Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Charlottesville – Race and Terror


Le samedi 12 août 2017, des centaines de suprémacistes blancs, néonazis et racistes – ce que l’on appelle « l’alt-right » – ont convergé à Charlottesville, dans l’État américain de Virginie, pour prendre part à un rassemblement nommé « Unite the Right ». Une contre-manifestante de 32 ans, Heather Heyer, présente pour afficher son opposition au rassemblement haineux, a été fauchée par une voiture conduite par James Field, un militant d’extrême droite.

La journaliste de l’émission VICE News Tonight, Elle Reeve, a suivi pendant tout ce rassemblement les allées et venues de différents leaders suprémacistes blancs, parmi lesquels Christopher Cantwell, Robert Ray, David Duke et Matthew Heimbach, ainsi que les contre-manifestants après la mort de Heather Heyer.

Lire aussi :
Nathan J. ROBINSON, L’esclavage n’a jamais été aboli aux USA, Entelekheia.

Ceci est le troisième article que nous consacrons au maintien de l’esclavage aux USA via le vide juridique laissé par le treizième amendement de la Constitution (censé l’abolir, mais qui se contente d’en changer la forme). C’est que, outre son aspect évident de scandale, le sujet nous semble particulièrement symptomatique de la neutralité axiologique du libéralisme/capitalisme dénoncée à plusieurs reprises par le philosophe Jean-Claude Michéa, en termes plus crus de son amoralité – amoralité dans le fonctionnement, ainsi que dans la manipulation de l’opinion qui lui sert à masquer ses méthodes et buts réels. Par exemple, dans le cas de l’esclavage américain, plus de 99% de l’opinion mondiale croit dur comme fer qu’il a été aboli aux États-Unis en 1865, date de l’entrée en vigueur du treizième amendement. Ce simple fait donne la mesure de l’incroyable succès de la manipulation de l’information par les leaders historiques et actuels des USA, puisqu’une simple lecture de l’amendement en question suffit à comprendre qu’il n’abolit en rien l’esclavage. Qui perdure, au nez et à la barbe de l’opinion, au point qu’aujourd’hui, les USA comptent encore plus de travailleurs forcés qu’avant la Guerre de Sécession.

Actuellement, les USA ont le plus fort taux d’incarcération au monde ; l’industrie privée de l’armement (le fameux « complexe militaro-industriel »), qui défend ses ventes d’armes pléthoriques au Pentagone en arguant de la « préservation des emplois américains » garantie par l’activité incessante de ses chaînes de montage, affecte en réalité nombre d’équipes de prisonniers non payés à l’assemblage de ses bombes et missiles (c’est d’un rapport encore meilleur que les délocalisations !) ; comme nous le verrons dans l’article ci-dessous, certains États abaissent leurs coûts de fonctionnement par l’emploi de travailleurs forcés ; l’État fédéral, premier complice historique du secteur privé américain, incite les entreprises à embaucher des équipes de travailleurs incarcérés soit non payés, soit seulement rémunérés de quelques cents de l’heure ; un vivier de « criminels » noirs et pauvres est artificiellement maintenu par une éducation au rabais pour les enfants noirs, et une culture criminogène véhiculée par le rap et autres apologies manufacturées de la violence (la « gang culture ») à destination des plus grands ; les personnes sans qualifications non emprisonnées ne sont pas, et n’ont aucune chance d’être compétitives face à des travailleurs non payés, d’où une aggravation du chômage ; pour finir (même si la présente liste des maux engendrés par la perpétuation de l’esclavage aux USA n’a rien exhaustif), le racisme reste une institution qui imprègne toute la société américaine, qu’elle en soit consciente ou non, à droite comme à gauche de la vie politique.

Pour notre part, nous pensons que rien ne viendra à bout de ce racisme tant que le treizième amendement de la Constitution restera en vigueur, c’est-à-dire, tant que le racisme restera utile au maintien de bénéfices importants – et donc, qu’il restera alimenté de mille et une manières par la propagande grand public (dont quelques-unes subtiles, par exemple la défense du rap le plus misogyne et agressif par la pop culture de gauche – et sous couvert d’anti-racisme, encore !)

Après les événements de Charlottesville, au moment où l’Amérique de la bonne conscience abat des statues de confédérés au prétexte de leur racisme, est-ce que le débat sur la nécessaire révision de sa Constitution aura enfin lieu ?

Dossier documentaire Racisme, Monde en Question.
Dossier documentaire USA, Monde en Question.

Publicités

Commentaire pour cet article sinon utilisez le Forum

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :