Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Mensuelles: avril 2011

Lâche-moi la vulve !


En ce jour de festivités princières, au moment où les plus gros parasites de la planète paradent sous les yeux envieux du bon peuple strangulé lentement mais sûrement par leur avidité sans fond et leur inutilité patentée, je vous offre quelques minutes de grâce, de fraîcheur et de bonne humeur !

Lire la suite… Le Monolecte – Blog d’Agnès Maillard

Lire aussi :
• Stéphane HEUZE (sous la direction de), Changer le corps ?, La Musardine, 2000.
Aujourd’hui véritable phénomène de société, les modifications corporelles (tatouage, piercing, scarifications, implants, chirurgie plastique) s’enracinent pourtant dans l’histoire la plus lointaine. Signe d’appartenance à un groupe, rituel initiatique ou marque du statut social, la décoration permanente du corps renseigne sur les différentes cultures et croyances des civilisations actuelles ou passées.
• Gérard ZWANG, Éloge du con – Défense et illustration du sexe féminin, La Musardine, 2008.
Cet Éloge du con, compilation d’articles écrits pour les Cahiers de Sexologie clinique, est une synthèse des principaux thèmes chers au docteur Zwang en même temps qu’un vibrant plaidoyer pour ce que François Mauriac nommait « l’ignoble petit mot de trois lettres ».
Le premier texte, par un détour lexicologique, montre l’universelle dépréciation de la désignation du sexe féminin (source inépuisable d’injures, telle « n’être qu’un con ») comparée aux flatteuses appellations du sexe viril.
Dans les textes qui suivent, Zwang se fait l’apôtre d’une « esthétique vulvaire », redonne toute son importance (et sa place) au clitoris, s’insurge contre la mode de l’épilation et nous parle gravement de la sodomie.
Dossier documentaire & Bibliographie Corps, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Sexualité, Monde en Question.

Les choses se compliquent de plus en plus en Libye


Sans fin en vue, la situation en Lybie est en train de tourner au désastre humanitaire avec des conséquences étendues.

Après des semaines de combats en dents de scie, le conflit lybien semble être arrivé à un point mort. Les alliés occidentaux semblaient tenir pour acquis qu’ils pourraient intervenir et chasser le dirigeant lybien Mouammar Kadhafi par le biais de frappes aériennes.

Mais même avec l’aide des bombardements alliés, les forces rebelles se sont montrées incapables de prendre un avantage apparent sur les troupes gouvernementales.

En fait, avec l’augmentation du nombre des pertes civiles et un désastre humanitaire qui va grandissant, les opérations militaires occidentales n’ont réussi qu’à convaincre quelques rebelles que l’opposition est en train de trahir les intérêts nationaux et qu’elle recourt aux puissances occidentales pour renforcer ses propres intérêts.

L’impotence politique de l’opposition apparait progressivement. Car à part accuser le régime de Kadhafi de corruption et de dictature, elle n’a trouvé aucun autre argument convaincant permettant de remettre sa légitimité en cause.

L’opposition est composée d’un grand nombre de factions luttant pour le pouvoir, ce qui a sapé l’unité des rebelles, et les alliés occidentaux craignent que dans une ère post-Kadhafi, l’opposition soit incapable de restaurer l’ordre.

Pour les alliés, une intervention militaire qui s’éterniserait aurait pour résultat inévitable un nombre croissant de pertes civiles et de graves problèmes humanitaires, comme la destruction des infrastructures civiles, un afflux de réfugiés et une pénurie de nourriture et de soins médicaux. Ce qui permettrait au régime de Kadhafi de faire tout un ramdam sur la misère du peuple lybien et de proclamer que les souffrances du peuple ont été causées par l’Occident et que la seule porte de sortie est de revenir au statu-quo ante.

Une intervention militaire des alliés qui s’éternise pourrait aussi consolider les sentiments anti-guerre dans leurs propres pays, et du fait de la crise financière et de la situation fiscale déjà difficile dans les pays occidentaux, les alliés ne pouvant financer de manière infinie leur opérations militaires sur le terrain.

Après avoir encaissé les frappes aériennes des alliés et les attaques de l’opposition, Kadhafi a eu tôt fait de débuter une offensive diplomatique. Il n’a épargné aucun effort pour obtenir le soutien des pays voisins de l’Union Africaine et a utilisé le fait que la Lybie, en tant que pays africain, souffre d’une intervention étrangère pour réveiller la flamme de sentiments anti-colonialistes latents. Le leader lybien souhaite voir toute l’Union Africaine soutenir sa légitimité.

En Afrique, le gouvernement de Kadhafi est de plus en plus considéré comme le porte-drapeau du combat contre l’intervention colonialiste occidentale. La Lybie est en train de devenir la ligne de front des pays africains contre les ingérences occidentales, plutôt qu’un endroit où les Nations-Unies ont donné mandat pour l’instauration d’une zone d’interdiction de vol destinée au maintien de la paix, qui avait pour but d’empêcher que les civils lybiens ne soient attaqués par le régime de Kadhafi.

Plus longtemps les pays occidentaux seront entraînés dans le conflit intérieur de la Lybie, et plus les sentiments anti-interventionnistes de l’Afrique se renforceront, avec pour résultat que la légitimité politique de l’opposition lybienne se réduira plus encore, obligeant l’Occident à entreprendre des opérations encore plus étendues en Lybie, ce qui les conduira en fin de compte à s’enliser en Afrique.

Comparée avec l’unité croissante de l’Afrique, la fragmentation du monde arabe pourrait porter préjudice aux espoirs de trouver une solution à la situation en Lybie. S’agissant du problème lybien, les pays arabes semblent plongés dans la confusion.

Ils ont d’abord essayé d’inciter les pays occidentaux à intervenir dans le conflit lybien et tenté de laisser Kadhafi servir de mouton à sacrifier pour tous les troubles du Moyen-Orient, en particulier ceux qui font face à la pression de la révolte de leur propre peuple.

Mais quand Kadhafi a commencer à résister aux frappes militaires des alliés, la Ligue Arabe a commencé à se démarquer légèrement de l’Occident pour éviter d’être étiquetée comme « traitre aux intérêts arabes » par ses peuples. Ceux des pays, rares, qui suivent avec fermeté les traces des occidentaux pourraient fort bien connaître le prix de la colère du monde arabe dans le futur.

Plus largement, la crise lybienne a causé une division du monde arabe en trois parties. Ceux qui se sont tournés vers l’Afrique, ceux qui se sont tournés vers l’Iran et ceux qui se sont tournés vers l’Occident. Avec pour résultat que l’influence du monde arabe dans les affaires du monde en a été encore réduite.

L’implication croissante de l’Occident, combiné avec les relations complexes entre pays de la région et les conflits et rancoeurs religieuses et tribales, tout cela risque de compliquer plus encore la situation et de rendre plus difficile encore l’établissement de la paix dans la région.

Renmin Ribao

Polémiques et antidotes contre certains mythes et mantras « gauchistes »


Polémiques et antidotes contre certains mythes ou mantras « gauchistes » est la sixième anthologie publiée par Ni patrie ni frontières. Environ deux tiers de ce volume présentent des textes parus dans la revue entre 2002 et 2007 quand cette publication était encore photocopiée. Le dernier tiers est constitué de contributions inédites ou publiées uniquement sur Internet entre 2007 et 2010.

Les articles rassemblés dans ce recueil sont liés à des questions débattues dans les milieux d’extrême gauche, d' »ultragauche », anarchistes ou libertaires : le citoyennisme, la laïcité, le multiculturalisme, les mouvements antiguerre, les « émeutes « de 2005, l’opéraïsme italien, Mai 68, le mouvement contre le CPE en 2006, l’antisémitisme supposé de Chavez, les thèses de Huntington, le terrorisme d’extrême gauche, les rapports avec le PS, le rôle des bureaucraties syndicales, la « victoire du non » lors du référendum de 2005, les théories du complot, les limites de la liberté d’expression et de la démocratie bourgeoise. Ces textes n’ont pas tous été écrits pour la revue, et le choix de les reproduire est donc dicté par le fait qu’ils nous semblent toucher des points sensibles et poser de bonnes questions.

Il faut donc savoir aller à contre-courant, prendre à rebrousse-poil les militants, secouer leur conformisme, leur paresse intellectuelle et leur….conservatisme. Percevoir ce qui se cache derrière la langue de bois de leurs dirigeants, mais aussi sous le langage sophistiqué des intellectuels qui se donnent un vernis contestataire ou « antilibéral ». Impossible de s’arrêter à la dénonciation du seul « néo-libéralisme » ou du « social-libéralisme ».

Il faut aussi démasquer les ennemis de l’universalisme, les défenseurs prétendument désintéressés des « identités » nationales, régionales, ethniques ou sexuelles, qui essaient de nous vendre l’illusion d’un capitalisme « à visage humain », « durable » ou « équitable », en totale symbiose avec l’idéologie des bureaucraties des grandes organisations internationales comme l’UNESCO et l’ONU, toutes plus féministes, antiracistes et multiculturalistes les unes que les autres.

Lire la suite… La Bataille socialisteNi patrie, ni frontières.
Cette sixième compilation de Ni patrie ni frontières sera disponible à partir du 10 mai 2011.

Lire aussi :
• Ni patrie ni frontières, SiteLieux Communs.
Dossier documentaire & Bibliographie Léninisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Luxemburgisme – Spartakisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Maoïsme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Marxisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Socialisme ou Barbarie, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Trotskysme, Monde en Question.
• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi

Midi rouge


Midi rouge est une trilogie consacrée à l’histoire de Marseille et des Bouches-du-Rhône entre 1930 et 1950.

Robert MENCHERINI, Midi rouge, ombres et lumières 1.Les années de crise, 1930-1940, Syllepse, 2004.
Robert MENCHERINI, Midi rouge, ombres et lumières 2.Vichy en Provence, Syllepse, 2009.
Robert MENCHERINI, Midi rouge, ombres et lumières 3.Résistance et Occupation (1940-1944), Syllepse, 2011 [Quotidien de Marseille].

Lire aussi :
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL

« Le Capital » aujourd’hui


En écrivant Le Capital, Marx se proposait « de dévoiler la loi économique du mouvement de la société moderne ». Le centenaire du Capital offre une excellente occasion de juger la validité ou la non-validité de la loi hypothétique formulée par Marx quant à l’origine l’existence, l’épanouissement et la mort du système capitaliste. Aujourd’hui comme autrefois, sa justesse est encore controversée. On ne saurait s’en étonner, car on ne peut pas s’attendre à ce qu’elle soit acceptée par ceux qui voient dans le capitalisme « non une phase transitoire du progrès historique, mais bien une forme absolue et définitive de la production sociale ». L’étude objective de la société capitaliste, Marx ne pouvait la concevoir que sous l’angle de l’opposition et de la critique : c’est-à-dire du point de vue de la classe sociale qui n’a rien à redouter, qui a tout à gagner de la dissolution du système capitaliste. De même que l’économie bourgeoise en tant que telle claironna l’effondrement de la féodalité et l’accession de la classe des capitalistes au rang de classe dirigeante, de même son programme critique révélait la loi immanente du développement du capitalisme et de sa marche vers l’issue fatale. Les critiques du capitalisme pouvaient prétendre à l’objectivité scientifique ; ses défenseurs ne le pouvaient pas. Sans aucun doute, c’est grâce à cène objectivité rigoureuse que Le Capital a remué la société capitaliste tout au long d’un siècle, et demeure à ce jour la théorie économique la plus ardemment discutée. Tandis que les œuvres de l’école classique sont sans exception reléguées dans l’histoire de la pensée économique, Le Capital a gardé toute son actualité.

Lire la suite… Paul MATTICK, « Le Capital » aujourd’hui, Études de Marxologie n°11, Juin 1967 [La Bataille socialiste].

Lire aussi :
• Paul MATTICK, Archive Internet des MarxistesLa Bataille socialiste
• Études de Marxologie (1959-1994), La Bataille socialiste
Dossier documentaire & Bibliographie Marxisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Luxemburgisme – Spartakisme, Monde en Question.

Critique Sociale n°16


Lire aussi :
• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi
Dossier documentaire & Bibliographie Luxemburgisme – Spartakisme, Monde en Question.

La démocratie – Histoire d’une idéologie


Au XXe et au XXIe siècle, les puissances occidentales ont substitué les bombes de la démocratie au sabre du christianisme. Hier, on s’acharnait à convertir les « sauvages » aux lumières de la civilisation chrétienne et aujourd’hui à celles de la démocratie. Les conversions se font toujours l’arme au poing, mais pilotée aujourd’hui à très longue distance…

Tout le monde se réclame de la démocratie, mais sans préciser de quoi l’on parle. Or, l’histoire de la démocratie, telle qu’on nous la raconte, est une imposture basée sur une falsification de l’histoire :

Il est d’usage dans l’opinion commune de considérer que la démocratie est une invention grecque. On a pu mesurer l’influence de cette thèse approximative lors de l’élaboration du projet de préambule à la Constitution européenne (rendu public le 28 mai 2003). Les personnalités qui, au terme de longues manœuvres politiciennes ont mis au point ce texte – et, parmi les plus influentes d’entre elles, l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing – ont cru bon de frapper la Constitution naissante au coin du classicisme grec en ouvrant le préambule par une citation extraite de l’oraison funèbre que Thucydide attribue à Périclès (430 av. J.C.) : « Notre Constitution est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du peuple tout entier. »
Cette version n’est rien d’autre qu’une falsification des propos que Thucydide prête à Périclès. Aussi apparaît-il fondamental de chercher à connaître la raison d’une telle « bassesse » philologique.
Voici ce que dit Périclès dans la longue et complexe harangue que lui attribue Thucydide : « Notre régime politique [il est, bien entendu, anachronique et erroné de traduire politeia par « Constitution »] a pour nom démocratie parce que, dans l’administration [oikein], les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité. »

Luciano CANFORA, La démocratie – Histoire d’une idéologie, Seuil, 2006 p.21 et 22 [Le Monde diplomatiqueObouloPolitique et Sociétés].

Voici un livre qui ne manquera pas de soulever des controverses. La Grèce, dit-on, a inventé la démocratie. Lieu commun, répond Luciano Canfora, et qui ignore totalement le fait qu’aucun auteur athénien ne célèbre la démocratie… Dès lors, le lecteur est guidé dans un parcours de l’histoire européenne qui, de l’Antiquité à l’ère des révolutions, de la Troisième République à la révolution russe, à l’ère du fascisme à la chute du mur de Berlin, ne cesse d’interroger la démocratie, ses masques et ses dérives : le suffrage universel est-il aussi démocratique qu’on le croit ? Qui détient vraiment le pouvoir dans les démocraties ? Enfin, à l’ère des médias, n’est-il pas temps d’inventer une nouvelle forme de démocratie ?

Le mérite de ce livre est de montrer que le suffrage universel (acquis seulement en 1946 en France) fut le résultat de luttes de classes pour l’imposer aux possédants qui n’en voulaient pas (« c’est déjà le communisme » disaient-ils) ; de montrer aussi que les possédants surent rapidement le domestiquer (grâce à la collaboration des socialistes) pour garder le pouvoir. Le suffrage universel est un hochet qui masque la nature du pouvoir… objet du dernier livre de Luciano Canfora.

11/04/2011
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• Luciano CANFORA, La démocratie comme violence, Desjonquères, 1989.

« Bien que l’égalité, dans son degré le plus extrême, se confonde avec la liberté », dans la réalité – disait Tocqueville – « le goût que les hommes ont pour la liberté et celui qu’ils ressentent pour l’égalité sont deux choses inégales » ; « la liberté donne, de temps en temps, à un certain nombre de citoyens de sublimes plaisirs; l’égalité fournit chaque jour une multitude de petites jouissances à chaque homme ».
C’est justement le tableau que l’auteur anonyme de la « Constitution d’Athènes » a esquissé à propos de la cité démocratique par excellence, Athènes. Là, à son avis, les jouissances de l’égalité ont tué, grâce à la démocratie, le plaisir sublime de la liberté.
S’appuyant sur une relecture de ce texte, Luciano Canfora déroule le fil conducteur qui relie les républiques antiques aux démocraties modernes et constate l’antinomie toujours renaissante entre élan démocratique et désir de liberté.
Y a-t-il donc entre les deux idées dominantes de la pensée politique occidentale une opposition inconciliable ?

• Luciano CANFORA, L’imposture démocratique – Du procès de Socrate à l’élection de G.W. Bush, Flammarion, 2003 [ExtraitsA contresens].

Socrate condamné à mort par une courte majorité de trente voix ; George W. Bush élu président des États-Unis parce que l’on décide d’arrêter le décompte des suffrages qui l’aurait donné perdant : le triomphe absurde de la loi de la majorité dans un cas, sa négation dans l’autre… Que devient la démocratie lorsque le vote se négocie sur le marché politique ? Lorsque gouvernent des instances supranationales et non électives comme la Banque européenne et le Fonds monétaire international ? À rebours de la pensée unique et du « démocratiquement correct », Luciano Canfora livre une analyse sans concessions des démocraties occidentales et de leurs errements.

• Luciano CANFORA, L’œil de Zeus – Écriture et réécritures de l’Histoire, Desjonquères, 2006 [Fabula].

À la lumière de l’expérience de l’édition en cinq langues de son essai « La Démocratie, histoire d’une idéologie », Luciano Canfora soulève une question essentielle : l’usage de l’Histoire et sa réécriture en fonction du présent, surtout lorsqu’il s’agit de sujets sensibles comme le stalinisme ou le nazisme.

• Luciano CANFORA, Exporter la liberté – Echec d’un mythe, Desjonquères, 2008 [FabulaLes Lettres FrançaisesPaperblog].

«La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique», dit Robespierre, «est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme ennemis.»
Depuis toujours, les gouvernements ont masqué sous des motifs vertueux les vraies raisons qui les faisaient entrer en guerre.
À partir d’exemples empruntés de l’Antiquité à nos jours, Luciano Canfora dénonce cette «perversion morale, culturelle et politique» qui permet à un État de poursuivre une politique d’hégémonie tout en se drapant du titre de défenseur de la liberté.

• Luciano CANFORA, La nature du pouvoir, Belles Lettres, 2010 [FabulaLe MondeLe nouvel Economiste].

« La belle mécanique n’a pas fonctionné comme prévu. Le suffrage universel, finalement conquis (plus ou moins tard selon les pays et en Italie presqu’en dernier), a déçu trop souvent ceux qui s’étaient battus pour lui et n’a pas produit les effets espérés. Au contraire, les urnes ont servi à légitimer des équilibres, des classes, un personnel politique presque immuable – et peu importe si ce dernier est diversifié et divisé. Et si le vrai pouvoir était ailleurs ? C’est ce dont il sera question, cher lecteur, dans les pages qui suivent ». Canfora insinue bien plus que de vagues soupçons sur les déguisements du pouvoir : cette domination de quelques-uns – elle n’est d’un seul qu’en apparence – qui ne peut cependant se maintenir qu’à condition de s’assurer un large consensus. Tout en restant, bien entendu, au sens plein de ce mot, une domination.

• Le point d’implosion de l’idéologie démocratiste, Le Brise-Glace 1989-2009.
• Virginie MESGUICH, Luciano Canfora : une vision contestataire de la notion de démocratie, Séminaire « Sécurité, normativités et mondialisation 2007-2008 », 13/03/2008.
• Luciano CANFORA, Peut-on critiquer la démocratie ?, Séminaire « Marx au XXIe siècle », 15/11/2008.
• Jean-Louis PRAT, Quelle démocratie ?, Revue du Mauss, 18/11/2010.
• Démocratie, Encyclopédie de L’Agora.

Les théories de la Géopolitique


Malgré la popularité acquise désormais par la géopolitique, malgré l’usage devenu courant, et parfois de manière inconsidérée, du vocable, et en dépit de la prolifération des articles, revues, livres et atlas excipant d’elle, le doute n’est toujours pas vraiment levé quant à son existence comme discipline authentique ; c’est à dire dotée d’un objet propre, de concepts et de méthodes d’investigation et d’exposition appropriés. Ni parmi les universitaires, ni dans le grand public, la géopolitique n’impose complètement la stature d’un cadre d’expertise. La faute de tout cela incombe à une sémantique dispersée et imprécise, à une approximation terminologique qui altère sa propre définition, à l’empirisme des travaux qui se revendiquent d’elle et qui ne démontrent rien. Certes, il ne faut pas trop noircir le tableau parce que la conscience de ces insuffisances existe, et qu’au gré des publications, on trouve heureusement de nombreuses analyses factuelles pertinentes et fortement instructives. Par ailleurs, il faut se dire que la géopolitique ne sera jamais une science pure, et cela pas plus et pas moins que n’importe laquelle des autres « sciences sociales » qui ont toutes montré leurs limites. Cette terminologie, rappelons le, faisait frémir Claude Lévi-Strauss parce qu’il voyait en elle une imposture.

Les théories de la Géopolitique, L’espace politique

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Géopolitique, Monde en Question.
• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi

Les médias dans les blogs


• 14/04/2002, Anthropologie et marketing – Le don en marketing, Jacqueline Winnepenninckx

L’objet de cet article est de reprendre ces différentes perspectives, particulièrement à la lumière de l’ouvrage de Alain Milon La valeur de l’information : entre dette et don : critique de l’économie de l’information et d’enrichir ainsi l’étude du cadeau en marketing. Cet article constitue un préalable à des recherches sur « Le don et sa perception en B to C ».

• 07/12/2004, La valeur de l’information par Pierre Lombard, Journal du Net

Les développements informatiques de l’entreprise ne peuvent être justifiés uniquement par un calcul financier. D’autres bénéfices, moins tangibles certes, sont dus au traitement de l’information.

• 23/01/2006, NTIC et éthiques : la valeur de l’information en ligne (rapport de DESS), WebRankInfo

– L’explosion de l’information à l’ère du numérique
– Naissance des outils de recherche et fonctionnement
– Pourquoi les outils de recherche ont-ils tant d’intérêt pour le commerce électronique ?
– Modèles d’affaires des moteurs de recherche
– Conséquences de ces business models sur le monde de l’information de la connaissance et des langues
– Les moteurs de recherche et le droit
– Les autres sources d’information sur le Web
– Les enjeux liés à l’information
– Conclusion et perspectives

• 08/04/2007, La valeur de l’information, Huyghe

L’intelligence économique nous rèvèle combien l’information est à la fois désirable (il faut garder ses secrets, veiller…), redoutable (on désinforme , on déstabilise, on influence…) et vulnérable (toute entreprise dépend de ses systèmes d’information, de sa réputation…).

• Cours La valeur de l’information – Stratégie, Doc-etudiant.fr

– Fonction économique de l’information
– Fonction politique de l’information
– Fonction sociale éducative de l’information
– Veille
– L’information utile
– L’information de valeur
– La théorie de l’information
– Les bruits de l’information
– Nature et valeur de la source
– Les 5 questions qui définissent l’information
– La valeur de l’information dans un contexte décisionnel
– Relation information décision

• Jean-Philippe ACCART, La Valeur de l’information : entre dette et don. Critique de l’économie de l’information, Documentaliste, sciences de l’information
• Michel CORNU, La dette et le don, Contrepoint Philosophique
• Alain MILON, La valeur de l’information : entre dette et don, HAL-SHS

Cet ouvrage propose une approche critique de la valeur de l’information et de l’économie de l’immatériel à travers l’analyse de certaines écoles économiques comme l’économie des coûts de transaction, de l’agence, du contrat, de la convention. Ce livre présente une réflexion sur le statut de l’information, sa valeur, le don et la dette d’information et les réseaux d’information inter-personnels et inter-organisationnels. Existe-t-il seulement une manière de distribuer les cartes de la réalité socio-économique, et la lecture que l’économie propose de cette distribution est-elle unique ou plurielle ? Il s’agit, à travers une lecture anthropologique de la dette et du don, de réfléchir sur la valeur de l’information et la manière dont l’économie se révèle impuissante à rendre compte de la complexité des processus informationnels. La valeur de l’information permet de réfléchir aussi sur les réseaux formels et informels et les réseaux inter-personnels et interorganisationnels de communication en s’appuyant sur Simmel, Mauss, Malinovski, Sahlins, Polanyi, Levi-Strauss, Godelier, Caillé, Lojkine et les lectures anthropologiques du Mana, du Hau et de la Kula.

Si en matière de presse, Karl Kraus « a, d’une certaine façon, connu le pire (une presse qui n’avait jamais été et ne sera sans doute jamais plus à la fois aussi puissante et aussi irresponsable) », la lutte contre la corruption des journaux et des journalistes, qu’il aura mené sans répit, ne constitue que l’aspect le plus anecdotique de son combat. Pour lui, le mensonge journalistique tient dans la structure même du journal, dont le calibrage prédéfini et la parution régulière obligent à faire passer l’information par un prisme déformant, qui égalise dans un même format l’important et l’accessoire, l’évènement historique et le fait divers anecdotique. « Le principe fondamental de la possibilité d’entrée intellectuelle pour tout ce qui est imprimé quotidiennement, écrit Kraus, est : tout est égal et ça sera toujours assez vrai. »

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Karl KRAUS, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Médias, Monde en Question.

La chasse aux musulmans


Trois personnages emblématiques caractérisent la guerre contre le terrorisme : le « dangereux » Musulman, la Musulmane « en péril » et l’Européen « civilisé ». Le présent ouvrage étudie la manière dont ces trois figures sont utilisées pour créer une véritable fable, celle d’une grande famille de nations occidentales qui s’estiment contraintes d’employer la force, tant militaire que politique et juridique, pour se protéger contre la « menace » des populations du tiers-monde. Sherene Razack montre qu’on entretient délibérément cette fable pour justifier l’expulsion des Musulmans de l’espace politique, en les stigmatisant d’abord, puis en les plaçant sous surveillance, en les emprisonnant, en les torturant, ou en larguant des bombes sur leurs pays.

Dans cet essai d’une grande actualité, Sherene Razack explique de quelle façon la « pensée raciale » – logique qui divise le monde entre ceux qui méritent d’être protégés par les lois et ceux qui ne le méritent pas – nous habitue à l’idée qu’il est nécessaire et légitime, pour des raisons de sécurité nationale, de suspendre les droits de certains groupes racialisés. L’auteure montre aussi que le refus de reconnaître une même nature humaine chez les peuples d’ascendance européenne et ceux qui ne le sont pas a favorisé l’implantation et la prolifération de « camps », au sens propre et figuré, c’est-à-dire de lieux où les libertés fondamentales sont bafouées et les lois ignorées.

Sherene RAZACK, La chasse aux musulmans – Évincer les Musulmans de l’espace politique, Lux, 2011.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
• Ce que Burqa voile, Là-bas si j’y suis, 11/04/2011.
Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa, Monde en Question.
• L’actualité des livres
Centre National du Livre
Veille littéraire CNL