’Internet, un militant même…Pierre Assouline. – Je suis croyant et pratiquant…Le Débat. – Et pourtant, vous êtes très critique à l’égard de Wikipédia, qui représente aux yeux de beaucoup le concentré de la nouvelle économie…
• janvier 2008, Paul SORIANO, Nous, le réseau, Médium nº14, 11 pages.
Wikipédia, dispositif technologique, culturel et social, ouvre une véritable terre de mission à la réflexion médiologique. En tant que dispositif de production et de diffusion de savoir. Et plus encore en tant que collectivité en réseau, à la fois ludique, productive et néanmoins rétive au commerce qui investit (dans) l’Internet social.
• janvier 2008, Christian VANDENDORPE, Le phénomène Wikipédia : une utopie en marche, Le Débat nº148, 13 pages.
Démarrée en janvier 2001, l’encyclopédie Wikipédia était riche six ans plus tard de quelque sept millions d’entrées1 rédigées en plus de deux cents langues, résultat de la collaboration de millions de bénévoles. Cette réussite, d’autant plus spectaculaire qu’elle défie les lois du marché, a bien évidemment suscité son lot de controverses et celles-ci refont surface avec une…
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• décembre 2008, Laure ENDRIZZI, Wikipédia : un nouveau modèle éditorial ?, Veille scientifique et technologique INRP – CNRS.
Wikipédia s’inscrit dans un paysage numérique aux contours improbables et interroge parce qu’elle reste rétive à l’analyse sur les plans éditorial, social et économique. Entre produit encyclopédique et projet collaboratif, elle dessine un modèle éditorial différent, qui va bien au-delà d’un ensemble stable et validé de connaissances liées. Tout d’abord, Wikipédia offre à observer un espace où la connaissance se construit en temps réel, où elle peut « concrètement » être appréhendée dans sa dynamique éminemment sociale. Ensuite, elle offre à penser sur les notions d’auteur, d’autorité et de crédibilité en écho à une culture libre en plein essor et sollicite l’exercice d’une action critique en résonance aux formes de participation citoyenne émergentes. Enfin, elle mise sur l’intelligence collective et s’inscrit dans un continuum numérique qui abolit les frontières entre lecteur et auteur, entre amateur et expert, et entre culture minoritaire et culture dominante du fait de son multilinguisme. Comprendre Wikipédia, c’est parvenir à cerner les points de rupture et de continuité avec l’édition traditionnelle, à identifier les dynamiques hybrides qu’elle met en oeuvre. C’est aussi appréhender son influence sur la production éditoriale d’aujourd’hui dans ses formes concurrentielles ou alternatives. C’est enfin s’interroger plus largement, avec Camille Roth [ROT 07], sur sa viabilité et sur les synergies complexes qui se créent entre les participants et les contenus au sein de l’espace wiki.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.

2009
• 2009, Nicolas AURAY, Martine HURAULT-PLANTET, Céline POUDAT, Bernard JACQUEMIN, La négociation des points de vue, Laboratoire Traitement et Communication de l’Information et Laboratoire d’Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l’Ingénieur – CNRS.
Le projet d’encyclopédie en ligne Wikipédia est un patchwork pragmatiste, assemblage de tous les points de vue singuliers sur un sujet donné, et devant reposer sur des règles de clarté et de communicabilité de l’énonciation publique. Son succès reflète une transformation de notre relation au savoir. Une cartographie sociale des conflits dans l’encyclopédie en ligne étudie ici les lieux de basculement de la discussion réglée vers la dispute, la querelle, le pugilat et la plainte pour faute morale ou trouble causé. L’article montre sur la base de traitements statistiques et d’enquêtes monographiques focalisées que l’encyclopédie Wikipédia est caractérisée par l’insolubilité de certains conflits par les procédures existantes. L’article cherche les facteurs explicatifs de cette rémanence du conflit à la concertation.
• 2009, Emmanuel RUZÉ, Traiter les archives de la Toile – Une histoire d’un système d’information dans une communauté, WordPress (2003-2008), Laboratoire Traitement et Communication de l’Information – CNRS.
En étudiant les archives numériques disponibles pour une communauté, on peut comprendre les formes de structuration qui ont été à l’origine de cette communauté et les questionnements auxquels les chercheurs peuvent être confrontés.
• 2009, Emmanuel RUZÉ, Formes de régulations et de gouvernance formelles des communautés en ligne – Ce que dit la littérature et ce qu’il faudrait savoir, Laboratoire Traitement et Communication de l’Information – CNRS.
Ce rapport de recherche est une synthèse de la littérature en sciences sociales abordant la question de la régulation formelle des communautés en ligne, en particulier celles des sites de réseaux sociaux, de partage de vidéos, de « fanfictions », les communautés open-source, open-media, les communautés de blogueurs, etc.
• janvier 2009, Aurélien MARTIN, Cathy PERRET, Les méthodes de recherche documentaire des étudiants de 1ère année de LLCE en début d’année, Université de Bourgogne, 21 pages.
Dans le cadre de l’évaluation du dispositif d’enseignement de la recherche documentaire à l’uB, le CIPE a réalisé une enquête auprès des étudiants de 1ère année des 4 filières de LLCE de l’uB. Celle-ci permet de mieux connaître les méthodes de recherche documentaire des étudiants en début d’année. Dans ce document, dans un premier temps, les définitions données par les étudiants concernant la recherche documentaire sont exposées, puis dans un deuxième temps, les déclarations de fréquentation des bibliothèques universitaires sont présentées. Dans un troisième temps, les raisons pour lesquelles les étudiants effectuent des recherches documentaires sont montrées. Le quatrième temps est consacré aux méthodes utilisées par les étudiants pour effectuer leurs recherches documentaires. En guise de synthèse, la partie finale retrace les différentes méthodes types adoptées par les étudiants concernant leurs recherches documentaires et les analyse au regard de leurs caractéristiques socio-démographiques et scolaires.
• avril 2009, Nicolas AURAY, La négociation des points de vue – Une cartographie sociale des conflits et des querelles dans le Wikipédia francophone, Réseaux nº54, 35 pages.
Le projet d’encyclopédie en ligne Wikipédia est un patchwork pragmatiste, assemblage de tous les points de vue singuliers sur un sujet donné, et devant reposer sur des règles de clarté et de communicabilité de l’énonciation publique. Son succès reflète une transformation de notre relation au savoir. Une cartographie sociale des conflits dans l’encyclopédie en ligne étudie ici les lieux de basculement de la discussion réglée vers la dispute, la querelle, le pugilat et la plainte pour faute morale ou trouble causé. L’article montre sur la base de traitements statistiques et d’enquêtes monographiques focalisées que l’encyclopédie Wikipédia est caractérisée par l’insolubilité de certains conflits par les procédures existantes. L’article cherche les facteurs explicatifs de cette rémanence du conflit à la concertation.
• avril 2009, Dominique CARDON, Julien LEVREL, La vigilance participative – Une interprétation de la gouvernance de Wikipédia, Réseaux nº54, 38 pages.
Cet article propose une interprétation du modèle de coordination et du système de gouvernance de Wikipédia en s’attachant aux formes de vigilance que les wikipédiens déploient pour surveiller et contrôler les autres contributeurs. Le système procédural d’auto-régulation de Wikipédia parvient à régler les conflits par la discussion, la médiation et la sanction en organisant une tension entre le contrôle local des énoncés et la sanction centrale de ceux qui contreviennent de façon répétée aux principes de l’encyclopédie. Les auteurs détaillent l’architecture d’arènes et de règles qui permet de résoudre les conflits d’édition sans contrevenir au principe d’une ouverture inconditionnelle du droit d’écriture et de surveillance à tous.
• août-septembre 2009, Jean-François DORTIER, Voyage au coeur de Wikipédia, Sciences humaines nº229.
Gratuite, rédigée librement et sans hiérarchie par un million d’anonymes, la fabrication de Wikipédia ressemble à une utopie qui marche. Quel est son secret de fabrication ?
• octobre 2009, Marc FOGLIA, Faut-il avoir peur de Wikipédia ?, Études Tome 410, 9 pages.
Wikipédia est une encyclopédie multilingue, disponible sur le Web et à laquelle tous les internautes peuvent contribuer. Cette liberté a pour corollaire un certain nombre de problèmes : l’absence de contrôle a priori, le risque de vandalisme, l’influence de groupes de pression.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• décembre 2009, Nicolas AURAY, Wikipedia – Les savoirs en mosaïque, Les Grands Dossiers nº17.
Contrairement à beaucoup d’autres projets, d’inspiration « démocratiste » ou « anarcho-libérale », où chaque voix s’autopublie, soliloque et dépose son commentaire, quitte à ce qu’ensuite on trie éventuellement la meilleure, Wikipedia ne laisse pas libre cours au subjectivisme du désir. A cet égard, il est intéressant de la comparer à d’autres projets « encyclopédiques » nés sur…

2010
• 2010, Gabriel GALLEZOT, Jean-Max NOYER, De la numérisation des revues à l’expérimentation d’une édition de recherche processuelle Information, Milieux, Médias, Médiations et Centre D’Etude et de Recherche Interdisciplinaire – CNRS.
Le présent texte questionne l’édition de recherche numérique comme mise en évidence et prise en charge du caractère processuel, instable de production des textes. Notre réflexion s’inscrit dans le mouvement qui conduit à développer des dispositifs et des outils collaboratifs d’édition, de filtrage, de repérage, d’agrégation pertinente, non seulement de documents, et de ressources, mais aussi de conservation partielle des traces du travail critique de (re)-lecture et de (re)-écriture. Ce mouvement s’est par exemple, popularisé à travers l’expérience de Wikipédia. Nous sommes à présent dans une phase d’extension et de différenciation de ces modèles.
• janvier 2010, Benjamin GRASSINEAU, Rationalité économique et gratuité sur Internet : le cas du projet Wikipédia, Revue du MAUSS nº35, 12 pages.
La gratuité est plurielle. Elle se manifeste à travers des pratiques et des représentations de la gratuité très diversifiées. Les changements sociaux provoqués par l’essor des NTIC, d’Internet et des projets qui en sont issus, comme Wikipédia, permettent de mettre à jour cette variété, et plus généralement, de mettre en évidence l’articulation entre les représentations de la gratuité et ses manifestations concrètes.
• avril 2010, Christian OLLIVIER, Ecriture collaborative en ligne : une approche interactionnelle de la production écrite pour des apprenants acteurs sociaux et motivés, Revue française de linguistique appliquée Vol. XV, 16 pages.
S’appuyant sur une expérience menée à l’Université de Salzbourg avec des étudiants de FLE invités à publier sur Wikipédia des articles portant sur leur ville ou village d’origine, cet article met en évidence les processus de collaboration qui se sont mis en place entre l’apprenant-auteur, les autres contributeurs/membres de la communauté Wikipédia et l’enseignant pour montrer qu’une véritable collaboration s’est établie qui répond largement aux critères définis notamment par Johnson et Johnson (1989). Nous soulignons également l’impact très positif qu’une tâche de la vie réelle réalisée au sein d’interactions sociales authentiques dépassant le cadre de la classe de langue a sur la motivation des étudiants. Sur la base de ces résultats encourageants, nous nous prononçons en faveur de la mise en œuvre d’une « approche interactionnelle » fondée sur des tâches de la vie réelle.
• 29/10/2010, Lionel BARBE, Wikipedia, un trouble-fête de l’édition électronique, Conservatoire National des Arts et Métiers – CNRS.
Wikipedia est devenue en quelques années un outil de diffusion d’informations scientifiques de premier plan, utilisé par élèves, professeurs et chercheurs (parmi ces derniers, un sur dix reconnaît y contribuer). Malgré un système d’édition relativement complexe, le  » wiki de la connaissance  » a gagné en popularité (15 millions d’articles, 270 langues, 100 000 contributeurs bénévoles). On en sait davantage sur son fonctionnement : son taux d’erreur factuel est relativement similaire à celui de l’encyclopédie payante Britannica ; les articles sont souvent rédigés par un petit nombre de contributeurs (5% des contributeurs sont à l’origine de 90% du contenu) ; une série d' » administrateurs  » jouent les pompiers ou les gendarmes, non sans s’attirer les foudres d’une partie des contributeurs ; dynamique communautaire et positionnement identitaire sont les deux motivations principales pour contribuer ; les sources scientifiques sont d’autant plus citées dans Wikipedia qu’elles le sont déjà dans le monde scientifique (le  » facteur d’impact  » est involontairement reproduit)… Comparée à ses concurrents, Citizendium et Knol, l’encyclopédie contributive se démarque par son développement insolent, mais l’éventualité d’une stabilisation du nombre d’articles (on assiste aujourd’hui à une sorte de plafonnement) laisse imaginer qu’à l’avenir les contributeurs se concentreront davantage sur la qualité des articles.

2011
• avril 2011, Arnaud GRAPPY, Brigitte GRAU, Validation du type de la réponse dans un système de questions réponses, Document numérique Vol. 14, 22 pages.
Les systèmes de questions réponses recherchent la réponse à une question posée en langue naturelle dans un ensemble de documents. Certaines questions attendent une réponse d’un certain type, explicité dans la question. La méthode présentée dans cet article vérifie que la réponse renvoyée correspond bien au type cherché. Pour cela elle suit une approche par apprentissage automatique en utilisant trois types de critères. Les premiers sont statistiques et fondés sur la fréquence d’apparition de la réponse avec le type dans un ensemble de documents. Les seconds relèvent de la reconnaissance des entités nommées et les derniers utilisent l’encyclopédie Wikipédia. L’évaluation globale, 80 % de résultats corrects, montre l’intérêt de la méthode.
• avril 2011, Emmanuel RUZÉ, Nouvelles des archives – Une approche quantitative des archives numériques d’un projet encyclopédique, Wikipédia, Entreprises et histoire nº63, 13 pages.
Nous présentons les archives numériques de Wikipédia, entre autres celles des listes de régulation des projets. Nous montrons qu’il existe paradoxalement des pratiques mémorielles au-delà des automatismes informatiques. Nous analysons ensuite la dynamique de la plus ancienne des listes, proposons une base de données utile issue de son dépouillement « manuel », et une approche comparatiste des différentes séries débouchant sur des éléments de périodisation du projet de ses origines de 2001 à 2009 inclus. Nous identifions des recherches à mener au-delà des quelques travaux à portée historique mentionnés.
• 11/06/2011, Emmanuel RUZÉ, Une approche quantitative des archives d’un projet numérique, Wikipedia (2001-2009), Laboratoire Traitement et Communication de l’Information – CNRS.
Nous présentons les archives numériques de Wikipédia, entre autres celles des listes de régulation des projets. Nous montrons qu’il existe paradoxalement des pratiques mémorielles au-delà des automatismes informatiques. Nous analysons ensuite la dynamique de la plus ancienne des listes, proposons une base de données utile issue de son dépouillement  » manuel « , et une approche comparatiste des différentes séries débouchant sur des éléments de périodisation du projet de ses origines de 2001 à 2009 inclus. Nous identifions des recherches à mener au-delà des quelques travaux à portée historique mentionnés.
• 12/10/2011, Bernard JACQUEMIN, Autorégulation de rapports sociaux et dispositif dans Wikipedia Centre de Recherche sur les Médiations – CNRS, 13 pages.
La nature collaborative de l’encyclopédie en ligne Wikipédia amène naturellement ses contributeurs à travailler avec d’autres et à confronter leurs idées et points de vue. Or ni les cinq principes fondateurs, ni le logiciel wiki utilisé comme support de l’encyclopédie ne déterminent un cadre à cette collaboration. Dans cet article, nous étudions les initiatives spontanées de la communauté des contributeurs pour favoriser la collaboration, les échanges sociaux et la résolution des conflits. Pour analyser ces démarches, nous exploitons la notion de dispositif, et en particulier le mode de mise en place d’une gouvernance dans un dispositif collaboratif. Nous remarquons une tension entre deux visions du pouvoir, l’une qui favorise la transgression moyennant une fécondité créatrice dans l’optique de l’objectif de Wikipédia, tandis que l’autre veille au strict respect du cadre du dispositif. Si la seconde position semble l’emporter, nous notons toutefois que le loyalisme est moins tangible qu’il n’y paraît.

2012
• 01/05/2012, Lionel BARBE, Mutations des frontières de la connaissance à l’heure du Web 2.0, Conservatoire National des Arts et Métiers – CNRS.
Depuis une dizaine d’années, des centaines des millions d’internautes ont donné naissance à des édifices informationnels novateurs. Ces dispositifs dits Web 2.0 constituent de nouveaux modèles éditoriaux. Ces changements,qui s’inscrivent dans la continuité de l’histoire des techniques et des usages, accélèrent considérablement les processus historiques en cours. Par la métaphore des frontières, cet article analyse les profondes mutations intervenues dans le domaine des savoirs : question de l’accès, enjeux de la mémoire collective, transformation de la nature des savoirs.
• 04/06/2012, Alexandre DENIE, Matthieu QUIGNARD, Dominique FRÉARD, Françoise DÉTIENNE, Michael BAKER, Flore BARCELLINI, Détection de conflits dans les communautés épistémiques en ligne, Divers – CNRS.
La présence de conflits dans les communautés épistémiques en ligne peut s’avérer bloquante pour l’activité de conception. Nous présentons une étude sur la détection automatique de conflit dans les discussions entre contributeurs Wikipedia qui s’appuie sur des traits de surface tels que la subjectivité ou la connotation des énoncés et évaluons deux règles de décision : l’une découle d’un modèle dialectique en exploitant localement la structure linéaire de la discussion, la subjectivité et la connotation ; l’autre, plus globale, ne s’appuie que sur la taille des fils et les marques de subjectivité au détriment des marques de connotation. Nous montrons que ces deux règles produisent des résultats similaires mais que la simplicité de la règle globale en fait une approche préférée dans la détection des conflits.
• 15/06/2012, Marin DACOS, Vers des médias numériques en sciences humaines et sociales, Centre pour l’édition électronique ouverte – CNRS.
Je propose l’idée selon laquelle la presse en ligne se comporte comme un prédateur du Web en général, et des sciences humaines et sociales (SHS) en particulier. Si les SHS veulent pleinement jouer leur rôle dans l’interprétation et la compréhension de notre société, elles ne peuvent pas se permettre de le faire seulement dans le confort et l’isolement des murs de l’université. Elles ont intérêt à se doter de leur propre force de projection des idées, c’est-à-dire de leur propre média, au sens noble du terme de passeur entre deux mondes. En effet, la naissance du Web et son développement prodigieux constituent une opportunité historique et crédible pour un tel projet. Par provocation, mais également par conviction, je considèrerai Wikipédia comme un exemple et comme un levier permettant l’émergence de véritables contre-propositions médiatiques de la part des SHS. Celles-ci doivent se doter d’une stratégie particulièrement efficace pour ne pas rester à l’état de déclarations d’intentions ou d’initiatives isolées. Elles devront notamment s’appuyer sur le principe du libre accès aux résultats de la recherche, dans la droite ligne des déclarations de Budapest et de Berlin. En s’orientant ainsi résolument vers le public, elles ne renonceront pas à leur dimension scientifique, et même elles profiteront, par effet de levier, de perspectives méthodologiques nouvelles. L’ensemble de ces développements constitue une branche très riche des humanités numériques, ou Digital Humanities, qui sont dotées de leurs organisations, de leurs rencontres et de leur Manifeste.
• 09/07/2012, Rémi MATHIS, Wikipédia et les bibliothèques : dix ans après, Wikimédia France.
Etat des lieux sur les rapports entre les bibliothèques et Wikipédia en 2012.
• 13/07/2012, Emmanuel RUZÉ, Quelle gouvernance des taches humbles dans le contexte des communautés open-source ? Le cas du wiki de la communauté WordPress, Laboratoire Traitement et Communication de l’Information – CNRS.
La documentation d’un projet open-source est un usage originel et répandu des wikis cependant négligé par la littérature. Nous étudions ici la structure de management d’une partie localisée, ancillaire d’un projet open-source connu, WordPress ; il fait usage d’un wiki pour gérer son savoir technique. Le management se fait sur une liste de discussions : il n’est pas observé qu’un tel processus structuré nécessaire à la viabilité du projet se soit concrétisé de façon notable sur les parties du wiki prévues pour la discussion. Nous proposons pour cela une approche quantitative (économétrie et analyse de réseau) qui complètent des intuitions qualitatives initiales et des travaux qualitatifs publiés ailleurs. Nous montrons dans cette étude de cas l’existence de propriétés structurelles marquées caractéristiques des systèmes dynamiques en économie cognitive. La compréhension d’un tel processus permet de montrer qu’il existe des formes d’auto-organisation se caractérisant par des régularités significatives. Cette contribution montre les particularités du processus de coordination ; celles-ci, nécessaires à la viabilité du projet, n’auraient pu se faire sur le wiki, paradoxalement, et nombre de projets pourraient se trouver dans ce cas de figure. L’étude d’un tel processus permet d’aller au-delà de la description de ce qu’on appelle parfois « structure en oignon ».
• 24/07/2012, Rémi BACHELET, Alexandre MOATTI, Wikipédia, un projet hors normes ?, Laboratoire de Modélisation et de Management des Organisations et Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies – CNRS.
Wikipédia et l’ISO représentent toutes deux une cristallisation du savoir. que ce soit savoir-faire (ISO) ou savoir encyclopédique (Wikipédia). Toutes deux sont fondés sur la recherche de consensus et la collaboration sous forme de textes écrits. Dès le départ Wikipédia a adopté des règles, avec ses cinq principes fondateurs. La montée en puissance a conduit au développement d’un espace méta (ex. page de discussion) dont le fonctionnement a nécessité une codification.
• 19/09/2012, Rémi MATHIS, Wikipédia – Une somme originale de copies, Wikimédia France.
Comment Wikipédia peut être le reflet du savoir d’une époque en rejetant la copie. La question de la copie vis-à-vis de Wikipédia est abordée à trois niveaux : 1/Wikipédia est une synthèse de la connaissance mais sa licence l’oblige à être foncièrement originale 2/Wikipédia comme copie des encyclopédies ou nouveau modèle 3/Wikipédia, source de textes prêts à être recopiés.

Mémoires & Thèses

• Carlo ABI CHAHINE, Indexation et recherche conceptuelles de documents pédagogiques guidées par la structure de Wikipédia, Thèse – INSA de Rouen, 2011, 173 pages.
Cette thèse propose un système d’aide à l’indexation et à la recherche de documents pédagogiques fondé sur l’utilisation de Wikipédia.l’outil d’aide à l’indexation permet de seconder les documentalistes dans la validation, le filtrage et la sélection des thématiques, des concepts et des mots-clés issus de l’extraction automatique d’un document. En effectuant une analyse des données textuelles d’un document, nous proposons au documentaliste une liste de descripteurs permettant de représenter et discriminer le document. Le travail du documentaliste se limite alors à une lecture rapide du document et à la sélection et suppression des descripteurs suggérés par le système pour rendre l’indexation homogène, discriminante et exhaustive. Pour cela nous utilisons Wikipédia comme base de connaissances. Le modèle utilisé pour l’extraction des descripteurs permet également de faire de la recherche d’information sur un corpus de document déjà indexé.
• Sylvain FIRER-BLAESS, Wikipedia : le refus du pouvoir – Fondements idéologiques, structures d’organisation, analyse du discours dans le projet d’encyclopédie libre et collaborative, Mémoire – Sciences Po Lyon, 2007, 122 pages.
La structuration de ce mémoire révèle un champ très vaste : la première partie s’attache à faire des comparaisons entre l’idéologie de Wikipédia et les théories anarchistes , la seconde tente d’expliquer l’organisation de Wikipédia, et notamment sa structure de surveillance où j’utiliserai des notions de Michel Foucault. Enfin la troisième partie [porte] sur l’analyse du discours.
Commentaires : Auteur beaucoup cité par Wikipédia.
• Benjamin GRASSINEAU, La dynamique des réseaux coopératifs – L’exemple des logiciels libres et du projet d’encyclopédie libre et ouverte Wikipédia, Thèse – Université Paris Dauphine – Paris IX, 2009, 439 pages plus 54 pages d’annexes.
Les pratiques organisationnelles et sociales non-marchandes et non-hiérarchiques liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication suscitent aujourd’hui de nombreuses réactions et controverses. Certains acteurs et chercheurs en contestent l’existence, d’autres affirment qu’il s’agit d’un phénomène minoritaire ou non durable, d’autres enfin, les cantonnent à la sphère virtuelle. S’inscrivant dans ces débats, ce travail analyse les différentes approches théoriques qui les sous-tendent, et les confronte à une observation empirique du réseau coopératif des logiciels libres et du projet d’encyclopédie libre et ouverte Wikipédia, en les replaçant dans le contexte idéologique propre à l’activité informatique. En développant un cadre conceptuel adéquat pour l’étude de ces entités sociales qui s’appuie sur l’interactionnisme symbolique et la sociologie critique d’Ivan Illich, cette réflexion dévoile la spécificité organisationnelle, économique et sociale de ces nouvelles pratiques, et expose ce qui a favorisé leur développement et leur croissance au cours de ces trois dernières décennies. L’accent est tout particulièrement mis sur l’intégration des facteurs culturels et sur la compréhension des mécanismes qui favorisent l’essor et l’expansion de ces nouvelles pratiques dans d’autres activités. Au final, cette réflexion rejoint un des questionnements fondamentaux de la société contemporaine, à savoir, celui posé par le développement de l’économie non-marchande et non-hiérarchique et par la déprofessionnalisation des activités immatérielles.
• David PROTHAIS, Wikipedia, terrain de lutte ? Régulation et processus de légitimation des savoirs au sein d’un collectif autogéré, Mémoire – Sciences Po Lyon, 2007, 280 pages dont 70 d’annexes.
Ce sujet a l’avantage de combiner deux préoccupations : celle de mener un travail sur un terrain nouveau et assez original, l’étude de la littérature ne faisant état d’aucun travail en science politique sur ce terrain ; celle d’être à l’interface entre deux disciplines, la science politique et l’informatique. En m’inscrivant dans la première, je suis amené à privilégier les méthodes des sciences sociales, à procéder à un travail de distanciation par rapport à l’objet, et enfin à resituer ma démarche dans le cadre d’une interrogation plus générale sur les relations de pouvoir. En m’intéressant à un objet de la seconde, je me retrouve à interroger les principes méthodologiques qui me permettraient de l’analyser et à évaluer si il peut nous renseigner sur les rapports entretenus au sein du monde social et leurs évolutions. Ce travail, que l’on peut qualifier d’exploratoire, cherche ainsi à saisir à la fois ce que Wikipédia peut nous apprendre sur la réalisation de formes d’accord, et comment on peut pratiquer ce terrain pour qu’il nous le révèle; en d’autres termes, il s’agit d’une double interrogation théorique et méthodologique, à partir d’un terrain original que nous allons en premier lieu vous présenter.
• Kien QUACH TAT, Recherche d’information sur le web (RIW) et moteurs de recherche : le cas des lycéens, Thèse – École normale supérieure de Cachan, 2012, 278 pages dont 49 d’annexes.
Dans le cadre scolaire, la recherche d’information sur le web (RIW) assistée par les moteurs de recherche joue un rôle croissant dans l’enseignement et l’apprentissage. Mais si les lycéens effectuent beaucoup de RIW, peu d’études leur sont consacrées : on ne sait pas comment ils conduisent les RIW et quelles démarches ils suivent. La RIW est variée en fonction du contexte de recherche ainsi que de la situation rencontrée dans le processus même de recherche. Deux épreuves avec plusieurs tâches de recherche définies par le chercheur ont été passées avec 79 lycéens vietnamiens. Si elles ne rendent compte que partiellement des RIW des lycéens, elles permettent d’enregistrer les démarches utilisées, faisant l’hypothèse que les démarches mises en œuvre ont une certaine stabilité.En essayant de simplifier la RIW des participants, un schéma général de RIW est conçu avec cinq actions élémentaires de recherche identifiées : lecture de tâche, formulation de requêtes, consultation de page de résultats, lecture de page web et notation de réponses. Ce schéma permet de visualiser des caractéristiques de RIW des participants : les moteurs sont l’outil principal ; la recherche utilise davantage la formulation de requêtes que la navigation web ; les pages de résultats sont le centre de la recherche ; la navigation web s’effectue à partir des pages de résultats et est plutôt en largeur d’abord, selon le modèle  » Hub and spoke « .En nous centrant sur les requêtes, quatre démarches élémentaires de RIW sont reconnues : top-down, bottom-up, spécifique et générale. Les participants ont tendance à utiliser une démarche élémentaire spécifique pour une tâche fermée ; une démarche élémentaire générale pour une tâche ouverte. Quand la tâche est difficile, les participants ont tendance à changer plus souvent leurs démarches élémentaires au cours de recherche et utiliser plus de processus, d’outils et plus de techniques de recherche.Pendant une période de deux ans entre deux épreuves, nous constatons des changements de comportements des lycéens vietnamiens : augmentation de la croyance dans la fiabilité de Wikipédia, de l’utilisation de Wikipédia comme un outil de recherche, de l’utilisation des options de traduction de Google et de requêtes en anglais ; la diminution de l’utilisation des guillemets, des opérateurs booléens dans l’écriture de requêtes.
• Lionel SCHEEPMANS, Monographie ethnographique de la communauté des contributeurs actifs sur l’espace francophone de Wikipédia, Mémoire – Université catholique de Louvain, 2011, 135 pages dont 10 d’annexes.
Voici donc comment un étudiant en anthropologie en arrive à s' »embarquer » dans l’espace fr.Wikipédia pour participer à la vie communautaire des contributeurs de la plus grande encyclopédie en ligne, et observer comment, et peut-être pourquoi, des gens se rassemblent dans un espace en ligne pour créer et « Imaginer un monde dans lequel chaque personne pourrait partager librement l’ensemble des connaissances humaines », comme cela est écrit dans l’entête de la page d’accueil en français du site de la Fondation Wikimédia.
Commentaires : Contrairement à la règle, cette thèse pro domo écrite par un contributeur référencé, figure sur les pages Wikipédia et Wikiversité.

Livres

• Sébastien BLONDEEL, Wikipédia : comprendre et participer, Eyrolles, 2006, 152 pages.
Qui n’a entendu parler de Wikipédia, la plus vaste encyclopédie collaborative de l’Internet, la plus consultée, la plus riche et la plus rapidement mise à jour ! Qui ne connaît ce projet international auquel des experts de tous domaines participent ! Wikipédia en chiffres… Naissance en 2001. Plus de 3 millions d’articles en 2006. 120 langues actives. Un million d’articles en anglais. 350 000 en allemand. 230 000 en français. Ce livre explique : – comment l’explorer et dans quelles limites réutiliser son contenu, – comment évaluer la validité d’un article, – comment y participer, corriger un article ou en créer, – quels sont ses secrets de fonctionnement (financement, contexte politique…).
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• Collectif, La révolution Wikipédia – Les encyclopédies vont-elles mourir ?, Mille et une nuits, 2007, 144 pages.
Cinq étudiants de Sciences-Po ont mené, sous la direction de Pierre Assouline, leur professeur, une enquête minutieuse sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Quels sont les dessous du fonctionnement de l’encyclopédie  » collaborative  » ? Qui est rédacteur ? Qui valide les propositions de texte et de modification ? Qu’en est-il des erreurs, et des manipulations ? Est-il possible de vandaliser des notices ou au contraire de créer sa légende ? Que penser de l’enquête publiée par la revue scientifique Nature, en décembre 2005, qui fit grand bruit en proclamant que Wikipédia était aussi fiable que la célèbre encyclopédie de référence Britannica ? Quelles menaces pèsent désormais sur les éditeurs d’encyclopédies, et sur le savoir en général ? Leur enquête rapporte un grand nombre de chiffres étourdissants et d’exemples de contre-vérités qui permettent de prendre la mesure de cette gigantesque entreprise mondiale. Encore méconnue du grand public, bien que celui-ci l’utilise comme un outil familier de la Toile, Wikipédia est d’ores et déjà le neuvième site le plus consulté dans le monde. Mais si les dangers sont bien réels, peut-on devenir « wiki-intelligent » ?
• Florence DEVOUARD, Guillaume PAUMIER, Wikipédia – Découvrir, utiliser, contribuer, Presses universitaires de Grenoble, 2009, 80 pages.
En quelques années, wikipédia est devenue un outil incontournable sur internet. Cette encyclopédie gratuite et librement réutilisable est rédigée de façon collaborative par des millions d’internautes réunis par une même passion : le partage de la connaissance. ce livre vous guide à la découverte de cette gigantesque fourmilière et vous explique comment utiliser efficacement son contenu. il vous incite ensuite à devenir acteur et à participer à la rédaction de l’encyclopédie, quels que soient votre âge et vos domaines de compétence. Tout au long de ce guide, des fiches pratiques vous permettent de mettre directement en application les explications données, tout en vous habituant à l’interface et à l’environnement de wikipédia. cet ouvrage est le premier guide de wikipédia en français écrit par des participants actifs, impliqués dans la communauté de wikipédia. le contenu de ce livre est publié sous la licence libre de wikipédia (gfdl) afin de rester cohérent avec le fonctionnement et les valeurs de l’encyclopédie.
Commentaires : Auteurs cités par Wikipédia.
• Marc FOGLIA, Wikipedia – Média de la connaissance démocratique ?, FYP, 2008, 240 pages.
Cherchez n’importe quel mot sur google… La première page de résultats, celle qui compte, vous renverra presque invariablement à un article de wikipédia. comment cette encyclopédie d’un nouveau genre s’est-elle installée comme une source universelle de connaissance, et désormais comme un réflexe intellectuel ? quelles sont les nouvelles tendances sociétales révélées par wikipédia ? s’agit-il d’un modèle qui préfigure la manière dont nous allons étudier, travailler, et même vivre ensemble ? peut-on parler d’une génération wikipédia ? wikipédia est-elle l’expression du soft power américain, une percée libérale dans le monde de la connaissance ou bien un authentique système collectiviste ? faut-il comprendre son fonctionnement comme celui d’une organisation politique ? peut-on soumettre la production et la diffusion des connaissances à une nouvelle forme de démocratie ? l’utilisation de wikipédia est devenue si courante qu’il était nécessaire de faire le point sur les chances et les risques liés à ces nouvelles pratiques. Il est indispensable de mesurer leur impact sur la recherche d’informations, la propriété intellectuelle ou l’économie de la connaissance, d’en retracer les bouleversements encore récents et d’esquisse ceux qui se préparent. par une approche philosophique et sociologique, l’ouvrage vise une analyse impartiale de l’encyclopédie collaborative, et dévoile l’un après l’autre les enjeux de ce phénomène émergent, le rattachant aux tendances de fond de la modernité. Le phénomène wikipédia, innovation majeure dans la production et la diffusion du savoir, permet également d’éclairer d’autres évolutions de la société contemporaine.
Commentaires : Auteur cité par Wikipédia.
• KIM Sun-Mi, Christian VERRIER (sous la direction de), Le plaisir d’apprendre en ligne à l’université – Implication et pédagogie, De Boeck, 2009, 228 pages [Extraits]
Le plaisir d’apprendre va de pair avec le désir de former et l’évidence d’instruire. Cet ensemble dialogique passe nécessairement par l’implication des acteurs, enseignants et étudiants. C’est dire que la réflexion sur l’implication en éducation est au cœur de la relation pédagogique. Peut-on enseigner et apprendre à l’université, en particulier, lorsqu’il s’agit d’un enseignement à distance par internet, sans prendre à bras le corps cette interrogation ? C’est sur cette problématique que les contributeurs de cet ouvrage ouvrent un questionnement théorique et pratique pour le présent et l’avenir de l’enseignement universitaire. Loin d’être paralysée par la distance, l’équipe pédagogique de la licence de Sciences de l’éducation en ligne de l’Université Paris 8 Saint-Denis conduit ici une expérience en termes de recherche-action. Elle montre que la relation enseignant-enseigné dans l’enseignement supérieur peut être vivante et conviviale, sans ignorer le rapport au savoir académique.
Chapitre 8. Vivre l’expérience du travail collaboratif, Plan.

Sites

Books rubrique WikiGrill.
Hotel Wikipedia par Pierre-Carl Langlais.
La vie moderne par 1 professeur de lettres classiques, 2 professeur de lettres modernes et 1 étudiant en médecine.
Observatoire de wikipedia par Alithia (en grec Αλήθεια signifie la vérité).
Observatoire de l’observatrice par Jean-no.
Observons Wikipedia par Pierrot le Chroniqueur.
Sur Wikipédia par Jacques Richard ou Jacques Goliot.
Wikibuster : Les dessous de Wikipédia blog libertaire et anti-commoniste.

24/02/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde
Wikipédia

Lire aussi : Dossier documentaire Wikipédia, Monde en Question.

Wikipédia, la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf


 

L’indigence des sources et les abus de pouvoir d’anonymes sont les deux principaux reproches que je fais à Wikipédia en tant qu’utilisateur et contributeur référencé.

L’anecdote suivante, attribuée à Ésope, illustre le fait qu’il existe des défenseurs et des détracteurs inconditionnels du site qui se présente comme « un projet d’encyclopédie collective » en libre accès :

Un certain jour de marché, Xantus, qui avait dessein de régaler quelques-uns de ses amis, lui commanda d’acheter ce qu’il y aurait de meilleur, et rien autre chose. « Je t’apprendrai, dit en soi-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans t’en remettre à la discrétion d’un esclave. » Il n’acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces, l’entrée, le second, l’entremets, tout ne fut que langues. Les conviés louèrent d’abord le choix de ces mets ; à la fin ils s’en dégoûtèrent. « Ne t’ai-je pas commandé, dit Xantus, d’acheter ce qu’il y aurait de meilleur ? – Et qu’y a-t-il de meilleur que la langue ? reprit Ésope. C’est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l’organe de la vérité et de la raison. Par elle on bâtit les villes et on les police ; on instruit ; on persuade ; on règne dans les assemblées ; on s’acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les Dieux. – Eh bien (dit Xantus, qui prétendait l’attraper), achète-moi demain ce qui est de pire : ces mêmes personnes viendront chez moi, et je veux diversifier. » Le lendemain, Ésope ne fit servir que le même mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde : « C’est la mère de tous débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres. Si l’on dit qu’elle est l’organe de la vérité, c’est aussi celui de l’erreur et, qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d’un côté elle loue les Dieux, de l’autre, elle profère des blasphèmes contre leur puissance. » Quelqu’un de la compagnie dit à Xantus que véritablement ce valet lui était fort nécessaire, car il savait le mieux du monde exercer la patience d’un philosophe. « De quoi vous mettez-vous en peine ? reprit Ésope. – Et trouve-moi, dit Xantus, un homme qui ne se mette en peine de rien. »
Source : Insecula Lire : La langue des blogs

Point de vue de l’utilisateur

Parmi les nombreuses critiques faites à Wikipédia, la première pointe naturellement les nombreuses erreurs factuelles. Ce qui ne serait pas grave en soi si les anonymes, qui détiennent des pouvoirs occultent, acceptaient toujours les corrections. J’y reviendrai dans la deuxième partie.
Ma critique principale porte sur le fond et en particulier sur l’indigence des sources référencées. Je prendrai trois exemples :

Massacre de Shanghai (1927)
Cet article fut par Jean-Jacques Georges le 11 juillet 2009 à 15:12 et mise à jour jusqu’au 17 mars 2011 à 22:08‎‎. Or, à cette date, l’auteur ne citait que deux ouvrages américains dans les notes sans les références des pages où il aurait puisé l’information. On se demande comment il a pu écrire cet article à partir d’une documentation aussi faible. À moins qu’il n’ait traduit une partie de la page anglaise sans l’annoncer comme c’est la règle.
Entre le 12 avril 2011 à 20:17 et le 13 avril 2011 à 12:11, j’ai ajouté une bibliographie limitée aux ouvrages que je connaissais sur cet épisode de l’histoire chinoise. Voici la version avant et après cet ajout.

Astronomie chinoise
Cet article fut créé par Alain r le 14 mars 2007 à 09:02 et mise à jour jusqu’au 24 novembre 2011 à 16:02‎ sans inclure de bibliographie. C’est d’autant plus surprenant que la bibliographie de sa thèse contient 34 pages et que tous les articles qu’il a co-signés sont accompagnés de références comme c’est la règle.
Entre le 2 mai 2012 à 23:30 et le 3 mai 2012 à 01:22, j’ai ajouté une bibliographie établie à partir d’une recherche sur les sites Gallica et Chine ancienne. Voici la version avant et après cet ajout.

Le Déclin de l’Occident
Cet article fut créé par ADM le 27 janvier 2008 à 17:31 et mise à jour jusqu’au 11 septembre 2012 à 12:19 sans que personne ne fasse référence à la traduction française de l’ouvrage dont l’article est pourtant l’objet !
Le 27 octobre 2012 à 19:07, j’ai ajouté la référence manquante. Voici la version avant et après cet ajout.

Ces trois exemples montrent que, contrairement à certaines critiques qui jettent le bébé avec l’eau de bain, la qualité des auteurs n’est pas la source du manque de crédibilité de Wikipédia. Ce site se veut une encyclopédie du niveau que l’Encyclopædia Britannica ou l’Encyclopædia Universalis, mais est plutôt un Reader’s Digest car les articles résultent de la compilation d’informations glanées à droite et à gauche et non sourcées.

Sans tomber dans les excès de l’académisme conspué par certains administrateurs, le minimum serait d’exiger que les auteurs communiquent toujours leurs sources dans la section Notes et références. Il serait aussi souhaitable qu’ils rédigent une bibliographie, établie davantage à partir de revues et de livres que d’articles de presse car, contrairement à ce qu’affirme Wikipédia, les médias ne constituent pas une référence solide.

En privilégiant la quantité (le nombre d’articles publiés) les responsables de Wikipédia bradent la qualité qu’ils recommandent par ailleurs. Ainsi, ils avouent que seulement 0,08% des articles publiés en français ont reçu le label « Article de qualité » parce que argumenté. Un coup d’œil rapide à l’un d’entre eux (Augustin ou Le Maître est là), choisi au hasard, montre que la Bibliographie et les Notes et références sont conséquentes. A contrario, l’article, choisi au hasard, sur Ary Pleysier est du niveau de l’index situé en annexe d’un livre sur la peinture.

Point de vue du contributeur référencé

C’est parce que j’avais remarqué une erreur de traduction d’une citation en grec que j’ai commencé à contribuer à Wikipédia, en signalant la faute (sourcée dans l’espace discussion) et en la corrigeant (non sourcée dans le corps de l’article parce que je ne savais pas utiliser les balises correspondantes à l’époque). La citation a disparu lors d’une modification dont je n’ai pas le temps de chercher la trace.

Si l’essentiel de mes contributions portent sur l’ajout de bibliographies au hasard des articles que je lis, j’ai eu l’occasion de supprimer une référence, en argumentant dans l’espace discussion. Cette manière de procéder, par respect pour le travail de l’auteur qui a le droit à l’erreur, ne semble pas partagée par tous les administrateurs.

Après avoir écrit l’article Compliance versus Phone Game, j’ai consulté la page Wikipédia du film Compliance et j’ai été très étonné de lire (texte établi au 30 janvier 2013 à 11:22) :

Tout se passe par téléphone. Passant d’un interlocuteur à l’autre, le combiné est l’instrument qui permet au faux policier de s’immiscer dans l’intimité de chaque protagoniste, jusqu’à conduire au viol de la jeune femme accusée à tort.

Or, le film ne montre aucune scène de viol, mais une scène de fellation. J’ai donc corrigé le texte dans ce sens (8 février 2013 à 14:40) :

Tout se passe par téléphone. Passant d’un interlocuteur à l’autre, le combiné est l’instrument qui permet au faux policier de s’immiscer dans l’intimité de chaque protagoniste, jusqu’à conduire à une fellation imposée à la jeune femme accusée à tort.

Une minute plus tard (8 février 2013 à 14:41), un certain Lepsyleon révoquait cette modification sans aucune explication.
Vingt-sept minutes plus tard, j’ai rétabli la modification en ajoutant la source (8 février 2013 à 15:08) :

page en anglais : As punishment for this « disobedient » plea, the caller orders Becky to subject to a spanking by Van and to perform oral sex on him.

Une heure et cinquante minutes plus tard, Patrick Rogel, auteur de l’article, annulait la modification sous prétexte qu’elle était anecdotique (WP:Anecdotique). En fait, il a annulé toutes les modifications du synopsis postérieures au 5 octobre 2012 à 12:13. La procédure est d’autant plus curieuse qu’il avait accepté sans broncher la modification substantielle de Jean-Louis Lascoux (7 octobre 2012 à 10:35) qui évoquait le viol inexistant dans le film.

L’affaire aurait pu en rester là si je n’avais pas reçu cet aveu de Lepsyleon (c’est moi qui souligne) :

Bonjour, désolé pour l’annulation mais il y a tellement de vandalisme style « pipi-caca-b**e » (et j’en passe) que je n’ai pas cherché à creuser davantage. Cordialement.

Intrigué par la rapidité de son coup ciseau – moins d’une minute après ma correction – qu’il désavouait sept heures et douze minutes plus tard, j’ai cherché à en savoir plus. Le lecteur jugera par lui-même ses motivations en lisant son acte de candidature au poste d’administrateur :

De m’impliquer dans les taches d’administration telles que les demandes de suppression immédiates de pages et les demandes de blocages.

Ainsi, cet individu qui « assure le suivi et la maintenance des articles sur la Colombie » a supprimé, sans « chercher à creuser davantage », une modification concernant un film… pour gagner ses galons d’administrateur !

Conclusions provisoires

Cet incident pourrait rester anecdotique s’il ne révélait la face obscure de Wikipédia. D’autres avant moi et mieux que moi ont dénoncé les pouvoirs exorbitants des administrateurs protégés par leur anonymat.

« Wikipédia, où est ta démocratie ? », Books :

En préparant un cours sur la « qualité de l’information », en 2006, je suis allé voir la page de Wikipédia sur Daniel Defoe. La date de naissance indiquée faisait problème (personne ne sait de manière certaine quand il est né), et j’ai changé le texte. Ma modification fut rapidement éliminée. J’ai alors relevé une douzaine d’erreurs dans les premiers paragraphes, et entrepris de les corriger. Ces interventions ont été considérées comme un acte de vandalisme et supprimées par une personne qui était, je crois, un expert de la ligne de bataille des navires pendant la guerre de Sécession, ou quelque chose de ce genre. Les justifications apportées par ceux qui éliminaient mes corrections m’ont paru des plus bizarres. J’ai fait de cet incident un sujet pour mes étudiants.

Pourquoi je quitte mon poste d’administrateur sur Wikipédia, Le dernier blog :

Il arrive en effet de temps à autres que je perçoive (et je sais que je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué) les prémisses d’évolutions désagréables, notamment dans le rapport entre administrateurs et simples contributeurs : si l’administrateur est un contributeur comme les autres, il lui arrive de l’oublier, et cela peut aboutir à des situations déséquilibrées et pénibles. Le simple utilisateur qui aura employé un ton aigre envers un administrateur pourra être lourdement puni (d’une interdiction temporaire de contribuer) tandis qu’un administrateur qui néglige de demander son avis à la communauté avant de supprimer un article dont le sujet ou le contenu, selon son jugement, ne valent pas tripette, échappera parfois à toute sanction. Je suis sûr que ce n’est pas une chose si courante mais j’y suis particulièrement sensible : si l’abus de pouvoir provoque moins d’émoi que le crime de lèse-majesté, si je dois assister à la naissance d’une caste, d’une aristocratie, alors je préfère être du côté de ceux qui n’exercent pas de pouvoir sur les autres.

Sur Wikipédia aussi : « une m… reste une m… »

L’épisode suivante me rappelle le tweet d’un internaute qui se demandait suite à la publication d’un article de ce blog si vraiment l’ambiance pouvait être si mauvaise entre les contributeurs de Wikipédia. La réalité est bien sûr bien au delà puisque Wikipédia est le terrain d’affrontements permanents entre les membres de véritables clans qui n’ont qu’une seule obsession, se tailler la meilleure place dans la hiérarchie mafieuse de la pseudo-encyclopédie.

Ainsi Alphabeta commente :
Je suis effectivement partisan d’une certaine solidarité entre wikipédiens et de leur hiérarchie (administrateurs et autres) envers les peones de base.
Réponse de l’intéressée :
Vous voulez savoir pourquoi Alphabeta vient aujourd’hui sur cette discussion ? Tout simplement parce que j’ai fait remarquer sur une discussion ancienne au bistro que ce POV-Pusheur étant en train d’ajouter des liens (25, à ce jour) vers la page en:wp d’un article supprimé sur fr:wp en PàS ; en réaction, Alphabeta vient publier une petite crasse contre moi dans une discussion qu’il sait être suivie. Dans du papier de soie, disait ma mémé (classe populaire), une m… reste une m…

Les dérives sectaires et mafieuses s’observent aussi dans les forums. J’avais commencé une étude sur les mœurs particulières de ces groupes sociaux repliés sur eux-mêmes – phénomène de secte – parce que régit par l’obéissance au chef et les alliances occultes des sous-chefs – phénomène mafieux – qui chassent en meute pour bannir le malheureux qui conteste leur autorité. Le lecteur intéressé se reportera aux articles suivants :

• Serge LEFORT, Voyage dans les forums (1) – Agora politique, forum d’extrême droite
• Esprit Libre, Un conte de fées pour commencer … ou presque !
• Adèle CHARTIER, Adèle dans les bas-fonds du racisme

J’ai abandonné cette étude, après une pénible incursion dans un forum d’extrême gauche (Forum des marxistes révolutionnaires) qui a les mêmes pratiques, car elle me dévorait tout mon temps libre. Je retrouve la même ambiance délétère dans les discussions publiques de Wikipédia, ce qui ne m’incite pas à aller plus loin…

J’attends donc beaucoup de la journée d’étude consacrée à « Wikipédia et la science », organisée dans le cadre du projet exploratoire WEUSC, qui se déroulera le 5 juin 2013 à l’ISCC.

22/02/2013
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Note du 23/02/2013 :
Le débat continue publiquement sur Wikipédia.
À partir du moment où un débat est public, sa publicité l’est aussi. Seules les sectes interdisent à leurs membres de parler à l’extérieur de ce qui se passe à l’intérieur de la communauté.
Les preuves s’accumulent du complexe de Massada qui mine cette communauté fonctionnant en vase clos.

Articles :
• 13/12/2006, Qui écrit Wikipédia ?, Éduveille.
• 13/09/2008, Biographie manipulée, Books.
• 12/03/2009, Sous-entendus insidieux, Books.
• 24/04/2009, Pourquoi je quitte mon poste d’administrateur sur Wikipédia, Le dernier blog.
• 20/02/2010, « Wikipédia, où est ta démocratie ? », Books.
• 05/04/2010, Les étudiants et Wikipedia : à propos de l’étude de Head et Eisenberg, URFIST.
• 07/04/2010, Les étudiants et Wikipedia : à propos de l’étude de Head et Eisenberg (suite), URFIST.
• 09/04/2010, Les étudiants et Wikipedia : à propos de l’étude de Head et Eisenberg (suite et fin), URFIST.
• 09/08/2011, Wikipedia et son impact dans les publications scientifiques, Les carnets du SID.
• 14/09/2011, Wikipedia dans les articles de revues SHS françaises, Les carnets du SID.
• 29/11/2012, Autorégulation des rapports sociaux entre contributeurs de Wikipedia, CNRS.
• 22/01/2013, Participer à Wikipédia en tant que chercheur – enjeux et mode d’emploi, Ressources pour la thèse et au-delà.

Dossiers – Mémoires :
• Laure ENDRIZZI, L’édition de référence libre et collaborative : le cas de Wikipedia, Veille et Analyses de l’Institut français de l’éducation, avril 2006, 39 pages.
• Aurélien MARTIN, Cathy PERRET, Les méthodes de recherche documentaire des étudiants de 1ère année de LLCE en début d’année, Université de Bourgogne, janvier 2009, 21 pages.
• David PROTHAIS, Wikipedia, terrain de lutte ? Régulation et processus de légitimation des savoirs au sein d’un collectif autogéré, Mémoire Sciences Po Lyon, 2007, 280 pages dont 70 d’annexes.

Sites :
Books rubrique WikiGrill.
Hotel Wikipedia par Pierre-Carl Langlais.
Observatoire de wikipedia par Alithia (en grec Αλήθεια signifie la vérité).
Observatoire de l’observatrice par Jean-no.
Observons Wikipedia par Pierrot le Chroniqueur.
Sur Wikipédia par Jacques Richard ou Jacques Goliot.
Wikibuster : Les dessous de Wikipédia blog libertaire et anti-commoniste.

Lire aussi : Dossier documentaire Wikipédia, Monde en Question.

Taxer le référencement Google


Les éditeurs de journaux français ont soumis au gouvernement un projet de loi pour que les moteurs de recherche leur versent une rémunération dès que leurs articles sont référencés.

Les promoteurs du projet y tiennent : « Ce qu’on demande, c’est une rémunération, pas une taxe », insiste Nathalie Collin, coprésidente du groupe Nouvel Observateur (ex-coprésidente de Libération) et présidente de l’association de la presse IPG. Les éditeurs souhaitent que les moteurs de recherche (surtout Google) leur payent une « juste rémunération » quand le résultat de la recherche de l’internaute, le « search », référence des liens qui pointent vers leurs sites.
La logique est la suivante : les éditeurs s’engagent à renoncer à leur droit d’empêcher l’indexation de leurs contenus par les moteurs de recherche. « En échange, reprend Nathalie Collin, on demande une compensation sous la forme d’un droit voisin, qui rémunérera la valeur créée par le fait d’indexer ces contenus. »

« Cette loi, c’est une idée un peu délirante, s’agace Johan Hufnagel, rédacteur en chef du pure player Slate.fr, un site membre du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil). On en arrive à une aberration totale : les sites dépensent des fortunes pour être mieux référencés que le voisin sur Google, et ils voudraient que Google leur reverse de l’argent ? C’est une rhétorique qui n’a aucun sens. Ou alors, c’est une simple opération de lobbying. » Le Spiil a d’ailleurs publié un communiqué qui s’oppose au projet de l’IPG : « Les difficultés actuelles des éditeurs de presse ne seront pas surmontées par la création d’une nouvelle rente, mais par l’émergence d’un nouvel écosystème de l’information numérique, qui favorise l’innovation, la diversité et l’indépendance de la presse ».

Reste un dernier problème, juridique cette fois. Comme l’affirme l’association de la presse d’information politique et générale, la législation en matière de droit d’auteur (et donc de droit voisin) est une prérogative nationale. Mais « si des lois sont adoptées et qu’elles entravent clairement le développement d’un secteur innovant en plein développement », affirme-t-on à la Commission européenne, Bruxelles pourrait alors, tout simplement, retoquer la loi.

Lire la suite… Libération.

Lire aussi :
• Presse : Google bientôt sans titres [français] dans son moteur ?, Libération.
• Le Spiil contre la taxe Google, Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne.
• Manifeste pour un nouvel écosystème de la presse numérique, Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne.
Veille informationnelle Médias, Monde en Question.
Dossier documentaire Médias, Monde en Question.