Monde en Question

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Casse-toi pauvre Rom !


Il est fier, Monsieur Besson, du nombre de Roms expulsés, de camps démantelés. Il ne fait pourtant, avec le gouvernement, que s’inscrire dans une longue tradition de xénophobie et de racisme envers les Roms, tsiganes ou gens du voyage.
Là-bas si j’y suis

On les appelait autrefois des Bohémiens, aujourd’hui des Tsiganes, des Manouches, des Gitans ou des Roms. Depuis 600 ans qu’ils sont arrivés en Europe partout où ils passent, ils inspirent tantôt la curiosité, tantôt la méfiance qu’éprouvent toujours les sédentaires pour les « gens du voyage ». Accusés naguère d’être des sorciers, aujourd’hui des voleurs traqués, fichés, emprisonnés ou expulsés, et même exterminés pendant la deuxième guerre mondiale, ils ont toujours été persécutés. « Contre tous ceux se disant Bohémiens, leurs femmes, enfants et ceux de leur suite, en cas qu’ils soient rencontrés dans quelques bourgs ou villages, il est enjoint de sonner le tocsin, et aux communes leur courir sus. » pouvait on lire dans une ordonnance du Châtelet à la fin du Moyen Âge. Bien avant une circulaire du directeur de cabinet de Brice Hortefeux qui, il y a quelques jours demandait aux préfets d’évacuer les campements de Roms conformément aux mesures sécuritaires prises par le gouvernement.
2000 ans d’Histoire

Aujourd’hui, à Opéra, une charmante cité aux portes de Milan. En décembre 2006, les habitants ont assiégé pendant plus d’un mois un camp de Roms et mis le feu à leurs tentes. Cet évènement fut le premier de toute une série d’actes anti-roms à Rome, Naples, et installe un vrai vent de romophobie à travers toute la péninsule.
Là-bas si j’y suis

C’est une ville faite de barres d’immeubles désolés… qui datent de l’époque soviétique et qui semblent devoir tomber incessamment sous peu… mais aucun de ces immeubles n’est plus immonde que ceux réservés aux Roms… Ainsi commence ce matin le reportage du new York Times à lire en une de l’International Herald Tribune.
Nous sommes juste à côté de la décharge à l’extérieur de Bucarest …là les gens vivent dans des studios qui partagent toilettes et salles de bains, sans eau chaude bien évidemment… c’est là que Maria 62 ans s’occupe de son mari mourant dans un appartement aussi grand qu’une cellule, infestée de moustique et de mauvaises odeurs… elle n’a pas travaillé depuis 5 ans. « C’est qu’il n’y a pas grand chose pour nous ici en Roumanie…alors maintenant que nous sommes dans l’Union Européenne nous avons le droit d’aller chercher mieux ailleurs non ? »
C’est ainsi que des milliers de Roms appelés aussi gitans partent vers l’ouest de l’Europe chercher fortune comme d’autres avant eux… la plupart sont peu qualifiés voir illettrés… certains trouverons des emplois de ferrailleurs ou de main d’œuvre dans le BTP mais beaucoup aussi, les plus visibles se distinguent dans la mendicité ou des petits délits… c’est aujourd’hui l’épine que l’Union Européenne n’arrive pas à sortir de son pied écrit le journal… car elle met l’UE face aux responsabilités prises lors de l’élargissement…
Revue de presse internationale

Il y a quelques semaines, frappé par l’expulsion des Roms, un collectif de chercheurs faisait l’hypothèse d’un racisme d’Etat à l’œuvre dans l’Hexagone. Nul doute que ces chercheurs auront vu dans la circulaire du cabinet Hortefeux une confirmation de leur thèse. La fameuse circulaire exigeant l’évacuation systématique des campements illicites « en priorité ceux des Roms » peut en effet passer pour la traduction administrative d’une volonté de ciblage ethnique. Pour certains, l’analogie entre cette politique et celle, xénophobe et raciste menée à la fin des années 1930, voire sous Vichy, ne relève plus de l’anachronisme. Non que les expulsions de Roms puissent être comparées à des déportations, mais parce que la désignation comme bouc émissaire d’une fraction de la population déclenche la même infernale mécanique de stigmatisation. C’est bien ce qu’a tenté de dire la commissaire de la Justice et des Droits fondamentaux Viviane Reding.
Ce ne sont que d’absurdes parallèles, répondent d’autres, insistant bien sur le fait que c’est au nom de la sécurité que les Roms sont chassés et non d’une quelconque appartenance ethnique.
Commentaires : Brice Couturier noie le poisson en opposant Eric Fassin (sociologue) et Malika Sorel (Membre du Haut Conseil à l’Intégration) dont il partage le racisme.
Du grain à moudre

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

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