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Archives Journalières: 03/05/2019

Georges MINOIS (12 livres en ligne)


Bibliographie histoire

 

Georges MINOIS, Blanche de Castille, Perrin, 2018 [Texte en ligne].
« Blanche de Castille, mère de Saint Louis » : telle est l’image très réductrice que la mémoire collective a retenue de cette reine du XIIIe siècle, dont la célébrité ne tiendrait qu’à celle de son fils. C’est oublier qu’elle a été une femme de pouvoir au destin exceptionnel, à l’instar de sa grand-mère, Aliénor d’Aquitaine.

Née en 1188, fille du roi Alphonse VIII de Castille et d’Aliénor d’Angleterre, mariée à douze ans au prince capétien Louis, elle fait son éducation politique à la cour de son redoutable beau-père, Philippe Auguste. Devenue reine en 1223, mère de douze enfants, veuve à trente-huit ans au décès de son époux Louis VIII, elle devient régente du royaume au nom de son jeune fils, Louis IX. Confrontée aux révoltes des barons, qui acceptent mal d’être gouvernés par une femme, par une étrangère, « l’Espagnole », comme on la désigne alors, fait preuve de qualités politiques inattendues, subtil mélange d’autorité et de souplesse, qui lui valent l’admiration des chroniqueurs. Éducatrice puis inspiratrice de la politique de Saint Louis, qui lui confie la direction du royaume pendant la septième croisade, elle conserve une place particulière jusqu’à sa mort en 1252, avant de figurer au panthéon des femmes de pouvoir du roman national.

Georges MINOIS, Charlemagne, Perrin, 2010 [Texte en ligne].
À l’égal d’Alexandre, de César, de Napoléon, Charlemagne fait partie des géants de l’histoire qui ont laissé dans la mémoire collective une empreinte indélébile. L’empereur à la barbe fleurie a ainsi donné naissance à des légendes entre lesquelles la réalité historique est difficile à démêler.

Pourtant, le fils de Pépin le Bref a bel et bien existé et sa tombe, à Aix-la-Chapelle, est toujours en place depuis 814, à la jointure des mondes germanique et français qu’il a contribué à façonner.

Georges MINOIS, Du Guesclin, Fayard, 1993 [Texte en ligne].
Du Guesclin est l’une des figures les plus attachantes de la guerre médiévale. Prodigieusement laid et doué d’une force peu commune, il se distingue très tôt comme un redoutable combattant.

La guerre de Succession de Bretagne et la guerre de Cent Ans vont fournir à ce petit noble breton des conditions idéales pour exercer ses talents de chevalier: pendant quarante ans, il chevauche et guerroie de Cherbourg à Séville et de Brest à Tarascon. Simple chef de partisans dans la forêt de Brocéliande, il connaît ensuite une ascension sociale spectaculaire, qui fait de lui un connétable de France, le familier des princes et des rois, l’ennemi personnel du Prince Noir et de Charles le Mauvais. Loyal, habile et courageux, mais aussi brutal et impitoyable, le connétable n’a qu’une passion: la guerre.

Le rôle de Du Guesclin dans l’histoire militaire tient à sa capacité d’innover, d’inventer des ruses, de s’adapter aux circonstances pour surprendre l’ennemi. Il sait concilier les exigences de la guerre chevaleresque et le réalisme de la guerre de mercenaires. Cet infatigable soldat débarrasse ainsi la France des grandes compagnies, place Henri de Transtamare sur le trône de Castille, chasse les Anglais de France. Mais sa fidélité indéfectible envers Charles V le met dans une situation difficile face à ses compatriotes bretons, et c’est en Lozère qu’il mène ses derniers combats, plutôt que de guerroyer contre les siens.

Georges MINOIS, Histoire de l’athéisme, Fayard, 1998 [Texte en ligne].
Dieu est mort au XIXe siècle, dit-on. Mais dès le IV siècle avant notre ère, Théodore l’Athée proclamait qu’il n’existait pas. L’athéisme est aussi vieux que la pensée humaine. Depuis les origines de l’humanité, il est l’une des grandes façons de voir le monde, un monde où l’homme est seul face à lui-même et à la nature aux règles immuables.

L’histoire de l’athéisme n’est donc pas le simple négatif de l’histoire des croyances religieuses : c’est celle de tous les hommes – septiques, libres-penseurs, libertins, déistes, agnostiques, matérialistes – qui ont cherché à donner un sens à leur vie en dehors de toute foi religieuse.A l’instar des religions, l’athéisme est pluriel : au fil des siècles, il a pris des formes différentes, successives et simultanées, parfois antagonistes : athéisme de révolte contre l’existence du mal, contre les interdis moraux ou contre la limitation de la liberté humaine : athéisme spéculatif dans les périodes de crise de valeurs ; athéisme confiant de Hegel et de Marx ; athéisme volontaire de Nietzsche ; athéisme de notre époque où la frontière entre croyants et incroyants semble de plus en plus floue.

Georges MINOIS, Histoire de l’avenir – Des prophètes à la prospective, Fayard, 1996 [Texte en ligne].
Depuis la préhistoire, l’homme n’a cessé de vouloir connaître le futur et d’inventer des stratagèmes pour tenter de le maîtriser. N’était-ce pas déjà pour assurer la chasse du lendemain que nos lointains ancêtres représentaient des bisons percés de flèches sur les murs des cavernes ? Des procédés de divination inventés par les peuples de l’Antiquité aux méthodes « scientifiques » mises au point par les prospectivistes de notre fin de siècle, les moyens de prédire l’avenir ne se ressemblent guère. Mais chaque époque a eu le besoin de faire des rêves d’avenir, pour le meilleur et pour le pire : il y a eu les faux prophètes du Moyen Age, le astrologues de la cour de la Renaissance, ou encore les diseuses de bonne aventure du Grand Siècle. Et les philosophes des Lumières ont tenté, à leur manière, de percer les grandes lignes du futur. Sans réussir à tuer l’irrationnel : magnétisme, somnambulisme et autres formes de spiritisme ont connu un succès croisant au XIXe siècle, tandis que surgissaient de nouveaux prophètes annonçant un monde meilleur.

Oracles, prophéties, prédictions, utopies, toutes les anticipations que les hommes ont élaborées au fil des siècles ne se sont guère réalisées, mais elles sont les reflets de leurs espoirs et de leurs craintes. L’homme de 1900 se croyait à l’aube d’un siècle radieux. Celui de l’an 2000 n’y croit plus guère et, si les futuristes ne prétendent plus faire « métier de prophète », astrologues et voyants continuent à rassurer, à défaut de prédire l’avenir.

Georges MINOIS, Histoire de la vieillesse, de l’Antiquité à la Renaissance, Fayard, 1987 [Texte en ligne].
Chaque société a les vieillards qu’elle mérite: l’histoire antique et médiévale le démontre amplement. Chaque société sécrète un modèle d’homme idéal, et c’est de ce modèle que dépend l’image de la vieillesse, sa dévaluation ou sa mise en valeur. La Grèce classique, tournée vers la beauté et la force, relègue les vieux à une place subalterne. Au Moyen Age, le vieillard joue son rôle tant qu’il peut tenir le goupillon, l’épée, la bêche ou le livre de comptes. La seule limite est l’incapacité physique. En fait, il n’y a pas de troisième âge: il y a la vie et la mort.

A partir du XIVe siècle, le poids des vieux s’accroît dans la société et entraîne un regain de critique contre les vieillards. La satire des mariages entre des hommes âgés et des jeunes femmes revient à la mode, comme elle l’était à l’âge de Plaute. Quant à la Renaissance, elle renoue avec les idéaux des Gréco-Romains. Ronsard recommande de cueillir  » les roses de la vie « , mais dans le même temps, les vieillards actifs n’ont jamais été aussi nombreux: l’amiral Doria, septuagénaire, lutte contre l’octogénaire Barberousse, Michel Ange atteint 89 ans et Le Titien, 99…

L’ambiguïté fondamentale de l’attitude envers la vieillesse se retrouve cependant tout au long des siècles, car si le vieillard se plaint de son grand âge, il en tire gloire et cherche à prolonger ses jours. La fontaine de jouvence n’a-t-elle pas toujours été le plus fol espoir de l’homme occidental ?

Georges MINOIS, Histoire du Moyen Âge, Perrin, 2016 [Texte en ligne].
Pourquoi une nouvelle histoire du Moyen Âge ? D’abord, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d’un retour à la nature.

Georges MINOIS, Histoire du suicide – La société occidentale face à la mort volontaire, Fayard, 1995 [Texte en ligne].
La mort volontaire a presque toujours été l’objet de la réprobation sociale. Le Moyen Age l’assimilait au plus abominable des crimes, la considérant comme une insulte à Dieu, et réservait une macabre exécution à ceux qui se suicidaient. Au fil des siècles, la question de la liberté de chacun sur sa propre vie a pourtant resurgi chaque fois que les valeurs traditionnelles étaient remises en cause: de Montaigne à Bacon, les humanistes vivent une première révolution culturelle et s’interrogent prudemment sur l’interdit chrétien. La célèbre interrogation d’Hamlet (1600) traduit le malaise lié à la naissance de la modernité. Sous l’effet des crises de la conscience européenne, le débat s’amplifie et la question est bientôt posée publiquement. « Ce n’est pas aux gens aimables de se tuer », affirme Voltaire, tandis que se multiplient les traités qui tentent de comprendre les causes du suicide. La Révolution dépénalise le suicide mais sans l’approuver: le citoyen doit conserver sa vie pour la patrie. Le XIXe et le XXe siècle ne se montreront guère plus ouverts, et le silence de l’Etat et l’Eglise contribueront à faire du « meurtre de soi-même » l’un des derniers sujets tabous de notre époque.

Georges MINOIS, La guerre de Cent ans, Perrin, 2016 [Texte en ligne].
De Crécy à Azincourt, du Prince Noir à Jeanne d’Arc, la première guerre européenne (1337-1453) fut aussi une guerre totale, qui a bouleversé les sociétés anglaise et française, favorisé l’émergence des deux nations et profondément marqué les mentalités.

Georges MINOIS, Les origines du mal – Une histoire du péché originel, Fayard, 2002 [Texte en ligne].
Quel est le responsable des malheurs qui accablent l’humanité ? Après bien des hésitations, les premiers pères de l’Eglise sont allés chercher l’explication dans le vieux mythe biblique d’Adam et Eve. Les évêques du concile de Trente en ont fait un dogme, affirmant que la faute du premier homme a corrompu la nature humaine. Dès lors, la doctrine du péché originel a façonné la morale chrétienne et, plus largement, l’image de l’homme. Théologiens et moralistes y ont trouvé argument pour condamner la sexualité, mais aussi pour affirmer la supériorité de l’homme sur la femme et le caractère inéluctable de la souffrance, ou pour justifier l’injustice de l’ordre social. Le mythe de la faute primordiale a succombé au rationalisme des Lumières, mais il resurgit régulièrement sous d’autres formes. Depuis deux siècles, les sciences humaines s’efforcent de relativiser le bien et le mal. Toutefois l’homme se libère difficilement du sentiment de sa faute, et s’il ne se sent plus responsable de la faute commise par Adam, il commence à culpabiliser pour le futur. La biogénétique est-elle le nouvel arbre de la connaissance du bien et du mal ? C’est en mangeant la pomme qu’Adam s’est affirmé en tant qu’homme, c’est-à-dire en tant qu’être indépendant et libre. Croyant ou non, tout être humain passe sa vie à se heurter à ses limites. En ce sens, le mythe d’Adam gardera probablement longtemps sa valeur.

Georges MINOIS, Philippe Le Bel,, Perrin, 2014 [Texte en ligne].
Philippe le Bel a été une énigme pour ses contemporains et l’est longtemps resté pour les historiens. Car l’homme est caché derrière l’oeuvre du règne, une oeuvre propre à enfl ammer les imaginations romantiques à la lueur crépusculaire du bûcher des templiers, des sinistres drames familiaux de ses trois fils, de la lutte sans merci contre un pape mégalomane, Boniface VIII. Roi de fer pour les uns, édifiant de façon impitoyable un Etat bureaucratique moderne sur les ruines de la monarchie féodale ; roi de chair pour les autres, dissimulant derrière son masque de sphinx et son impassibilité de statue un esprit faible et indécis, dominé par ses légistes, Flote, Nogaret, Marigny : il reste en apparence indéchiffrable.

La réputation de Philippe le Bel a été ternie par la constante comparaison avec la figure idéalisée de son grand-père Saint Louis, dont le règne a fait figure d’âge d’or. C’est que vers 1300 commence un véritable âge de fer : c’est la fin du  » beau Moyen Age  » et l’entrée dans un siècle de catastrophes, avec les premières famines, les prémices de la guerre de Cent Ans, et bientôt les épidémies.

Georges MINOIS, Richard Coeur de Lion, Perrin, 2017 [Texte en ligne].
Richard Cœur de Lion, né en 1153, fut le moins anglais des rois d’Angleterre, où il ne résida que six mois, régnant sur d’immenses territoires allant de l’Ecosse aux Pyrénées, et qu’il passa sa vie à défendre. Fils préféré de sa mère, Aliénor d’Aquitaine, il est le souverain le plus admiré et le plus redouté de son temps, incarnation des valeurs et des excès de la chevalerie médiévale. Eduqué au milieu des troubadours aquitains, il est capable de faire des vers, mais c’est à la guerre qu’il forge sa réputation. Guerre contre son père, Henri II Plantagenêt, contre son frère, Jean sans Terre, contre le roi de France, Philippe Auguste, contre les barons poitevins. Et surtout guerre sainte, contre Saladin, au cours de l’épopée de la troisième croisade (1190-1194), lors de laquelle il se révèle un stratège hors pair. Terreur des musulmans, dont il gagne le respect, il est trahi par les souverains chrétiens, qui jalousent ses exploits. Retenu prisonnier en Autriche, puis libéré contre rançon, il bat Philippe Auguste, édifie en deux ans Château-Gaillard (1196-1198), avant d’être tué au siège de Châlus, en Limousin, par un trait d’arbalète, en 1199.

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