Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Mensuelles: juin 2018

La grande invasion… biologique


Bibliographie sciences

 

Invasions de frelons asiatiques, de ragondins, d’ibis sacrés, de renouées du Japon… On entend souvent parler de ces nouvelles menaces pour l’environnement. Un raz de marée d’espèces venues d’ailleurs serait-il sur le point d’envahir nos villes et nos campagnes ?

Le thème scientifique de l’invasion biologique est très émotivement connoté, et l’auteur propose ici de le dépassionner. D’une part, les bouleversements écologiques observés dans des écosystèmes fermés, lacs ou îles, ne sont pas généralisables aux milieux plus ouverts.

D’autre part, les espèces invasives devraient-elles être considérées comme des espèces inutiles et contraires à l’écologie ? Et d’où vient cette conception étroite de la « nature » comme collection d’éco-systèmes bien ordonnés ayant existé de toute éternité ? Non seulement les espèces, animales ou végétales, ne cessent d’évoluer, mais les invasions correspondent à un ajustement du vivant au monde réel que nous avons façonné et dans lequel nous vivons aujourd’hui.

La clé du problème semble bien être dans la redéfinition d’une nature figée, idéalisée sur des bases erronées, au profit d’une nature en perpétuel renouvellement, sainement gérée et maîtrisée. Toutes les espèces « invasives » ne sont pas néfastes, et il importe, pour le bien de tous, d’accompagner les changements de l’environnement plutôt que de les combattre. La guerre des espèces n’aura pas lieu.

Jacques TASSIN, La grande invasion – Qui a peur des espèces invasives ?, Odile Jacob, 2014 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Jacques TASSIN, À quoi pensent les plantes ?, Odile Jacob, 2016 [Texte en ligne].
Serge LEFORT, Un spectre hante la France : le frelon chinois, Chine en Question.
Dossier documentaire Sciences, Monde en Question.
Veille informationnelle Sciences, Monde en Question.

The Story of Film 4-6


 

Réalisateur : Mark Cousins
Durée : 1h00 par épisode
Année : 2011
Pays : Royaume-Uni
Genre : Documentaire
Résumé : Un documentaire retraçant l’intégralité de l’histoire du cinéma.
04 – Les années 30 – Les grands genres du cinéma américain
L’arrivée du cinéma parlant dans les années 30 a transformé à jamais le visage du septième art. Cet épisode revisite les nouvelles formes qui en succèdent : les comédies «screwball», les films de gangsters, les films d’horreur, les westerns et les comédies musicales pour finalement nous faire découvrir le maître incontesté de ces genres, Howard Hawks. Un océan plus loin, en Angleterre, se dresse un jeune Alfred Hitchcock, tandis qu’en France, de nouveaux réalisateurs explorent avec virtuosité l’émotion et les premières notions d’ambiance cinématographique. On y revèle ce qu’ont en commun les trois plus grands films de 1939 : Le Magicien d’Oz, Autant en emporte le vent et Ninotchka.
05 – 1939-1952 – La guerre
Cet épisode révèle comment les traumatismes de la guerre ont su rendre le cinéma plus engageant. L’histoire s’inaugure en Italie, puis bouge à Hollywood, passant d’Orson Welles aux instincts sombres des films américains de l’époque qui ont mené au drame de l’ère McCarthy. Le film The Third Man de Carol Reed sert d’exemple tout au long de l’épisode afin de bien identifier les éléments essentiels. Les scénaristes Paul Schrader (Taxi Driver, Raging Bull) et Robert Towne (Chinatown, Shampoo) discutent de cette période, tandis que Stanley Donen, réalisateur de Chantons sous la pluie, nous raconte sa carrière.
06 – 1953-1957 – La formidable explosion du cinéma
L’épisode aborde les histoires de sexe et les mélodrames des films des années 50. On y retrouve James Dean, On the Waterfront et les autres films mémorables qui ponctuent cette époque. On voyage aussi en Égypte, en Inde, en Chine, au Mexique, en Angleterre et au Japon, où les films y sont faits avec rage et passion. On y découvre des entrevues exclusives avec des collaborateurs proches de Satyajit Ray, ainsi qu’une rencontre avec la légendaire comédienne Kyoko Kagawa qui a tenu des rôles dans plusieurs films d’Akira Kurosawa et de Yasujiro Ozu, suivi d’un échange avec le premier grand réalisateur africain, Youssef Chahine.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : LCDC (film rare) DVD VF

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Royaume-Uni, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Noire n’est pas mon métier


Bibliographie cinéma

 

16 actrices françaises nous parlent du racisme ordinaire dans le milieu du cinéma qui occulte leur présence.

COLLECTIF, Noire n’est pas mon métier, Seuil, 2018 [Texte en ligne].

Lire aussi :
Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier documentaire Cinéma – Livres, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Histoire des salles de cinéma


Bibliographie cinéma

 

à Catherine Fattebert

Articles

[cinéma nomade] sans date, Petite histoire du cinéma forain, Cinéma voyageur.
sans date, Le cinéma, Archives & Patrimoine des Hauts-de-Seine.
sans date, Anciennes salles de cinéma de Rennes, Wiki Rennes.
sans date, Histoire des salles à Bruxelles, FCB.
[cinéma nomade] 1985, Jacques DENIEL, Michel LAGRÉE, Le cinéma en Bretagne rurale – Esquisse pour une histoire, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 34 pages.
[cinéma nomade] 1986, Pierre BERNEAU, Les débuts du cinéma à Angoulême, 1895 revue d’histoire du cinéma.
[cinéma nomade] 1986, Guy OLIVO, Aux origines du spectacle cinématographique en France – Le cinéma forain : l’exemple des villes du Midi méditerranéen, Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, 20 pages.
[cinéma nomade] 1993, Véronique LESBAUDITS, Les débuts du cinéma dans le Calvados (1895-1914), Annales de Normandie.
1994, Isabelle DEBIEN, Le cinéma dans les cafés carcassonnais au début du siècle, 1895 revue d’histoire du cinéma.
1995, Johanne LARUE et Mario CLOUTIER, L’état du cinéma en salles au Québec, Séquences.
[cinéma nomade] Olivier JOOS, Cinémas forains et tournées cinématographiques dans le bassin minier du Pas-de-Calais et à Douai (1895-1914), 1895 revue d’histoire du cinéma.
2000, Emmanuel ETHIS, La caisse du cinéma : quand il faut décider, Communication & Langages.
[cinéma nomade] 2004, Thierry LECOINTE, Les premières années du spectacle cinématographique à Nîmes – 1895-1913, 1895 revue d’histoire du cinéma.
2005, Anne-Élisabeth BUXTORF, La salle de cinéma à Paris entre les deux guerres : l’utopie à l’épreuve de la modernité, Bibliothèque de l’École des chartes.
14/06/2007, 100 ans de cinéma à Saint-Etienne, Forez Info.
[cinéma nomade] 2008, Jean-Baptiste HENNION, Éclairage sur l’année 1896 – Éléments chronologiques relatifs à l’introduction du spectacle cinématographique sur les champs de foire français, 1895 revue d’histoire du cinéma.
2009, Sébastien CAQUARD, Daniel NAUD, Victor PÉRICHON, Les salles obscures canadiennes – Un éclairage géographique, Cahiers de géographie du Québec.
[cinéma nomade] 11/01/2009, Carcassonne – Aux origines des salles de cinéma (1897-1940), La Dépêche.
01/10/2009, Caroline JEANNEAU, Benoît DANARD, L’évolution de l’économie des salles de cinéma, CNC, 42 pages.
2013, Gérard GRUGEAU, Repenser la salle de cinéma, 24 images.
29/12/2013, Naissance des salles de cinéma en France 1894-1918, Salle cinéma.
27/07/2014, Petite histoire du cinéma à Nantes, Chroniques des études ordinaires,.
[cinéma nomade] 2015, Arnaud LE MARCHAND, De 1895 à 1912 : Le cinéma forain français entre innovation et répression, 1895 revue d’histoire du cinéma [Texte en ligne 45 pages].
27/09/2016, Frédérique BREDIN, Rapport sur la salle de cinéma de demain, CNC, 86 pages – France Culture.
31/05/2018, Histoire de salles de cinéma méconnues dans Saint-Jean-Baptiste, Le Bourdon du Faubourg.

Revues

2012, Publics de cinéma. Pour une histoire des pratiques sociales Conserveries mémorielles.
2013, Industrie en crise – Cinéma en mutation !, 24 images.
2017, Les salles de cinéma – Histoire et géographie, Cinémas.

Thèses

[cinéma nomade] 2007, Renaud CHAPLAIN, Les cinémas dans la ville – La diffusion du spectacle cinématographique dans l’agglomération lyonnaise (1896-1945), Thèse de doctorat en Histoire, 460 pages dont cinéma nomade.
2011, Sophie BOUDET-DALBIN, La distribution des films par internet : enjeux socioculturels, économiques et géopolitiques, Thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication, 653 pages.

Livres

Bibliographie, La Fédération Nationale des Cinémas Français.
Bibliographie, Renaud CHAPLAIN in Les cinémas dans la ville.
Bibliographie – L’économie du cinéma, Livres sur le cinéma.
Jean-Paul AUBERT, Christel TAILLIBERT (sous la direction de), L’économie de la cinéphilie contemporaine, L’Harmattan, 2017.
Olivier BARROT, Alain BOULDOUYRE, Voyage au pays des salles obscures, Hoëbeke, 2006.
Alain BESSE, Salles de projection, salles de cinéma – Conception, réalisation, exploitation, Dunod, 2007.
[cinéma nomade] Renée BONNEAU, Meurtre au cinéma forain, Nouveau Monde, 2011.
Francis BORDAT, Michel ETCHEVERRY (sous la direction de), Cent ans d’aller au cinéma – Le spectacle cinématographique aux États-Unis 1896-1995, Presses universitaires de Rennes, 1995.
COLLECTIF, Drôles de salles – Cinq cinémas de quartier et toute une histoire, Loco, 2016.
Laurent CRETON, Kira KITSOPANIDOU (sous la direction de), Les salles de cinéma – Enjeux, défis et perspectives, Armand Colin, 2013 [1895 revue d’histoire du cinéma].
Joëlle FARCHY, Et pourtant ils tournent… – Économie du cinéma à l’ère numérique, INA, 2011.
Claude FOREST, Les dernières séances – Cent ans d’exploitation des salles de cinéma, CNRS, 1995.
Claude FOREST, Économies contemporaines du cinéma en Europe – L’improbable industrie, CNRS, 2001.
Claude FOREST, Michel SERCEAU, Le Patis – Une salle de cinéma populaire devenue salle d’art et essai (Le Mans, 1943-1983), Presses Universitaires du Septentrion, 2014.
Claude FOREST, Hélène VALMARY (sous la direction de), La vie des salles de cinéma, Sorbonne nouvelle, 2015.
Jean-Michel FRODON, Dina LORDANOVA (sous la direction de), Cinémas de Paris, CNRS, 2017.
Priscilla GESSATI, Joël CHAPRON, L’exploitation cinématographique en France, Dixit, 2017.
[cinéma nomade] Jean GILI, Michèle LAGNY, Michel MARIE, Vincent PINEL (sous la direction de), Les vingt premières années du cinéma français, Sorbonne Nouvelle, 1995.
Michel MESNIL, Le parfum de la salle en noir,, PUF, 1985 [Communication. Information Médias Théories,].
Jean-Jacques MEUSY, Georges LOISEL, André MILCOT, Cinémas de France 1894-1918, Arcadia, 2009.
Viva PACI, La machine à voir – À propos de cinéma, attraction, exhibition, Presses universitaires du Septentrion, 2012.
Pierre PAGEAU, Les salles de cinéma au Québec 1896-2008, GID, 2009 [Séquences].
Armelle PAIN, Le Trianon, un cinéma associatif en Mayenne, Warm, 2016.
[cinéma nomade] Maurice PELINQ (sous la direction de), Vie et histoire du cinéma à Aix-en-Provence, Rouge Profond, 2016.
Alain POTIGNON, Nos cinémas de quartier – Les salles obscures de la ville lumière, Parigramme, 2006.
Agnès SALSON, Mikael ARNAL, Rêver les cinémas, demain, Ateliers Henry Dougier, 2015.
Maxime SCHEINFEIGEL, Le cinéma, et après ?, Presses universitaires de Rennes, 2010.
Daniel SERCEAU, Les goûts du public – Une salle de quartier dans les années 50, Séguier, 2006.
Christian SEVEILLAC, Confidences d’un directeur de salles, Lettmotif, 2015.
Jacques THORENS, Le Brady, Verticales, 2015.
Hélène VALMARY, Samra BONVOISIN et Claude FOREST, Figures des salles obscures – Des exploitants racontent leur siècle de cinéma, Nouveau Monde, 2015.

Audio-Vidéo

1988, Nuovo Cinema Paradiso – Cinema paradiso, Ciné Monde.
1989, Splendor, Ciné Monde.
2002, La chatte à deux têtes [salle porno], Ciné Monde.
[cinéma nomade] 2011, Fantômes du cinéma forain, Ciné Monde.
2012, Nos salles obscures, Ciné Monde.
2013, L’histoire des salles de cinéma (6 épisodes), Ciné Monde.
2015, Cinema Perverso [salle porno], Ciné Monde.

Sites

ACAP – Pôle régional image.
CNC – Centre National du Cinéma et de l’image animée.
Livres sur le cinéma.

La salle de cinéma n’a pas toujours existé. Son existence est liée au développement d’une consommation de masse des films dont la distribution, après la Guerre 1914-1918, est accaparée par Pathé et Gaumont.

Le cinéma a débuté comme une attraction foraine. L’exploitation itinérante et foraine des films périclitera peu à peu et disparaîtra suite à plusieurs facteurs :
– En 1907, Charles Pathé substitue à la vente des films leur location.
– En 1912, la loi instaure un carnet de circulation obligatoire. « Rétrospectivement, il est difficile de ne pas avancer que la loi de 1912 en aggravant la précarité des forains les empêchait de défendre leurs droits dans cette aventure du cinématographe. Notamment, elle les empêchait de pouvoir mobiliser le crédit nécessaire à cette entreprise. » (Arnaud LE MARCHAND, De 1895 à 1912 : Le cinéma forain français entre innovation et répression).

Le cinéma fut ensuite hébergé dans des lieux sédentaires : cafés (Isabelle DEBIEN, Le cinéma dans les cafés carcassonnais au début du siècle), salles paroissiales (Jacques DENIEL, Michel LAGRÉE, Le cinéma en Bretagne rurale – Esquisse pour une histoire), théâtres ou hangars. Après la Guerre 1914-1918, un réseau de salles de cinéma sera progressivement mis en place par Pathé et Gaumont. Pathé, qui avait industrialisé la production (Laurent LE FORESTIER, Aux sources de l’industrie du cinéma – Le modèle Pathé 1905-1908, L’Harmattan, 2007), industrialisa la distribution. La boucle est bouclée.

Contrairement au discours des Cassandre, la salle de cinéma perdure non plus comme un lieu de consommation populaire, mais de consommation ostentatoire. Parallèlement se développe la consommation nomade des films via des offres de plus en plus diversifiées et personnalisées (streaming légal de Netflix par exemple).

22/06/2018
Serge LEFORT
Citoyen du Monde et rédacteur de Monde en Question

Lire aussi :
Histoire du cinéma – Filmographie, Ciné Monde
Dossier documentaire Cinéma – Livres, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

The Story of Film 1-3


 

Réalisateur : Mark Cousins
Durée : 1h00 par épisode
Année : 2011
Pays : Royaume-Uni
Genre : Documentaire
Résumé : Un documentaire retraçant l’intégralité de l’histoire du cinéma.
01 – 1895-1918 – Le monde découvre une nouvelle forme d’art
Le premier épisode de cette série révèle la naissance du cinéma en tant que forme d’art. Filmé dans les studios où furent tournés les premiers films, l’épisode démontre que les idées et les passions ont toujours mieux contribué à l’essor du 7e art que l’argent et la mise en marché. On y révèle aussi l’histoire des premières vedettes de cinéma, des gros plans et des effets spéciaux tout en voyageant jusqu’à Hollywood pour y montrer comment le spectacle est devenu mythe.
02 – 1918-1928 – Le triomphe du cinéma américain
Le deuxième épisode aborde la folie des années 1920 lorsque Hollywood est devenu l’industrie du rêve et du glamour telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette époque aura vu naître l’apparition des cinéastes étoiles comme Charlie Chaplin et Buster Keaton. Toutefois, l’artifice de ce star système était déjà contesté par des auteurs comme Robert Flaherty, Eric Von Stroheim et Carl Theodor Dreyer, qui privilégiaient un cinéma à la fois mature et sérieux.
03 – 1918-1932 – Les cinéastes se rebellent
Les années 20 et le début des années 30 ont toujours été considérés comme l’âge d’or du cinéma. Cet épisode visite Paris, Berlin, Moscou, Shanghai et Tokyo afin d’explorer les régions qui ont vu naître des mouvements cinématographiques qui ont repoussé les limites du médium. L’expressionnisme allemand, l’école du montage soviétique, l’impressionnisme français et le surréalisme, tous ces courants ont su tailler leur place dans l’histoire du cinéma.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : LCDC (film rare) DVD VF

Lire aussi :
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma Royaume-Uni, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Saladin


Bibliographie histoire

 

Pour le monde arabo-musulman, Saladin est une figure mythique : de Nasser à Saddam Hussein, nombreux sont les dirigeants qui se sont réclamés de lui, nombreux les poètes et les artistes qui ont exalté sa mémoire. À Damas, son mausolée est aujourd’hui encore un lieu de pèlerinage. En Occident aussi, une véritable légende s’est construite autour de ce sultan kurde (1137-1193) devenu champion de l’islam et souverain d’un immense empire. Il est celui qui sut reprendre Jérusalem aux croisés et susciter chez ses adversaires chrétiens, notamment Richard Cœur de Lion, une certaine admiration.

Dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, Anne-Marie Eddé a voulu comprendre la formidable popularité qui fut celle de Saladin, une popularité à laquelle il veilla toujours de très près. Une propagande inlassable encensait le sultan, défenseur de l’islam, serviteur fidèle du calife de Bagdad, parangon de justice, magnanime et généreux envers ses sujets comme envers ses ennemis…

S’efforçant de faire la part de l’imaginaire et de la réalité, Anne-Marie Eddé replace le personnage dans l’époque tourmentée qui fut la sienne. Elle décrit l’ascension d’un homme doté d’un grand sens politique, qui parvint à étendre sa domination sur un territoire allant du Nil à l’Euphrate et du Yémen au nord de la Mésopotamie ; un homme authentiquement intéressé par la vie religieuse, soucieux d’appliquer la loi musulmane, sans concessions mais sans excès non plus, notamment à l’égard des communautés juives et chrétiennes ; un homme qui fut un guerrier infatigable, mais aussi un administrateur doué d’une prodigalité qui faisait le désespoir de ses proches. Un homme, enfin, qui montra autant de volonté dans la maladie, le deuil et les combats déçus que sur les chemins de la gloire.

Anne-Marie EDDÉ, Saladin, Flammarion, 2016 [Texte en ligne].
Avis de : Les clés du Moyen-OrientREMMM.

Lire aussi :
Index Géographie-Histoire, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

L’expulsion [des musulmans d’Espagne]


Bibliographie littérature
Bibliographie histoire

 

1609-1610 : Philippe III d’Espagne et le duc de Lerma décident d’expulser les morisques de la Péninsule ibérique. Ces cinq cent mille hommes et femmes, nés en Andalousie, sont les descendants des populations musulmanes converties au christianisme plus d’un siècle auparavant, et, pour la plupart, travaillent sur les terres des Grands d’Espagne comme cultivateurs, jardiniers, artisans. Embarqués de force dans des navires loués aux Vénitiens, aux Génois et aux Français, les morisques sont envoyés malgré eux en Afrique du Nord, soupçonnés d’apostasie et de trahison.

Cette trame historique est la toile de fond du nouveau roman de Michel del Castillo, où se côtoient les figures emblématiques de cet épisode tragique de l’histoire d’Espagne : celles du roi et de son favori, des représentants de l’armée, des Grands, de l’Église, mais aussi celles, plus juvéniles et plus humbles, de leurs victimes ou de leurs ennemis.

Michel del Castillo livre un roman troublant dont les racines plongent dans cette Espagne qui lui est si chère et nous rappelle un épisode oublié qui fait écho à la sourde angoisse planant aujourd’hui sur l’Europe.

Michel DEL CASTILLO, L’expulsion, Fayard, 2018 [Texte en ligne].

Résumé de l’histoire de l’expulsion des morisques

L’avancée de la Reconquête au XIIe et XIIIe siècle a entraîné une conséquence : la naissance d’une nouvelle minorité, celle des mudéjares ou musulmans tributaires d’un souverain chrétien. La prise de Tolède (1085) et celle de Saragosse (1118) fait passer sous domination chrétienne des masses humaines que l’on ne peut pas ou que l’on ne veut pas chasser.

Les musulmans demeurés en terre devenue chrétienne se retrouvent placés dans une situation de subordination plus o moins bien supportée, malgré les proclamations rassurantes des souverains chrétiens qui promettent de respecter leur langue, leur culte, leur droit et leurs coutumes. On a ainsi vu Alphonse VI se proclamer « empereur des deux religions » au lendemain de la prise de Tolède, mais la grande mosquée sera transformée en cathédrale très tôt, en dépit des promesses d’Alphonse VI. Dans la plupart des régions concernées, la Reconquête entraîne, immédiatement ou à l’issue de révoltes ultérieures, une forte émigration des musulmans vers le royaume nasride de Grenade ou vers l’Afrique du Nord et les déclarations rassurantes des souverains chrétiens s’expliquent davantage par un calcul opportuniste (il s’agit de retenir et contrôler désormais les fortes populations musulmanes pour mettre le pays en valeur) que par un souci de « tolérance » bien anachronique. Des communautés mudéjares (de l’arabe muddagan qui évoque, pour un animal, le fait d’être apprivoisé, dompté) demeurent cependant dans les huertas de Valence et de Murcie, ainsi que dans la vallée de l’Èbre. Ils constituent une main-d’œuvre agricole experte et peu exigeante. Dans ces régions, les musulmans sont à la fois plus nombreux et plus regroupés que dans la Couronne de Castille où ils sont beaucoup plus dispersés.

Les morisques sont les descendants des musulmans d’Espagne convertis de force au catholicisme. Les capitulations de Grenade de novembre 1491 avaient garanti aux musulmans le libre exercice de leur culte. Les Rois Catholiques espéraient qu’ils finiraient par se convertir mais n’envisageaient pas de les y contraindre. Mais, étant donné que les conversions étaient trop lentes et trop peu nombreuses, en 1499 le cardinal Cisneros est chargé d’accélérer le mouvement. Les mudéjares de Grenade en 1501, puis ceux de l’ensemble du royaume de Castille en 1502, furent contraints de se convertir ou de quitter l’Espagne. À Valence, les mudéjares furent baptisés de force et la mesure fut étendue à tous les musulmans de la Couronne d’Aragon en 1525. À cette date, il n’y a plus officiellement de musulmans en Espagne. La réalité est tout autre et personne n’est dupe. Les morisques restent ce qu’ils étaient : des musulmans.

Dans le nord, le centre et même en Andalousie –en dehors du royaume de Grenade- les morisques sont peu nombreux et dispersés dans de petites communautés urbaines où ils sont en voie d’assimilation. Les morisques sont surtout concentrés dans trois zones : l’Aragon, Valence et Grenade. Dans les deux premières, ils mènent une existence précaire sans chefs pour les guider et les conseiller. À Grenade, au contraire, ils ont conservé leurs élites religieuses et sociales. Partout, ils sont placés sous la domination de seigneurs qui les exploitent durement, mais les protègent contre les tracasseries de l’administration dans la mesure où ils représentent une main-d’œuvre laborieuse, docile et efficace.

En 1566 on publia à Madrid une série d’interdictions et de mesures pour contraindre la population à s’assimiler : il leur est interdit de parler arabe, de célébrer leurs fêtes traditionnelles, de porter de vêtements spécifiques… Après deux années de vaines négociations, les Morisques des Alpujarras se soulevèrent le 24 décembre 1568, tentant d’entraîner ceux de l’Albaicín. La guerre des Alpujarras avait commencé. En avril 1569, don Juan d’Autriche fut chargé de mater la rébellion. Le 1er novembre 1570, on décida d’envoyer tous les Morisques du royaume de Grenade en Castille, en Andalousie occidentale et en Estrémadure. Une première vague de 50.000 personnes fut ainsi déportée pendant l’hiver 1570-1571. On estime que 30% des Morisques moururent en route entre le 1er novembre 1570 et le printemps 1571.

Un thème prend de l’ampleur dans les années 1580, celui des morisques comme ennemis de l’intérieur, prêts à faire alliance avec l’ennemi extérieur, les Turcs. L’idée d’une expulsion fait des progrès L’expulsion définitive des Morisques de la Couronne d’Aragon fut décrétée le 4 avril 1609 et celle des Morisques d’Andalousie et de Murcie prit effet le 10 janvier 1610. Au total, 300.000 personnes furent expulsées d’Espagne. Les Morisques déportés trouvèrent refuge principalement au Nord du Maghreb. Au Maroc, ils s’installèrent surtout à Rabat, Salé, Fès et les principales villes du Nord-marocain comme Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Asilah et Larache. En Algérie, ils s’installèrent notamment à Oran, Tlemcen, Alger, Cherchell, Nedroma, Koléa ainsi que d’autres villes. En Tunisie, les villes de Tunis et Testour sont connues pour avoir accueilli un grand nombre de réfugiés morisques.

Source : Mudejares et morisques, Histoire de l’Espagne

Lire aussi :
Fernand BRAUDEL, Conflits et refus de civilisation : espagnols et morisques au XVIe siècle, Annales, 1947.
Louis CARDAILLAC, Vision des morisques et de leur expulsion, quatre cents ans après, Cahiers de la Méditerranée, 2009.
Raphaël CARRASCO, Les morisques au XVIe siècle : de l’échec de l’évangélisation à la répression généralisée, Cahiers d’études du religieux, 2008.
Jean-Pierre DEDIEU, Les morisques, des étrangers sur leur propre sol, SITEpdf, 2011.
Bernard DUCHARME, Les Morisques : loyaux sujets ou maladie de la République ?, Cahiers d’histoire, 2014.
Isabelle POUTRIN, L’évêque Esteve et les morisques – Un projet policier pour la conversion (Espagne, fin XVIe siècle), Conversion/Pouvoir et religion, 2015.
Marc TERRISSE, La diaspora morisque : une histoire globale méconnue, Hommes & Migrations, 2016.
Rodrigo de ZAYAS, L’expulsion des morisques d’Espagne, Le Monde diplomatique, 1997.
Index Littérature, Monde en Question.
Veille informationnelle Livres, Monde en Question.
Dossier documentaire Histoire, Monde en Question.

Ce nain que je ne saurais voir !


 

Réalisateur : Christophe Bier
Durée : 0h54
Année : 2005
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Un documentaire sur les nains et leurs rôles dans le cinéma.
Fiche : IMDb
Partage proposé par : Zone Telechargement (film rare) DVD FR
Avis de : Le coin du cinéphageLibération

Lire aussi :
Christophe BIER, Les nains au cinéma, Christophe Bier, 1998 [BNF].
Entretiens, Revues de cinema, 2009 – Revues de cinema, 2010.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France , Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Propaganda – La fabrique du consentement


 

Réalisateur : Jimmy Leipold
Durée : 0h53
Année : 2017
Pays : France
Genre : Documentaire
Résumé : Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de « Propaganda », un passionnant décryptage des méthodes de la « fabrique du consentement ». Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de « fabrique du consentement » des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur.
Fiche : Arte
Partage proposé par : 9docu HD 720 VOSTFR

Avis de Ciné Monde : Contrairement à ce que répètent en boucle les médias dominants, la propagande n’est née ni en URSS en 1917 ni en Allemagne entre 1923 et 1933, mais bien aux États-Unis et fut théorisée et appliquée par Edward Bernays. Sa carrière résumée en trois dates :
• En 1917, Edward Bernays fit ses premières armes de propagandiste au sein de la Commission Creel. Charlie Chaplin participa activement à la campagne de propagande en faveur de la guerre [03’38].
• En 1929, Edward Bernays lança avec succès une campagne sur la libération des femmes… par la cigarette [18’50]. L’instrumentalisation du féminisme n’est pas nouveau.
• En 1954, Edward Bernays mena campagne pour renverser le gouvernement du Guatemala afin de préserver les intérêts d’United Fruit Company [45’00].

Lire aussi :
Edward BERNAYS, Propaganda – Comment manipuler l’opinion en démocratie, 1928, La Découverte, 2007 [Texte en lignepdf].
Sandrine AUMERCIER, Edward L. Bernays et la propagande, Revue du MAUSS, Juillet 2007.
Normand BAILLARGEON, La commission Creel et le viol des foules, Voir, 07/11/2012.
Patrick MICHEL, Il y a 100 ans : premier exercice de propagande de masse avec la commission Creel, Acrimed, 14/09/2017.
Corinne AUTEY-ROUSSEL, Une brève histoire de la propagande, Entelekheia, 19/11/2017.
Dossier documentaire Edward BERNAYS, Monde en Question.
Dossier documentaire Propagande, Monde en Question.
Cinémathèque, Ciné Monde.
Dossier Cinéma France, Monde en Question.
Index Cinéma (Tous les dossiers), Monde en Question.
Veille informationnelle Cinéma, Monde en Question.

Le jardin oublié – La vie et l’œuvre d’Alice Guy-Blaché


 

Réalisateur : Marquise Lepage
Durée : 0h52
Année : 1995
Pays : Canada
Genre : Documentaire
Résumé : Le documentaire reconstitue l’univers de de la première réalisatrice de l’histoire du cinéma grâce à des entrevues réalisées par les télévisions européennes autour des années 1960, des extraits de ses films, des archives familiales, des témoignages de personnes qui l’ont connue, d’universitaires et d’historiens du cinéma.
Fiche : Film documentaireIMDb
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Avis de Ciné Monde : Les images d’archives d’Alice Guy sont plus intéressantes que les témoignages.

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