Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Journalières: 24/03/2011

Frappes aériennes sur Gaza


Le 21 mars, l’État d’Israël lance cinq raids aériens contre Gaza en « représailles » à trois tirs de mortiers.
Le 22 mars, l’État d’Israël lance des raids aériens contre Gaza qui touchent des civils, dont trois enfants.
Le 23 mars, l’État d’Israël lance de nouveaux raids aériens contre Gaza qui détruisent notamment des installations électriques.

Lire aussi :
• Pendant qu’on parle de la Libye… Frappes aériennes sur Gaza, CAPJPO – EuroPalestine, 23/03/2011.
• « L’escalade militaire israélienne contre Gaza et l’impunité d’Israël », CAPJPO – EuroPalestine, 23/03/2011.
• Pourquoi ne montrent-ils pas la sauvagerie israélienne ?, CAPJPO – EuroPalestine, 24/03/2011.

Les sciences humaines en question


Au printemps 2009, les chercheurs et les enseignants du supérieur se mobilisent contre la réforme impulsée par le gouvernement qui vise à refondre complètement le paysage de la recherche. Au-delà d’un réflexe corporatiste, cette mobilisation met à jour un aspect sinistre de l’état de la recherche en France, et plus particulièrement des sciences humaines : ce qui préoccupent les chercheurs de sciences sociales n’intéresse pas grand monde. Leur action est peu relayée par les médias et est mal comprise par la société. De ce contexte est née la volonté d’entamer une réflexion sur l’utilité des sciences sociales dans notre société. Mais cette réflexion se devait d’aller au-delà de la simple réflexion : « à quoi ça sert ? » pour proposer des clés de lecture répondant à la question : « comment on s’en sert ? ». Pour cela des journées d’étude ont été organisées afin de problématiser le dialogue entre chercheurs et non chercheurs. La question de la recherche appliquée est centrale dans une société qui demande des retours sur investissements rapides. Ainsi en est-il de la question de l’articulation entre savoir scientifique et connaissance ordinaire et des passerelles possibles entre recherche et milieu professionnel.

À quoi servent les sciences humaines ? (II), Tracés Hors-série, Novembre 2010 [Liens Socio].

Lire aussi :
• Les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales : une remise en cause historique, mais de quoi au juste ?, AGORA / sciences sociales.
• « Nous refusons la liquidation des Sciences économiques et sociales », AGORA / sciences sociales.
• Les sciences économiques et sociales sont elles menacées de « liquidation » ? Une réponse d’Alain Beitone, AGORA / sciences sociales.
• Humains non humains : comment repeupler les sciences sociales, La Fabrique de l’humain.
• À quoi servent les sciences humaines ? (I), Tracés Hors-série, Novembre 2009 [Liens Socio].
• Sophie HOUDART et Olivier THIERY, Humains non humains – Comment repeupler les sciences sociales, La Découverte [Revue d’anthropologie des connaissances].
Objets techniques, procédures, règlements, animaux, végétaux, œuvres d’art, divinités, matériaux, molécules, nanoparticules, architectures… Comment enquêter sur la pluralité des rôles que jouent pour les humains ces divers « non-humains » ? Comment explorer et décrire le vaste registre des relations que les individus et les collectifs humains entretiennent avec cette foule hétéroclite ? Ces individus et ces collectifs ne se font-ils pas notamment au travers de ces relations, ne sont-ils pas constitués, pour une part, par ces relations elles-mêmes ?
Plus que quarante auteurs appartenant à des générations, des disciplines et des courants théoriques variés proposent dans ce livre de montrer comment il est empiriquement possible de « repeupler » les sciences humaines et sociales en explorant la gamme des relations entre humains et non-humains par les moyens de l’enquête ethnographique de terrain.
L’ensemble offre au grand public, aux étudiants et aux chercheurs un panorama inédit du résultat de certains renouvellements intervenus dans le paysage des sciences humaines et sociales francophones depuis une trentaine d’années.
• À quoi servent les sciences humaines ?, Sciences Humaines Hors-série n°25, Juin/Juillet 1999.
Dossier documentaire & Bibliographie Sociologie, Monde en Question.

• L’actualité des revues
Ent’revues – la Revue des revues
A plus d’un titre – Chaque vendredi
Dossier Guide des ressources documentaires, Monde en Question.

Libye – Revue de presse internationale (2)


Texte de la lettre adressée par Barack Obama aux membres du Congrès sur les opérations en Libye. White House, 21/03/2011.

L’Otan divisée sur la direction des opérations en Libye, Reuters-Yahoo! Actualités, 23/03/2011.

Les États membres de l’Otan ne sont pas parvenus mercredi à un accord pour prendre la direction des opérations militaires en Libye à la place des États-Unis, en raison des réserves turques, a annoncé un diplomate de l’Alliance atlantique.

« Il n’y a aucune décision », a-t-il déclaré après trois jours de réunion des ambassadeurs des 28 membres de l’Alliance à Bruxelles.

La Turquie ne veut pas voir l’Otan prendre le commandement d’opérations susceptibles de faire des victimes civiles ou se charger de l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne tandis que les avions américains, britanniques et français bombardent les forces libyennes.

« Il serait impossible pour nous de partager la responsabilité d’une opération que certaines autorités décrivent comme une croisade », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, s’adressant à la presse à Ankara. Outre Mouammar Kadhafi lui-même, le terme de « croisade » a été utilisé par le Premier ministre russe Vladimir Poutine.

Le conflit en Libye pourrait se jouer sur la propagande, Reuters-Yahoo! Actualités, 23/03/2011.

Le maniement de la propagande jouera probablement un rôle clé dans l’issue de l’offensive lancée par les forces occidentales en Libye avec le but officiel d’y protéger les populations civiles contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi.

Parce qu’elle s’est créée au pied levé, la coalition internationale éprouve de la difficulté, quant à elle, à parler d’une seule voix pour justifier cette intervention à des opinions intérieures et arabes sceptiques sur ses objectifs réels.

Pour les Occidentaux, cette bataille est d’autant plus délicate que le mandat de l’Onu au nom duquel ils agissent – faire respecter une zone d’exclusion aérienne – les expose à un fort risque de « dommages collatéraux ».

Des bavures contre la population civile par les forces chargées précisément de mettre celle-ci à l’abri des tueries de leur régime ne manqueraient pas d’être exploitées par Kadhafi à son profit.

Il en tirerait argument pour renforcer son front intérieur et enfoncer un coin parmi des alliés dont beaucoup sont déjà réticents à recourir à la force.

[Richard Holmes], expert militaire à l’université britannique de Cranfield, souligne que la coalition doit se garder de surinterpréter le mandat confié par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu.

Elle n’a pas mandat pour recourir à des troupes au sol ou pour armer les insurgés: outre que ce serait illégal, cela lui aliénerait le soutien des États arabes modérés et susciterait un réflexe de solidarité nationaliste autour de Kadhafi.

Les alliés doivent s’employer à lancer une offensive pour convaincre le maximum de pays que leur objectif, unique et difficilement contestable, est de protéger les civils de la répression du régime de Kadhafi.

Pure propagande occidentale pour se dédouaner de toutes les compromissions passées avec le colonel Kadhafi, qui opprimait son peuple sans que les pleureuses d’aujourd’hui ne s’en émeuvent, et pour masquer les objectifs réels de la guerre.

Libye : l’Onu condamne la poursuite des violences, RIA Novosti, 23/03/2011.

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a condamné mercredi les violences qui se poursuivent en Libye entre les forces loyales au colonel Kadhafi et les rebelles, a annoncé lors d’un point de presse à New York son porte-parole Martin Nesirky.

Pourtant le porte-parole de l’Onu s’est abstenu de commenter les opérations militaires de la coalition en Libye qui font également de nombreuses victimes civiles.

Après l’intervention en Libye, où s’arrête la guerre « humanitaire » ?, Le Monde, 23/03/2011.

Nous y sommes : il s’agit d’une guerre « humanitaire ». Nous lançons des opérations militaires destructrices contre un pays qui ne nous a pas attaqués, qui ne menace pas nos intérêts, autrement dit nous sommes totalement en dehors de la doctrine militaire telle qu’elle a été élaborée, en particulier par le Livre blanc sur la défense en 2007. Notre seul motif d’emploi de la force est la violation du droit humanitaire par le pays en question. Nous sommes dans un cas parfaitement pur du fameux « droit d’ingérence », concept qui triomphe paradoxalement à l’heure où son concepteur a quitté le ministère des affaires étrangères… Or, ce concept de droit d’ingérence pose de très nombreux problèmes qui ont d’ailleurs conduit à sa mise à l’écart du droit international, au profit d’une formule plus consensuelle : « La responsabilité de protéger. »

Les dangers de ce droit d’ingérence, droit laissé à la discrétion des puissants pour attaquer qui ils souhaitent, ont été souvent soulignés. Le cas le plus flagrant d’ingérence dangereuse fut, en 2003, l’intervention américaine en Irak. La France fut à l’époque le pays qui s’est dressé contre cette intervention et en a souligné les effets pervers. Croit-on aujourd’hui qu’un tel principe est moins dangereux quand c’est la France qui l’applique ?

Nous menons une guerre humanitaire. Nous attaquons un régime en vertu de la conception que nous nous faisons de la dignité humaine. Bravo. Mais ce principe est-il applicable partout ? Doit-il fonder notre politique étrangère et guider toutes nos décisions ? En d’autres époques, la question pourrait être théorique mais, en ces temps de révolte arabe, elle est tout à fait concrète. Devons-nous nous préparer à agir demain en Syrie, au Yémen, en Algérie ?